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    #1 le 04.01.16 23:31



    Boisson Post-Mortem



    Comme c’était le cas dans le monde des vivants, le centre commercial regorgeait de monde dans le royaume de la mort également. Les gens allaient et venaient entre les différentes boutiques dans un brouahaha constant. Au milieu de toute cette agitation, indifférent à l’animation autour de lui, Sebastian était assis à la table ronde d’une petite cafétéria – l’une des dernières tables vides à son arrivée, quelques minutes plus tôt. Les yeux dans le vague, il sirotait son verre de lait-fraise d’un air songeur, mordillant et jouant avec la paille sans réellement s’en rendre compte. Il appréciait le goût sucré de son breuvage et, comme depuis son arrivée ici, se sustentait davantage par gourmandise que par réelle sensation de faim. A vrai dire, depuis son arrivée ici – depuis sa mort – il ne ressentait presque plus cette horrible sensation qui lui tenaillait auparavant l’estomac. Il sentait simplement, comme en sourdine, un léger chatouillis dans le ventre, une petite sensation désagréable qui se rappelait à lui mais qu’il pouvait aisément oublier. C’était… Perturbant, et il avait du mal à s’y faire. Quoiqu’il en soit, il aimait trop la nourriture – si l’on pût appeler nourriture cet amas de sel, graisse et sucre dont il aimait s’empiffrer – pour décider de ne plus manger. On l’avait informé de la nécessité de bien manger pour préserver son corps mort, mais tout ça était bien trop… abstrait, pour lui.

    C’est justement à cette nouvelle condition qu’il songeait. La mort. Il ne savait trop s’il devait se réjouir ou non de la situation dans laquelle il se trouvait. Il avait une deuxième chance, autant en profiter. Pourtant, s’il avait abrégé sa vie, c’est bien parce qu’il en avait assez de celle-ci. Est-ce qu’il serait capable de rendre sa mort plus… Agréable que le fut sa vie ? Pourquoi pas après tout, ici il n’y avait pas toute cette pression qui le suivait de son vivant. Et de ce qu'il en avait compris, tout était fait pour que les défunts s’amusent. Et puis, si ce n’était pas le cas, il pourrait peut-être encore trouver un moyen de fuir… Non ?

    Il soupira, la paille au coin de la bouche. L’air qu’il expulsa dedans sans le vouloir éclaboussa sa boisson, projetant des gouttelettes rose pâle sur toute la table. Bravo, Seb. Il grogna et passa son bras sur la surface lisse pour l’essuyer, indifférent aux tâches qui pourraient maculer son sweat gris. Il jeta un regard gêné sur les tables bondées autour de lui et reposa les yeux sur son verre, tentant d'ignorer les éventuels regards qu'il sentait peser sur son dos – fondés ou non, d'ailleurs. Il soupira de nouveau et loin de sa paille, cette fois-ci. Il s’enfonça dans la contemplation de son breuvage enfantin, ses pensées divaguant de nouveau vers ce monde de morts dans lequel il venait de débarquer. Ce qui était sûr, c’est qu’il avait encore plein de choses à découvrir. Il n’allait pas s’ennuyer durant les prochaines semaines, au moins.


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    #2 le 05.01.16 22:04


    _______
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    boisson post-mortem


    _____Un dernier soupir. Cela faisait déjà quelques mois que la mort était arrivée. On avait tendance à vite s'habituer à tout. C'était le concept de l'Homme. Il est l'être parfait pour s'adapter. Pour changer son comportement pour sa survive. S'il n'y arrive pas, il adapte son environnement à lui. L'être humain est d'une terrible beauté.
    C'était l'une des raisons pour laquelle, sans doute, ce lieu devait fonctionner. Ça, et l'amusement qui devait être une sorte d'obligation. Ça ne pouvait n'être que l'Enfer.
    Mais c'était le Monde Spectral. C'était le Tokyo des Morts.
    J'étais mort. Je revenu, d'une certaine façon. Mon nom est Adrien.
    Tandis que je marchais sur les routes de bitumes, je soufflais mon nom, comme si c'était la chose la plus importante. Elle l'est. Car c'est le symbole de mon identité. De qui je suis. De qui je dois être. Et puis, si en plein jour comme en pleine nuit, si je ne murmure pas mon nom, qui le fera ?
    Je suis une ombre dans ce Tokyo des Morts, qui pourtant, semblait plus vivant que sa copie. Je ferme les yeux. Je souris. Je suis réel, même pour les morts. Je n'avais nulle part où aller, aucune destination. J'étais l'oiseau sauvage, en pleine migration. Mais malgré ces quelques mois, je ne me suis pas habitué. La mort est déroutante. Mais à ça je chante, car je suis tempête. Je chante faux, mais je chante la vie que je n'ai plus, que j'aurais dû avoir et je ris. Je suis un étranger. Je suis un alien. C'est une sensation grisante. Personne ne me comprend ou peu de gens. Je suis une erreur dans un calcule parfait. Ça fait plaisir.
    Je finis par atterrir je ne savais où. Mais c'était remplit de gens ; des tas que je ne connaissais pas. C'était du bruit. Non. Un vacarme incessant. Un centre commercial. Des étages à foison pour l'empire de la consommation. Une grimace.
    Je m'apprête à rebrousser chemin. Mais je m'arrête dans le mouvement. Qu'y avait-il à quitter un endroit pareil ? Au point où j'étais, j'aurais pu causer pagaille. Mais ce n'était mon genre. Tant de gens. J'avais, une fois encore, envie de prendre les lieux, les inconnus en photo. Des gens que je finirais par oublier. Je voulais m'en rappeler. Mais je n'en avais pas la possibilité.
    Alors, à la place, je décidé de prendre de la hauteur. De monter le plus pour redescendre à toute vitesse.
    Et je traverse les étages pour voir l'ensemble. Pour les redescendre à la même vitesse, m'arrêtant à un étage aléatoire, cherchant un lieu où se reposer. Une chaise, une table. Avec ou sans personne.
    Mais puis, il y avait lui. Il était là, je ne sais qui, assit sa chaise. J'avais envie de lui faire voir un autre endroit. Quelque part où le soleil était incontinent. Il y avait quelque chose en lui qui m'attirait.
    Je m'assis sur la chaise, les pieds et le cul sur la planche de plastique. Mes bras attrapèrent mes jambes. Dire qu'il fut un temps, je n'aurais pas réussi. Je n'aurais pas parlé. C'était avant ma mort. J'ai changé, ce jour-là. Et aujourd'hui encore, je me demande qui me pleure.
    J'ouvris la bouche, formant un O parfait : “Yo !”
    Je ne savais même pas si nous parlions la même langue. Mais j'avais envie. J'avais envie d'apprendre à connaître.

