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    #1 le 16.07.16 19:54

    Assis sur un haut tabouret face au plan de travail de mon arrière-boutique, j'étudiais avec attention le compte-rendu que Giuliana m'avait apporté s'agissant de la potion que je lui avais faite prendre dernièrement. C'était, aujourd'hui, la quatrième fois que nous nous revoyions depuis notre toute première rencontre et sa pitoyable tentative de cambriolage. Sans surprise, la jeune femme n'avait pas menti sur ses coordonnées et avait été facile à retrouver, de même qu'elle s'était prêtée au jeu, comme nous en avions initialement convenu.
    Afin de ne pas perdre de temps, j'avais pris l'initiative, la première fois après notre marché, de me rendre à l'appartement Bozo afin d'y déposer une potion d'essai – et également pour m'assurer que Giuliana vivait bien en ces lieux -. Ce n'était pas elle qui m'avait ouvert alors, mais lorsque j'avais tendu la fiole au goulot de laquelle était attachée une lettre faisant mention de toutes les précautions à prendre, en mentionnant qu'elle était destinée à la zombie, mon interlocuteur ne s'en était pas offusqué et avait acquiescé, simplement. La jeune femme s'y était tenue et m'avait donné un compte-rendu détaillé lorsque nous nous étions vus la fois suivante, et ainsi de suite jusqu'à aujourd'hui.

    Débordant d'idées plus ou moins utiles, je n'avais de cesse de noircir les pages de mon carnet de projets divers de potions. Dernièrement, j'avais songé à créer une potion permettant à quiconque la boirait de voir dans la nuit. C'était ce prototype que j'avais confié à Giuliana la fois dernière, et qu'elle me rapportait aujourd'hui, accompagné de ses notes que j'avais la fâcheuse manie de gribouiller. La bonne nouvelle était que, globalement, l'effet escompté marchait. En revanche, Giuliana avait noté que la potion avait eu pour effet d'affiner ses prunelles, telles celles d'un chat, et de changer la couleur de ses iris. Elle avait également fait mention de son impossibilité à distinguer les couleurs pendant l'effet de la potion.
    Accoudé sur la table, je fixais le papier de la jeune femme les sourcils froncés, une main soutenant mon crâne, et l'autre frottant machinalement mon menton, alors que j'avais proposé à la zombie un siège en face de moi le temps de patienter. Comme à son habitude, elle était arrivée à l'heure, de sorte que ma montre affichait désormais 20h20.

    - Bon !

    A chaud, je notai quelques inscriptions sur son morceau de papier et me relevai pour le déposer sur la commode sur laquelle je récupérai une grande feuille blanche – au fil de nos rendez-vous, j'avais rapidement compris que la demoiselle n'était pas du genre bavarde -, un autre crayon, mon carnet, et une nouvelle fiole de potion que j'avais préparée l'après-midi même, pendant les heures creuses. Armé de tout ce nécessaire, je regagnai ma place en faisant fi de ma boiterie, étalant le tout, pêle-mêle, sur le plan de travail.

    - J'ai fait un nouvel essai de potion cet après-midi mais je ne t'en dis pas plus. On va la tester en direct, si tu veux bien. Voici de quoi écrire ce que tu ressens, au cas où tu ne veuilles pas me le dire directement, et voici la potion en question, lui dis-je en poussant feuille, crayon et potion vers elle, On commence quand tu veux ! précisai-je d'une voix à la limite de l'euphorique, tant j'étais impatient.

    Trouverait-elle suspect que je taise ainsi l'effet de la potion qu'elle s'apprêtait à ingurgiter ? Possible, et indéniablement, il y avait de quoi. Que l'idée ait mûri suite au mutisme constant de la zombie ou qu'elle me soit venue par hasard simplement, j'avais songé, une nuit où le sommeil me fuyait, à améliorer la potion de vérité pour en faire une potion de confession. Dans l'idée, la potion devait stimuler le consommateur pour le convaincre de s'ouvrir au premier interlocuteur venu, et lui confier tout ce qu'il avait sur le cœur, sans qu'il soit nécessaire de lui poser des questions. Des problèmes de cœur, de santé, que sais-je ! L'idée avait révélé chez moi un tel enthousiasme que j'avais passé une nuit blanche à revoir la composition de la potion de vérité m'ayant servi de base. C'était presque fébrile que je la présentais aujourd'hui à Giuliana, mais je trépignais d'impatience en attendant que l'effet se déclenche. Dans le meilleur des cas, ma potion de confession était justement dosée et fonctionnait à merveille [Pile], et dans le pire, elle ne resterait qu'une potion de vérité avec, peut-être, un goût sensiblement différent et d'autres proportions [Face].

    Il ne me restait plus qu'à croire en mon talent... Ou en ma chance.
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    #2 le 16.07.16 19:55
    Le membre 'Viktor A. Matveïev' a effectué l'action suivante : laisser faire le hasard


    'PILE OU FACE' :
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    #3 le 02.08.16 17:06
    Sans savoir pourquoi, j'étais plus nerveuse que jamais. Pas seulement parce que Viktor se tenait sur le siège d'en face, concentré à relire mes notes sur la précédente potion à l'essai, non. Le Russe était certes un homme intimidant à sa manière, de par sa prestance et son charisme ô combien slave, mais j'avais fini par m'habituer à son air sérieux et un brin sec, ainsi qu'à son professionnalisme à toute épreuve. Mine de rien, le fait qu'il ne pense qu'au boulot me rassurait un peu. Comme si je craignais qu'il s'attache à moi ou quelque chose du genre. Quelle idée stupide ~.

