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[Flashback] Dealing out the agony within — Leone.

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Ikura Watanabe
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Dealing out the agony within
Leone & Ikura
Son froncement de sourcils ne lui a pas échappé ; le mince sourire qu’il s’est efforcé d’esquisser non plus. Ikura se mord l’intérieur de la joue pour endiguer le rire mauvais qui menace de franchir le rempart de ses lèvres – parce qu’il n’y aurait aucun intérêt à céder maintenant ; cependant elle consent à ce que l’hilarité atteigne ses yeux ordinairement secs. Elle se demande, bien sûr, ce qu’il attache à cet objet dérisoire : une simple valeur affective ou de confort matériel, la sécurité d’un rôle rigoureusement défini, l’illusion d’une forme de surplomb, de mainmise sur la conduite de leur entretien ? Quel dommage qu’un esprit ne puisse s’ouvrir aussi aisément qu’un corps.

Tout en l’observant tranquillement, elle se soumet à ses nouvelles interrogations avec une patience angélique – les dernières onces de sa réserve, celles que deux années supplémentaires dans le monde des morts achèveront efficacement d’épuiser pour céder la place aux mémorables crises de colère qui feront sa navrante réputation. Elle reste un spectre relativement jeune, après tout, qui pense peut-être encore pouvoir venir à bout de la frustration dévorante qui lui retourne la peau, qui cherche encore un moyen d’outrager les lois absurdes de ce monde. Eprouve-t-elle le besoin d’accuser quelqu’un pour le monstre qu’elle est devenue de son vivant ? Non – et c’est bien le problème aux yeux de la morale ; mais cela, il n’a pas à le savoir. En vérité, elle souhaiterait plutôt le persuader du contraire, lui faire croire qu’évidemment, elle se sent le besoin de trouver un coupable, qu’il lui est vital de se réchauffer à l’idée, ô combien réconfortante pour les autres, que la graine de la malveillance a bel et bien été plantée, qu’elle ne se trouvait pas dans le chaud secret de ses entrailles depuis le début. Alors, « Oui. » ment-elle sobrement, en ayant le vice de n’y voir qu’un demi-mensonge ; car si l’on change de perspective, elle a effectivement tâché de se trouver un coupable pour mieux avaler le fait d’être coincée ici. Elle reprend tout aussi laconiquement : « Je les accuse de n’être qu’un ramassis de p’tites bites incapables de réparer – ou ne serait-ce que d’assumer – les conséquences de leurs insuffisances. » Elle cille paisiblement, mais toute trace de sourire a étrangement disparu de son visage.

C’est que quelque chose la tracasse, finalement : elle sent qu’il a contre toute attente remué quelque chose en elle, peut-être sans même le vouloir, et elle tient à mettre le doigt dessus avant qu’il ne s’en empare ; seulement elle n’a pas encore assez de recul sur la progression de leur entretien pour comprendre avec exactitude ce qui l’ennuie – le problème réside-t-il dans son refus de révéler qu’elle n’a nul besoin de se trouver le moindre coupable ? Pourquoi un tel refus, après tout, elle qui ne s’est jamais souciée de ménager qui que ce soit ? N’y a-t-il là qu’une simple manipulation pour ne pas que l’échange avorte ou est-ce encore autre chose ? Le mur auquel elle se heurte subitement la contrarie et la manière dont elle tire son lacet trahit son impatience.

Par bonheur, l’intervention du psychologue la distrait de son mécontentement. Il y a un temps de latence où elle se redresse légèrement, comme si sa dernière question l’avait surprise, comme si le ridicule qu’il lui avait trouvé sur l’instant venait sensiblement de circuler entre eux. « Oh, monsieur ! feint-elle de s’extasier, il me semble que c’est la première question véritablement pertinente que vous daignez me poser depuis le début de la consultation. » Il n’a nul besoin de savoir que la pique est un peu plus qu’une provocation gratuite, qu’elle est peut-être bien, en réalité, la trace de l’échec intérieur essuyé précédemment. « Je suis émue, poursuit-elle, et j’en concevrais presque un semblant d’espoir quant à vos chances de… comment avais-je dit, déjà ? Ah oui, m’aider. » Elle agite la main comme pour chasser une mouche indésirable et souffle par le nez. L’entretien ne lui déplaît pas, en réalité, et elle doit bien admettre que, contrairement à lui, elle penche plus du côté de l’amusement que de l’inquiétude ou de l’ennui.

Elle finit par appuyer sa joue contre le dos de ses doigts dans une posture mi-pensive, mi-boudeuse. « Si j’en avais le pouvoir, hésite-t-elle… J’orchestrerais une sorte de… Elle a un pincement de lèvres. Une sorte de… » Ah, pour la première fois, elle semble réellement chercher ses mots, comme si cet homme insolemment vigilant lui avait effectivement indiqué un nouvel endroit de sa psyché à explorer. La raison en est sans doute très simple, au fond : son indifférence crasse ne l’a jamais disposée à s’imaginer en correctrice des mœurs, sauveuse du monde et rédemptrice des âmes – même l’idée qu’un rachat puisse s’effectuer à travers un immense bûcher planétaire ne l’a jamais charmée, tant le sort de ses pairs la désintéresse. Cependant elle se prend au jeu d’une meilleure grâce qu’elle ne l’aurait cru. « Une sorte de désinhibition universelle. » parvient-elle enfin à déclarer.

