Invité

#1 le 28.05.16 0:30

avatar
Invité
You can't hide forever.
♥ Ayase ♥
Gretel ne peut plus fuir une journée de plus.
La douleur frappe continuellement son esprit et elle aura beau prétendre ne pas l'entendre, cette sensation de faiblesse finira par l'avoir. Elle ne peut pas lutter contre sa nature malgré sa rage puissante à ne pas vouloir se soumettre à la vérité.
Elle doit arracher des vies innocentes pour vivre, car seul ce sang frais peut lui permettre de vivre. C'est déjà bien ironique que cette suicidée doive continuer à exister, mais alors en plus refaire le crime qu'on a commit sur elle...

Elle sort de son lit avec peine et des bruits de lassitudes. Son corps lui pèse, elle sent sa tête devenir d'un coup très lourde au moment où elle prend équilibre sur ses pieds. Elle saisit sa tête de sa main gauche et ferme les yeux. Elle essaye de ne pas se concentrer sur le bruit de ses veines qui palpitent férocement à la recherche du nutriment crucial. Mais comment oublier que son corps tout en entier est douloureux et que son coeur, son coeur bat à en rompre sa poitrine. Quelques larmes roulent sur ses joues mais aucun son ne sort de sa bouche. Elle est trop perturbée par cette phase de la soif qu'elle découvre ce soir. Sang, je veux du sang... non je ne veux pas tuer.
Gretel pousse un cri qu'elle étouffe rapidement pour ses colocataires et s'habille en deux trois mouvements pour sortir. Elle ne peut plus lutter, ce n'est plus son esprit qui décide mais la soif qui la guide.

Elle tombe ridiculement en entrant dans le monde des vivants. Elle se relève difficilement en frottant sa robe blanche. Quel choix magnifique si elle compte se nourrir. Elle soupire à l'idée de tâcher une de ses plus belles possessions, se reprochant d'être aussi bête. Bien sûr, même après 67 ans, je suis pas capable de savoir penser correctement.

Elle sent l'air lui peser dès le premier jour, les manches de son gilet lui donnent une drôle de sensation. C'est des sueurs froides qui parcourent son front, sa nuque pour descendre le long de ses bras ainsi que son dos. Heureusement qu'elle a décidé de sortir le soir, au moins personne ne peut pas la voir avec trop de clarté. Si elle peut sauver ne serait-ce que ce côté de la situation...
Elle se sent frêle mais elle se fait force à paraître sereine et tranquille. Elle marche du plus droit qu'elle peut, autant droit dans sa marche qu'en parlant de son dos. Elle n'avait jamais tenu aussi longtemps sans boire, elle n'aura pas du sang de qualité c'est une évidence. Elle n'arrivera à tromper personne en ayant l'air si pâle et au bord de l'évanouissement. Mais elle doit trouver quelqu'un, n'importe qui d'assez bête pour se laisser approcher par notre vampire.

Gretel a peur, a peur de mourir ce soir. Elle sent sa poitrine hurler et ses pensées se bousculer. Elle est partagée entre sa soif qui lui brûle la gorge et sa volonté à ne pas vouloir tuer d'innocents. Mais elle ne peut plus se permettre de choisir.

Un parc en rénovation, un homme pas sobre du tout se repose sur un banc. Tous les lampadaires sont en pannes, c'est un lieu assez reculé.
La vampire essaye de rassembler ses pensées pendant qu'elle ramasse une brique et qu'elle se traîne derrière l'homme qui semble s'endormir. Elle respire fort, elle brûle maintenant à cause de sa température et c'est en rassemblant toutes ses dernières forces qu'elle donne un énorme coup à l'arrière du crâne avec la brique. L'homme a bougé un instant avant de s'écrouler de son long sur le banc.
Gretel reprend légèrement en mains sa respiration avant de contourner le banc et s'écrouler sur ses jambes. Elles ont lâchés. Le sang est juste là, à sa portée. Juste devant elle. Son coeur bat encore plus fort, elle a peur. Elle sent les larmes lui arracher les yeux, elle ne peut pas contrôler. Il est là, et même ainsi elle hésite. C'est en pleurant chaudement qu'elle saisit son bras, fixe son poignet ; c'est en voyant le poignet avec les veines ressortant à peine qu'elle retrouve une force soudaine à sauter sur la peau et y planter ses crocs. Elle sent la vitalité revenir, et entre ses larmes, son corps reprend des forces. Son coeur se calme, sa tête ne pèse plus, ses idées prennent sens.

