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#1 le 09.02.16 19:32

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hm c'est une erreur
WITH Ren Lao



C'était le soir, un soir froid et sombre. C'était l'hiver aussi et une fine pellicule de neige couvrait la route. On pouvait à peine apercevoir cette silhouette déformée par les lampadaires. Une silhouette creuse, perdue, tel un fantôme recherchant sa raison d'être. Le décor était macabre, les cerisiers étaient fanés, endoloris par la froideur de cette nuit, leurs branches craquaient avec le vent qui brisait les dernières feuilles étalées sur le sol immaculé. La brise était celle d'un zéphyr gelé, un vent menaçant, parfait pour ce genre d'âme errante. " Froid froid froid froid, j'ai froid ".

Cette voix cassée qui s'envolait aussi tôt. Au bout de l'allée, posé contre un arbre, une personne enroulée dans un ciré complétement noir. Il fumait et se réchauffait les mains avec la flamme ardente de son briquet. Il était nerveux, dans la pénombre, on pouvait voir ses yeux brillants voir malicieux. Il craquait ses doigts devenus bleus à cause du froid. La silhouette fit face à face avec l'individu, silhouette qui n'était inévitablement que ce cher Félix en quête d'un corps propre et pur. Il sentait mauvais, l'odeur lointaine d'un cadavre en décomposition. Ses doigts blancs comme jamais saisissais avec précaution les fioles que lui tendait l'homme en noir. Le jeune homme lui fit un sourire avec son visage défiguré, un sourire glacial et étrangement effrayant. Il sortit de sa poche quelques billets verts qu'il tendit à l'homme avant de s'en aller. " Froid froid froid froid ".

C'est vrai qu'il faisait froid. Mais l'hiver est incontournablement la saison préférée de Félix. Car en été, l'odeur et la décomposition étaient plus qu'horripilante. C'était un cauchemar pour ce dernier qui déboursait des sommes astronomiques pour avoir droit à avaler ses potions dans les plus brefs délais. Ce n'était pas pour les autres qu'il se dépêchait à retrouver une apparence correcte mais simplement pour lui. Car Félix se détestait, il se trouvait immonde. Immonde d'être un mort, sale d'avoir laissé sa mère derrière lui. Il avait compris depuis bien longtemps que siroter toutes ces fioles n'allait pas le faire revenir à la vie. Il avait aussi saisi que sa mère était déjà cloitrée dans le caveau familial depuis des décennies. Et ça, juste ce fait-là, ça le rendait fou de rage. Même si sa vie s'est étendue après la mort, Félix ne redevint jamais celui qui avait cette gentillesse de vivre pure, non. C'était fini ce temps-là. Le garçon n'était rien d'autre qu'un ange déchu. Rien de plus.

Il s'assit contre un arbre plusieurs mètres plus loin avant d'engloutir une à une les fioles qu'il avait soigneusement placées dans ses poches, le sourire aux lèvres, il regarda la lune, une grande et superbe lune. Il adorait cette lumière éphémère et purement blanche. Ça l'apaisait, ça le rendait presque heureux. Il ne put s'empêcher de retirer la capuche qui couvrait sa tête décharnée. De toute manière, il n'y avait plus personne à cette heure-ci, non ?

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#2 le 28.03.16 14:48

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La nuit, c’est mon moment préféré. L’instant où ma vie commence ici. Seul comme souvent, repensant à cette fille du nom de Meilin, je marche seul. Cherchant un endroit où aller, me refugier et où tuer le temps, me voilà à traverser une ruelle à la con. Le froid n’est qu’une donnée que j’exclus, je ne ressens rien, je me contente d’avancer, tel un zombi que je ne suis pas. J’ignore les possibles passants, je me contente de simplement marcher, marcher jusqu’à en avoir mal aux pieds. Hm ? Pendant une micro seconde, je n’ai pas pensé à ma soeur... Étonnant, effrayant... Sentant un frisson parcourir mon échine, je regarde alors le ciel. Similaire à celui du monde réel, s’en est presque troublant. Semblant mélancolique, je m’allume alors une clope, et je la fume en douceur.
Des fois, j’aimerais revenir en arrière, ne pas être ici, ou être ailleurs, au choix... Mais c’est impossible. Pensant tout en marchant et fumant, je vins alors à passer devant une ombre sans vraiment m’en rendre compte. Du moins, ce n’est qu’après quelques pas que je vins à capter.

