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[Flashback] Dealing out the agony within — Leone.
Ikura Watanabe
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[Flashback] Dealing out the agony within — Leone. Empty #1le 24.03.19 14:19

 
Dealing out the agony within
Leone & Ikura
C’est le Printemps, Ikura le sent viscéralement à la bonne humeur qui bourgeonne sur le visage des morts quand elle remonte à la surface, aux ronces de la frustration qui lui déchirent les entrailles comme aucun renouveau ne se manifeste dans la routine des premières années. Incapable de trouver le sommeil bien longtemps en dépit de nuits qui s’apparentent souvent à des courses effrénées, elle a coutume de pâlir en même temps que l’aube, invisible dans les logements souterrains, et c’est alors toujours le même arrachement au chaos, la même conquête de l’ordre quand elle a consenti à ne pas découcher : niveler sa couverture du plat de la main, faire de la surface de son lit une eau d’huile, sans le moindre pli, vérifier d’un regard l’impersonnalité glacée de la chambre et s’enfermer dans la cabine de douche, se laisser fondre sous le jet brûlant à la manière d’un sucre, se frotter, parfois jusqu’au sang, comme pour laver une souillure devenue imperceptible avec le temps qui a la prétention de tout guérir ; puis se sécher avec application, et basculer dans une forme de contradiction qui n’est qu’apparente, en se soustrayant au soin vestimentaire qui régente les relations sociales, en neutralisant les regards scrutateurs par une mise négligée, volontiers provocante, qui ne laisse aucune place au confort moral et intellectuel, à l’idée folle de pouvoir maîtriser, modeler ce corps dont elle dénie férocement l’importance.

Après s’être glissée dans la lourdeur réconfortante de ses rangers, s’aventurer dans le salon-salle à manger supprime généralement le peu d’apaisement que lui a procuré l’eau chaude. C’est un vaste bordel qu’elle combat autant que faire se peut par de grands sacs-poubelles et des allumettes craquées nerveusement, mais ce matin, elle n’en a pas le temps. Pourquoi se soucier d’être à l’heure, du reste, elle dont l’existence prétend n’être qu’un doigt résolument tendu à la face de la société et de ses lois ? Elle entend encore Urie lui parler de ce rendez-vous absurde qu’il lui a ménagé ; peut-être perçoit-il, avec plus d’acuité que n’importe qui, le frémissement plus profond de ses doigts qui se languissent chaque jour un peu plus des trépassements immédiats ; peut-être sent-il ses poings se fermer et s’abattre plus âprement sous l’impulsion du bouillonnement intérieur qui la consume. Si elle sait encore se contenir, quand elle le veut bien, il ne s’écoule jamais une seconde sans qu’elle ne s’imagine retourner la peau du monde du bout de l’ongle, et c’est avec l’orgueil des mauvais génies qu’elle s’amuse de ce qu’un psychologue puisse prétendre y changer quoi que ce soit. Elle sera à l’heure, oui, pour satisfaire la curiosité malsaine que lui inspire ce délicieux grain de sel dans l’engrenage de sa routine.

Elle avale en vitesse son bol de riz saupoudré de concombres et de prunes marinés, se brûle la langue avec son thé vert et se consacre enfin, avec une méticulosité inquiétante, à son hygiène dentaire, couronnant un brossage trop agressif par l’utilisation d’un fil mentholé – il n’est après tout pas question de se casser les dents sur ce qu’elle est susceptible de mordre.

Lorsqu’elle sort enfin, elle apprécie la solitude du couloir presque désert encore et s’engouffre en inspirant profondément dans l’exquise odeur de renfermé de la cage d’escalier. De nombreuses marches la séparent du niveau zéro qu’elle s’emploie aussitôt à franchir quatre à quatre ; elle aime grimper à s’en brûler les jambes, éprouver son cœur jusqu’à ce qu’il menace de lâcher, substituant à la mort un simple évanouissement. Elle n’a pas de musique aux oreilles, mais un riff permanent dans la tête qui rythme son ascension ; et elle grimpe, grimpe, jusqu’à ce que ses jambes tremblent et ne la portent plus ; alors elle ralentit, s’agrippe à la rampe, écoute son cœur éclater dans ses tempes comme l’aurait fait une poche de sang.

