#1 le 15.02.16 13:16

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寂しい星


Heureusement qu'on a inventé la machine à laver.



Cela faisait des jours et des jours que je regardais ma pile de linge sale grandir au pied de mon lit. C'était pathétique. Comment pouvais-je être aussi négligente quand toute ma vie j'avais été ordonnée et irréprochable ? Voilà ce que je me disais tous les matins et tous les soirs en passant devant depuis deux semaines.

Et puis ce qui devait arriver arriva : mon armoire était vide. J'étais là, debout dans ma serviette, avec les cheveux dégoulinants, et je contemplais fixement ce vide. Il ne me restait plus qu'une vieille salopette et une marinière qui sortait de je-ne-savais-où. Il était grand temps que j'aille faire un tour à la buanderie de l'agence en priant pour que tous les habitants de l'immeuble n'aient pas eu la même idée au même moment. C'était déjà assez long d'attendre une lessive, je devrais au moins en faire deux, alors je vous laisse imaginer si en plus il y avait la queue !

Enfin, la perspective peu réjouissante de passer plusieurs heures dans cet espace réduit ne m'empêcha pas de fourrer mes vêtements sales dans un sac, d'attraper un livre et de monter deux étages. C'était toujours mieux que de laver son linge à la main dans une eau glacée.

Quand j'arrivai, toutes les machines étaient occupées. Heureusement, l'une d'elle semblait se terminer dans peu de temps et son propriétaire attendait sans quitter le minuteur des yeux. J'y jetai un rapide coup d’œil : douze minutes. Je n'aurais pas à attendre trop longtemps ; peut-être que mes prières silencieuses avaient été entendues. Ou peut-être qu'arriver à sept heures du matin était une bonne technique. Je n'y faisais pas attention habituellement, toutefois j'étais beaucoup plus matinale que la majorité des morts. Je notais que faire mes lessives alors qu'ils dormaient était une des meilleures idées que j'ai jamais eu, même si pour le coup je n'avais pas vraiment eu le choix.

En attendant que la place se libère, je m'installai dans un coin pour lire. J'avais pris le premier ouvrage qui m'était tombé sous la main : les Notes de Chevets de Sei Shônagon. C'était déjà celui que j'avais pris la dernière fois... Les heures d'attentes allaient être longues, très longues...


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#2 le 16.02.16 20:25

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_______
K I N G D O M
heureusement qu'on a inventé la machine à laver


_____Il était tôt. Trop tôt. Le soleil ne s'était pas encore levé. La sensation d'un étrange événement à venir me hantait sans que je ne puisse comprendre pourquoi. Je ne savais que faire. Le sommeil refusait de me venir. Je fermais les yeux, écoutant le bruit ambiant.
Les douces ténèbres qui m'entouraient ne m'effrayaient guère. Je visualisais la pièce comme si j'en avais été une partie intégrante. Dès lors, je connaissais chaque herbe, chaque meuble. Je pouvais resituer chacun des grains d'une tapisserie étrange et sauvage, je pouvais restitué l'origine de chacun des bruit de la pièce. Non, de l'appartement en lui-même. Les ronflements de chacun, le craquement naturel de l'habitation, les fausses impressions de vent qui siffle. J'aimais chaque son. Je m'étais habitué à eux. Il y avait là, quelque chose de rassurant. Peut-être une fausse accoutumance au quotidien ? Il y avait pourtant quelque chose d'agréable là-dedans.
Mais pourtant, le sommeil me restait refusé.
Je pouvais bien me tourner dans tous les sens, jamais le confort ne venait. Et si par miracle, ce fut le cas, il fallait que le bout de mon nez ou mon dos me gratte pour qu'alors, je doive à nouveau changé de position pour retrouver un certain confort. Si, par malheur, je ne dormais pas de la nuit, je pouvais toujours me rattraper dans la journée.
Mais je n'avais aucune envie.
Il fallait donc que je me bouge, avec mon étrange insomnie et qu'à nous deux, nous fassions quelque chose d'utile. Le linge, par exemple. Tâche malheureuse que l'on repoussait à chaque fois pour diverse raison. Bientôt, aucun de nous n'aurait de vêtement. Et bientôt, en tenue d'Adam nous devrons voyager. Très peu pour moi. Je pris donc mon linge sale (bien qu'ils furent, heureusement, dans un état regardable) dans un sac, mes clefs, un peu d'argent et la direction vers la laverie de l'Agence.
J'aimais bien, ce petit espace clos, aux murs blancs. Le bruit des quelques machines à laver était agréablement assourdissant. Il m'empêchait de penser. C'était une bonne chose.
Et j'ignorais quelle heure il était.
Au moins, je pouvais dire une chose : la plupart des machines étaient libres. Je ne m'étais, bien sûr, pas gêné pour prendre l'un des engins qui n'était pas en fonction. Et je restais, bien sûr, près de mes affaires, non par expérience mais par prudence. Ceci dit, j'avais l'habitude des buanderies communes. Tout comme j'avais l'habitude des buildings. Ceci dit, ils avaient tendance à être en hauteur et non en profondeur. Enfin, je n'allais pas m'en plaindre. C'était sympathique, ce petit changement.
Enfin bref. Plus le temps passait et plus les machines se remplissaient. Celles qui avaient été remplie à mon arrivée furent toutes vidées, me laissant être le plus ancien. Je m'étais alors attribué, sans aucune raison logique, voire sans aucune raison du tout, le titre honorifique de Grand Laveur de Vêtements Sales. Ce qui était assez bien dans la situation des choses, vous le concéderez.
C'est alors, qu'Elle est apparue. Elle qui allait chambouler mes saines (puisque je me tue à vous dire que je suis quelqu'un de bien !) habitudes. Elle qui allait oser se comporter en mère avec moi. Une espèce de folle furieuse, probablement excitée du bocal... qui était, par malchance, très attachante comme personne. Bien évidemment, c'est une amitié qui ne s'est pas construite en une journée, alors certainement pas en une heure approximativement.
Mais c'était une rencontre d'un genre unique, comme on en faisait peu.
Et avec ma délicatesse et mon charme habituel, je lâcha, à la personne qui venait perturbé mon royaume, un “Patience” tout naturel, qui en aurait probablement énervé plus d'un.
C'était donc le beau commencement de notre amitié.