Avec l’enthousiasme d’une chercheuse qui aime à s’expliquer les mystères du monde, Ikura se remet en position assise dans le fauteuil de manière à pouvoir tendre la main en direction du cordon d’alimentation de la lampe d’appoint, qu’elle commence à tirer vers elle tout doucement. Le bois lisse du bureau semble promettre une démonstration sans accroc. « Si on y réfléchit un peu, remarque-t-elle dans ce qui s’apparente presque à un fredonnement, l’individu moyen ressemble un peu à cet abat-jour. » Avec une délicatesse infinie, elle tire le cordon d’un cran. « Il tamise ses feux intérieurs, joue prudemment avec les limites de la décence – encore un cran –, essaie de rassasier sa médiocrité tout en s’efforçant de sauver les convenances pour ne pas qu’elle devienne irrémédiablement bassesse – encore un cran. Ce faisant, il s’approche insensiblement de l’abîme qu’est l’immoralité, se tient au bord – la lampe d’appoint, de même, s’en approche à son tour dangereusement – et contemple plus ou moins franchement ce qui le guette, là, au fond, s’il se décidait à faire le pas de trop, en le désirant et en le repoussant tout à la fois, pour en fin de compte ne jamais avoir le courage de faire le grand saut. »  Grâce au jeu dont elle dispose maintenant que le cordon d’alimentation n’est plus tendu, elle maintient le corps en céramique de la lampe d’appoint dans un équilibre précaire au bord du bureau. Elle ne manque pas de braquer un regard impertinent sur le psychologue, comme pour le dissuader d’intervenir, car il doit la laisser faire, n’est-ce pas ? Il semble y avoir une puissance cathartique dans le plaisir qu’elle prend à tirer sèchement sur le cordon, tout à coup ; à entendre le corps en céramique fendre l’air lourdement et se briser avec fracas sur le sol. Un éclat effleure son mollet sans entailler sa peau. « Imaginez un monde où personne n’aurait plus peur de laisser libre cours à ses pulsions, où nul ne tremblerait plus de choquer la décence, quitte à finir brisé sous le poids de ses propres désirs ; peu importe, pourvu que soit atteint le plaisir suprême de vivre sans la moindre compromission. Qu’arriverait-il alors ? » Elle contemple calmement les tessons qui gisent à ses pieds et s’empare de l’un d’eux. « Sans doute quelque chose comme une vaste entre-dévoration où chacun se jetterait consciemment à la figure sa propre mesquinerie sans plus chercher à dissimuler, une immolation réciproque dans le combat des égos et des intérêts personnels, où nul ne se ferait l’offense de se museler pour complaire à autrui ; un monde, en somme, où vous ne craindriez pas de me demander d’ôter mon cul de votre fauteuil, quelle qu’en soit la raison, et où vous accueilleriez le risque que je vous saute à la gorge avec ce morceau de céramique comme on se résigne à subir le mauvais temps. » Et, d’un geste étonnamment naturel, à la fois brusque et vigoureux, elle jette le tesson en direction du beau visage du psychologue, le manquant à dessein dans un sourire qui n’a rien d’amical. « Je m’étonne, au fond, que vous n’ayez pas simplement essayé de me le demander gentiment, au lieu de froncer vos jolis sourcils et de vous ruiner le dos pour conserver un semblant de hauteur. N’est-ce pas ce que vous auriez fait avec une personne ordinaire ? Même si, je vous l’accorde, une personne ordinaire n’aurait sans doute pas investi votre fauteuil en premier lieu. » Elle incline doucement la tête dans une comédie de candeur avant de se lever prestement, écrasant de ses rangers les débris de la lampe d’appoint – musique terriblement grisante, semblable à celle d’os qui craquent. « Allons, monsieur, susurre-t-elle en contournant le fauteuil et en glissant lentement les mains sur le dossier. Je ne voulais pas vous faire offense, en vérité : je vous en prie, regagnez votre siège. »  Elle-même ne bouge pas, néanmoins, restant dans le dos du fauteuil et défiant le psychologue du regard comme si, une fois encore, c’était la chose la plus naturelle du monde.

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Leone J. Chiaramonte
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Dealing out the agony within
Leone lève son œil unique vers sa patiente, croyant naïvement que celle-ci est prête à se livrer, à confier ses véritables pensées au psychologue. S’il savait. Il hoche légèrement la tête en l’écoutant répondre à la première d’une nouvelle liste de questions, énoncer les chefs d’accusation sans trop s’y attarder. C’est l’une des rares fois, depuis le début de la séance, où son langage semble se relâcher, insultant le banc des accusés dans son tribunal mental, tandis que le sourire mutin qu’elle arborait depuis quelques temps s’est estompé, pour laisser place à une nouvelle moue impassible.

L’insuffisance - carenza - trouve une place sur ta feuille, se reliant à la mère, mais aussi au reste de la société. Carence de l’enfance, puis de l’âge adulte. La violence d’Ikura lui a peut-être semblé être un moyen de combler les vides de son existence.

Ses doigts s’affairent toujours au niveau de sa chaussure, jouant avec un lacet comme pour trouver un moyen de s’occuper, de se distraire - le corps, l’esprit ? -, mais ce comportement change d’un coup, à la question suivante.

Leone s’y attendait un peu, en demandant une telle chose. Mais il ne peut s’empêcher de lever son œil au ciel en entendant les provocations ironiques de la jeune femme. Finalement, il se fend d’un sourire, presque amusé de sa réaction. Il note cependant qu’elle n’a aucun « espoir » quant à la réussite de cette séance. L’apprendre attriste le borgne, mais l’encourage aussi à persévérer. Même s’il doit poser des questions étranges pour parvenir à ses fins.

C’est un défi, en quelque sorte.

Défi qu’il n’est cependant pas certain de gagner, bien loin d’être en mesure de prévoir les paroles ou les actions de sa patiente. Il est suspendu à ses mots, suivant avec attention ses hésitations, les balbutiements de sa réflexion. Malgré ses piques acides, elle se prête au jeu, répondant avec un certain sérieux à l’interrogation du borgne.

Elle se pose en cheffe d’orchestre d’une vaste cacophonie libératrice dont le maître mot serait la « désinhibition ». Autrement dit, elle voudrait que les gens s’expriment comme elle le fait, voient le monde au travers du même filtre qu’elle. Un filtre rouge et noir.

Sa manière de changer le monde serait donc de lui enlever tout exutoire, pour que ses habitants soient poussés à exprimer directement leurs émotions les plus profondes, les plus cachées, se laissant aller à leurs dessins les plus primitifs.

Elle se redresse et Leone l’observe avec curiosité se saisir du cordon d’alimentation de la lampe de son bureau. Il corrige rapidement son regard, pour la darder d’une mine faussement impassible. C’est un peu comme si les différentes postures d’Ikura annonçaient la couleur de la suite, séparant la séance en plusieurs actes. L’aurait-il poussée à la limite de sa patience ?

Il la laisse faire - encore - sans mesurer les conséquences de son inaction. Peu à peu, elle tire sur le câble, amenant la lampe au bord du meuble. Elle s’en sert d’abord d’appui pour sa réflexion, de métaphore lui permettant de développer son propos.

Mais la lampe se rapproche chaque fois plus du précipice.

Pour quelqu’un qui ne s’intéresse pas à autrui ou à ce qui l’entoure, Leone se fait la réflexion que « l’autre », l’ensemble « des autres », ont un impact sur la psyché de la jeune femme. C’est l’incompréhension et la différence qu’elle a pu expérimenter qui la poussent à étudier les autres, à imaginer comment les conformer à son modèle. Du moins, c’est ce qu’il imagine, en l’entendant comparer les individus et leurs petits secrets à des abat-jours. Son monde idéal semble abaissé à l’état le plus primitif qui soit, malgré l’idée d’un « grand saut ».

Une lueur de défi - ou une menace - passe dans les prunelles d’encre d’Ikura lorsqu’elle les pose sur le psychologue alors que le salut de la lampe ne tient plus qu’à un fil, littéralement. Il ne bronche pas, l’inviterait presque à s’exécuter en lâchant l’objet dans le vide, mais il n’en fait finalement rien, attendant le moment opportun pour ne pas frustrer la jeune femme.

Il n’a pas à attendre longtemps. D’un seul geste, la lampe se retrouve au sol, brisée en plusieurs morceaux, la céramique s’éparpillant au sol comme les éclats d’un miroir brisé. Est-ce ainsi qu’elle considère ses victimes ?

Leone ne bouge pas, pas encore, alors que des morceaux s’étalent à ses pieds. A leurs pieds. Ikura, elle, se penche pour se saisir d’un éclat, que le Sicilien ne quitte pas des yeux. Devrait-il se sentir menacé ? Il l’ignore. Est-il trop confiant envers ses propres capacités ou a-t-il la naïveté de croire que sa patiente ne lui tentera pas de lui ouvrir la gorge pour voir s’il veut encore lui poser des questions ? Ce scénario lui semble improbable, trop réducteur, en quelque sorte.

