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#1 le 15.06.16 17:24

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Il y a des jours comme ça où tu as faim, que t'as envie de ketchup ou pire, de moutarde. Aujourd'hui, et heureusement, tu voulais juste une pastèque. Pourquoi ? Car il faisait lourd et chaud à Tokyo. Que tu avais vu ces petites merveilles de la science, car oui, tu voulais acheter une pastèque carrée. Tu avais envie d'essayer puis bon, ça reste un bon melon rempli d'eau non ? D'un pas décidé, tu quittais des yeux le gros Cumulus qui surplombait de toute sa pesante frimousse farineuse la ville. Ta peau collait et tu n'avais qu'une seule hâte : plonger ton nez dans la texture sucrée du fruit. Décidée, tu quittes le bordel qui te sert de maisonnette pour te diriger vers la boutique la plus proche du coin.

Dans une discrétion suprême, tu diriges un léger courant d'air frais dans ton dos, les maisons encerclaient les rues qui sont déjà assez étroites, c'était carrément pire que les ghettos de New-York, et ça, tu ne t'y es jamais habituée. Ce que tu aimes beaucoup dans les petites supérettes, c'est l'air froid qui vient se loger à l'entrée dans les portes automatiques s'ouvrent, le sourire aux lèvres, tu vas prendre ta pastèque difforme et tu te diriges vers la caisse. Pas mal de monde, tu détestes le monde et surtout les cons à la caisse qui ne savent pas admettre que leur carte n'est plus assez remplie pour payer leur course ou encore ceux qui font leur provision pour une durée de dix ans. Et cet après-midi, tu étais tombée sur pire, le COMBO de ces personnes.

Ça fait quand même lourd une pastèque dans les bras. Tu commençais à saturer quand sans faire exprès, une bourrasque venant de nul part souleva la jupe d'une des clientes de la file. Et encore pour sa pauvre pomme, la jupe resta longtemps coincée, laissant le spectacle à l'innocent qui voulait l'admirer. Bon, ça reste entre nous, nous n'allons pas quand même nous dévoiler ainsi, hein Bobby ? Après, ça reste vachement drôle. Parce aussi, la dénommée cliente était juste devant toi quoi.
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#2 le 15.06.16 19:58

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Il y a des jours où, sans aucune raison apparente, tu as besoin de ce petit pot de miel que tu lorgnes à chaque fois que tu vas à la superette ou ce nouveau concept de glace où tu as des bonbons dans un tube en plastique qui te servirais de bâtonnet pour la dite glace et ce jour là, Aurora avait besoin de ce petit truc qui fait que toute la journée tant que tu ne l’a pas mangé, tu en rêve.

Notre jeune chimère traversait une période de sa vie où elle voulait essayer de nouvelles choses. Elle en avait marre d’aller dans ce même restaurant le jeudi soir car c’était soirée bar à sushi inédits ou de manger toujours la même chose : elle en avait marre de rester coincée dans une routine qui durait depuis plus d’un siècle maintenant. Pourquoi un tel désir de renouveau soudainement ? Aurora s’apprêtait en se posant cette même question en boucle, puis cette chanson qu’elle aime beaucoup passa à la radio, et ce refrain entêtant prit la place de cette récurrente question que ne faisait que torturer la pauvre jeune femme depuis peu. Donc, Aurora prit ses clefs, son sac et partit, disant au revoir au passage à sa plante, Betsy.

Betsy était un ficus à qui Aurora donnait tout son amour. Plus jeune, Aurora déversait tout l’amour qu’elle n’avait pu donner à un enfant sur ses plantes, et la pensée que la plante en avait conscience et donc, fleurissait bien et en bonne santé lui faisait plaisir.

