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#1 le 26.06.16 16:10

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22h30

La moiteur désagréable de l'atmosphère nocturne me fait grimacer alors que j'avance d'un pas traînant dans le dédale de ruelles du centre-ville tokyoïte. Les deux derniers jours – affreusement caniculaires – avaient rendu la ville amorphe, si bien que seul le week-end parvenait à sortir ses habitants de leur torpeur routinière. Samedi soir oblige, j'étais déjà entourée d'une bonne petite foule hétéroclite : entre ceux qui rentraient tardivement du boulot, ceux qui sortaient d'un petit happy hour entre collègues ou encore ceux qui préféraient tout simplement les petits restos avant d'aller s'éclater sur le dancefloor. Mais à cette heure-ci, les véritables noctambules commençaient tout juste à pointer le bout de leur nez. J'étais de ceux-ci. Ombre insignifiante parmi les fêtards en devenir. J'avais recouvert ma carcasse zombifiée, fraîchement retapée par les potions ingurgitées un peu plus tôt, d'un long manteau de cuir sombre, préférant ne pas attirer trop tôt les regards sur le reste de ma tenue qui était beaucoup moins sage.

Le regard obstinément baissé sur le bitume, j'évite de trop approcher les gens par peur qu'on me démasque – j'avais pratiquement vidé la moitié du flacon de Dior J'adore sur ma peau pour couvrir cette odeur de putréfaction que je savais traîner derrière moi sans être capable pourtant de la sentir vraiment, habituée que j'étais. L'écho de mes talons aiguilles raisonne dans la ruelle lorsque je m'y engouffre avec détermination, pénétrant sans hésitation dans un des bars qui y pullulaient : le « Cold Mojito ». Je m'y étais déjà rendue un jour, avec un client. Mes poils se hérissent sensiblement à ce souvenir. En entrant, mon regard parcourt rapidement la salle. La déco – censée nous transporter dans une atmosphère pseudo-caribéenne – me fait penser à une de ces pubs bons marchés pour les voyages low-cost. Kitsch à souhait. Le bar n'était pas encore plein mais déjà pas mal de tables étaient occupées.

Dans tous les cas, l'homme n'était pas là. Pas encore. Je mentirais si je n'avouais pas que j'avais attendu ce rendez-vous depuis des jours.  Tadashi Hikura était un homme renommé dans le milieu de la nuit et son strip club faisait des envieux autant chez les tenanciers de boîtes de nuit que chez les maquereaux des quartiers chauds. Si je pouvais me faire embaucher chez lui, j'étais assurée d'avoir un salaire régulier chaque mois plutôt que de me résoudre à compter mes sous après chaque passe hasardeuse que me laissait faire cette vieille fouine de Misty D. Dès lors, avec le doute, une foule de questions m'assaillent : Viendrait-il ? Était-il vraiment intéressé par les attraits pour le moins exotique qu'une femme zombie pouvait apporter à son établissement ? Pis encore, l'accepterait-il telle qu'elle était ? Toutes les considérations que j'aurais pu avoir telle que « était-ce raisonnable de se laisser commander – contrôler même – par un seul homme ? », « n'avais-je pas mieux à faire que de vendre mon corps à qui voulait ? », etc, etc, me passaient bien au-dessus. Il y a bien longtemps que je me contrefiche de tout cela et me suis résignée à mon sort ~.

En désespoir de cause, je m'avance jusqu'au comptoir pour passer le temps en attendant la venue de Hikura. Il n'y avait pas grand monde autour du bar. Un homme avec une chemise bûcheron et un jean troué sirotait sa bière, le regard tourné vers la tablée d'un petit groupe de jeunes femmes aux rires chantants. Plus loin, une autre créature à la chevelure rouge flamboyante me tourne le dos alors que j'approche d'une démarche involontairement féline, m'installant à un tabouret d'écart de la demoiselle. Je préférais mettre un peu plus de distance entre le buveur de bière lubrique et moi. Juste au cas où.

