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Le premier péché
Viktor Von EisenHändler
zombie

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zombie
Terminé #1le 19.04.19 1:20
Le premier péché
Que restera-t-il de nous? La question obsédait Viktor, depuis bien trop longtemps. Depuis la perte d'un ami. Viktor dessinait encore aujourd'hui, mais le décor ne lui inspirait aucun trait joyeux. Des lourdes courbes, des traits grossiers, un éclairage malsain et des figures métaphoriquement macabres. Si on lui ôtait sa haine et sa joie, il n'avait que la solitude à représenter. Il était debout, depuis six heures, transpirant à grosses gouttes sous la chaleur oppressante d'un soleil mesquin, qui prenait un plaisir probablement infini à tourmenter un vieil homme. Il dessinait, disait-on, mais pas n'importe où ni n'importe quoi. Une clairière perdue dans les tortueux chemins inconnus d'une forêt perdue en plein cœur du Brésil. Un pèlerinage qui rappelait à Viktor son devoir de mémoire, on ne doit pas oublier les anciens, et encore moins la sagesse qu'ils nous ont légué. C'était devant une grotesque croix démesurée en marbre que la mine du crayon dansait, il fallait honorer le lieu avant que des ignorants s'amusent à souiller la sépulture pour combler le vide de leur seconde vie. Le dessin était magnifique, un chef d'oeuvre parmi les quelques ouvrage achevés du perfectionniste.

Un soleil parmi les bougies, c'est comme ça qu'il appelait son ami.

Il ne dessinait pas les meilleurs instants de leur brèves rencontres, ni un portrait flatteur à outrance, il ne dessinait que ses propres échecs, ses trahisons, et un magnifique jeu de plateau. Le canevas racontait une histoire, le seul regret d'un sage vieux de 950 ans, une banalité qui lui a hanté d'innombrables nuits, un triste événement qui ont fait de lui la carcasse sans âme qu'il était. Ce dessin était bien plus qu'un assemblage de matière, c'était une scène, d'un récit, une histoire, qui racontait le début et la fin pour quiconque savait interpréter les différents codes graphiques, une histoire que personne d'autre ne méritait d'entendre.

Comme toutes les histoires, elle à un début, et celui-ci est bien banal. Cela remontait à une vieille époque, des temps oubliés, rongés par l'inexorable marche du temps. Une invitation, il n'en fallait pas plus pour détruire la vie d'un homme. On avait invité Viktor, alors vieux de 368 ans, encore fier nomade, déjà triste zombie. Il ne s'était pas fait de nombreux amis, mais un ancien noble mort empoisonné avait réussi à faire émerger de terre un château tout en faisant la connaissance de notre protagoniste. Il n'y avait de plus belle activité pour inaugurer telle bâtisse qu'une fête, mais les hommes raffinés ne se retrouvaient pas tous au monde des morts à l'époque, et c'était sans trop de déception que le dit comte n'avait pu quémander la présence que d'un seul homme.
Il était là, Viktor le jeune, devant les lourdes portes en bois d'une muraille, encore moderne pour l'époque, avant qu'un nécromancien qu'il avait déjà croisé ne daigne l'inviter. Le comte ne vivait seul bien évidemment, il n'aurait jamais su se nourrir par lui-même, et quelques hommes de mains amenés en cette forteresse pour des raisons inconnues saluaient le passage du colosse avec des signes trop familiers à son goût. On lui faisait faire rapidement le tour du château, avant qu'il n'aille retrouver sa vieille connaissance, mais un objet attira son attention. La partie supérieure d'une simple en bois, accompagnée de sa partie inférieure, tenue plus loin par des filaments des fer dans une luxueuse vitrine. Franchement inintéressante, ces communes pièces d'artisanat étaient supposées en contenir une autre, bien plus merveilleuse. Un plateau, pour le très vieux jeu des échecs, magnifique, avec des pièces en argent et en onyx, chacune ayant son propre joyau brut, chacune était par conséquent unique et somptueuse.
Les deux rois exposaient avec fierté de superbes saphirs, les reines des perles authentiques, les tours des turquoises, les cavaliers des rubis, et les pions des topazes, chacune de ces pierre étant un éclat tiré directement d'une mine et gardé intact. Tous ces joyaux ne surprenait pas Viktor, qui maîtrisait depuis belle lurette le langage des pierres, mais quatre reflets du plateau le figèrent sur place.
Les fous arboraient des diamants. Viktor connaissait l'origine de chaque pièce sur le plateau, et celle qu'on appelait aujourd'hui le fou représentait en réalité un éléphant monté, mais la signature de l'artiste était subtile. Un simple coq, gravé finement au pied de chaque socle à gemme. Le maître qui avait forgé ces harmonieux bouts de fer était bel et bien français, et plus qu'un chef d'oeuvre, Viktor voyait la un message. Le fou n'était-il pas le plus heureux? On pourrait penser qu'il extrapolait bien trop, peut-être que les gemmes avaient été placées au hasard, mais en bon ante-cartésien qu'il était, il ne pouvait croire que tout les joyaux trouvaient une place logiquement liée à leur symbolique à l'exception précise du fou. Il se tenait devant la vitrine depuis cinq interminable minutes avant que le nécromancien -qu'il, soit dit en passant, ne se tenait que très bas dans son estime-, ose tousser dans son poing pour faire comprendre à l'invité que la visite n'était pas terminée. Le croisé passa devant de nombreuses œuvres dont son guide lui faisait les éloges, des armures aux tableaux, en passant même pas des instruments simples. Le titan n'écoutait que distraitement ce qu'on lui racontait, l'esprit obnubilé par un simple jeu de plateau. Il notait cependant dans un recoin de sa tête un détail assez révélateur.