Après avoir dit au revoir à Betsy donc, Aurora partit à la superette et commença à chercher. Une glace ? Non, il ne faisait pas assez chaud. Ce nouveau soda par contre, lui il faisait envie à la chimère, alors elle prit quatre ou cinq bouteilles, pour faire profiter ses colocataires, et se dirigea vers la caisse. Devant elle se tenait une jeune femme qui prenait son temps et qui le prenait avec une lenteur à en faire pâlir la plus lente des tortues. Compter ses pièces une à une, en voilà des manière quand on sait qu’on a beaucoup d’articles et que plusieurs personnes sont derrière vous. Et, juste au moment où Aurora allait faire sortir quelques mots, une brise venue de nulle part souleva la jupe de la cliente en face d’elle, la coinçant dans la petite séparation entre cette caisse et celle d’à côté. Evidemment, la cliente furieuse se retourna et lança un regard furieux à Aurora qui, désemparée, ne put que se murer dans le silence et attendre qu’elle est finie. Et pendant que cette femme furieuse vociférait contre la caissière, Aurora se retourna, lança un regard neutre à la fille derrière et ouvrit délicatement ses lèvres.

Aurora« C’était toi, n’est-ce pas ? » Dit-elle de sa voix cristalline, « les portes sont fermées devant, et le vent venait de derrière… donc, c’était toi, hein ? »

Aurora n’allait pas la « gronder » oh non, au contraire, cette situation la faisait sourire, à l’intérieur, car si elle avait montré ne serait-ce qu’un petit rictus devant tous ces gens, cela aurait été elle, qui s’en « serait prit plein la face », comme on dit de nos jours.
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#3 le 15.06.16 23:27

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Ignorance. Comme un enfant, oui. Tu avais fait comme si la rosette devant toi n'avait rien dit. Mais tu lui portas un regarde qui montrait clairement ton dérangement. C'est que tu avais honte en fait. Ce n'était pas vraiment ton but de soulever une jupe, toi, ton but, c'était d'acheter une foutue pastèque et de te goinfrer avec pendant la journée. De plus, la lourdeur du temps te mettait facilement d'humeur maussade et tu refusais qu'une cliente débile et qui plus est, hors d'elle, vienne te pourrir le peu de bon temps que tu voulais t'accorder. La bougresse ânesse que tu es avait fait bon de dépasser tout le monde, de déposer la monnaie et de partir. C'était du express, c'était du Bobby.

Les portes s'ouvrent, tu profites de cette dernière seconde pour te laisser envahir par la fraîcheur avant de tomber dans les limbes d'un temps humide et juste impitoyable pour toute bonne âme qui se respecte. Tu regardes des deux côtés de la route, tu traverses et puis bim, un vélo te fait chavirer sur le côté, sans arrêter, le conducteur traçait en dévalant la pente de la rue, sans même un regard pour sa victime qui venait de faire tomber sa pastèque adorée « FALLAIT QUE CA TOMBE SUR MOI BORDEL ».

Un tourbillon de poussière tourna un instant autour de toi, qui avec tout ton désarroi, contemplait le fruit littéralement explosé sur le bitume. La retombée de particule retomba sur le sol tout comme ton humeur joviale. Puis là, de ton pied, tu t'acharnais à écraser le melon de ton pied. C'est que tu étais vachement dégoûtée, Bobby.
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#4 le 16.06.16 17:04

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Aurora sourit en voyant ce petit bout de femme partir. Ses longs cheveux bleus flottaient avec le peu de vent qu’il y avait dans ce magasin alors qu’elle déposait de la monnaie sur le comptoir et partait. La Chimère fit de même et, avant de sortir, elle vit cette inconnue tomber et sa pastèque avec. Elle regarda ce qu’il lui restait dans son porte-monnaie et fila acheter une pastèque, ronde celle-ci, il faut croire que cette jeune femme avait prit la dernière, posa les sous sur le comptoir de la caissière et sortie.

