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EPREUVE 6 • Rencontre posthume

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Terminé #21le 07.01.19 0:59
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Basil Hirsch [TT]
Invité
Présentation:

BASIL HIRSCH
42+1 ans (parce que 43 c’est moins stylé)
Homme (il paraît)
Yeux verts, cheveux platine, teint caucasien

Professeur de littérature | Écrivain | Ancien journaliste

Cultivé sur tout et n’importe quoi, surtout n’importe quoi | Trop actif, mais également très passif | Humour qui pique l’ego des gens, troll de premier ordre | Prend tout à la légère à un point agaçant, mais pour mieux se monter la tête tout seul | Parle souvent tout seul d’ailleurs, enfin, pas vraiment « tout seul » | En fait des caisses, mais dissimule la plupart de ses pensées et de ses actes | Excentrique et imprévisible, pris de lubies soudaines | Aime passer pour un crétin redoutablement intelligent (ou un génie particulièrement stupide) | Ingénieux et débrouillard, sauf en cuisine | Trop dissipé pour se concentrer sur une seule chose à la fois | Amateur de cigarettes, d’alcool, de cannabis et autres substances | Sait que ça le détruit, merci, maintenant passez-lui son briquet | S'attache à de petits détails chiants, les oublie quand ça l’arrange | Tête de mule au possible, n’est souple qu’au lit | Connaît mieux le kamasutra que le code de la route |  Connaît très bien le code de la route, même si on ne dirait pas | Garde un sang-froid spectaculaire, sauf quand ça touche à ses phobies | Conscient de ses responsabilités, mais se torche souvent avec | Exalté par les prises de risques, de préférence inconsidérés | Dévoué à en mourir pour ses proches, et le reste du monde peut brûler | Ne déteste pas fondamentalement les gens, mais ne les aime fondamentalement pas non plus | Paradoxal et vous emmerde | Avec amour | Et humour

Pouvoir : il possède un don appelé « Narrateur ». Il s’agit littéralement une voix-off dans sa tête, lui racontant sa vie en permanence. Elle a la particularité d’être parfois capable de révéler des éléments du passé ou du futur de son quotidien ou de son entourage, avec plus ou moins d’exactitude. Dans les faits, elle est beaucoup plus efficace concernant le passé que l’avenir où elle se trompe souvent, ce qui aura joué beaucoup de mauvais tours à Basil.

Points-clés de son histoire :
• A rencontré Ulrich et Ophélia lors de ses études à Oxford : ils étaient inséparables.
• Était au courant des différents drames qui allaient survenir concernant Ulrich et Ophélia grâce à son narrateur, mais croyant que celui-ci se trompait, il n’a rien pu faire.
• A laissé Ophélia partir et cacher l’existence de Céleste à Ulrich, en estimant qu’il n’avait pas le droit d’interférer dans sa décision.
• N’a jamais gardé contact avec Ophélia pour les mêmes raisons.
• Est celui qui a permis à Céleste, et Ulrich de se retrouver, après la mort accidentelle d’Ophélia.
• Ulrich n’est actuellement encore au courant de rien.
• Basil culpabilise encore aujourd’hui.

Rencontre posthume

Une gorgée chaude d'alcool descend le long de ton œsophage, te faisant oublier le frisson glacé qui a remonté ton échine au contact d'une caresse contre le bas de ton dos. Un homme te drague depuis des heures mais tu l'oublies à chaque minute d'inattention, de désintérêt, à chaque nouvelle commande auprès du barman qui depuis longtemps t'a confisqué tes clés de voiture. Tes pensées dérivent, troubles comme le fond de ton cocktail, comme ton regard d'un vert actuellement aussi terne que le cul d'une bouteille de bière bas de gamme. Parlant de cul, la main étrangère s'est lassée de tes reins. Tu bois davantage pour t'échauffer plutôt que te refroidir. Tes paupières pèsent comme la chape de plomb sur ton esprit, tu les fermes sur les glaçons entre tes phalanges, baignant dans l'ambre liquide de ton verre ; tu les rouvres sur l’océan baigné d'or à tes pieds.

