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Vos réactions aux textes des participants

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Vos réactions aux textes des participants - Page 2 Empty #11le 07.01.19 20:01
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Diana Markova [ME]
Invité
Bonjour par ici !
Petit passage...

Sona Buvelle [VB] a écrit:Pareil, l'immersion s'est faite sans aucun accroc. En peu de mots on voit une vraie évolution de la situation sans que le texte ne soit précipité. La difficulté de la routine, le mensonge et frustration qui s'amplifient. Une chute inexorable, elle accepte de faire "comme tout le monde", de faire tout ce qu'on lui demande dans un espoir vain. La tentative de rébellion, l'utilisation du suspens, les citations au bon moment.
De bout en bout j'ai eu de l'empathie pour le personnage principal.
En y réfléchissant, je pense que ça m'a parlé car même si c'est "l'enfer" il n'était pas si irréaliste que cela dans son ressenti.

Merci infiniment pour ton retour. Je ne m'y attendais pas et c'est en toute franchise précieux d'avoir un retour sur ce que l'on pond... Vos réactions aux textes des participants - Page 2 2058150682

Bonne soirée.
Vos réactions aux textes des participants - Page 2 Empty #12le 07.01.19 22:49
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Lise Gray [DL]
Invité
Bonsoir tout le monde ! Merci beaucoup pour cette édition de l'interforum, même si ce n'est pas encore terminé, il reste encore la phase de vote.

En tout cas merci Kaoren, je suis content que mon dernier post ai plu, j'ai voulu essayer d'impressionner en restant concis un maximum, c'était compliqué mais ça me touche vraiment que quelqu'un trouve que ma façon d'amener les choses était bien réalisée. ♥️

Je n'ai pas encore lu les textes de tout le monde mais je vais m'en occuper dans la semaine ~
Vos réactions aux textes des participants - Page 2 Empty #13le 08.01.19 13:01
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Milo Casarotti
Nécromancien

Infos complémentaires
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Oh my × Age de la mort : 10 Masculin
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× Surnom : le bonobo
× DCs : Lisbeth McHallen
Milo Casarotti
Nécromancien
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Vos réactions aux textes des participants - Page 2 Empty #14le 08.01.19 21:56
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W05 [IE]
Invité
Avant de commencer, il faut savoir que je suis très exigeante et difficile à satisfaire. Donc c'est normal si pour l'instant je ne parle que d'un RP pour l'épreuve 1. Mais ça ne veut pas dire que vos RPs sont mauvais !

Je vais juste vous parler d'un seul qui m'a fait rire et qui m'a convaincue qu'une complicité entre deux personnages qui n'appartiennent pas au même univers est possible : Lettre au Père Noël [Terrae + Hikari Sekai]

Je trouve que ça commence vraiment bien, avec un personnage cynique. Le coup du "Y a moyen que tu dépannes un peu là? Genre. Le fait de plus avoir de loyer à payer ça fait que j'ai perdu l'habitude d'économiser. Du coup là je dois faire des cadeaux et j'ai plus un rond. J'ai tout dépensé pour une switch." m'a faite explosé de rire tellement c'est absurde. On a l'habitude de lire des lettres sérieuses en montrant à quel point on est respectueux lorsque l'on demande au Père Noël de nous envoyer des cadeaux. Là, c'est limite s'il parlait à son pote. Le décalage entre le côté innocent et naïf (==> envoyer une lettre au Père Noël quand on est plus un enfant) et la familiarité destinée à son interlocutrice est juste ma-gni-fique.

Puis la réponse donnée par sa partenaire de RP m'a surprise. En lisant les autres rps, je m'attendais à lire une fille qui se fait passer pour le Père Noël. J'ai été agréablement surprise de lire :"Assis-toi confortablement. Ces lignes risquent d’être terriblement difficiles pour toi. Je dois t’apprendre quelque chose, car tu sembles avoir l’âge requis pour connaître ce terrible secret : le Père-Noël n’existe pas…" Et c'est à ce moment précis que j'étais persuadée que j'allais passer un bon moment devant ce rp : je n'ai pas été déçue. Enfin, presque.

La fin m'a laissée sur ma faim, ça se sentait qu'il fallait sortir quelque chose pour terminer le rp (alors qu'il aurait mérité plus de réponses). Et l'omniprésence des paragraphes explicatifs qui laissent en second plan leur relation épistolaire.

Je ne compte pas épiloguer (et puis le reste est tout aussi bon), mais je voulais aussi souligner l'idée de passer d'une lettre à une conversation par messagerie est géniale, sans compter que ce n'est pas arrivé comme ça, sans prévenir (contrairement à la fin, crap ce rp était bon, pourquoi une telle fin ?!) et que ça avait un lien.

Je ne peux pas parler de tous les rps malheureusement (et puis ma vie IRL ne me permet pas de  passer autant de temps sur ces analyses), mais je ne peux pas dire que tous les rps que j'ai lu jusqu'ici m'ont plu (quoique, je suis loin de tous les avoir lu). Comme je l'ai dit, je suis très difficile à satisfaire donc ce n'est pas de votre faute, mais je tenais vraiment à mettre en avant ce rp qui, à mon sens, sort vraiment du lot.
Je suis juste un peu triste de voir que certains personnages ne se correspondaient malheureusement pas du tout et n'amenaient aucune complicité, ce qui m'a sortie de ces rps. Sans parler des réponses qui introduisent beaucoup trop leur contexte originel sans vraiment se préoccuper de la cohésion de l'univers. (Je pense particulièrement au rp de Esquisse & Four Seasons, sans compter qu'on abandonne totalement les lettres, ce qui me semble hors sujet. Pourtant j'ai trouvé que répondre au rp en poésie était une idée géniale. Je crois que c'est Nehalena qui ne prenait pas vraiment en compte l'univers de Audebert et qui faisait un peu ce qu'elle voulait. Du moins, c'est mon ressenti. Un autre point me perturbe, qui n'est pas forcément contradictoire ni incohérent, c'est juste un ressenti totalement personnel : les mots qu'on n'emploie plus et qu'on est obligé de deviner, sans compter le langage soutenu me fatigue mentalement, du fait j'ai du mal à rester concentrée. C'est totalement personnel, mais ça m'a bien sûr bloquée. Pour un point positif : la poésie colle vraiment au personnage du Père Noël et c'est une super bonne idée.)

Je pense que je suis dans ma bonne balance en parlant d'un rp qui m'a plu et d'un autre qui m'a laissé sceptique. C'est un exercice difficile, c'est pour ça que je montre les points négatifs avec bienveillance. Malheureusement, je ne peux pas jouer la hypocrite en disant que tous les rps m'ont plus, je préfère être franche avec vous pour vous voir vous améliorer o/ Après, je ne détiens pas la Sainte Parole, et le principal est que vous vous soyez amusé, vous et votre partenaire ! Tirez de cet Interforum que le meilleur !

J'espère pouvoir réagir encore une fois !
A bientôt du coup !
Vos réactions aux textes des participants - Page 2 Empty #15le 10.01.19 2:43
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Kaoren [ES]
Invité
Salut, c’est encore moi ! J’avais promis, donc pas le choix.

Avec mes exam’s ces deux derniers jours, j’avoue que j’ai un peu traîné dans ma lecture de textes, mais j’ai pris la journée d’aujourd’hui pour remédier à cela ! Je viens de me faire l’intégrale du thème 3 (ou plutôt de ce que je n’y avais pas encore lu, c’est-à-dire à peu près tout sauf les trois premiers).

Avant de commencer, je remercie une nouvelle fois toutes les autres personnes qui commentent, c’est toujours sympa à lire. Je suis heureux de voir W05 lancer un commentaire plus axé sur le fond des textes que ne le sont les miens, qui se focalisent beaucoup plus sur la forme en prenant phrase par phrase. Du coup, j’ai bien conscience que je ne rends pas hommage à certaines personnes qui s’embêtent à créer des histoires originales et qui n’ont pas su me charmer avec la façon dont ils l’ont racontée, et à ceux-là je m’excuse parce que j’ai bien conscience que c’est clairement pas plus facile à faire qu’un texte riche sur une ligne convenue (surtout en 24h, quand t’as pas le temps de laisser ton cerveau méditer sur tes idées). Du coup, je salue ceux qui s’attardent un peu plus sur ce point, ce n’est que justice rendue ! (Et puis de toute façon, plus on a d’opinions, mieux c’est.)

