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Papillon de nuit Ft Pandora

Papillon de nuit Ft Pandora Empty #1le 09.07.19 14:00
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Souvent, se lève une question, une hypothèse. Que faire de ses soirées quand au final on a passé plus d'une semaine sans pouvoir marcher, à cause d'un pied devenu tout simplement inopérant. J'aurais pu me morfondre sur le fait de devoir marcher en boîtant d'autant plus, et en devant souvent prendre une canne pour se faire. Visiblement, le lapin ne pourra plus sautiller quoi qu'il arrive. C'était à prévoir, mais cela va me manquer, mes fuites endiablées.

Je ne vais pas mentir, je n'ai rien à y gagner pour le coup. Je m'ennuyais ferme. Et quand je dis ferme, c'est plus encore que sérieusement. Je me massai alors la nuque en regardant les possibles distractions que je pouvais avoir autour de moi. Je n'en avais plus beaucoup qui me permettait de me fondre dans la masse grouillantes des non sens parfaits. Non, j'étais à cours d'idée, et de partenaire, je dois l'admettre.

Je n'avais aucune nouvelle des Chimères que j'avais envoyé en éclaireuses pour me permettre d'avoir de nouvelles arrivantes, et je me lassai de cette inaction. Je voulais prendre l'air, me changer les idées, mais tout revenait au même point. Une absence. Un vide. Je voulais combler ce vide, mais je n'y arrivais pas. Une fine pluie percutait le sol avec un rythme bien particulier. Quelque chose que j'enviais. La constance.

Je me promenai, une canne dans la main, un parapluie dans l'autre. Je fixai, d'un œil morne les phares des voitures, alors que la nuit tombait, et que les reflets dans les flaques deviennent légendes et déformations. J'enviai la simplicité des choses. Mais en même temps, je voulais exploser les carcans de cette société. Je voulais beaucoup de chose, mais au final, je n'en avais plus les moyens. La fiole d'injection contre ma peau froide, je n'avais personne à qui la confier, et aucune bombe à retardement non plus.

En désespoir de cause, et plus par un ennui extrême qu'une vision du futur, je me dirigeai vers un endroit où je n'étais plus allé depuis quelques temps. Six mois ? Un an ? Depuis tout ce temps, je n'avais pas vraiment pris de temps pour moi, plus pour mes projets. De plus, le simple fait d'avoir rencontré ce garçon, cet enfant, me donnait un peu la migraine. J'en avais trop dit, j'en avais trop fait. Il était désormais trop tard pour reculer, et bien mal m'en prit, le destin se joua de moi.

Je me trouvais alors devant la porte d'entrée d'un bâtiment qui m'extirpai toujours un petit rictus quand je le voyais. Il y avait tellement à y faire que je ne pouvais faire autrement que regarder la page qui en parle. Rez-de -chaussée immense, théâtre, danse, « cafeteria » … Beaucoup mais en même temps très peu. Cet endroit était l'Art à lui tout seul : Immense, plein de ressources mais dans une vieille ruelle abandonnée et mal éclairée. Lui et moi on se ressemble un peu. On détonne complétement. Je poussais la porte du bout de la canne. Autant en profiter puisque je n'ai plus le choix que devoir me la trimballer. Puis je regardai autour de moi. Personne, d'un vide exemplaire, et d'une propretée à faire peur un pouilleux.S'il n'y a rien d'intéressant, au moins, je pourrais me protéger de la pluie et de ses gouttes telles des épingles. J'étais là en simple spectatrice, et j'en avais déjà plein les yeux.

Je réfléchis à deux fois avant de monter pour me sustenter. Une âme charitable pour m'aider ? Bon sang j'avais l'impression de prendre cent ans de plus que mon âge en une pensée. Je déambulai alors, effleurant du bout du doigt les marbrures. C'était irrégulier et tranchant. Parfait en sommes.

Je cherchai de quoi passer le temps. Qu'importe homme ou femme, finalement, je voulais juste oublier mes déboires, et me vautrer dans quelque chose d'éphémére. Ou peut-être pas, finalement. Je sortais ma pipe longue, et visai doucement en face de moi. Elle était bien droite, parfaitement réparée. Calant la canne contre mes jambes, je l'allumai, expulsant un jet de fumée profond d'une odeur peu commune. Je soupirai de bonheur. Enfin, je commençai à y voir plus clair.
Papillon de nuit Ft Pandora Empty #2le 09.07.19 16:39
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ombres qui dansent
Without the dark, we'd never see the stars.
Sous les combles du théâtre, le temps passe à une toute autre vitesse. Il s’égrène lentement, laissant les âmes qui s’y meuvent flotter à la manière de mirage dans le désert. J’aime éperdument ces moments. Les artistes passent, s’assoient quelques minutes à mon bureau pour présenter leur projet, avant de céder la place à un comptable. Les silhouettes passent, les secrétaires s’activent.

Depuis quelques temps, le théâtre fonctionne de manière quasi parfaite. Aucun incident à déclarer, une programmation qui attire de plus en plus de spectateurs et des cours en permanence remplis. Il aura fallu un moment avant que je puisse me déclarer satisfaite du résultat, mais les faits sont là.

Ce projet est une réussite.

Absorbée par la mise en place d’un ballet prévu pour la saison suivante, c’est le changement de temps qui me fait lever les yeux de mon écran. Un courant d’air souffle les feuilles négligemment posées sur mon bureau, les éparpillant dans la pièce.

Je jette un coup d’œil aux lieux. Plus aucune âme n’est présente dans l’administration. Ma langue claque contre mon palais avec agacement. Mes escarpins claquent contre le parquet froid lorsque je me lève pour m’accroupir, histoire de remettre de l’ordre dans la pièce.

Le vent soulève mes cheveux impeccablement bouclés, m’arrachant une moue irritée. Feuilles calées sous un pot à crayon, je m’approche de la porte-fenêtre derrière le bureau. Une bruine fine commence à s’abattre sur la rue, annonçant une nuit orageuse. Quelques éclats de voix résonnent entre les murs alors que la lumière vacillante du soir se reflète dans les vitres voisines.

Je pousse un soupir en refermant les persiennes. Je déteste les pluies d’été. C’est lourd et poisseux, de quoi diminuer l’éclat de ma personne.

Je me renfonce dans l’épais fauteuil de cuir. Vais-je rentrer à l’Agence ce soir ? S’il se met à pleuvoir, hors de question de ruiner mon brushing, mon maquillage et mes vêtements, même pour dormir sur un lit confortable. Je préfère encore le canapé de l’administration.

De toute façon, il y a tant à faire.

Mes billes dorées se posent sur l’écran de l’ordinateur, parcourant d’une traite une liste de mails - échanges houleux avec un directeur de la communication sur la sellette. Mes omoplates viennent s’enfoncer dans le siège. Cet imbécile n’a décidément pas compris qui est la patronne ici.

Un petit sourire s’étire sur mes lèvres. Il va falloir remédier à ça.

