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Masquarade
Chiara Vecchietti
vampire

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vampire
Terminé #1le 12.04.19 14:24
Rp évolution1710 mots
Masquarade
Chiara mit un moment à identifier ce qui l'avait réveillée. Aucun rayon de lumière ne filtrait à travers ses rideaux, preuve que l'aurore était encore loin. La chaleur de l'été florentin s'était adoucie après la tombée de la nuit et un léger souffle d'air tiède entrait par la fenêtre ouverte. Au loin, l'Italienne pouvait entendre de la musique, mais le palazzo et ses environs directs étaient calmes.



Il n'y avait a priori aucune raison pour qu'elle se retrouve tout d'un coup éveillée (et bien éveillée!) au coeur de la nuit. Un cauchemar? Non, elle ne ressentait pas l'angoisse qui aurait accompagné un rêve pareil. Est-ce qu'elle couvait quelque chose? Les maladies étaient rares dans ce monde, mais peut-être tenait-elle une piste. Après tout, elle avait les nerfs à vif depuis quelques jours et son appétit avait été petit à petit réduit à néant.



Elle se redressa dans son lit, consciente que malgré l'heure la nuit était finie pour elle.  Ca faisait près de deux siècles qu'elle n'avait plus été malade, mais elle doutait tout de même un peu de la thèse de la maladie. Elle n'avait ni les douleurs ni l'esprit embrumé qui accompagnaient la plupart d'entre elles, au contraire: elle avait l'esprit étonnamment clair vu l'heure et, à part un vague malaise sans doute dû à son étrange réveil, elle ne ressentait rien d'inhabituel.



Perplexe, elle se mordit la lèvre. Jusqu'au sang. Sang qui acheva de la réveiller et réveilla au passage les instincts du chausseur tapi en elle. Bon sang, ses canines! Mais il était trop tôt pour qu'elles sortent: sa dernière sortie dans le monde des vivants datait d'il y a moins de deux mois! Et pourtant, elle devait bien se rendre à l'évidence: tout concordait. Son irascibilité ces derniers jours, le peu d'attrait de sa nourriture, ce sentiment de malaise diffus qui l'avait réveillée, et maintenant ses canines sorties: tout indiquait que son corps lui réclamait à nouveau un autre type de nourriture. Elle se laissa retomber sur son oreiller en se massant les tempes. C'était un cauchemar.



Elle resta encore un moment allongée, espérant sans vraiment y croire que son corps allait réaliser l'erreur, que ses dents allaient se rétracter, que sa soif s'en irait. En vain. Elle n'y couperait pas: elle avait intérêt à partir se nourrir, et vite si elle ne voulait pas être totalement incontrôlable une fois sortie. Avec un soupir de résignation, elle se leva alors que les premiers rayons de l'aube pointaient à l'horizon.



* * *



Malgré l'heure matinale, les rues de la capitale toscane étaient déjà bien animée quand la feue patricienne franchit le portail vers le monde des vivants. Bon, évidemment elle avait pris le temps de se changer, puisque se promener en chemise de nuit dans les rues de la ville n'aurait pas été la meilleure des idées. Elle avait aussi griffonné un rapide mot à l'intention des autres habitants du palazzo histoire que personne ne s'étonne de sa disparition subite. Parce qu'ils avaient beau l'habitude de la voir partir aux quatre coins du monde, en général elle les prévenait avant ses voyages.



Si la vampire avait espéré qu'un départ rapide pour soulager sa soif réduirait l'impact qu'elle aurait sur ses actions, elle en fut pour ses frais. Elle se retrouvait rejetée à l'état de ses débuts, quand seul l'instinct lui dictait ses actions jusqu'à ce qu'elle parvienne à étancher sa soif, de préférence le plus vite possible. Humaine en surface, prédatrice en chasse sous ce mince vernis.



Le plus vicieux (et paradoxal) à toute cette situation, était que l'Italienne était parfaitement consciente de perdre le contrôle, sans pour autant se sentir perdre le contrôle. Au contraire: elle avait tous les sens en alerte et l'esprit plus vif que jamais. Rare silhouette dans les rues de la ville encore somnolente, elle observait, jaugeait, analysait à la recherche de la proie idéale pour soulager sa soif. Elle restait une créature rationnelle par-dessus tout, loin de foncer dans le tas. Mais cette raison ne connaissait ni morale ni empathie, dépourvue comme elle l'était du plus infime des sentiments. Seuls comptaient la traque et les besoins de son propre corps.



Son odorat aussi était exacerbé par son état et elle ne mit pas longtemps à repérer l'objet de ses désirs: l'odeur chaude d'un sang aux effluves de nectar. Le seul ennui était que cette odeur s'échappait depuis une fenêtre ouverte au premier étage d'une maison. Qu'à cela ne tienne: un vampire en traque est plein de ressources.



Elle commença par faire un examen méticuleux de la maison. C'était une bâtisse imposante, mais relativement récente. Sa façade était ornée à la dernière mode, mais trop chargée, révélant un étalage de richesse qui tenait assez peu compte du bon goût. Une demeure bourgeoise, appartenant probablement à un marchand qui venait de faire fortune. Difficile à infiltrer, surtout à une heure pareille, mais elle trouverait.