Le Sicilien tente de se figurer son monde. A-t-elle lu Nietzsche, à un moment de sa vie ou de sa mort ? Ou sa pensée est-elle encore plus singulière ? Le fait est que dans l’univers qu’elle décrit, les pulsions - de vie, de mort, quelles autres encore imagine-t-elle ? - incarneraient le grand saut qu’elle évoquait auparavant, selon un système de volonté de puissance, le plus fort pouvant imposer sa pulsion sans que rien ne soit fait pour lui barrer la route.

Mais, à la longue, est-ce qu’un tel monde ne se révélerait-il pas tout aussi frustrant que celui actuel, pour elle surtout ? Quelles en sont les finalités ? Le Sicilien s’interroge, curieux d’en savoir plus.

Leone relève le nez de ses notes, son attention captée par un froissement de tissu. Il n’a pas le temps de dire quoi que ce soit, d’esquisser le moindre mouvement, qu’un morceau de céramique vole vers lui, effleurant son visage.

Il braque un regard grave sur la jeune femme, sur son sourire mauvais, attendant patiemment la suite. Est-ce le début de la fin ?

Sa question le prend de court. Il se doutait qu’elle avait saisi les raisons qui le poussaient à rester debout. Elle se lève enfin, libérant le fauteuil pour se planter derrière le dossier, les mains posées sur le sommet comme les serres d’un aigle. Rien de très rassurant, donc.

Leone se fend d’un léger sourire, sans broncher.

— Je suis loin d’être offensé, ne vous en faites pas, il marque une pause, avant de continuer : je ne cherchais pas non plus à faire de vous quelqu’un « à part », en réalité, je voulais que vous vous exprimiez de toute les manières possibles. Si envahir l’espace, mon espace, en est une, je n’ai aucune raison de vous imposer de poser vos fesses ailleurs, vous voyez ? De même pour la lampe, si c’est un moyen pour vous d’ajouter de la matière à votre réflexion, alors elle sera morte pour la bonne cause.

Peut-être aurait-elle voulu des reproches, s’attendant à voir la patience du Sicilien, jusque-là mise à rude épreuve, éclater, mais ce n’est pas vraiment le genre de Leone, trop concerné par le bien-être de ses patients pour oser les empêcher de faire de ce sanctuaire de la parole le lieu de leur expression. Il est habitué aux éclats de colère, de voix et de violence, tout comme son bureau, dont les meubles ont déjà été changés plusieurs fois, tandis que son salaire a pâti de ces séances plus ou moins douloureuses. Mes pots cassés sont une habitude de ce cabinet.

Autrement dit, il est loin de se sentir menacé par le léger changement d’attitude d’Ikura. Au contraire, il y voit une nouvelle - la vraie ? - forme d’expression pour la jeune femme, ravi de pouvoir lui donner les outils nécessaires à l’élaboration d’un nouveau dialogue.

— J’aimerais d’ailleurs que nous revenions à cette lampe, reprend-t-il calmement en baissant les yeux vers les morceaux éparpillés au sol, considérez-vous avoir fait le « grand saut » ? Qu’est-ce que cela vous a apporté ?

L’air innocent, il décale d’un vif mouvement du pied les fragments de lampe pour les pousser sous le bureau, sans quitter de son œil amusé le visage de sa patiente, impatient de découvrir la suite.

A aucun moment il n’esquisse le moindre mouvement en direction du fauteuil, loin de vouloir obéir au doigt et à l’œil de sa patiente.
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Dealing out the agony within
Leone & Ikura
Comme estomaquée par l’équanimité du psychologue, Ikura part subitement d’un grand éclat de rire, aussi affilé que les tessons à ses pieds. « Oh, quel hypocrite vous faites. » déclare-t-elle d’une voix aggravée par le ressac de l’hilarité, ignorant temporairement ses nouvelles interrogations. « Votre professionnalisme est une couverture bien commode, n’est-ce pas ? Mais c’est de bonne guerre, je suppose… » Ses ongles s’enfoncent ostensiblement dans le dossier du fauteuil qu’il ne semble pas disposé à regagner. « Pourquoi ne pas venir vous asseoir, monsieur ? Pourquoi ne pas venir vous asseoir en me disant très clairement que vous n’avez pas peur de moi ? » Au lieu de me servir toutes ces conneries faussement pédagogues de laborantin de l’âme, ajoute-t-elle intérieurement avec une acrimonie qui fait frémir ses lèvres comme l’odeur du sang affolerait les babines d’un loup. « Vous devez sentir, au fond, que je n’aurais aucune espèce d’intérêt – elle a failli oublier de mentir et dire amusementà m’en prendre à vous entre ces murs. » Entre ces murs ; la précision est essentielle mais, une fois encore, elle ne juge pas utile de lui expliquer à quel point. Ses doigts relâchent progressivement leur emprise tandis que ses yeux coulent sur la gorge du psychologue, à l’endroit où pulse paisiblement la veine jugulaire. « Avec votre insolente circonspection, continue-t-elle dans un chuchotement rauque, vous vous obstinez à vous adresser à mon imprévisibilité plutôt qu’à moi et bientôt vous aurez le culot de vous étonner de ce que je ne vous parle pas avec sincérité. » Un nouveau silence les éclabousse, pendant lequel Ikura s’accoude au dossier du fauteuil, puis tend le dos avec la souplesse cassée d’une tige de ronce pour enfouir le bas de son visage au creux de ses avant-bras, promenant longuement sur le psychologue un regard de chat. Elle n’aime pas l’expression amusée qu’il arbore – elle s’en aperçoit maintenant. Elle-même, décidément, ne sourit plus du tout, et il aura au moins gagné, pour l’heure, cette vérité-là : Ikura, d’ordinaire, ne s’embarrasse jamais de sourire.

Derrière elle, sur la pointe de sa Ranger vissée au sol, sa cheville décrit de lents cercles pensifs. Sa bouche ne tarde pas à reparaître : « Voyez-vous, monsieur, tout professionnel que vous soyez, il y a quelque chose qui m’interpelle dans la manière dont vous me parlez et me regardez. Je ne sais pas pour qui – pour quoi – vous me prenez ; je ne sais pas non plus si cela me dérange, d’ailleurs : une mauvaise herbe à laquelle il faut laisser toute latitude pour s’épanouir, un affreux garnement susceptible de tout démolir autour de lui, une souris de laboratoire, une actrice de seconde zone à laquelle il ne faut surtout pas permettre de produire son petit effet – quand j’aurais préféré être considérée, très factuellement, comme ce que je suis, à savoir une meurtrière ; or j’ai l’impression que vous vous l’interdisez, comme si, en fin de compte, et en dépit de tous vos efforts, ce terme devait nécessairement vous faire tomber dans le piège de la moralisation. » Elle paraît très sérieuse, pourtant rien n’indique qu’il s’agit véritablement de sa propre analyse. « Mais je me trompe peut-être, remarque-t-elle avec détachement. Ce qui est sûr, c’est que je trouve en vous un formidable prétexte pour faire des phrases. » Il y a quelques minutes encore, elle aurait souri pour se donner l’apparence de l’autodérision ; cependant elle se complaît désormais dans une inquiétante inexpressivité. Bientôt, elle se redresse sans brusquerie, contemple les fragments repoussés du pied comme on cache de la poussière sous le tapis, un squelette dans le placard, puis contourne à nouveau le fauteuil pour venir se ficher tranquillement devant le psychologue. Trop près sans doute. Les mains sagement nouées derrière le dos, elle le dévisage d’un regard singulier, car elle semble essayer de chercher ses deux yeux, comme s’il y avait quelque chose à atteindre au centre de ce mystérieux cache-œil. « Et je suppose que vous avez raison, feint-elle d’admettre dans un murmure, rester dans son quant-à-soi est probablement la meilleure solution pour limiter les dégâts ; car sans doute savez-vous déjà, même inconsciemment, que tout cela risque – que tout cela va très mal finir. » Encore un silence. « J’espère pour vous que vous ne mettez pas tout votre orgueil à défendre les causes perdues. »