Je jette un œil au creux de mon poignet, vérifiant l’heure. Les derniers cours sont sur le point de prendre fin, tandis que les répétitions les plus tardives doivent battre leur plein. Je me lève à nouveau, sans prendre la peine de couvrir mes épaules de mon manteau cape et descend de plusieurs étages pour me faufiler dans la salle de spectacle.

Une compagnie extérieure est en pleine répétition, corrigeant les derniers détails d’un ballet dont les premières représentations sont prévues pour la semaine prochaine. Je flâne entre les sièges avant de me poster à côté du directeur artistique, scrutant les détails des mouvements des danseurs et danseuse sans manquer de faire des remarques.

Il y a des choses qui ne changent jamais.

Plusieurs minutes de salutations, bavardages et conseils en tous genres plus tard - quelle chance ont-ils, décidément, d’avoir une directrice aussi merveilleuse que moi -, je m’éclipse à nouveau. En dehors de la salle principale, dans le hall silencieux, le froid vient mordre la peau de ma nuque, largement découverte par un chemiser noir transparent aux motifs chevrons. Je peste. J’aurais dû embarquer mon manteau.

Pressant le pas, je gravis rapidement les marches de l’escalier principal. Pourquoi fait-il si frais en été ? D’un coup d’œil, je constate que de la musique provient toujours des salles d’entrainement, signe que les cours du soir - réservés aux adultes - ne sont pas terminés.

La nuit tombée y mettra un terme.

Je réfléchis un instant. Pas question de remonter les mains vides. Un café. Voilà la solution. De quoi me remonter à bloc avant que je n’appelle cet abruti de directeur de com’ pour lui passer le savon du siècle.

Je pénètre dans la cafétéria silencieuse, précédée du bruit de mes talons.  D’un coup d’œil rapide, je repère sans mal une présence. Tête brune aux longs cheveux fins assise dans un coin, fumant sans aucun égard pour les panneaux « interdit de fumer ». Tsk.

J’actionne la machine à café - hélas, aucun esclave de disponible pour le moment - et me fait couler un expresso amplement mérité. La chaleur de la tasse, dans ma main, m’arrache un frisson.

Perchée sur mes escarpins, j’ouvre quelques fenêtres pour que l’air circule, malgré la pluie. Finalement, je m’approche de la jeune femme pour prendre place en face d’elle, la dardant de mes prunelles dorées. Faire œuvre de charité en offrant ma merveilleuse présence à une parfaite inconnue, c’est tout moi.

— Bonsoir, je commence en français, avant d’enchaîner de mon japonais charcuté : vous cherchez quelque chose ?

Ou quelqu’un.

Rares sont les personnes qui s’aventurent en soirée dans le théâtre, lorsqu’il n’y a aucun spectacle, bien que ses portes soient presque toujours ouvertes. Je croise mes longues jambes en soufflant sur le café. Léger froissement du tissu de mon pantalon de toile.

Mon regard ambré glisse sur la jeune femme, détaille les mouvements de la fine maintenant une pipe longue - artéfact tout droit sorti d’un autre temps -, se perd dans les motifs de ses habits traditionnels.

Il se dégage d’elle une certaine grâce qui ne manque pas d’éveiller l’intérêt de mes prunelles amusées. Je porte la tasse à mes lèvres.

Voilà qui vaut bien mieux qu’un appel incendiaire, pour commencer la soirée en beauté.

Et dieu sait que j’appartiens au crépuscule.
Papillon de nuit Ft Pandora Empty #3le 11.07.19 1:26
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J'étais perdue dans mes pensées, cela peut arriver à tout le monde. Après tout je ne suis qu'une personne tout à fait normale, si l'on excepte mon côté Chimère, pour le moment invisible. Et je m'en tiens à cela. J'avais entendu plusieurs phrases, tout d'abord un mot, claquant comme la marque d'un fouet, et le deuxième une parole dans un japonais d'un niveau assez faible. Mais bon, cela ne fait rien, après tout nous ne sommes pas tous asiatiques de naissance. Je pris une bouffée de tabac, les yeux mi-clos, alors qu'elle s'assied, je la jaugeai. Magnifique sous toute apparence, difficile à dire si elle était respectable ou si elle avait plus d'un cadavre dans le placard en plus d'elle. Je m'octroyai le droit de sourire, penchant légèrement la tête. Je n'ai que faire des règles, je les dicte. Du moins c'est ce que je voudrai. Ce que j'adore faire.

Oh ? Oui, peut-être, je me demandai ce qu'il y avait d'intéressant ici, pour une pauvre femme rêvant de passer du temps loin de la pluie et des chagrins habituels de la mort.Pas facile, je l'admet, mais qu'importe. Vous êtes résidente de ce théâtre, ma belle ?

J'étais en train de jouer avec cette pipe, qui me permettait de garder contenance et précision dans mes mots, dans mes pensées. J'avais les jambes croisées, et je lissai le tissu de soie sur mon genou, enlevant une poussière, nonchalante. Je sentais l'odeur ferrée du café dans sa tasse. Et dehors, la fine pluie devint orage d'été. Un craquement plus tard, et les lumières vibrèrent dans un son électrique. J'adorai ce lieu, il me semblait aussi instable que ma personne. Et il devait regorger de monde prêts à vendre père et mère pour un peu de notoriété. Cela serait parfait, pour une proie. Mais est-ce que c'était vraiment ce que je voulais pour le coup ? Non, je voulais m'amuser.

Je détournai le regard de la femme qui était visiblement trop belle pour être une simple passante. Je regardait les moulures au plafond, les fresques parlant de la danse et d'autres choses comme les masques de théâtre synonymes de comédie et de tragédie. Je regardai où je pourrai déposer mes cendres qui rougeoyaient dangereusement. Il n'y avait rien d'intéressant. Et je n'allais pas non plus les laisser au sol, je suis rebelle, certes, mais pas au point de saloper un lieu si beau. Pulsant d'une envie créatrice, j'entendais une petite musique au loin, et les cris des professeurs de danse. Je restai rêveuse. Cela me donnait envie, je ne vais pas le cacher.

J'ai une devinette pour vous. Selon vous, le papillon, vole-t-il ou plane-t-il ?

C'était une question assez philosophique. L'on me l'avait posée quand j'étais tout juste morte. Une Chimère qui m'avait fait passer mes premières années de non vie plus qu'intéressante. Première victime aussi de mon angoisse perpetuelle de détester ce qui est trop lisse. Il m'avait bloqué, les mains sur les yeux et sa voix chuchotante dans mon oreille. « Les papillons, Noriko-Chan... Volent-ils ou planent-t-ils ? Tu es comme un papillon, Noriko-Chan. Tu voudrais voler, mais tes ailes ne peuvent supporter la charge de ton propre poids. Alors tu tentes. Tu tentes mais tu t'essouffle, et tu te fatigue. Tu ne peux bientôt plus rien faire, tu es au bout de tes capacités, et tu dois te poser, sachant très bien que tu ne pourras plus le faire. Tu es ce papillon. Et quand tu l'auras compris. » …

Je regardai du coin de l'oeil cette femme. Je ne savais pas pourquoi, mais cette nuit allait être intéressante, alors que les lumières vibraient encore, comme si un train était passé non loin et bougeait tout dans cette salle immense. J'avais le gosier sec. Sec de larmes. Mais aussi sec des rires et des joies. Je regardai toujours, je fixai ces yeux. Cette prestance, ce port altier. Cette façon de se tenir. Cette femme avait un souci. Un sérieux souci, et j'avais pour devoir de creuser. Creuser dans ses nerfs, dans sa chair pour découvrir ce que c'était ! Exaltant ! Enthousiasmant ! Cette fois-ci, je n'allais pas chuter, et devenir une guimauve ! J'allais prendre ma revanche sur la gentille fillette. Le passé.. je hais ce passé. Alors je vais le recouvrir des cendres de l'âme des gens que je rencontre.