Que fais-tu sur la plage ? Juste une de ces nuits où tes excès t'assomment. La narration reviendra peut-être sur ce que tu as bien pu faire pour t'échouer au point de finir sur le sable. Tu as bien dû t'y envoyer en l'air avec l'autre épave que les bars ont rejeté. Tu tournes la tête et tu écarquilles les yeux.

Le pire coup de ta vie ? À tes côtés, quelqu'un qui jusqu'alors t'était inconnu sous cet angle, que tu ne connais que trop bien sous tous les autres : c'est toi. Tu t'es foutu en l'air.

Tu ne bouges pas. Toi non plus. Tu n’as pas l’impression que tu respires. Ce serait difficile à dire avec exactitude cependant, vu la position dans laquelle tu es couché. Or, si tu respirais, tu te serais réveillé… À ta place, non ?

Une vague se brise sur tes chevilles. Tu sens qu’elle est froide. Si tu tendais une main vers toi, seras-tu froid également ?

Ta main te traverse. Une vague traverse tes chevilles. Pourtant, c’est froid.

C’est étrange. Tu tentes de respirer, toi. L’air a toujours une odeur. D’écume, de sel. Elle ne provient toutefois pas des eaux pas si calmes du Pacifique. Une vague se brise sur tes chevilles. Et traverse les vôtres. Pas les tiennes. Mais pas seulement les tiennes non plus.

— T’as toujours vécu en marge de toi-même, Baba. Ça te choque, que ce soit maintenant au sens littéral ?

Cette voix. À tes côtés. À tes côtés. Deux pieds nus. De longues jambes. Tu suis leur galbe. Les agents municipaux ne se promènent pas sandales à la main, en robe légère. Il y a un peu de vent. Elle n’ondule pas. Sa chevelure non plus. Blonde. Encadrant son visage.

— Ophé.

Ophélia. Elle vient s’asseoir, auprès de toi, auprès de toi. C’est elle, l’odeur. Elle sent les embruns. L’océan qui borde Summerbridge. Non, la mer, qui vient lécher les côtes anglaises. Ses yeux bleus qui t’engloutissent.

— T’as pas une ride.
— Parce que tu me vois ainsi.
— Et toi, comment tu me vois ?
— Tel que tu te vois étalé par terre. Vieux.

Elle rit. Ulrich adorerait son rire. Les échos d’une jeunesse passée.

Vous aviez 20 ans, vous étiez à Oxford, vous étiez les rois du monde avec trois livres sterling en poche et une radio stéréo grésillante. Qui aurait cru qu’à cette époque elle tomberait enceinte.


— Pourquoi t’es là ? T’es pas avec Céleste ? Ou même Ulrich ?
— Non. Je suis déjà…
— Morte. Je sais.

Un déjà-vu, déjà-entendu, déjà-su aigre-doux imprègne ta pomme d’Adam. Ses mots se gorgent de la même saveur.

— Je devrais te retourner la question. T’es pas avec eux ?
— Je suis pas en vie non plus.
— T’es pas mort pour autant.
— Alors t’as rien à faire avec moi.
— Bien sûr que si, puisque t’es là.

Tout en niant que tu sois mort, elle n’a pas pleinement réfuté que tu n’es pas en vie. Que dois-tu y comprendre ?

Cherche la réponse qui se défile. « Il est encore vivant ! » Savais-tu que tu regardes en haut à gauche lorsque tu mens ? Quelle gauche ? Tout dépend du point de vue.

N’oublie pas que tu es ambidextre.


— Es-tu réelle ?
— T’es culotté de me demander ça. Tu veux mon poing dans ta gueule de navet blond pour être sûr ?
— Je suis même sûr de l’être moi-même.

Si vous l’êtes. Si vous l’êtes. Si nous le sommes.

— Depuis quand tu as cessé de décider toi-même de ce qui est réel ou non, Basil ?
— Depuis que je me suis trompé.

Qui aurait cru qu’elle abandonnerait ses études. Qu’elle disparaîtrait et lui cacherait l’existence de Céleste. Tout avait été narré, tout avait été écrit. Tu savais tout. Si quelqu’un avait pu y croire ç’aurait été toi. Tu n’y as pas cru.