Puis elle le lâche, elle le fixe longuement en silence. Ses cheveux glissent sur son visage. Elle est horrifiée par son acte. Elle est mieux, la faim est calme mais elle n'est plus en paix avec elle-même. Elle se dégoûte, la culpabilité l'envahit et elle éclate en sanglot. Elle ne peut pas se retenir de pousser des gémissements de douleur. Des douleurs qu'on ne peut pas calmer avec quoi que ce soit. Elle pousse avec frustration le corps encore tiède plus loin et elle se recroqueville, se sentant terriblement mal à présent.

Invité

#2 le 28.05.16 14:16

avatar
Invité



Ce qui est étrange dans l'au-delà, c'est de pouvoir continuer à nous connaître, de pouvoir prendre le temps de contempler la personne que l'on aurait pu être de notre vivant. Quand bien même nous essayons de rester fidèles à nous-même, beaucoup de choses changent. Notre quotidien, nos habitudes. Alors que nous pensons agir comme nous le faisons depuis notre naissance, notre corps, lui. À bien changer.

Quelle futilité se dit-il en considérant la boite d'udon de ses yeux las. Alors qu'autrefois, il lui était impossible de se nourrir correctement au risque de régurgiter le peu qu'il avait mangé, aujourd'hui, il prend trois repas par jour. Trois repas qui ne peuvent calmer sa faim, mais qui lui semblent aussi vitaux qu'inutile. Fidèle à lui-même malgré ce nouveau quotidien. Il ment. Il mange pour mentir. Mais tous se mentent. Tous mangent, boivent, dorment. Tout le monde continue de vivre comme si la vie ne s'était jamais arrêtée. Ils respirent et écoutent leur cœur battre. Alors pourquoi avoir fermé les yeux une fois pour les rouvrir ? Le monde reste le même, les gens reste les mêmes. Peu importe ce qu'ils deviennent. Nous nous levons, nous mangeons, nous vivons, puis le soir venu, nous retournons nous coucher. À quoi sert d'avoir réclamé le repos, si c'est pour se fatiguer de vivre à nouveau. Ses yeux vinrent se poser sur ses colocataires encore à l'appartement, puis sur le calendrier. Ses mêmes yeux qui reflétaient sans cesse sa véritable faim. Quelle belle connerie que la mort. Combien de temps cela fait-il ? Plus il y pensait, plus son cœur semblait battre contre ses tempes. Le son incessant des battements dans ses oreilles, et sa bouche qui lui semblait aussi sèche qu'après sa mort et sa mâchoire qui donnait l'impression de se déformer sous la douleur qui le tiraille depuis des lunes. Combien de temps est-elle là, cette foutue connerie.

Il s'était vêtu d'un simple pantalon aussi noir que son haut, et d'une veste qui rappelait avec excellence la couleur de ses yeux dissimulés sous des lentilles brunes. Un sac sur les épaules, juste de quoi tenir une semaine. Bien que pour certains de ses confrères, les courses pouvaient paraître faciles à faire, pour lui, une semaine n'était pas toujours suffisante, ce que ne pouvait que le mettre dans l'embarras. Comme le cancre de l'école, il avait traversé la porte, remonté l'ascenseur, les mains dans les poches, sans aucun plan, sans aucune idée. Il essayait seulement de se remémorer les paroles de confrères qui s'échangeaient astuces et adresses. Il était surtout préoccupé par ce mal de tête et ses yeux brûlants. Brûlants, alors qu'il avait beau se toucher le front, il semblait être aussi froid qu'un véritable cadavre. Une secousse, les portes s'ouvrirent et il reprit sa marche, machinalement. Lorsqu'il releva les yeux, son sang semblait battra d'avantage dans sa tête, ses poumons brulèrent et sa gorge semblait aussi sèche qu'avant. C'était comme se rendre compte de sa soudaine folie. Ce n'était pas une simple promenade à l'extérieur de l'agence. Il se sentait comme une bête noire au milieu d'un troupeau de viandes. Personne ne prêtait attention au loup dans la bergerie. Et pourtant. À ses yeux, la différence semblait flagrante et la fin, inéluctable.

Bien qu'autre-fois, il était hanté par une certaine culpabilité, aujourd'hui, elle avait été remplacée par de l'agacement. Agacé de devoir mettre en place un stratagème pour attirer quelqu'un de potentiellement gouteux. Tel un assassin qui doit faire de son crime, une perfection. C'est ce qu'il est. Un détraqué qui a le besoin vital de tuer. Et pourtant, une seule erreur pourrait lui être aussi fatal qu'à un simple criminel.