Papillon de nuit Ft Pandora Empty #4le 12.07.19 16:19
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ombres qui dansent
Without the dark, we'd never see the stars.
Je fixe la femme qui me fait face avec intensité. J’ai visiblement interrompu le fil de ses pensées… mais une diva se fait remarquer, non ? Je lui rend son sourire, ravie de voir ses yeux glisser sur mes traits. J’aime cette sensation, celle d’être érigée sur le podium de la perfection, en première place si la mauvaise foi ne s’en mêle pas. Je me délecte des regards, quels qu’ils soient.

Portant la tasse à mes lèvres, j’écoute sa réponse. Celle-ci est étrange, empreinte d’un certain lyrisme. Est-elle dépressive ou seulement mélancolique ? Une poétesse à ses heures perdues, peut-être. Cela expliquerait sa présence en solitaire dans un lieu créé dans le but d’ériger et de rompre les murs qui séparent les individus.

Je pose délicatement la tasse dans sa coupelle de porcelaine et plante mes prunelles dans les siennes, un air amusé sur le visage.

— J’en suis l’éminente directrice, Pandora Rouché Bahatóris, j’annonce avec un orgueil non dissimulé.

J’en profite pour caler une mèche rebelle derrière mon oreille. Je ne joue pas les fausses modestes, assumant pleinement mon rôle phare au sein de l’établissement et - évidemment - mon talent.

Mes yeux suivent les mouvements de la pipe de mon interlocutrice. Ses gestes sont calculés, élégants, tout comme sa tenue. Au vu du grand nombre de mort aux âges avancés, j’imagine sans mal la femme devant moi sortir d’une époque digne des plus grands titres du cinéma sur l’époque des samouraïs, des empereurs… de l’époque d’Edo, peut-être - puisque c’est la seule que je connais, grâce aux œuvres qui y sont liées.

Je la toise d’un air plein de curiosité avant de détourner le regard pour observer les éclairs à l’extérieur du bâtiment. Fenêtres toujours ouvertes, d’ailleurs. La pluie n’ayant pas l’air de s’engouffrer à l’intérieur de la pièce pour le moment, je ne me lève pas.

La question de l’inconnue attire à nouveau mon attention sur son visage. Je demeure pensive un instant en me redressant sur mon siège pour décroiser puis recroiser les jambes, inversant leur position.

— Il plane.

Je marque une pause pour esquisser un sourire. Un néon clignote tandis que l’orage gronde.

— Il est voué à mourir, à s’écraser contre une lampe. Alors il prolonge le voyage, profite de ce qu’il a à lui offrir. Mais, en définitive, le résultat est le même.

La mort, l’oubli. L’éphémère papillon est une métaphore qui sied parfaitement au décor, dans ce monde spectral. Je termine mon café d’une traite.

— Et vous ? je lui lance. Quelle est votre interprétation du vol du papillon ?

Je suis bien curieuse de l’entendre. De connaître la réponse à cette étrange devinette. Je veux bien qu’elle désire mon avis, comme tant d’autre viennent le réclamer à mes pieds, mais une devinette, c’est…original ?

Je me redresse d’un bond sur ma chaise.

— Mais quelle mauvaise hôte je fais, je m’exclame en joignant mes mains - la parfaite comédienne japonaise, si vous voulez mon avis. Vous voulez peut-être quelque chose à boire ?

Si mes mots sont presque désolés, ma moue, elle, ne l’est absolument pas. Je sais que je mérite de passer avant le reste du monde, peu importe la situation. Ce n’est pas que je me sens mal par rapport à elle, simplement… il ne faudrait pas que l’image de l’Apóllôn ternisse à cause d’un simple souci de priorité.

Et puis, certains instants sont faits pour durer.
Surtout lorsque j’en suis l’une des protagonistes, si ce n’est la principale.

Quelques lampes clignotent. Je plisse les yeux vers le plafond. Il ne manquerait plus qu’on se retrouve dans le noir.

Dans le couloir, on peut entendre le pas d’un groupe d’élèves du cours de danse faire craquer le parquet pour rejoindre le hall principal. J’imagine qu’ils attendront que le temps se calme pour quitter le théâtre.

Je reporte mon attention sur la femme assise en face de moi. Mon regard descend vers une canne. Que lui est-il arrivé ? Dans le monde des morts, il est rare de croiser des éclopés, grâce aux potions et à d’autres solutions plus ou moins efficace.

Et je doute qu’elle ait fait une mauvaise chute dans les escaliers.

Je remonte mes yeux curieux vers son visage, attendant la réponse à ma proposition.
Papillon de nuit Ft Pandora Empty #5le 13.07.19 1:35
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Je clignai des yeux, face à une réponse qui dépassait même mes prédictions les plus folles. Je vois, c'était plus qu'intéressant en réalité. Je me penchai lentement, glissant le bec de la pipe entre mes dents, un sourire carnassier sur les lèvres. Oui, tu m'intéresses-toi. Mais avant que je ne puisse réagir, elle s'était levée d'un bond, et m'avait proposé à boire. Un minimum venant d'une directrice. Mais de là à dire éminente. M'enfin, qui suis-je pour juger après tout ? Ah, je commençai à me sentir un peu plus dans mon élément. Je suis tellement plus à l'aise avec une femme en face de moi. Je hochai la tête, en regardant ce qu'il y avait à la carte. Je pouvais prendre le sempiternel thé, mais quelque chose en moi me titillait,j'avais envie de fêter quelque chose. Mon retour aux affaires, peut-être ? De ce fait, je glissai doucement l'index et je vis un magnifique cocktail coloré. Sans barmaid ou barman, c'était fichu. Je penchai la tête, faisant une petite moue. Il y avait beaucoup de choix en réalité. Alors je me résignai en faisant un moulinet avec ma main libre, en l'envoyant au destin et choisis un café. J'avais envie de rester éveillée longtemps. Cette femme avait-elle compris qu'une partie de Shogi avait commencé dés qu'elle m'avait répondu ? Non, dés qu'elle avait osé m'approcher. Moi, une araignée qui piège les gens dans ma toile.J'avais totalement oublié de me présenter. Pas que je sois très connue, peut-être un peu plus avec l'acquisition du Ryokan et du Onsen Ao, mais après tout, je pense que ce lieu devait-être déjà largement éteint. Par un habile jeu d'ombre et de lumière, il était aisé de voir la mentalité des gens. Cette simple devinette permettait souvent de voir si les personnes en face sont combatives ou simplement résignées.