    Non, à la vérité, ce qui me rendait nerveuse, c'était cette potion qui trônait pile devant lui. Son contenu avait une couleur que je n'arrivais décemment pas à déterminer : vert vaseux ou brun caca ?  Dans tous les cas, ça n'avait rien de bien ragoûtant et, je le savais fort bien, c'était certainement pour ma poire...
    Après la vision nocturne en mode félin daltonien, la potion de mémoire qui m'avait valu, dans son premier état, une nuit la tête au-dessus de la cuvette des W-C et, dans sa seconde version, deux nuits blanches d'affilée, je m'attendais déjà au pire. A dire vrai, la seule potion qui avait remarquablement marché du premier coup, c'était cette potion de coloration de cheveux : je m'étais trimballée avec une tignasse blonde cendrée pendant une semaine. Mais au final, je commençais sérieusement à m’interroger sur les capacités du nécromancien.

    « Bon ! »

    Je sursaute sensiblement, abandonnant mon inspection visuelle de ladite potion en reportant mes iris sur la silhouette du grand brun. Il semblait plus ou moins satisfait de mes remarques. Tant mieux, je n'aurais pas à repasser à la casserole dans ce cas. A présent, je n'avais donc plus qu'à attendre docilement mon sort...

    Alors il fait glisser vers moi une feuille et un crayon, m'expliquant qu'il avait concocté une petite nouveauté en me présentant la potion qui, depuis le début, me faisait sournoisement de l’œil. Pourquoi ce ton enjoué teinté de sourde impatience ? Qu'est-ce que cela cachait au juste ? Plus important encore : devais-je m'en méfier dès lors que l'intérêt du nécromancien semblait quasiment frôler l'euphorie alors que je tendais la main pour récupérer la fiole ... ?
    Sceptique et un brin soupçonneuse, j'ouvre le bouchon du flacon et porte la fiole à mes narines, respirant brièvement l'effluve qui s'en dégage avant de grimacer et d'écarter aussitôt le flacon, par pur dégoût.

    « Kof, kof... », toussé-je avant de me racler la gorge en m'emparant du crayon à papier. Je griffonne un premier tiret sur la feuille blanche : Revoir l'odeur et probablement le goût...

    Bien que je sente le regard intrigué du nécromancien sur moi, je me force à ne pas le croiser, reportant toute mon attention sur la fiole que je saisie pour la seconde fois et, dans une grimace de dégoût, porte à mes lèvres avant de la boire d'une traite. Pouah ! Elle avait un goût horrible !  Pis encore que je me l'étais imaginé après l'avoir rapidement humée. J'avais la plus que désagréable impression qu'elle me brûlait la gorge et l’œsophage, comme un de ces bons vieux tord-boyaux italien. Je sens mes yeux s'embuer progressivement de larmes jusqu'à ce que cette sensation se calme un tantinet, quoique demeurant désagréablement persistante.

    « C'est immonde... », parviens-je à souffler d'une voix rauque alors que ma bouche est en feu. Mes poings se serrent sur la table jusqu'à blanchir les jointures de mes phalanges. « Y a quoi dans c'machin... ? », articulé-je en hasardant au travers de mes paupières plissées de douleur un regard embué sur l'homme qui me faisait face.

    Mais le pire dans tout ça, ce n'était pas la brûlure du breuvage. Celle-ci durait un temps puis finissait par passer visiblement. Non... le pire c'était cette horrible chaleur qui s'emparait de moi, là tout de suite
    [*]. Diable qu'il faisait chaud ! 

    *HASARD:

    PILE → Elle a tellement chaud qu'elle vire littéralement au rouge carmin. Sans rire, sa peau toute entière devient instantanément rouge tomate. C'est inquiétant docteur ? (effet temporaire = 10 minutes)

    FACE → Son corps est en feu mais pas seulement ! Il semblerait qu'elle ait l'impression que ses vêtements la brûlent … Aussi quitte-t-elle son siège en se tortillant avant de commencer à se désaper en ne cessant de répéter :  « CHAUD ! CHAUD ! CHAUD ! » comme une damnée. (effet temporaire = 5  minutes)
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    #4 le 02.08.16 17:06
    Le membre 'Giuliana Scuderi' a effectué l'action suivante : laisser faire le hasard