Ceci étant dit, on est repartis pour des commentaires à ma sauce sur une nouvelle fournée de citations !

Les citations en question



Épreuve 3 (parce que j’ai lu que celle-là, du coup) :



« Maint’nant » - Poppy (PaB)
Véritablement au cœur de la personnalité de Poppy, cette antienne répétée durant tout le texte, en plus de la définir dans son aspect à prendre la vie au jour le jour (littéralement à repousser toutes ses actions à maintenant) dans un caractère ostensiblement enfantin (renforcé par la synalèphe (c’est la figure de style qui consiste à sauter une syllabe pour contracter le mot comme on le fait à l’oral) ), donne un aspect très « comptine » qui semble traduire la recette du bonheur en une simple formule. Un équilibre guilleret qui s’achève sur le souhait d’une bonne nuit par le narrateur. C’est choupi.

« Bonsoir à vous aussi, mademoiselle du trottoir ! » - Reck (NRP)
Caractéristique de l’insolence que le personnage de Reck adopte dans ce texte, j’aime beaucoup le décalage soudain dans la chute de cette phrase, qui commence sur une formule de politesse et se termine sur une insulte infecte, mais néanmoins dissimulée sous une formulation qui, privée de contexte, paraîtrait tout à fait commune (on peut bien être la demoiselle de la route ou du sentier sans nuire à la poésie de ce statut, et dans ces conditions, on aurait bien pu être celle du trottoir si celui-ci n’était pas aussi… connoté). C’est une pique assassine d’une finesse que j’admire.

« Je finis par m'endormir dans mon sac de couchage sans savoir que je venais de détruire une bonne partie du lieu où nous étions. » - Eirika (DL)
La prose d’Eirika respire l’onirisme du début à la fin du texte, dans les situations que le personnage rencontre. Le monde semble s’agencer autour d’elle, les personnages ont une personnalité anecdotique et semblent n’être là que pour la guider d’une péripétie à l’autre, le fait qu’elle croise une arène dont la foule scande son nom sans raison ressemble à ce qu’on peut voir dans ces rêves où des choses que l’on connaît se rassemblent dans un ordre pas du tout normal, etc. Tout le long, le texte ressemble purement à un rêve, et ça n’a même pas besoin d’être dit explicitement. D’ailleurs, ça ne l’est jamais. Les deux dernières phrases (celle que j’ai citée et la suivante) sont celles qui sont censées tenir lieu de chute, et que disent-elles ? En fait, elles semblent dire que c’est un rêve, mais tout en perpétuant l’ambiguïté (qui n’en est pas vraiment une, mais le fait de ne pas nous dire explicitement que c’est un rêve permet de mieux nous identifier au personnage qui le vit, puisqu’elle ne le sait pas elle-même à moins d’un rêve conscient). Maintenant, comment le disent-elles ? Elles disent « je venais de détruire une bonne partie du lieu où nous étions ». Ici, on pourrait être tentés de penser qu’il s’agit simplement de la salle de concert qu’elle a fui, mais d’une part, elle est parfaitement consciente qu’elle l’a détruite, elle a bien vu son Onix se déhancher dans le chaos et la destruction, et d’autre part, et c’est le point le plus important, on peut prendre la phrase dans une dimension très différente en considérant que le monde est un rêve. Dans ce cas, elle se réveille, et détruit la plus grande partie de son rêve, celle qu’on a tendance à oublier après un réveil qui n’est pas brusque (et il n’a pas l’air de l’être étant donnée la fin du rêve, où elle s’endort calmement). La seule chose qu’elle retienne, c’est la ligne directrice du rêve : « Mais ma chanson avait fait un carton, c'est tout ce que je devais retenir. » En somme, on assiste à la fin du rêve sans avoir l’impression de se la faire asséner, et c’est une manière remarquablement équilibrée de terminer ce rêve de façon à la fois naturelle et originale.

« Deux petites gouttes
Se baladent sur mes joues,
Et sans aucun doute,
Finiront en-dessous !
» - Alice (Te)

Le texte d’Alice, notamment dans sa première partie, repose sur un décalage entre une ambiance très claire et un fond très sombre. Le narrateur commence à poser la toile de fond dans un cadre très guilleret à grand renfort de « Alice se sent légère », « il fait froid et beau dehors » et de « jolie petite tête rousse », et alors, quand c’est à Alice de prendre la parole, elle lance la strophe que j’ai citée. C’est le premier choc, un petit envoi lyrique et léger qui décrivent rien de moins que deux larmes qui coulent sur ses joues. Elle ne contredit pas le narrateur, qui semble porter l’univers dans lequel elle évolue. Au contraire, elle se plie au ton qu’il utilise, elle s’efforce de rester dans cette ambiance légère sans pour autant abandonner les idées qui lui pèsent sur l’esprit. Plus tard dans le texte, Alice est décrite comme s’efforçant de rester souriante malgré les circonstances, mais ce n’est même pas la peine, juste parce que cette petite strophe l’a dit sans le dire, et a créé par le fait même une empathie bien plus grande en nous montrant son désarroi profond plutôt qu’en nous en faisant part.

« Et par pitié, ne me répondez pas en chorus… » - Alex (ME)
Ce genre de formule, avec moi, ça passe toujours. Voir le personnage totalement désespéré prédire ce qui va lui tomber sur la figure et même lancer une petite prière à l’adresse de je-ne-sais-quel ciel pour que ce qu’il avait prédit lui tombe finalement sur la figure, c’est drôle. Là, en plus, le fait d’imaginer un groupe de soldats, le genre de gars qui suit simplement les ordres sans réfléchir, leur donne un côté « outils du destin » qui accentue encore le comique en renforçant la prédiction du personnage d’Alex, qui s’adresse juste à des gens qui vont assurément faire ce qu’ils vont faire quoi qu’il advienne. Et enfin, le fait qu’on soit dans un rêve, ajoute l’idée des événements auxquels il suffit qu’on pense pour qu’ils se produisent, ce qui rajoute une cerise sur la cerise sur la couche de chantilly sur le gâteau.

« Sachez que Votre appellation, je l’ai déjà recouverte
De bien des milliers d’ancolies
» - Canvas (ES)

Si vous aimez le langage des fleurs et êtes un peu familiers avec l’univers d’Esquisse (et dans mon cas, je cumule les deux), vous reconnaîtrez avec moi que le choix d’une métaphore à base d’ancolies est plutôt bien trouvé. D’une part, c’est une fleur qui symbolise la folie, ce qui s’accorde très bien avec le fait que Canvas obéisse à la Folie d’Esquisse, entité divine de l’Esquisse (même s’il ne la connaît techniquement pas sous ce nom), et simplement au fait que Canvas soit juste fou dans sa quête de tuer tout le monde. Fou, mais pas seulement. Fanatique, aussi. Et là, on joue sur une autre connotation à l’ancolie, beaucoup plus religieuse, selon laquelle cette fleur symbolise la main de la Vierge Marie, la sainte Mère. Or, c’est qui, la Mère divine de Canvas ? C’est toujours Folie. L’ancolie, c’est juste parfait pour décrire cette entité mystique et la ferveur folle que Canvas lui adresse.

« Ce que l’on ressent quand on correspond si bien à quelqu’un de sa hauteur. » - Shadock (SNKR)
Toutes les personnes et tous les personnages du monde ont leur propre vision de l’amour, et cette périphrase illustre joliment celle de Shadock en condensant rien de moins que trois choses sur sa personnalité. Premièrement, il y place les points communs avec l’autre personne à une position importante, ce qui accentue l’idée précédemment évoquée qu’il cherche son reflet à travers la personne qu’il aime. On a donc des relents d’égocentrisme qui viennent tacher sa vision de l’amour (et d’ailleurs, il va pas hésiter à tuer l’autre derrière, donc à ce stade, ça fait pas l’ombre d’un doute, même s’il le regrette quand même et garde une part d’affection dans le tout). Deuxièmement, il parle exclusivement de « quelqu’un de sa hauteur », une phrase qui reflète l’orgueil qui l’anime au point de considérer la majorité des personnes qu’il a rencontrées comme inférieures à lui. Troisièmement, bien évidemment, il se refuse à prononcer le mot « amour » et le remplace par une périphrase. Il a peur des sentiments, ou alors il les méprise. Avec ces trois points, on lui forge une personnalité entière, et ça n’a littéralement pris qu’une phrase.