Il aurait fallu, à ce moment-là, qu’elle s’éloigne pour reprendre le cours de leur entretien ; toutefois, si elle consent enfin à répondre à ses interrogations, elle ne cesse pour autant de lui imposer sa proximité. « Pour en revenir à votre question, non, je ne considère pas avoir fait le grand saut, bien sûr que non. On ne m’en a pas laissé le temps. » Sa propre mort, elle l’admet encore difficilement, lui a complètement échappé ; elle estime que c’est peut-être leur seule victoire sur elle. « Tout ce que j’ai réussi à accomplir – avec plus ou moins d’achèvement –, c’est de trouver du plaisir, une source de jubilation dans le fait de ne pas correspondre aux attentes que l’on peut se faire d’une jeune Japonaise d’aspect chétif ; dans le fait de dire aux autres exactement l’inverse de ce qu’ils souhaitent entendre. Il me semble qu’une fois entrée dans ce cycle de la violence, personne n’est parvenu à se détendre tout à fait en ma présence ; et c’est quelque chose qui me plaît – vraiment. » Curieusement, c’est dit sans la moindre vantardise. Elle cille enfin, mais ce n’est qu’un souffle imperceptible dans la surface d’huile du regard qu’elle pose sur lui. Le susurrement reprend bientôt : « L’Homme se vautre paresseusement dans le confort de ses habitudes et oublie que son état naturel devrait être de rester en permanence aux aguets, des fois que ses petites mesquineries quotidiennes lui reviennent un jour en pleine figure. Plus particulièrement, j’aime épuiser l’attention des imbéciles qui s’obstinent à s’imposer à moi ou à me venir en aide ; j’aime être une épine dans le pied, un grain de sable dans le mécanisme savamment huilé d’une routine, quelle qu’elle soit. C’est embêtant, d’ailleurs, l’idée que mon plaisir soit nécessairement tributaire des autres. On en revient toujours à eux, n’est-ce pas ? » Elle recule enfin pour se diriger tranquillement vers la fenêtre et laisser s’écouler dans la contemplation de la vie extérieure toute la violence contenue au bout de ses doigts.

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Dealing out the agony within
Le Sicilien ne s’attendait pas à une telle réaction. Un renfrognement, pourquoi pas ? Mais un rire aussi strident que lugubre… pas vraiment. Il arque un sourcil interrogateur lorsqu’elle le traite d’hypocrite - ma que ? -, attendant la suite, quelque peu décontenancé. Il a du mal à saisir de quoi elle l’accuse véritablement, derrière ses propos acerbes, l’accablant de tous les torts que pourrait avoir un manipulateur.

« De bonne guerre ». Certainement, après tout, il ne s’est pas lovoyé dans une étrange comédie, lui, bien décidé dès le départ à faire tout ce qu’il pouvait pour aider ou au moins tenter d’aider Ikura. Alors pourquoi est-ce qu’il a l’impression que la situation est en train de déraper ? Il ne fait que son travail, après tout.

Merci qui ? Merci Urie.

Il écoute sa jeune patiente avec attention, braquant son unique prunelle sur son visage comme pour en percer les mystères. Il lâche un léger rire en l’entendant évoquer la possibilité de lui faire du mal en dehors du cabinet. Certes, Ikura est une jeune femme pleine de vie et aux ressources surprenantes, mais il doute qu’elle soit en mesure de lui faire quoi que ce soit.

Le regard de sa patient s’abaisse, mais Leone ne s’en formalise pas, puisqu’elle continue de parler. Sa circonspection ? Elle veut le désinhiber, lui aussi ? Le borgne se fend d’un léger sourire, plus ironique qu’autre chose. Si elle savait. Néanmoins, meurtrier ou pas, il reste son psy et n’a pas vraiment à sortir de son rôle. Quelque part, il a l’impression qu’elle cherche à lui faire dire, ou à obtenir, quelque chose en particulier, l’amenant petit à petit sur un terrain clissant.

Il l’observe jouer de sa position, sans pour autant quitter le dossier du fauteuil, s’y accrochant comme un oiseau à son perchoir, pour mieux y enfoncer ses serres acérées. Si elle ne le détruit pas dès leur première séance, c’est un miracle.

Malgré des propos teintés d’ironie, elle n’affiche plus le sourire qu’elle arborait depuis son entrée dans le bureau, abandonnant cette mascarade ci. Un changement d’attitude qui laisse Leone perplexe, craignant que ce ne soit l’annonciateur d’une véritable tempête. Il y a quelque chose d’inquiétant sur son visage impassible.

La considérer « factuellement » ? La jeune femme ne cesse de le surprendre par sa réaction, un peu comme s’il avait, sans le vouloir, touché une corde sensible. Que voudrait-elle ? Qu’il la menotte à une table comme toute bonne « meurtrière » ? Qu’il s’éloigne d’elle le plus possible ? Qu’il ait simplement peur ? Il n’en est pas certain, mais essaie de saisir ce qu’il se trouve derrière ces mots, tout en essayant de comprendre ce dont elle parle, les paroles et les regards qu’il a pu avoir envers elle et qui l’ont piquée, que ce soit en bien ou en mal.

Il se pare d’une moue pensive, réfléchissant ardemment à la situation, tout en l’écoutant continuer de parler. Effectivement, elle est bien loin d’être avare de phrase et de mots, mais Leone commence à croire que c’est un peu auquel elle se plait.

Il la regarde se redresser, abandonnant le fauteuil, pour se rapprocher de lui, dardant un étrange regard dans les deux orbites du borgne. Voudrait-elle lui arracher le tissu d’un geste, tout comme elle a tiré sur le câble de la lampe pour l’achever, histoire d’assouvir sa curiosité ? Il se le demande bien, peu certain que le cache œil termine la séance sur son visage.

Elle reprend la parole. Si sa voix n’a aucun timbre particulier, ses mots, eux, sont lourds de sens. Leone arque un sourcil, surpris et sceptique. C’est une menace, non ? Qu’elle s’appelle elle-même « cause perdue » en revanche, interpelle le borgne. Si elle est venue ici en premier lieu, et si elle a admis qu’elle souhaitait voir si le Sicilien pouvait l’aider, c’est bien parce qu’elle ne croit pas entièrement être une cause désespérée. A moins que ce ne soit que pour le mettre à l’épreuve. A ce stade, lui n’a plus de certitude quant aux motivations de la jeune femme.