Son guide de fortune ne lui avait rien raconté sur l'unique vitrine qui avait attiré son attention, avant ou après l'avoir passée. Il n'était pas encore certain de l'explication de ce simple fait, mais un sentiment étrange de puissance l'envahit. L'interminable tour guidé se termina enfin quand l'incessant flot de paroles gaspillées du laquais se perdait devant une vaste salle des banquets. Ce dernier fut chassé par un geste incroyablement dédaigneux, qui consistait à poser sa main sur le dessus du crâne d'un homme, plié en deux par un respectueux salut, et reculer la dite main tout en avançant pour repousser sans réelle violence sa tête en arrière. Un affront qui n'aurait pas du être sans conséquence à cette époque, mais la carrure du croisé refroidit rapidement l'indignation du pauvre nécromancien, qui se retira pour laisser Viktor seul devant la longue table rectangulaire. Il prit place, sans y être invité par le silence ni par son hôte absent, et attendit patiemment que le maître des lieux soit prévenu de son arrivée, et Viktor le vit enfin arriver. Dans une confortable tenue en soi, avec un distingué mais néanmoins festif couvre chef solidement vissé sur un crâne jovial exhibant un sourire bienveillant et chaleureux.

Viktor, Viktor mon vieil ami... Réjouissons-nous veux-tu? Aujourd'hui est une fête pour nous seigneurs."
Le croisé se leva, son casque tentait tant bien que mal de masquer un franc sourire, mais l'aura conviviale qui s'en dégageait suffisait amplement en ces circonstances.
Réjouissons-nous alors, Alphonse. Ton messager m'a annoncé que tu avais déniché un ancien thé traditionnel, et je t'avoue être intrigué."
Le visage déjà rayonnant d'Alphonse s'illumina d'une nouvelle lumière, l'excitation. Oui, c'est exact! Je vais demander à Mathilde d'en préparer, je reviendrai rapidement. Profites donc de ce laps de temps pour retirer ton armure, elle semble bien lourde pour une rencontre entre amis."
Il avait prononcé ces mots sans y refléchir, et avait disparu en sautillant aussi vite qu'il était arrivé. Ses petites danses joyeuse d'enfant contrastaient avec sa stature et son statut, mais triste comme une statue est celui qui abandonne son âme d'enfant. Viktor se rassit calmement, mais désobéit en posant uniquement son casque sur la table. Il ne sentait plus le goût des choses, tant que celui-ci n'était pas particulièrement prononcé, mais il ne voulait pas gâcher la joie d'un vieil ami. Ce dernier revint, sans Mathilde et bien évidemment sans le thé, mais avec un plateau. Un plateau que vous spectateurs connaissez: un plateau d'échecs.