— J’ai confiance en tes choix.
— J’ai fait le choix de t’abandonner.
— T’as fait le choix de me faire confiance.

L’océan, les vagues qui traversent vos chevilles. Le froid qui te brise. Ses yeux, la mer. Tes yeux engloutis.

— J’aurais au moins pu essayer de savoir…
— Et t’aurais fait quoi ? C’est pas moi qui vais t’apprendre que savoir ne signifie pas toujours pouvoir agir.

Elle aurait refusé ton fric. Elle aurait refusé ton aide. Elle aurait refusé ta pitié. Elle aurait refusé jusqu’à tes mots. Elle ne pense même pas qu’elle aurait été heureuse de te revoir. Tu n’aurais rien pu faire pour l’empêcher de s’épuiser avec le perpétuel combat pour l’argent de ses mi-temps pourris dans la supérette du coin, dans la grande surface de la zone industrielle ; pour l’argent de ses allocations familiales distribuées au lance-pierre après des files d’attentes interminables devant les bureaux. Tu n’aurais rien pu faire pour l’en empêcher car c’était une battante. C’est en luttant contre le sommeil qu’elle a perdu contre un poids lourd sur la voie rapide.

Elle a raison : ce n’est pas elle qui te l’apprend. Elle comptait probablement sur ton narrateur. Même elle croit mieux en lui que toi. Mais elle croit mieux en toi qu’en lui.

— Je préfère quand tu agis, même sans savoir.
— Ça n’a pas de sens.
— Trouves-en un.

Trouves-en une infinité. Tu as tout ton temps. Bien plus qu’un quart d’heure.

Déjà un quart d’heure.

— Debout, allez. C’est la fin de l’aurore.

Elle se lève. Tu restes allongé.

— Embrasse-le pour moi.
— Je ne peux pas faire ça.
— Je ne t’ai pas demandé de l’embrasser comme moi.
— Comment alors ?
— Ferme les yeux.

Quelque chose se pose sur tes lèvres. C’est doux. C’est aigre. Tu rouvres les yeux. Ils sont rouges, ceux que tu croises. C’est ferreux. Du sang. Il t’a mordu, le fourbe.

— Putain, t’es plus dur à réveiller que la Belle au Bois Dormant. Mais ton haleine a bien cent ans en tout cas.

Debout, Aurore. Tu finis d’émerger. Tu tournes la tête. Par tu ne sais quel sortilège, tu es chez Ulrich. La narration reviendra peut-être sur ce que tu as bien pu faire pour t'échouer ici. Ou pas.

Cette fois au moins, tu t’es réveillé à ta place.

— Et sinon, Princesse de la Ville, qu’est-ce que tu fous à pioncer dans la veste d’Ophélia ?
— … Elle sent les embruns.

Ça n’a pas de sens.
Trouves-en un.
Ça a tant d’autres sens que celui que tu as trouvé.
Trouves-en une infinité.


C’est déjà le zénith. Il est midi passé. Cendrillon est partie aux douze coups. Dans sa fuite, a-t-elle oublié une sandale ?

Tu as encore l’écume et le sel accrochés au bord de tes cils.

©



EPREUVE 6 • Rencontre posthume - Page 3 KC5Bwyh
Terminé #22le 07.01.19 1:18
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FreeSoul7 (ES)
Invité
Note : Soraya est muette.


Allongée sur le sol de sable carmin, petite larme argentée dans une mare rouge, non loin du laboratoire, Soraya tentait à nouveau de mettre un peu d’ordre dans ses idées. Ses pensées tourbillonnaient sans cesse et s’entrechoquaient entre elles, essayant de trouver réponse à ses questions. En vain. Il lui semblait qu’elle serait condamnée à déambuler dans les couloirs du laboratoire pour toujours, tel un fantôme hantant les lieux. Murée dans le silence des morts, il n’y aurait qu’avec eux qu’elle pourrait converser. Si jamais elle et les autres dessinateurs arrivaient à quitter le bâtiment de cuivre abandonné, où iraient-ils ? Privés d’abri et de nourriture pour un temps indéterminé, qu’arriveraient-ils s’ils ne trouvaient pas de nouveau refuge ? L’adolescente fut parcourue d’un frisson et préféra ne pas y penser. D’un autre côté, impossible de rester ici, tôt ou tard, les ressources viendraient à manquer. Il lui semblait que la situation était sans issue.