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    #3 le 08.01.16 22:59



    Boisson Post-Mortem



    Le sucre. Cet étrange goût de lait et de fraise, doux sur la langue, froid, succulent. Sebastian le ressentait avec toutes les sensations qui l’habitaient de son vivant, aussi puissamment que possible. De même qu’il humait l’odeur acidulée de son breuvage. Comme autour de lui, il entendait le brouahaha d’un millier de personne. Et, le frottement de ses vêtements sur sa peau, il le sentait avec cette étonnante acuité également.
    Il sentait tout. Comme de son vivant. Ses sens étaient bien là. Pourtant, la faim, il la sentait à peine. La soif également. Pourquoi ? Question dérangeante, lancinante. Comment pouvait-il avoir des sens aussi précis que de son vivant, si ce n’est davantage… Mais pas cette dévorante faim qui poussait les hommes dans leurs retranchements ? Invariablement, ce questionnement dénué de réponse resurgissait même quand il tentait de l’étouffer. Il s’était déjà perdu dans ce dédale de pensée quelques minutes plus tôt, et voilà qu’il y retournait, comme un renard à sa tanière. Comme si comparer sa vie et sa mort était le seul moyen de se rappeler qu’un jour, il avait été vivant.

    C’était il y a peu, pourtant. Quelques jours ? Des semaines ? Mais ses souvenirs étaient si fugaces et légers, comme un brouillard, une brise sur laquelle on ne peut refermer les doigts. Et il avait presque peur d’oublier. Oublier sa vie. Sa vie monotone qui, au final, n’avait rien d’intéressante. Ça, il en était presque sûr. Pourquoi aurait-il mit fin à ses jours, sinon ?

    Un bruit. Un sursaut ébranla tout son être tandis que crissait la chaise en face de lui. Brusquement redescendu sur terre, il leva un regard perdu vers la silhouette qui s’asseyait d’une étrange façon. Ses mains se refermèrent sur son verre tandis qu’il baissait la tête, se mordillant les lèvres, intimidé. Devait-il partir ? Il devait déranger, certainement. L’inconnu ne devait s’être assis là que parce qu’il n’y avait plus de place ailleurs. Alors il valait peut-être mieux s’éclipser. Finir sa boisson en vitesse ou aller la savourer ailleurs, non ?

    Il n’eut pas davantage le loisir de s’enfoncer dans ce questionnement inutile. L’inconnu fit entendre sa voix et le salua d’un « Yo ! » assuré. Le blondinet releva la tête, étonné, et plongea ses yeux dans le regard brun du jeune homme.

    « K-Konnichiwa » bafouilla-t-il en japonais avec un léger accent.

    Sebastian ne pensa pas que l’inconnu put parler une autre langue que le japonais – à vrai dire, il n’avait pas parlé à beaucoup de personnes ici et s’il avait à de maintes reprises entendu des discussions en langue étrangère, il ne s’en était pas davantage formalisé que dans le monde des vivants. Après lui avoir répondu, il reposa ses yeux sur son verre, gêné. Les interactions sociales, ce n’était pas son fort. Et il se demandait ce que pouvait lui vouloir l'inconnu : il était loin d'être quelqu'un d'intéressant ou remarquable. Il en vint à la conclusion qu'il l'avait sûrement salué seulement par politesse, en fait.

    Son verre dans les mains, il mordillait timidement sa paille, le regard obstinément fixé sur la table.


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    #4 le 09.01.16 2:34


    _______
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    _____Mes yeux se perdirent dans la contemplation, fixés sur lui, rien que lui. J'observais ses lèvres, ses cheveux. Pas ses yeux. Ils m'étaient invisibles. Mon visage neutre, mes yeux fixés sur lui. Faisais-je peur ? L'intriguais-je ? Je n'en savais rien.
    Mes pieds commencèrent à bouger, à tapoter doucement le rebord de la chaise. D'une certaine façon, j'étais nerveux.
    Allait-il m'aimer ? Me détester ? M'ignorer ? Pouvait-il seulement me comprendre. Un fin sourire se dessina sur mes lèvres.
    Ce que je faisais était peut-être de la folie, mais la folie était ma compagne depuis longtemps. Il devait y avoir une raison  profonde à ce qu'il m'attire, comme un aimant. Un atome. Étais-je un électron libre, capté par ce garçon que je trouvais si mystérieux ? Était-ce parce que je n'en pouvais plus de la compagnie de la solitude et de la folie ?
    Ou était-ce une seconde forme de suicide ? M'attendant au rejet pour tenter de disparaître une seconde fois, quand bien même cela serait impossible ?
    Il était probable que ce fut un mélange de tous. Après tout, je n'étais rien. Alors, je ne méritais rien.
    Mes yeux ne l'avait pas quitté. Je n'y arrivais pas. Je les fermais. Mon cœur battait la chamade. Comme au moment d'ouvrir un grand cadeau. Ou comme cette joie qu'on pouvait ressentir au moment de sa mort, une exultation que l'on ne pouvait pas cacher.
    Dès lors, je fis attention à ma concentration, m'efforçant de respirer de façon ordonnée, périodique, saine. Était-il d'ailleurs nécessaire de respirer ? Je n'y avais pas vraiment fait attention, mais là n'était pas la question.  
    Je les rouvris. Le blond était toujours occupé à fixer son verre, sa table, ses mains.
    Mortel ennuis.
    Était-ce ma faute ? Je devais l'ennuyer, je faisais cet effet. Je lui répondit en anglais :
    Non. Je ne parle pas japonais.” J'aurais pu, bien sûr le dire autrement. Mais quelque chose dans cette phrase me plaisait.
    J'aurais pu monter sur la table, danser devant lui, le bousculer, le déshabiller, mais m'aurait-il quand même remarquer.
    Au fil du temps, j'avais cru comprendre que le Japon était particulier. Je n'exécrais pas le pays mais il n'était pas tombé dans mon adoration. La plus grande neutralité et indifférence à l'égard de ma nouvelle terre d'accueil pouvait en choquer plus d'un. Si je trouvais le pays beau, je trouvais que quelque chose clochait avec ses habitants. Peut-être des coutumes, datant d'un autre âge. Mais pouvais-je vraiment me plaindre quand dans mon pays, on ne faisait pas mieux ? Je pouvais néanmoins dire avec certitude : nous avons tous tort. C'était un pays que je trouvais étrange. Mais était-ce parce que je n'étais pas d'ici ?  Sans doute.
    Mes yeux divaguèrent légèrement vers le décors qui nous entourait. Des gens d'ici, d'ailleurs. Des gens qui rigolaient, qui pleuraient. Des gens beaux, laids. Il y en partout, pour celui qui savait regarder ; ce qui était ne faisait parfois pas parti de la réalité, du champ de vision.
    La ville est belle, quand on sait regarder.” soufflais-je à son égard, le regard dans le lointain, sans être sûr qu'il me comprenne. “La ville est laide, quand on sait regarder.
    Je le voyais à nouveau, il était le centre de mon attention à nouveau.
    Tant pis, tant mieux. Mais notre histoire fut tellement mieux qu'une bête histoire de rencontre, au détour d'un couloir.