Sans s’éloigner, elle continue d’ailleurs sur sa lancée, pour finalement répondre à la question que Leone lui avait posée plus tôt. Il la regarde du haut de sa taille élancée prendre la parole pour s’épancher sur ses émotions - plaisir, jubilation - à la lumière de ses actes. Leone ferme un instant son œil, réfléchissant, avant de le rouvrir. Finalement, toute son existence semble avoir tourné autour des autres, dans cette espèce d’opposition permanente entre les autres et elle.

Loin de s’arrêter là, elle développe la vision de l’humain qu’elle avait déjà évoqué auparavant, pour y ajouter son idée, bien plus primitive, selon laquelle il faudrait se sentir dans son existence comme dans une arène ensanglantée, à guetter le prochain adversaire pour qu’il ne porte pas le premier coup et l’en empêcher en frappant le premier.

Elle s’éloigne finalement, après avoir reconnu seule sa dépendance aux autres.

Il pousse un soupir, entre lassitude et soulagement.

— Je n’ai pas peur de vous, non. En revanche, j’apprécie moyennement d’avoir quelqu’un au-dessus de ma tête lorsque je dois m’asseoir dans un fauteuil, ironise-t-il. Quant à votre imprévisibilité… peut-elle réellement être dissociée de vous ? Ou est-ce que vous préféreriez que je m’adresse à la partie de vous qui souhaite tout garder sous son contrôle, comme lorsque vous m’avez demandé de m’asseoir ?

Il se redresse et vient passer ses doigts sur les accoudoirs griffés du fauteuil. Quelques éclats à ses pieds crissent entre le sol et ses chaussures ou glissent plus loin. Il ne s’assoit pas pour le moment. Il formule de nouvelles questions, tout en dardant d’un regard en biais sa patiente.

— Finalement, n’est-ce pas votre incapacité à réaliser ce grand saut qui vous frustre autant ? continue-t-il. N’est-ce pas la plus grosse défaite de votre vie, sans que vous ne soyez en mesure de l’accomplir ici ? Sans que vous ne puissiez rien recommencer ou finir.

Il se racle la gorge avant de s’asseoir, quelque peu détendu par le confort de la position assise, dans le fauteuil, rivant son unique prunelle sur la jeune femme près de la fenêtre.

— Qu’est-ce que sauter vous apporterait, si vous en étiez capable ?

Il se cale doucement dans le fauteuil pour laisser ses omoplates s’y enfoncer.
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Dealing out the agony within
Leone & Ikura
Le psychologue respire le scepticisme. Il n’a pas peur, évidemment, et elle ne cherche pas à croiser son regard lorsqu’il l’affirme, continuant d’observer le fondu de la pièce et de l’extérieur dans la réfraction lumineuse de la fenêtre. Ce serait bien inutile et, au fond, il lui plaît qu’il ne se sente pas menacé – que cela soit tout à fait vrai ou qu’il s’agisse d’une apparence revêtue pour la bonne conduite de l’entretien lui importe peu. Au reste, il a très probablement raison d’en rire – elle en rira aussi.

Quand il épingle enfin sa maladive volonté de maîtrise, ses lèvres, blanchies par quelque étrange agacement, s’amincissent en une fine ligne qui n’est pas sans évoquer celle d’une cicatrice mal résorbée. « Je préfèrerais sans doute, oui, rétorque-t-elle d’une voix sévère et impérieuse. Après tout, c’est elle qui vous met des bâtons dans les roues depuis le début. » S’agit-il d’un véritable aveu ? Elle n’en donne pas le moindre indice. Ses oreilles se hérissent comme elle perçoit le mouvement de l’homme derrière elle, le crissement de la céramique sous ses chaussures ; mais elle ne se retourne pas, reste tout près de la fenêtre comme dans un retranchement, prenant désormais le moins de place possible, comme pour mieux rentrer en elle-même et fouiller à pleines mains dans cette bouillie miasmatique de viande, de frustration et de sang qui tressaille dans sa cage thoracique. Lentement, implacablement, elle s’abstrait en-dehors du regard professionnel du psychologue.

Il commence sa dissection et elle l’écoute, s’imprègne de ses paroles comme on recevrait en soi le murmure épars d’un torrent, dispersé dans l’air par le feuillage mouvant des arbres. Il n’y a pourtant rien d’agréable dans son hypothèse, dans sa prétention de mettre à nu ce qui serait, pour elle, la suprême défaite – ce mot lui fait serrer la mâchoire, contrarie efficacement le contrôle qu’elle se targue d’avoir sur tout ce qui l’entoure et, bientôt, le murmure aqueux devient tumulte. Elle ne perçoit qu’avec une conscience végétale le nouveau mouvement de l’homme, qui s’assoit enfin, au terme d’un minutage rigoureux, parce qu’il ne faudrait surtout pas se donner l’air de lui avoir obéi après coup. Une volonté de maîtrise qui en irrite une autre. Elle ne se retourne toujours pas.

Le mot « défaite » serpente épaissement dans son œsophage à la manière d’un remugle aussi dense qu’un morceau de chair. « Admettons. » répond-elle sèchement. Il faudrait alors y voir un drame ou une partition qu’elle n’aurait pu jouer jusqu’au bout, dont le spectre la hanterait à travers cet insoutenable goût d’inachevé ; elle n’aurait fait qu’effleurer du bout des doigts l’édifice magistral, peut-être sans exemple, qu’elle prétendait bâtir avec la glaise de tous ces corps massacrés. Admettons. Est-elle pour autant capable d’une projection susceptible de lui faire comprendre tout ce que cela aurait pu lui apporter ? L’interrogation remue visqueusement ses entrailles, remonte à la surface et éclate à la manière d’une cloque de goudron. « Comment pourrais-je le savoir ? » Elle ne s’aperçoit pas que ses mains se joignent maintenant sur son ventre, que l’ongle de son pouce s’enfonce dans sa paume jusqu’à l’entailler. « Je n’en ai pas la moindre idée. C’est précisément le problème, je suppose. » Une moue incrédule lui froisse fugacement la bouche. « On ne peut que spéculer, ajoute-t-elle d’une voix qui s’anime à nouveau dans un accès d’impatience, avant de retomber dans un profond détachement. Qu’aurais-je obtenu ? Un sentiment d’accomplissement ? De plénitude ? D’impunité ? Il me restait encore beaucoup à faire pour que les institutions ruent sauvagement dans leurs propres impasses. » Un sourire intérieur s’ouvre en elle comme une plaie. « Un procès magnifique, une condamnation à mort... J’aurais fait appel, peut-être prétexté la folie. J’aurais expérimenté la déshumanisation du système carcéral japonais. Je me serais montrée exemplaire. Peut-être même aurais-je eu assez de talent et de chance pour m’évader. Alors, j’aurais recommencé. Encore et encore. Incorrigible. » Jusqu’à l’orchestration de sa propre mort. Elle se retourne enfin, comme remontée, à la seule force de ses ongles, de l’abîme qu’il a creusé en elle. « Ce n’est qu’un fantasme, évidemment. Un prodige qui m’aurait permis d’agir à rebours de ce principe typiquement japonais qui commande de ne pas déranger l’autre. »