Un mélange de chaleur et d’humidité la submergea, et une perle de sueur descendit le long de son front. Il faisait bien chaud et Aurora n’avait que ces sodas achetés plus tôt et cette… pastèque. Oh, vous voulez en savoir plus sur ces sodas ? Eh bien ces sodas étaient les même que ceux qu’elle avait vu à la télé, dans un spot publicitaire. Dans cette publicité, elle se rappelle qu’une jeune enfant faisait la promotion de ce produit et le qualifiait de « frais » et « coloré ». En effet, dans un pack de cinq bouteilles, il y a avait une couleur différente par bouteille. N’est-ce pas un concept merveilleux ! Aussi, ce qui avait le plus donné envie à Aurora d’en acheter était cette petite musique qui trottait dans sa tête depuis deux jours, depuis cette matinée où, alors qu’elle s’ennuyait, contrairement à ses habitudes Aurora avait allumé la télé dans le salon. Un de ses colocataires l’avait rejoint, et quand cette pub était passée, ils se sont mis à chanter gaiement. Depuis, cette maudite et très mignonne chanson hantait ses journées.
Les paroles étaient : « Quand tu as envie de te relaxer ! Quand tu veux te désaltérer ! Pon Pon Fuwa Fuwa bois mon soda ! » et tout ceci sur un air assez enfantin et facile à retenir.

Je m’égare… En sortant du magasin donc, Aurora alla relever la jeune femme, tendant sa main vers elle.

Aurora«  Une lady ne devrait pas être parterre, avec une telle température… Ce sol brûlant pourrait laisser de vilaines traces sur ta si jolie peau… » Elle lui sourit, « et tes cheveux, ils ont l’air si doux… Pourquoi les salir ainsi ! Allez, relève toi et viens manger de la pastèque avec moi »

Se présenter n’était la priorité, la priorité étant de la relever avant que de petites bestioles indésirables ne viennent entacher sa si belle chevelure.
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#5 le 19.06.16 0:06

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Étalée sur l'asphalte chaud, tu regardais avec mépris la silhouette flouée du cycliste. Tu soupiras un gros coup, fatiguée de cette sortie, fatiguée désormais pour la semaine à venir. Le jus du fruit descendait lentement la pente, grimpant sinueusement sur les petits cailloux de la route. Une ombre s'ajouta à la scène, tu levas lentement la tête, éblouie par le soleil. Ce n'était que la fille du magasin, et pour ne pas se mentir, tu n'avais vraiment envie de discuter avec elle ou avec tout autre client et témoin de cet acte de maladresse purement incontrôlé et normal. Que dire ? Et surtout que faire ? Tu hésitas à prendre sa main, tu n'aimais pas vraiment qu'on te touche et surtout venant d'une inconnue qui parlait comme une duchesse perdue dans le royaume de la modernité. Mais tu la pris, avec un sourire décalé, montrant parfaitement ton inconfort.

Une fois dressée sur tes deux pattes, tu frottas énergiquement ton short ainsi que le reste de ton corps, peureuse de voir en rentrant chez toi ces quelques particules de cette horrible poussière. C'est vrai que tu n'aimais pas vraiment ça, la saleté. De là à prendre deux douches par jour et encore, si tu en avais le temps, trois te conviendrait parfaitement. Tu adorais sentir l'eau glisser vivement le long de ta peau qui grâce à la mort, avait atteint un état de pureté extrêmement jouissant. Puis la mousse aqueuse et ses bulles qui viennent épouser parfaitement tes longues mèches bleues et tes courbes humaines. C'est dans ce genre de moment doux et bienfaisant que tu remarques les pointes blondes de tes cheveux, alors le lendemain, tu reprends cette même coloration au magasin, la même teinte, la même texture et formule. Et tu prends un malin plaisir à te les colorer, gant, peigne et vieux t-shirt du dimanche. Alors oui, Bobby, tu affectionnes les occasions de t'occuper amoureusement de ta longue et douce crinière.

Tu regardes un instant la jolie fille qui se présente devant toi. Oui, c'était une jolie fille qui avait tout l'air d'une personne charmante et polie. Hypocrite ? Tu n'en savais rien. Mais tout ce charabia proprement dit et siffler avec élégance te pompait un peu plus la gaieté dont tu faisais preuve « J'aime bien me coucher dans la terre ». Oui, sur le sol frais et mou, tu regardais les nuages voler dans l'atmosphère de ton utopie. Tu époussetas une dernière fois tes fripes avant de sourire amicalement à la passante, un petit gage de ton remerciement, « C'était quand même drôle non … ? ». Comme un gamin après sa canaillerie, tu regardais l'inconnue avec un regard incertain.