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    #5 le 15.01.16 18:50



    Boisson Post-Mortem




    Le temps s’étirait. Long. Pesant. Un insoutenable malaise s’était emparé de Sebastian. Le regard scrutateur du jeune homme en face de lui, il le sentait comme un pieu transperçant son âme. Des frissons remontaient le long de sa colonne vertébrale tandis qu’il s’efforçait d’ignorer cette douloureuse sensation d’être épié, observé, détaillé. Il aurait voulu fuir, parler, bouger, mais il en était incapable. Cloué sur sa chaise comme un vulgaire pantin. Comme une poupée à qui on cherchait des défauts. Des vices de fabrication. N’importe quoi justifiant sa mise au rebut.

    C’était la triste vision qu’il avait de cette situation, fût-elle réalité ou affabulation. S’embourbant dans cet amas noirâtre de pensées, il attendait. Le jugement de l’inconnu ? La force de se lever et partir ? Le courage de lever les yeux et affronter ce regard profond qui l’engloutissait ?

    L’inconnu prit la parole. Insensible au brouhaha ambiant, sa voix raisonna avec clarté aux oreilles du blondinet. Daignant enfin relever la tête, il se redressa et ficha ses yeux bleus dans ceux de son interlocuteur, une lueur de surprise dans le regard. De l’anglais. Sa langue natale. Il ouvrit la bouche pour répondre. Ce n’est pas grave, on peut converser dans cette langue. Mais il ne dit rien. Comment pouvait-il répondre cela ? Insinuer qu’ils pouvaient discuter ? C’était certainement la dernière chose que voulait l’étranger. Parler avec un garçon paraissant trop jeune, trop maigre, trop petit, perdu dans ses vêtements trop amples. Trop silencieux, trop maladroit, trop timide. Trop banal, trop quelconque. Trop inutile. Qui voudrait s’ennuyer à discuter avec lui ?

    Alors il rougit, se mordilla la lèvre et baissa de nouveau la tête. Ses doigts entamèrent un ballet nerveux, trifouillant et grattant ses ongles. Il devrait y aller. Quitter cet endroit, laisser l’inconnu seul à cette table. Partir.

    Mais il ne bougea pas. Pourquoi ? Pourquoi ? Certaines choses ne s’expliquent pas. Un manque de courage, peut-être ? Ou, au contraire, une certaine dose d’audace ? Est-ce qu’il avait envie de rester là ? De partir ?

    Tarentelle. Dans sa tête, son cœur, son corps. Danse endiablée des sentiments, pensées, désirs, sensations, craintes, envies. Folle valse, dangereuse farandole. Tournent, tournent, tournent, s’éparpillent et fuient, se retrouvent et se mélangent, s’assemblent et se disloquent. Décontenancé, le cœur battant, le souffle court et saccadé, Sebastian s’emportait dans un tourbillon inextricable. Un bal masqué. Peurs cachait Envies, Désirs cachait Craintes. Sentiments flous et indomptables, incompréhensibles, insaisissable. Se mêlant et se dissociant au sein même de son esprit, tournant à l’image des profondes eaux tumultueuses jaillissant sous le joug de Charybde.

    Il ne savait plus ce qu’il voulait. Ce qu’il attendait. La mort lui aurait-elle soufflé un fol espoir ?

    De nouveau, la voix nette du jeune homme assis en face le tira de ses élucubrations. Il releva la tête. Il croisa à nouveau son regard, plongeant dans les prunelles brunes de son interlocuteur. Il ne détacha pas son regard aussitôt, se remémorant ce que celui-ci venait de dire et qu’il n’avait écouté que d’une oreille, décontenancé par la multiplicité des sentiments incompréhensibles qui l’habitaient. Revenant à lui, il rougit et son regard redevint fuyant. Il observa autour d’eux, songeant à ces paroles surprenantes. Qu’avait-il voulu dire ?

    Puis il comprit. De travers. Ou plutôt, il ne comprit pas et sa paranoïa s’empara de ses espoirs fragiles pour les étouffer dans ses bras moqueurs. Ce fut comme une lourde pierre qui s’abattit sur sa poitrine. A quoi m’attendais-je d’autre ? De sa vie, il avait fini d’attendre quelque chose. Il devait en être de même de sa mort.