Au bout d’un moment, son bras enveloppe la silhouette d’un autre spectre, un homme, la soixantaine peut-être, qui monte avec ce qui semble être l’énergie du désespoir et sue dans un costume bien taillé. Comme il a senti sa présence, il tourne vers elle une expression pleine de bonhomie, de toute évidence navré d’avoir ralenti sa progression. Ikura se détache de la rampe et se compose un front bienveillant tandis qu’il la salue et commence à parler. « C’est quelque chose, tout de même, le monde des morts. Qui aurait cru qu’un spectre puisse être encore si lourd et si enchaîné à son corps ? » Il glousse sans amertume, probablement reconnaissant, au fond, de la nouvelle existence qu’on lui offre. Elle imagine qu’il est l’un de ces hommes d’affaires qui s’acharnent au travail jusqu’à mourir bêtement d’un infarctus. Elle ralentit encore un peu pour rester à sa hauteur et il l’en remercie pudiquement. « Je ne suis arrivé qu’avant-hier. Une bonne âme a eu la gentillesse de me déconseiller l’ascenseur avant que je n’en fasse les frais, j’ai eu de la chance. » Il a eu de la chance, confirme-t-elle intérieurement : elle-même a déjà pu faire l’expérience infernale de l’ascenseur démoniaque quelques mois auparavant et la personne qui a eu le malheur de s’y retrouver coincée avec elle à ce moment-là ne s’en est pas sortie à si bon compte. Il a fallu présenter beaucoup d’excuses après le visionnage des vidéos d’enregistrement et accomplir des travaux d’intérêt général – en plus de récurer la cabine de fond en comble. Evidemment, elle ne juge pas pertinent de le mentionner. « Mais enfin, ces escaliers, c’est encore une autre paire de manches, n’est-ce pas ? J’ai toujours le cœur fragile. Vous êtes jeune, vous, vous pouvez n’en faire qu’une bouchée, de ces terribles escaliers-là. » Il rit encore un peu et précise qu’il ne saurait la retenir, bien sûr, maintenant qu’il n’est plus en condition de lui proposer de faire la course. « Je vais vous aider à monter. » propose-t-elle avec un sourire fantomatique. « Ne le prenez pas mal, ajoute-t-elle en enroulant son bras autour du sien comme elle aurait enserré sa gorge d’un lacet étrangleur, on a déjà dû vous expliquer qu’on est tous là pour s’amuser, pas pour se montrer orgueilleux. » Elle ponctue sa proposition d’un clin d’œil qui se veut complice et il accepte dans un bredouillement gêné mais content, en s’épongeant le front.

Ils montent ensemble, prennent le temps qu’il faut, et ce n’est pas grave, parce qu’elle a encore un peu d’avance sur son rendez-vous – la perspective de justifier un retard par une bonne action lui procure du reste un plaisir subtil, délicieusement hérissé d’ironie. L’homme se confie aisément à elle, qui écoute avec le calme trompeur d’un feu mal éteint couvant encore sous la cendre. Bientôt, son aide lui devient si agréable, si familière, qu’il se hasarde à lâcher la rampe, refermant doucement sa deuxième main sur le bras qu’elle lui offre. Elle en contemple silencieusement le dos, velu, à travers ses cils, et l’écoute encore, avec une complaisance de petite-fille modèle, lui parler de son travail ordinaire, de sa famille ordinaire, de ses goûts ordinaires, en somme de sa vie sans accroc, si ce n’est celui survenu dans sa poitrine deux jours auparavant. À quelques marches du dernier palier, elle l’encourage, « Allez, on y est presque ! », le lâche doucement pour engloutir les degrés restants et lui montrer qu’il n’y a plus qu’un minuscule effort à fournir ; elle-même l’attend au sommet en le caressant d’un regard qui se veut amical, presque affectueux, et il est fier d’être sur le point de réussir, quand elle semble remarquer quelque chose, ou plutôt quelqu’un, derrière lui. « Mais regardez qui voilà ! » s’exclame-t-elle avec l’accent familier qui préside aux heureuses retrouvailles.

Seulement, après avoir tourné la tête pour accueillir le nouveau venu par-dessus son épaule, il ne voit que le tunnel éclairé mais non moins vertigineux de l’escalier en colimaçon ; s’il y a des silhouettes en contrebas, il n’est pas en mesure de les distinguer, et il n’a pas le loisir de s’étonner auprès d’Ikura, qui a déjà écrasé sa grosse chaussure contre son plexus solaire dans un violent coup de pied spartiate. Avec un air tout à fait détaché, qui ne laisse quasiment rien transparaître du plaisir presque voluptueux qu’elle a pris en épinglant cet homme sur sa naïveté, elle le regarde dégringoler jusqu’à ce que le tournant de la cage ne l’avale, reste encore un seconde pour écouter son hurlement où la surprise mêlée d’épouvante a laissé place à la douleur – comment disait la chanson qui résonnait il y a quelques heures encore dans l’appartement, déjà ? Victim is your name and you shall fall. –, puis se détourne enfin pour s’abattre tranquillement sur la porte menant au niveau zéro. Celui-ci est plus fréquenté que l’étage encore endormi des logements et la rumeur des conversations étouffe le sifflotement dont elle ponctue ses pas, mains dans les poches de sa jupe. Alors qu’elle franchit le seuil de la salle d’attente servant d’antichambre au bureau du psychologue, elle essaie de se figurer sa personne, ses discours, ses regards ; tout ce qui est censé l’aider, en somme, à se tenir en bride.