Elle s’approche à nouveau du bureau et, contre toute attente, consent finalement à occuper le siège destiné au patient, tombant dedans d’un mouvement où entre une étrange cassure, semblable à la légèreté empêtrée d’un pantin de bois dont on verrait jouer les articulations imparfaites. Est-ce une tentative sincère de s’amender ou une énième duperie, un prélassement ironique dans la zone de confort du psychologue ? Son visage est aussi lisse qu’une pierre tombale en attente d’épitaphe et ne trahit rien de ce qu’elle peut bien penser. Tranquillement, elle croise les jambes et entrelace les doigts au-dessus de son abdomen. « Mais si j’avais pu accomplir tout cela, il est certain que je ne serais pas ici, n’est-ce pas ? » Il y a dans l’arc de ses sourcils, tandis qu’elle le regarde, un mélange d’incrédulité et de mépris face à l’ironie du sort qui l’a propulsée dans ce monde stupide. « Posons-le grossièrement, avec ce qu’il faut de raccourcis et de réductions. Comment expliquez-vous le fait qu’une personne dont l’amusement suprême réside dans le meurtre se retrouve au beau milieu d’un monde où il lui est impossible de s’exaucer ? » A-t-il jamais cherché à systématiser la sélection qui semble s’opérer au moment de la mort d’un individu ? « C’est bien la première fois que je me trouve dans l’obligation de respecter une loi – tu ne tueras point, car ton prochain n’est plus aussi périssable qu’en son vivant – et que je suis contrainte de faire une entorse à un principe aussi enfantin que celui de l’amusement avant tout. Et je ne peux pas tirer la moindre vanité d’une telle entorse, parce qu’elle n’est pas volontaire. J’ai horreur d’être tenue en bride. » Elle cille avec une singulière placidité, respire imperceptiblement.

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Dealing out the agony within
Malgré tout ce qu’elle a pu dire auparavant, Ikura ne quitte ni son poste, près de la fenêtre, ni la pièce, Si elle a pu se montrer menaçante quelques minutes plus tôt, elle ne montre plus rien de cette agressivité sous-jacente, répondant aux questions du psychologue comme si rien ne s’était passé.

Peut-être qu’au fil du temps, pas à pas, Leone parvient à se frayer un chemin vers la jeune femme, tandis qu’elle le laisse franchir certaines barrières. Du moins, c’est ce qu’il se plaît à imaginer, sans réelle certitude.

Sa réponse, prononcée avec une fermeté qui étonne le Sicilien, lui fait lever l’œil de son calepin pour mieux poser sur sa patiente un regard curieux. Aurait-il touché une corde sensible ? N’est-ce réellement qu’une partie de la jeune femme qui cherche à saborder la séance ? A ce sujet, Leone ne peut pas non plus se prononcer, mais il lui est difficile d’envisager Ikura sous deux aspects bien distincts l’un de l’autre. Au contraire, elle lui semble être un méli-mélo, une palette de traits dont il doit déterminer la couleur et l’importance.

— Je n’en suis pas aussi sûr, ou alors admettez-vous n’avoir aucun contrôle sur elle ? demande-t-il avec un intérêt non dissimulé.

Il se doute que ses mots ne lui plaisent pas, scrutant ses traits, ses réactions, avec attention, comme s’il voulait capter la moindre de ses expressions. Il s’agit aussi de repousser plus loin les limites de leur conversation, montrer à la jeune femme qu’il n’a en effet aucune crainte à aborder des sujets susceptibles de l’irriter au plus haut point. Néanmoins, elle ne daigne pas poser sur lui ses billes d’encre, braquées sur l’extérieur. Souhaite-t-elle l’ignorer ? Elle ne le peut pourtant pas complètement, son « admettons » tranchant l’air avec la netteté d’une lame particulièrement aiguisée.

Dans le silence qui suit, Leone ne peut que s’interroger sur les pensées de la jeune femme, émettant des hypothèses. Lui arrive-t-il de songer au grand drame de sa vie - sa mort - comme le plus cuisant des échecs.

A la dernière question du psychologue, elle rétorque d’abord par une interrogation, avant de poursuivre. Le borgne se contente d’opiner d’un léger signe de la tête. Il sait que c’est là tout le problème, mais ce n’est pas sa question.

Avec attention, Leone l’observe s’asseoir dans le fauteuil en face du bureau, sans émettre le moindre commentaire. Il n’a pas vraiment envie qu’elle renonce à ce choix, bien qu’il n’en connaisse pas la raison. Raison qu’il est incapable de lire sur son minois impassible.

Avec un sourire en coin, il hoche la tête pour confirmer ses propos. Sa mort est la marque, la preuve, de son échec.

— Comment je l’explique ? Tout simplement parce que ce monde accueille en son sein des êtres qui ne se sont pas assez « amusés » de leur vivant. Je pense donc qu’il faut tourner votre question dans un autre sens. Pourquoi est-ce que vous êtes ici, dans ce qui correspond à votre enfer personnel ? Peut-être parce que cet « amusement suprême » n’est en fait que factice. N’avez-vous pas évoqué votre insatiable soif de violence ? Vous ne pouviez vous arrêter parce que vous n’étiez jamais satisfaite et c’est votre frustration qui vous a mené ici, dans ce monde où vous ne pouvez plus rien contrôler, pas même vous-même ?

Leone marque une pause, ses omoplates s’enfonçant dans le dossier de son siège.

— Si j’ai bien compris, vous vouliez donc exposer au monde l’absurdité du système que vous détestez, avant de faire votre grand final ? C’est ça, le fantasme du grand saut, à vos yeux ? C’est ce que vous désiriez obtenir ?

S’en serait presque noble, si les moyens employés n’étaient pas franchement dévastateurs. Sa mort aurait été comparable à la clôture d’une œuvre de théâtre, à la fermeture des rideaux sur la jeune Ikura Watanabe, la preuve vivante - ou plutôt morte - que le système est faillible.

— Et vous pensez que si ce fantasme était devenu réalité, les gens auraient commencé à voir les choses, à penser, comme vous ? A moins que vous ne m’assuriez que vous avez tout accompli dans le seul but de vous servir vous et vous seule…

Mais Leone en doute, il l’a trop de fois entendue évoquer l’autre en opposition à elle-même, se considérant comme différente du reste de la population - ce qui n’est pas complètement faux, mais tout dépend du point de vue.

— Posons un autre problème : d’après vous, qu’est-ce que vous auriez pu ou dû faire pour ne pas atterrir ici, sachant que les valeurs morales des cultures terrestres n’ont aucun impact sur la sélection des Morts de ce royaume ? Ce n’est pas comme si nous nous trouvions dans un bon ou un mauvais endroit, après tout.

Il se fend d’un sourire curieux, tout en toisant Ikura.
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Leone & Ikura
Au fond, elle se demande si un médecin légiste adresse les mêmes sourires et regards curieux à un corps ouvert dont il lui faudrait faire l’autopsie. Pour une tout autre personne, l’intérêt du psychologue aurait sans doute eu quelque chose d’impudique. Quant à Ikura, si elle a d’abord trouvé de quoi s’en amuser, elle semble désormais le recevoir avec le recul voire l’indifférence d’un cadavre – très précisément. Elle se laisse faire, oui, mais son goût pour la mascarade ayant temporairement disparu, elle n’a plus le souci de répondre à la moindre de ses interrogations pour élargir, à s’y perdre inévitablement, un réseau confus de pistes mensongères. L’étau se resserre peut-être, mais c’est une enfoncée dans quelque profondeur insondable plutôt qu’une avancée dans un hypothétique labyrinthe aux contours fluctuants et pourtant bien visibles du fait de son horizontalité. Les silences, souvent, en disent un peu plus que les mots. Mais le sien ne dit pas grand-chose lorsqu’elle omet de répondre à sa question – peut-être parce qu’il a trop montré son intérêt, peut-être par lassitude. Elle se contente de ciller tranquillement, une fois encore.