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#3 le 17.02.16 15:32

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流れ星の綺麗な雨


Heureusement qu'on a inventé la machine à laver.



Alors que je venais de m'asseoir sur le sol glacial, j'entendis une voix s'élever dans l'espace réduit de la buanderie.

"Patience."

Ce fut le premier mot que le rouquin m'adressa. Un pauvre petit mot. Je n'y prêtai même pas attention au départ, ne pensant pas qu'il pouvait m'être adressé. Toutefois, après un long silence, je me rendis compte que nous étions seuls et qu'à moins qu'il ne se parle à lui-même, j'en étais la destinataire. Devais-je ou non relever la tête de mon bouquin et lui répondre, ou laisser ce silence gênant s'imposer ? D'ailleurs, le ronronnement des machines n'était pas si désagréable. J'aurais pu me rendormir là, adossée au mur, le nez sur un poème vieux de plusieurs siècles. Pourquoi troubler le calme qui régnait ici ?

"J'ai tout mon temps." murmurai-je finalement, autant pour lui que pour moi-même.

Mes journées se ressemblaient toutes depuis que j'étais ici. Le temps passait lentement, pourtant cela faisait des années que ma routine quotidienne était la même. Des années que je faisais presque la même chose tous les matins. Je n'avais même plus la notion du temps. Quel jour de la semaine étions-nous ? Je n'en avais aucune idée.

Venir à la buanderie et lire sur le carrelage froid était une de mes nombreuses manies. J'avais l'habitude de passer plusieurs heures dans ma bulle pendant que les autres avaient des discussions animées. C'était devenu normal. Ce qui l'était moins, c'était que je communique avec quelqu'un d'autre que mes colocataires.

Les interactions sociales, ce n'était plus vraiment mon truc. Il y avait trop de contraintes, trop de règles de politesse, trop d'efforts à fournir... Je les évitais autant que possible. Ce n'était même pas que je sois misanthrope, c'était plutôt que ma façon d'être ne rentrait pas dans les normes de bonne conduite en société. Il suffisait de me voir tirer comme une forcenée sur une de mes mèches de cheveux - elle n'avait rien demandé la pauvre - pour comprendre que je n'étais pas à l'aise à ce moment précis.

J'aurais bien aimé disparaitre sous le carrelage. Combien de temps faudrait-t-il pour creuser un trou et s'y enterrer ? Tout en divaguant de la sorte, je commençai à compter les carreaux. Un, deux, trois... Il avait un visage enfantin. Quatre, cinq, six... Si je lui parlais je finirais par lui ébouriffer les cheveux. Sept, huit, neuf... Pourquoi ? Dix, onze, douze... Il était peut-être plus vieux que moi, il fallait que j'arrête. Treize, quatorze, quinze... Tiens, une tache sur ce carreau.