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Leone J. Chiaramonte
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[Flashback] Dealing out the agony within — Leone. Empty #2le 07.05.19 16:37

Dealing out the agony within
Un cauchemar. Un autre, un énième à ajouter à la longue liste de ses terreurs nocturnes. Un siècle que ça dure, qu’il n’est jamais parvenu à mettre fin à son propre supplice, alors qu’il aide chaque jour des inconnus à vaincre les leurs. Leone ne sait plus s’il en a marre, à force, cela fait tant de temps qu’il a baissé les bras face aux réminiscences douloureuses qui le hantent. Ou peut-être sa souffrance lui permet-elle de se souvenir, aussi éprouvant soit le processus ? La douleur fait partie de lui, est gravée en son esprit comme en son être, son propre reflet lui renvoyant l’image d’un homme - plus tout à fait humain - qui n’a jamais changé.

Comme souvent, le borgne s’est échoué à l’extérieur de l’Agence. Ses insomnies ne le guident jamais bien plus loin, lorsqu’il sait qu’il a des devoirs le lendemain. Il se contente de marcher comme une âme errante, les crocs légèrement saillants - il lui faudra chasser bientôt - et l’air éteint, celui des nuits agitées.

D’ordinaire, Leone n’est pas un dépressif maladif, au contraire, il est même animé, joyeux et ne se préoccupe que des choses importantes. Mais ses cauchemars à répétition ne cessant pas, il replonge ponctuellement, à la manière d’un éternel camé, dans le passé. Peut-être aime-t-il réellement souffrir face au souvenir de ses images, se rappeler clairement des visages qui ont tendance à s’effacer ? Il ne le sait pas lui-même. Seul son cœur, lourd, connait les raisons de son martyr.

Ecrasant une énième clope contre le sol, avant de la jeter d’une pichenette précise dans la poubelle la plus proche, le Sicilien, se relève, s’étire. Son organisme crie famine, appelle le saint café à venir lui réchauffer la trachée et les nerfs.

Les lourdes portes de l’Agence s’ouvrent puis se ferme avec un claquement sourd. Le chemin, Leone le connaît par cœur, mais ne saurait se défaire de cette routine, quitter le confort de ce lieu. Il le faudrait bien, pourtant, un peu comme un adolescent quittant ses parents. Descendant machinalement les marches, il regagne l’appartement à l’illustre nom pour s’atteler à la préparation de son petit-déjeuner, un véritable rituel, qui ne change que par son contenu, même si le Japon lui fait regretter la cuisine de sa terre natale et de sa France bien aimée.

Le temps que la cafetière française - et non italienne, surtout pas italienne - laisse infuser le café et ne diffuse ses arômes dans la cuisine, le Sicilien se prépare. Ce n’est pas vraiment compliqué, puisqu’il est loin de varier de style pour le travail, troquant d’un jour à l’autre un costume pour un autre, les seuls changements étant les couleurs, la date d’achat de l’ensemble ou quels accessoires il y ajoutait. Sobre comme il faut l’être dans son milieu - vivement l’été, lorsqu’il pourra sortir son costume court vert et jaune -, Leone se contente d’un ensemble relativement original, du fait de l’arrivée des beaux jours, après une douche qu’il aurait voulu revigorante, mais qui n’a, disons-le, pas vraiment l’effet escompté.

Costume impeccable couleur kaki, chemise légère blanche sont une ode au printemps arrivant, alors qu’il se contentait de couleurs sombres durant l’hiver, rehaussant également l’ambre de son unique prunelle.

Devant la glace d’un miroir, il hésite : œil de verre ou cache-œil ? Bien qu’aimant profondément cette relique de 14-18 - pas encore détruite à l’époque -, Leone a bien compris que les gens ont tendance à avoir peur face aux anciennes générations de prothèses.

Avec un soupir, il noue donc le cache-œil à l’arrière de son crâne, laissant le nœud se perdre sous son épaisse tignasse brune.

Il doit s’apprêter pour l’occasion, après tout. Un peu comme dans un film de princesse, où l’on chanterait « aujourd’hui est un grand jour » en dansant sur une musique cul-cul la praline, le borgne fait attention à la première impression qu’il va donner à une nouvelle patiente.

Et pas n’importe laquelle.

