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    Anko Asano ϟ if God don't follow me, God is wrong

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    × Evolution :
    × Image : × Age de la mort : 19 Féminin
    × Age post-mortem : 19
    × Avatar : Mikasa Ackerman [SNK]
    × Appartement : SDF
    × Péripéties vécues : 377
    × Øssements2489
    × Age IRL : 23 Féminin
    × Inscription : 21/06/2016
    × Présence : complète
    × Surnom : le maquereau
    × DCs : not yet :stare:

    Feuille de personnage
    × Degré d'amusement:
    16/113  (16/113)
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    #1 le 09.07.16 15:18


    SHE'LL NEVER BE LIKE YOU


    identité
    NOM : Asano
    PRÉNOM : Anko
    DATE DE NAISSANCE : 30/10/1997
    DATE DE MORT : 05/09/2017
    NATIONALITÉ : Japonaise
    LANGUE(S) PARLÉE(S) :
    [X] Anglais. (merci l'école ; elle ne le parle pas couramment, mais arrive à comprendre et à se faire comprendre)
    [X] Japonais. (langue maternelle)
    [] Autre(s) : /
    RACE : Lémure
    PERSONNAGE DE L'AVATAR : Mikasa Ackerman, Shingeki No Kyojin






    physique

    Couleur des cheveux : Un noir de jais typiquement asiatique que le soleil illumine parfois de teintes violettes ou bleutées, de quoi penser à la nuit tombée.
    Longueur des cheveux : La belle les a rarement coupés, préférant les garder longs. Lisses, ils lui arrivent presque au milieu du dos, mais si elle les laisse bouclés, ils remontent alors au niveau des épaules.
    Couleur des yeux : Un violet sombre qui en étonne plus d'un, profond, tirant tantôt sur le gris, tantôt sur le bleu. Un regard qu’elle tient de sa mère, comme beaucoup d’autres choses d’ailleurs.
    Style vestimentaire : Anko aime le classique, l’indémodable, et le simple. Une chemise, un débardeur ou un sweat. Un jean, une jupe ou une robe. Des baskets, des ballerines ou des bottes à talons. Peu lui importe. Tant qu’elle s’y sent bien et que c’est confortable. En revanche, elle optera toujours pour des couleurs sobres, comme le noir, le blanc ou le marron ; les teintes vives n'étant pas ce qui l'attirent de nature.
    Taille : Un mètre soixante-cinq, une taille moyenne et tout à fait raisonnable dira-t-elle.
    Piercing(s) : Non, aucun. Jamais de la vie, et encore moins de la mort. Elle n’a même pas les oreilles percées.
    Tatouage(s) : Un seul, dans le dos, qu’elle s’est offert pour ses dix-sept ans. Il représente une petite fille assise dans le creux gauche de son bassin, et qui souffle sur un pissenlit fané, dispersant les brins de pollen qui s’élèvent en suivant sa colonne, se transformant petit à petit en colombes qui prennent leur envol sur son épaule droite. On raconte qu’elle n’a pas eu une seule réaction pendant la séance, ni une larme, ni un cri de douleur, ni même un mot, rien, si ce n’est un regard d’acier.
    Corpulence : Des courbes fines et harmonieuses, un poids qui ne dépasse pas les cinquante kilogrammes, on peut dire que Anko est tout ce qu’il y a de plus proportionné et de banal. Mais ne vous fiez pas aux apparences, la brune est bien plus musclée et forte qu'elle n'en a l'air.
    Habitudes : se mord la lèvre inférieure quand elle réfléchit ; fait craquer toutes ses articulations après être restée immobile pendant un moment ; fixe toujours les gens dans les yeux, comme si elle cherchait à sonder leur âme ; est rarement tactile ;
    Autre : Sa mort - aussi violente fut-elle - lui a laissé des marques de son passage dans l'au-delà. Ainsi, une demi-douzaine de cicatrices circulaires tâchent son corps de toutes parts, la plus visible étant en plein milieu de sa main droite.



    précisions
    insensible à la douleur depuis sa mort ; allergique aux fraises ; n'aime pas ses pieds ; critique les chats et clame ne pas les aimer ; a le vertige depuis sa mort ainsi que des troubles de la mémoire ; maîtrise le kick-boxing et le taekwondo ; experte dans l'art de soigner les blessures superficielles (œil au beurre noir, coupures, hématomes, etc. ...) ; incapable de faire la cuisine correctement ; a une légère tendance au somnambulisme ; a la manie de cacher des trucs sous son oreiller quand elle est à moitié endormie et en a honte ; adore le Schweppes agrumes ; a besoin de lunettes pour lire ; est fascinée par les oiseaux ; n'aime pas le chocolat ; légèrement maniaque du rangement et du ménage ; ne tient pas l'alcool et a une certaine tendance aux câlins et aux bisous une fois saoule ; ça peut lui arriver de fumer, en de rares occasions, surtout quand on lui propose ;



    caractère

    « Cette fille n'a tout simplement pas eu de chance. Avec une mère bâtarde, un père joueur, et un frère à charge, comment voulez-vous qu'elle ait une vie décente ? » « Quel dommage tout de même, un si beau visage .... » « Mais regardez ces yeux, ils me glacent le sang ! Pas vous ? » « Mais vous l'ignorez ? Elle a presque tué quelqu'un dans une boîte de nuit ! » « Franchement il n'y a pas idée de laisser des délinquants pareils traîner dans les rues ... »

    Tu les ignores, ces voix qui s'élèvent sur ton passage. Tu as l'habitude. On te juge. On te critique. On te méprise. On te craint. On te rejette. On ne voit que ténèbres en toi, autour de toi, peu importe où tu vas.

    « Qu'ils parlent donc, eux qui ont du temps à perdre. Moi je n'en ai pas. »

    Inaccessible. Froide. Sombre. Tu attires l'attention bien malgré toi. N'importe où, en cours, dans la rue, en boîte. Comme si tu dégageais une aura dont on ne peut se défaire, ni s'échapper. Les autres filles t'ont souvent jalousée et méprisée pour cela. Et alors ? Quand on te regarde, c'est comme si tu te foutais des gens, de tout, du monde. Comme si rien ne t'atteignait vraiment. Un fantôme qui apparaît soudainement sur une photo. Présente sans l'être. Pas invisible. Pas concernée. Rien et tout à la fois. Une silhouette floue qu'on ne peut s'empêcher de fixer. Une brume inquiétante dans le regard, tapie dans ton esprit, rendant tes pensées indéchiffrable.

    Tu ne parles pas beaucoup, ou du moins, tu ne parles pas pour ne rien dire. Les conversations futiles t'ennuient. La politesse t'exaspère. Les conventions t'agacent. Tu as cette dureté dans ta voix. Ce tranchant dans tes paroles. On s'étonne souvent de t'entendre. Ça peut surprendre. Ça peut même faire peur. Cet éclat dans tes yeux. Cette colère qui transperce dans ce ton qui pourtant, semble si calme. Tu ne cries pas. Tu ne chuchotes pas. Tu t'affirmes sans t'imposer. Tu déranges. Tu impressionnes. Directe. Franche. Cassante. Tu dis ce qui doit être dit. Ni plus. Ni moins.

    Mais ce calme apparent dans tes paroles n'est qu'illusion. Et ça se sent. Cette rage. Elle bouillonne. Se révolte. Te tourmente. Elle émane de toi. De tout ton corps. De tout ton être. Et même de ton paraître. La colère fait partie de toi, de qui tu es, et rien ni personne ne pourra jamais y faire quoi que ce soit. Une colère contre les autres. Une colère contre toi-même. Une colère contre le monde. Une colère contre la vie. Cet état de rage permanente te rend nerveuse et réactive. Rien ne te prend au dépourvue. Rien ne t'étonne. Rien ne te surprend. Mieux vaut éviter d'apparaître furtivement dans ton dos pour te faire une farce, on finirait douloureusement sur le sol.