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#4 le 18.02.16 23:26

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_______
C A R C A S S E
heureusement qu'on a inventé la machine à laver


_____Je n'avais rien à dire. Je n'avais rien à faire, à part attendre. C'était un grand vide, cette pièce. Il était quelle heure ? Tant pis. Il n'y avait pas d'horloge, sur les murs de la petite pièce. Juste le minuteur des machines, qui vrombissaient joyeusement.
Je me sentais partir. Oui, partir vers la fatigue. Mes yeux commençaient à se fermer, mon corps se bougeait peu à peu tout seul, comme pour danser. Ça manquait de musique. Il devrait y avoir de la musique. Qu'on puisse danser, sur le sol, sur le machine, sur notre conscience. Qu'on puisse se bouger comme si on n'en avait rien à faire. Pendant le temps d'un air, ne plus rien en avoir affaire. Qu'il y ait des lumières colorées, douces. Qu'il y ait les paillettes et les confettis qui s'écrasent sur le sol et sous nos pas. Et les gens, et les danses. Et temps qu'à faire, quelqu'un, qui quelque part, m'attendrait, avec un sourire aux lèvres à l'idée de me voir. Je l'imagine facilement, je sais déjà qui ça pourrait être et ça me fait sourire aussi. Je me demande si cette personne aussi se demande pareil ?
Mais non, il n'y avait rien de tout ça. C'était juste une buanderie, sans lumière particulière, sans confettis, sans musique et sans personne. Sans personne qui au final ne m'attend. Pour la musique et la lumière, j'imagine qu'il y a les boîtes de nuit et, parfois, il y a des confettis, en bonus. Mais je ne veux pas aller là-bas. Je veux que ce soit comme ça naturellement. Je veux pouvoir m'oublier, sans raison, sans me noyer dans l'alcool.
Je me demande si, quelque part dans le monde des morts, on célèbre encore les Roaring Twenties, les années folles. Ça pourrait être le seul endroit où je pourrais vivre ces instants, tous les jours, toutes les secondes. Une vie où je ne serais plus qu'une personne comme les autres, à célébrer tout et rien. Une occasion de m'enivrer et de ne plus être. D'être enfin ivre de la vie (ou de la mort ?) et du temps qui passe.
Tant pis. L'idée fugace de voyager me quitta aussi soudainement qu'elle était venue. Je me comptais me contenter de ce que j'avais et de qui j'avais, ce qui était déjà très bien.
Les quelques minutes de la machines avaient finies par s'achever tandis que je m'étais perdu dans mon monde, mes pensées. Je devais sûrement danser au son d'une musique imaginaire. C'était bien, agréable. Je retirais les vêtements de la machine, laissant la place à l'autre personne présente. J'avais tout remis dans le sac. Je plierais plus tard... Il y avait aussi un vêtement que j'avais acheté plus tôt, avec Sebastian. Je souris avant de le fourrer aussi dans le sac. Et puis, je me dirigeais vers la sortie, sans faire attention au sol. Et je m'étala de tout mon long, mon linge s'enfuyant du tissu brun transporteur. J'avais glissé, tandis que je laissais échappé un aie bien sonore au choc.
J'essayais de me relever. Mais je n'y arrivais pas. Je voyais quelques chandelles, mais un peu de temps, et ce serait fini. Je ne me rendis pas compte de la douleur. Trop basse, peut-être ? De toute façon qu'est-ce que je risquais ? Je ne pouvais pas mourir une seconde fois.

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#5 le 20.02.16 12:58

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不愉快です!


Heureusement qu'on a inventé la machine à laver.



C'était long. Je me sentais partir, soudainement envahie par une douce lassitude qui engourdissait mes membres. Ou bien était-ce la température de cette pièce ? Je ne savais plus vraiment. A force de compter les carreaux, mon esprit était parti bien loin. On devrait faire compter les carreaux aux enfants qui n'arrivaient pas à dormir au lieu de les obliger à imaginer des moutons sautant par dessus une barrière.

Un bip sonore retentit, indiquant que la machine de mon compagnon de lessive était terminée. Du coin de l’œil, je le regardai transvaser son linge dans un sac, attendant sans bouger mon tour. Mon livre était ouvert sur mes genoux, toutefois j'avais à peine lu trois lignes. Ce japonais moyenâgeux était tellement raffiné que je ne comprenais pas tout ce que l'auteure avait voulu dire... D'ailleurs, dans quel chapitre aurait-elle placé l'attente dans une buanderie au petit matin ?