« Qu'est-ce que j'te serre ? », me demande le barman alors que je retire mon manteau, dévoilant ainsi le bleu profond de ma brassière de dentelles moulante remontant largement au-dessus de mon nombril et le noir de jais de ma jupe crayon.
« Juste un jus d'orange s'il-vous plaît », réponds-je poliment et d'un ton monocorde en faisait fi de son regard qui se perdait dans les profondeurs de mon décolleté. L'alcool avait la fâcheuse tendance à accélérer ma décomposition, aussi n'en buvais-je jamais ou presque.

Il se décide à me servir mon verre et je le remercie d'un simple regard avant d'attraper doucement la paille entre mes lèvres, dégustant le jus de fruit pressé en observant distraitement le grand brun s'affairer derrière le bar.

« Et toi beauté ? Je te resserre quelque chose ? », hasarde le barman en s'approchant de la rouquine un peu plus loin avec un sourire enjôleur.

#2 le 01.07.16 2:53

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Presque une heure que je regardais les aiguilles de la vielle horloge derrière le bar avancer, la petite aiguille dans un manège incessant au tic-tac devenant insupportable. Le bruit des verres s'entrechoquant résonnait en continu, que ce soit les serveurs qui les nettoyaient ou les clients qui beuglaient « Kanpai ! ». Je sentais les regards de plusieurs personnes se poser sur ma silhouette fine et plus que féminine, sans y prêter plus d'attention que ça, ayant l'habitude que l'on m'observe, dans le but de se rincer l’œil ou même simplement par étonnement, choc ou dégoût. L'outrageante cascade rouge qui tombait dans mon dos accrochait plus d'une paire d'yeux, mes oreilles poilues n'arrangeant en rien l'intérêt des autres. Ma tenue n'était pas non plus des plus adaptées pour sortir en journée, mais il était désormais vingt-deux heures trente passées, et le bar ressemblait à une bergerie dans laquelle déjà plusieurs loups rôdaient, empestant l'alcool et la cigarette.

Je ne pouvais m'empêcher de porter attention aux discussions alentours, ainsi que d'observer l'intérieur du « Cold Mojito ». Je ne connaissais que très peu ce bar, et sa déco laissait clairement à désirer. Le moindre détail paraissait déjà trop, même isolé du reste de l'ameublement. L'air moite et collant rendait l'atmosphère assez désagréable, mais je m'habituais rapidement à ce genre d'ambiance, habituée des bars miteux que j'étais, malgré le fait que je fréquentais certains pubs huppés. Je portai à mes lèvres mon verre, tressaillant légèrement au contact frais de la matière, et bus une nouvelle gorgée de ma Piña Colada sans alcool. Me détendre. Voilà tout ce que je recherchais ; un instant de pause, sans aucune contrainte. Je me contenais - ce soir comme d'autres - quand je voyais ces hommes qui me répugnaient, et restais pacifique envers chacun. Je dégustais allègrement la boisson que m'avait servie le barman, et la finis d'une traite. Le mélange de noix de coco et d'ananas coula doucement dans ma gorge, et je savourai ce goût que j'affectionnais particulièrement.

Le même homme qui m'avait fourni mon cocktail m'interpella, alors que j'observais un groupe de jeunes femmes presque saoules qui riait aux éclats. Je me retournai vers lui pour redemander la même chose, sans relever ses manières qui se voulaient aguicheuses. Il me sembla qu'il continua à me parler un court moment, mais je ne l'écoutais déjà plus, mon esprit accaparé par une belle demoiselle aux longs cheveux noirs qui était arrivée avec une grande discrétion pour que je ne l'ai pas remarquée. Ou alors mon ouïe commençait à souffrir du brouhaha permanent et je n'avais pas portée attention à sa venue. Son expression était calme, bien que ses traits trahissaient une certaine inquiétude - ou peut-être peur ? Mais mes sens étaient trop sollicités par la foule pour que je puisse me concentrer sur les émotions qui émanaient d'elle. Elle sirotait quelque chose qui ressemblait à du jus d'orange, et c'en était sûrement si je ne me trompais pas. Pas d'alcool donc, mais une forte odeur de parfum parvenait à mes narines. Une zombie, peut-être ? J'hésitai. Sans m'en rendre compte, mes ongles tapotaient le verre que le brun m'avait resservi en une mélodie dissonante. Finalement, l'envie de lui parler se fit plus forte, et je me décidai à lui adresser la parole, même si elle devait attendre quelque chose d'autre que moi.