#6 le 19.06.16 0:06

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'TOUT PEUT ARRIVER' :
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#7 le 19.06.16 16:18

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Aurora lui sourit et elle invita cette jeune fille à s’asseoir à côté d’elle.

Aurora« Je dois l’avouer c’étais assez drôle, enfin personnellement, j’ai voulu rire mais n’ai pas pu » dit-elle avec un grand sourire.

La situation avait été très cocasse et Aurora avait eu une énorme envie de rire. Il faut dire que cette jeune femme avait des sous-vêtements assez… comment dire ? Ils étaient semblables à ceux que pouvaient porter une jeune fille en école primaire car il y avait des petits oursons et des fraises dessinés dessus. Pourtant, cette cliente devait bien avoir la vingtaine : n’assumait-elle pas le fait qu’elle ait grandi ? Seule elle pouvait nous le dire, et dans son état actuel elle ne dirait rien.

Aurora proposa à cette inconnue une bouteille de soda en se présentant mais, à cet instant, on entendit une sorte de cri d’hystérie : un homme venait de demander à sa petite amie, surement, de l’épouser et elle avait dit oui. Très vite elle se jeta dans ses bras, il l’embrassa, les passants rameutèrent et félicitèrent ces inconnus qui venaient surement de signer l’arrêt d’amusement pour les deux partis. La chimère les regardait pourtant, avec un air mélancolique et nostalgique dans l’âme.

Aurora« Ah… la chanceuse… Si seulement j’avais eu ça, moi aussi… » Soupira-t-elle.

Aurora se rappela alors, comment elle avait rencontré son ancien mari…

C’était un après-midi de soleil. Seuls quelques nuages étaient présents ce jour de mai, après le dix-septième anniversaire de notre jeune femme. Son père, étrangement, avait été « potable » avec elle depuis son dit anniversaire et cela présageait un orage à l’horizon. Donc, cet après-midi, Archibald le père d’Aurora lui avait promit de l’emmener dans ce nouveau salon de thé à la mode qui venait d’ouvrir à la capitale, et depuis que cette ligne d’express faisait la liaison Versailles – Paris, cela rendait les trajets pour faire les magasins plus faciles aux femmes de Versailles. Après s’être préparés à y rester la journée, le père et sa fille prirent l’express et arrivèrent à Paris le matin. Ils ont traînés et flânés toute la matinée, ont mangé dans un bistrot charmant dans une rue passante et vint la fameuse après-midi. Ils allèrent à ce salon de thé et un homme un poil plus jeune de son père d’une dizaine d’année environs se tenait là, à la table où Archibald menait la jeune femme. Ce dernier présenta l’homme déjà installé à sa fille comme étant Missard, un collègue avec qui il travaillait. Etrangement il insista sur le fait que ce Missard avait été veuf d’un mariage qui avait duré deux années avec une femme plus vieille et qu’il avait hérité de tout. C’était il y a à peu près six ans de cela, alors Aurora ne voyait pas le rapport avec elle ou leur après-midi à la capitale, puis, son père parla : Archibald avait engagé Aurora à Missard qui cherchait une femme plus jeune pour pouvoir donner plus d’enfants que ne le pouvait son ancienne femme. Elle n’en revint pas ses yeux. Elle était fiancée ? Elle n’en savait rien pourtant et, comme toute jeune femme de ce nom, se voyait fréquenter un gentilhomme jusqu’à ce qu’il lui fasse une demande romantique et en bonne et due forme, et là, tout s’était passé très vite sans qu’on ne l’informe de quoi que ce soit.

Le père laissa Missard parler, principalement, toute la fatale après-midi et il se mit à pleuvoir, comme ci encore une fois, les cieux étaient connectés au ressenti de notre chimère. Missard se fit très galant et prêta de quoi s’abriter à Aurora qui pensa qu’il n’était pas si mal, malgré ses airs un peu brusque. Mais elle s’était fourvoyée et a mal vécu les cinq années qui suivirent jusqu’à ce que ce soit Missard qui ne mette fin à sa frêle existence.

