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#1 le 08.01.16 14:43

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Sélène ne savait comment cela avait commencé. Enfin si, elle savait ; par des gamins qui ne savaient pas quoi faire de leur mort et restaient des sales délinquants égoïstes. Et par un pauvre innocent qu’ils n’avaient pas trouvé de mieux que de lapider et rouer de coups. Une petite boule de poils noir et blanc aux yeux sombres. Et tandis que les monstres riaient de ses appels aigus, Sélène avait vu son petit cœur se fendre et tomber en miettes à chaque cri. Alors elle avait pris son courage à deux mains, ainsi qu’un bâton. Et elle avait tapé, tapé, et encore tapé les deux jeunes garçons avec sa branche, les faisant rire dans sa maladresse maladive. Et puis, las de l’entendre se plaindre de leur comportement, ils avaient déguerpi en lui balançant dans les pieds l’objet du délit : un diable de Tasmanie. Ce qu’il faisait là, au milieu d’un parc de la banlieue de Tokyo, c’était un grand mystère.

Comment Sélène avait réussi à le transporter sans encombres jusqu’à l’appartement, c’était bien là un autre mystère, même si son sac dévasté laissait un bon indice. Malheureusement, peut-être le surplus de rose, peut-être la décoration lourdingue… En tous cas, le petit diable s’était fait un plaisir tout particulier à immédiatement essayer de saccager les parties communes, au grand dam de Sélène, qui lui enlevait mille choses de la gueule. Et pour finir, le diable rentra dans la chambre de la Lémure, prêt à une nouvelle tornade.
Sauf que dans la dite chambre vivait Gruik, l’oryctérope femelle sortie d’on sait où, si ce n’est du sac de Sélène après un de ses détours gigantesques qui l’avait conduite jusqu’au New York des morts. Et toucher à Gruik, c’était toucher à Sélène. Le diable se fit donc repousser vigoureusement jusqu’à l’autre bout de l’appartement, à savoir la porte d’entrée. Qui on ne sait comment s’ouvrit, libérant un diable de Tasmanie fou de peur et de colère en pleine agence Azaël.

Heureusement, et toujours par ce hasard qui semblait bien farceur ce jour –là, un des portes d’appartement était grande ouverte. Ou peut-être un peu mal fermée… Bref, le diablotin poilu y pénétra à grands cris courroucés, poursuivi par une pauvre Lémure plus paniquée pour lui que pour sa propre réputation.

Cet appartement était sinistre. Humoristiquement sinistre. Clowns, clowns et encore clowns. Articles de jongle, objets farceurs… Et vide. Même Sélène qui n’avait pas peur de ce corps de métier était mal à l’aise ici. L’ambiance lui pesait, et apparemment le petit carnivore en faisait lui aussi les frais. Caché sous un gigantesque clown gonflable dégonflé, il couinait et grognait comme un forcené, laissant seulement dépasser par moment sa petite bouille de charbon aux dizaines de dents pointues.

Dommage que sa tête soit déformée par la tumeur proéminente qui avait du le tuer, et qui lui avait causé ce passage à tabac en règle.
HRP:
Ce sujet est totalement libre ! Que vous soyez un, deux, dix, cinquante ou tout le forum, venez me tenir compagnie !! Sinon, bon bah tant pis  :buhh:
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#2 le 09.01.16 20:22

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BIG IN JAPAN
un diable de nouvel habitant