Je regardai du coin de l'oeil la chevelure, les manies de mon hôte. Quelque chose dans ses prunelles était magnétique. Autant que mes yeux de glaces, brisant le feu d'un soleil trop fort. J'étais la glace, et tu étais le feu, ma belle. Je voyais bien qu'elle fixait un peu trop ma nouvelle canne. Je haussai les épaules, en tapant de celle-ci sur le sol, d'un geste théâtral, alors que les lumières vibrèrent et l'orage craqua un coup supplémentaire. Oh, ce sens du timing, je suis tellement heureuse de pouvoir à nouveau expulser mes relents chaotiques. Cette fois, Ni Grand mère Donia, ni la gentille bouille de Hirano-san, personne ne m'empêchera d'être diabolique !

Pour ma part, le papillon cherche juste la liberté et fuit son destin, il tente par tout les moyens de mettre une distance avec ce qu'il sait une mort proche, il se débat, tente de partir et voler, oui, il s'épuise, par peur. Il a tellement de prédateurs, il sait qu'il est éphémére, et butine, fonce, et tente de s'élever, lui qui rampait au sol, trop heureux d'avoir cette chance, mais effectivement, il est voué à chuter, à choir, et mourir bêtement, après quelques heures, quelques jours, qu'importe, il est la preuve que nous courrons après un idéal que nous n'avons pas à portée de main. Votre réponse, est d'autant meilleure, qu'elle me semble en contradiction compléte avec ma mentalité. J'aime ce genre de défi. En réalité, l'on m'a souvent reproché de vouloir faire voler ce papillon qui est notre âme. Vous l'ignoriez sans doute, mais au Japon, nous aimons transfigurer cette âme dans un papillon écarlate. Vous avez dû en entendre parler, au minimum. Car je me doute que vous n'êtes pas née d'hier. Ni d'avant-hier d'ailleurs.

J'allais ajouter, « vous semblez bien trop intelligente pou cela » mais je me suis retenue. Ne dévoilons pas toutes les cartes en une seule fois, sinon, le jeu ne sera pas aussi savoureux. Je regardai du coin de l'oeil une femme accourir a côté de la directrice, elle chuchotait mais n'avait pas pu être discréte. Le groupe de danse qui prenait des cours était bloqué, et demandait à pouvoir venir ici pour prendre une petite collation, afin de se réchauffer. Réchauffer ? Il ne faisait pas froid pourtant. Je regardai cette femme, petite, maigre, et encore en tenue. Intéressante, mais sans plus. Juste un second couteau. Je tirai doucement le obi, noué sur le devant. J'aurais dû faire attention mais qu'importe. Cette personne, visiblement japonaise, et de la même époque, ou si peu après, murmura « Vous devriez pas approcher d'une telle femme. Les Courtisanes de mon époque, vous savez, sont dangereuses. De vraies tueuses, pour certaines. »

Ah... Y aurait-il deux personnes intelligentes ici ? Mh, cela en fait une de trop alors...
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Il y a autre chose, dans ma vision du vol du papillon, qui fait sens à mes yeux, une autre métaphore, bien plus belle encore, puisqu’elle est pour moi. Loin d’être un échec, un papillon porté par son espérance, ses espoirs bientôt brisés, je suis la lumière. J’ai appris à ne plus être le papillon, pour renaître de mes cendres nécrosées, appris à n’être que lumière, éclat, un phare dans la mort.

Je ne suis plus un papillon.
Plus maintenant.

Ma réponse lui décroche un sourire. J’arque un sourcil interrogateur, désireuse de savoir ce qu’elle a à dire sur ce sujet. Elle se contente d’abord de demander un café - en vérité, j’aurais voulu qu’elle ne commande rien, pas friande d’être au service des autres - que je lui fait rapidement, l’arôme doux des grains se rependant peu à peu dans la pièce.

Coupelle et tasse posées sur la table, devant elle, je me rassois pour l’écouter. Ce n’est pas que ce qu’elle dit m’intéresse, loin de là, mais elle a une étrange manière de me regarder. Et ça me plait. Ce n’est pas vraiment une lueur de défi qui passe dans ses prunelles, mais bien une suffisance à peine contenue, doublée d’une certaine curiosité, peut-être - après tout, qui ne serait pas fasciné par moi ? -, à mon égard. Mais plus profondément encore, il me semble trouver dans ses traits quelque chose d’inquiétant. Un relent de menace.

Loin de m’en inquiéter, j’en frissonnerais presque.
Je porte à nouveau la tasse à mes lèvres pour en terminer le contenu, tout en l’écoutant prendre la parole à son tour.

Le papillon se transforme soudain en métaphore de la vie, petite chose éphémère à l’échelle de l’univers qui tente tant bien que mal de s’accrocher, de battre des ailes pour survivre, pour voler de ses propres moyens.

Un sourire mutin se dessine sur mes lèvres.

— Au temps pour moi, je croyais que ce papillon était blanc. Pur et immortel. Il me semble que vous aimez énormément les symboliques, dans ce pays.

En vérité, dans mon pays d’origine, le papillon blanc a lui aussi une forte symbolique. Il incarne la psyché, l’intérieur des êtres. Je doute donc qu’il soit véritablement blanc. Puisque l’intérieur des humains est souvent noirci par le temps, à mesure que leurs contours extérieurs se fanent pour disparaître comme les papillons s’écrasent au sol.

Je croise mes jambes et vient poser mon menton sur mes doigts entrelacés. Postures que vient déranger l’une de mes collègues, une danseuse d’origine japonaise au travail impeccable. Moyennement ravie à l’idée d’être dérangée, je pousse un long soupir avant de donner mon accord d’un geste de la main.

— Faites, faites. Mais juste le nécessaire, nos fonds ne sont pas illimités.

Mais son regard se porte ensuite sur mon interlocutrice en kimono. Il se durcit, pour finalement revenir vers moi. Mes yeux glissent à nouveau vers la jeune femme assise en face de moi, à l’écoute de l’avertissement de ma collègue. Une courtisane ? Ça signifie qu’elle doit être âgée, mais je suis incapable de deviner l’époque à laquelle elle appartient.

J’ai un léger haussement d’épaules désintéressé. Comme si l’histoire du Japon m’intéressait, outre les bases nécessaires à l’élaboration des spectacles.

Mes doigts viennent se poser sur l’avant-bras de la danseuse, à la fois doux et ferme, pour la rassurer et lui rappeler que je n’ai de conseil à recevoir de personne, encore moins ici.

— Allons, allons, la mort à déjà frappé à ma porte, je rétorque dans un sourire, ne vous en faites pas, je suis assez grande pour me défendre toute seule.

Surtout face à une éclopée, courtisane meurtrière ou pas.

Elle n’a sans doute pas remarqué la canne de la jeune femme, mais dans le genre menaçant, j’ai connu bien pire que cette soi-disante courtisane. La danseuse opine du chef, peu rassurée par mes paroles, avant de faire entrer ses élèves dans la cafétéria.