Il avait passé la journée assis sur un banc, non loin d'un parc pour enfant, à écouter les rires et les cris des bambins. À son oreille, les rires semblaient plus sincères, remplient de vie et d'espoirs de ses petits êtres qui ne demandaient qu'à apprendre et grandir. Chez lui. Les enfants restent enfant et grandissent sans vraiment grandir. Alors qu'ici, leurs parents veillent sur eux, et demain, ils reviendront, un peu plus grand à chaque fois. Pourquoi nous avoir donné le droit de revenir ici, si ce n'est pour nous condamner à contempler la malheureuse destinée qui attend tous les insouciants de ce monde. Pour nous condamner à ne jamais oublié la sensation d'être en vie et de pouvoir prendre celle des autres. Quelle belle connerie que la mort. Les yeux clos, il ne pouvait qu'attendre, attendre que la nuit enrobe l'archipel de sa douce lumière blanchâtre et qu'une occasion se présente sans jamais réellement venir, avant qu'il ne se décide à déambuler dans les couloirs d'un hôpital, à la recherche d'une personne sans espoir.

Seul le bruit de ses pas résonnaient dans ce lieu si tranquille, loin de la foule nocturne, avant qu'il ne s'arrête et qu'il tende l'oreille. Des pleurs, du sang, les battements rapides d'un cœur. Ça pourrait être si facile. Il reprit sa marche, silencieuse et déterminée avant d'apercevoir non loin de lui, une silhouette. Il avait abandonné ses lentilles pour laisser ses yeux s'habituer à la pénombre. Une certaine excitation dans ses derniers habituellement las avant que quelque chose n'attire d'avantage son attention. Deux pas de plus, et une seconde silhouette se découpa dans l'obscurité. Perplexe et prudent, il se rapprocha, faisant crisser la semelle de ses chaussures avant que la scène n'apparaisse clairement sous ses yeux carmins. Une jeune fille aux longs cheveux corbeaux, en pleure et les lèvres souillées de sang desquelles on pouvait encore apercevoir deux petites canines. Tout cela semblait si simple, si facile. Du sang coulait le long du poignet de la victime, ainsi de son crâne. La senteur si alléchante du sang métallique, le fit presque saliver. Alors tout aussi lentement, il vint se poser auprès de la demoiselle et glissa un pouce sur ses croissants de chairs ensanglantés avant de les ramener à ses lèvres pour gouter au sang du bout de sa langue, sans la quitter du regard. Il était rare de tomber sur l'un de ses être qui doivent se faire plus que discret. Pourtant il se sentait étrangement calme. Mieux vaut lui que quelqu'un d'autre.

« Pourquoi pleurer ? On meurt tous un jour. Tôt ou tard, c'est la seule différence. » Et comme pour affirmer ses dires, il reposa les yeux sur le corps inanimé de l'inconnu. On meurt tous un jour, ou presque.



Invité

#3 le 29.05.16 0:16

avatar
Invité
You can't hide forever.
♥ Ayase ♥
Un monstre, je ne suis qu'un monstre qui ne mérite toujours pas de vivre.

C'est une immense culpabilité qui vient frapper son esprit avec des marteaux. Elle saisit sa tête entre ses minces mains comme pour calmer sa douleur. Elle ne comprendra donc jamais les autres vampires. Comment peuvent-ils vivre avec l'idée de tuer ainsi ? Pourtant ça commençait à faire un paquet d'années qu'elle se rendait dans le monde des vivants. Mais elle reculait toujours le moment fatidique. Elle se ment, se voile la face pour mieux vivre avec elle-même. C'est plus facile de ne pas se rappeler la vérité et de justement, la cacher. La déguiser pour que la sentence soit moins lourde à porter.
C'est juste trop pour elle. Cette lourde sensation qui lui saisit tout le corps n'est plus supportable. Elle préfère mourir que de vivre une deuxième fois cette douleur sourde plus tard.

Elle est tellement prise à se reprocher ses actes et à se sentir mal qu'elle n'entend pas un jeune homme s'approcher. Il avance aisément et s'accroupit juste à côté de la vampire, toujours en boule, qui ne réalise rien jusqu'au moment où il parle. Elle lève brusquement la tête de peur. C'est un regard terrifié qu'elle lance au jeune homme, tellement peur qu'elle tombe sur ses fesses. Son coeur se remet à battre super vite. Le stress après un tel état que le manque de sang, ce n'est pas un très bon ménage.