« Irydaë ! » - Arianna (CI)
D’une part, je trouve cette interjection assez badass scandée sur l’air de « Délivre-nous », mais là, j’ai peur d’être juste biaisé parce que je connais bien la chanson. Cela dit, tout l’hymne guerrier est badass, il me donne envie de gueuler dessus avec ferveur et d’aller casser tous les objets technologiques de ma chambre, mais c’est pas le propos (et pas une bonne idée non plus, parce que sans ordi’, je vous poste pas mes commentaires). Ce que j’aime surtout dans cette interjection, en fait, c’est que les soldats invoquent le nom de la terre qu’ils partagent avec leurs ennemis. Ce simple fait semble leur offrir un rempart de légitimité (lui même légitime ou non selon le point de vue) en assimilant les my’trans à de véritables protecteurs de leur terre et les daenars à ses ennemis. Dans le contexte, ce mot à lui seul exprime à la fois le fanatisme et la condescendance d’une horde de soldats à qui l’on a appris que leur cause était la bonne et celle des autres la mauvaise.

« Morte. Je sais. » - Ulrich (TT)
Les chutes soudaines sont un pari assez risqué, car si elles déçoivent les attentes ou sont elles-mêmes attendues, elles pénalisent énormément un texte qui aura pu être très prenant jusque-là. Cette chute-ci, elle profite du fait qu’on ne s’attende à rien après un texte écrit d’une plume aussi légère (parce que « Tu crois que t’es née alors qu’on faisait des chocapics gamine ? » et toutes les autres phrases de cet acabit, tu t’attends clairement pas à trouver ça dans un texte sérieux), et quand le choc t’est asséné, on n’y est pas préparé du tout. Beaucoup vous diront qu’une belle surprise suit une belle montée en tension, mais je trouve aux surprises assénées par surprise beaucoup plus de potentiel. J’aime bien comparer ça à un grand coup dans l’estomac. Si la personne retient sa respiration au point de gonfler son estomac, quelle que soit la force du coup qui lui sera asséné, elle aura de quoi l’amortir un minimum. En revanche, si la personne ne s’attend à rien et qu’elle a le ventre vide, même si le coup doit être beaucoup plus maîtrisé pour l’atteindre, il fera indéniablement plus mal en étant frappé avec la même force. Et c’est ça que je lis dans cette dernière phrase, une chute qui n’a rien à foutre après un texte pareil, ce qui lui donne toute sa force.

« C’est peut-être cette impatience savamment maîtrisée qui le fait fredonner alors qu’il quitte son lit, s’habille et se prépare pour cette journée qui va lui rendre Seylim. » - Ishüen (TFB)
Cette phrase est une remarquable utilisation de la figure de l’étouffement, qui consiste à faire précéder et suivre une idée par une autre, de sorte qu’on commence et termine la lecture sur l’autre et qu’on atrophie la première. Ici, ces idées sont respectivement la voix active et la voix passive de l’action. La phrase commence sur le fait que Ishüen fredonne, elle continue par le fait qu’il se lève, s’habille et se prépare, et elle termine sur le fait qu’il va retrouver sa femme Seylim. Sauf que ce n’est pas exactement ce qu’elle dit. Dans la première partie, ce n’est pas Ishüen qui fredonne, c’est l’impatience personnifiée qui le fait fredonner. Dans la dernière partie, ce n’est pas lui qui va retrouver sa femme, c’est la journée qui va la lui rendre. Ishüen n’est pas laissé libre de ses mouvements, il est carrément esclave de la vie qui se déroule autour de lui, et tente de manœuvrer son comportement au milieu de tout ça. On ne nous dit jamais pourquoi ni comment sa femme est partie, mais en lisant cette phrase, on sent que c’est arrivé malgré lui et qu’il n’a rien pu y faire (l’impatience et la journée illustrant des entités bien plus grandes que lui). Et en cela, malgré l’atmosphère très joviale respirée par la belle humeur du prince, on sent que c’est une joie méritée après deux saisons à subir. En somme, je lui envoie mon empathie par caravanes.

« C’est le soleil qui te trouve » - Blanche (CR)
Ou comment, en six mots, introduire cinq idées dès le début du texte (donc sans même s’aider d’un contexte placer au préalable). D’abord, c’est l’aube, on a un premier cadre temporel. Ensuite, cette aube luit sur le personnage désigné à la seconde personne, ce qui pose un début de décor avec les rayons qui entrent dans les lieux. Ensuite, le soleil « trouve » ce personnage, impliquant qu’il est dans une situation dans laquelle il fallait le trouver, donc soit qu’il était perdu, soit, et c’est le cas ici, qu’il était en danger (ici, le danger n’est pas vraiment conséquent, c’est juste celui d’être fatigué pour avoir bossé toute la nuit, mais l’idée est là). Ensuite, le démonstratif utilisé comme sujet (« C’est le soleil qui te trouve » au lieu de « Le soleil te trouve ») implique qu’on aurait pu s’attendre à ce qu’autre chose le trouve, comme le sommeil, la folie ou bien d’autres choses auxquelles s’exposait le personnage en ayant passé la nuit dans ses notes comme c’est expliqué quelques mots plus tard. Et enfin, c’est typiquement le genre de phrase qu’on pourrait voir dans la situation de la découverte d’un cadavre, ce qui pose une aura morose d’entrée de jeu malgré l’aube, qui semble ne luire que d’une pâle lueur dans un décor gris. Ces six mots, ils te disent : « Fais gaffe, on passe aux choses sérieuses ».

« Vole à notre secours ! » - Sona (VB)
Normalement, je mets mes citations dans l’ordre où je les ai lues, et si vous avez bien suivi par rapport au sujet et en sachant que je lis dans l’ordre où c’est posté, vous aurez remarqué que cette citation aurait dû arriver au tout début. Mais j’avais pas envie de la lancer d’entrée de jeu, j’ai beaucoup trop de trucs à dire dessus parce que je vais inévitablement parler de ce qui se trouve autour, alors autant en profiter pour terminer en beauté.
Dans le contexte, on a la petite Sona qui a décidé d’écrire son petit opéra et les gens qui s’y joignent et se mettent à lui chanter ce qui en deviendra les paroles, comme autant de sources d’inspiration. Au départ, tous restent dans la lignée du texte de Sona qui s’apparente à une épopée héroïque, dans laquelle elle vante les louanges d’un personnage bravant mille dangers pour son peuple. Ils sont tous unis derrière ce héros, en somme. Et puis vient cette strophe qui dit « Ton retour ! Nous l’attendons tous. Ta bravoure ! Nous l’admirons tous. » et se conclut sur ce « Vole à notre secours ! » Sauf que si l’on en croit le paragraphe qui suit, les paroles de cette strophe se « répondent », à l’exception du dernier vers chanté à l’unisson. En somme, on se figure deux rangs de choristes, l’un chantant la partie sur le retour attendu du héros, l’autre sur sa bravoure admirée. Chacun des deux rangs exprime une idée différente, le premier étant plutôt dans un aspect humain et s’inquiétant pour le héros, le second plutôt dans un aspect héroïque désirant au contraire admirer la bravoure du héros. Ce sont deux approches assez contradictoires, et en cela, on peut comparer cela à une sorte de scission entre les citoyens qui chantent. Toutefois, cette scission se termine sur ce « Vole à notre secours ! » chanté à l’unisson. Le fait qu’ils se remettent à chanter à l’unisson crée un nouveau lien entre les deux rangs, qui se soumettent ensemble à cette phrase, sauf que si on la prend d’un côté où de l’autre, elle n’a pas la même signification, puisque chacun des deux partis lui demande de satisfaire sa requête. En somme, chaque parti semble essayer de s’approprier cette phrase de l’hymne, malgré le fait que les deux donnent l’air de se soumettre aux mêmes paroles. Cette phrase, c’est le début de la descente aux enfers qui s’ensuit. Tous les hommes suivent l’hymne aveuglément, mais on se le figure désormais chanté de plusieurs voix que l’on sait être en opposition, et se terminer de façon extrêmement violente sur ses derniers vers. Finalement, la chanson passe d’une épopée à un véritable florilège d’écueils humains, et Sona, son autrice, se laisse totalement dépasser par l’ampleur qu’il prend en suivant les citoyens dans leur folie fanatique. En cela, même le texte de concours semble refléter cette descente aux enfers, racontant à l’origine l’histoire d’une artiste en quête d’écrire une œuvre, et finissant presque comme une réflexion sur le caractère insidieux du fanatisme. Et tout cela s’agence autour de ce pivot majeur qu’est l’interprétation libre de la phrase « Vole à notre secours ».
Du grand art.