    Un amer goût de déception. Une douceâtre pointe de rage passive. Dans sa tête tournaient ces mots qu’il s’imaginait satyriques. Affreux sarcasmes. Il avait dit « La ville est laide, quand on sait regarder. » Quoiqu’il veuille dire, même si le contraire avait été dit avant, Sebastian retint ces seuls mots et les prit pour lui. Affreux sarcasmes.

    « Insinuez-vous que je suis laid ? » Marmonna-t-il tout bas, d’une voix rauque, en anglais.

    Affabulation. Incompréhension. Idiotie.

    Pourquoi ai-je demandé ? Il aurait mieux fait de s’excuser et s’en aller. Tandis que son visage devenait écarlate, ses poings fermement serrés sur ses genoux, il regarda son verre en fronçant les sourcils, incapable de lever les yeux vers l’inconnu qui devait se rire de lui. Je ferais mieux de partir songea-t-il. C’était si simple. Il lui suffisait de se lever et de quitter cet endroit bondé.

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    #6 le 17.01.16 21:04


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    _____Je ris, doucement. “Tu es bête.” Je ne faisais pas dans la grande politesse. Je le regardais. Il évitait mon regard. J'avais envie de lui faire lever les yeux, au ciel, sur moi, sur l'ailleurs. Je voulais qu'il cesse de regarder ses mains, cette stupide table et ce stupide gobelet.
    Je rapprochais mes mains aux siennes. Ça faisait longtemps que je n'avais pas fait ça à quelqu'un. J'avais envie de gueuler. Ça aussi, ça faisait longtemps.
    Mais tout mes mouvements se stoppèrent. Un petit soupire, presque inaudible, puis mes membres revinrent à leur place initiale.
    Je continuais à le regarder, avec le sentiment d'avoir brisé quelque chose, qui pourtant était inexistant. J'avais envie de me faire pardonner, sans savoir pourquoi ni comment. Mais ça, c'était habituel.
    Tu sais...” non. “J'imagine que l'on ne peut toujours avoir raison.” dis-je. “Je parlais juste de la ville.
    Je me mordis la lèvre inférieure.
    J'étais peut-être une mauvaise personne.
    J'étais peut-être comme ma mère.
    Je regardais vers le balcon. On en était pas loin. À vrai dire, nous étions à coté. Au rez-de-chaussé, y avait des plantes dans l'allée principale. Vertes. Presque... artificielles. C'était ça, le problème.
    C'est une erreur de compréhension.
    J'ignorais quoi dire exactement. Ma morsure devînt plus forte. Le bas me semblait attirant. Mais cette fois-ci, il y aurait aucun effet, sinon un poignet et une jambe cassée. Combien de fois n'ai-je pas rêver de tomber, attendre, avec stupeur, la fin de la chute. Et enfin, l'impact, le choc douloureux qui finissait la torture, l'attente, la vie. Mais elle était déjà passée. Je n'étais, comme tout ce lieu, qu'une mascarade à la vie.
    Il y a, dans cette ville, des tas de gens.” Je le pensais sincèrement. “Mais la ville, cette mort... tout ça n'est qu'une vaste blague, à mon avis. Une mauvaise blague. C'est...” Je cherchais le mot. J'ignorais ce que je voulais dire.
    Ça m'énervait. Et avec toute cette mascarade, pour finir, je pensais à ma vie, celle d'avant. Pas mort. Je pensais à l'époque où j'étais vivant. Je repensais à ma mère, mon père, mon frère, ma demi-sœur, et les autres. Je réentendais les cris. Les pleurs. Et la déchéance.
    Je me souviens de cette époque où parfois, je fuyais ce qui était mon domicile. Ce n'était pas ma maison. Ce monde artificiel correspondait plus à ma demeure. Mais le pire, c'était faire semblant. Faire semblant que tout allait bien. Il faudrait pas perdre la face, n'est-ce pas. Faudrait pas entacher la carrière des parent, n'est-ce pas ?
    J'ai haïs ma vie.
    J'en avais les larmes aux yeux, mais ça non plus, fallait pas les montrer. Ma morsure devint trop forte. Elle était un mélange de colère, peine, confusion. Ma lèvre inférieure s'ouvrit. Je me mis à saigner.
    Je n'aurais peut-être pas dû venir. J'aurais peut-être dû le laisser où il était. Seul.
    Non. Je m'y refusais. Je refusais la solitude. Elle avait été trop forte pour moi. Je remerciais le ciel, les dieux, de m'avoir permis de mourir avec quelqu'un. D'avoir pu mourir dans les bras de quelqu'un.
    ... Artificiel.”, finis-je par dire. Le sang ne s'écoula pas sur la table. J'avalais le liquide rouge, métallique. Il n'avait pas le même goût que celui de dehors.
    La mort, sans doute.
    Parfois, il m'arrivait de vouloir rejoindre l'autre monde, pour voir comment s'en sortait ma famille. Mais je n'y allais jamais. Je me nourrissais, simplement. De toute façon, je pense qu'aucun ne s'en serait sorti, si j'étais venu.
    La colère. Elle est une avide tentatrice, cruelle amante. Elle se nourrit de nous et nous laisse détruit.
    Je ne voulais plus de la colère.
    Tant pis.
    Je regardais le blond. Je connaissais maintenant le son de sa voix ; mais pour combien de temps ? Combien, avant que je perde ma lucidité ? Combien, avant que ma mémoire ne s'efface encore ?
    Je l'ignorais, alors, cet instant, je le gardais pour moi, comme un trésor, même si les mots étaient douleurs.
    Je finis par regarder le plafond. Une sorte de toit vitré. C'était beau. Mais je revins à lui, très vite. Il était important. Ce toit était comme moi : inintéressant.
    Adrien,” lui soufflais-je, “c'est mon nom.
    Les présentations n'avaient pas été faites.

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    #7 le 18.01.16 23:05



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    « Tu es bête ».