Adieu quiétude nocturne.

Mes prunelles dansent sur les visages, scrutent les mouvements des nouveaux-venus, tandis qu’un sourire factice répond aux salutations. Finalement, je reporte mon attention sur la jeune femme pour planter mon regard dans le sien.

— Vous croyez au destin, donc ? je reprends.

Il y a toujours cette lueur carnassière au fond de ses prunelles, dont j’ai envie de connaître la signification, plus pour mon amusement personnel que par intérêt, cela dit, quoi qu’en apparence, ce ne doive pas être si évident à déceler que ça.

— J’ai tendance à ne pas croire aux chemins tracés à l’avance, pour ma part. Je marque une pause, mon sourire s’accentuant. C’est bien trop facile.

Je préfère tout contrôler.
Papillon de nuit Ft Pandora Empty #7le 17.07.19 23:05
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Est-ce que je crois au destin ? La question était toute trouvée, en réalité, mais la réponse méritait une clarification. Cependant, je n'avais nullement envie de la donner. Outre le fait de cette danseuse qui a bien reconnu mon accoutrement, en même temps, je ne le cache pas, j'y voyais une défiance supplémentaire de la femme en face de moi. Plus ça pense voler haut, et plus la chute est douloureuse. Voilà, la vraie signification du papillon selon moi. Le destin, ah, quelle belle blague. Oui, le fil rouge de ce dernier peut relier deux personnes, mais honnêtement, je n'ai jamais trouvé cette dite personne. Et aucune de mes obsession n'avait pour vocation de finir dans ma couche. Loin de là, en réalité, je voulais surtout les briser. Les faire ramper devant moi. Cela ne tient pas à débat. Je suis une femme mauvaise, après tout.

L'on parle de destin pour signifier une sommes de coincidence étranges, qui sont parfois implacable. Destin, pour moi, c'est un grand mot, magnifique, auréolé de lumière. Mais quand je vois ce genre de mot, j'ai envie de le teindre du noir de jais le plus sombre.

Je buvais alors la tasse, savourant le parfum, le nectar ferreux auquel il correspond. Puis une fois cela fait, je dépose la tasse, ainsi que la soucoupe, et me redresse, je m'éloigne vers le comptoir, où cette femme me suis du regard, jusque revenir. Elle avait peur pour la directrice ? J'en suis fort aise. J'effleurai doucement le bout du fauteuil, avant de me pencher sur elle, un doux parfum embaumant mes narines, je regarde là où je me trouvai auparavant, sussurant à l'oreille de mon interlocutrice.

Cela vous géne, ces regards, ces mains tendues vers vous. Cela vous gène car vous voudriez que celles-ci prennent soin de vous. Prennent en considération que vous êtes unique. Implacable que vous êtes, et digne de toute lumière. Rassurez-vous. Ce commun des déjà morts ne peuvent voir l'étendu de la puissance et de la conviction d'une personne telle que vous.

Mes doigts remontaient le long du tissu, pour se déposer sur son cou, mes doigts, chauds, à cause de cette tasse, c'est tout ce qu'il me fallait. Je déteste avoir les doigts froids quand je manipule de la sorte. Sentir le fait d'être insondable. Impérieuse, et intouchable. Pas un mot plus haut que l'autre, pas une syllabe dite sans réfléchir, mais de façon tellement sincère qu'on ne peut pas savoir si je dis vrai, ou si j'enjolive. Cela faisait longtemps, et j'y prenais un malsain plaisir. De plus, je trouvai le contact très plaisant étrangement.

Nous pourrions continuer cette soirée plus autre part. Je peux faire quelques pas sans cette canne. Pas grand chose cependant, mais après tout. Nous sommes ce que nous voulons. J'ai voulu passer du temps ici. Ce n'est le destin qui m'a fait me lever et vous toucher de la sorte. Une personne de valeur se doit d'être au delà des préjugés. Et j'admet, qu'il m'est plaisant de vous parler.

Je laissai ensuite cette sensation à plus tard, repartant vers la canne, faisant dos à celle que j'avais franchi de mes doigts, cette peau qui marquait la frontière entre le conscient et l'inconscient. Le plus dur était fait. Il fallait maintenant faire maintenir cette sensation, en créer un manque, et tout serait parfait. J'ai en face de moi une personne ayant un sérieux don pour ce qu'elle fait. Et une autorité naturelle. A dire vrai, cela me plait. Sans doute plus que je ne le pensai. Prenant cette canne, je vis la danseuse revenir et s'interposer. Elle avait tout d'une parfaite petite poupée.

Je ne le connaissais. Ayant la mémoire que j'ai, je l'aurais reconnue. Mais elle prit de l'élan pour me gifler. J'aurais pu la bloquer, mais je décidai de ne pas le faire. Ce bruit se répercuta, et toute la salle se stoppa dans un silence complet, uniquement brisé par le tonnerre qui craqua une fois de plus.

« Comment oses-tu... Retournes de là d'où tu n'aurais jamais dû partir !! »

Les cheveux devant les yeux, mais le sourire aux lèvres, j'avais une réaction des plus agréable à voir. De la possessivité. Doux poison qui s'insinue dans les pores de la peau. Doux poison qui créer le manque, et la haine. Tout ça pour quelques centimètres de peau nue. Les humains sont de parfaits petits soldats au garde-a-vous, qui savent parfaitement tirer les ficelles de ce monde pour le détruire.

« Si tu la touches encore une fois ! »

Mais je ne répondis pas. Je restai de marbre, souriante. Un œil clos, et ce sourire, carnassier. Elle stoppa de parler après un moment. Je n'avais rien senti. Bien sûr, elle ne pouvait le savoir, que depuis que je suis transformée en chimère, seule ma forme initiale me permet de ressentir douleur et autres mauvaises choses du genre. Elle recula, en me traitant de monstre. Elle grogna et s'éloigna un peu. J'aurais pu être cruelle, et en profiter, mais cela aurait été comme tirer sur un animal déjà mort. Je me retournai vers la directrice, et je penchai la tête.

Où en étions-nous, avant d'être interrompue?
Papillon de nuit Ft Pandora Empty #8le 18.07.19 22:59
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ombres qui dansent
Without the dark, we'd never see the stars.
La réponse que mon interlocutrice m’accorde m’arrache un petit ricanement. Qu’est-ce que c’est que ça ? Encore un personnage qui voit le monde au travers d’un filtre noirci. Heureusement que je suis là pour éclairer sa sombre existence - le don de soi, il n’y a rien de plus beau.

Mon regard se perd dans le vide, s’accrochant aux vitres sur lesquelles la pluie tombe doucement en une mélodie envoutante. Je ne relève les yeux que pour les poser sur la jeune femme, qui s’est levée pour se pencher vers moi. Je plante mes billes or dans les siennes au noir infini, tout en arquant les sourcils, attendant la suite. Sans aucun respect des conventions - et c’est tant mieux, je déteste les manies japonaises -, elle rompt l’espace qui nous sépare pour glisser quelques mots à mon oreille.