    'PILE OU FACE' :
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    #5 le 18.08.16 21:54
    Dire de Giuliana qu'elle semblait méfiante relevait incontestablement de l'euphémisme tant elle lorgnait étrangement la potion qu'il lui fallait ingurgiter. Sans doute cet enthousiasme modéré fut-il d'ailleurs soufflé à l'instant où, prenant son courage à deux mains, elle entreprit de humer la potion, à en juger par la grimace que ses traits arborèrent et la façon qu'elle eut d'éloigner immédiatement la fiole de son nez. A cet instant, si elle prit la peine d'inscrire quelque chose sur sa feuille de papier, force est de constater que sa seule expression faciale suffit à me faire comprendre la teneur de ses mots avant même de les avoir lus. N'exagérait-elle pas un peu néanmoins ? Certes, je n'avais pas goûté la potion que je lui avais donnée, pas plus que je ne l'avais sentie - pour ce que valait mon flair de toute façon, alors que j'étais constamment bercé de fragrances diverses plus ou moins agréables et agressives... - . Certes, la couleur ne rendait pas la chose appétissante... Mais de là à grimacer à ce point. Puis, dans un tout autre registre... Elle ne réalisait pas combien il était agréable pour ses interlocuteurs de la voir esquisser autre chose que ses sempiternels sourires hypocrites ~.

    Lorsqu'elle se décida enfin à boire la potion, je retins mon souffle, pendu à ses lèvres qui tardèrent décidément à laisser filtrer le moindre son... Et quel son. Soupirant, je notai sur mon propre carnet « revoir le goût » en écho à ses propres notes. Ce que la jeune femme ignorait cependant manifestement, c'est qu'elle ne me servait qu'à tester les bases des potions. Il va sans dire que je ne commercialiserais pas une potion avec une telle couleur, un tel goût ou une telle odeur... Mais à quoi bon gaspiller des paquets de Tagadas et des fioles de colorants naturels pour des potions-tests, avant même que leur effet ne soit certain et stabilisé ? Qu'elle se confesse allègrement comme devait l'y forcer la potion, et je me ferais une joie de revoir le goût de la potion selon ses bons désirs ~

    - Des plantes, essentiellement. Mais je crois que la plupart sont particulièrement amères. Peut-être est-ce..., amorçai-je en réponse à sa question - en désespoir de cause - avant d'être interrompu par son étrange comportement.

    Sans crier gare, Giuliana se leva de son siège et commença à sautiller, ou peut-être onduler sur elle-même - sauf à ce qu'elle face les deux en même temps ? - sans que je ne comprenne l'origine de cette étrange et incompréhensible danse. La suite fut néanmoins toute aussi surprenante et me prêta bientôt à sourire, d'abord, puis ricaner et enfin rire jusqu'à m'amener les larmes aux yeux. Manifestement prise d'une bouffée de chaleur incontrôlable, la jeune femme n'avait de cesse de s'agiter et commençait à se déshabiller. Le plus drôle de sa part, cependant, était encore la façon qu'elle avait de crier, à qui voulait bien l'entendre, « CHAUD ! » à de multiples reprises.
    Ainsi, je résistai longtemps au fou rire menaçant, et puis je cédai finalement, quoique me levant néanmoins. Sans cesser de rire, je regagnai l'évier calé dans un coin de la pièce - non sans manquer de m'écrouler pitoyablement au pied de mon siège, puisque ma crise de rire m'avait valu d'oublier momentanément ma boiterie qui ne manqua toutefois pas de se manifester naturellement -, afin de préparer un verre d'eau que je tendis à la jolie brune en hoquetant encore de rire.

    Chasser néanmoins le naturel et il revient au galop. Ainsi, je parvins à surmonter mon fou rire - cela dit, après cinq minutes et alors que l'effet commençait manifestement à s'estomper, ç'aurait été dommage de ne pas s'en remettre ~ - et repris place sur mon tabouret, face à la paillasse, essuyant furtivement les larmes qui embuaient encore mes yeux.

    - Bon... Un peu de sérieux, soufflai-je en soupirant, à peine remis, quoique ma voix semble encore encline à muer en éclats de rire à tous moments, Qu'est-ce qui a pu avoir cet effet..., m'interrogeai-je à voix haute en survolant la liste des ingrédients utilisés - ce survol me faisant réaliser qu'effectivement, le goût ne devait pas être franchement agréable -, Le piment, sans doute, même si j'avais pris soin de le mettre en très petite quantité.

    Inquisiteur, mon regard se leva sur elle et la sonda un bref instant - très bref en vérité, puisqu'elle n'était pas encore tout à fait rhabillée et qu'il serait particulièrement malvenu de ma part de la dévorer des yeux comme une bête de foire -. Franchement, réagir à ce point pour un peu de piment. Était-elle vraiment italienne ?

    - Au cas où tu te poserais la question, j'ai mis du piment parce qu'il contient plusieurs vitamines et prévient la survenance de certaines maladies. Il favorise également la perte de poids d'une certaine façon, même si toi, ça ne te concerne pas. Bref, ajoutai-je naturellement en prenant plusieurs notes sur mon carnet, Au-delà de cette bouffée de chaleur incontrôlable, ressens-tu autre chose ? hasardai-je en retrouvant tout mon intérêt pour l'instant présent, considérant que l'effet de la potion tardait décidément à se faire sentir, Une irrépressible envie de me dire quelque chose, peut-être ? Comme... Un besoin viscéral de le faire ? explicitai-je avec espoir, encore que cela puisse paraître particulièrement suspect d'un point de vue externe.