    Un petit rire avait secoué l’inconnu avant cette affirmation. Le regard vide, les sourcils toujours froncés, Sebastian ne réagit pas. Il se mordit la lèvre, incapable de savoir s’il s’agissait d’ironie ou de méchanceté. Les jointures de ses poings serrés devenaient blanches. Mais il ne pipa mot. Et il ne se leva pas. Il est si simple de partir. Il ne bougea pas d’un pouce. Il suffit de se lever et de quitter cet endroit bondé. Son cœur était serré. La douleur dans sa poitrine lui semblait trop forte. Trop intense. Pourquoi ? Il respirait tout doucement, mais son souffle était saccadé et rapide. Il ne comprenait pas pourquoi la douleur était aussi vive. Pourtant, la faim, la soif lui semblaient si atténuées. C’était à n’y rien comprendre.

    Il était mort depuis peu. Comme à son habitude, il avait évité tout contact, il était resté seul. Sauf, bien sûr, pour suivre ces cours adressés aux jeunes morts qui débarquaient et qui devaient se repérer dans ce « nouveau » monde. Mais même alors, il s’était appliqué à rester dans son coin. Son vivant avait laissé une marque indélébile en lui, l’avait façonné ainsi. Mais c’était insupportable. Et ça aussi, il ne comprenait pas. Comme si ces douleurs morales avaient pris le pas sur les douleurs physiques qu’il pouvait ressentir – ou, au moins, sur les besoins vitaux. Il avait l’impression d’être devenu hypersensible. D’avoir des sentiments volatiles, qu’il ne comprenait plus, qui se mélangeaient. Ou qu’il ne voulait pas comprendre ? Il se perdait, il ne comprenait plus. Sa mort n’avait pas été des plus violentes, pourtant. Il avait entendu dire que ce type de mort laissait des séquelles. Mais la sienne, il la trouvait belle. C’était un beau jour, ce jour-là. Les oiseaux chantaient, le ciel était bleu. Et la rivière, il l’avait embrassé de tout son corps. Elle n’avait peut-être même pas recraché son corps. Sa disparition passerait presque inaperçue, personne ne se ferait de bile à son sujet. Tout le monde serait indifférent. C’était… Terriblement triste. Ces images, ces souvenirs étaient la seule chose qui lui paraissait claire, à vrai dire. Il était mort ainsi, point. Le reste, c’était flou. Comme sa vie. Comme ses sens. Incompréhensibles.

    Il crut voir bouger l’inconnu, l’entendre soupirer. Ces allusions à sa faible intelligence et à son physique, c’était certainement pour le faire partir, non ? Il devrait s’en aller. Combien de fois s’était-il dit ça, depuis qu’il était arrivé ? Trop de fois.

    « Tu sais... J'imagine que l'on ne peut toujours avoir raison. » Dit-il. « Je parlais juste de la ville. »

    Sebastian l’écouta, sans relever la tête. Il desserra les poings, attentifs. Peut-être s’était-il fourvoyé ?

    « Il y a, dans cette ville, des tas de gens. Mais la ville, cette mort... tout ça n'est qu'une vaste blague, à mon avis. Une mauvaise blague. C'est... »

    Enfin, les yeux bleus se levèrent et se posèrent sur le roux. Etonnés. Dans la tête de Sebastian, la compréhension se faisait place. ENFIN. Il s’était fourvoyé. Oui, il était bête. Et il vit tout d’un autre œil. Ce que l’inconnu avait dit, c’était une triste constatation qu’il avait faite, qu’il voulait partager. Pas une insulte, pas une moquerie. Sa qualification de « bête » adressée au blondinet n’était pas méchante. Son rire n’était pas moqueur. Peut-être juste surpris. Alors oui, il était bête. Il aurait dû comprendre. Il avait laissé ce souffle de paranoïa l’emporter, il s’était laissé glisser dans les affres de la déception et l’amertume sans comprendre. Je suis idiot. Il avait honte.

    Il écouta avec attention le jeune roux au nom toujours inconnu. La mort, une blague, hein ? Peut-être n’étaient-ils pas très différents. Enfin, cette mort, c’était tout nouveau pour le bond, il était aussi dérouté par cette « deuxième chance » qu’on lui offrait alors qu’il avait quitté la première. Mais il était plus optimiste, peut-être. Malgré le poids de la solitude qui pesait douloureusement sur lui, malgré l’impression d’avoir ces regards moqueurs et méchants qui le suivaient, malgré sa crainte d’être de nouveau brimé et détesté, il y avait quelque chose qu’il n’avait plus à la fin de sa vie. Encore une fois, il se demanda si la mort lui avait glissé un souffle d’espoir. Un fil ténu, mais présent. Peut-être ? Sinon, pourquoi avait-il eu si mal à la pensée que l’inconnu se moquait de lui, à la pensée que la mort était comme la vie ?

    Mais peut-être se trompait-il et, dans quelques mois, serait-il de nouveau au fond du gouffre. Peut-être était-ce le cas de cet inconnu.

    Il observait le roux, curieux. Il attendait la fin de sa phrase. Il voulait savoir ce qu’il avait à dire. Mais sur ce visage gracieux apparut bientôt un léger trouble. Il se mordait la lèvre et ses yeux brillaient. Envahis d’une lueur triste. Le cœur de Sebastian se serra, troublé de remarquer cette douleur qui envahissait le jeune roux. Il aurait voulu dire quelque chose – mais quoi ? Il posa son regard sur le sang qui perlait de ces lèvres martyrisées. Qu’avait-il vécu, pour être ainsi dans la mort, pour penser qu’elle n’était qu’une mauvaise blague ? Qu’avait-il subi ? Depuis combien de temps était-il mort ? Depuis combien de temps était-il coincé ici, désespéré ?

    Est-ce que ces yeux tristes sauraient sourire de nouveau ? Comme les siens ? Il se sentait proche de lui, à cet instant. Sans dire pourquoi, sans pouvoir l’expliquer. Avait-il lui aussi mit délibérément fin à sa « première chance » ?

    « ... Artificiel. »

    Sebastian le fixait. Il ne pouvait détacher son regard de ses lèvres rougies, de ses yeux brun-ambré. Il l’observait, incapable de dire le moindre mot. Il semblait impassible, mais son cœur tambourinait douloureusement dans sa poitrine, ses yeux regardaient avec tristesse le roux, revoyant sans cesse la détresse qui avait habité ses traits durant quelques instants. Et ses sentiments, confus, qui tournoyaient toujours en lui. Toujours aussi insaisissables.