_____C'était une journée à se perdre quelque part, quelques temps. Je n'avais pourtant aucune envie de quitter l'agence. Mais je connaissais, depuis, chaque coin et recoin de l'agence. Au début de ma mort, je n'avais que très peu connu l'extérieur, ne regardant que par les fenêtres du rez-de-chaussé. D'une certaine manière, j'avais peur. J'avais peur que ce ne fut pas la réalité. Bien sûr, un jour, j'ai dû me nourrir. La première fois est toujours la pire. Ce goût de sang. Le liquide métallique avait glissé le long de ma gorge, me nourrissant pour la première fois. Je le savourais, tandis que je déchiquetais la gorge de ma victime, dans l'ombre. Avait-elle survécu ? Était-elle morte ? La première fois est toujours la pire, car au début, on se retient, on ne veut pas le goût du sang, avoir une mort sur la conscience. Mais on finit par s'y habitue, on finit par se contrôler. Le plus dur est de trouvé quelqu'un.
Mais c'était un autre sujet.
Il en restait que je n'avais aucune envie de sortir. Peut-être le soleil, peut-être la pluie. Je ne savais plus quel temps il faisait dehors.
Je marchais dans les nombreux couloirs, m’arrêtant à chaque étage, effleurant les murs du bout de mes doigts. Je me voyais renter dans les année nonante, avec son style si particulier, énorme casque aux oreilles. Et surtout la musique. J'entendais la musique résonner dans ma tête. Sans doute était-ce cette sensation de ne pas être à ma place.
Un monde après la mort, qui l'eut crut ? Plein de gens, sans doute.
Mon visage est impassible, sans émotion. Emotionless. Je m'ennuyais. Je pris l'ascenseur infernal. Quand je fus enfin à l'intérieur, je m'installa au fond, assis, sur un des coins. Quand j'étais encore vivant, je prenais parfois l'ascenseur du gigantesque building dans lequel je vivais. Je montais au tout dernier étage, puis je redescendais. Je faisais ça le jeudi, vers quatorze heure. Je rentrais plus tôt à cette heure-là. Et il n'y avait pratiquement personne. Je restais en position assise jusqu'au bout, avant de refaire descendre la machine.
Mais je n'étais vivant. J'étais mort.
Et j'étais surtout dans un ascenseur qui n'en faisait qu'à sa tête.
Il se stoppa dans un étage inconnu, tout du moins, connu mais pas reconnu.
Le silence était épouvantail. Non. Épouvantable. Je recherchais donc la compagnie. Ou le bruit.
Bêtise.” soufflais-je à moi-même. Je m’apprêtais à retourner dans la machine infernale. Mais un bruit, sourd. Un vacarme. J'en fus intrigué. “Qu'est-ce qui peut causer tout ce bruit ?” J'étais fou de joie. Mais ça ne se voyait pas, bien sûr. Je m'approchais des chambres.
Le bruit se faisait plus fort.
J'ignorais la cause de ce remue ménage.
Par malheur, par bonheur, qui sait ?, la porte d'une chambre était ouverte. Une jeune fille s'y précipita pour une raison qui m'étais inconnue.
Les couloirs étaient alors à nouveau vide, mais le bruit, lui, il restait. Il m'appelait.
Je me dirigea vers la porte, l'ouvrit plus, pour voir une jeune fille paniquée et le museau de ce que je prenais pour d'un rat dentu.
Quelle chose horrible.” dis-je à haute voix.
Mais je n'étais pas prêt à partir. Pas encore.
Mon but était atteint : je m'étais perdu, quelque part, où je n'avais peut-être rien à faire. J'étais confus et perturbé. Je ne comprenais pas la chose, cette chose.
Mais mon but était atteint : je m'étais perdu en chemin.

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#3 le 01.02.16 15:31

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Sélène sursauta, entendant une voix derrière elle. Elle perdit du même coup de vue son petit protégé, qui s'enfonça enfin complètement sous le cadavre flasque de clown bedonnant avec un grognement plaintif.

L'arrivant était petit, jeune et roux. Et mort, naturellement. Mais surtout habitait potentiellement l'affreux logis clownesque; avoir et une inconnue et une bestiole aggressive chez soi, c'était une horrible blague, même pour qui vit entouré de farceurs facétieux.
Sélène déglutit. Elle allait s'attirer de gros ennuus à fureter chez les gens comme ca. Très gros. Elle balbutia un "c'était ouvert"  tout timide et tremblant, n'en menant pas large. Et sans un mot de plus, elle se mit à quatre pattes pour aller chercher son diable de Tasmanie.

HRP:
C'est court, c'est nul, c'est moi quoi ! Bon en fait j'avais commencé, et en rouvrant mon splendide brouillon, bah j'ai oublié où je voulais en venir au début. Donc voici une réponse pourrave.
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#4 le 06.02.16 22:46

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AT THIS MOMENT
un diable de nouvel habitant


_____J'observais la jeune fille pendant quelques secondes. Elle s'était précipitée d'aller essayer secourir la bestiole. Soit. Elle avait, par la même occasion, dit que c'était ouvert. Je n'avais pas souvenir d'avoir frapper à la porte. Mais surtout, elle semblait craintif ? Peut-être. Ce n'était donc pas son appartement non plus.
J’eus un rire.
“ - Et bien, et bien.” je regardais autours de moi. “Pour rien au monde, je ne voudrais vivre dans un endroit aussi...” Je cherchais le mot anglais. Ah. C'était compliqué. On avait pas toujours tous le vocabulaire nécessaire. Et parfois... parfois, on oubliait les mots. La folie sans doute, mais elle m'avait déjà emporté. Je m'essayait en français : “...lugubre ?
Mouais. C'était pas particulièrement terrible. Enfin bon. Je repris en anglais.
Pour moi aussi, c'était ouvert.

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