“ Hm ? “


Mon esprit m’aurait-il jouer un tour ? Me stoppant alors, je vins à détourner la tête vers cette silhouette. L’arbre ne le cachait pas, bien au contraire. Je me rendis compte de l’endroit où j’étais, j’avais quitté la ruelle tient.... La lumière de la lune éclairait ce petit être, tandis que moi, j’étais encore enveloppé des ténèbres. Retournant alors vers mes pas, je vins à approcher en silence.
Les pas se faisaient peu bruyant, seul le bruit du sol qui claquait tendrement pourrait indiquer mon approche. Ma personne arrivait bientôt à sa hauteur et je vins à m’accroupir. Lentement, mon visage croisa le sien.

“ Hey... Que fais tu ici.... Seul ? “


La lumière de la lune ne me trompait pas, au contraire, elle me pointait du doigt ses soucis, ou du moins, un de ses possibles soucis. Un zombie... Lui, il l’était. Regardant les fioles au sol, je cru comprendre ce qu’il faisait. Ce petit être semblait si... Étrange. Le fixant sans montrer un quelconque dégoût, je me demandais bien ce qu’il faisait là, assis contre cet arbre. Cherchait-il un peu de solitude lui aussi ?

“ Qui es tu ? “


Première fois que je le rencontre, et je veux faire connaissance, ça a le mérite d’être clair non ? Me permettant de m’asseoir face à lui, je ne le jugeais pas, bien au contraire, je le traitais comme un simple passant qui avait attiré mon attention. Attendant des réponses, je me mis à observer moi aussi la lune. Astre majestueux nous rappelant que la nuit était reine à cet instant. Deux monstres nocturnes qui se rencontrent, n’est-ce pas beau à voir ?
Ce petit semblait perdu et pourtant, je n’en était pas sûr. Seul lui pourrait me donner des réponses.
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#3 le 04.04.16 3:09

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hm c'est une erreur
WITH Ren Lao




Le calme, la solitude. Cette sensation qui recouvrait entièrement ton corps depuis ta mort, une sensation inodore qui avait fait de toi un être insensible. Une personne dont les sentiments ont été bafoués et tout simplement tués, un par un, ne laissant que la peur trôné parmi la terreur et la maladie. Psychotique, tu es et tu resteras. Avec le temps, tu commences doucement à t'habituer à ces petites voix qui circulent dans ta tête. Ta cervelle est bien pourrie, plus que jamais et tes neurones sont pourtant encore bien fonctionnels mais embrumés par une folie monstrueuse. Personne ne resterait là, assis par terre, sur l'herbe glaciales et fraîche. Personne ne pourrait sourire comme toi, tu le fais, dans le noir, seul avec ta drogue tant appréciée. Mais au fond, il y a bien une chose qui te rend encore bien plus fou que n'importe quel sentiment. " Tout seul, oui oui ".

Tu ne pleures pas, toi. Tu continues juste ton chemin en te lamentant un instant avant de reprendre ta vie pourrie de zombie sans coeur et ardeur. Mais ton coeur s'arrête un instant pour contempler la silhouette qui plonge ton corps dans la pénombre de la nuit. Car oui, là, il te dérange. Il te cache de la chaleur inexistante mais à la fois pesante de la lune. " Dégage ". Un simple mot lâché comme ça, dans une franchise sans nom. Ce n'est pas comme si lui et toi aviez élevé des cochons ensemble. Mais tu le pensais ce dégager car tu adorais prendre des bains lunaires, silencieusement et en plus de ça, tu détestais qu'on te regarde lorsque tu étais dans un état comme ça, les potions ne faisaient pas encore effet et ton odeur te répugnait toi-même.

Puis là s'en vient une suite de questions auxquelles tu ne réponds pas. Non par pudité mais que pour le moment, tu ne trouves pas nécessaire d'y répondre et que ça t'ennuie plus qu'autre chose. Puis à quoi bon. Ton nom ne vaut pas la peine ni même ta présence. Tu n'es que l'ombre d'un passé lointain, ta personnalité a divergé et elle s'est dégradée. Alors plutôt que de se présenter, pourquoi pas parler d'autre chose un peu plus intéressante ? " C'est plutôt agréable la nuit, c'est calme ". C'était con, mais c'est la seule pensée qui coulait dans ton flux et tu l'as tout naturellement dites. Tu aimes profiter de ce silence calme et reposant. Cet éternel silence mort qui plane en toi. Tu soupires et t'étires, tu apportes à tes lèvres la dernière fiole à engloutir et tu la bois d'une traite. Les potions sont toutes aussi infectes les unes que les autres. Tu daignes enfin à regarder le type droit dans les yeux. Une chevelure ardente, une carrure importante.

" Tu sais, je ne suis pas un gosse, donc si t'es un pédophile qui court les rues à la recherche de proies, non merci passe ton chemin ".

Une franchise agréable, comme toujours d'ailleurs.
© ASHLING DE LIBRE GRAPH'