J’échappe un léger rire en entendant ses propos. Ce n’est qu’à moitié vrai. Bien sûr que j’ai conscience d’être au-dessus du commun des morts, d’être une étoile unique méritant d’être érigée au rang de soleil, m’étant élevé jusque-là à la seule force de mes muscles et de ma volonté. De ma conviction comme elle vient de le deviner.

En revanche, les regards ne m’ont jamais gêné. Je m’en nourris, qu’ils soient empreints de curiosité, d’intérêt ou de haine. J’aime sentir leur poids sur ma nuque, lorsque je marche dans la rue, j’aime sentir les feux des projecteurs braqués sur moi, j’aime constater que je suis unique. Et je suis loin de m’en cacher.

Se pense-t-elle si spéciale pour avoir décelé tous les mystères de ma personnalité en un simple échange ? Je suis curieuse de le savoir, de comprendre le sens caché de ses mots. Tandis que je n’ajoute rien, sa main passe du fauteuil à ma nuque. J’ai l’habitude des gens tactiles, comme avec Merle, mais c’est toujours agréable, surtout lorsque la pulpe des doigts est aussi chaude, réchauffée par la tasse, certainement.

Je me contrefiche de savoir si ses mots sont sincères, en vérité. Le fait est que les entendre effleurer ma peau me ravi, comme toujours. Je me doute cependant qu’au terme de courtisane, il faut allier « tromperie », « esprit », « sournoiserie ». Mais je n’en ai pas grand-chose à faire, piquée dans mon intérêt et enorgueillie par ses mots. Et puis, qui pourrait lui en vouloir, après avoir passé tout une vie - certainement - à lutter pour sa survie au sein d’une cour.

Et il y a quelque chose de menaçant dans son geste, dans le contact de ses doigts contre mon cou, tout comme dans son regard, loin des tentatives de séductions. Elle va au-delà de ça, quoi qu’elle ait en tête.

A sa proposition, je coule un regard en biais au groupe qui s’installe tranquillement aux tables. Mhm, aimait-elle l’ambiance intimiste d’avant ?

— Bien sûr qu’il est plaisant de me parler, je rétorque en me levant, un sourire suffisant s'étirant sur mon minois violet.

Alors que je ramène les tasses du côté du bar, le bruit d’une gifle - et le silence qui s’en suit - me fait sursauter. Du regard, j’en cherche l’origine, tombant immédiatement sur ma collègue et la jeune femme.  Je lève les yeux au ciel. Qu’est-ce que c’est que ça encore ?

Les tasses claquent contre le comptoir. Les paroles de la danseuse - Momoko - se font venimeuses tandis qu’elle reste plantée devant mon interlocutrice pour la soirée. Je me rapproche de la scène, mes talons claquant contre le sol.

Mes deux prunelles dorées scrutent les deux personnages sur lesquelles toute l’attention semble focalisée. Même si je ne peux que me réjouir que l’on se batte pour moi, je n’ai pas pour habitude de cautionner la violence, encore moins dans mon théâtre, sous mon autorité, et face à une flopée d’apprentis danseurs.

— Momoko.

Ma voix prononce à quelques syllabes, mais elles fendent l’air sur un ton impérieux, dévoilant sans mal l’ordre qui se cache derrière. La danseuse se retourne pour se planter devant moi. Je lève une main pour la plaquer sur sa joue, plantant mes yeux durs dans les siens quelque peu affolés.

— Momoko, je reprends froidement, d’un japonais soudain parfait, celui de ma colère. Tu sais que je n’aime pas que l’on ternisse l’image du théâtre, je susurre, alors tiens-toi à ta place. Si je veux de tes conseils sur les personnes à qui je dois ou non adresser la parole, je te sonnerai. D’ici là, n’interfère pas dans ma vie, tu seras mignonne.

Mes doigts se détachent de sa joue. Sans doute ne s’attendait-elle pas à ce que je défende une inconnue - et une ennemie, visiblement -, mais il est hors de question que je la laisse agir à sa guise alors que cela peut avoir un impact néfaste sur mon théâtre.

Je reporte mon attention sur la courtisane à l’origine de cet éclat imprévu, scrutant sans gêne ses traits en entendant sa question.

— Venez, à partir de cet étage, nous pouvons accéder aux loges de la salle de spectacle. J’ignore si vous apprécierai l’architecture à l’italienne mais c’est un endroit ravissant, vous verrez.

A ces mots, je passe devant la jeune femme pour la conduire au niveau du vestibule du premier étage, à partir duquel l’on peut accéder aux loges supérieures, qui surplombent le cœur de l’Apóllôn, décorées de teintures rouges et meublées de confortables fauteuils, le tout dans un endroit où l’art européen apparaît dans toute sa splendeur.

La salle de théâtre est à peine éclairée, et vide de toute présence. Je conduis la jeune femme au niveau du milieu de la salle, pour qu’elle ait une vue imprenable sur l’ensemble.

M’asseyant, je reprends la main.

— Navrée pour ma collègue, je ne sais pas ce qui lui a pris… je commence d’un air à peine intéressé, avant de continuer avec un sourire narquois : néanmoins je suis curieuse de savoir ce que vous avez bien pu faire pour la mettre dans un état pareil.

J’arque un sourcil un brin provocateur, attendant sa réponse.
Papillon de nuit Ft Pandora Empty #9le 21.07.19 3:59
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Je me laissai trimballer comme une petite fille un peu partout, m'émerveillant sincèrement devant tout ces décors. L'Italie me faisait irrémédiablement penser à Chiara Vecchietti. Je me demandai si elle avait vu beaucoup de lieux de ce style durant sa vie et sa mort. Je restai pensive tandis que les sombres strates du théâtre m'engloutirent. J'avais perdu la main, autant que j'avais reçu cette gifle. De toute évidence, je m'étais trompée sur la mentalité de la directrice du lieu. Cependant, je regardai mes doigts, encore chauds de ce contact. Mes yeux d'un bleu glace,se plissèrent un instant en entendant sa phrase, puis je penchai la tête, sans sourire ni quoi d'autre, laissant mon visage telle celui d'une poupée. Je réfléchissai à deux fois avant de répondre. Devais-je dire la vérité ou broder un doux mensonge.

Momoko, je ne me souvenais pas d'un tel nom. Mais peut-être que quelqu'un que je connais la connais effectivement. Après réflexion, je joignis les deux mains, poussant mes doigts les uns contre les autres, visiblement ravie. Je m'approchai pour atteindre le bord et profiter de la vue. Cela me permettait de faire durer le temps entre ma réponse et la possibilité d'avoir ce que je voulais.

C'est magnifique. Vraiment pouvoir travailler dans un tel lieu doit être enchanteur. Je suis sensible à ce qui est artistique. Mais je pense que vous vous en fichez, vous avez trouvé un nouveau jouet en ma présence. Je vais être franche, vous êtes le mien. Mon nouveau petit jouet. Et je dois admettre que je ne suis pas déçue...

