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Terminé #1 le 16.07.16 19:54

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Assis sur un haut tabouret face au plan de travail de mon arrière-boutique, j'étudiais avec attention le compte-rendu que Giuliana m'avait apporté s'agissant de la potion que je lui avais faite prendre dernièrement. C'était, aujourd'hui, la quatrième fois que nous nous revoyions depuis notre toute première rencontre et sa pitoyable tentative de cambriolage. Sans surprise, la jeune femme n'avait pas menti sur ses coordonnées et avait été facile à retrouver, de même qu'elle s'était prêtée au jeu, comme nous en avions initialement convenu.
Afin de ne pas perdre de temps, j'avais pris l'initiative, la première fois après notre marché, de me rendre à l'appartement Bozo afin d'y déposer une potion d'essai – et également pour m'assurer que Giuliana vivait bien en ces lieux -. Ce n'était pas elle qui m'avait ouvert alors, mais lorsque j'avais tendu la fiole au goulot de laquelle était attachée une lettre faisant mention de toutes les précautions à prendre, en mentionnant qu'elle était destinée à la zombie, mon interlocuteur ne s'en était pas offusqué et avait acquiescé, simplement. La jeune femme s'y était tenue et m'avait donné un compte-rendu détaillé lorsque nous nous étions vus la fois suivante, et ainsi de suite jusqu'à aujourd'hui.

Débordant d'idées plus ou moins utiles, je n'avais de cesse de noircir les pages de mon carnet de projets divers de potions. Dernièrement, j'avais songé à créer une potion permettant à quiconque la boirait de voir dans la nuit. C'était ce prototype que j'avais confié à Giuliana la fois dernière, et qu'elle me rapportait aujourd'hui, accompagné de ses notes que j'avais la fâcheuse manie de gribouiller. La bonne nouvelle était que, globalement, l'effet escompté marchait. En revanche, Giuliana avait noté que la potion avait eu pour effet d'affiner ses prunelles, telles celles d'un chat, et de changer la couleur de ses iris. Elle avait également fait mention de son impossibilité à distinguer les couleurs pendant l'effet de la potion.
Accoudé sur la table, je fixais le papier de la jeune femme les sourcils froncés, une main soutenant mon crâne, et l'autre frottant machinalement mon menton, alors que j'avais proposé à la zombie un siège en face de moi le temps de patienter. Comme à son habitude, elle était arrivée à l'heure, de sorte que ma montre affichait désormais 20h20.

- Bon !

A chaud, je notai quelques inscriptions sur son morceau de papier et me relevai pour le déposer sur la commode sur laquelle je récupérai une grande feuille blanche – au fil de nos rendez-vous, j'avais rapidement compris que la demoiselle n'était pas du genre bavarde -, un autre crayon, mon carnet, et une nouvelle fiole de potion que j'avais préparée l'après-midi même, pendant les heures creuses. Armé de tout ce nécessaire, je regagnai ma place en faisant fi de ma boiterie, étalant le tout, pêle-mêle, sur le plan de travail.

- J'ai fait un nouvel essai de potion cet après-midi mais je ne t'en dis pas plus. On va la tester en direct, si tu veux bien. Voici de quoi écrire ce que tu ressens, au cas où tu ne veuilles pas me le dire directement, et voici la potion en question, lui dis-je en poussant feuille, crayon et potion vers elle, On commence quand tu veux ! précisai-je d'une voix à la limite de l'euphorique, tant j'étais impatient.

Trouverait-elle suspect que je taise ainsi l'effet de la potion qu'elle s'apprêtait à ingurgiter ? Possible, et indéniablement, il y avait de quoi. Que l'idée ait mûri suite au mutisme constant de la zombie ou qu'elle me soit venue par hasard simplement, j'avais songé, une nuit où le sommeil me fuyait, à améliorer la potion de vérité pour en faire une potion de confession. Dans l'idée, la potion devait stimuler le consommateur pour le convaincre de s'ouvrir au premier interlocuteur venu, et lui confier tout ce qu'il avait sur le cœur, sans qu'il soit nécessaire de lui poser des questions. Des problèmes de cœur, de santé, que sais-je ! L'idée avait révélé chez moi un tel enthousiasme que j'avais passé une nuit blanche à revoir la composition de la potion de vérité m'ayant servi de base. C'était presque fébrile que je la présentais aujourd'hui à Giuliana, mais je trépignais d'impatience en attendant que l'effet se déclenche. Dans le meilleur des cas, ma potion de confession était justement dosée et fonctionnait à merveille [Pile], et dans le pire, elle ne resterait qu'une potion de vérité avec, peut-être, un goût sensiblement différent et d'autres proportions [Face].

Il ne me restait plus qu'à croire en mon talent... Ou en ma chance.

