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#1 le 30.06.16 17:35

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D'aucuns auraient dit qu'il s'agissait là d'un dimanche après-midi idéal. Le temps était clair, ensoleillé même, et l'air, doux. Tous les morts semblaient ainsi de sortie et erraient à travers Tokyo plus ou moins joyeusement. En temps normal, rares étaient les déprimés au parc de Yoyogi tant il était animé de diverses manières, occupé par d'innombrables activités, de la plus calme à la plus sportive, de la plus libre à la plus organisée ; mais en ce jour, peut-être le parc était-il plus envahi de gaité encore. La cause de cette effervescence ? Un concours de pâtisseries organisé par deux ou trois voisins, de ce que j'avais pu comprendre des quelques bribes de conversation perçues. Mais quels que soient les organisateurs de cette animation, beaucoup avaient répondu présent, tant du côté des participants que du côté des visiteurs. De ce que j'en savais, c'était un Français qui avait été à l'initiative de cet événement, mais les autres nationalités n'étaient pas en reste, à en juger par l'hétérogénéité des participants et, de fait, des pâtisseries proposées.

J'étais arrivé au tout début du concours, non pas poussé par ma gourmandise – pas exclusivement en tout cas -, mais plutôt par ma curiosité, l'une comme l'autre n'étant guère louables si l'on se fiait aux mœurs actuelles. Quelles qu'aient pu être mes motivations toutefois, elles m'avaient permis de distinguer de loin l'ensemble des participants, disposés tantôt les uns à côté des autres, tantôt les uns face aux autres, dans des stands d'environ deux mètres de côté, de part et d'autre de l'un des nombreux chemins du parc, transformé en impasse pour les besoins de la cause dès lors qu'une estrade avait été montée en travers de la route afin d'accueillir un podium, alors, désespérément vide.
Chaque participant avait ramené ses pâtisseries fraîchement cuisinées du matin, et ce simple rapatriement n'avait pas été sans engendrer d'innombrables troubles et autres crises du genre, dès lors que les commis improvisés, employés par ces chefs auto-proclamés, avaient parfois eu le malheur de se montrer trop maladroits ; dès lors que ces pauvres bougres avaient échappé les pâtisseries et ruiné ainsi les chances d'accéder au podium – je ne connaissais d'ailleurs pas la nature des récompenses attribuées -.

Cette installation avait été une question de plusieurs dizaines de minutes, après quoi le jury, composé des organisateurs principaux de ce concours, avait déambulé entre les stands sans que les visiteurs n'y aient encore accès. Alors, parmi l'échantillon et la diversité des pâtisseries proposées, chaque participant choisissait sa fierté et c'était sur celle-ci, et celle-ci seulement qu'il était évalué. Ainsi, en dépit de toutes les bonnes conditions entourant les circonstances de ce concours, une pointe de stress et de compétition flottait discrètement dans l'air. A peine perceptible de la plupart des innocents dans la place.
Quoi qu'il en soit, les visiteurs ne furent autorisés à se promener enfin au milieu de ces pâtissiers en devenir qu'après les dégustations des jurés, retirés pour délibérer un temps indéterminé. Tout du long de leur défilé, chacun avait soigneusement noté ses appréciations sur un carnet, puis tous avaient rejoint un stand exilé sur l'estrade, juste derrière le podium. Traîner parmi les badauds autant que les participants me permit d'apprendre que le jury ne rendrait manifestement sa décision finale qu'en début de soirée, aux environs de 17 heures, dès lors que quelques jeux et autres activités étaient prévus pour maintenir l'intérêt des visiteurs au plus haut degré, une fois leur attrait pour la pâtisserie éteint.

Peu concerné par ces jeux tantôt physiques, tantôt intellectuels, je prenais, pour ma part, tout mon temps au gré des stands, discutant épisodiquement avec les participants tout en goûtant leurs pâtisseries, et plus particulièrement celles que je ne connaissais pas. Du moins, jusqu'à ce qu'un genre de pâtisserie attire mon attention plus que de raison.
Alors que j'avais parcouru je-ne-sais-combien de stands depuis mon arrivée ; alors que j'avais découvert, en de plus ou moins bonnes surprises, d'innombrables goûts et textures, ce fut un met familier qui attira mon œil. Un Souvaroff. Pâtisserie typiquement russe fourrée à la confiture, normalement, qui ne valait indéniablement pas le Smetannik à mon goût, mais qui me renseignait néanmoins sur les potentielles origines du pâtissier qui se trouvait derrière le banc. Un petit brun aux yeux verts qui, a priori, ne payait pas de mine, ainsi. Mais les apparences n'étaient-elles pas trompeuses ?