    Non content d'avoir mal dosé le piment, étais-je, en plus, passé à côté de l'effet escompté ?
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    #6 le 14.09.16 15:32
    Oui, il faisait chaud, et ça n'allait pas en s'arrangeant ! Pourtant, ce n'était pas vraiment un feu interne qui m'emportait – même si la mixture avait pratiquement anesthésié ma bouche toute entière et une bonne partie de mon œsophage sans doute –, mais quelque chose d'autre, quelque chose qui semblait venir de partout autour de moi. L'air ambiant ? Non, il ne brûlait pas mes narines lorsque je respirais. Paniquée, je touche ma gorge, comme pour prendre conscience de mon état. Au contact du cuir de ma veste je m'entends pousser un petit cri. C'était ça ! Mes vêtements incendiaient ma peau ! J'en étais plus que persuadée, si je gardais ça sur moi, j'allais me consumer devant le nécromancien et il n'aurait plus qu'à me ramasser avec sa pelle et sa petite balayette chéries. Alors je m'emploie activement à tout retirer, peu m'importe de tomber dans la déraison, peu m'importe que Viktor me prenne pour une dingue – après tout c'était de sa faute, non ? – ; pis que tout, peu m'importe qu'il me voit nue. J'ôte d'abord ma veste, en hâte, la jetant au loin comme s'il s'était agi d'une grenade incendiaire. Nerveusement, alors que je hurle avec incohérence, j'attrape les bretelles de ma robe ultra-moulante et tente maladroitement de les faire glisser le long de mes épaules, de manière à faire passer ladite robe sur mes flancs, mes hanches, jusqu'à la laisser choir le long de mes jambes avant de lui donner un coup de pied vengeur pour l'envoyer valser au travers de la pièce. J'entends vaguement les rires du Russe, son hilarité ne m'atteignant pas le moins du monde tant j'étais horrifiée de voir que toute cette mascarade n'avait aucun effet : je continuais de brûler ! Alors quoi, allais-je me transformer en torche humaine sous peu ?!

    Au moment même où je dégrafe mon soutien-gorge, toutefois, la sensation affreuse commence à s'amenuiser, progressivement ; jusqu'à disparaître lentement mais sûrement. Haletante, je prends le verre d'eau que me tend Viktor et en bois une longue gorgée rafraîchissante, fermant les yeux en soupirant d'aise – ou de soulagement, j'hésitais encore –. J'avais presque envie de me verser le reste de flotte sur le corps, ne serait-ce que pour calmer mes ardeurs. Et l'autre, qui riait toujours. Peut-être que j'aurai mieux fait de lui balancer ça sur la figure, justement. Pour calmer ses ardeurs à lui.
    A présent que l'effet indésirable de la potion s'était calmé, je tente de retrouver mon souffle en même temps qu'un semblant de la raison. Oui, j'étais pratiquement nue devant un homme avec qui je n'avais pas prévu de coucher. Étrange sensation. Singulière dans tous les cas. Peu pudique de toute manière, je referme mon soutien-gorge avec le peu de dignité qu'il me reste et retourne au lavabo pour me servir un autre verre, me fichant bien de déambuler ainsi devant Viktor. C'est à peine s'il me regardait de toute façon, s'efforçant de détourner les yeux à chaque fois qu'il m'adressait la parole.

    Du piment ? Soit il en avait mis en quantité phénoménale, soit l'aromate en question avait eu un effet détonant au contact d'un autre ingrédient mystère alors. J'ai toujours aimé manger épicé mais ça... ça c'est tout simplement de la torture gustative ! Les questions suivantes m'incitent néanmoins à la méfiance. Encore une fois, la mine qu'arborait le bellâtre était bien trop enjouée et empreinte d'un intérêt malsain pour ne pas me mettre la puce à l'oreille.

    « A propos de quoi... », articulé-je après une nouvelle longue gorgée d'eau. « Du magistral dégoût que m'inspirent tes saletés ou de l'irrépressible envie de te gifler qui me tiraille, là tout de suite... ? », demandé-je, tout à fait sincère, même si d'ordinaire je gardais ce genre de discours pour moi, préférant faire profil bas pour éviter qu'on m'emmerde encore.

    Interdite un instant face à mon comportement pour le moins audacieux, je finis par soupirer avant d'aller récupérer mon blouson et ma robe – dans cet ordre – et de les renfiler – dans l'ordre inverse cette fois –. Enfin, je regagne docilement mon siège, les traits de mon visage légèrement fermés pour éviter de trahir mon agacement, maintenant que mon souffle était à nouveau plus régulier.