Elle l’écoute, pourtant. Probablement un peu trop. À l’entendre, elle se fourvoie, ne cherche pas au bon endroit ce qui serait susceptible de la combler. C’est sans doute vrai, en un sens, mais la manière dont il le présente fait remonter une impulsion nerveuse le long de sa jambe droite. Elle perçoit le faible tressautement de ses muscles du coin de l’œil mais s’efforce de ne pas y prêter attention. Elle connaît ce signe précurseur, sait ce qu’il annonce, de même que la légère fièvre qui s’applique insensiblement au coin de ses yeux. Cependant elle respire profondément, oublie de ciller une fois sur deux et le laisse, avec une étrange complaisance, essayer de la disséquer vivante. « C’est amusant, fait-elle remarquer d’une voix atone après l’avoir écouté. Vous semblez interpréter tout ce que je vous dis dans la perspective d’un possible progrès de l’humanité. Dessiller la société, lui faire voir les choses telles qu’elles sont dans l’espoir d’une prise de conscience et idéalement d’une correction… C’est bien ça ? » Sous l’entremêlement de ses doigts, la pulpe de ses pouces se rejoint à plusieurs reprises dans un geste pensif. « Eh bien, je dois vous démentir pour cette fois. Il m’est parfaitement égal que les gens se mettent à penser comme moi – d’ailleurs, je ne crois pas que ce soit possible. Je voudrais simplement qu’ils arrêtent de survivre à leur bassesse. Vous savez, je n’ai rien fait d’autre que vous décrire l’idéal d’un suicide universel, beaucoup plus rapide que celui qui s’opère aujourd’hui. Je vous l’ai dit : une vaste entretuerie grâce à laquelle on se débarrasserait enfin de nous-mêmes. C’est la seule correction possible. »

La dernière interrogation du psychologue a presque de quoi la faire sourire – ou lui donner envie, pour de bon, de mettre à sac son joli bureau. Une fois encore, elle considère sa curiosité souriante et son regard intrusif, fort d’une hauteur toute clinique. C’est une excellente question, en réalité, et elle s’étonne de trouver la réponse aussi évidente sur le bout de sa langue, vierge, pour une fois, de tout mensonge. « Si je pars du principe que l’existence n’est qu’une suite d’inévitables compromissions, commence-t-elle en soutenant fixement son regard, qu’en somme il ne m’aurait pas été possible d’atteindre pleinement le but que je m’étais fixé, je dirais que la meilleure chose à faire pour ne pas atterrir ici aurait été… de ne pas naître, tout simplement. » Se trouvent-ils désormais dans une impasse ? Elle suppose qu’il ne s’inclinera pas aussi aisément. Il faut que le sol se dérobe à nouveau sous leurs pieds, qu’ils continuent d’explorer l’abîme. « Je pense avoir réussi à comprendre quelque chose grâce à vous, cela dit. » Vérité ou flatterie mensongère ? Impossible à dire, évidemment. « J’ai très tôt voulu violenter mon prochain de mes propres mains, et je crois pouvoir dire que de mon vivant – et sans doute encore aujourd’hui –, j’ai eu envie de tuer tout le monde de mes propres mains également. Et si ce sentiment d’insatisfaction venait seulement de ce que j’ai été confrontée à la trop grande ampleur de la tâche ? On ne peut jamais tuer assez, quand on refuse le renfort des armes de destruction massive. » Elle dénoue ses doigts et les lève à la hauteur de ses yeux pour les observer posément. « Je me demande pourquoi ces petites mains sont si importantes. Mais peut-être avez-vous une idée ? »

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Dealing out the agony within
« Amusant » dit-elle. Leone lève l’œil de son calepin noirci pour la toiser. Peut-être trouve-t-il également un quelconque amusement dans cet entretien. Il faut dire qu’il s’attendait à pire, il imaginait Ikura Watanabe de bien des façons, mais pas comme ceci, pas aussi bavarde. Pas aussi sage.

Se forçait-elle donc à rester dans un rôle qui ne lui sied pas ? C’est la question qui trotte à présent tranquillement dans l’esprit du Sicilien, attentif aux réponses de la jeune femme.

Il voudrait pouvoir saisir les chemins de ses pensées, les sens qui se cachent derrière ses mots et les images qu’elle se plait à dépeindre par la parole. Pour le moment, Leone n’est pas certain d’y parvenir, mais il est loin de s’avouer vaincu. Finalement, les autres perdent toute consistance dans les plans d’Ikura pour l’humanité, ne devenant que les bêtes figurants d’un massacre à grande échelle. Grattant à nouveau sa feuille de son stylo-plume, avec une application redoublée, le borgne jette sur le papier l’idée de « correction » - correzione -, qui contredit quelque part ses paroles précédentes. Après tout, la correction n’est-elle pas la base même du « progrès » ?

— Je vois, se contente-t-il de répondre doucement à la réplique de sa patiente.

Continuant de jouer le jeu, Ikura ne laisse pas les questions du Sicilien en suspens, répondant à celles-ci en plantant à nouveau son regard dans l’unique prunelle du borgne. Est-ce un gage de vérité que ce contact visuel, le premier depuis un moment ? Leone n’en est pas certain.

Une moue impassible fermement collée sur son visage, le psychologue ne demeure pas moins sceptique face aux conclusions de la jeune femme. Se considère-t-elle donc comme la victime d’un certain déterminisme, au-delà d’une simple créature d’une société malade ? Sa main vient épouser sa joue tandis qu’il écoute tranquillement Ikura.

Joue qui se décolle sous l’effet de sa surprise lorsqu’elle lui annonce avoir découvert quelque chose à l’aide de leur discussion. Il a quelques doutes sur sa sincérité, mais n’en demeure pas moins curieux.

— Je pense que vous vous en doutez, commence-t-il d’un ton sérieux, mais les mains sont nos outils les plus précieux, en tant qu’êtres humains. Elles permettent de prendre, donner, construire, mais ce sont les premières armes qui nous sont données et un symbole de pouvoir. Il marque une pause, toise Ikura d’un air concentré. J’imagine que dans votre cas, tuer « de vos propres mains » signifie asseoir une domination, par la violence, qui ne serait que de votre fait, et non obtenue à l’aide d’une arme. Utiliser un outil serait en quelque sorte admettre votre incapacité à tout contrôler par vos propres moyens, non ? Je pense que c’est votre égo qui vous pousse à vouloir en finir avec tout le monde et de vos propres mains.

Nouvelle pause.

— Mais qu’est-ce que vous en pensez, vous ? Comment est-ce que vous percevez vos mains ? Qu’en est-il de celles des autres ?

Détournant le regard, il tourne une page de son carnet d’un air désintéressé, se retrouvant face au vide d’une feuille qui n’attend que d’être barbouillée d’encre. Lentement, son regard remonte vers Ikura, pour la toiser avec intérêt.