«  Pourquoi pleurer ? On meurt tous un jour. Tôt ou tard, c'est la seule différence. »


Gretel comprend vite que c'est un autre vampire, un vampire calme loin d'être aussi dans ton cas. Il gère les choses, il ne culpabilise pas. Il goûte même un peu du sang qui coule le long du poignet sans quitter la petite vampire du regard. Elle lui rend son regard fixe, ses pleurs ont cessés mais reprennent vite quand elle réfléchit à une réponse. Elle pleure devant quelqu'un, quelle honte. Elle tente de se calmer, pour ne plus pleurer comme une enfant devant ce jeune homme.
Elle repousse des mèches rebelles loin de son visage et se force à ne plus pleurer. Gretel essuie avec colère les dernières larmes qui s'écrasent sur ses joues avant de fixer son regard dans le vide. Elle esquisse un sourire ironique en toussant avant de répondre.

«  Car ce n'est pas aussi simple, je ne peux pas oublier qui j'étais avant, et la personne que j'étais, que je suis, elle ne peut pas tuer comme ça. » dit-elle faiblement en désignant le cadavre du bout du doigt.

Elle lève les yeux et les repose sur le vampire d'un air triste.

«  C'est des choses que je n'oublierai jamais. Je ne peux pas me permettre de négliger mes crimes. Jamais je ne serai en paix avec moi-même. »

Elle parle d'une voix brisée et fragile, elle a oublié sa honte de pleurer devant un inconnu et se concentre juste sur la gigantesque tristesse qui frappe son coeur comme une puissante vague contre les rochers au bord de la mer. Elle soutient le regard quelques longues secondes avant de laisser retomber son regard sur ses pieds.

Comme voulu, sa belle robe blanche a été tâché par le sang et pas qu'un peu. Gretel a laissé la moitié du sang s'écouler de son poignet sur sa robe. Mais elle n'a pas le temps de vouloir se plaindre de sa robe. Elle ne pense à rien, c'est le vide émotionnel. Son coeur bat tranquillement, la douleur se dissipe de son organisme, elle se sent enfin calme.

«  Je suis Krauss, Gretel Krauss? Je ne t'ai jamais vu avant. »dit-elle d'une voix un peu éteinte.
Invité

#4 le 03.06.16 21:58

avatar
Invité


Qu'elle imprudente. Qu'elle idiote. Bien que le calme pouvait se lire sur son visage, une vague de fureur remonta le long de sa colonne en un frisson désagréable avant de venir se coincer dans la gorge. Et pour la première fois depuis des mois, il ressentit la peur, cette peur qu'il éprouvait les premières fois, non pas le fait de mordre et de tuer, pas le fait de tromper quelqu'un en l'emmenant à ses derniers instants. Mais la première fois où il devait cacher, ne laisser aucune trace et disparaître tel le fantôme qu'il était. Lorsque ses repas n'étaient pas allongés dans l'une de ses salles banches qu'il connaît tant. Avant de revenir sur les lieux du crime, comme tout assassin qui se respecte, et de voir des feuilles négligemment accrochées sur un poteau pour rechercher cette personne. Cette personne qui ne reviendra pas, ou pour un temps seulement. Il se souvient de ce moment-là. Pas des pleurs, non, mais de l'angoisse de voir ce corps sans vie. Souviens-toi. Souviens-toi de ses recherches sur le net ou dans les bibliothèques. Comment cacher un corps ? Comment effacer sa présence ? Comment ne plus exister. Cela aurait pu paraître totalement flippant de voir un tel historique dans l'ordinateur d'un jeune homme. Mais pour eux, c'était normal. C'était à savoir. C'était à savoir. C'était très recherché et très bien vu. Et pourtant. Certains semblaient manquer de vigilance. Comme quoi, nous ne sommes pas encore complétement morts. Nous sommes encore humains.