C’est Urie qui lui envoie. Et pour qu’Urie envoie quelqu’un au psychologue qu’il a tout bonnement l’air de ne pas supporter - bien que Leone refuse de le voir -, c’est d’abord une marque de reconnaissance et de crédit pour le professionnel qu’il est, et ensuite un gage de confiance qu’il ne peut se permettre de décevoir en faisant fuir la nouvelle venue dès la première séance. Et puisque c’est déjà arrivé, le borgne prend ses précautions.

Mais Ikura n’est pas uniquement une patiente envoyée par Urie, c’est aussi un personnage qui a fait parler d’elle, dans la vie comme dans la mort. Extrêmement complexe, rien que par sa réputation, son dossier ne joue pas en sa faveur, mais comporte presque un défi pour Leone, qui n’a pas eu l’occasion, depuis quelques années déjà, de voir quelqu’un de sa trempe franchir le seuil de son cabinet.

Un peu comme ses cauchemars, certaines choses, aussi glauques soient-elles, le fascinent. L’humanité le fascine, dans sa splendeur comme dans sa misère.

Surveillant l’heure sur sa montre, il veille à ne pas partir en retard, préférant même être en avance, comme un sportif ferait son échauffement en prévision d’un match. Plus qu’un simple rendez-vous, celui-ci promettait d’être haut en couleur et au vu du petit monde qui vient se défouler dans son bureau, il lui faut des nerfs d’aciers.

Café achevé et dents brossées, il se rend donc au rez-de-chaussée de l’Agence. Ayant pris sa dose durant la nuit, il n’éprouve pas le besoin de nicotine pour le moment, il se contente de se diriger vers son cabinet, son antre, qu’il déverrouille avant d’y entrer. Ouverture des fenêtres, aération, un petit manège de perfectionniste moyen qu’il consacre machinalement à l’ensemble de son officine, avant de tout refermer parce que le soleil à beau pointer le bout de son nez, les jours sont encore frais et qu’il ne veut ni congeler ses patients ni se présenter à eux avec une écharpe autour du cou.

Finalement, il n’a plus qu’à régler quelques détails, préparer ses notes pour le premier rendez-vous de la journée, la porte de son bureau entrouverte pour saisir les moindres mouvements de la salle d’attente voisine.

Après un moment, il peut entendre quelqu’un y entrer, marcher un moment. Laissant le temps à la jeune femme pour se préparer à leur entrevue, puisque certains semblent avoir besoin d’une cellule de crise psychologique avant et après chaque rendez-vous, Leone patiente un peu, laisse la nouvelle-venue s’imprégner du décors, scruter quelques titres marquants peut-être sur les étagères remplies qui ornent les murs de la pièce.

Alors seulement, il se lève, tirant machinalement sur son gilet de costume pour le lisser - une tradition vestimentaire héritée du XIXe et qu’il apprécie tout particulièrement - et porte la main à sa nuque pour y serrer une cravate, avant de se rappeler qu’il n’en a pas mis.

Rompant rapidement l’espace qui sépare les deux pièces d’un pas assuré, il ouvre la porte pour se retrouver face à sa patiente - en croisant les doigts pour que celle-ci ne soit pas partie en courant, quoi que cela ne lui correspondrait pas.

Avec un sourire poli, ni trop forcé, ni trop faux, il tend une main devant lui.

Comme s'il n'étais pas face à une meurtrière.
Comme s'il ne devait pas se sentir menacé.
Comment aborder un assassin ?

— Ikura Watanabe, je présume ?

Il faut dire qu’elle est seule, mais donner un nom, aux choses comme aux humains, c’est leur donner une importance, marquer un intérêt, voire montrer que l’on sait des choses sur eux.

Elle est telle qu’Urie l’a décrite. Carré épars, pâleur cadavérique cernée de vêtements noirs, bien que courts, les mains fourrées dans ses poches dans une attitude entre insolence, désinvolture et ennui - quoi que souvent cette triade apparaît unie.

Néanmoins, il ne connaît d’elle que des généralités, des choses que les gens ont écrit à son propos. Histoire, méfaits, mort. Il lui appartient maintenant de comprendre qui elle est réellement.

— Leone Chiaramonte, ajoute-t-il sans brider son italien pour la Japonaise. Enchanté.