Mais Viktor ne le connaissait pas. Il était fait de bois, intégralement de bois, et les pièces également. Le visage putréfié du croisé avait depuis de nombreuses nuits du soucis à exprimer des émotions, et c'est sûrement pourquoi Alphonse s'assit devant son camarade en jubilant, sans remarquer le regard assassin de Viktor. Mais la conversation ne commencerait qu'au moment ou leur regards se croiseraient, et l'instant fatidique arriva.
"Il... Il y a un problème Viktor? Je croyais que tu adorais jouer aux échecs..."
Le croisé recula sur son siège, pesant de tout son poids sur le dossier, les bras croisés et la machoîre fermée. Il fut bien forcé de l'ouvrir pour maudire son interlocuteur.
"J'ai vu en explorant ta demeure un plateau autrement plus somptueux que cette relique. Un vrai ami ne me ferait pas jouer avec des pièces en bois pas vrai?
Une goutte de sueur fort remarquable perla sur la tempe du comte. "Mais, mon ami, l'objet dont tu me parles est une simple décoration, et celui-ci était à portée de main...
"Les pièces de ta décoration était-elles mobiles ou fixées au plateau?"
Le comte savait. Il savait qu'il était coincé. C'était lui-même qui avait enseigné à Viktor qu'un outil ne doit en aucun cas servir de décoration tant qu'il est utilisable, il avait réussi à faire comprendre au colosse qu'un décor ne doit être fait que d'objets qui remplissent leur fonction ou d'objets qui ne peuvent plus la remplir, et ne sont exposés que pour leur esthétique. Il déglutit avec difficulté, et le regard pesant de Viktor le fit craquer. Leur rencontre n'avait plus rien d'amical.
"LA VÉRITÉ VIKTOR, C'EST QUE TES TENDANCES CLEPTOMANES SONT CONNUES PARMI TES AMIS, ET ON M'A MIS EN GARDE. J'AVAIS MÊME DEMANDÉ A FRANÇOIS DE COUVRIR LA VITRINE D'UN TISSU NOIR, ET JE T'AI INVITÉ PARCE QUE TU ES LE SEUL QUI ACCUMULE DES ANECDOTES AVEC TES VOYAGES" Le comte s'était relevé instantanément pour crier, et comprenant bien la seule issue possible à cette situation il se rassit en tremblant. "Tu peux dire ce que tu veux, tu n'as rien d'honnête. Tu es juste un voleur qui fréquente les hautes-sphères pour les dépouiller, pas vrai? Je pensais être ton ami jusque là, mais aujourd'hui tu me montres ta vraie nature, n'est-ce pas?
Des deux personnes à la table, c'était bien Viktor qui se sentait le plus trahi. Ce n'était pas tout, Alphonse avait même osé insulter son honneur et sa franchise. Il se releva, très lentement, faisant sinistrement crier le bois de la table en appuyant ses lourds poings dessus.
"Un ami, tu lui aurais fait confiance et tu lui aurais tendu des pièces en argent. Tu me considère comme ton ennemi depuis le début, et pour ta gouverne, le plateau serait encore tien si tu l'avais posé sur cette table. Un voleur ne ment pas s'il ne te dit pas qu'il compte te dépouiller, c'est pourtant évident."

Tous les mots avaient été prononçés, les deux hommes dans la pièce savait ce qui allait s'ensuivre. Si Viktor avait une réputation de voleur, il était également connu pour sa violence et non sa discrétion. Le dessin appuyait gravement les courbes de la masse à la ceinture du croisé. Il s'en était servi. Alphonse était bien sûr le premier à en avoir payé les frais, des deux hommes qui se sentaient trahis, c'était Viktor qui savait manier une arme. La garde avait bien sûr était alertée, mais les quatre pécores à qui on avait mis une arme dans la main ne pouvaient tenir tête à un vétéran de guerre qui s'était maintenu en forme. Il était parti la tête haute, avait perdu un ami, mais gagné ce qui représente encore aujourd'hui à ses yeux la plus belle merveille du monde.