Lorsqu'il eut fini le transfert et qu'il se dirigea vers la sortie, je n'esquissai pas un mouvement. Je retardais le plus possible le moment où j'allais devoir me lever pour vider mon sac de linge sale dans le ventre de la machine. Si seulement il y avait quelqu'un ici pour faire toutes ces corvées à ma place. C'était déplaisant. Laver, épousseter, dépoussiérer, faire la vaisselle, cuisiner, ranger, passer la serpillère, voilà des activités dont je me serais bien passée. Pourquoi devions-nous également accomplir ces tâches ingrates dans l'au-delà ?

Stoppant toute réflexion philosophique de ma part - si on peut appeler ça comme ça - le jeune garçon glissa sur le carreau taché que j'avais vu un peu plus tôt et s'étala de tout son long.

"Aïe !"

Alors que quelques instants plus tôt j'étais réduite à l'état de légume se questionnant sur sa condition d'ectoplasme, je bondis immédiatement vers lui pour voir s'il allait bien.

"Ça va ?" demandai-je, un peu inquiète.

Il avait l'air de s'être cogné la tête, et vu son expression ahurie il n'y était pas allé de main morte. Il ne semblait pas non plus souffrir le martyr, alors je l'aidai à s'assoir.

"Oh on dirait que tu vas avoir une bosse."

J'effleurai son front du bout de mes doigts. Il avait vraiment une bouille de gamin. J'avais envie de lui pincer les joues et de lui ébouriffer ses mèches rousses. Miu arrête. Je ne pense pas qu'il apprécie vraiment que tu fasses ça.

"Tu veux aller à l'infirmerie ?" proposai-je.

Il me paraissait brûlant. Mais c'était peut-être simplement mes mains qui étaient encore une fois glaciales. Je m'inquiétais beaucoup trop, il n'avait certainement rien. Nous sommes morts Miu, on peut difficilement faire pire comme condition. Certes. Mais on ne savait jamais. Et s'il y avait une infirmerie, c'était pour une bonne raison, non ?


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#6 le 21.02.16 20:05

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_______
M A D N E S S
heureusement qu'on a inventé la machine à laver


_____Le choc avait été, en vérité, extrêmement violent. Dans ma chute, pendant un court instant, j'ai vu le temps ralentir avec la pensée fugace : « Je vais mourir ». C'était étrange ; je n'avais pas eu l'occasion de connaître ce type de mort. J'avais été mordu. Pendant ma mort, je m'étais, peu à peu, endormi. Je comprenais, maintenant, d'une certaine façon, ce que ça faisait, de mourir comme ça. À l'idée de cette pensée, j'aurais bien souri, mais je me suis vite rappelé d'une chose : dans ce monde, tu ne peux pas mourir mais tu peux souffrir. Et le temps a repris son cours. J'ai glissé et je suis tombé, sur la tête.
Les lumières sont soudainement devenues trop brillantes, le monde s'est mit à tourner. Et j'ai oublié. Pendant une fraction, j'avais oublié le monde autour de moi. Je n'occupais plus ce corps, jusqu'à ce qu'une main, glacée, ou était-ce moi qui avait trop chaud ?, me touche. Il faisait chaud, trop chaud. Et pourtant, des frissons parcouraient mon corps. Étais-je malade ? Pourtant, je me nourrissais correctement, je dormais, à peu près, bien. Mais je ne posais aucune question, à vrai dire. J'étais juste... là. À moitié inconscient, e ne comprenais pas les mots qui sortait de la bouche de cette inconnue. Japonais ? Anglais ? Français ? Je ne connaissais plus le langage humain. J'étais dans une sorte de nuage. Je ne sentais plus la plupart de mes membres. Tout n'étais plus que coton.
Il était dur de parier que j'allais avoir une bosse : dans le monde des vivants, cette petite cascade m'aurait tué sur le coup. Je devais saigner. Mais je m'en rendais pas compte. Peut-être aurions dû nous diriger vers l'infirmerie ? Ce n'est plus important, aujourd'hui. Ce n'était pas important, de toute façon. Je me demande : combien de gouttes de sang s'étaient détachées de mon corps, pour s'écraser sur le marbre blanc ? Combien avaient détruite la superbe blancheur pour n'être qu'une tâche rouge dans un lieu trop blanc? Ma tête se pencha en arrière, naturellement. Aucun instinct de survie.
Et j'observais le plafond, tout aussi blanc que le reste. C'était laid, cette uniformité.
Quelques secondes avait fini par s'écouler quand, enfin, je repris le pouvoir de la parole. Mais pour dire quoi ? Je n'avais rien à dire. Et j'étais légèrement déboussolé. Mais petit à petit, je ressentais mes membres revenir à un état contrôlable. Mais je n'avais rien à dire.
Je tentais de me relever, avant de me fracasser à nouveau sur le sol, avec un grand bruit sourd. Non. Je n'arriverais pas à me lever maintenant.