Et voilààà ! Trois mille mots, bon dieu ! ‘faut dire que là, ce sont des textes entiers, entièrement agencés, donc j’ai plus de choses à dire en rebondissant sur le reste du texte (comme je l’ai fait avec cette dernière citation, vous l’aurez compris).
Bref, je pense pas sortir un autre commentaire demain, donc ‘faudra attendre au moins après-demain, et peut-être même aussi samedi. On verra. Et je vous ferai l’intégralité du thème 4.
En attendant, de gros bisous et tout et tout ! En espérant que ça vous a plu, que ça vous plaît et que ça vous plaira ! o/[/font]
Vos réactions aux textes des participants - Page 2 Empty #16le 10.01.19 23:26
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Anonymous
Lombard [TT]
Invité
Bien le bonsoir!  Vos réactions aux textes des participants - Page 2 3214040

Ayant ENFIN fini de lire la première catégorie (urgh.  Vos réactions aux textes des participants - Page 2 3174337396  ), je me lance à mon tour sur ce petit sujet de feedback sur les textes, parce que c’est toujours chouette de savoir ce que les autres en ont pensé, et de toute façon j’aime faire des compliments. (Vous êtes beaux. Voilà.)

Je ne vais pas parler de tous, car, bon, même explication que tous les gens au dessus, TMTC.

Alors sans plus attendre :


Audebert & Nehalena [Esquisse & Four Seasons] – le plus surprenant  fear

Je vais commencer par le texte de Audebert & Nehalena, parce que j’ai été très surprise de voir à quelle point mon avis diverge de celui de W05 sur ce texte, et je trouvais intéressant de partager ça avec vous. Parce que la pluralité des points de vue, toussa toussa…

Pour moi, ce rp était de loin le plus surprenant de la première épreuve. Pourquoi ? Parce qu’il envoie allègrement balader la magie de Noël, justement. Il y a des textes qui donnent à fond dedans. Il y en a qui l’ignorent tout bonnement pour se concentrer sur autre chose. Et il y a Audebert et Nehalena, qui ont décidé de danser sur la tombe de l’esprit de Noël avec allégresse (et force claquettes). Et que voulez-vous, j’aime être surprise.

Entre la lubricité de Audebert et la cruauté de Nehalena, nous voilà avec un cocktail tout à fait inattendu, et on se demande bien où il va nous mener. Il y a dès le début une forte inadéquation entre les personnages, entre l’hédoniste Audebert et la pernicieuse Nehalena. Et on sent, on sent venir de tellement loin que ça va vriller. Seulement, on ne sait pas où, et on l’attend tout au long du rp, surtout à partir du moment où l’échange épistolaire se mue en rencontre. Et ce qui est très fort de la part de Neha justement (de mon point de vue, s’entend) c’est d’avoir réussi à construire ce sentiment de désastre imminent tout au long de l’échange – dont on se demande s’il va vraiment arriver, esprit de Noël oblige - , et de nous le servir à la fin en guise de conclusion. Avec en plus une petite parodie de morale de la part de ce personnage qui n’en a visiblement aucune.
Et réussir à finir un rp sur le thème de Noël dans une atmosphère horrifique, moi je trouve que c’est plutôt fort.
Mention spéciale également à Audebert, pour son super dessin et sa dernière strophe, qui rebondit sur cette idée de morale, et qui transforme tout l’échange en une sorte de conte. En rebondissant sur l’idée de morale mise en place par Neha, il réussit à boucler ce rp avec beaucoup de cohérence. Et mention spéciale aussi pour son fantastique et fantasmagorique détournement de la liste de cadeau de Neha, qui est extrêmement bien pensé. J’adore vraiment ce genre de choses absurdes – au sens littéraire du terme. Alors un chevalet qui doit être nourri, moi je dis oui. Et bien sûr, mention spéciale pour toute cette écriture en rime, évidemment. (oui, Audebert est 100% mention spéciale. C’est vous dire si il est spécial)

Bref, pour ma part, j’ai une opinion très favorable sur cet échange. Je l’ai trouvé prenant, et complètement original.


Charlotte et Mabel [TT & Ilukaan] – le plus émouvant  Vos réactions aux textes des participants - Page 2 2929307098

Oui, je saiiiiiis, c’est quelqu’un de mon forum, je vous jure, je fais pas de favoritisme, tout vient du cœur ç_ç

Alors, le rp de Charlotte et Mabel, qui est à mon sens le plus émouvant. Pourquoi ? Parce que là où les autres rp sont en général une rencontre épistolaire épisodique, une sorte de parenthèse amusante et/ou intrigante pour les personnages, mais pas plus, ce rp a un véritable enjeu, au moins pour l’un des personnages. Pour Charlotte donc, qui perd peu à peu la capacité de communiquer avec qui que ce soit, pour qui Noël n’est rien de plus qu’un rappel du fossé qui s’est creusé entre elle et ses proches, et qui trouve un réel réconfort dans son interaction avec Mabel.

Le personnage de Mabel d’ailleurs, est super attendrissant dans son altruisme, les efforts  et l’incroyable honnêteté (bien que pas optionnelle) dont elle fait preuve avec Charlotte. Et je trouve qu’on sent vraiment qu’il se créé un lien entre les personnages, quelque chose de tangible et profond. Quelque chose de durable, qui marquerait vraiment les personnages si on était dans un contexte canon. Et je trouve ça très fort, parce que ce genre de lien n’est pas facile à établir avec aussi peu de morts et de réponses. Donc chapeau.

Et là où Charlotte et Mabel enfoncent le clou des émotions dans notre mon pauvre petit cœur, c’est bien sûr avec cette fin en deux lettres mortes. Que ni l’une ni l’autre ne recevront jamais, alors qu’il y a clairement une telle envie de rester en contact. Alors qu’on sait tout ce que ça va impliquer pour Charlotte, pour qui cet échange comptait beaucoup. Et ça c’est triste, m’voyez ?

Donc à ces deux rpgistes, je dis bravo pour les émotions que vous m’avez filé, pour cette fin à la fois horrible et magnifique, pour avoir réussi à établir une telle force en si peu de mots et de posts. Et pour avoir vous aussi à votre manière piétiné la magie de Noël (et mon cœur).



Catherine et Nunu (et Willump) [Valoran’s Battlefront & Peek a Boo] – le plus attendrissant  Vos réactions aux textes des participants - Page 2 3117243060  

Pourquoi le plus attendrissant ? Je pense qu’on le sait tous. (Sauf ceux qui ne l’ont pas encore lu. Allez le lire.) Grâce bien sûr à l’incroyable fraicheur et à l’adorable naïveté du personnage de Nunu. Tout au long du rp, on a vraiment plaisir à le voir croire en ce qui lui arrive, et j’aurais eu (encore une fois) le cœur brisée si on lui avait piétiné ses rêves. Mais non, Nunu tombe face à Catherine, et nous voilà embarqué dans un grand, grand moment de magie de Noël( Je trouve d’ailleurs que c’est l’échange qui a le plus de Noël vibes).
J’ai énormément aimé le parti-pris de Catherine (AKA Jojo) qui a été de ne pas se faire passer pour le père noël, et pourtant de jouer le jeu quand même. Ça nous révèle pas mal de chose sur le personnage, que l’on devine (et que l’on sait) être une femme assez froide et ambitieuse. Et c’est beau de la voir s’attendrir sur cet échange, et se prendre d’affection pour ce petit garçon qu’elle ne connait pas. Ça nous donne à voir la profondeur que peut avoir ce personnage. Et tout ça se voit à travers cette décision de ne pas jouer la mascarade en se faisant passer pour le père Noël, mais de quand même donner de la magie à Nunu. Il y a un mélange de sérieux et de laisser aller qui est savamment dosé.

Bref, ce rp est adorable (A-DO-RABLE), et je défie quiconque de ne pas lâcher au moins un petit « awww » en le lisant.