Combien de fois lui était-il arrivé de tomber sur in confrère en plein repas ? En deux ans, c'était la première fois. Et espérons-le que ce soit la dernière. S'il avait été capable de la surprendre, n'importe qui d'autre aurait pu le faire. Mais c'était lui, une chance, peut-être. La surprise la fit tomber sur le sol, pas de bien haut heureusement. Alors que ses pleurs avaient cessé, ils reprirent de plus bel lorsqu'il prit la parole. Il ne s'était pas présenté, mais il ne lui en fallait pas plus pour comprendre qu'il n'était en point un habitant de ce monde, mais bien du sien. Alors que les larmes continuaient de dévaler les pâles joues de la demoiselle, le vampire reposa ses yeux carmins sur le corps inerte. Il pouvait sentir de là, l'alcool ingurgité. Il finit par prendre le poignet ensanglanté pour caler dans les creux déjà marqués jusqu'aux veines, ses canines qui n'attendaient que ça. Avec un tel état d'âme, la demoiselle n'allait peut-être pas lui en vouloir de goûter un peu de son repas. Il pouvait sentir le parfum de cette dernière déposé sur le bras de l'inconnu, tandis que le sang s'écoula entre ses lèvres ce qui le fit grimacer. Mauvaise pioche. Ce n'était pas le bon groupe sanguin. Il repoussa le poignet avec un certain respect en venant essuyer ses lèvres du bout de sa langue et de son pouce. Il tira un instant la langue comme si le goût désagréable qui lui collait au palet allait disparaître.

« Car ce n'est pas aussi simple ... » Il releva les yeux lorsque la jeune femme prit enfin la parole. Oublier. Qui j'étais avant, qui je suis aujourd'hui. Tuer comme ça. Il suivit le mouvement du regard, reposant un instant les yeux sur l'homme. Il ne pouvait pas oublier. Il se souvenait exactement de chaque personne qui l'a nourri. Et pourtant, le visage de sa mère semblait devenir de plus en plus flou à chaque fois. Pouvait-il être en paix avec lui-même ? À vrai dire, ce n'était pas vraiment une chose qui le préoccupait. La vie est ainsi, on ne peut aller en travers de ses règles. C'est comme ça, on n'y peut rien. C'est vrai que généralement, son choix se pose sur des personnes qui désirent la mort pour se libérer d'un poids, d'un poids trop dur pour eux et leur entourage, ou simplement sur ceux qu'ont plus aucun espoir. C'est plus facile et nous n'avons pas à porter le poids de la culpabilité. Non, simplement le fait d'avoir aidé une personne à trouver la paix. Un échange équitable. Pourtant, en voyant le corps allongé négligemment sur le banc, il put comprendre. Il put comprendre, mais ne se sentait pas coupable pour autant. La mort serait venue le chercher un jour ou l'autre. Il n'avait pas vraiment l'air de souffrir, seulement endormi. Pourquoi se sentait-elle coupable face à un corps endormi ? C'était peut-être un peu plus difficile à comprendre que ça en fin de compte. Lui, il avait pu choisir sa mort, contrairement à cet homme. Mais il n'avait pas l'air de souffrir. Ah… Quel enfant tu peux paraître, Ayase.

« Si tu pleures, c'est que tu aies encore humaine. » Dit-il comme pour lui-même à voix basse, en regardant l'homme avant de reposer les yeux sur la vampire et de suivre son regard le long de sa robe blanche meurtrie par le sang. Qu'elle imprudente. Qu'elle idiote. La voilà bien maligne maintenant. Elle finit cependant par lui céder son nom alors qu'il reposa ses fesses sur ses talons en retirant sa veste. Un peu grande pour lui, elle le sera d'avantage pour elle, bien qu'elle ne pouvait recouvrir totalement sa robe, c'était déjà mieux que rien, songea-t-il en la posant sur les épaules de ladite Gretel. « Ayase Kishimaro. Répondit-il, reposant les yeux sur le cadavre qui gisait sur le banc avant de jeter un coup d'œil autour d'eux. Généralement, j'essaye de me faire le plus discret que possible. Il regarda de nouveau la demoiselle. Ce n'était pas sa question, il le savait. Je ne suis ... pas quelqu'un de très voyant. » On aurait pu voir une pointe de malice au fond de ses prunelles, et avec un peu d'attention, un rictus étirer légèrement le coin de ses lèvres. Et dire que même sa colocataire, avec laquelle il partageait l'appartement depuis deux ans n'avait jamais fait attention à lui. Le criminel idéal quoi. Relevant une main aux longs cheveux corbeaux de la jeune femme, il les replaça en arrière pour découvrir son visage avant d'essuyer les quelques larmes qui perlaient encore sur son visage. Ce n'était pas quelqu'un de très réconfortant, il ne savait comment s'y prendre face à une fille en peine, alors il pouvait seulement sécher ses larmes et trouver une force de caractère dans ses yeux éteint.