Loin de respecter les codes de conduite japonaises - c’est SON cabinet, après tout -, il ne s’incline pas pour lui tendre une carte de visite ou la saluer, se contentant de sa main et d’une invitation à franchir le second espace du petit cabinet.
Ikura Watanabe
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Dealing out the agony within
Leone & Ikura
Son regard scrutateur ne tarde pas à remarquer l’entrouverture de la porte qui mène au cabinet. Elle aurait pu s’affranchir des contraintes qui régulent les comportements en société et s’y infiltrer sans la moindre gêne, mais elle goûte, là encore, un délicat plaisir à s’imposer la décence de ne pas y voir une quelconque forme d’invitation. Elle a toujours préféré les portes fermées, leur vaine protection avant d’être enfoncées ; peut-être ne voit-elle dans celle-ci qu’un moyen pour le psychologue de garder une oreille perverse sur la solitude voire la détresse d’un patient qui attend, tout en lui donnant le sentiment trompeur d’avoir une chambre à soi. Ikura s’en détourne le temps de parcourir les livres qui bordent chaleureusement les murs, trouve aussi bien parmi eux les catégorisations arbitraires et réductrices de la psychologie que le décloisonnement opéré tant bien que mal par la littérature. L’idée lui vient d’en emprunter un, mais c’est à cet instant qu’un mouvement à la périphérie de son œil attire son attention. La porte a achevé de s’ouvrir. D’abord, elle se contente de tourner la tête pour commencer de distinguer son sauveur, découpant sa silhouette du bout des yeux comme le fait le chambranle, des chaussures dont le cuir est impeccablement traité au veston parfaitement cintré qui nuance le semblant de décontraction marqué par l’absence de cravate ; puis tout son corps se redresse enfin, dans un enchaînement presque désarticulé, pour lui faire face.

Son regard lèche maintenant tout ce qu’il peut. Elle se méfie évidemment des individus trop propres sur eux – elle se méfie de tout le monde, il est vrai –, qui entérinent par vanité le pouvoir que l’on octroie aux apparences, cherchant à orienter l’impression qu’ils renvoient d’eux-mêmes pour mieux enfouir sous le masque ce dont ils rougissent en secret, qui confèrent en somme au regard des autres une valeur répugnante. Cet homme est d’une élégance superbe qui lui donne, à elle, de furieuses envies de saccage. Elle le dévisage sans un mot, considère posément son sourire et croit entrapercevoir de belles dents tandis que sa bouche s’ouvre sur son nom, détail presque imperceptible encore qui ne manque cependant pas de lui réchauffer agréablement les entrailles – sans doute n’aurait-elle jamais accepté l’entretien s’il n’avait pas été des leurs. Au bout de quelques secondes, elle baisse enfin les yeux sur la main qu’il lui tend, et alors qu’elle lui renvoie l’exacte réplique de son sourire, d’une sobriété qui ne laisse rien deviner du feu ardent qui crépite sous son front, elle semble presque inoffensive, retranchée derrière une modestie tout à fait insignifiante. Sa main, rougie et marquée par les coutures de sa poche, finit par glisser au creux de la sienne dans une étreinte molle et effacée qui dément tout ce qu’elle a pu commettre d’horreurs.

À quoi bon déjouer les codes du langage corporel, pourtant, quand cet homme sait de toute évidence tout ce qu’il a à savoir à son sujet, et qu’il le lui indique de façon éclatante à travers ses manières policées qui prétendent normaliser une situation susceptible de dégénérer à chaque seconde ? C’est seulement qu’elle trouve un amusement mauvais dans la comédie qu’il lui offre et qu’elle se sent l’envie d’y participer. De fait, elle n’aurait pas beau jeu de faire un éclat dès maintenant, et si n’importe laquelle de ses réactions, à cet instant, aurait été prévisible, du tapage grossier à la non-adéquation à sa prétendue réputation, elle préfère pour l’heure la deuxième posture, celle qui ne la donne pas ouvertement comme un assassin frustré et assoiffé de violence, car c’est encore celle qui lui permet le meilleur surplomb. D’ici, elle se délecte de l’impression que cet homme souhaite lui donner, si joliment contraint par son professionnalisme, et c’est très poliment qu’elle lui répond : « Vous présumez bien, monsieur. » En réalité, elle aurait tout aussi bien pu lui demander : « Est-ce que la mascarade vous plaît ? » Elle connaît son nom également, mais ne le précise pas, préférant lui laisser l’avantage apparent d’être le mieux informé dans l’histoire et de rester maître de ce qu’il dévoile. Ce qu’elle a bien pu entendre à son sujet, par ailleurs, ne l’intéresse qu’à l’aune de la connaissance toute organique qu’elle s’apprête à faire de lui. Il a une voix agréable sur laquelle elle pourra toujours se concentrer s’il lui dit des âneries ; un ronronnement chantant qui lui flatte les oreilles et l’épiderme, l’isole pour le moment dans un monde un peu plus chaud que le sien.