Alors, la vue de ce jeune couple heureux, de ce jeune homme qui faisait une demande romantique rappela à Aurora ce pourquoi elle ne portait pas vraiment les hommes dans son cœur et tout ce qu’elle n’avait pas pu avoir : de l’amour. Une larme roula le long de sa joue rosie à cause de la chaleur et elle essuya vite son visage après s’en être rendue compte.

Aurora « ah… Ah ! J’ai… j’ai une pastèque si tu veux… »

Malgré sa volonté de changer de sujet, Aurora n’arrêta pas de regarder les deux amoureux qui semblaient heureux.

Aurora« C’est être amoureux ça… n’est-ce pas ? »
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#8 le 18.07.16 20:34

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Tu n'avais point de rancœur envers les couples mais envers l'AMOUR en général. Tu n'avais surtout pas vraiment eu de coup de foudre du haut de tes dix-sept ans de vie réelle. Oui, tu avais déjà embrassé un garçon dans le cour de l'école, dans une des ruelles qui menait vers la gare, oui, tu avais déjà eu des petits copains de ton vivant. Tu avais à l'époque, un cœur frêle de jeune adolescente et tu ne comprenais pas encore le véritable sens du mot « AMOUR ». Tu voulais juste obtenir une main sur la joue, un petit message le soir, des choses niaises à en crever mais qui arrivaient à réchauffer ton petit oiseau palpitant. Puis le cancer s'est ajouté à tes conquérants. Tu roulais des pelles avec sa langue venimeuse, tu couchais avec la mort depuis le premier jour où ils t'avaient annoncé une possible faille dans ta vie de mortelle. L'AMOUR n'avait plus de sens, tu mûrissais au fur et à mesure que la lumière avançait, que la falaise s'effritait, tu prenais conscience alors que ton existence fut bien courte, que l'AMOUR n'était pas plus nécessaire que le beurre sur sa tartine, que ce n'était qu'un simple accessoire, nous donnant une illusion de vie erronée par la couleur pourpre de la luxure et du désir.

Et tu es morte, en ayant le regret de ne pas avoir pu profiter plus, d'avoir gâché les minutes avec des cons, avec des bêtises. Tu es morte criblée de regrets, mais tu es morte avec un sourire et avec la sensation que plus rien ne te retenait dans ce monde.

Dans l'au-de-là, tu as eu ta première fois, tu as eu bon nombre de partie de jambes en l'air, de baisers torrides et d'hommes à tes pieds. Non pas que les femmes ne t'attirent pas, mais la peur de l'inconnu te rebutait un peu sur les bords. Mais tu restais sur tes gardes, tu enfermais ton cœur sous une espèce couche de fierté et de distance. Tu ne voulais pas être droguée aux échines drues et osseuses des hommes qui ont la chance de déflorer ta peau de leurs lèvres et de leurs doigts. Dans tous les cas, tu ne comptais pas te marier, car l'AMOUR, c'est une perte de temps. Mais le sexe en revanche, arrivait à te faire oublier à quel point la solitude était dure à supporter. Les orgasmes étaient le Nirvana de la compagnie et de la chaleur. Même si au fond, tout cela n'était que la mascarade d'un outre-tombe faussé par la décadence des âmes folles et hystériques.

« L'AMOUR est encore plus noir qu'un as de pic, donc ne gâche pas ton temps à rêver de ce genre de conneries. Par contre, le sexe, c'est plutôt pas mal dans son genre ahaha », tu lui pris une de ses bouteilles de sodas en souriant narquoisement, lui donnant un léger coup de coude pour la taquiner « Tombe amoureuse du monde, fais lui l'AMOUR pour en tirer toutes ses richesses et ses connaissances, il y a tellement de choses à voir, du moins, je pense ». Tu ne parlais pas d'humains ni de fantômes, tu parlais des torrents dans la montagne, des bouquins, de la liberté. Tu n'avais que faire des sentiments bâclés par les peines de cœur. Même si ô combien tu savais à quel point elles étaient douloureuses et tu savais aussi que même si l'AMOUR n'était qu'un sentiment, il était bien présent, prêt à te faire tordre de douleur, plantant ses crocs dans ton espoir et ta joie.