    « Adrien, souffla-t-il. C'est mon nom. »

    Le blondinet ne comprenait pas pourquoi ce jeune homme était venu lui parler. S’était-il assis à sa table au hasard, ou l’avait-il choisie ? Pourquoi avait-il eu envie de lui parler, à lui, si insignifiant et banal ? Dans le brouahaha des émotions qu’il ressentait, il distinguait une perle de satisfaction. Minuscule. Chance.

    Alors les coins de sa bouche se relevèrent légèrement. Un léger, fébrile sourire. Du moins, ça y ressemblait. Il avait envie de voir ce visage plus joyeux. Il avait envahi d’effacer ces traces de tristesse qu’il avait entr’aperçues pour ne plus jamais les voir. Il avait envie de peindre sur ces lèvres un sourire sincère, comme si cela put faire naître sur son propre visage une telle expression.

    « Je me nomme Sebastian. »

    Voilà. Il plongeait ses yeux dans les siens, ce petit sourire sur les lèvres, ses joues roses, ses yeux pourtant tristes. Il avait envie de dire quelque chose, de faire quelque chose. Mais il n’avait aucune idée de quoi. Alors il l’observa, sans mot dire, s’efforçant de soutenir son regard.


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    #8 le 18.01.16 23:05
    Le membre 'Sebastian Gray' a effectué l'action suivante : laisser faire le hasard

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    #9 le 19.01.16 0:47


    _______
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    _____Au moins avait-il répondu. Sebastian. Ce nom sonnait un peu comme une mélodie à mes oreilles. Ma gorge eut du mal à répéter ce nom. Elle semblait enrouée. “Sebastian.” J'aimais bien son nom. “C'est joli.” Je ne m'étais pas rendu du français, mes yeux se perdant encore une fois sur la vue du balcon, l'appelle du vide qui se faisait de plus en plus fort à chaque fois.
    J'avais envie de parler, mais je ne savais pas quoi dire. Je ne savais pas quel sujet aborder.
    Je crois qu'en vérité, je me suis rapproché de lui pour une seule raison : la peur.  J'avais peur de la solitude. J'avais peur que les gens restent seuls. J'avais peur d'être seul, encore.
    C'était bizarre. Je ressentais le froid. Ma peau se soulevait, relevant chaque poils de mon corps si menu. La sensation de froideur s'emparait de moi.
    Je savais à quoi je ressemblais. Un enfant. Je ressemblais à un enfant, perdu. Je l'étais sans doute. Je n'avais rien d'un adulte. De toute façon, la vie adulte était terrible. Elle était faite de déceptions et de regrets. Je n'en voulais aucun.
    Dans notre silence, la pluie vint s'incruster. “Il pleut.” dis-je d'abords en français, avant de me rappeler, ah oui !, je n'ai rien à faire dans ce pays.  Je repris en anglais : “Il pleut
    La pluie. Elle battait sur le toit de verre, on pouvait l'entendre à tous les étages. C'était beau, la pluie, la façon qu'elle avait de tomber, dans la vie comme dans la mort, comme si le reste n'avait aucune importance. Il y avait une pluie douce, calme. C'était une pluie sereine. Le ciel pleurait calmement, sans chagrin. C'était des larmes de soulagement.
    Le silence avait quelque chose d'oppressant. Il ne me laissait pas le temps, celui de demander tout à Sebastian. Il m'empêchait d'apprendre à le connaître, à lui faire rire. Non, à la place, le silence me coupait la parole. Le silence aimait les souvenirs, les faire revenir au présent. Le silence était autant un ami qu'un ennemi. Tant pis.
    J'aime la pluie. J'aime cette pluie. Elle est calme, reposante. Elle nous change du silence.” J'avais parlé sans m'en rendre compte. Au moins, c'était en anglais.
    Combien de temps est-ce que ça allait durer ? Je passais mon temps à le regarder. J'avais envie de me souvenir de lui. Lui, c'était différent. Lui, je le voulais. Si je devais arrêter ma solitude, je voulais que ce soit avec lui.
    Mais comment briser le silence, sans parole, sans confiance?
    Je suis... mort.” C'était un bon début (et personne ne pouvait me faire changer d'avis sur ce point), “Le douze juillet deux-mils quinze. C'était dans un hôpital.” Je ne savais pas pourquoi je lui disais ça. J'avais l'impression que je pouvais lui faire confiance. Ah. La confiance. Quelque chose que je n'ai pas eu depuis longtemps, avant ma mort. Et après aussi. “Je ne suis pas mort de maladie, pourtant.” Je regardais le ciel, à la recherche d'un dieu quelconque sans doute. De Kalahira, mère des Océans Insondables, peut-être ? Mes jeux vidéos me manquaient quand même un peu... “Ce jour-là, c'était mon anniversaire, douce ironie, n'est-ce pas ?” Je ris doucement. Il n'y avait pas de larme. Je trouvais ce fait drôle. Je revins à lui. “J'étais décidé à mourir. Alors, pourquoi pas dans lieu qui sécrétait la mort... mais aussi la vie ? Qu'elle meilleure blague pouvait-on faire à la vie, justement ?” J'avais envie d'éclater en sanglot, mais de rire aussi. J'étais un piètre clown. Ha, ha, ha. C'était pas la mort, la blague. C'était moi.
    J'ai rencontré un vampire, ce jour-là. Il était affamé. Moi, j'étais fatigué ; oui, fatigué de la vie et de ses belles conneries. Ce vampire, je ne me souviens plus de son nom, ni de son visage. Je suis à sa recherche... Il...” ma voix s'était étouffer. Je repensait aux paroles d'une chanson :
    Et si la mort vient pour me chercher
    Je resterai là, inanimé
    Avec le plus grand des sourires.
    Ça avait mon cas.
    Ce vampire, il est resté près de moi, jusqu'à mes derniers instants.” Un ricanement, qui ressemblait plus à soubresaut de rire. “Face à la mort, j'ai souris...
    Je me tus. J'étais peut-être allé trop loin. “Je ne m'attends pas à ce que tu me racontes ta vie, je n'attends pas à ce que tu retiennes la mienne ; elle n'en vaut pas la peine. Mais je pense que tu devais, au moins, savoir ce que j'étais. Non. Ce que je suis : un vampire.
    Je le regardais, tentant de juger son expression, son avis.
    Mon opinion n'avait peut-être rien à voir. Peut-être que d'une façon, j'avais envie qu'on se souvienne de moi, au moins pour une fois ?
    Ce n'était pas important.
    J'allais dire quelque chose, mais un bruit de fond, plus fort que les autres se fit entendre. Des Je t'aime, des Mon amours et des Mon cœur. C'était. Adorable. C'était. Niait. C'en était répugnant. Trop, c'était trop.
    On pouvait dès lors me voir faire des grimaces, des yeux doux au vide, joignant mes mains , faire semblant de dire (avec une exactitude impressionnante, car après tout, ce n'était jamais la même chose) ce qu'ils disaient. Je me retournais et fini non de la tête, discrètement, avant de revenir sur Sebastian.  Erh. J'avais envie de vomir, tellement c'était dégoulinant d'amour. Mais je pense que mon air exaspéré suffisait à montrer mon état de santé mental. Je connaissais pas son avis sur la question.
    Mais je pense que le comble fut quand, en lui demanda en mariage (dans une cafétéria de grand magasin, je vous fais remarquer), les têtes exaspérées, dégoûtées et/ou jalouses aux alentours se transformèrent en “Oooooooh”. J'étais au sommet du désespoir.
    Je ne pus m'empêcher de sortir un “Vous vous fichez moi ?”, mais probablement à peine audible pour l'ensemble de la salle.