Ikura acquiesce enfin pour signifier dans un beau mensonge à quel point l’enchantement est partagé ; mais si elle se donne la peine de ciller fréquemment alors qu’elle le dévisage toujours, elle oublie délibérément de se mordre l’intérieur de la joue pour refréner sa langue, laissant malencontreusement échapper la question qui la taraude depuis qu’elle l’a aperçu ; celle-ci coule de ses lèvres alors qu’elle s’immobilise tranquillement sur le seuil qu’il vient de l’inviter à franchir – il aurait été impoli de sa part de lui tourner le dos pour la précéder, n’est-ce pas. « Comment avez-vous perdu votre œil ? » Elle aurait aussitôt dû bredouiller quelque excuse pour se blâmer de son indiscrétion, mais elle décide de ne pas lui faire une telle offense, s’amusant ouvertement à repréciser les contours de leurs rôles respectifs, à se prélasser dans l’étrangeté qu’elle est censée incarner. Après tout, il doit avoir l’habitude. D’un long pas, elle entre pour de bon dans le cabinet.

La capacité à reproduire les usages qui cimentent les relations sociales est bel et bien là, mais il y a une évidente forme d’intrusion dans sa manière d’occuper l’espace, d’embrasser chaque coin du regard, d’effleurer les murs et les objets du bout des doigts – faisant légèrement vaciller l’abat-jour qu’elle ne brise pas encore –, jusqu’à survoler le bureau dont elle fait paisiblement le tour, comme si elle était sur le point de prendre place dans le fauteuil normalement destiné à monsieur Chiaramonte. Pourtant elle n’en fait rien encore, et ne s’octroie même pas le plaisir de feuilleter ses papiers, parmi lesquels se trouve sans doute le dossier qu’elle suppose être le sien. Elle croit déjà savoir ce qu’il contient. Ce n’est pas bien difficile à imaginer.

Cherchant à nouveau l’œil unique de  son psychologue, elle reproduit une deuxième fois le sourire dont il l’a si aimablement accueillie. La politesse aurait voulu qu’elle lui cède la place, mais évidemment, elle ne bouge pas. C’est sa façon de prendre possession des lieux. Sans le quitter du regard, elle finit par s’installer dans le confortable fauteuil depuis lequel il dissèque l’esprit de ses patients, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde, se donnant l’air de dire : « Eh bien, qu’attend-on pour commencer ? »

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Leone J. Chiaramonte
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Dealing out the agony within
Aurait-il dû s’attendre à quoi que ce soit de précis ? Craindre sa patiente, la refuser, l’examiner en amont sous toutes ses coutures pour mieux en deviner les secrets ? D’aucuns l’auraient peut-être fait, de peur de subir le courroux qu’on attribue à cette japonaise à l’apparence sereine. Le psychologue n’a pas vraiment idée du genre de personne qu’est Ikura Watanabe, mais se réjouit de pouvoir tenter de lui extorquer quelque parole.

Il n’y a que peu de personnes comme elle - comprendre, des tueurs en série - qui passent par son cabinet. La plupart vivent de leur plus belle mort dans ce nouveau monde, continuant leurs atrocités, que les siècles parviennent parfois à atténuer. Ce monde, comme le précédent, est malade. Peu de gens y trouvent le remède à leurs maux.

Leone capte le regard de la brune, le soutient avec un sourire poli. Peut-être sont-ils tous deux intrigués à l’idée de cette rencontre ? Cela ferait presque plaisir au borgne, pas le moins du monde gêné par le regard scrutateur que la jeune femme promène sur lui. Au moins, elle a l’air intéressée, au moins en apparence, par lui, réagissant là où d’autres se seraient contentés d’ignorer la main tendue du Sicilien pour pénétrer en silence dans le bureau de celui-ci.

Elle finit donc par se saisir de sa main, la serrant avec un sourire factice. Le borgne se réjouit de ne pas avoir eu droit au salut traditionnel japonais, une vraie plaie pour quelqu’un comme lui, habitué à franchir les limites de la proximité. Il n’est pourtant pas dupe - pas complètement - et ne se fait pas d’illusion quant à la véritable teneur de ce geste et les émotions que sa patiente a pu y mettre. Ou plutôt, l’absence d’émotion.

Néanmoins, il est content de constater que la situation ne dégénère pas de suite. Entre Urie et ses jeux de mains un peu trop violents dès le matin ou les patients qui fuient tout simplement à l’autre bout de Tokyo pour ne plus jamais croiser son chemin, il peut au moins se targuer d’avoir fait pénétrer à l’intérieur de son sanctuaire l’une des personnes les plus dangereuses de sa longue liste de dossiers.