* * *



Le hasard lui sourit: la demeure appartenait bien à un marchand et celui-ci organisait justement un bal masqué en l'honneur d'un partenaire commercial vénitien. Quelle meilleure manière de s'introduire ni vu ni connu chez lui? À l'abri derrière un masque, elle serait méconnaissable et elle connaissait assez bien les codes sociaux en vigueur pour se fondre dans la foule une fois entrée.



Le soir du bal, elle arriva donc vêtue d'une robe et d'un masque qu'elle était passée récupérer dans le monde des morts. Elle déclina un nom inventé de toutes pièces, ayant emprunté pour l'occasion celui d'une famille de la basse noblesse florentine, assez prestigieuse pour ne pas se faire refuser l'entrée même si quelqu'un réalisait qu'elle n'avait pas été invitée, assez insignifiante pour que la présence d'une usurpatrice d'identité à cette soirée ne remonte jamais aux oreilles de personnes plus influentes.



En d'autres circonstances, elle aurait peut-être vu une ironie morbide à cette situation. Elle qui avait été tuée lors d'une soirée mondaine quelques siècles plus tôt, allait à son tour se servir d'une telle soirée pour étancher sa soif. Seulement la créature qui avait pris possession de Chiara Vecchietti ne connaissait ni humour ni amusement, seulement l'instinct qui la poussait inexorablement à mettre en oeuvre son plan.



Malgré les masques et les costumes, elle n'eut aucun mal à repérer sa proie. Son fumet le distinguait de tous les autres convives aussi surement que s'il avait eu une cible peinte sur le front. Commença alors un jeu du chat et de la souris qui grisait la vampire au moins autant que le goût du sang lui-même. Elle s'arrangea pour accaparer petit à petit l'attention du jeune homme, dont elle avait appris entre-temps qu'il était le neveu de l'hôte de la soirée. Elle échangea quelques badineries, accepta une danse puis une autre, trouva un sujet capable de le passionner... Bref, elle utilisa sa longue expérience des mondanités pour tisser lentement mais surement une toile que sa victime ne voyait absolument pas venir.



Après quelques heures, quand l'alcool servi un peu trop généreusement eut commencé à embrumé l'esprit de la plupart des hommes et femmes présents, elle prétexta manquer d'air et son cavalier, toujours aussi galant, l'escorta dans les jardins où ils trouvèrent un banc de pierre un peu à l'écart. Elle l'avait amené exactement où elle le voulait, et personne n'avait remarqué leur disparition.



Elle aurait pu plonger dents dans sa chair là, tout de suite, mais la folie qui l'habitait n'avait pas encore satisfait entièrement sa curiosité. Elle voulait voir à quoi ressemblait son visage tant que le sang courait toujours dans ses veines, avant que la mort le fige. Prétextant toujours la même sensation d'étouffement, elle dénoua le ruban de son masque et le posa à côté d'elle. Elle laissa la conversation reprendre, puis prétexta un peu plus tard de sentir désavantagée tant qu'elle était la seule à visage découvert. Il ne fallut pas longtemps pour convaincre son cavalier de retirer son masque, et elle put enfin découvrir à quoi il ressemblait. Il avait un visage bien proportionné, légèrement hâlé par les voyages. Son nez était droit, ses yeux d'un brun si foncé qu'on aurait pu les croire aussi noirs que ses cheveux.



Elle sourit légèrement, évitant de découvrir ses canines inhumaines. Lui aussi sourit, mais elle pouvait voir ses joues se parer d'une teinte un tantinet plus sombre. La soudaine timidité de sa proie ne fit que renforcer l'ivresse de la chasseresse. Elle se pencha lentement en avant, lui restait figé. Il tressaillit légèrement quand ses lèvres frôlèrent la peau de son cou, puis la vampire enfonça ses crocs et plus rien n'avait d'importance à part le liquide qui venait enfin la soulager.



* * *




Comme toujours quand elle attendait trop longtemps avant de se nourrir, Chiara n'eut que des souvenirs flous de ce qui suivit immédiatement sa chasse. Elle quitta les lieux, passa la Porte, rentra au palazzo et... dormit profondément pendant près d'une journée. À son réveil, elle tenta tant bien que mal de capturer les souvenirs qui la fuyaient. Elle finit par y arriver... et souhaita immédiatement pouvoir les oublier à nouveau. En vain, bien sûr. Comme chacune de ses bavures, ce meurtre resterait gravé dans sa mémoire sans jamais perdre en netteté. Elle revivait chacune de ses récentes machinations, sentait une nouvelle fois l'exaltation qu'elle avait ressenti pendant ses crimes. Elle revoyait le visage de sa victime, à peine plus qu'un enfant du haut de sa vingtaine.



Elle avait tué. Encore. Et une part d'elle, cette part qu'elle haïssait de tout coeur et dont son voeu le plus cher était de se défaire, cette part qui pourtant prenait inévitablement le contrôle tôt ou tard, cette part-là y avait pris du plaisir.

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Chiara parle italien en italique (quelle originalité, pas vrai?)
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