Onesimo IV & Swenn [La Sérenissime & Irydaë] – le plus WTF  Vos réactions aux textes des participants - Page 2 39365762  

Evidemment, il en fallait bien un qui envoie balader Noël,  les rencontres et les questions hautement métaphysique sur la magie de Noël et la communication entre les dimensions. Dans ce rp, on ne piétine pas le père Noël. On l’ignore superbement. Mieux à faire, clairement.

Et c’est drôle nom de Dieu ! Ce dialogue de sourd entre deux personnages complètement auto-centrés, ce quiproquo latent et leurs petites affaires entravées par leur fierté, c’est un magnifique cocktail. Les deux personnages sont de la même trempe, complètement aveuglés par leur propre réalité. La fixette de Onesimo sur les autrichiens et celle de Swenn sur cette histoire de câlins et de bisous, c’est vraiment drôle, tout comme leur obstination à croire qu’ils font à l’autre une faveur. Mention spéciale également pour le « si tu veux un emploi, traverse le Grand Canal ». (J’aime l’humour.)

Bref, pas besoin de faire des lignes et des lignes pour répéter que j’ai trouvé ça très drôle, très léger, avec une très belle (non)alchimie entre les personnages, et par conséquent une véritable (vraie) alchimie entre les rôlistes, qui ont grave géré sa maman. Car ce n’est pas facile, lancé comme ça avec une personne qu’on ne connait pas, de trouver un tel équilibre et une telle cohérence dans le ton. Bravo à vous pour cette parenthèse WTF. Moi, j’achète !


Akkhi & Grégoire Boisdefer [Kur-Kigal & Aube des mondes] – celui qui nous fait le plus voyager (j'ai pas de smiley qui correspond à ça, déso)

Ici, l’idée originale, ça a été de nous faire un échange épistolaire qui visiblement, s’étend bien plus dans le temps que les autres. Ce qui laisse à Grégoire le temps de traverser des océans et des royaumes, et de nous donner à voir une très belle image de son monde. C’est aussi un peu ça qui fait la magie de ce rp. Nous avons d’un côté Akkhi, qui est finalement captive, et qui ne peut pas vraiment découvrir le monde. Elle a un côté naïf et un peu enfantin, et ça transforme cet échange en une sorte de conte que quelqu’un raconterait à un enfant. Grégoire fait rêver Akkhi avec cette incroyable quête, comme un adulte ferait rêver un enfant à propos du père Noël.

Et puis bien sûr, il y a la conclusion, qui est formidable parce que franchement, qui aurait pensé qu’on finirait par avoir LE Père Noël en spécial guest dans un de ces rps ? J’ai beaucoup aimé ce petit twist final, parce qu’après tout pourquoi pas ? Si on converse entre les mondes, pourquoi est-ce que le père noël ne nous prendrait pas en stop ? J’aime beaucoup ce jusqu’au-boutisme, qui colle bien avec l’univers de Grégoire et l’idée de grandes quêtes épiques.

Bref, dans ce rp, un équilibre très intéressant entre quelque chose de grandiose avec la quête de Grégoire, et quelque chose de léger avec le personnage brut de décoffrage de Akkhi et l’humour du rpgiste derrière Akkhi.

Mention spéciale d’ailleurs, pour cette formidable idée du scribe, qui est une manière très drôle et très intelligente de pallier au fait que le personnage ne sait ni lire ni écrire. Tu as vraiment réussi à transformer un handicap en un véritable atout !



BREEEEEEEEEEEEEEF

Je ne peux que conclure en disant un grand bravo à tous ceux qui ont participé à cette première épreuve! Les mini-rps sont un exercice très différent du one shot, et je pense plus compliqué à bien des égards. Bravo à tous pour votre sens de l'aventure ! Et je vous retrouve au prochain épisode, si le courage me prend de refaire l'exercice!

Vous êtes beaux. Toujours. Vos réactions aux textes des participants - Page 2 621800295
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Oyun [MKK]
Invité
Je ne me sens pas capable d’analyser aussi pertinemment que mes voisins du dessus les RP ou les plumes qui m’ont émoustillée (oui, oui, émoustillée comme dans émoustiller.). Du coup je préfère en livrer un ressenti tout personnel un peu brut, à coup d’images, de métaphores et d’émotions. Un peu comme les gens avant moi, je me concentre sur les RP qui m’ont particulièrement accrochée ^ ^ (mais je trouve ça aussi intéressant de détailler comme W05 l’a fait, pourquoi un RP ne nous a, au contraire, pas accroché °°)
Je trouve ça bien dans un contexte pareil de pouvoir récolter des feedback sur ce qu’on s’est efforcé de proposer de mieux, ça peut rassurer, encourager, récompenser quelque part :) Bon aller, zou ->

Dan Brown et SergKita
J’ai pris plaisir à vous lire. J’ai apprécié aussi que vous restiez centrés sur l’échange épistolaire sans trop vous perdre dans ses à côtés. Tous les détails, ratures, fautes, changement de langue, la qualité du papier… mis en exergue par notre ami du Métro ont vraiment été un plus qui ne tenait finalement pas à grand chose : à peine une ligne. Ils m’ont permis, je m’en suis rendue compte en lisant d’autres RP et en y revenant après, de vraiment bien me projeter dans l’histoire qui s’est tissée réponse après réponse.
J’ai également aimé cette espèce de double narration parfois, avec les changements de ton/discours soudain dans le fil de la lecture parce que Sergueï fait irruption sur le papier. Voilà je trouve que votre duo, alors qu’il était loin d’être évident à mon avis, a plutôt bien fonctionné ! Merci du voyage  Vos réactions aux textes des participants - Page 2 3225745943


Swenn Milazzo et Onesimo IV da Morgloria
Indéniablement un de mes deux coup de cœur de la première épreuve (non je n’ai pas honte de l’affirmer haut et fort ! hiiiii.). J’ai réellement rigolé en déroulant toute la page pour suivre vos aventures, peut-être car j’ai le rire facile, mais aussi ma foi parce que j’aime le comique de situation, l’humour un peu absurde aussi, et c’est, somme toute, ce sur quoi a reposé votre échange. Je suis parvenue au fil de vos écrits à me représenter très bien l’ambiance, le ton de chaque personnage, et j’étais pressée de lire la suite pour constater leurs réactions mutuelles.
La plume d’Onesimo et de son personnage qui m’a semblé vraiment haut en couleur parvient, selon moi, à trouver un équilibre très agréable entre le soutenu de son langage, (propre tant à la maturité du personnage qu’à l’univers dont il est issu) et une fluidité de lecture qui le rend pourtant très accessible. Par-fait. Tout ce que j’aime. ** De son côté Swenn verse dans un lyrisme très différent qui est beaucoup plus contemporain, plus brut de décoffrage, plus terre-à-terre aussi, et qui me parle autant. Et ces deux univers aussi étrangers que les plumes de leurs auteurs se rencontrent et se cognent dans un joyeux quiproquo, toutes les perches tendues sont merveilleusement bien réceptionnées. J’adhère. Vos réactions aux textes des participants - Page 2 39365762


Narcisse et Sansar
Mon deuxième coup de cœur ici, la plume de Sansar était un régal de lyrisme, de poésie, d’efficacité (mamancétaittropcourt I WANT MORE. Vos réactions aux textes des participants - Page 2 3792338820 Je n’ai rien de plus constructif à ajouter.). Le personnage de Ronce m'a beaucoup parlé et plu également, et sa présence était vraiment très habilement mise en avant, sans rien occulter de l'échange épistolaire pour autant. Le personnage de Narcisse était de son côté très touchant et je m’y suis beaucoup attachée aussi, dans ce qu’il apportait et révélait de tragique et de sombre à l’échange.

Au final on a un cocktail savoureux, tiède, qui ressort des deux protagonistes, quelque chose en demi-teinte, avec plusieurs niveaux de discours ; Il y a cette fausse naïveté qui côtoie la magie de Noël qui, si elle semble un peu dépourvue de sens dans l’univers de Narcisse, parvient à briller avec une douceur bienvenue (et étrange ?) dans les mots couchés sur le papier. Bravo bravo, j'ai pas décroché du début à la toute fin.  Vos réactions aux textes des participants - Page 2 1005599819

Voilà pour ce que je parviens à développer un tant soit peu. Pour le reste, il y en a d'autre qui m'ont marquée, notamment l'audacieux Audebert à qui je tirs mon chapeau, car l'exercice difficile des vers est exécuté avec brio et j'ai vraiment trouvé ça fabuleux ** (quoiqu'un peu désarçonnant au premier abord !). La première lettre d'Erik aussi, dont l'accroche m'a vendue un rêve fou dans tout ce qu'elle avait de détonnant, et m'a fait accroché (c'est le cas de le dire) à la suite du RP. Il y a aussi l'échange entre Charlotte et Mabel, qui était aérien et terrible à la fois, et qui m'a laissé à la fin l'arrière-goût doucereux d'une forme de mélancolie pas désagréable.