    « … Désolée. C'est sorti tout seul. », avoué-je dans un nouveau soupir, prenant mon visage entre mes mains en m'accoudant à la table. « Alors... elle est censée faire quoi cette potion ? Me faire dire des choses désagréables... ? », souligné-je en reportant mon regard azuré sur le nécromancien, cherchant à comprendre où il voulait en venir avec son histoire de besoin viscéral.
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    #7 le 25.09.16 15:39
    Tiens donc. Giuliana pouvait-elle ressentir des sentiments autre qu'un je-m'en-foutisme constant ? J'avais abandonné l'idée de la voir un jour s'enflammer de colère ou rayonner de joie au fil de nos réunions, à force de la voir arborer la même expression, continuellement. Derrière cette carapace insipide se trouvait-il néanmoins une jeune femme au tempérament de feu, capable de s'effacer, voire de s'oublier au quotidien ? Une jeune femme tout aussi capable de parler sans filtre, juste le temps de confier ce qui lui déplaisait sur l'heure, plutôt que d'acquiescer bêtement avec ce sourire figé ? Une jeune femme prisonnière d'un masque d'hypocrisie que j'avais fait le choix de briser dans la mort ?
    Cela méritait d'être creusé. Ma potion et ce que je voyais en l'instant m'y aideraient peut-être : que cela lui plaise ou non, je me mettais désormais dans l'idée de la pousser à bout, de titiller cette fissure infime qu'elle m'avait montrée en osant me menacer d'une gifle que j'admettais mériter. Il n'y avait rien de poli ni galant à se foutre allègrement de la gueule d'une jeune femme en panique ; mais c'était tellement distrayant et je n'avais pas su dire non à cette vile tentation ~

    Sans dire mot, mais sans me départir de mon sourire, je la suivais des yeux ; remarquant à cet instant seulement qu'elle s'était promenée sans pudeur dans l'arrière-boutique vêtue de ses seuls sous-vêtements, sans manifestement s'en soucier. Une question me taraudait cependant. Cet éclair de franchise que j'avais perçu chez elle plus tôt et qu'elle semblait déjà regretter... Était-ce le fait de la potion ? Était-ce la réponse sincère qu'elle avait désiré apporter à ma question ? Si oui, par « tes saletés », devais-je comprendre toutes les potions que je lui avais données depuis le début et, par extension, le travail auquel elle était contrainte pour payer sa dette, depuis le soir où elle avait si piètrement tenté de cambrioler ma boutique ?
    Jusqu'à ce qu'elle se réinstalle face à moi, mon visage ne laissa rien paraître si ce n'est ce sourire qui devait, au mieux, l'inquiéter, au pire, l'agacer. Habillée et à nouveau prête à se prêter à l'exercice, elle me poussa à faire preuve de franchise à mon tour. Cela ne ferait que mettre un peu plus de piment – si j'osais dire –, au péril de mes joues, peut-être. Mais qu'importe. Après tout, on m'a toujours enseigné qu'il fallait donner de sa personne pour obtenir ce que l'on veut.

    - A la base, ce devait être une potion de confession. Comme son nom l'indique, elle devait te pousser à te confesser spontanément à ton interlocuteur, sur n'importe quel sujet pour peu qu'il te tourmente un peu et que tu éprouves ne serait-ce qu'inconsciemment le besoin d'en parler, répondis-je en faisant tourner mon crayon autour de mon pouce, selon une technique apprise il y a longtemps lors de réunions interminables, et entretenue depuis lors, Cela dit, si je passe outre ta fulgurante envie de me gifler, je ne vois guère les effets poindre, admis-je non sans en éprouver une certaine déception, rapidement balayée par mon sourire alors que je me penchais sur la table comme pour faire une confidence à la belle brune, Ce n'est donc plus qu'une potion de vérité.

    Mauvaise nouvelle pour elle, j'imagine, après le bref espoir de savoir la potion de confession inefficace ; et nécessairement amusement corrélatif chez moi. Se pensait-elle vraiment à l'abri ? Ç’aurait été trop simple et bien moins amusant.

    - Je dois néanmoins m'assurer que je n'ai pas altéré la base de ladite potion, et, pour ce faire, je dois te poser quelques questions. Ce sera bref, mais probablement désagréable puisqu'il me faut te poser une question à laquelle tu ne veux pas répondre. Entre nous, cela dit, dans la mesure où tu ne parles guère, te demander simplement si tu vas bien et pourquoi suffirait presque ~, lui fis-je remarquer, narquois, et volontairement incisif. Je la cherchais.

    De la vérité à la confession il n'y avait qu'un pas : la spontanéité de la chose. C'était ce pas qui me manquait a priori, et peut-être ce que je parviendrais un jour à découvrir ; mais ce n'était pas ma préoccupation du moment. Le jeu commençait, après tout.

    - Pendant ton petit numéro, tout à l'heure, amorçai-je en désignant la pièce d'un mouvement de la main, J'ai remarqué que tu avais une grande balafre dans le dos. Est-ce un souvenir que tu gardes de ta mort, à l'instar de ma boiterie ? hasardai-je sobrement.

    En m'ouvrant à elle – très partiellement, je le reconnais – comme je le faisais pour l'heure, j'espérais l'encourager à se confier plus librement ou, au moins, la mettre un peu plus à l'aise – car même cela, je n'arrivais pas à le déterminer face à son inexpressivité continuelle -. C'était peut-être plus cruel que bienveillant cependant, compte tenu de ce qui l'attendait ensuite.

    - Tiens ! Raconte-moi ta mort, Giuliana, ordonnai-je presque en croisant mes bras sur mon torse, mon sourire ne demeurant plus que discrètement. A peine de quoi soulever la commissure de mes lèvres.