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#7 le 21.02.16 23:53

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血が降り出す


Heureusement qu'on a inventé la machine à laver.



Je l'observais, inquiète. Quelques gouttes de sang s'écoulaient le long de son front, mais c'était trois fois rien par rapport à sa chute. Il avait plus l'air sonné qu'autre chose. Tandis qu'il regardait vaguement le plafond - enfin c'était ce qu'il me semblait - j'essuyais le liquide rouge avec un mouchoir. D'ailleurs, pourquoi avais-je des mouchoirs sur moi ? Je n'étais pas enrhumée, je ne risquais quasiment pas de me salir dans l'Agence, alors pourquoi ? Pour une fois, j'étais bien contente de les trouver là, mais je ne pouvais m'empêcher de me demander quelle était leur utilité au quotidien. Il y a peut-être des choses plus importantes dont tu dois t'occuper Miu... Comme ce pauvre garçon.

Il ne disait rien. En quelle langue avais-je parlé au juste ? Il me semblait avoir employé des mots anglais, mais je n'en étais plus certaine. Sous le coup de la panique j'avais très bien pu parler en japonais. Avec ces cheveux et ce visage, il ne pouvait pas être asiatique. Peut-être était-il arrivé récemment et ne parlait-il pas ma langue maternelle. J'allais lui redemander comment il se sentait lorsqu'il essaya de se relever.

J'essayai de le soutenir, mais il retomba comme une masse au sol. Bon, il n'avait pas l'air d'être capable de tenir debout. Décidant qu'il fallait le laisser respirer un peu, je commençai à ramasser son linge éparpillé au sol et à le remettre dans son sac.

"Reste assis pour le moment." conseillai-je en anglais cette fois, "Si tu retombes tu vas te faire mal."

Je vérifiai qu'il ne tournait pas de l’œil et je profitai de ce moment de répit pour lancer ma propre machine. Je n'allais pas non plus laisser tomber ma lessive. Et puis tant qu'il ne pouvait pas tenir à peu près sur ses jambes, je ne pouvais pas l'aider à se déplacer. Ce n'était pas comme si j'étais plus petite et que j'avais une force de moucheron. En fait si Miu. C'est la triste réalité.

Il avait toujours l'air un peu à l'ouest lorsque je retournai m'accroupir vers lui. Le regard dans le vague, il fixait un point sur le mur. Le sang avait coagulé sur son front, formant une tache sombre, presque noire. J'examinai la plaie, mais elle ne semblait pas si grave que cela, surtout pour un mort.

"Tu veux aller à l'infirmerie ?" redemandai-je en esquissant un sourire, "Ça n'a pas l'air très grave, mais tu as quand même fait une belle chute. Tu devrais faire attention tu sais."

J'espérais qu'il comprenais la langue de Shakespeare, sinon nous allions avoir du mal à nous comprendre. En tous les cas, il avait repris quelques couleurs et il ne me paraissait plus aussi bouillant. Je réprimai mon envie de lui ébouriffer sa crinière, mais c'était de plus en plus difficile. Je voulais lui dire que ça allait passer. Que bientôt il serait à nouveau sur pieds et que ce ne serait plus qu'un mauvais souvenir. Pourtant, même s'il était un peu assommé, il n'avait pas l'air de souffrir le martyr. C'était un peu comme vouloir consoler un enfant qui ne pleure pas.