Je déposai mon index encore chaud sur mes lèvres. J'éclatais d'un doux rire en m'asseyant à mon tour, jouant un peu avec le nœud du obi, avant de me pencher à nouveau, tapotant sur le bord afin de remettre en place un peu de tabac dans la pipe. Je l'observai, dominatrice. Créative et sans aucun doute fière. Peut-être trop, mais qu'importait. Cela me plaisais. Ce n'était pas une joute que j'en avais l'habitude. Non, c'était intéressant. Au fond de moi, dans ce ventre, fourmillait un millier de papillons de nuit J'avais dans les oreilles l'écho de mes propres pensées. Oh oui, elle me plaisait énormément.

Alors voyons-voir, pourquoi cette.. Comment vous l'avez nommée déjà ? Ah oui, Momoko. Cette femme doit venir de la même époque que moi. Et disons qu'à mon époque, les femmes nouant leur Obi de la sorte, étaient des Courtisanes. Nous vivions dans un quartier enclavé. Aussi nous ne pouvions voir l'extérieur. La beauté de ce lieu ? Jamais je ne l'aurai vu. Votre beauté ? Encore moins. Bien que nous étions faites pour être d'une beauté incomparables, nous devions surtout être... mh.. Consommable...

J'aurais pu dire les mots de façon crues, et lui jeter au visage comme un cœur sanguinolent, mais je n'avais pas envie. Je voulais m'amuser encore un peu. Peut-être une Yûjo avait volé le cœur de son homme, ou de sa femme, qui sait. Peut-être qu'une Oiran lui aura dit sa façon de penser sur ses capacités à danser ? Qu'importait en réalité. C'était entre elles. Moi, j'avais mon petit chien en face de moi, et sans doute pensait-elle la même chose, à voir son visage, ses yeux ensoleillés. Moi aux yeux bleus, elle aux yeux dorés. Le Yin et le Yang. Et pourtant je me sentais absolument pas mise à nue. Pas de suite du moins. Je sentais son regard, impassible, je sentais son intérêt, sentait-elle le mien ? J'expulsai un nuage de fumée couvrant mon visage, cette fois. Fausse modestie, fausse timidité. Je fermai les yeux ensuite, et baissai la tête lentement.

Je ne suis pas ce que le Japon fait de mieux. Mais je peux vous dire que je m'en sors pas si mal. Oh n'y voyez rien de malicieux.... Je suis là pour passer des bons moments, et vous m'en donnez plus que vous ne le pensez, ma belle...

Je ne pouvais m'empêcher de regarder autour de moi, pensive, non, plus que ça. Admirative. Oui, c'était le mot, j'étais en admiration compléte. Je ne pouvais cependant m'empêcher de regarder, encore et toujours ce visage. Le reste du corps ne m'intéressai pas. Je ne suis pas attirée par les relations charnelles. Bon, je sais les utiliser à bon escient, puisque c'était mon travail après tout. Mais mon simple plaisir se trouve dans les mains, les souffles, les regards. Un simple contact, parfois suffit à un torrent de  bonheur. Et une parole bien cassante me fait passer dans un état extatique. Elle avait de quoi faire, cette personne. Je voulais me perdre dans mes ténèbres, et emporter quelqu'un avec moi... Mais le faire c'était une chose, batailler pour en était une autre, manipuler est un ressort utile, mais le faire avec l'accord de la personne en face. Quel bonheur ce serait en réalité.

Je regarde ma posture, celle-ci ressemble encore à s'y méprendre à celle que j'avais, quand petite fille, j'attendais que mes sœurs arrivent pour les changer, les laver et préparer leur repas. Incorrigible Noriko.. je passai lentement ma langue le long de ma lèvre supérieure, pensive, me laissant porter par ce regard incendiaire.

Alors voyons maintenant ce qui va nous faire porter aux nues cette nuit d'orage. Car visiblement, tout semble réuni pour faire de ce moment quelque chose.. Électrifiant. Je suppose que vous n'êtes pas directrice pour faire jolie, bien que ce soit le cas. Non, vous avez sans nul doute des capacités hors norme. Allez-y, croyez que je vous brosse dans le sens du poil, c'est le cas. Je vous flatte. C'est expressément que je le fais. Sincère ou pas, libre à vous de vous poser la question. Certains y verraient un action ou vérité, je préfére dire : Sincérité ou politesse. Alors cela vous dit de jouer à ce petit jeu entre nous en attendant que la soirée prenne plus de charmes encore ? Je compte bien vous laisser sortir de ce lieu dans un état que vous n'aurez jamais encore eu, ma belle... Je ne sais si vous êtes dominatrice, mais je le suis. Et avec plaisir, j'aime mettre à ma botte les gens que j'apprécie. C'est pas de la méchanceté, je ne pense pas. J'aime voir ces visages se tordre quand je fais d'eux mes choses, même l'espace de quelques minutes. Même si la vapeur se renverse immédiatement ensuite. J'aurais eu ce que je veux. Je ne dirais pas que j'ai toujours ce que je veux, ce serait prétentieux. Mais je sais que je vous veux, cette nuit.

Je posai doucement la pipe entre mes lèvres, et écoutai au loin un craquement. L'orage continuait. J'entendais aussi les échos des gens cherchant à savoir s'ils pourraient bientôt sortir. Non. Clairement non, vous ne pourrez pas. Je ne contrôle pas le temps qu'il fait, mais j'avais l'habitude de ce genre d'orage. Il dure, longtemps. Très longtemps même, cela nous laisse tout le temps pour nous amuser. Je déposai alors les pieds au sol, et d'un commun accord, je déposai un peu plus loin la pipe, qui continuait de consumer les herbes illégales, laissant une odeur relaxante dans la pièce. Je me sentais bien mieux, plus calme, plus joueuse que jamais. Vas-tu danser avec moi, ma belle ? Le tout est de ne pas se brûler à la lumière du regard des autres. Même si je m'en fiche. Si tu mises toute ta vie sur ta réputation, cela risque d'être immonde. Oh que j'aimerai que ton employée revienne plus tard, une fois que le jeu aura pris de l'intensité...

Maintenant que les règles sont énoncées, vas-tu tenter de me dominer ? Oh ce serait superbe. Une danse morbide, un nuage de ténèbres qui nous enveloppe. J'ai tellement envie d'en prendre chaque goutte, d'en profiter de le boire jusque la lie. Cela va me plaire, de toute façon, quelle que soit l'issue de cette discussion.
Papillon de nuit Ft Pandora Empty #10le 02.08.19 10:49
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ombres qui dansent
Without the dark, we'd never see the stars.
L’endroit transpirait l’art. Que ce soit par les vieux bas-reliefs restaurés, les coussins de feutre rouge ou l’odeur du bois, rien n’était laissé au hasard. Le lieu, tout comme le spectacle qui s’y déroule, fait partie de l’artifice destiné à transporter le spectateur.

A ma question, elle ne répond pas immédiatement, mes mots planant dans l’air entre nous sans vraiment disparaître. Mes yeux curieux passent du tissus de son kimono à la main pâle qui tient avec autant de délicatesse que de fermeté une longue pipe.