En tout cas, que de bonnes surprises à lire ! Je reviendrais certainement poster par ici quand j'aurai avancé mes lectures **

* * *

De manière très personnelle pour finir, je te remercie Sona pour ton retour sur mon propre texte, je suis touchée d'avoir eu droit à quelques lignes de ta part ♥️ C’est effectivement plaisant d'avoir un feedback, et je remarque que je l’accueille encore différemment des retours que j’ai eu de mes copinous de RP d’amour sur kurki, dans ce qu’il a de, peut-être, plus neutre (pas d’affect entre nous jusqu’à preuve du contraire ->). Donc merci à toi, je suis très contente si les petites touches disséminées ci-et-là t’ont fait voyager le temps de ces quelques humbles lignes. Vos réactions aux textes des participants - Page 2 3117243060


(et, je remercie à nouveau dans leur ensemble les gens qui ont pris le temps de commenter ce qu'ils ont lu, c'est chouette, ça fédère, ça donne envie de rendre la pareille Vos réactions aux textes des participants - Page 2 1296415464 )
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Asha [FS]
Invité
Comme tout le monde donne son avis, je me suis dit que je pouvais me lancer aussi ! Ce ne sera pas un avis objectif, mais un ressenti brut et personnel. Je suis assez difficile en lecture, mais j'ai trouvé mon bonheur dans l'épreuve 3 (la seule que j'ai lue pour le moment, oui je suis en retard) ! J'aimerais revenir sur deux textes en particulier :

Docteur Elpida [IE]
Ce texte m'a vraiment surprise ! En le passant rapidement et en voyant la chanson utilisée, je m'attendais à une reprise banale d'une chanson assez tendancieuse, mais au final, le personnage décrit m'a charmée ! Certes, il m'a bien l'air d'être le genre de docteur qu'on ne veut absolument pas avoir, avec une légère dose de folie, mais son caractère était décrit à la perfection entre les lignes, avec son obsession pour certains patients et pour la "pureté", le tout sur une couche d'innocence assez malvenue quand on voit que l'Institut Espoir ne semble pas être un véritable havre de paix. Le titre, "implicite ou explicite", est parfaitement adapté, parce que s'il reflète la chanson, il reflète aussi l'ambiance des lieux, qui cache une couche de violence sous les idéaux d'un malade. Franchement, c'était très agréable à lire, et le choix de la chanson était surprenant mais bien pensé !

Shadock M.Phantom [SNKR]
Aaaah ce texte m'a plus mitigée, mais j'ai beaucoup aimé la plume de l'auteur. Un style d'écriture très agréable à lire, et une histoire vraiment intéressante racontée via la chanson. Le personnage aussi semblait intéressant, un bon psychopathe amoureux en deuil si j'ai bien compris ! Le seul point que j'ai trouvé dommage, était que la chanson d'Hamilton "Satisfied" était presque entièrement décalquée pour servir de support au texte, même dans les mots hors-dialogue, ce qui n'est donc pas original et donne une sensation de déjà-vu déroutante quand on connaît la chanson (ce qui est mon cas). Je suppose que cela devait aussi être un effet souhaité pour le côté comédie musicale, auquel cas je n'ai pas été sensible à cet effet. Mais à part ça, l'adaptation avait de belles tournures de phrase, même en s'appuyant sur le thème de la musique ! Un bon texte, pour conclure, mais qui aurait gagné à peut-être s'écarter davantage de la chanson dont il s'inspirait à mon humble avis.

D'autres textes m'ont aussi marquée, mais pas autant que ces deux là. Je citerais simplement le texte de Stygian [MKK] qui dégageait vraiment une impression de douceur, à la fois dans le personnage et dans le style d'écriture.
Encore une fois mon avis est très subjectif, mais je tenais à le donner ! Je le ferais aussi pour d'autres écrits s'ils me marquent autant c:
Bonne continuation !
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Kaoren [ES]
Invité
Y’a plein de gens qui commentent, c’est trop bieeeeen !  Vos réactions aux textes des participants - Page 2 4271522326 

Encore une fois, je suis particulièrement heureux de voir des gens donner leurs retours positifs sur des textes qui me parlent moins, mais aussi sur ceux qui me parlent parce que vous utilisez d’autres arguments quand même (en ayant même l’humilité de dire que vous êtes pas constructifs, bande de modestes). Et comme ça a été dit un demi-milliard de fois si j’en crois mon sens de la mesure, c’est super cool de voir que certains continuent d’être actifs sur ces sujets même passée la période du concours (y compris dans la boîte à textes, les RPs s’entretiennent bien, et j’ai hâte d’aller lire tout ça après les textes réguliers). Donc encore une fois, changez rien, z’êtes tous trop bien !

Quant à moi, je m’attaque désormais au thème 4 ! Et pour ainsi dire, j’ai trouvé que ce thème a déchiré son rôliste en costard-cravate en terme de participations. Je vais galérer pour le podium, et je vais sans doute mettre au moins neuf mentions honorables dans mon vote en plus des trois que j’aurai finalement choisis. Et si je me mets à expliquer pourquoi tel ou tel texte m’a parlé dans le vote, well… ça va faire un gros pavé. (Donc je vais certainement finir par le faire, vous me connaissez.)

En tout cas, y’a de la cita’, et ça, c’est extra !

Les citations en question



Épreuve 4 (parce qu’encore une fois, j’ai lu qu’un thème, et je crois que je vais arrêter de le mentionner) :



« On marche pour fournir de l'électricité dans tout Polis ou quoi ? » - Diana (ME)
Le calvaire que subissent Diana et les autres damnés est indiciblement cruel, et les descriptions qui en sont faites avec les réactions de la concernée ne manquent pas de nous en peindre cette image. Pourtant, même après celle-ci, cette citation trouve le moyen de faire plonger plus profond encore dans les abysses de la cruauté en y ajoutant deux idées. Premièrement, c’est interminable et sisyphesque, Polis étant manifestement une ville en constante demande d’énergie. Deuxièmement, Diana compare son rôle à celui d’une bête de trait (version moderne), et ça sous-entend toute la considération que les responsables de son sort peuvent avoir d’elle. Elle devient juste un animal dont on n’a cure de la souffrance, et qu’on force à son sort sans qu’elle ait son avis à donner. Et ça, c’est pas très très gentil.

« Ce supplice semble marquer mon âme au fer rouge. Pour que je me souvienne que la bonté de ce diable est bien trop importante, en comparaison de tous les soucis que je lui apporte. » - Lauriane (DL)
J’ai eu un peu de mal à cerner le texte de Lauriane au début, mais le rendu qu’il m’a offert après quelques relectures – en sachant que je relis au fur et à mesure, c’est à dire que j’ai tendance à repasser trois ou quatre fois sur certains passages avant de continuer – j’en ai trouvé la démarche assez bien pensée. Par contre, pour celle-ci, je préviens, j’ai peur d’avoir pris le texte à l’envers.
On nous pose l’image d’un père exagérément violent (à plus forte raison quand on a lu le petit post HRP au début), un personnage pour lequel il semble impossible d’avoir le moindre atome de compassion, et par moment apparaissent des éloges à sa bonté ou à sa justesse. C’est d’abord troublant, mais au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans ce passage, on réalise comme ces éloges dans la pensée du personnage de Lauriane paraissent forcés, et cette phrase que j’ai citée parachève ce sentiment. Ces éloges sont gravés au fer rouge dans son âme, avec brutalité. La deuxième phrase semble d’ailleurs calquée sur le discours qu’on pourrait attribuer au père, le traditionnel « Je fais des efforts pour toi, tu devrais me remercier au lieu de te lamenter », mais du point de vue de la personne qui se lamente. En fin de compte, Lauriane semble se faire asséner ces leçons (l’expression « Non, c’est le contraire. » évoque aussi cette idée de leçon apprise et recrachée par cœur sans l’avoir comprise), et si elle se les répète malgré leur apparence insensée, c’est qu’elle souffre manifestement trop de cette torture. Et le fait qu’elle se les répète mentalement plutôt qu’oralement ajoute une dimension plus démente encore en ce sens qu’elle ne ment pas simplement à son bourreau pour calmer son sort, elle se ment à elle-même. Elle est prête à en arriver là, changer sa pensée plutôt que son discours. C’est dire la douleur qu’elle semble subir !
Encore une fois, je ne sais pas s’il faut bien le lire comme ça, car le texte s’apparente par courts instants à quelque chose de plus moralisé. Mais bon, comme je le dis toujours, je lis comme je veux.

