Invité

#1 le 09.04.16 22:20

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have a good day
WITH Adri rien. ♥

 
C'est dans ce genre de moment que tu as besoin d'être seul, que tu as besoin d'un calme sans nom qui te transporterait le temps d'un instant vers d'autres horizons. Tu venais te taper une sale journée après tout. Les lieux publics, ça n'a jamais été ton fort. Et aujourd'hui, spécialement ce jour-là, c'était bondé comme un trou à rat. Tu suffoquais, tu chipotais encore et toujours à cette mèche qui envahit grossièrement ton visage défiguré par un malaise parfaitement voyant. Des gens comme toi, perdus peut-être, qui venaient chercher leur café du matin. Ce café était d'ailleurs précieux pour toi. Le compte en banque se vide alors cette boisson qui te fait tant plaisir se voit être modérée à quelques fois par mois. Non pas qu'un café coûte si cher, pas du tout. C'est juste que vraiment " Je suis à la dèche bordel ".

Alors tu faufiles entre les gens, évitant à tout pris de les toucher. C'est très important ça, l'espace de sécurité. Tu n'aimes pas être collé à cause de cette claustrophobie qui te suit depuis tout petit. C'est une habitude chez toi, mais il t'est déjà arrivé de gifler des gens, trop près pour que tu puisses longtemps le supporter. Tu n'as pas été un gosse de riche pour rien. Enfin, la richesse n'intervient pas tellement là-dedans. C'est plus ton côté littéralement bizuté qui fait encore effet. Tu retiens ton souffle à l'intérieur de cette carcasse pourrie, tu pues, Félix. " Mes potions ... ". Eh oui, pas un sous de plus.

Tu hésites un instant, tu es juste devant le comptoir mais tu te fais embarquer dans un élan énervé, tu donnes les sous chiffonnés par ta nervosité et tu t'en vas, vite, trop vite pour que les gens autour de toi se souvienne d'un seul trait de ton visage, de tes vêtements et encore de cette tête horrible que tu tire quand tu es sous pression et oppressé. " Qu'ils brûlent tous au diable ces moutons, oui ... oui ". Agréable, comme toujours, n'est-ce pas ?

Tu te promènes loin de toute cette agitation, le café est trop chaud en fin de compte. Trop brûlant pour tes lèvres minces et sèches qui par moment se pose sur le couvercle, trop pressées d'en boire le contenu. Tes mains se frottent contre ton pantalon, tu cherches un endroit, calme si possible. Enfin, il n'y a pas le choix avec toi. Tu longes alors une rivière dont le clapotis de l'eau charme tes oreilles à merveille, tu bois avec délectation ce bruit si fin, si subtil et doux qui t'émois, qui te rassure. C'est comme être dans une barque, transportée dans un long fleuve tranquille sans ces voix qui te tourmentent sans arrêt. Aujourd'hui, elles sont en vacance, comme toi. Des vacances bien méritées non ? Tu descends sur la berge en dessous du pont puis tu trébuches. Comme une merde. " SAPERLIPOPETTE ".

Ton café, tu le regardes, horrifié. Il coulait du gobelet, non pas dans ta bouche. Mais sur un chose molle sur laquelle tu es tombé. Ça bouge, ça respire, il y a quelqu'un. Et ça, ça te fout dans une colère noire. Tu étais si content, l'espace d'un instant. Et là, on venait de te prendre le seul plaisir que la journée venait de t'offrir. Peu importe si la personne sur laquelle tu t'étais vautré souffrait, sa douleur ne pouvait pas être pire que la tienne non ? Que tu es égoïste, Félix. Tu cherches des yeux, des cheveux, une présence. " SALE ROUX DE MERDE ".
© ASHLING DE LIBRE GRAPH'