    Ah, cette violence. Tu vis avec depuis tellement longtemps. Tu ne connais que ça. Quoi de mieux pour se faire respecter ? Quoi de mieux pour qu'on ne vous marche pas sur les pieds ? Ne pas se montrer faible. Être plus forte que les autres. Voilà la seule vraie leçon que tu retiendras de ton vivant. Tu n'as pas peur de te battre. Tu ne crains pas de te prendre des coups. Tu n'évites pas de te salir les mains. Tout est prétexte à la confrontation. L'injustice. L'irrespect. La provocation. L'ennui. Remettre un arrogant à sa place. Prendre la défense de quelqu'un qui ne le peut pas. Te sortir d'une situation délicate. Tu ne fais pas de différence, ni de compromis. Tu agis.

    Pourtant tu as cette douceur en toi. Si incongrue. Si paradoxale. Celle qui, attendrie, te fera sourire gentiment. Celle qui te fait réagir face aux larmes, bien plus que tu ne voudrais l'avouer. Tu la caches, l'enterres au fond de ton cœur que tu verrouilles à coup de portes blindées et de fossés infranchissables. Une part de toi que trop peu ont vu, à vrai dire, ils ne sont que trois. Trois à avoir connu cette Anko moqueuse et gaffeuse qui fait rire de ses bêtises involontaires. Trois à t'avoir photographiée dans leur mémoire, riant avec sincérité, à l'écoute des autres et attentionnée. Trois à t'avoir surprise à être gênée par des broutilles.

    Mais un seul a découvert ta soif de liberté. Une soif que tu n'étancherais jamais. Et tu le savais. Depuis toujours. Une envie de t'envoler haut, mais tes ailes t'ont été arrachées. Une ambition impossible. Un rêve de partir loin. Mais tu n'as jamais pu briser tes chaînes. Et maintenant que c'est fait ? Tu ne sais pas. Tu ne sais plus. Tu ignores où tu vas, ni quel chemin prendre. Tu ne vois ni problème, ni solution. Tu avances à reculons. Et tu ne regardes jamais dans la bonne direction. Perdue. Déboussolée. Morte ?

    « Depuis bien plus longtemps que la version officielle ... »



    histoire

    15 septembre 2017, 9h32

    Un jour comme un autre. Les passants passent. Les touristes flânent. Les travailleurs se pressent. Et personne ne s’attarde. Aucun ne prête vraiment attention à ce journal froissé abandonné dans une poubelle, comme tant d’autres de ses camarades de papier. On ne parle plus du scandale. Ça n’a pas duré bien longtemps, quelques jours, tout au plus. L’affaire a rapidement été étouffée, comme si c’était normal. Une histoire banale, qu’on se raconte tous les jours. Non. Plus personne ne prête un regard sur cet article en première page et ses photos choc. C’est dommage. Tu en es l’héroïne. Ou plutôt la victime, si on en croit ces mots écrits noir sur blanc.

    « […] Hier, pendant la conférence de presse concernant l’affaire Asano, l'inspecteur en charge de l'enquête, Nagasawa Hiraku, a confirmé l’hypothèse du meurtre en révélant le nom du coupable, Sato Naraku, qui aurait avoué avoir bel et bien poussé la victime du haut de l’immeuble en construction. […] Il est apparu durant l’enquête qu’il entretenait une relation particulière avec la victime, et d’après de nombreux témoins, il était fréquent qu’ils se disputent et se battent. […] Le présumé coupable attend donc son procès dont la sentence pourrait s’élever à l’emprisonnement à perpétuité. […] Quant à la dépouille non-réclamée de la victime, Asano Anko, elle fut finalement prise en charge par la mairie de Tokyo, qui s’est occupée des funérailles quelques jours plus tôt. […] On ignore encore ce que sont devenus le père et le frère cadet de la jeune femme. […] »

    Et voilà. C’est tout. Pas vraiment de quoi résumer une vie, n’est-ce pas ? Surtout pas la tienne. Qui plus est, ce n’est pas vraiment la trace que tu voulais laisser dans les mémoires. Mais te souviens-tu seulement de ce que tu souhaitais laisser comme héritage ? Pas cette histoire en tout cas, ça, c’est certain … «  Jamais rien ne se passe comme prévu … »



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    #2 le 09.07.16 15:18


    I DON'T WANT TO WASTE MY TIME CHASING A LIFE I'LL NEVER GET

    17 janvier 2011, 19h02

    Il va pleuvoir. Lassée, tu lèves la tête vers le ciel capricieux et tends ta main devant toi, cherchant à démasquer les quelques gouttes d'eau qui se font rares, guettant le moment propice pour te tomber sur la tête avec toutes leurs troupes. Avec ta chance, tu vas finir trempée avant d'arriver chez toi. Tu n'as même pas pris de parapluie, pourtant, ton frère de l'avait bien dit, non ? T'as beau être l'aînée, c'est toujours lui qui a raison. Sale gosse. Un sourire amusé apparaît sur le coin de tes lèvres, et des gens te fixent bizarrement. Tu te reprends et affiches de nouveau ton air distant et impassible. Tu as l'habitude qu'on te regarde avec insistance. Ça a toujours été comme ça. Ta mère avait déjà cette malédiction, et tu en as hérité. Bâtarde. Allumeuse. "Celle-là". Les mots n'ont jamais été tendres sur son passage, et ils ne le sont guère plus sur le tien. Étrangement, ils sont toujours sortis de la bouche des soit-disantes "mères de bonne famille". Dégoût ? Envie ? Est-ce que ça a vraiment de l'importance ? Ta mère y faisait face avec grâce et sourire, intouchable dans sa douceur et sa générosité. Mais toi, tu n'as pas ce talent. Tu es plutôt comme ton père - même si tu préfèrerais qu'on t'arrache la langue plutôt que de l'admettre - froide et inexpressive. Tu les ignores. Comme tu l'as toujours fait.

    Tandis que la pluie se fait de plus en plus pressante, tu continues de marcher tranquillement, observant, intriguée, les gens qui se mettent à courir, comme s'ils pouvaient éviter les gouttes d'eau. Stupide. Que l'on court ou pas, on finit toujours mouillé, alors à quoi bon se fatiguer ? Tes cheveux commencent à onduler et à boucler, effet immédiat et inévitable de l'humidité. Tu n'assumes pas toujours cette chevelure particulière et indomptable qui refuse de rester lisse bien longtemps. On t'a souvent fait des remarques, et on t'en fait encore. Ce sera probablement toujours le cas jusqu'à la fin de tes jours. Alors tu fais des efforts, les lisses avec soin, parce que dans un sens, même si tu prétends le contraire, tu es fatiguée de ces jugements à ton égard. Enfant, tu étais fière d'avoir la même chevelure que ta mère, et il a suffi d'une simple phrase pour te faire radicalement changer d'avis. « Bah ! Ils sont bizarres tes cheveux ! C'est moche ! » C'est tout bête. Juste les mots d'un gosse. Quoi de plus innocent ? Quoi de plus blessant ... Encore aujourd'hui, tu entends cette voix stupide quand tu te regardes dans le miroir, les cheveux humides et ondulés. C'est tout bête. Mais ça suffit à te faire prendre ton sèche-cheveux et à te battre contre ces satanées boucles.