« Enfin j'espère que c'était un rêve parce que merde, j'ai envoyé chier Satan quand même. » - Nicolas (TE)
Nicolas, ça part en sucette à tous les niveaux. La moitié des répliques m’a fait hurler de rire, la moitié des situations en a fait de même, et cette phrase-ci, c’est juste le bouquet final qui me fait réaliser sur un ton toujours aussi léger l’absurdité de tout ce que je viens de lire, en forçant sur le contraste entre ce gringalet qu’est Nicolas et Satan en personne qu’il a rien de moins qu’envoyé chier sans la moindre forme de respect. Je sais pas si j’ai besoin de m’attarder sur celle-là, c’est juste golden comme tout le reste.

« Et elle plante, elle tranche, elle mord, elle tue ; elle anticipe en se souvenant » - Oyun (MKK)
Autre texte que je ne suis pas certain d’avoir lu correctement à cause des nombreuses subtilités qui se dissimulent dans sa fresque symbolique, celui-ci me laisse sur l’idée qu’Oyun, son personnage principal, est incitée à mériter l’enfer tout au long de son hallucination, et qu’elle s’y laisse initialement sombrer – et ne commence à y résister que trop tard. Cette phrase fait partie de celles qui me poussent à lire la chose dans ce sens. Elle montre Oyun qui tue de sang-froid à travers cette succession très serrée de verbes d’action sans aucune pause pour penser ou ressentir. La seconde partie de la phrase ajoute plusieurs idées à celle-ci. D’une part, elle lui confère son intemporalité en suggérant que le comportement d’Oyun n’a pas évolué depuis la première occurrence de cette bataille qu’elle revit, et d’autre part, en prenant ce premier point en compte, elle formule son jugement sur ses souvenirs plutôt que sur son observation. Ce détail, surtout dans cette dimension de cycle temporel, lui ajoute un caractère obstiné, et comme on visualise cette scène comme un reflet d’une scène passée, on est en droit de penser qu’elle tenait déjà ce comportement. Si on réunit tout ce que je viens de souligner, on peut voir une Oyun qui massacre sans autre considération qu’un a priori qu’elle semble porter depuis toujours. Dans cette situation, il est certes difficile de lui jeter la pierre, puisqu’elle fait quand même face à une horde belliqueuse, mais si on lit la chose dans une dimension plus rédemptrice ou simplement comme un rite initiatique, elle semble totalement échouer l’épreuve en se comportant comme tous les protagonistes de cette bataille, et comme elle l’a toujours fait. Et cette phrase qui paraît une simple description de son comportement énonce les raisons de son échec – du moins temporaire – de façon si insidieuse qu’on ne les comprend que progressivement, c’est-à-dire en même temps qu’elle, c’est-à-dire trop tard. Cela permet une identification très propre, et humanise le personnage en mettant l’emphase sur son caractère inhumain. C’est dire si c’est déroutant.
Et une fois encore, il est probable que je vous ai fait un pavé sur une mauvaise interprétation. Mais une fois encore, c’est pas grave.

« Ainsi, j'entamai mon voyage en Enfer. » - Camille (VB)
Le texte de Camille repose globalement sur le contraste qui est fait entre la cruauté du personnage et celle de l’enfer, qui paraît moindre en comparaison. Entre le diablotin qui accueille Camille et qui n’a pas l’air méchant pour deux sous mais qu’elle tue de sang-froid, les démones qui se contentent de la harceler de leurs rires et qu’elle tue de sang-froid également, ou même l’aspect imposant qu’elle semble avoir face à Lucifer en personne, comme dans la phrase « Il plongea ses ténèbres globuleux dans mon regard océan » où les ténèbres de Lucifer semblent confinées à un œil tandis que le regard de Camille se voit offrir la dimension d’une entité aussi magistrale que l’océan, tout dans ce texte respire la supériorité de Camille sur l’enfer, en force comme en vice. Et par cette citation, elle montre tout le mépris qu’elle a pour l’enfer, d’une part en annonçant quelque chose d’aussi grave que de s’y trouver avec la formule d’une simple formalité, mais également, et on le comprend après l’avoir vue commettre sa première exécution de sang-froid, parce que ce voyage en enfer n’est pas seulement physique, mais aussi moral, dans le sens où elle n’hésite pas à aggraver son cas et à descendre aux enfers au sens figuré, plutôt que d’essayer de se racheter dans un ultime espoir comme quelqu’un qui en aurait peur. C’est d’une froideur imposante.

« Toi, tu n'es qu'un mort qui marche. » - Silivren (NRP)
Les références mythologiques pleuvent de façon évidente dans ce texte, mais il s’y trouve également des allusions plus obscures dans son ton global. Cette phrase-ci est figurative d’une chute – ou plutôt ascension dans ce cas – vers l’hybris, le péché d’orgueil poussant à se croire l’égal des figures divines. Cayden se montre supérieur à Charon en lui faisant remarquer qu’il marche alors que lui vole, qu’il est mort alors que lui est vivant, et vous le noterez, en le tutoyant, alors que toutes ses répliques précédentes – à l’exception de celle qui précède directement, dans laquelle l’hybris est déjà en train de naître – s’abstenaient totalement de la deuxième personne. Et quelque part, j’aime l’idée que ce soit par cet hybris, qu’il sublime derrière en apportant de la couleur dans cet univers que les dieux ont conçu noir (‘fin, techniquement c’est issu du chaos primordial, mais on se comprend), que Cayden s’en sorte finalement. Plutôt que de montrer qu’il ne mérite pas l’enfer, il pèche pour y être refusé. Je trouve ça à la fois cocasse et plus original qu’une rédemption.

« Ils offrirent leur dos au Paradis qui les harcelait » - Bel (FS)
Dans un texte à la connotation aussi religieuse, je trouve le double-sens de cette phrase absolument remarquable. Le personnage – il n’y en a qu’un malgré le pluriel, c’est expliqué dans le texte – offre son dos au paradis, ce qui signifie d’une part qu’il s’en détourne, qu’il lui montre son dos, et qu’il accepte de cheminer dans le sens qui n’y mène pas, et d’autre part, idée accentuée par le fait que le paradis le harcèle, il offre son dos à ses coups, et accepte d’être frappé. Ce que je trouve magistral dans ce double-sens, c’est que si le premier sens paraît totalement opposé à la pensée religieuse (parce que je connais pas beaucoup de religions qui invitent à se détourner du paradis), le deuxième y est au contraire très ancré en donnant une image très proche des flagellants qui acceptent d’expier leurs fautes en acceptant les souffrances, voire carrément aux martyres qui souffrent à la place des fidèles. Avec le paradis qui paraît si cruel (je rappelle que c’est lui qui harcèle le personnage), cela retourne totalement nos convictions pour mettre la foi du personnage de Bel sur un pied d’égalité avec celle dont il se détourne, ce qui fait qu’au lieu de voir un hérétique en lui, on voit un personnage qui suit sa ferveur avec autant de légitimité que tout autre croyant.

« Vas-y clown... Montre-moi tes cartes... » - Arndt (SNKR)
Ici, j’aime bien le fait que cette phrase suive la fameuse citation « Memento Mori ». Le personnage d’Arndt semble se répéter cette citation comme si on venait de lui asséner, et il y répond intérieurement en traitant celui qui la lui aurait assénée de clown. Par le fait-même, il méprise totalement le sens de la citation en tournant son auteur en dérision, et par extension, méprise sa mort fatale. En petit plus, l’expression « Montre-moi tes cartes » ajoute une dose de scepticisme supplémentaire en ajoutant un aspect fanfaron à l’image de clown. Le caractère du personnage est posé, et on entre directement dedans en ayant son ressenti vis-à-vis de la scène avant de la découvrir pour y porter notre propre jugement.