« Un jus d'orange ? dis-je, sur un ton que je voulais bienveillant. Pas d'alcool, donc, dans un endroit où pourtant la plupart est déjà éméchée... »

En soi, cela me plaisait que sa boisson soit faite de fruits non macérés. Les petits buveurs ne me dérangeaient pas, mais ceux qui avaient l'initiative de ne pas boire me charmaient. La puanteur des différents alcools m'irritait le nez, et je fus prise d'un petit frisson de malaise, espérant qu'elle n'en verrait rien. J'ajoutai, quelques secondes après l'avoir observée et fixant ses yeux d'un magnifique bleu :

« Jolie tenue, d'ailleurs. »

Cette fois, j'attendais une réponse à ma question implicite, même si je doutais qu'elle daigne m'exposer sa vie. Cependant, elle portait des habits plutôt provocants, et ma curiosité était montée en flèche. J'avais plusieurs options ; elle pouvait aimer la drague et les coups d'un soir, vendre son corps ou encore s'habiller comme ça pour sa propre personne - mais la dernière était la moins probable.
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« Car il se fâchera encore une fois et il te fera ce qu'on lui faisait et il te dira que c'est ta faute à toi, que les grands sont mals et ne pleurent pas, mais qu'ils se battent, enfin battent leur femme, mais surtout leurs enfants et tu pleureras, mais c'est pas grave, oui tu oublieras, tu feras dodo, l'enfant do, bébé dormira bien vite. »
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#3 le 03.07.16 17:12

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Décidant que le barman n'était plus digne d'intérêt, je me tourne partiellement pour mieux surveiller l'entrée du bar, me composant un visage aussi avenant que possible bien que j'appréhende sensiblement la venue du cador de la nuit. Peut-être que je me faisais toute une montagne de cette entrevue. Après tout, s'il m'avait fait venir ici, en dehors de Kabukichô, c'était sans doute pour ne pas qu'on l'aperçoive avec moi... Dès lors je n'avais plus rien à perdre, si ? Amèrement, je songe que je n'ai déjà plus rien à perdre, ici. Je soupire faiblement en jouant avec les glaçons de ma boisson, les faisant tournoyer dans mon verre du bout de la paille.

« Un jus d'orange ? Pas d'alcool, donc, dans un endroit où pourtant la plupart est déjà éméchée... »

Cette voix – suave et fondamentalement bienveillante – m'arrache à mon observation malsaine de la porte battante de l'entrée. Je tourne instantanément mes prunelles bleutées sur le visage de ma voisine, la sublime rouquine dont j'avais eu tout le loisir de détailler la silhouette en arrivant au comptoir. Comme par réflexe, mon regard abandonne momentanément le visage de la jeune femme pour observer le contenu de son propre verre fraîchement resservi. Cette piña colada était elle aussi dépourvue d'alcool, puisque la bouteille de rhum n'avait pas bougée de son promontoire, contrairement aux jus de fruits qui traînaient encore sur le plan de travail du barman.

« Je ne suis pas comme la plupart des gens... Et l'alcool ne me réussit pas », avoué-je d'une voix égale, dénuée d'animosité tout autant que de chaleur. Pourtant, un sourire discret s'attarde au coin de mes lèvres pulpeuses aux lignes redessinées d'un rouge carmin et tentateur.

Timidement, je m'autorise à détailler les traits réguliers de l'inconnue. Elle était belle, à l'évidence. Même si cette chevelure écarlate et soyeuse accrochait le plus le regard, j'avoue avoir été hypnotisée par ce regard doré, tirant sur le jaune flash même. Une pigmentation peu commune pour une humaine. Mais l'était-elle vraiment ? Passé le cap de cet envoûtant regard, le reste de son anatomie m'apparaissait maintenant sous son véritable jour : je remarque alors les petites oreilles en pointes dissimulées sous cette tignasse sauvage et, plus encore, cet étrange bras écailleux et cette main aux griffes acérées. Une chimère, à n'en pas douter. Avait-elle remarqué ma curiosité, sagement dissimulée derrière le masque d'indifférence que je m'évertuais à conserver ?