ps : wsh dsl bb
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#9 le 28.07.16 12:16

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Faire… l’amour au monde ? Cela signifiait-il oublier ces sentiments si chers à l’homme et pourtant si dévastateurs, vous savez, ceux qui nous procurent un petit frisson dans la poitrine lorsque l’on sent que tout va mal ou des « papillons » dans le ventre lorsque l’on commence à sentir monter une certaine anxiété quand il s’agit de notre élu ? Ceux qui vous font vous poser des questions futiles voire imbéciles et qui vous font agir bêtement ? Fallait-il abandonner ceci au profit d’une quelconque liberté nouvelle ? Ou fallait-il simplement rapprendre à vivre tout en mettant ces sentiments qui alimentent l’amour de côté ? Tout était confus…

Dans ce monde où l’on se permet de distribuer la discorde et la haine à tour de bras, où l’on crie notre désespoir et où les flots de larmes deviennent plus nombreux que les flots de joie, doit-on s’abandonner toutefois à la vie ? Cette vie qui ne nous a jamais fait de cadeau, pourquoi faudrait-il la chérir, la cajoler, l’embrasser ? Cette vie n’a jamais fait que mettre du sel sur les plaies déjà bien profondes de notre Aurora alors pourquoi devrait-elle abandonner ces derniers fragments de bonheur qui l’ont toujours faite rêver au point d’en devenir aveugle, tout cela au profit d’un monde où l’on a plus besoin de  Béhémoth pour vivre un enfer, où les hommes font pire que Lucifer ?

Mais ce n’est pas pour autant que cette jeune fille avait tort… En un sens, ses paroles étaient vraies. Elles ressemblaient à des paroles venues de quelqu’un qui avait vécu des choses, qui avait vécu les affres de la vie.

L’amour… Plus noir que l’as de pic ? L’amour était-il aussi corrompu que nos frêles existences ? Il est vrai que dans sa quête de l’acceptation, Aurora n’avait jamais expérimenté l’amour, le vrai. Peu de temps après sa mort, elle a vécu une vie de débauche, enivrée dans ce doux sentiment de liberté. Elle n’avait pas à se préoccuper du plaisir de son partenaire, juste du sien, ou à se préoccuper de ce qui lui adviendra après l’acte : violences ? Peurs ? Non tout ceci avait disparu en même temps que la vie l’avait quitté. Bien sûr, elle eut une période, ensuite, plus longue, une période de questionnement et de remise en cause qui la fit devenir agressive, à fleur de peau. Elle avait rejeté les hommes et s’était laissée aller aux préceptes de Mireille, son amie chimère. Mais vint enfin sa « bonne » période, celle du pardon. Elle accepta son sort, après cent-cinquante années à errer entre plusieurs pays, plusieurs vies.

Après réflexion… Ce qu’elle disait, cette jeune femme… c’était peut-être la solution. Accepter son sort et en tirer profit pour enfin, oui enfin se sentir « vivante »… Jouir de ce que peut nous offrir le monde ! C’était peut-être ça, la solution… Mais après tout, qu’est-ce que nous en savons ? Encore aujourd’hui, nous nous posons tous les mêmes questions : « Ai-je ma place ici ? » « Qu’est-ce que le monde a-t-il à m’offrir ? »  « Ce monde, cette vie ne nous apporte rien à part la tristesse, la violence… vaut-elle la peine d’être vécue ? » et nous n’avons toujours pas de réponses. Mais, peut-être, un jour, nous rendrons nous compte que ces réponses ne sont pas si compliquées que nous le pensons…

Aurora « Tu crois que c’est la solution… ? » soupira-t-elle, « Je devrais peut-être apprendre à vivre, maintenant que je suis morte ! Ahah c’est ironique dit ainsi ! » Elle lui fit un grand sourire.