    C'est trempée jusqu'à la moelle quand tu arrives sur le palier de l'appartement, cherchant tes clefs dans ton sac, en vain. Tu soupires avant de voir la porte s'ouvrir d'elle-même. « T'as encore oublié tes clefs, An'. » Tu lèves le nez et vois la tignasse de ton petit-frère, sans oublier son sourire espiègle quand il secoue les fameuses clefs sous ton nez. « Tsss ... ne nargue pas ta grande-sœur comme ça, sale gosse ! » Tu lui ébouriffes les cheveux - ou disons, encore plus qu'ils ne l'étaient déjà - et entres en refermant derrière-toi. « T'es rentré y a longtemps ? » Tu le vois traîner des pieds et lui met un léger coup de pied aux fesses. La réaction est immédiate. Le voilà qui marche correctement et sans bruit. Il faut dire que vous avez souvent eu des plaintes de la voisine du dessous, et même si c'est une vraie casse-pieds, tu préfères ne pas lui donner l'occasion de râler encore plus.« Mmmh, ça fait un moment oui, j'ai pas fait attention à l'heure ... » Il te sort son sourire de faux-innocent coupable qui te fait comprendre qu'il a traîné dehors avec ses amis, encore. Tu ne peux pas vraiment lui en tenir rigueur, tu rentres tard tous les soirs à cause de tes petits boulots, ce qui fait qu'il passe un certain temps tout seul après l'école, qu'y a-t-il de mal à ce qu'il s'amuse un peu ? Tu sais qu'il ne fait rien de mal. Il n'est pas comme votre père. Pas comme toi.

    Prévenant, ton cadet t'apporte une serviette histoire de ne pas semer des traces dans tout l'appartement, de quoi glisser tous les deux mètres si on ne fait pas attention. Tu commences alors à te sécher un tant soit peu, quand il te tend une autre serviette sans que tu l'ai vu aller la chercher. « T'as vu maman ? » La question semble banale et innocente. Mais vous savez tous les deux ce qu'elle signifie. Poussant un léger soupir, tu échanges ta serviette trempée contre une sèche que tu poses négligemment sur ta tête, essuyant sans grande conviction tes cheveux. « Elle dormait quand je suis passée, j'ai préféré la laisser se reposer. » Elle avait l'air exténuée, mais ça, tu le gardes pour toi, tu ne veux pas inquiéter ton frère, ce n'est pas à lui de le faire, pas à son âge. Tu souris doucement, comme tu le fais si rarement, et remarques finalement une odeur de cuisine. « T'as préparé à manger ? » Curieuse, tu l'interroges du regard et passes la tête dans la cuisine où tu découvres des casseroles sur le feu. « Ouais, la voisine nous a donné pleins de légumes, alors j'en ai profité. » Ce gamin est une perle. Tu t'en veux de ne pas prendre autant soin de lui que tu le voudrais. Tu as même l'impression que c'est lui qui s'occupe de toi, et non l'inverse.

    « Et puis j'avais pas envie de revivre la catastrophe d'il y a deux jours ! » Il te nargue encore, sur ses gardes, attendant ta riposte. Tu fais mine de t'énerver, outrée, pauvre victime que tu es. « C'est pas de ma faute si cette fichue plaque chauffante est mal réglée ! » Un silence s'installe, fragile et impatient. Puis vous partez soudainement à rire. Non. Tu n'es vraiment pas douée en cuisine, c'est même tout l'inverse, il vaut mieux éviter de te laisser aux fourneaux, sans quoi on verrait s'abattre une nouvelle apocalypse sur la ville ! Sans crier gare, tu coinces ton petit-frère sous ton bras, le menaçant de le mettre lui, dans le four. « Mais arrête ! T'es encore trempée ! Tu me mouilles ! Ankoooo ! » Et vous riez de plus belle. Beaucoup ne te reconnaîtraient pas en te voyant ainsi, si joyeuse et souriante. C'est comme si tu entrais dans un nouveau monde. Un univers dont la porte ne s'ouvre qu'en présence de ta famille. La vie aurait pu continuer comme ça pendant encore longtemps sans que tu t'en plaignes. Mais les contes de fées, ça n'existe pas, pas vrai ?

    16 juillet 2011, 23h54

    Minuit approche, et vous rentrez à peine du festival des lanternes au sanctuaire Yasukuni. Tu ne voulais pas rester trop tard, histoire que Kōji ne prenne pas tes mauvaises habitudes, pas tout de suite en tout cas. A pieds, flânant dans les rues, pas vraiment pressés d'arriver chez vous non plus, tu écoutes, l'air de rien, ton frère qui s'extasie de la soirée. « Le théâtre nô était vraiment génial ! Mon préféré reste le guerrier quand même ... » Tu secoues la tête, souriant malgré toi. Il reste incorrigible, toujours autant fasciné par l'art du combat et de la guerre. Il serait la réincarnation d'un samouraï que cela ne t'étonnerait pas ! Tu le suis de quelques pas en arrière, protectrice, aux aguets, prête à réagir au quart de tour, juste au cas ou. Ce n'est pas non plus comme s'il se passait toujours quelque chose dans votre quartier, mais sait-on jamais. Prudence est mère de sûreté après tout.

    Arrivés dans la rue de votre immeuble, tu tiques. Quelque chose ne vas pas. Tu le sens, ton intuition ne te ment jamais. Rapide, discrète, telle l'ombre que tu es, tu stoppes net ton frère en l'attrapant par le bras. Il s'apprête à protester et à te demander ce qui ne va pas, quand il voit ton expression sérieuse, et comprend. Vous n'avez jamais eu besoin de mot pour vous parler, c'est peut-être le lien de sang qui fait ça ? Ou juste un pouvoir de télépathie insoupçonné ? Qu'importe. Il te fait confiance et sait reconnaître ton inquiétude sur ton visage. Obéissant, il reste à tes côtés et attend tes directives. Ce n'est pas comme si vous aviez l'habitude d'être dans le pétrin, pourtant vous avez cette facilité à agir en cas de crise qui en surprendra toujours plus d'un.

    L'espace d'un instant qui semble durer une éternité, tu scrutes la rue et son silence de plomb. C'est là que tu la remarques, cette voiture noire garée juste devant votre immeuble. Les seules fois où tu en as vu une de ce genre-là, ça a toujours été quand ton père s'attirait des ennuis. Et tu enregistres l'information. Peu importe la raison pour laquelle ils sont ici, c'est de sa faute à lui. D'un geste, tu pousses ton frère sur le côté et lui fais comprendre de se cacher, il s'exécute alors sans un bruit. Tu prends une profonde inspiration, non pas pour te donner du courage, mais pour te calmer. Change de peau Anko, et prépare-toi. Tu es prête à te battre s'il le faut, tu sais que ce sera nécessaire avec ces gars-là. Heureusement que la peur t'ignore, autrement tu n'aurais probablement pas pu les aborder avec autant de désinvolture.

    « Il n'est pas là, alors vous feriez mieux d'aller voir ailleurs. » Ils sont quatre. Deux adossés à la voiture, et deux à l'intérieur de celle-ci. Woah, ils doivent vraiment être des boulets pour se déplacer en si grand nombre juste pour une seule personne. Tu souris, amusée de la situation. Tu n'as plus rien de gentil ou d'attentionné dans ton attitude. Ton agressivité est palpable, pourtant tu restes maître de toi-même. Tu les entends rire à tes paroles, impassible, les observant tour à tour, déjà fatiguée du vide intersidérale qui réside entre leurs deux oreilles ... « Non mais regardez-moi ça ! C'est qu'on a touché le jackpot avec un lot pareil ! » Le premier s'avance vers toi et passe son bras autour de tes épaules, t'exaspère alors même qu'il n'a pas ouvert la bouche depuis dix secondes. Un sourire amer sur les lèvres, tu attrapes son bras sans crier gare et lui fait une prise qui le met à ta merci, le bras tordu et les articulations prêtes à se déboiter à la moindre résistance.