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    #10 le 26.01.16 21:35



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    Silencieux, Sebastian détaillait son interlocuteur des yeux. Il n’avait pas conscience de l’impolitesse de son regard appuyé, perdu dans ses pensées. Il songeait à cette petite phrase qu’avait murmuré Adrien, après avoir répété son nom. Quelque chose qui sonnait comme « sayoli », certainement prononcé dans sa langue maternelle. Le blondinet n’avait aucune idée de son origine, de cette langue qu’il avait utilisée et de la signification de ce mot dont le tintement mélodieux sonnait sans compréhension à son oreille. Mais il n’osa pas demander. Il se contenta donc de réfléchir, d’essayer de deviner, de comprendre, les yeux posés sur lui.

    Ni l’un, ni l’autre ne parlèrent. Le silence s’étendait entre eux. Presque gênant. Puis un bruit permanent vint se mêler au brouahaha de fond. La pluie fit entendre sa douce mélopée contre les vitres et le toit du Centre Commercial. Adrien murmura quelque chose dans son étrange langage chantant, avant de revenir à l’anglais pour énoncer son constat : « Il pleut ». Sebastian hocha la tête, sans mot dire. Il attrapa son lait fraise, mordit dans la paille et, les yeux clos, savoura le contact froid et sucré de la boisson sur sa langue, écoutant avec délectation le bruit des rafales d’eau que déversait le ciel nuageux. Il aimait le bruit de la pluie. Il aimait l’entendre tambouriner sur les murs alors qu’il était confortablement installé à l’intérieur, savourant cette sensation de sécurité qui l’habitait étrangement dans ces moments-là. Doux sentiment d’invincibilité. Il avait envie de se retrouver chez lui, pelotonné dans son lit douillet alors que la pluie frappait à son carreau, loin de tout ce monde vivant – si l’on puit dire ainsi –, avec pour seul compagnon ses jeux, ses livres, son imagination. Mais dorénavant, cela risquait d’être compliqué. Les joies de la colocation et du partage de chambre.

    « J'aime la pluie. » Au son de la voix d’Adrien, le jeune blond rouvrit les yeux, redescendant sur terre, et posa ses yeux bleus sur lui, intrigué. « J'aime cette pluie. Elle est calme, reposante. Elle nous change du silence. »

    Il ouvrit la bouche pour répondre, mais se résigna et ne répondit rien. Il se demanda si l’inconnu trouvait le silence insupportable. Peut-être Sebastian devrait-il lui répondre, dire quelque chose ? Il n’avait aucune idée de ce qu’il convenait de dire ou faire ne de pareilles circonstances, à vrai dire. De vraies conversations, il n’en avait pas souvent eues. Il fallait pourtant qu’il trouve un sujet de discussion ; A ses oreilles, ce qu’avait dit Adrien sonnait comme un reproche. Comme le douloureux constat que sa compagnie était ennuyante, trop silencieuse. Et il ne voulait pas que ce soit le cas. Il voulait, toujours, faire naître un regard plus joyeux, une ébauche de sourire sur ce visage triste qui lui faisait face. Et non générer de l’ennui.

    Ah, la difficulté des interactions sociales. Le blondinet s’embourbait dans ses réflexions, se creusant vainement les méninges, cherchant un sujet de conversation qu’il n’avait pas. Ses yeux furetaient en tous sens, comme s’il pouvait trouver une quelconque aide aux alentours. Il ne savait pas quoi dire. Il se mordit la lèvre, gêné, se traitant d’imbécile, ventant sa stupidité dans maintes pensées désolantes.

    « Je suis... mort. »

    Sebastian releva les yeux vers Adrien. Il avait presque envie de se lever et de s’excuser, comme si c’était une nouvelle critique eu égard à son silence. Mais l’inconnu poursuivit.

    « Le douze juillet deux-mils quinze. C'était dans un hôpital. Je ne suis pas mort de maladie, pourtant. Ce jour-là, c'était mon anniversaire, douce ironie, n'est-ce pas ? »

    Les lèvres pincées, le blondinet regarda le jeune roux qui fut secoué d’un léger rire. Pourtant, lui, il ne trouvait pas ça drôle. Il trouvait cela infiniment triste.

    Son cœur battait la chamade tandis qu’il écoutait cette confession qu’il savait intime. Le moment de la mort, ici, c’était tabou. Qu’un inconnu lui raconte la sienne était intimidant. Tellement gênant qu’il en rougissait. Pourquoi le lui raconter, à lui, si banal et peu intéressant ?