« Reflet de ton cœur corrompu aux arcanes les plus sombres, ceux que tu vois en face de toi ne sont plus. » - Alexander (ILK)
Si l’intérêt le plus évident de cette comparaison est d’induire insidieusement le fait que le personnage d’Alexander n’a plus de cœur (au sens figuré), on lit malgré tout dans l’idée de reflet que les hommes qu’il regarde partagent les caractéristiques de son cœur, et donc la corruption aux arcanes les plus sombres. On peut y lire en interprétant un peu qu’ils sont simplement soumis aux mêmes vices étant eux-mêmes humains, ce qui rend le personnage d’Alexander plus légitime par contraste, mais même sans se plonger dans cette version, cela donne un air beaucoup plus cruel et menaçant à ces êtres qui le regardent. Une petite astuce pour poser une ambiance d’autant plus malsaine.

« Je suis ton démon, Solas. » - Solas (HWG)
Dans la famille double-sens, je demande l’amphibologie, qui consiste à rebondir sur une ambiguïté grammaticale pour porter deux visions de la phrase. Ici, on n’a aucune certitude de si le nom Solas est une interjection au vocatif, ce qui signifie que le personnage qui parle prononce le nom de la personne à laquelle il s’adresse pour captiver son attention ou le cibler précisément, ou un complément du nom "démon", ce qui signifie que le démon auquel il fait allusion est Solas (ça revient au même que de dire « Je suis Solas, ton démon »). Ainsi, dans cette phrase qui porte l’emphase sur son destinataire, celui qui la prononce révèle n’être autre que son destinataire. C’est une manière très élégante de caractériser l’enfer personnel que vit le personnage de Solas, à tel point que je me serais sans doute contenté de conclure le texte sur « Bienvenue en enfer » plutôt que « Bienvenue dans ton enfer personnel ».

« Et de toute façon j’étais trop faible... Faible... Foutaise. » - Mizuko (AND)
Alors que Mizuko revit cette scène terrible qu’est le suicide de sa mère en la décrivant avec une précision chirurgicale, elle se retrouve à interjeter cette phrase au milieu de son récit. C’était une gamine au moment des faits, elle le sait, et dans la continuité de ce traumatisme qui semble avoir gravé tous les détails de ce drame dans sa tête, on peut supposer qu’elle sait aussi comment elle se sentait sur le moment. Dans les faits, oui, elle était sans doute trop faible, ça paraît évident. C’est d’ailleurs la première version de son récit, juste avant qu’elle ne se corrige. En cela, on peut légitimement se demander au nom de quoi elle se contredit, et c’est là que l’on voit naître cette culpabilité sans fond qui naît en nous quand on peste ardemment contre la tournure des événements, même si on ne pouvait rien y faire. Penser que c’est ce sentiment qui anime Mizuko me donne immanquablement beaucoup d’empathie pour elle.

« Encore une fois, les mots sortirent écorchés, déformés. » - Stephen (ES)
Cette phrase accomplit quatre choses. Premièrement, elle suggère que la réponse de Stephen est incompréhensible, ce qui donne son rendu extérieur et permet de se figurer la scène. Deuxièmement, elle joue sur le fait qu’on ne connaisse par conséquent pas sa réponse, ce qui nous permet d’interpréter celle qui nous semble la plus naturelle, et dans ces cas-là, il s’agit généralement d’un juron grincheux. Jusque-là, rien de plus qu’un commun « Il balbutia quelques mots incompréhensibles », et pourtant, en lisant cette phrase, on sent quelque chose de beaucoup plus douloureux pour le pauvre Stephen. C’est dû aux deux autres points. D’une part, l’adjectif « écorchés » a une connotation assez forte qui évoque l’idée de la douleur, et surtout, d’autre part, ce n’est pas lui qui prononce les mots de façon écorchée, déformée ou incompréhensible, ce sont les mots qui sortent de cette manière. En cela, ils ont l’air d’être prononcés totalement malgré lui, qui ne peut que constater son sort, impuissant. Je trouve cette phrase très touchante, j’imagine le personnage cracher des jurons dans la douleur plutôt que la colère en continuant de s’affaiblir, et connaissant moi-même très bien le personnage puisqu’il est de mon forum, ça me fait trembler des yeux.

Et voilà ! C’est looong, comme toujours, avec en plus beaucoup plus d’interprétation dans ce thème où les textes sont généralement beaucoup plus profonds et sérieux, donc j’espère ne pas avoir dit trop de bullshit au passage. En attendant, je vais sans doute mettre deux ou trois jours pour lire les textes du thème 5, donc je vous donne rendez-vous d’ici-là ! Vos réactions aux textes des participants - Page 2 766831277
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Anonymous
Silivren [NRP]
Invité
Bonjour !! Vos réactions aux textes des participants - Page 2 766831277

Je vais commencer à mettre un peu de ma patte dans l'édifice même si je ne pense pas réussir à faire des commentaires aussi construits que ci-dessus.

Je reviens tout d'abord sur le commentaire de Kaoren sur ma participation à Voyage en Enfer. Sache déjà que je suis très heureuse que tu cites mon texte Heart. Je voulais juste revenir sur certains points. Une montée dans l'hybris était une bonne idée pour comprendre ce passage mais elle comporte une dimension un peu négative. Cayden n'est pas vraiment dans l'orgueil dans ce passage. Il trouve juste assez de courage pour défier le destin dans un pari (on est d'accord, ça reste une forme d'hybris au sens grec du terme). Le tutoiement est utilisé à cause du contexte antique de mon texte qui exclut le vouvoiement de politesse. Si Cayden ne s'adresse pas à Charon avant, c'est simplement qu'il n'ose pas lui faire face que ce soit par le regard ou la parole jusqu'au moment où il se jette à l'eau. Et je dois avouer que je n'avais pas pensé que l'utilisation du verbe "marcher" dans ma phrase s'opposerait au fait que Cayden peut voler ; c'était juste une allitération avec "mort" Vos réactions aux textes des participants - Page 2 3244213463 . Pour finir, je n'avais pas l'idée d'un pêché ou d'une rédemption pour conclure (notions trop chrétiennes dans ce contexte gréco-romain) mais plutôt d'une ascension, par le courage, vers le ciel où inconsciemment j'ai placé les Champs des Bienheureux, selon la conception romaine durant l'Empire.

Place aux commentaires maintenant. Un peu, je le fais de mémoire. Vu que je lis dans le train pour aller au boulot, ce n'est pas aisé de prendre des notes.

Voyage en Enfer

Oyun [KKK]
Pas de citation ? Et bien non ! Si je devais citer le texte d'Oyun, je citerai le texte en entier. J'ai essayé, vraiment, et je relevais un morceau de phrase toutes les 2-3 lignes. J'ai littéralement adoré ce texte, il m'a fait vibrer durant toute la lecture. Le côté chamanique et animiste y est pour beaucoup, le style aussi. Je ne peux donc que répéter mon adoration.

Hendrik Beneke [LS]
J'ai énormément ri à la lecture de ce texte, surtout à la fin. L'outrage que ressent le personnage est clairement perceptible. Plutôt qu'éprouver de la terreur ou de l'horreur devant la vision de l'Enfer et du Démon, Hendrik défend à grands poumons l'idée que l'accueil n'est pas suffisamment glorieux pour être à la hauteur de ses actes. C'était original, vraiment. Et la fin ! J'imaginais tellement la tête ahuri de son second lorsqu'il lui dit vouloir trouver un prêtre et racheter ses péchés. "Mais il ferait en sorte de ne pas avoir à recroiser l'autre ordure à présent." Cette chute résume tout.

Stephen [ES]
Ce texte forme un très joli renversement de situation. L'Esquisse ne m'apparaît pas franchement, à la lecture des textes de ses représentants, comme un petit Paradis où il fait bon vivre. Le personnage de ce texte se retrouve sorti de l'Esquisse pour revenir dans le vrai monde dont il est issu, si j'ai bien compris. Tout au long du texte, on passe de l'incompréhension à l'horreur et l'impuissance : dans ce monde, vieillard qu'il est, le voilà bloqué par son corps défaillant sous le poids de l'âge et recalé dans un coin sans personne pour l'écouter. C'est une interprétation de l'enfer personnelle très bien amenée.

J'en posterai sans doute d'autres... en ayant pris des notes, cette fois-ci. Vos réactions aux textes des participants - Page 2 3244213463
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