    Deux de ses acolytes réagissent. Trop tard, comme d'habitude. Tu te contentes de jeter le premier sur eux, filant un coup de pied ou deux, juste de quoi les mettre par terre alors qu'ils ne s'y attendent pas. C'est là que le quatrième intervient, t'attrapant par derrière. L'espace d'un instant, peut-être croit-il avoir réussi à te coincer ? Ce qui est sans compter sur ton agilité à retourner toutes situations à ton avantage. Sans qu'il ne comprenne comment ni pourquoi, le dernier se retrouve lui aussi au sol, en compagnie de ces chers compagnons d'infortune. Et c'est enfin quand tu crois que tu en as fini avec eux, que tu entends une voix trop familière pour rester parfaitement calme.

    « Anko ! » Lentement, tu te retournes pour y découvrir ce que tu craignais. Kōji. Kōji, en très mauvaise compagnie. Il y en avait donc cinq ... Ledit cinquième, apparemment le plus intelligent du club - l'exploit, retenait ton petit-frère d'une main, l'autre étant actuellement occupée par une arme à feu menaçant la vie de ton cadet. Tu fais vite le calcul. « Assez jouer maintenant. On sait que ton père est pas là, ce salopard s'est volatilisé avec notre fric. Et comme c'est un très mauvais père qui abandonne ses enfants, on s'est dit que c'était nécessaire de venir faire un coucou à la petite famille ! Juste histoire de mettre les comptes au clair ... » Tu te retiens du mieux que tu peux, mais la colère monte. Pas contre eux, ils font que leur boulot. Non. Contre ton enfoiré de père. Un lâche bon qu'à perdre tout votre argent au poker et à se ramener avec des dettes impayables, des dettes appartenant à des gens qui sont tout, sauf des bonnes sœurs.

    Tu attends, silencieuse. Tu sais que tu n'es pas en position de force. Tu refuses de jouer la vie de ton frère, tu t'es jurée de le protéger, coûte que coûte. Qui plus est, se taire est toujours la meilleure solution face à la mafia, on ne risque pas de se faire couper la langue au premier mot qui sort maladroitement. Tu te contentes donc d'observer votre bourreau. Tu le vois réfléchir. Par quel moyen pouvait-il vous faire payer la dette de votre père, à ton frère et toi ? L'espace d'un instant, le dégoût pointe le bout de son nez quand tu croises le regard lubrique des minables que tu as mis au tapis deux minutes plus tôt. Mais le cinquième, lui, semblait avoir une bien meilleure idée. « Tu te bats bien pour une gamine ... » Tu lis dans ses pensées. Inquiète ? Pas autant que tu le devrais. En fait, tu serais même prête à répondre à son sourire amusé, si ce qu'il allait te proposer n'était pas pour payer les dettes de ton paternel ...

    24 septembre 2011, 01h44

    Tu es épuisée. Rentrée depuis à peine dix minutes, tu t'es écroulée sur le canapé après avoir vérifié que Kōji allait bien et dormait comme une souche. Même après plus de deux mois, tu ne t'y fais toujours pas. Pourtant, tu n'es pas malheureuse. C'est bizarre, non ? N'importe qui en aurait marre, ou aurait peur de continuer. Mais pas toi, non. C'est comme si c'était fait pour toi. Un vrai poisson dans l'eau. Enfin. Ceci n'empêche pas la fatigue de t'assaillir sans retenue. Si on ajoute à ça les courbatures qui se succèdent jour après jour, le tableau est complet ! Tu t'apprêtes à t'endormir sur le divan, ayant trop peu d'énergie pour aller te coucher dans ton lit, quand tu entends le cliquetis de la porte ...

    La fatigue envolée comme par magie grâce à l'adrénaline due à cette situation inattendue, tu sautes sur tes pieds et te rends dans le couloir de l'entrée, prête à accueillir comme il se doit cet invité surprise. Inconsciemment, tu sais qui est en train de déverrouiller la porte, mais tu refuses de le croire jusqu'à ce que tu vois son visage. Lui aussi semble étonné de te trouver sur son chemin, il a l'air aussi fatigué que toi d'ailleurs. Sûrement sa fuite qui l'a exténué, pauvre chose. Comme un réflexe, tu t'endurcis et lui jettes ton plus sombre regard. Il sait qu'il n'est pas le bienvenu. Il ne l'a jamais été, plus depuis que ta mère est à l'hôpital.

    Vous restez là un moment sans rien dire, juste à vous fixez l'un l'autre, attendant de voir qui sera le premier à craquer. « Alors ...? Comment ça va à la maison ? » Et c'est toujours le même qui perd. Croisant les bras sur ta poitrine, tu te mets bien au milieu du couloir, montrant bien à ton père que tu refuses de le laisser passer, et qu'il ne restera pas dans l'appartement contrairement à ce qu'il peut bien espérer. « Je vais être claire. Cette maison n'est pas la tienne. Tu n'y es pas le bienvenu, et je ne veux plus jamais t'y voir. » Ton ton est impartial et sans appel. Il soupire, las, et se masse la nuque comme pour trouver la force de te tenir tête. Cela fait bien longtemps qu'il ne joue plus son rôle de père, bien longtemps qu'il n'a plus aucune autorité sur toi, bien longtemps qu'il n'a plus ton respect, s'il l'a jamais eu un jour.

    « Écoute, Anko ... » Tu le coupes sèchement. Tu ne te sens pas capable de l'écouter déblatérer ses histoires sans perdre ton sang-froid et lui sauter à la gorge. « Non. Tu la fermes. J'en ai marre de tes salades que tu me sors à chaque fois. Ça suffit. Stop. Je t'écouterai plus. Tu dégages d'ici avant que je t'y force. » Il pourrait riposter. Se plaindre de la façon dont tu le traites. Mais il sait déjà qu'il n'a rien à dire, plus maintenant. Il ne connait que trop bien tes arguments, cinglants, et justes. Il sait qu'il ne fait pas le poids face à toi et ta colère. Alors pourquoi continuer à espérer ? Sceptique, tu le scrutes, le transperces de ton regard d'acier, comme si tu cherchais à le décortiquer pour comprendre son fonctionnement.

    Il t'observe à son tour, moins glacial, moins dur, moins strict. Non. Il émet une émotion que tu n'as pas l'habitude de voir chez lui. Il s'avance. Tu ne bronches pas, le défiant silencieusement de faire un pas de plus. Tu le vois qui tend la main vers toi. Tu te méfies. Et finalement, le voilà qui essuie une tache dans la commissure de tes lèvres. Du sang. « Tu t'es battue ? » Tu rêves ou ... il s'inquiète ? Non. C'est impossible. Il te joue un tour pour t'amadouer. Ne tombe pas dans le piège Anko. Comme si ça lui faisait quelque chose ! Comme s'il se sentait concerné ! Comme s'il était ... ton père.