Se joue-t-elle déjà de lui ou voudrait-elle sincèrement son aide, il se fait déjà une petite idée sur le sujet - même s’il voudrait croire que son charme légendaire peut venir à bout du plus dangereux des meurtriers. Quasiment personne ne répond au Sicilien de manière aussi polie, posée, encore moins lorsqu’il s’agit de personne de sa trempe et de la première fois. Le pire est donc à venir, et Leone n’a plus qu’à s’y préparer.

En revanche, au vu de son comportement, il ne s’attendait pas à recevoir une question sur son physique, bien que celle-ci soit LA question à laquelle il n’échappe pas, à chaque nouvelle rencontre. Intérieurement, il ne peut que se réjouir de la curiosité dont il est l’objet. Cela signifie que leurs échanges seront animés et le Sicilien n’en demande pas plus.

— Je ne raconte jamais cette histoire à la première séance, répond-t-il dans un sourire.

Il ferme doucement la porte derrière elle après qu’elle ait franchi le seuil de son bureau, tout en la suivant du regard. La plupart des personnes se retranchent dans un rôle bien défini de patient, enfoncé dans un siège ou gisant dans un sofa, mutiques ou bavards, et y collent jusqu’à la fin de la séance. Ikura, elle, s’emploie à jauger les environs, toucher les meubles, les feuilles, les murs comme pour mieux imaginer ce qu’elle peut en faire.

Quoi que le borgne puisse en dire, ça ne présage rien de bon, ni pour lui, ni pour son bureau, et encore moins pour son salaire. Priant intérieurement pour que ses craintes soient infondées, il l’observe s’installer le plus naturellement du monde dans son fauteuil. Intérieurement, Leone pousse un profond soupir. Il faut croire que les masques sont sur le point de tomber, le sourire de la jeune femme n’annonçant rien de bon.

La laissant le narguer depuis le fauteuil de cuir, le psychologue s’emploie simplement à rassembler la pile de dossier sur le bureau pour les ranger dans une étagère. Sans lui demander de se pousser, il se contente de s’assoir à demi sur le meuble, un nouveau sourire éclairant son visage alors qu’il darde son unique prunelle sur le visage pâle de la jeune femme.

Qu’elle franchisse ce genre de limite si bon lui semble, le Sicilien est loin de s’en formaliser, d’autant plus qu’il préfère ignorer ce genre d’attitude, s’y adaptant pour mieux laisser ses patients dans leur zone de confort. Cela dit, rare sont ceux qui osent s’installer confortablement dans son propre fauteuil. Il ne s’affaisse pas en face d’elle, sur l’autre siège, se contentant de la regarder de toute sa hauteur, se faire marcher dessus par une tueuse en série n’étant pas vraiment une bonne idée.

Oui, ils allaient pouvoir commencer, mais les choses semblent déjà sur le point de dégénérer.

— Pourquoi êtes-vous ici, Watanabe-san ?

Son ton est innocent alors qu’il s’empare d’un stylo plume, dardant son orbe doré dans les yeux noirs de sa patiente.

Il a bien conscience que seul Urie est à l’origine de ce rendez-vous, mais quelqu’un comme elle n’aurait jamais accepté sans raison valable. Quelle qu’elle soit, Leone a bien envie de l’entendre. Peut-être sa curiosité lui donne-t-elle aussi envie de savoir jusqu’où sa patiente ira face à lui.

Et inversement.
Ikura Watanabe
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Dealing out the agony within
Leone & Ikura
Bien sûr, la réponse qu’il apporte à sa curiosité déplacée, la repoussant tout en la piquant davantage, est adroite et irréprochable ; d’aucuns l’auraient même trouvée charmante. Sans doute aurait-il été plus inattendu – et peut-être aurait-elle préféré – qu’il lui réponde franchement sans affecter plaisamment la pudeur, mais elle ne peut lui ôter que c’est là un moyen efficace de garantir son retour entre ces murs silencieux – et elle ne juge pas utile de préciser qu’il aurait probablement mieux fait, pour son bien, de lui enlever toute envie de revenir. Sa bouche frémit comme elle ravale le sourire qui n’aurait rien eu de feint, cette fois-ci, se froisse brièvement dans une moue mi-incrédule, mi-moqueuse, lui donnant l’air de s’incliner sans trop de mauvaise grâce face à un trait d’esprit bien senti. Pourquoi pas, après tout ; mais mesure-t-il vraiment à quel point il est dangereux de se faire ainsi désirer – de se faire ainsi désirer d’elle ? Sa voix est étonnamment suave et assurée lorsqu’elle répond en considérant son cache-œil : « Vous me laisserez regarder à l’intérieur, un jour. » Il y a quelque chose d’obscène dans sa réflexion : c’est comme une promesse qu’elle se fait à elle-même, aussi bien qu’à lui, une parole à la fois prophétique et injonctive, dans la certitude où elle se trouve toujours d’obtenir en fin de compte tout ce qu’elle veut.