Le mouvement de ses mains me pousse à relever le nez vers son visage et ses prunelles claires. Je ne m’étais pas tant que ça attardée sur les détails de son visage, mais ses deux billes perçantes ne sont pas communes, encore moins chez les Japonais, ajoutant à son visage de porcelaine le froid d’un blizzard d’hiver.

Sa voix vient finalement rompre le silence, envahissant l’espace comme une bourrasque de printemps, doucereuse par les pétales qu’elle sème sur son passage et glacée lorsqu’elle finit par s’engouffrer sous le col d’une chemise trop légère.

Je la toise d’un air narquois, un sourire carnassier étirant les commissures de mes lèvres. Je m’enfonce confortablement sur le siège, croisant les jambes tandis que mes bras viennent épouser toute l’amplitude de mon fauteuil dans une attitude impériale.

— Un « petit jouet » ? j’arque un sourcil interrogateur. J’ose espérer que ce n’est pas tout ce dont je représente à vos yeux. Je marque une pause plantant mes orbes pétillantes dans celles brûlantes d’un feu glacé de mon interlocutrice. Je pense valoir plus que ça. Vous aussi, j’en suis persuadée, vous m’avez trop complimentée pour me voire comme une vulgaire poupée de chiffon.

Je lève une main devant mes yeux, dérobant un instant mon visage à sa vue, et fait mine de la détailler, avant de la reposer doucement sur son accoudoir. Je cille, avant de relever le nez.

— Je suis faite de la plus précieuse des matières. L’art.

Mes ongles s’enfoncent légèrement dans le fauteuil tandis que je rive un regard amusé vers la jeune femme. N’est-ce pas justement pour ça qu’elle m’a suivi au cœur de mon antre, de ce lieu qui reflète si bien - sans que grand monde s’en doute - mon propre intérieur, la passion qui fait palpiter mon cœur mort depuis déjà bien longtemps.

L’art est tout pour moi. La danse est ce qui me motive. Je suis l’art. C’est une certitude que j’ai acquis avec les années, puisque tout ce que je suis aujourd’hui est basé là-dessus : mon cœur est en soi une œuvre, de celles que seuls les gens comme Thanatos peuvent apprécier, tandis que mes prunelles ne rougeoient que pour la gloire et le succès, les étoiles garanties par le feu des projecteurs et le flash des appareils photos.

Je ne m’encombre pas de fausse modestie, dévoilant librement mon avis à la jeune femme, certaine que c’est là bien ce qu’elle a vu en moi. Que elle aussi fait partie des quelques personnes à même de reconnaître le plus fin des parfums dans la masse informe des fleurs colorées.

Je l’écoute répondre finalement à ma question. Elle parle d’une époque révolue, de ce qui s’apparente à un gynécée - un harem ? -, sans pour autant que je ne sois en mesure de faire le lien entre ces informations et l’attitude de Momoko.

Mes yeux viennent se poser sur son obi - pièce du costume traditionnel que je sais reconnaître grâce aux ballets - avant de revenir vers son visage. Consommable ? Oui, c’est un peu à ça que sert une courtisane, non ? J’ai du mal à saisir la subtilité derrière ses mots, s’il y en a une.

La suite m’arrache un léger rire. Si elle se sent satisfaite ainsi, pourquoi ne pas la laisser faire ? Je n’ai pas pour habitude d’être considérée comme un sujet, mais si c’est sa façon ne m’accorder son attention et son intérêt, je n’ai rien à perdre. Au contraire, je suis avide de découvrir par quels moyens elle se révèlera capable de chercher à me maintenir sous sa coupe.

Je me penche en avant, faisant reposer mon menton sur le sommet de ma main, le coude fermement enfoncé dans l’accoudoir gauche.

— Je vois, qu’importe qui vous êtes aux yeux de Momoko, au fond, je doute que sa gifle, des années après, soit véritablement justifiée. Je marque une pause, clignant doucement de mes longs cils. Je veux bien vous laisser me prendre pour un jouet. Mais je suis un jouet de luxe, difficilement satisfait, je me dois de préciser.

Je me fends d’un sourire mutin.

Je n’ai aucune idée de ce qui se trouve derrière ces vitres bleues, aucune idée de ses arrières pensées ou de son but caché, me laissant volontairement porter par le flot de ses mots et de ses gestes. Chacun de ses mouvements me rappelle les miens, toujours dans ce minutieux calcul qui caractérise les personnes désireuses de maintenir un contrôle absolu sur tout ce qui les entoure, qu’il s’agisse de l’espace, d’objets ou de personnes.

Qu’il est bon de trouver quelqu’un de semblable parmi l’insondable masse de l’humanité.

Elle a une expression que je ne comprends pas, mais je ne m’en formalise pas, saisissant l’ensemble du sens dans sa phrase. J’arque un sourcil surpris en l’entendant me jeter des fleurs, non sans départir de mon fin sourire.

Sincère ou pas ? Je n’en ai rien à faire, pour peu que tes yeux s’incrustent sur ma peau, la question ne me traversait même pas l’esprit. Si elle s’attendait à quelque preuve de fausse modestie, je n’en fait rien, c’est loin d’être mon genre, assumant pleinement mon égo et mes compétences.

La suite de sa tirade m’arrache un sourire ravi. Voilà quelqu’un qui n’a pas sa langue dans sa poche et ne s’embarrasse pas des formules de politesses. Je ne sais pas quelle promesse - ou menace - se cache derrière les mots qu’elle susurre, mais c’est là tout l’intérêt. Si elle cherche à me mettre en appétit, à attiser ma curiosité, c’est réussi.

Je me penche vers elle, m’avançant sur mon siège. Mes cheveux viennent s’écouler en cascade pour encadrer mon visage d’un flot d’un violet profond.

— Dans ce cas je vous mets au défi de m’obtenir, je lui réponds sur le même ton mêlé d’amusement et d’intérêt, comme je vous l’ai dit, je suis extrêmement difficile à satisfaire. J’aime vos flatteries, je vous encouragerais même à continuer, mais il faudra plus que ça, bien plus que ça, pour me dominer voyez-vous. Je ne suis pas quelqu’un que l’on met facilement à sa botte, mais je serais curieuse de découvrir ce que vous pourriez tenter de faire pour réussir cela.

Dans ma voix vivre la provocation autant qu’elle danse au fond de mes prunelles dorées.

Moi, Pandora Rouché Bahatóris, dominée ? Je donnerais cher pour voir ça.

L’orage d’été qui se fracassait à l’extérieur n’est pas la seule chose à l’origine des frissons qui me parcourent actuellement l’échine.

Je me redresse, sans pour autant reculer dans mon siège.

— Peut-être voudriez-vous confirmer vos hypothèses ? Je ne suis pas qu’une directrice, je suis danseuse, j’imagine qu’on peut le deviner en s’attardant aussi longtemps que vous sur moi.

J’arbore un sourire en coin.

— Quant au reste, si oui ou non je me range à vos côtés dans la domination, je pense que vous le découvrirez bien assez tôt.

Bien sûr que je veux danser.

Surtout lorsque la chorégraphie s’annonce aussi furieuse.
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