Je la vois frémir et je baisse les yeux. Elle venait sans doute de sentir le fumet désagréable de ma carcasse, malgré la tonne de parfum qui recouvrait ma peau d'albâtre. Je reporte mon regard azuré sur mon verre et reprend machinalement une gorgée de jus de fruits, masquant ma gêne pourtant évidente. Le compliment qui suit, dès lors, me fait serrer les mâchoires. Était-il teinté de douce ironie ? Cette somptueuse créature se moquait-elle de ma tenue trop aguichante pour une vulgaire zombie ? ...A moins qu'elle n'ait conscience de ce que ce corps sensiblement dévoilé signifiait : une pute en mal de clients.

« Elle n'a rien à envier à la vôtre, bien plus... classe ~. Mais merci », décidé-je finalement de répondre en reportant mes iris dans les siens, plus par politesse que par réelle gratitude. Je n'avais aucune envie d'entrer dans les détails.

Un silence s'installe entre nous durant lequel je fais nonchalamment tournoyer mon jus dans mon verre. Que devais-je faire à présent ? Hikura n'était pas arrivé et je doutais même qu'il n'arrive un jour alors... pourquoi ne pas passer le temps en parlant avec cette intrigante jeune femme ? Non... il ne valait mieux pas ~.

« J'attends quelqu'un mais... peut-être veux-tu me tenir compagnie jusqu'à ce qu'il arrive ? », m'entends-je néanmoins dire – comme si ma bouche avait une volonté propre – de ce ton monocorde à l'accent italien qui me caractérise. J'avais volontairement abandonné le vouvoiement ; la belle semblant de toute évidence un poil plus jeune que moi. D'un geste, je désigne obligeamment le tabouret qui nous sépare, l'invitant à y prendre place. « A deux, on aura moins de chances de se faire draguer par le type qui bave dans le coin du bar, là-bas ~ »

Du bout du pouce, je montre discrètement l'homme qui gardait toujours les yeux rivés sur le groupe de jeunes femmes, une étincelle intensément lubrique figée dans le regard.

« Tu viens souvent dans ce genre de bars ? », hasardé-je en attrapant une nouvelle fois ma paille entre mes lèvres pour en siroter une longue gorgée de jus.

La question était loin d'être anodine. A dire vrai, je n'éprouvais aucun mal à imaginer cette belle rouquine dans un lieu un peu plus sulfureux que le Cold Mojito. Peut-être avions-nous bien plus en commun que notre goût pour les boissons softs ~.

#4 le 17.09.16 17:19

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Une femme différente de ce qu'elle m'avait répondu, pas comme la plupart des gens. Ses réponses me plaisaient. Lorsqu'elle eût fini de me détailler - et qu'elle comprit que je faisais partie de celles qui avaient reçu la ou les piqûres - elle détourna le regard et suite à ma remarque je sentis un profond malaise émaner d'elle. Je n'avais pourtant rien dit me paraissant vexant et j'avais utilisé un ton avenant. Peut-être était-ce mon excès de curiosité qui ne lui avait pas plu ? Sa réponse confirma ma pensée. Mes habits, bien que sexy, ne dévoilait que peu ma peau et cachaient plus ou moins mon bras reptilien. Ma tenue était en effet moins aguicheuse que la sienne, et l'idée que je me faisais de son métier s'encra un peu plus.
Nous nous tûmes quelques instants, puis elle brisa ce silence gênant durant lequel je réfléchissais à la suite de ma soirée :

« J'attends quelqu'un mais... peut-être veux-tu me tenir compagnie jusqu'à ce qu'il arrive ? A deux, on aura moins de chances de se faire draguer par le type qui bave dans le coin du bar, là-bas ~ »

Mon regard suivit la direction que pointait son pouce, et je grimaçai en observant cet homme qui me répugnait. Je n'étais pas sûre que le fait qu'on soit deux le dissuade grandement, mais j'appréciais la compagnie de la zombie, malgré l'odeur trop prononcée du parfum. Je décidai donc de rester sur ce tabouret et de continuer cette discussion qui n'était pas déplaisante.