    « J'étais décidé à mourir. Alors, pourquoi pas dans lieu qui sécrétait la mort... mais aussi la vie ? Qu'elle meilleure blague pouvait-on faire à la vie, justement ? J'ai rencontré un vampire, ce jour-là. Il était affamé. Moi, j'étais fatigué ; oui, fatigué de la vie et de ses belles conneries. Ce vampire, je ne me souviens plus de son nom, ni de son visage. Je suis à sa recherche... Il... »

    Sa voix s’éteignit. Le cœur serré, Sebastian l’écoutait avec une tristesse incommensurable dans la poitrine. Ils étaient semblable, finalement, hein ? Quelles que furent leurs histoires, leur fin aurait pu être la même. Tous deux étaient des êtres fissurés par la vie qui avaient décidé de l’abandonner. Les larmes lui montèrent aux yeux. Il s’efforça de le cacher et conserver une attitude neutre, mais ce récit était difficile à entendre. Il lui rappelait sa propre mort, il propageait en lui un étonnant malaise. Il se sentait mal mais était incapable d’arrêter d’écouter. Il voulait savoir. Il voulait connaître cet individu et enfermer dans sa mémoire profonde ses confessions, comme une promesse de ne jamais oublier. Comme si cela pouvait les lier. Comme si, ainsi, il ne serait plus seul.

    « Ce vampire, il est resté près de moi, jusqu'à mes derniers instants. » Il ricana. « Face à la mort, j'ai souris… »

    Un violent frisson ébranla Sebastian. Ce n’était pas de la crainte, non ; C’était plutôt… une tristesse sans nom, une horreur indicible. De nouveau, la puissante envie de ranimer ce visage au rire amer s’empara de lui.

    « Je ne m'attends pas à ce que tu me racontes ta vie, je n'attends pas à ce que tu retiennes la mienne ; elle n'en vaut pas la peine. Mais je pense que tu devais, au moins, savoir ce que j'étais. Non. Ce que je suis : un vampire. »

    Sebastian ne répondit pas aussitôt. Son expression devait être effarée, choquée. Mais c’était davantage en raison de ces paroles dures à entendre. Même si son propre vécu était douloureux, écouter ainsi de tels aveux, formulés à voix haute, était éprouvant. En tout cas, le fait que son interlocuteur soit un vampire n’avait eu aucune répercussion chez le blondinet. A ses yeux, ça n’était pas importante. Mais une phrase retenait son attention, et il voulait la réfuter. Il voulait contredire le fait que sa mort ne valait pas la peine d’être retenue ; Pourquoi lui aurait-il confié ce secret, sinon ?

    « Ne dis pas ça… » Commença Sebastian d’une voix rauque et enrouée, soudainement interrompu par des voix plus fortes aux alentours.

    Il se coupa, gêné, essayant de reprendre contenance, et chercha la manière de formuler ses dires, ses yeux vides embués regardant Adrien grimacer sans réellement le voir. Enjoliver sa vision des choses, voilà ce qu’il voulait. Même un peu. Le faire sourire.

    « Ne… » Recommença-t-il, interrompu cette fois-ci par une grande agitation et des « Ooooh » tous plus sonores les uns que les autres.

    Eberlué, Sebastian tourna la tête vers l’origine du bruit, les yeux ronds. Puis son regard revint à Adrien après avoir compris l’objet de cet engouement général. Il fronça les sourcils, désarçonné d’être sans arrêt coupé dans sa phrase.

    « Vous vous fichez moi ? » Demanda à la cantonade le roux, visiblement au comble de l’agacement.

    Une nouvelle fois, Sebastian ouvrit la bouche pour lui répondre, ses yeux plantés sur lui, et tendit les mains vers son verre, comme si siroter sa boisson – ou se cacher derrière sa paille – pouvait lui donner le courage de réconforter cet homme ou, au moins, de lui dire qu’il conserverait précieusement sa confession et ne l’oublierait pas. Mais voilà ; sournoisement, sa maladresse le frappa de nouveau. Sa main, loin de s’en saisir, percuta son verre qui se renversa et déversa le liquide rosé sur toute la table. Les yeux comme deux ronds de flan, Sebastian resta immobile deux secondes avant de se lever d’un bond en glapissant pour redresser son verre, dorénavant vide. Et la totalité du liquide restant, c’est-à-dire un grand demi-verre, avait pris un malin plaisir à recouvrir la table et asperger Adrien. Et voilà que le blondinet, rouge de honte, tremblant comme une feuille, cherchait des yeux des serviettes ou mouchoirs pour essuyer la table et éviter que la boisson collante ne trempe davantage le roux et le sol. Manque de bol, la personne qui s’occupait des commandes au bar avait dû se joindre à l’attroupement autour des tourtereaux, car il n’y avait plus personne. Sans réfléchir à son geste insensé et ô combien idiot, il passa son avant-bras sur la table pour l’essuyer, indifférent à l’idée de tâcher sa veste. En même temps, il répétait telle une machine cassée avec un débit de parole rapide, proche de la confusion : « Désolé désolé désolé – Je suis vraiment vraiment désolé – Je n’ai pas fait attention – Je ne sais pas ce que j’ai fait – Je n’ai pas fait exprès – Je suis vraiment désolé – Pardon – … »

    Bien joué, Seb. Confus, il avait juste envie de descendre six pieds sous terre – ah mais il y était déjà, six pieds sous terre, en quelque sorte. Disons seulement qu’il avait envie de s’enterrer vivant – ou plutôt, du coup, de s’enterrer déjà mort –, de fuir à tout prix cette honte qui l’avalait sans le mâcher, sa paranoïa qui de nouveau venait le lécher de la sordide crainte de voir le monde se retourner, le pointer du doigt, le frapper. Et plus terrifiante encore était la réaction qu’il attendait d’Adrien. Ô combien l’angoisse s’insinuait insidieusement dans ses tripes à la seule idée de l’avoir fâché, déçu, ou pire encore...


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