    Loin d'être gagnée, la bataille pour lui faire cracher le morceau ne venait que de commencer. Si elle n'était a priori plus en mesure de mentir – du moins cela restait à vérifier -, elle restait libre de choisir ou non de me dire les choses si je ne posais pas de questions. Dans tous les cas, ce ne serait que repousser l'inévitable cependant puisque je ne manquerais pas, alors, de lui poser de multiples questions jusqu'à faire mouche.
    Le résultat était finalement le même, seule la variable temps, restait inconnue.
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    #8 le 21.10.16 16:21
    Mes sourcils se froncent à mesure qu'il m'explique l'ampleur de l'entourloupe dans laquelle j'avais foncée tête baissée. Comme de coutume, apparemment... n'avais-je donc rien appris sur ma naïveté chronique ces dernières années. Mais au fond, avais-je seulement eu le choix ? Pas vraiment, même si , de base, tout cela était de ma faute. Dans tous les cas, je le félicitais mentalement : il fallait être particulièrement futé pour avoir l'idée d'une telle potion. Qui ne rêverait pas de se voir étaler au visage tout ce que pensaient les autres ? N'importe quel mafieux paierait cher pour détenir un tel pouvoir...
    Mais Monsieur Matveïev pensait-il à autre chose qu'à l'argent et à son propre profit en cherchant à créer cette potion ? J'en doutais... à moins qu'il ne veuille tirer les vers du nez à quelqu'un de très précis ?

    A moi ?!, songé-je alors qu'il poursuivait son soliloque, à grand renfort de ce sourire en coin qui ne le quittait pratiquement jamais. Impossible. Les types comme lui s'en fichait comme d'une guigne des filles comme moi. Le profit et encore le profit ; je ne voyais que ça pour le faire se lever le matin, ce brave Russe. Et pourtant. Plus je l'entendais déblatérer, plus j'avais un mauvais pressentiment. Inconsciemment, mon dos se crispe lorsqu'il mentionne la balafre repoussante qui redessine partiellement ma colonne vertébrale. Il avait donc eu le loisir de m'observer, finalement, quand j'avais eu le dos tourné ? Avec le temps, j'avoue ne plus avoir trop accordé d'attention à la cicatrice, celle-ci faisant partie intégrante de moi-même et alimentant le dégoût – ou la curiosité – que je pouvais inspirer à certain. Il n'y avait bien que lorsqu'elle se manifestait, par une intense douleur dans le bas du dos, qu'il m'arrivait de la maudire dans un langage des plus fleuri.

    Mais puisqu'il avait évoqué sa boiterie ensuite, comme seule conséquence de sa mort, je me sentais inexplicablement moins vulnérable et acquiesçait malgré moi à la question posée. Ainsi donc, le nécromancien n'avait pas été, de son vivant, cet homme claudiquant que j'avais sous les yeux ? Sans m'en rendre compte, je me surpris à me demander de quoi il avait pu avoir l'air à cette époque. Était-il tel que je le voyais aujourd'hui, ou bien était-ce, comme moi, la mort qui l'avait façonné de telle manière à modifier sa personnalité antérieure.

    « Tiens ! Raconte-moi ta mort, Giuliana », lance-t-il avec ce ton faussement autoritaire que je trouvais, pour l'heure, bien trop enjoué.

    Ne savait-il pas qu'ici-bas, c'était plutôt mal vu de se renseigner sur la mort des gens ? Entre ceux qui étaient morts stupidement, ceux qui n'avaient pas eu de bol et ceux qui s'étaient faits avoir – un peu comme moi –, je pouvais aisément comprendre les réticences qu'il y avait à garder tout ça secret. Il y avait de quoi, d'ailleurs. Ce genre d'informations valent cher ici, il paraît.

    « … Je me suis noyée. En mer. », réponds-je pourtant, en toute sobriété et parfaitement indépendamment de ma volonté. Maudite potion.

    Fort heureusement, dans mon malheur, ma réponse demeurait partiellement incomplète, quoique tout à fait vraie. J'espérais que Viktor s'en contenterait. Le seul fait que je réponde n'était-il pas une preuve suffisante que sa satanée potion faisait effet ?

    « Et toi ? », hasardé-je pour essayer de donner le change et faire en sorte qu'il passe à autre chose. En aucun cas, toutefois, je ne m'imaginais qu'il répondrait sincèrement. « Je suppose que tu as eu une sorte d'accident, pour devoir marcher avec une canne aujourd'hui. », supposé-je d'un ton aussi monocorde que froid, histoire de lui faire comprendre que la conversation ne me plaisait pas.

    L'hypothèse était lancée. Les séquelles, en général, ne résultaient pas de morts douces dans un lit d’hôpital. De toute manière, le bellâtre n'avait pas l'âge de mourir dans un lit d’hôpital.
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    #9 le 15.12.16 22:35
    Mon sourire s'étira davantage, furtivement, à l'instant de la réponse lancée si spontanément. Baissant les yeux sur mon carnet, je notai « noyade » dans ma langue maternelle comme pour lui laisser penser que ce n'était pas son histoire que j'écrivais en mémo, au cas où un choc ou une potion quelconque me ferait un jour perdre la mémoire. Le doute était d'autant plus entretenu que ce ne fut pas la seule chose que je pris en note, dès lors que j'avais tout le loisir de constater que, sans être tout à fait parfaite en ce qu'elle ne poussait pas encore le sujet à se confier de lui-même, la potion n'était pas si mal dosée alors que je n'avais pas eu besoin de bien insister pour que la belle brune se livre. Quelques réajustements devraient suffire pour rendre le dosage impeccable. Tout à mon écriture, je m'interrompis un instant lorsqu'elle me retourna la question que je lui avais posée. A nouveau, alors, mon sourire s'étira de plus belle avant de disparaître au moment où mes écrits reprirent. C'était de bonne guerre, mais ce ne fut qu'après avoir terminé de prendre mes notes que je relevai les yeux sur mon cobaye italien en me composant un tout nouveau sourire qui devait lui sembler ô combien exaspérant.