    D'un geste vif, tu repousses sa main. « Et tu sais le pire ? Je le fais pour payer la dette de quelqu'un qui le mérite pas ... » Tu le regardes droit dans les yeux, désinvolte, impétueuse. Tu sens qu'il comprend ton sous-entendu. Ça se lit dans ses yeux. Voyons donc ce qu'il a dire là-dessus. « Je ... Je suis désolé Anko. » Quoi ? Tu l'observes se résigner, vaincu, abattu. Une bête acculée qui finit par accepter son sort. Et puis quoi encore ... Tu le bouscules sans vergogne. Tu ne te retiens plus. Géniteur ou pas, il n'a aucun droit de te faire ça. « Désolé ? T'es désolé ? Mais qu'est-ce que ça peut me foutre à moi ? Et maman ? T'es allé la voir ? Elle qui continue stupidement à t'attendre ! Elle qui croit encore que tu viendras, comme le preux chevalier sur son cheval blanc ! Mais quelle idiote ! »

    Tu ne cries pas, même si tu en es à la limite. La tension s'accumule en toi, une pression si forte que tu as l'impression que tu vas exploser. Et cette colère qui te fait avancer chaque jour, cette nuit, te donne l'impression que tu vas tout perdre en un instant, que plus rien ne compte, si ce n'est cet homme qui ne mérite rien, et encore moins ton pardon, ou celui de qui conque. « Mais qu'est-ce qu'elle a bien pu voir en toi ? Franchement je comprends pas ... T'es qu'un lâche qui a abonné sa famille et qui recommence à la première occasion. Un pauvre type qui ne sait faire qu'une chose : perdre. Tout perdre. Tout le temps. Un minable en fait ?! » Tu l'accuses sans faire de pause, le repousses dans ses retranchements. Mais en a-t-il seulement ? Tu veux le faire craquer, mais rien ne marche. Il reste calme, continuant de te regarder avec ses yeux tristes. Bon sang, ce qu'il peut t'énerver ...

    Au bord de la crise, tel un volcan prêt à entrer en éruption, tu ouvres la porte d'entrée et le met dehors. Si tu ne te retenais pas, probablement que tu le frapperais, tu en serais capable, si seulement tu ne te retenais pas. Pourquoi d'ailleurs ? Pour qui ? Tu repenses à ta mère, puis à ton frère. Tu te calmes un peu, mais ce n'est pas suffisant pour que tu montres une once de clémence envers ton père. Tu t'apprêtes à claquer la porte, quand il fait mine de vouloir te retenir un dernier instant. « Attends ! Anko, s'il te plait ... juste ... » Il soupire, perdu, cherchant comment te parler, ayant perdu le mode d'emploi il y a bien des années déjà. « Est-ce que tu peux juste donner ça à Kōji, pour son anniversaire ? » Quoi ?

    Tu peux l'avouer. Tu t'attendais à tout, sauf à ça. Prise au dépourvue, incrédule, tu ne peux que tendre la main pour prendre le paquet qu'il te confie. Et sans un mot de plus, il s'en va, comme tu le lui as demandé. Tu sais qu'il ne reviendra pas, malgré tout ce que tu peux lui reprocher, il t'a toujours écoutée. Vidée de toute la rage que tu éprouvais il y a à peine cinq minutes, tu refermes la porte, tout doucement, dans un cliquetis dramatique qui retentit dans ta tête, un écho douloureux dans ton cœur. Pour ... l'anniversaire de ... Kōji ? Tu te laisses glisser sur le sol, accablée, et les larmes te rejoignent sans tarder sur le plancher, amères, acides, froides. Son anniversaire ... tu as complètement oublié ...

    03 mars 2013, 22h15


    Tu recules d'un pas, jaugeant l'état de ton adversaire, cet air sceptique et méprisant qui te caractérise si bien sur le visage. Autour de vous, la foule s'agite et s'exclame. Tu les ignores, comme toujours, habituée au brouhaha des lieux. Une seconde passe. Puis deux. Trois. Quatre. Cinq. Six. Le décompte se fait de lui-même. Sept. Huit. Neuf. Les parieurs retiennent leur souffle. Dix. Et c'est l'explosion. A un contre cinq pour toi, autant dire que ceux et celles qui t'ont choisie ne le regrettent pas le moins du monde. En levant la tête, tu remarques tes employeurs, satisfaits, qui te font comprendre que tu as fait du bon boulot.

    Sans une once de compassion, tu passes au-dessus du corps amoché, enjambant l'autre combattant sans aucun respect. Voilà donc qui tu es dans l'arène. Un fauve sans pitié. Dressé pour mettre à terre qui conque se met sur ton passage. Brutalité. Violence. Rage. Qui aurait cru que tout ça émanerait de toi aussi facilement ? Toi qui peux sembler si fragile. Distante mais pas dangereuse. Froide mais pas impulsive. Après tout, même la glace peut brûler, pas vrai ?

    Tu sors de la cage, traversant la foule en ligne droite. Les gens s'écartent sur ton passage, et tu ne leur accordes même pas un regard. Pourtant tu sens le leur sur ta nuque. Lourd. Parfois méprisant. Parfois effrayé. Quelque fois intéressé. Tu te fiches de savoir ce qu'ils pensent de toi. Tu fais ce pourquoi tu es là, point barre.

    Arrivée au comptoir, le barman te sert ton traditionnel vers d'eau avec du jus de citron. Tu ne bois pas d'alcool. Surtout pas quand tu combats. Installée sur un tabouret, tu tournes le dos à la salle entière, comme si personne n'était là. Un nouvel affrontement a lieu. Mais qu'est-ce que ça peut bien te faire au final ? Tu fais comme si de rien n'était, ne te sentant absolument pas concernée par tes camarades gladiateurs. Mais il faut croire que l'inverse n'est pas de mise ...

    « Tu te bats bien pour une fille ... » Une voix masculine résonne sur ta droite. Fatiguée et n'ayant pas du tout envie de taper la discussion avec un macho du genre, tu restes silencieuse et continues de regarder droit devant toi, sirotant ton verre calmement. Chose qui ne semble absolument pas refroidir l'importun. Au contraire. Tu le sens qui se rapproche de toi, pot-de-colle en puissance. « T'as encore des petites lacunes, mais j'peux te donner des cours particuliers pour arranger ça ... » Tu ne le regardes pas, mais tu sais qu'il sourit, confiant, et rien que cette idée te donne envie de le lui effacer du visage une bonne fois pour toute.

    Blasée, tu finis ton verre cul sec et descends de ton siège, t'apprêtant à partir sans un mot, quand une main t'attrape par l'épaule. « Eh attends tu veux pas boire un verre avec moi ? » Tu marques une pause, jugeant ta capacité à rester calme et à éviter la confrontation ... Mais qu'est-ce que tu fais ? Comme si t'étais capable d'éviter les conflits, alors que t'es toujours la première à les affronter. Rapide, dans un geste vif, tu lui attrapes la main qu'il a posée sur toi et lui fais une clef de bras. Ou du moins, tu essaies ...

    Sans que tu comprennes ce qu'il se passe, tu te vois prise à ton propre piège, ton adversaire ayant retourné ta prise contre toi-même, t'attrapant par derrière et te bloquant toute éventualité de te sortir de là. Il t'a coincée, et tu l'entends rire à ton oreille. « Je t'avais dit que t'avais des lacunes, non ? » Il t'agace. Tu tentes de te défaire de son emprise, mais il a plus de force que tu veux bien l'admettre. Tu l'entends ouvrir la bouche pour dire quelque chose, quand un cri lui coupe tout élan. « Y A LES FLICS ! ON S'CASSE ! »

    ~*~

    Si cet abruti n'avait pas été aussi lent à la détente, tu n'en serais pas là. Les bras croisés sur la poitrine, retranchée dans une forteresse invisible, tu fais face à au miroir devant toi. Tu sais qu'ils sont derrière, à t'observer. Te faisant poireauter pour que tu perdes plus facilement patience. Comme s'ils savaient à quoi s'attendre avec toi. Immobile, attendant patiemment que quelque chose se passe, tu continues de fixer la vitre, comme si tu étais capable de voir au travers, observant les personnes qui se trouvent de l'autre côté.