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#8 le 05.03.16 10:52

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_______
L I L I U M
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_____Le sang avait coulé sur mon visage. Dès lors, il striait mon visage, livide. Ma tête retomba, lourdement, sur le sol. Le liquide s'était donc fracasser sur le sol, formant des fleurs uniques, à la couleur de la vie ; bordeaux.
Peu à peu, la douceur, cet état second qui s'était emparé de moi, disparaissait. Et là, la douleur. Un mal de crâne m’étreignait. Et là, la douleur. Jamais je n'avais eu aussi mal. Je comprenais, en un choc, que j'aurais dû mourir. Quel amusement. J'avais envie de rire. Quelle ironie. Mais j'avais trop mal pour éclater de bonne humeur.
Je reprenais connaissance de mon environnement. Il y avait quelqu'un à coté de moi, qui parlait, qui me disait de rester assis.
J'aurais pu penser à beaucoup de chose, comme à ce linge, éparpillé, que la jeune fille ramassait. Elle se donnait une peine inutile, certainement. J'aurais été capable de le faire, au fond. Je crois ? Mais tant pis, ce qui est fait est fait. On ne peut pas y revenir dessus. Puis, elle partit lancer une machine. Bien. Elle avait raison ; son linge n'allait pas se laver tout seul. Malheureusement, d'ailleurs. Tout le monde aimerait bien que le linge se fasse tout seul. Ce serait amusant, d'imaginer les vêtements qui commencent à bouger, danser. Comme dans L'Apprentie Sorcière. Peut-être qu'ici, les lits de cuivres conduisaient dans un monde merveilleux ? C'était à tester. Une chose était sûr : je délirais. Un coup d'une fièvre des morts, sans doute. Tant pis.
Je me remis à contempler les fleurs de sang. Pourquoi n'étaient-elles pas bleues ? Je sais, parce que le sang. Sang dont la couleur résulte à l'hémoglobine, certes. Mais, pourquoi devrait-elle être rouge ? Pourquoi pas bleue, ou verte, ou jaune ?
Je m’apprêtais à partager mes pensées profondes, sans raison notable, quand soudain, quelque chose d'étrange survint.

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#9 le 05.03.16 10:52

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× Péripéties vécues : 1883
× Øssements 1619
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× Inscription : 15/03/2014
maitre de la mort
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Le membre 'Adrien Renart' a effectué l'action suivante : laisser faire le hasard


'TOUT PEUT ARRIVER' :

#10 le 05.03.16 23:12

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× Age post-mortem : 73
× Avatar : Hana Koumeda - Crimson Prince
× Pouvoir : Syndrome de Rudolphe
× Appartement : Michalak
× Métier : Maman adoptive de Joshua à temps plein.
× Communication : Portable - Deathbook
× Péripéties vécues : 1816
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× Age IRL : 21 Féminin
× Inscription : 07/02/2016
× Présence : réduite
× Surnom : le chou / le mérou
× DCs : Ebiko Kaiyoutei
Glittering Mama
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木蓮の花束


Heureusement qu'on a inventé la machine à laver.



Le silence. Presque gênant. Je ne savais plus quoi dire, plus quoi faire. Je me contentais de vérifier qu'il reste à peu près conscient en essuyant le sang qui coulait. Je me disais que de toutes manières je ne pouvais pas faire grand chose à part attendre.

C'est là qu'il était rentré. C'était un homme, mais je dois avouer que ce n'est pas ce qui m'a marqué quand je l'ai vu. Il portait un costume rouge à... Paillettes ? Est-ce qu'il était permis de porter ce genre de vêtements au moins ? Ce n'était pas dangereux pour la vue des gens ? Être mort, c'est une chose, devenir aveugle à cause d'un ahuri, c'en est une autre. Pour en revenir à l'homme en question, il avait également un bouquet de fleurs à la main et il fredonnait un air que je ne connaissais pas. Apparemment il venait récupérer sa lessive.

Sans même nous lancer un regard, il se rendit vers la machine à côté de la mienne et se contenta de la fixer en attendant que le cycle se termine. J'avais envie de hurler. C'était comme si nous étions invisibles. J'avais l'habitude de passer inaperçue, mais personne ne me ferait avaler qu'un garçon aux cheveux roux à moitié assommé dans une buanderie était un spectacle banal. Même pour un mariole comme lui.

Mais aucun mot ne sortit de ma bouche. J'étais soudainement muette, ma gorge était serrée. Cette sensation... C'était celle de ma dernière crise. Comme si je ne pouvais plus respirer. Comme si mes poumons étaient redevenus des éponges. Ne me dites pas que ça recommence. Surtout pas maintenant.

J'inspirai et expirai lentement en essayant de rester calme. L'homme fredonnait en se balançant d'avant en arrière et en reniflant son bouquet. Il aurait pu s'inquiéter. Demander comment il allait. Proposer de l'accompagner à l'infirmerie. Mais non ! Il restait là, impassible, de la même manière qu'il aurait agit face à des insectes.

Étions-nous insignifiants à ce point ?


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