La jeune fille n’avait plus envie de penser, plus envie de réfléchir. Elle ferma les yeux et les rouvrit aussitôt, assailli par des images rouges de sang, violentes comme des explosions. Des scénarios se terminant indubitablement par une mort atroce. Par ses compagnons devenus fous, s’entretuant pour s’arracher les dernières miettes de nourriture dans le camion. Soraya était attaquée par un sentiment familier, bien qu’elle n’aurait jamais su d’où il pouvait venir. Un sentiment qu’elle détestait plus que tout, qui lui écrasait la poitrine l’air de dire « Ne te relève pas, tu risquerais de te faire mal ». Le poids de la faiblesse et de l’impuissance, voilà ce que c’était.

Pour ne rien arrangé le ciel semblait la narguer en lui montrant des fleurs et en dessinant de petits motifs d’une main invisible sur son fond de lavande, comme si la situation était anodine. Ou bien essayait-il de la consoler ? Peut-être en lui rappelant les innocences du moment présent qui faisaient le bonheur. Soraya senti les larmes lui monter aux yeux et elle se releva en position assise pour ne pas qu’elles coulent dans sa gorge. Et elles s’écrasèrent comme des gouttes de pluie sur le sable. Soudain, elle sentit une présence, comme un appel venant la chercher au plus profond d’elle-même. C’est en levant la tête qu’elle reconnut ce visage invraisemblable. Une avalanche de souvenirs la submergea alors, et à cet instant, elle se rappela de tout. Ces mêmes yeux bleus profonds, cette chevelure sombre comme la nuit et ce teint de porcelaine que la jeune fille possédait autrefois : sa mère. Elle se rappela comment elle l’avait élevée dans un cocon certes confortable, mais qui avait eu tôt fait de l’étouffer, puis s’en étant libéré plus tard, sa mère l'avait laissée partir et les deux s’étaient enfin comprises.

Soraya se leva d’un bond et lui sauta dans les bras, mais tout ce qu’elle rencontra lorsqu’elle retomba lourdement, fut le sol. La jeune fille se releva aussitôt, le visage et les cheveux parsemés de grains de sables rouge vif. Était-ce un mirage ou une hallucination ? Pourtant cela lui semblait si réelle. Mais l’Esquisse n’accorda pas plus d’importance à ses questions que précédemment et les yeux de la femme s'écarquillèrent, puis elle murmura « Soraya ? ». « Oui, oui c’est moi », aurait bien voulu répondre la jeune fille, mais elle ne put qu’acquiescer en versant d’autres larmes. L’Esquisse retenait toujours sa voix prisonnière, jugeant bon de continuer à la torturer de cette façon tout en tournant le couteau dans la plaie en lui ramenant sa mère à moitié.
« Soraya ! » répéta la femme. Elle s’avança auprès de l'adolescente et étendit une main fébrile vers son visage. Sa main translucide lui passa au travers. La mère fixa alors ses membres d’un air ahuri. Elle s'effaçait de plus en plus à chaque seconde qui passait. Elle planta son regard dans celui de sa fille qui pleurait toujours désespérément et semblait lui mimer des paroles de la bouche. Sans savoir comment, elle comprit immédiatement la détresse de sa fille.
Le temps lui était compté et elle devait faire vite, elle ne pouvait pas la laisser comme ça, elle ne voulait pas que cette image d'elle disparaissant dans le néant soit la dernière chose qu' elle se rappelle de sa mère. « Ne t'en fait pas Soraya, tu es forte, tu le sais. Je veux que tu sache que je m'excuse encore, je crois en toi, n'abandonne surtout pas. 》Puis elle s'effaça dans l'air pour de bons.
Soraya reste là, encore plus muette que d'ordinaire. Elle ne savait toujours que penser. Si cet apparition était une invention de l’Esquisse où un produit de sa propre imagination. Quoi qu'il en soit, elle séché ses larmes et se tourna en direction du laboratoire. Elle ne déceverait pas sa mère et trouverait une solution aux problèmes.


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