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Voyage en Enfer - One Shot

Voyage en Enfer - One Shot Empty #1le 13.01.19 18:44
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Anonymous
W05 [IE]
Invité
HORS-RP : Ici, je joue mon premier personnage, Adèlys Valcourt. Elle est à l'Institut depuis onze ans maintenant. Elle est toute petite et menue, avec de longs cheveux noirs et une peau d'albâtre.

Quant à l'Institut, on vous a vendu ce lieu comme votre dernière chance. Peu importe votre maladie, ici, vous serez pris en charge et soigné, le tout sur une île idyllique au milieu de l’Atlantique. Et si vous n’êtes pas malade, devenez notre associé ! Vous ferez un travail gratifiant et collaborerez à sauver ou adoucir des vies. Ce que vous ne savez pas encore, c’est que cette île laissera sur vous… une trace indélébile… Bienvenue dans un Enfer duquel vous ne sortirez jamais vraiment. [Résumé écrit par Agnès Dessanges]









Ne vous fiez pas aux apparences.

---

Il était cinq heures. Tout était d’un calme plat. La nuit prenait toujours le dessus sur le jour. La vie continuait de dormir profondément. Le vent frappait de temps en temps aux fenêtres closes. Les oiseaux n’osaient pas perturber cette absence de bruit. Quant à Adèlys, elle préférait observer son plafond, confrontée à un mutisme général dans l’enceinte de l’Institut.

Sept heures de sommeil à son actif. Elle savait qu’elle devait dormir, qu’elle était obligée de s’octroyer une heure supplémentaire pour obtenir le “sommeil parfait”. Elle devait avoir le teint lisse et frais, suffisamment pour qu’elle ne subisse pas les lubies étranges et malsaines de son médecin.
Rien à faire. Le marchand de sable se permettait une pause dans son dur labeur.

Machinalement, elle se releva. Ses jambes bloquées sous les draps, le corps libéré d’un emprisonnement factice. Elle soupira. Entendre sa respiration la rassurait, ces temps-ci.

“ Plus que cinq mois”, se répétait-elle. “Cinq mois, et je serai enfin libre.”

Automatiquement, son regard se posa sur son fauteuil. Libre était un bien grand mot. Son fessier était toujours vissé à ce maudit fauteuil roulant.
Elle agrippa d’une main l’accoudoir dudit fauteuil et de l’autre, elle s’aida à s’élever.

Annie aime les sucettes…

Son sang se glaça. Elle ne se permit plus aucun mouvement. Aurait-elle rêvé ? Serait-elle en train de devenir totalement folle ? L’Asile devait-il lui ouvrir ses bras ?
Son coeur ne lui donna aucun répit et accéléra le rythme.
Elle ne pouvait pas avoir peur de ce taré. Elle devait faire face. Comme elle l’avait toujours fait. Le Journal était une preuve de ce courage éhonté.

Les sucettes à l’anis…

Ses yeux s’écarquillèrent. Elle n’entendit aucuns pas, rien. Uniquement ces mélodies qu’elle ne pouvait pas ignorer. Elle reconnut l’air, mais pas la chanson. Elle reconnut la voix derrière ce refrain et cette marche silencieuse. Il ne portait pas de chaussures. Il ne portait jamais de chaussures. Même les chaussettes. Il ne portait jamais de chaussettes.
Elle déglutit, immobile dans une position inconfortable à souhait. Comment savait-il ? Comment avait-il pu savoir qu’elle était éveillée ?

Les sucettes à l’anis d’Annie…

Ses petits doigts se refermèrent sur ce qu’ils trouvèrent. Elle secoua la tête, les larmes lui montèrent aux yeux, si bien qu’elles lui donnèrent l’impression de donner des coups de marteaux dans sa rétine et que son crâne s’apprêta à exploser.
La voix s’était bel et bien arrêtée devant la porte de sa chambre. Mais pas de bruit. La chanson refusait de continuer. L’air ne se faisait plus entendre. Est-ce que le chef de l’Enfer avait enfin décidé de ficher le camp, ou avait-il une autre idée en tête ?
Elle avait bien une réponse, mais elle préférait ne pas y songer.

Et s’il entrait et qu’il la voyait réveillée ? Et s’il avait décidé d’avoir une discussion à propos du Journal ? Et si il était au courant qu’elle en était l’auteure ? Et si elle était destinée à rejoindre ceux qu’il appelle “fous” ?! Et si elle…

Donnent à ses baisers un goût anisé…

Un frisson parcourut son corps. Elle relâcha son fauteuil et se plongea sous ses draps, comme une enfant croyant qu’un simple morceau de tissus suffirait à faire disparaître le démon qui se cache sous son lit - enfin, derrière sa porte. Ses cheveux s’autorisèrent à quitter la protection bancale du lit tandis que tout son corps, toute sa chair s’était enfoui sous les tissus réconfortants.
Elle ferma les yeux, essayant de s’endormir pour ignorer le mâlin qui se trouvait derrière sa porte. Elle crut même discerner un son. Celui d’un doigt caressant le bois de l’entrée.

Sa respiration ne cessait de se couper avant de reprendre avec vigueur. Elle ne pouvait pas ignorer sa peur. Pire : son angoisse. Dans ce silence effrayant, son souffle avait l’effet d’une foule en délire. Bruyant, capable de créer des acouphènes.
Pourquoi fredonnait-il cette chanson ? Et surtout, à une heure pareille ?

Et lorsque le sucre d’orge…

La voix s’éloigna. Du moins, c’était l’impression qu’elle avait.
Elle ouvrit les yeux, la respiration plus lente, le cerveau aux aguets. Toujours sous ses draps, elle serra de ses mains son haut d’uniforme. Elle s’imagina dans les bras de ses parents et de sa soeur, aimants et protecteurs. Elle crut voir une lumière au bout de ce tunnel. Dix-huit ans. Plus que cinq mois. Tout allait bien. Elle pourrait partir. Cinq mois. Tout allait bien.

Parfumé à l’anis… Coule dans la gorge d’Annie…

La chanson reprit, mais elle s’éloignait bien. Il s’était arrêté. Il l’avait sentie. Il savait qu’elle avait été réveillé. Et lorsqu’elle avait plongé sa tête sous ses draps, il s’était dit qu’elle s’était rendormie. Quel genre d’être humain était à ce point malsain ? Donatien Elpida, bien sûr. Son médecin.

Elle avait réussi à le berner, comme elle le faisait à chaque fois. Fière d’elle, elle se retira de ses draps. Ses yeux balayèrent la pièce. Les ombres de ses meubles créèrent une ambiance à la fois pesante et rassurante.
Sous le noir de la nuit se cachait une peinture blanche qui inondait les murs, le sol, le plafond, les meubles et les habits. Et sous cette couche de peinture se trouvait la vérité.

Cinq mois.

Tout allait bien.

---

Le Paradis n’est qu’une façade de l’Enfer.

N’est-ce pas, Lys ?
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