— Si vous avez eu très tôt cette envie de « violenter » d’autres personnes, quand s’est produite la première rupture ? Parlez-moi de votre première victime, de votre premier véritable méfait. Qu’est-ce qui vous a donné envie, à ce moment-là, d’utiliser vos mains pour assouvir votre soif de violence ?

Un léger sourire s’étire sur ses lippes, à la fois curieux et carnassier. Il sait qu’il s’aventure sur des terrains de plus en plus dangereux, mais ne peut résister, face à elle.
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Dealing out the agony within
Leone & Ikura
Il émane du psychologue la même imperturbable placidité. Ikura l’écoute sagement, feint d’entrer en dialogue à son tour, sans trahir ce qu’elle perçoit de sa propre absence. Elle sait que la fièvre grandissante qui lui éclabousse la nuque comme un ressac s’imposera bientôt dans ses tempes en un bourdonnement persistant. « J’aurais un ego disproportionné, alors ? Une malheureuse volonté de puissance ? » L’idée la fait sourire comme une bonne blague. « Peut-être. » Elle observe un bref silence – c’est qu’il n’a sans doute pas tout à fait tort, au fond. « Pourtant, reprend-elle, je dois admettre que je ne boude pas toujours ces outils… À vrai dire… » Elle se tait à nouveau, s’enfonçant dans ce qui ressemble à une réflexion sincère, presque sérieuse. « J’aime me faire des armes de ce qui n’en est pas à l’origine. J’ai toujours été fascinée par tout ce que le monde recèle de violence en puissance – plus que par la violence effective ; comme si absolument tout – jusqu’à l’objet le plus inoffensif en apparence – était susceptible de devenir un moyen de violenter son prochain, de nous transformer en bourreau. » Oui, la nature comme le monde artificiel offrent à l’Homme absolument toutes les occasions d’être méchant.

Elle abaisse tout à fait ses mains, interrompant sa contemplation pour répondre à la nouvelle interrogation du psychologue. « Je n’en ai jamais rien fait à part contraindre et récurer, avoue-t-elle en haussant les épaules ; mais j’ai curieusement toujours été tentée par le tricot. » Véritable aveu ou simple boutade ? Ce qui est sûr, c’est qu’il ne serait probablement pas judicieux de lui mettre des aiguilles entre les mains et qu'elle trouverait assurément le moyen d'en faire autre chose que d'inoffensifs bas de laine. « Quant aux mains des autres… Je suppose qu’après les abus, je les perçois comme ne devant plus jamais se poser sur moi. » Elle se compose une petite moue, jouant caricaturalement la carte de la persécution. Elle-même ne s’aperçoit plus vraiment du détachement avec lequel elle mentionne lesdits abus. Elle poursuit presque rêveusement : « Des mains que je finirai toujours par mordre, même quand elles caressent. » La moue cède la place à un petit sourire vide, mais entendu.

Et il y arrive enfin, à sa première victime, touchant ce qui semble avoir été le point aveugle de leur entretien – vraiment ? Elle doit avoir, comme lui, le sentiment que l’hypothétique réponse à leur « problème » ne se trouve pas là. Cependant elle consent de bonne grâce à jouer le jeu : « Vous allez sans doute rire… Mais en traversant les quartiers les plus pauvres du Japon, je me souviens précisément d'avoir été révoltée par la résignation des miséreux face à leur sort. Il ne viendrait à aucun d’eux l’idée de sauter à la gorge de ceux qui dînent sur leur malheur. Et c’est à force d’y penser que je me suis aperçu qu’en réalité, leur sort m’était totalement indifférent. » Elle marque une pause, un pli pensif au coin des lèvres. « Or, quand on n’a plus d’empathie pour qui que ce soit, quand on ne peut plus relativiser son propre drame à l’aune de celui des autres, ni déplorer l’adversité qu’ils traversent ni même s’en réjouir, je suppose qu’on expérimente véritablement ce qu’est la solitude – et c’est peut-être le premier pas vers le sentiment de toute puissance et d’impunité, paradoxalement. » L’aisance de sa parole indique qu’elle y a déjà pensé mille fois ; impossible, cependant, de déterminer s’il y a là un énième mensonge travaillé ou un réel aboutissement existentiel. Elle continue imperturbablement : « L’insouciance des nantis et des bien-pensants m’a toujours mise beaucoup plus en colère que la souffrance des laissés-pour-compte. » Le vocabulaire de justicière est trompeur, évidemment, et semble on-ne-peut-plus déplacé dans sa bouche. De même que la prétendue colère. S’agit-il d’une forme d’empathie ? Elle s’interroge encore à ce sujet, n’ayant jamais eu le sentiment de souffrir avec eux. « Je me rappelle avoir voulu mettre au jour tous ces morts-vivants en les tuant pour de bon, les faire remonter à la surface comme l’eau souillée de toilettes bouchées. » Elle bat mignonnement des cils dans un étrange sourire. « Histoire que personne ne puisse plus se lover dans sa bonne conscience, vous comprenez ? Ma première cible a été ridiculement facile : un clochard qui m’a lui-même fourni l’arme de mon crime. Il a suffi de casser l’une de ses bouteilles et de lui entailler la gorge avec. »

Elle paraît tout à coup remarquer son intérêt, cependant, et a le vice de ne pas lui expliquer ce qu’elle a ressenti alors. Sans prévenir, elle se lève du fauteuil et se penche sur lui en travers du bureau, fermement campée sur le plat de ses mains : « Mais vous savez ce qu’il serait vraiment rigolo de vous raconter ? susurre-t-elle sur un ton de confidence alarmant. Tout ce que j’ai l’intention de faire à ma future victime. » Elle s’éloigne enfin, les paupières visiblement fébriles. « La suite au prochain épisode, je suppose ? » Oui, la fièvre est là, celle qui précède toujours l’amok ; c’est qu’il l’a stimulée à sa manière, ce méchant homme, et qu’elle se sent maintenant toute faite d’ongles et de dents.

Ikura tourne lentement sur elle-même, embrassant le bureau du regard comme elle l’a fait à son arrivée : « Oh, mais le patron sera fier de moi : je n’ai presque rien cassé. Vous lui direz, n’est-ce pas, à quel point j’ai été sage ? » Le souci d’exemplarité est grossièrement contrefait ; tout indique – à commencer par le sourire obscène maculant sa bouche – qu’elle n’a consenti à cet effort que par amusement – et tout indique également que celui-ci lui passera vite. Enfin, elle se dirige vers la porte, s’immobilise pour se retourner une dernière fois : « Merci de votre aide, monsieur le psychologue ! » minaude-t-elle avec une hypocrisie manifeste, soufflant vers le concerné un baiser du doigt des doigts. Elle sort pour finir, s’extirpe de la salle d’attente maintenant pleine sans manquer d’écraser les pieds d’un autre patient « par inadvertance », et disparaît comme un coup de vent.

Elle sait déjà qu’elle ne tardera pas à revenir.

@Leone J. Chiaramonte Voilà, à toi de voir si tu souhaites ajouter la conclusion de Leone [Flashback] Dealing out the agony within — Leone. - Page 2 798748180 (Et pardon encore pour le retard [Flashback] Dealing out the agony within — Leone. - Page 2 3258746239 )
(c) Miss Pie

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