    Brisant le silence et la quiétude de la salle d'interrogatoire, la porte s'ouvre. Un homme d'environ trente-cinq ans pénètre dans la pièce, fixant les dossiers qu'il a à la main. Sans te prêter attention, il prend une chaise et s'installe. Tu le jauges un instant sans faire un bruit. L'espace d'un moment, il reste là, sans rien dire, assis en face de toi. Un duel inattendu prend place. Deux titans silencieux qui se font face, une tension palpable dans l'air ambiant, comme si la situation pouvait se briser à tout instant.

    Tu prends tout ton temps pour l'observer. De ses cheveux courts taillés en brosse à ses chaussures en cuir noir. De ses traits fins à sa chemise blanche aux manches retroussées, laissant deviner une musculature à ne pas sous-estimer. Dans l'ensemble, il est plutôt pas mal, tu dois l'avouer. Mais ce n'est pas ça qui va t'amadouer.

    Il semble tellement concentré sur ses papiers qu'il arrive à te rendre curieuse. Tu le vois tapoter de l'index sur la table, tout en rythme avec les mouvements de ses yeux qui parcourent les documents. « Tu ne comptes pas me parler, n'est-ce pas ? » Sa voix te surprend, et tu as un léger mouvement de recul. Tu le fixes toujours tandis qu'il lève - enfin - les yeux vers toi. En temps normal, la plupart des gens ne soutiennent que très peu ton regard, il n'y a qu'au fightclub que tu trouves des adversaires dignes de ce nom. Mais cet homme ne semble avoir aucun mal à te regarder dans les yeux. Et un nouveau duel commence. Au premier qui élucide le mystère de l'autre.

    Ton silence est de marbre, mais ça ne semble pas le gêner, ou le contrarier. Comme s'il s'y attendait. Comme s'il savait ce que tu as dans la tête. « Je sais que tu ne veux pas les protéger. Je sais que t'en as rien à faire de leurs magouilles. Je sais que tu bosses pour eux pour payer des dettes. Et je sais que t'as tes propres problèmes. » Il sait ? Si c'est le cas, pourquoi il discute alors ? Tu l'entends pousser un soupir, comme s'il avait déjà eu cette conversation des centaines de fois. « Je sais que tu peux compter sur personne, que t'as confiance en personne. Mais tu n'es pas toute seule. »

    Qu'est-ce qu'il te raconte ? Comme si c'était son problème. Comme s'il cherchait à gagner ta sympathie en jouant le psy de service. Tu le juges du regard, incrédule, alors que la porte s'ouvre de nouveau. « Euh ... Nagasawa ? » L'homme en face de toi soupire de nouveau, refermant ses dossiers d'un geste vif et sec. « Ouais, je sais ... Ils sont venus la chercher. » Tu ne comprends pas tout, ou du moins, tu sais que tu vas sortir. Après t'être levée et avoir fait craquer une partie de tes articulations de façon très détendue, les inspecteurs t'accompagnent le long des couloirs du commissariat. Tu les entends discuter. L'avocat de tes patrons est venu te faire sortir de là, et apparemment, ils ont l'habitude que ça se passe ainsi.

    Alors que tu t'apprêtes à sortir, ledit Nagasawa te retient par le bras. Tu te retournes vers lui, blasée. « Tu crois que ce sera toujours comme ça ? Qu'ils viendront te sauver à chaque fois ? Mais ne rêve pas ... leurs gladiateurs, ils en prennent soin un temps, mais vous finirez tous de la même manière. » Malgré toi, tu enregistres chacune de ses paroles. Qu'est-ce qu'il en sait ? Et qu'est-ce qu'il sait, exactement ? Alors que tu te poses des questions sur son comportement, il te lâche doucement le bras, te glissant une carte de visite dans la main. Il n'ajoute rien, mais tu comprends son intention.

    Passant la sortie sans piper mot, accompagnée de l'avocat qui t'attendait à la porte, tu te retrouves face à ton "recruteur" qui te sourit fièrement et t'invite à monter dans la voiture noire garée juste devant le commissariat, comme une insulte lancée aux policiers. Discrètement, tu ranges la carte dans la poche de ton pantalon. Tu n'y as vu qu'un numéro et un nom. Le sien. Nagasawa Hiraku.
    30 avril 2013, 10h26

    Tu salues les infirmières et les médecins qui te reconnaissent, habituée des lieux que tu es. Un bouquet de marguerites à la main, tu arpentes les couloirs sans hésitation. Un étage, puis deux. Tu souris aux gens que tu croises, par réflexe. Plus aussi froide que d’ordinaire, mais douce et avenante. Gauche, gauche, et droite. La porte est juste devant toi. Tu toques une fois, puis entres sans attendre de réponse.

    Ta mère est allongée sur le lit, comme toujours. Sans un mot, tu enlèves les fleurs fanées du vase sur la table de chevet, puis les remplaces par les marguerites que tu viens d’apporter. Finalement, tu t’incrustes sur le lit d’hôpital, embrassant ta mère, tout sourire. « T’as meilleure mine aujourd’hui. » Tu es sincère, et elle le lit sur ton visage, te rendant ton sourire, en plus radieux. On t’a souvent dit que tu lui ressemblais. Si seulement …

    « Tu as mangé ? » Tu ris malgré toi. De vous deux, c’est elle la plus maigre, et c’est elle qui te demande si tu as mangé. Tu la gronderais si tu le pouvais. Mais c’est ta mère après tout, elles sont toutes pareilles de ce côté-là, maigres ou non. « Non, pas encore. J’étais trop pressée de te voir. » Elle te pince le bras, mécontente. Tu fais mine de souffrir le martyre, suppliant pour son pardon. Et vous partez à rire comme deux gamines.

    « Et si t’allais nous chercher quelque chose pour nous deux ? J’ai bien envie d’une de ces barres chocolatées auxquelles je n’ai pas droit ! » Tu prends un air faussement outrée. « Mère ! Voyons ! Cela est-il bien raisonnable dans votre état ? » Tu joues avec ta voix et tes gestes, imitant ces bourgeoises que tu méprises tant. Ta mère te frappe gentiment le bras. « Cessez donc de vous payer ma tête, Mademoiselle, et filez donc répondre à la requête de votre vénérée mère ! » Tu te lèves du lit, cérémonieuse, et lui fais une révérence avant de sortir de la chambre. « Avec joie très chère et vénérable mère ! »

    Le sourire toujours aux lèvres, tu files au distributeur le plus proche. Depuis le temps que tu viens rendre visite à ta mère, tu as fini par connaître les moindres recoins de cet hôpital. Plantée devant le coffre aux trésors mécanique, tu hésites un instant, avant de faire ton choix. Perdue dans tes pensées, le son des pièces qui tombent, suivies des deux barres chocolatées qui t’attendent, te donnent un sentiment d’irréalisme infini. Comme si tout ça, ces instants passés dans cette chambre avec ta mère, pouvait durer pour l’éternité, se répétant inlassablement. Comme si le temps s’arrête à chaque fois que tu passes ces portes.

    Sans t’en rendre compte, tu te retrouves à nouveau devant la chambre de ta mère, barres chocolatées à la main. « Miss Asano, ne me dites pas que c’est pour votre mère, vous connaissez bien son régime pourtant ! » Une infirmière te prend la main dans le sac, et comme une idiote, tu ne trouves rien à répliquer. C’est là qu’une main inattendue vient te piquer l’une des deux barres. « Ne la grondez pas voyons ! Celle-ci est pour moi ! » Tu reconnais cette voix. Le pot de colle du fightclub.

    Tu ne réagis pas tout de suite, trop surprise de le trouver là, avec ce même sourire imbécile, convaincant l’infirmière sans grand mal qu’il t’accompagne. Tu le fixes, sceptique, et sans un mot. Sans-gêne, il entre dans la chambre et salue ta mère comme s’il la connaissait bien. Et ça te fait comme un électrochoc qui te réveille en sursaut. Écrasant la barre chocolatée que tu as dans la main, tu sens la colère surgir en toi, comme si elle ne te quittait jamais vraiment.