L'histoire se termine là, un trophée à la main, et le dessin n'en raconterait pas plus. Mais il y a toujours un épilogue, et ce dernier, c'est l'ami dont la tombe s'était perdue en pleine forêt qui l'avait vécu. Quelques centaines d'années plus tard, Viktor allait rejoindre son ami.

Son ami Léonard de Vinci. La lumière dont Viktor avait besoin, infiniment plus jeune et autrement plus sage que le croisé. Ils s'étaient croisés aux hasards des routes et avaient rapidement sympathisé entre esprits éclairés. Le titan en armure ne lui avait jamais dévoilé la part violent de sa personne, il avait peur de le perdre. Avec du recul, il se demande même si Léonard n'était pas au courant de ses accès de colère.
Devant la stèle de Marbre, Viktor se rappelle plus ou moins de leur échange, quand ils s'étaient retrouvés, avant que l'ingénieur ne prenne part aux affaires des Red Widows. Entre des salutations conventionnelles et une proposition pour donner vie à des pions, un simple échange, normal en apparence.

"C'est un magnifique jeu d'échec, une autres de tes oeuvres?"
"Non, je ne peut hélas pas m'attribuer le mérite de l'avoir forgé moi-même.
"Un ami te l'a donné je suppose? Tu as des amis merveilleux Viktor!"
Le zombie était perdu. Il ne pouvait pas lui dire qu'il l'avait dérobé violemment, Léonard était trop précieux... Plus précieux que ce plateau... Plus précieux que l'honneur de Viktor.
"En effet, on me l'a donné."

Sept mots, le premier et dernier mensonge en plusieurs siècle qu'avait formulé à voix haute le croisé. Un mensonge, qui s'était fait passer pour vérité sans aucune complication, des mots prononcés et emportés par le vent, qui donnaient des sueurs froides au zombies et l'empêchaient de dormir depuis trop longtemps.
Il ouvrit la boîte en bois à ses pieds. Le plus beau jeu de plateau qu'aient vu le deux mondes se tenait entre ses mains. Il retira avec un air grave quatre pièces, surmontées d'un diamant. Léonard ne méritait pas de subir un tel affront.

Les fous sont parfaitement heureux avait dit l'artiste
Tu as raison, le fou qui boit mon mensonge est heureux avait répondu le croisé

Il referma la boîte, et enroula le canevas autour. Il n'avait rien mis au pied de la lourde croix en marbre, Léonard avait disparu, et Viktor n'avait retrouvé aucune trace. Il enterra à la place de poussières la maudite boîte. Il ne l'avait jamais compris jusque là, mais sa simple vue rappelait qu'il avait menti à son meilleur ami. Il aurait pu l'enterrer ici, tout laisser en plan, et l'oublier. Mais il tenait fermement les quatre fous dans sa paume. Il sortit un fil d'une pochette à sa ceinture, et le passa entre le plus gros des diamants et son socle. Il fit d'une simple pièce un collier, pour porter jusqu'à sa mort le poids et la preuve de sa culpabilité.
"J'ai menti. Je suis un homme violent et irréfléchi, triste et seul, perdu avec et sans toi. Je t'ai fait croire que j'étais quelqu'un d'autre. Je te demande de me pardonner."  
Personne ne l'entendait. Le vent se riait de lui devant le pathétique de la situation et le soleil lui projetait sous les yeux sa propre ombre, celle d'un menteur qui demandait repentance à un mort.

auf:
Voila, en espérant que ça plaise à quelqu'un, merci d'avoir lu Le premier péché  2929307098 J'espère que les sauts dans le temps et la symbolique du dessin autour de la boîte du jeu d'échecs ne sont pas trop déroutants, parce que c'est le genre de truc qui ne sont vraiment clairs que dans la tête de celui qui écrit
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