Me frayant tant bien que mal un chemin jusqu'au devant du banc, je me saisis de l'un de ces Souvaroff pour en humer d'abord l'arôme, puis le goûter du bout des lèvres en me concentrant sur chaque saveur. Je ne pus cependant empêcher mes sourcils de se froncer légèrement lors de cette analyse gustative, compte tenu de l'arrière-goût de brûlé un brin dérangeant, mais enfin, le goût de la pâtisserie prédominant globalement, cela ne m'empêcha pas de finir le biscuit pour chercher des yeux d'autres mets familiers.

- N'aurais-tu pas cuisiné un Smetannik ? Si tu connais..., hasardai-je finalement en cherchant à croiser les yeux de ce pâtissier en herbe.

Finalement, j'avais pris parti de ne pas lui demander s'il était russe, d'abord parce que cela m'apparaissait un peu brusque comme entrée en matière, mais encore parce qu'il répondrait probablement spontanément à cette question tue en écoutant mon fort accent. Car je ne me faisais pas d'illusions : à supposer que l'on ne me devine pas Russe à me voir, simplement, j'avais un accent à couper au couteau, omniprésent, quelque soit la langue parlée.
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#2 le 11.08.16 0:18

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"Ha quel beau dimanche après-midi !Il faisait beau , il y avait du soleil, des enfants s'amusaient dehors avec leurs parents qui partaient dans tous les sens pour les rattraper bref une belle journée;Kay lui aussi était dehors mais, lui c'était pour une autre raison ! un concours de pâtisserie avait été prévu dans le parc Yoyogi et Kay avait décidé d'y participer, peut-être que ses pâtisseries allaient en faire tomber plus d'un...enfin façon de parler les pâtisseries de Kay n'étaient pas les meilleurs voir elles étaient sacrément carbonisé ou mal cuite, mais bon kay aimait cuisiner et il n'allait pas rater ça !Il avait passé toute la nuit à s'entrainer à faire des Souvaroff une pâtisserie typiquement russe pour ensuite en faire plein ce matin qu'il avait ramené avec lui. Après avoir reçu son stand et avoir mis ses gâteaux dessus, il vit la foule et ses concurrents arrivé petit à petit jusqu'à ce que le grand moment arriva, le jury commença son examination, les personnes qui faisaient le jury passait un par un sur les stands pour gouter au pâtisserie de chacun pour ensuite donner leurs résultats en fin de journée. Aprés être passé sur quelques stand ils arrivèrent sur le stand de Kay, les membres du jury prirent une part de Souvaroff le regarda, le renifla, l'examina pour ensuite commencer à le gouter, kay les regarda fixement attendant une réponse, les membres du jury commencèrent à froncer les sourcils comme si quelque chose clochait."

-Dit donc....votre pâtisserie est un peu brûlée non ?

" Kay se crispa d'un coup , il avait encore brulé son gâteau"

-Bon merci pour cette pâtisserie, faites attention la prochaine fois.

"Kay les regarda en faisant un grand sourire , il attendit qu'ils partent pour se retourner prendre son bonnet et commencer à le mâchouiller tout en le tirant dans tous les sens avec une mine dépité."

-Pochemu eto proiskhodit tol'ko so mnoy ? (pourquoi ça n'arrive qu'à moi?)

"Aprés que les jury étaient allez voir tous les stands les visiteurs pouvait enfin aller vers les stands pour gouter les pâtisseries.
Kay continua à se lamenter sur lui même jusqu'à ce qu'un homme arriva devant son stand , il ne fit pas attention à lui au départ mais d'un coup il se rappela que ses gâteaux n'étaient pas très bon."

-Attendez ils ne sont pas!

"Kay remit son bonnet en place et se retourna rapidement , mais il était trop tard l'homme avait mangé le gâteau et celui-ci aussi remarqua l'arrière gout de brulé. "

-Héé..il fallait pas ils sont brulés ...

"Kay soupira un peu se rappelant ce que le jury avait dit."

-"N'aurais tu pas cuisiné un Smetannik?"

"Kay releva la tête pour regarder l'homme qui lui avait posé la question."