    « Qu’est-ce que tu fiches ici ? » Il te regarde enfin, et te sort un sourire en coin, comme si tout était normal. Tu te retiens de lui sauter dessus et de le frapper. Ta mère est là. Tu refuses qu’elle te voit comme ça. Alors tu respires, calmement, te contrôlant d’une façon admirable, souriant amèrement au blanc-bec devant toi. « Ben quoi ? T’es pas contente de me voir ? Moi qui viens de te sauver la mise ! Tu pourrais au moins me présenter à ta mère, non ? » La concernée, trop heureuse d’avoir de la visite, s’assied sur le lit tant bien que mal. Tu avances pour l’aider, mais tu es devancée par lui. A quoi joue-t-il au juste ?

    « C’est ton petit-copain, Anko ? Il est joli garçon ! » Tu manques de t’étrangler avec ta propre salive, tandis que l’autre énergumène part à rire en voyant ta tête. « Ah tu vois ! Ta mère a du goût, elle ! » Et tu les regardes, incrédule, s’entendre à merveille, se moquant de toi, copains comme cochons. Tu reprends de la constance, respirant un grand coup. « Non, maman. Ce n’est pas mon petit-copain. C’est juste un … un … un ami. » C’est tout ce qui te vient. Tu ne peux quand même pas lui avouer que tu l’as rencontré dans un bar où se déroulent des combats illégaux, elle en ferait une attaque. « Oh, je vois. Prenez bien soin d’elle alors, jeune homme, vous voulez bien ? Ma fille joue les dures, mais elle est comme tout le monde, elle a besoin d’amis. Je suis heureuse de voir qu’elle en ait au moins un sur qui compter ! »

    Sans laisser le temps au parasite de rétorquer quelque chose, tu l’attrapes par le bras et fais mine d’avoir quelque chose de vraiment très important à lui dire, l’entraînant hors de la chambre, le cœur serré par ce que vient de dire ta mère. Vous faites quelque pas dans le couloir avant de vous arrêter. Tu te retournes et lui fais face. « Pourquoi t’es ici ? Qu’est-ce que tu veux ? » Il t’observe sans rien dire, te détaillant d’une façon que tu ne supportes pas. Pourquoi ? T’as l’habitude qu’on te dévisage, non ? Non. Pas comme ça. Pas comme toi, tu le fais avec les autres. Oui. C’est ça. Il a le même regard que toi, capable de plonger dans les profondeurs de ton âme, et tu n’aimes pas ça. Pas. Le moins. Du monde.

    « Tu peux continuer à me tirer par le bras si tu veux. » Tu tiques. De quoi il parle là ? Suivant son regard, tu remarques enfin que tu le tiens toujours. Gênée, tu le lâches subitement et détournes les yeux, mal à l’aise. Bon sang. T’es jamais comme ça. Qu’est-ce qui te prend Anko ? Tu secoues la tête, te donnant une claque mentale, avant de le fixer à nouveau dans les yeux. « C’est eux qui t’envoient ? Quoi ? Qu’est-ce qu’ils veulent ? Me faire comprendre qu’ils m’ont à l’œil ? Tu me surveilles ? C’est ça ? Ils me menacent ? Dis-le-moi ! » Tu t’énerves, élevant la voix malgré toi, attirant l’attention du personnel qui te foudroie du regard.

    Il rit. Bon sang, ce que t’as envie de le frapper. Mais tu es dans un hôpital Anko, tiens-toi à carreaux. Te sentant sur les nerfs, il lève les bras en guise de cessez-le-feu. « Eh, calme-toi, ok ? Personne ne m’envoie. Je t’ai croisée dans la rue y a vingt minutes, et j’étais curieux, alors je t’ai suivie, fin de l’histoire. » Tu l’inspectes, jugeant la solidité de ses arguments. Et il te laisse faire, il te laisse lire en lui, ça te perturbe. Les gens ne font jamais ça. Ils n’ont jamais supporté ton regard inquisiteur. Mais lui, si. Ça te fait capituler. Et tu acceptes son excuse, même si le fait qu’il t’ait suivie, sans que tu le remarques, t’inquiète un peu.

    « Elle a quoi ta mère ? » Sa question te prend de court. Il a baissé les bras, t’observant sérieusement, comme s’il se sentait réellement concerné. La sincérité qui émane de lui te fait vaciller dans tes convictions et tes principes. Tu lui réponds sans chercher midi à quatorze heure. « Cancer. » Comme si ce seul mot se suffisait à lui-même, tu détournes le regard, fixant la porte de la chambre, de loin, l’air grave.  Il ne répond rien, et c’est fou comme ça te fait du bien. Les gens disent toujours qu’ils sont désolés, ou d’autres conneries du genre, comme s’ils y pouvaient quelque chose. Le silence. Voilà le seul pouvoir qu’ils ont sur ça, et lui semble bien le savoir.

    Un moment passe sans qu’un mot soit prononcé. Tu t’apprêtes à l’abandonner là, quand tu vois le médecin de ta mère passer en courant, créant un courant d’air qui se transforme en bourrasque dans ton esprit. L’alarme. L’alarme de la chambre de ta mère s’est mise en route. Des infirmières se précipitent à la suite du médecin. Tu es pétrifiée, incapable de bouger, fixant la scène des yeux, spectatrice inutile et impuissante. Tu retiens ta respiration quand tu les vois ressortir, poussant le lit de ta mère avec précipitation. Tu n’as même pas le courage ou la force de les intercepter pour savoir ce qu’il se passe. Tu te contentes de les observer passer, déglutissant, incapable de te débarrasser de ce nœud dans l’estomac, ce "biiip" continue qui ne cesse de résonner dans ta tête.

    11 mai 2013, 18h12

    Tu es affalée par terre quand tu entends ton téléphone sonner sur la table de la cuisine. Dépitée, tu décolles difficilement ta tête du sol, évaluant la distance jusque-là. Tu soupires, abandonnant sans même avoir essayé. La sonnerie s’arrête. Quelques secondes passent. Et elle recommence. Elle doit bien s’enchaîner cinq fois de suite avant que tu te décides à te lever, perdant patience. « Quoi ?! » Le ton le moins aimable du monde. *Hey ! Tu te souviens de ma voix ? Mais oui j’en suis sûr, on m’oublie pas comme ça !* Tu soupires. Malheureusement pour toi, il a raison, tu sais parfaitement qui est à l’appareil. Mais tu ne dis rien, attendant de voir ce qu’il te veut. Prête à raccrocher d’une seconde à l’autre. *Descends, tu veux ? Je t’attends.* Et plus rien. Il a raccroché avant toi, avant que tu puisses râler, ou dire quoi que ce soit.