    - Tu supposes bien : je me suis fait percuter par une voiture en traversant une route. Percuté du côté droit, pour être tout à fait exact, précisai-je sans perdre mon sourire et avec une sincérité presque désarmante.

    Il était mal vu de demander la façon dont étaient morts les autres spectres, ici, tout comme ceux-ci étaient particulièrement réticents à l'avouer lorsqu'on le leur demandait, ou lorsqu'on les forçait à le faire. Un aveu qui ne m'avait jamais posé aucun problème, personnellement : je n'avais encore rencontré aucun spectre capable de se servir des morts dont il connaissait la fin ; ni aucun spectre capable d'instrumentaliser ce pan d'une vie passée et parfois même, oubliée.
    Me connaissant, j'aurais même pu ne pas me montrer avare de détails mais, par malchance ou par hasard, la vidéo retransmise à mon arrivée dans le Tokyo des morts était taisante à ce sujet. J'avais vu mon corps voler et c'était à peu près tout. Tout s'était peut-être joué intérieurement, cela dit, et je m'étonne d'ailleurs de n'avoir enduré qu'une boiterie dans ce monde.

    - Mais il n'est pas question de moi, ma chère Giuliana, ajoutai-je de ce même air détestablement avenant, sans guère me soucier du mécontentement criant transparaissant de chacune de ses paroles, Alors comme ça, tu t'es noyée. Hm. C'est amusant, je n'ai jamais aimé les grandes étendues d'eau où tout le monde aime barboter joyeusement. Je ne sais trop si c'est l'étendue d'eau ou le monde qui me dérange, d'ailleurs, ricanai-je, cynique, Mais dis-moi, si, comme tu me l'as affirmé, cette vilaine balafre est née de ta mort, comment diable as-tu pu te la faire en te noyant simplement ? Du peu que j'en sais, les séquelles que nous conservons de notre mort naissent de la mort elle-même, et pas des sévices possibles que notre corps peut subir ensuite. Si nous devions endurer toutes les traces postérieures à la mort, j'aurais pu comprendre que tu aies une telle balafre, ton corps sans vie pouvant, dès après la noyade, aller et venir au gré des marrées, se heurtant, désarticulé, aux rochers lui barrant la route entre deux assauts de poissons carnivores... Mais enfin ce n'est pas comme cela que ça se passe et heureusement ! soufflai-je avec une désinvolture alarmante, J'ai eu l'occasion de voir que tu n'étais pas idiote au gré de nos rares et brèves discussions, abstraction faite de ta ridicule tentative de vol, s'entend. Tu n'es pas demeurée et n'aurais donc pu sauter dans une étendue d'eau sans savoir nager, ni sauter alors qu'il y avait des rochers immergés ou émergeants pour t'attendre en bas... Alors raconte-moi, insistai-je.

    D'aucuns disent que je suis cruel, et sans doute Giuliana ne les aurait-elle pas contredit si elle avait eu l'occasion de les rencontrer. Ne fallait-il pas être cruel pour ainsi expliciter le destin que son corps avait fort probablement subi après qu'elle ait succombé à la désagréable sensation – du moins j'imagine – d'étouffer, de sentir l'eau remplacer l'air de ses poumons d'une façon tout sauf naturelle ?  Peut-être. J'étais plus mitigé, à titre tout à fait personnel, quant au qualificatif dont il fallait réellement user. Plus que de la faire souffrir, je cherchais à la faire réagir. Une lubie qui m'était venue au fil de nos échanges, alors qu'elle errait toujours de la même façon, parlait toujours de la même façon et souriait toujours de la même façon : hypocritement. Assurément, je ne saurais la faire sourire en abordant un tel sujet avec elle – et même en temps normal, puisque je n'étais guère de ces « gais lurons » exaspérants -, mais la pousser dans ses derniers retranchements jusqu'à ce qu'elle se sente acculée, je le pouvais encore. La faire reculer jusqu'à ce qu'elle se sente au bord du gouffre, pour l'inciter à se battre plutôt qu'à tomber... Ça, je le pouvais toujours.