« Je viens rarement ici. L'odeur d'alcool fort n'est pas quelque chose que j'apprécie grandement, tout comme les vieux pervers en manque de gazelles. Mais j'aime sortir et je fréquente plutôt beaucoup les bars - quelques fois moins kitsch que celui-ci. Et toi donc ? »

Je me doutais que son tutoiement venait du fait que j'étais sûrement plus jeune qu'elle, mais je n'en avait guère quelque chose à faire. Je la respectais - pour le moment du moins - mais tenais à lui parler en tant qu'égale. Elle semblait sympathique, malgré son sourire froid et ses coups d’œil réguliers vers l'entrée. Elle attendait quelqu'un, elle me l'avait dit, et mon intuition sur sa façon de gagner des ossements se révélait peu à peu juste. Je ne voulais pas la brusquer cependant, et je n'avais rien contre le fait qu'elle vende son corps, tant qu'elle ne m'obligeait pas à faire de même. J'espérais silencieusement que la personne qu'elle attendait lui ai posé un lapin, même si c'était mauvais pour ses affaires. Je voulais en savoir plus sur cette intrigante femme zombie en brassière dentelle qui buvait du jus d'orange.
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« Car il se fâchera encore une fois et il te fera ce qu'on lui faisait et il te dira que c'est ta faute à toi, que les grands sont mals et ne pleurent pas, mais qu'ils se battent, enfin battent leur femme, mais surtout leurs enfants et tu pleureras, mais c'est pas grave, oui tu oublieras, tu feras dodo, l'enfant do, bébé dormira bien vite. »
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#5 le 16.10.16 18:30

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Un léger sourire, à peine perceptible, étire mes lèvres sensuellement peintes de rouge alors que la sublime rousse m'explique ce qui lui déplaît dans ce type de bars. Je pouvais comprendre, pour l'odeur d'alcool – et cette compréhension m'amenait à cette dérangeante vérité : la demoiselle avait l'odorat fin, aussi avait-elle certainement dû deviner ma nature zombifique –, mais pour les ''pervers en manque de gazelles'', comme sa délicieuse interlocutrice se plaisait à le dire, j'émettais quelques doutes.

« Ce genre de types, on en trouve dans tous les bars... et pas forcément les plus miteux. », fais-je remarquer en continuant de siroter innocemment mon jus, conservant mon imperceptible rictus au coin des lèvres.

Et j'en savais quelque chose, pour avoir un peu traîner mes guêtres dans la plupart des bars de la ville – sauf les établissement réservés aux pleins aux as, ça va de soit ~ –. Jamais seule, bien entendu. Il y avait toujours eu quelqu'un pour payer l'addition.

« Mais ça me rassure de savoir que tu ne traînes pas trop dans ce genre de bouges. », admets-je en reportant mes iris azur dans l'or en fusion des siens. « … Je me disais que tu serais sans doute plus à ta place dans un de ces bars huppés de Minato. Tu n'y dépareillerais pas du tout, en tous les cas... », soufflé-je d'un ton monocorde, presque désolée de ne pas être au même diapason qu'elle.

Clairement, on pouvait lire le mot 'pute' écrit sur mon front en lettres de néons rouge rien qu'en voyant ma tenue. Dès lors, pourquoi le cacher ? La belle avait sans doute deviné ça aussi...

« Quant à moi, je vais où je peux me permettre d'aller, et où je suis certaine de me faire un peu d'argent. », avoué-je simplement, sans entrer plus dans les détails, encore une fois.

« Hey ! J'vous offre un verre les filles ? Deux jolies demoiselles comme vous ne devraient pas rester seules... », intervient soudain le type à la chemise à carreaux, comme un cheveux sur la soupe. Sa voix avinée me fait légèrement tressaillir et inconsciemment, je grimace. Je ne l'avais pas entendu arriver le bougre, et encore moins s'installer sur le tabouret d'à côté.

Et merde... moi qui croyais qu'on serait tranquille...
A croire que l'union ne fait pas forcément la force ~