Terminé #2 le 16.07.16 19:55

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Le membre 'Viktor A. Matveïev' a effectué l'action suivante : laisser faire le hasard


'PILE OU FACE' :
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Terminé #3 le 02.08.16 17:06

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Sans savoir pourquoi, j'étais plus nerveuse que jamais. Pas seulement parce que Viktor se tenait sur le siège d'en face, concentré à relire mes notes sur la précédente potion à l'essai, non. Le Russe était certes un homme intimidant à sa manière, de par sa prestance et son charisme ô combien slave, mais j'avais fini par m'habituer à son air sérieux et un brin sec, ainsi qu'à son professionnalisme à toute épreuve. Mine de rien, le fait qu'il ne pense qu'au boulot me rassurait un peu. Comme si je craignais qu'il s'attache à moi ou quelque chose du genre. Quelle idée stupide ~.

Non, à la vérité, ce qui me rendait nerveuse, c'était cette potion qui trônait pile devant lui. Son contenu avait une couleur que je n'arrivais décemment pas à déterminer : vert vaseux ou brun caca ?  Dans tous les cas, ça n'avait rien de bien ragoûtant et, je le savais fort bien, c'était certainement pour ma poire...
Après la vision nocturne en mode félin daltonien, la potion de mémoire qui m'avait valu, dans son premier état, une nuit la tête au-dessus de la cuvette des W-C et, dans sa seconde version, deux nuits blanches d'affilée, je m'attendais déjà au pire. A dire vrai, la seule potion qui avait remarquablement marché du premier coup, c'était cette potion de coloration de cheveux : je m'étais trimballée avec une tignasse blonde cendrée pendant une semaine. Mais au final, je commençais sérieusement à m’interroger sur les capacités du nécromancien.

« Bon ! »

Je sursaute sensiblement, abandonnant mon inspection visuelle de ladite potion en reportant mes iris sur la silhouette du grand brun. Il semblait plus ou moins satisfait de mes remarques. Tant mieux, je n'aurais pas à repasser à la casserole dans ce cas. A présent, je n'avais donc plus qu'à attendre docilement mon sort...

Alors il fait glisser vers moi une feuille et un crayon, m'expliquant qu'il avait concocté une petite nouveauté en me présentant la potion qui, depuis le début, me faisait sournoisement de l’œil. Pourquoi ce ton enjoué teinté de sourde impatience ? Qu'est-ce que cela cachait au juste ? Plus important encore : devais-je m'en méfier dès lors que l'intérêt du nécromancien semblait quasiment frôler l'euphorie alors que je tendais la main pour récupérer la fiole ... ?
Sceptique et un brin soupçonneuse, j'ouvre le bouchon du flacon et porte la fiole à mes narines, respirant brièvement l'effluve qui s'en dégage avant de grimacer et d'écarter aussitôt le flacon, par pur dégoût.

« Kof, kof... », toussé-je avant de me racler la gorge en m'emparant du crayon à papier. Je griffonne un premier tiret sur la feuille blanche : Revoir l'odeur et probablement le goût...

Bien que je sente le regard intrigué du nécromancien sur moi, je me force à ne pas le croiser, reportant toute mon attention sur la fiole que je saisie pour la seconde fois et, dans une grimace de dégoût, porte à mes lèvres avant de la boire d'une traite. Pouah ! Elle avait un goût horrible !  Pis encore que je me l'étais imaginé après l'avoir rapidement humée. J'avais la plus que désagréable impression qu'elle me brûlait la gorge et l’œsophage, comme un de ces bons vieux tord-boyaux italien. Je sens mes yeux s'embuer progressivement de larmes jusqu'à ce que cette sensation se calme un tantinet, quoique demeurant désagréablement persistante.

« C'est immonde... », parviens-je à souffler d'une voix rauque alors que ma bouche est en feu. Mes poings se serrent sur la table jusqu'à blanchir les jointures de mes phalanges. « Y a quoi dans c'machin... ? », articulé-je en hasardant au travers de mes paupières plissées de douleur un regard embué sur l'homme qui me faisait face.

Mais le pire dans tout ça, ce n'était pas la brûlure du breuvage. Celle-ci durait un temps puis finissait par passer visiblement. Non... le pire c'était cette horrible chaleur qui s'emparait de moi, là tout de suite
[*]. Diable qu'il faisait chaud ! 

*HASARD:

PILE → Elle a tellement chaud qu'elle vire littéralement au rouge carmin. Sans rire, sa peau toute entière devient instantanément rouge tomate. C'est inquiétant docteur ? (effet temporaire = 10 minutes)

FACE → Son corps est en feu mais pas seulement ! Il semblerait qu'elle ait l'impression que ses vêtements la brûlent … Aussi quitte-t-elle son siège en se tortillant avant de commencer à se désaper en ne cessant de répéter :  « CHAUD ! CHAUD ! CHAUD ! » comme une damnée. (effet temporaire = 5  minutes)