    Commençant néanmoins à la connaître un peu, je restais prêt à la rattraper à tous moments, au cas où l'idée de fuir la prendrait. Après tout, c'était toujours plus simple que de brandir les armes.
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    #10 le 15.12.16 22:38
    Accoudée à la table, le menton nonchalamment appuyé contre la paume de ma main, j'observe distraitement le tracé des quelques lignes écrites par mon maître à chanter. C'est ma réponse qu'il notait là ? En russe, de sorte à ce que je ne me doute de rien ? Qu'importe. Sa réponse m'intéressait un peu plus que ses gribouillis, même si elle était presque aussi sommaire que la mienne. Mais au final, sa mort n'avait rien de bien captivante. Elle était même plutôt fade. Et dire que je m'étais attendue à un truc un peu plus... j'en sais rien. Sexy ? Balayant mentalement tous mes fantasmes de courses poursuites qui finissent mal, de crash impressionnant lors d'un rallye moto ou d'accident de parachute en haute montagne, je tâche de ne pas me montrer trop déçue face à la révélation du bellâtre, conservant mon air placide et froid autant que faire se peut.

    Du moins jusqu'à ce qu'il ne décide de ramener à nouveau tout à moi. De creuser un peu plus insidieusement dans mes mauvais souvenirs, sans se soucier de ma propre douleur, de ma propre détresse. Mais après tout, il s'en fichait. Il s'était juste fait renverser par une voiture ; c'était tout au plus une mort qui relevait de l'inconscience ou de la plus pure inattention. Il ne s'était pas fait avoir naïvement ; on ne l'avait pas manipulé avant de l'assassiner, lui.
    A mesure que les mots du grand brun se mêlent les uns aux autres dans mon esprit, je sens mon souffle s'altérer, mes mâchoires se serrer tout autant que mes poings que je tente de dissimuler dans mon giron après m'être sensiblement redressée sur mon tabouret.

    « Mais dis-moi, si, comme tu me l'as affirmé, cette vilaine balafre est née de ta mort, comment diable as-tu pu te la faire en te noyant simplement ? »

    Ouille... Touchée. Décidément, ce cher Viktor était perspicace. Beaucoup trop à mon goût. Déjà, je songe à me dérober de ce déplaisant interrogatoire, prise par une soudaine bouffée de panique à l'idée de revivre ce que je m'efforçais tant d'oublier. Les images se profilent pourtant dans mon esprit, bien que je fasse l'effort - quasi surhumain à ce stade – de les refouler. Je revois le visage de Selim et son ignoble rictus barrant ses lèvres, lorsqu'il m'embrasse pour la dernière fois. Ses yeux noirs teintés de folie, alors qu'il envoie valser le chien dans le précipice. Son rire, quand il me pousse de ma corniche. Puis la chute, inexorable, angoissante. Puis la douleur et enfin... les ténèbres. Vivement, n'ayant que vaguement écouté la fin du laïus du nécromancien, j'abandonne mon tabouret pour m'en aller, manquant faire tomber ce dernier.

    « Je... je veux pas répondre à ça.», soufflé-je précipitamment en attrapant mon sac à main sur la table, refrénant les battements de mon cœur qui s'emballait. Sous prétexte qu'il m'avait fait boire une de ses stupides potions de vérité ou que-sais-je, il s'imaginait qu'il pourrait tout savoir de moi ? Certainement pas.

    Mais avant même que je ne parvienne à glisser mon sac sur mon épaule, le Russe m'attrape le poignet et me retient d'une main de fer. Interloquée, je regarde sa main entraver mon poignet fin, puis mes iris azurés passent sur son visage et mes mâchoires se serrent encore.

    Pourquoi tu fais ça ? ai-je envie de lui demander.

    Mais la seule chose que je parviens à faire, c'est tenter de me dégager, malgré sa poigne.

    « Lâche-moi Viktor. », grogné-je en fronçant les sourcils, indignée. Mais il ne desserre pas son étreinte et j'ai l'impression que ma poitrine se compresse de plus en plus. Je savais bien que d'une minute à l'autre, j'allais exploser.

    « QU'EST-CE QUE TU VEUX DE MOI MERDE ! », hurlé-je sans plus retenir mes larmes. « CA NE TE SUFFIT PAS DE SAVOIR QUE JE SUIS MORTE NOYEE ?! … TA POTION MARCHE, OKAY ! », poursuis-je avec la même véhémence tant je me sens hors de moi. A présent je ne détourne plus mes yeux de lui, galvanisée par cette colère que je croyais avoir oubliée et qui monte en moi graduellement. Haletante, je me rapproche de lui, puisqu'il ne voulait de toute évidence pas me lâcher : « Tu penses que je suis quelqu'un d'intelligent ? Tu te trompes. Tu veux tout savoir hein ? Tu veux toi aussi me jeter plus bas que terre, comme les autres ? Soit... », murmuré-je en levant le nez pour planter mon regard glacial dans le sien. « Je me suis mariée avec un salaud manipulateur qui m'a jetée du haut d'une falaise pas moins de deux heures après m'avoir dit oui devant l'autel. »

    Voilà. C'était dit... Qu'il se satisfasse de ce scoop. Il n'était pas près de me revoir. Le souffle court, je sens mes lèvres trembler de rage et le goût de mes larmes qui me semblaient alors intarissables. Tu dois être pathétique Giuli'...Comme d'habitude ~

    « ...Vas-tu me lâcher maintenant ? », murmuré-je après avoir pris une profonde inspiration pour essayer de retrouver mon self-control et un semblant de cette indifférence qui me colle d'ordinaire à la peau.
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