    Que tu descendes ? Il t’attend ? Et bien qu’il le fasse ! Tu reposes ton téléphone sur la table, te dirigeant vers la salle de bain pour prendre une douche. Une fois la chose faite, tu trouves ton frère planté dans le salon, fixant un point dans le vide. Cela fait plus d’une semaine que votre mère est morte et que vous n’êtes pas sortis, du moins, pour autre chose que la cérémonie de crémation. Vous avez besoin de prendre l’air. Tu l’admets, difficilement. Tu jettes un œil vers la table de la cuisine et ton portable qui s’y trouve encore. Abattue. Vaincue. Tu donnes un léger coup de coude à ton frère pour qu’il se réveille, et tu lui dis d’aller prendre une douche et de s’habiller. « Pourquoi ? On va où ? » Il te fixe, les yeux encore rouges et fatigués d’avoir pleuré. Tu souris gentiment et lui ébouriffes les cheveux. « Se changer les idées. »

    Après vous être préparés - du moins, le minimum social - et sans grande conviction, vous sortez tous les deux de votre appartement, refermant la porte derrière vous et descendant les escaliers, ignorant ce qui peut bien vous attendre en bas. Passant la porte de l'immeuble, vous tombez sur Monsieur Pot-de-colle-en-chef, tout sourire, appuyé sur une voiture juste en face de l'entrée. Sceptique, tu arques un sourcil et le jauge, lui et son tas de ferrailles. Autant le dire tout de suite, tu n'es même pas sûre que cette chose puisse rouler. « Vous en avez mis du temps ! » Tu fourres les mains dans tes poches, soupirant comme il est pas permis, déjà fatiguée de devoir le supporter, et regrettant d'être sortie. « C'est qui ? »

    Tu soupires de nouveau, préférant ne pas répondre à la question, incapable de trouver une alternative au "il m'a lourdement draguée au fightclub juste après un combat". Tu t'apprêtes même à fuir et à faire demi-tour avec ton frère. « C'est un VW combi ? » Tu comprends pas la référence, scrutant ton cadet qui s'avance vers la boîte de conserve ambulante. « J'vois que t'as l'œil chef ! Je l'ai trouvé dans une casse et je l'ai retapé moi-même, il est pas trop classe ?! » Kōji sourit, la première fois depuis la mort de votre mère, et ça te fait sourire aussi. Mais ça t'empêche pas de rester sceptique, croisant les bras sur ta poitrine. « T'es sûr que t'avais les yeux en face des trous quand tu l'as fait ? J'ai pas l'impression que cette chose puisse marcher. »

    Tu le vois prendre un air faussement outré, te mettant au défi de monter faire un tour si tu doutes tant que ça de son bébé - les mecs franchement - et sans que tu le réalises, tu te laisses prendre à son jeu. Tu lances un regard à ton frère qui a l'air vraiment partant, et tu abdiques, répondant au défi par un sourire moitié sarcastique, moitié amusé. Une banquette faisant office de siège conducteur et passager, vous montez tous les trois à l'avant, avec toi au milieu, démontrant ta tendance à la sur-protection dès que ça concerne ton frère. Légèrement anxieuse, tu attends le moteur gronder, puis caler. Tu tournes la tête vers votre chauffeur qui se contente de rire nerveusement, assurant que ça arrive parfois. Te tenant à ce que tu peux, tu l'observes faire une seconde tentative. La moteur gronde à nouveau, résiste, se bagarre avec le conducteur, avant de s'incliner et de coopérer. Ça promet ...

    ~*~

    Tu prends une profonde inspiration, humant l'air iodé de la mer, plongeant tes pieds nus dans le sable. De loin, un air attendri sur le visage, tu veilles sur Kōji qui s'amuse avec le mouvement des vagues. « C'est beau l'amour fraternel. » Tu sors de ton bien-être, reprenant ton expression impassible, attrapant rapidement le café et la barre chocolatée que l'imbécile heureux te tend. Tu l'ignores, comme tu le fais si bien, et lui continue de sourire, comme si t'agacer était devenu son passe-temps favori. « Il est sympa ton frère, tu dois être fière de lui. » Malgré toi, sa remarque te fait doucement sourire, et tu as un pincement au cœur. Oui, il est formidable même, et pourtant il n'a pas de chance. Sa mère est morte, son père est un joueur invétéré et irrécupérable, et sa sœur se bat dans des clubs la nuit.

    A ces pensées, ton café prend un goût amer qui t'est désagréable. Tu baisses les yeux, cette rage qui pointe à nouveau le bout de son nez. C'est là que tu remarques qu'elle avait disparu, pour la première fois. Et ça t'intrigue. Ça t'inquiète même. Est-ce que c'est le deuil ? Non. C'est seulement depuis aujourd'hui. Depuis ce matin ? Non. Depuis ... Tu tournes la tête vers ton compatriote gladiateur qui affiche toujours son air idiot, et tu comprends. « Pourquoi ? » Il t'entend. Tu as parlé à voix haute sans t'en rendre compte. Il voit que tu le fixes, et tu tournes vivement la tête. « Hein ? » Vite Anko, trouve quelque chose. Tu reprends une inspiration. « Pourquoi tu nous as amenés ici ? » Il penche la tête, tu le captes dans ta vision périphérique. « Ben en ce moment y a jamais grand monde à la mer, et j'ai pensé que c'était une bonne idée de prendre l'air ici, surtout qu'il y a un super restau' pas loin ! »

    Tu secoues la tête, finalement prise à ton propre jeu de l'interrogatoire. « Je parle pas de ça. Pourquoi t'es venu nous chercher ? Pourquoi tu nous "sors" ? Pourquoi tu me colles comme ça ? Et ... bordel ! Où t'as eu mon numéro ?! » Il rit à ta dernière question. Faut avouer qu'elle fait un peu "intruse" par rapport aux premières. Il se gratte la tête, ébouriffant d'avantage sa tignasse, puis il se met à fixer l'horizon, comme s'il cherchait à se la jouer cool. Bon sang ce que tu voudrais le frapper en cet instant. « Ben ... ta mère m'a fait promettre de prendre soin de toi. J'suis ton ami après tout, non ? Tu l'as dit toi-même ! » Sa réponse te prend de court, et ça se lit sur ton visage. Il te fait alors une pichenette sur le front, comme pour te ramener à la réalité.

    Ça te fait mal de l'admettre, mais ça te touche. Tu n'as jamais vraiment eu "d'amis", du moins, pas ceux sur qui tu peux compter en toutes occasions, quelqu'un qui vient te sauver de l'infirmière qui s'apprête à t'enguirlander comme il faut, ou qui vient te chercher pour te faire prendre l'air alors que t'es dans une mauvaise passe. Hébétée, tu plaques ta main sur ton front, comme si tu avais mal, alors que ce n'est pas le cas, pas à cet endroit en tout cas. « Tsss ... abruti. » Tu le foudroies tu regard, mais tu souris. « Naraku. » Hein ? « Mon nom c'est Naraku, imbécile. » Tu laisses échapper un soupire désabusé. Qu'est-ce qu'il peut t'agacer. « Anko. » Il sourit, toi aussi. Tu le frappes à l'épaule, et il pousse un cri de surprise autant que de douleur. « Et tu m'as toujours pas dit où t'as eu mon numéro ! » Tu fais mine de t'énerver, mais tu ne l'es pas. Et lui qui te tire la langue, comme un gamin. C'est sûr. Il t'agace. Pourtant la colère n'est plus là ...

    [CEY PAS ENCORE FINI ]



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    #3 le 09.07.16 15:25
    Rebienvenuuuuuuuue

    OMG J'adore ce caractère *-* Bon courage pour l'histoire
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    #4 le 09.07.16 15:34
    Mais elle est morte jeune
    ( Je ne la pensais pas décédé en 2016 en fait. )

    'fin bref. Re-Bienvenue et bon courage pour la suite
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    #5 le 09.07.16 15:41
    MERCI MERCI

    Eh ouais Zacc, et encore, t'as pas la cause de la mort *BAM*

    Puis j'y pense, elle est morte moins jeune que Kiko quand même
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    #6 le 09.07.16 16:09

      Re-Bienvenue !
      Tu comptes nous faire une longue histoire ?
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    #7 le 09.07.16 16:12
    Re-merciiii


    Oui Ryu
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    #8 le 09.07.16 18:24
    Re-bienvenue ♡
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    #9 le 09.07.16 18:25
    Re bienvenue Mademoiselle
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    #10 le 09.07.16 19:59
    Et re-merci vous deux !
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