-Héé un smetannik ? désolé non je n'ai fait que des souvaroff pour l'occasion mais je ne m'attendais pas à voir quelqu'un qui connaisse ce genre de gâteau  eto kruto. (c'est cool )

"Kay se retourna pour sortir d'autre biscuit de la boite il en prit un qui avait l'air en bonne état et le tendit à l'homme ."

-Tenez je pense que celui la n'est pas brûlé !

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#3 le 18.08.16 22:04

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Que le passage des jurés y soit pour quelque chose ou qu'il s'agisse plutôt de sa fournée de biscuits trop cuits, le jeune pâtissier me faisant face semblait comme désemparé, à tout le moins déçu, par ce qu'il avait réalisé cette fois. Il n'y avait pourtant pas mort d'homme et je préférais encore les biscuits trop cuits que ceux qui ne l'étaient pas assez, à titre strictement personnel. Après tout, il était plus qu'aisé de gratter un peu les parties carbonisées pour redonner tout son goût - ou presque - au biscuit initial. Les répliques du garçon me prêtèrent cependant à sourire alors que je me saisissais du biscuit qu'il me tendait.

- Je suis très mauvais pâtissier, mais je connais les classiques du pays... Et j'ai un faible pour le Smetannik, je l'avoue. D'où ma question, motivée par la gourmandise, seule, précisai-je en souriant un peu.

Me prenant presque pour un juré moi-même, je contemplai un moment le Souvaroff remis par le jeune homme, contraint d'avouer que si le goût du précédent n'y était peut-être pas tout à fait - ou du moins y était-il, mais altéré par celui du brûlé -, la forme était irréprochable et me ramenait sans difficultés plusieurs années en arrière, les quelques fois où je pouvais avoir Anja avec moi le temps d'un week-end et où nous allions au centre-commercial les samedis après-midi pour faire les boutiques, et se goinfrer littéralement de pâtisseries à l'heure du goûter... Car sans être particulièrement gourmand, j'aimais néanmoins les desserts plus que tout autre plat, et force était de constater que ma fille tenait de moi de ce côté.

- Hm ! Celui-là est parfait admis-je après en avoir mangé une bouchée, continuant mon observation détaillée de la pâtisserie en même temps que je mâchais, J'espère que c'en est un comme ça que tu as donné au jury.

Mais l'allure des pâtisseries présentées sur le stand autant que le souvenir de la mine déconfite du pâtissier en herbe me laissaient cependant croire que tel n'était pas le cas. Peut-être seraient-ils indulgents ?

- Au pire, ils ne sont pas totalement carbonisés non plus. Puis tu pourras toujours dire qu'ils sont hermétiques aux spécialités russes ~, ricanai-je en finissant mon biscuit, frottant mes mains l'une contre l'autre à côté du stand pour ôter de mes doigts les quelques miettes persistantes, Ça fait longtemps que tu pâtisses ?

Ma propre question m'avait poussé à jeter un œil aux concurrents de mon interlocuteur. De tous âges et de tous horizons, ils me semblaient néanmoins un peu plus âgés que le pâtissier en devenir à qui je m'adressais, certains d'entre eux étant même professionnels à en juger par la tenue qu'ils portaient. Au-delà du fait que le Russe qui me faisait face était vêtu normalement, quelque chose - peut-être la fournée ratée - me laissait entendre que pâtissier n'était pas son métier et je n'avais d'ailleurs osé lui poser la question. Peut-être en ce qu'apprendre qu'il était effectivement pâtissier et qu'il pouvait cependant vendre des marchandises plus ou moins brûlées ne m'aurait que fort peu rassuré, au fond.

- Au fait. Je m'appelle Viktor Arseniyevitch Matveïev. J'avais déjà mes soupçons en voyant les Souvaroffs, mais ta maîtrise du russe n'a fait que les confirmer. Tu venais d'où en Russie ? Moscou, pour ma part, murmurai-je en souriant.

Rares étaient les fois où je conversais si longuement et de façon si anodine, sans évoquer mon métier de nécromancien ni mon pouvoir particulier. Rares étaient les fois où je me présentais spontanément, patronyme compris - mais n'était-ce pas sacré pour nous ? -... Ceci étant dit, rares étaient également les fois où je croisais des compatriotes au détour d'un chemin, au beau milieu d'un concours de pâtisseries organisé dans un parc.