Quoiqu’elle n’en montre rien, Ikura s’enchante de ce qu’il s’obstine à rester superbement maître de lui en dépit de ses bizarreries. Elle voit en lui ce délicat vase en porcelaine placé beaucoup trop près d’un bord de table, qui ne demande qu’une petite et malencontreuse impulsion pour enfin consommer sa chute. Dans un silence patient, elle le regarde s’affairer tranquillement. Ses yeux suivent le mouvement de ses mains avec la distraction d’un chaton captivé par un point de lumière, puis se lèvent à nouveau vers son visage, l’arc des sourcils innocemment arrondi. Elle ne lui cède pas le moindre pouce de terrain, de même qu’il ne cherche pas à en gagner par ailleurs. Du moins, pas immédiatement. De fait, la place qu’il choisit finalement d’occuper lui déplait. Il y a dans le surplomb qu’il se donne une forme de domination dont elle a conscience et ses épaules se raidissent imperceptiblement tandis qu’elle doit tordre la nuque pour agripper l’éclat de son unique œil. C’est le plus sûr indice de l’empire qu’il souhaite – légitimement – garder à l’intérieur de son bureau et, l’espace d’une seconde, elle se sent dévorée par l’envie de déchiqueter brutalement ses illusions de maîtrise. Dans cet éblouissement de rage, elle entrevoit subitement tout le bon sens dont il a fait preuve en ne s’embarrassant pas de cravate ; mais c’est paradoxalement ce simple constat qui suffit à la faire redescendre dans ses sphères un peu plus respirables. Elle en a presque le souffle coupé, la bouche frissonnant d’une secrète envie de rire, et la question qu’il ne tarde pas à lui poser achève curieusement de l’amuser. « Eh bien, remarque-t-elle en souriant d’un air entendu, voilà qui me change des larmoyants "Mais pourquoi as-tu fait ça, Ikura ?" qu’on me sert habituellement. » Elle ne s’offense pas du matériel dont il s’équipe pour essayer de circonscrire ses contours ; qu’il écrive au contraire et s’aperçoive avec une acuité nouvelle de l’ampleur de la tâche.

Loin de dépêcher sa réponse cependant, elle feint de se détendre en s’enfonçant dans le fauteuil et en laissant l’arrière de son crâne rouler paresseusement contre le dossier, de toute évidence pour mieux le regarder, lui. Le creux de ses mains vient lentement épouser l’extrémité des accoudoirs dans une caresse presque voluptueuse, avant que ses ongles n’y remontent dans une longue griffure pensive. « J’ai été une très, très, très vilaine fille. » susurre-t-elle bientôt sur le ton de la confidence, dans une caricature grossière mêlant dessin animé moralisateur pour enfants de trois ans et mauvais film pornographique. Après avoir contrefait un soupir résigné, elle poursuit d’une voix faussement chagrine : « Mais loin de me repentir de mes fautes, comme tout le monde le voudrait sans doute, j’ai cherché à les reproduire ici, dans ce repaire de charognes ambulantes, jusqu’à découvrir – jusqu’à ce qu’on m’apprenne – que ce n’était pas possible. » En somme c’est elle la personne lésée de l’histoire, semble-t-elle signifier avec aplomb. « Bien sûr, ajoute-t-elle en agitant négligemment la main, il y a toujours des expédients pour rendre un corps non-opérationnel et irréparable – l’emmurer, le dépecer et l’éparpiller aux quatre coins du monde des morts, par exemple –, mais en définitive, à moins d’y consacrer des siècles, dit-on, ça ne meurt pas, ça ne refroidit jamais tout à fait. » Oui, pense-t-elle avec une amertume qu’elle se garde bien d’afficher, entre l’intensité proprement jouissive de la traque et la retombée dans un état d’insatisfaction chronique qui pousse le tueur en série à recommencer, un chaînon manque ici-bas, celui du meurtre stricto sensu, décevant par essence mais non moins indispensable pour sonner l’ouverture de nouvelles chasses. « En d’autres termes, monsieur, je suis extrêmement frustrée, et partant curieuse de découvrir ce que vous pourriez bien entreprendre pour m’aider. »

L’incrédulité infléchit à nouveau sa bouche dans un sourire faussement poli. Elle a parlé très librement, sans donner le sentiment d’avoir un grenier – ou un éden – d’assassin à protéger des intrusions extérieures. C’est toujours ce qui a dérangé, du reste : la manière toute détachée qu’elle a d’évoquer ce dont elle aurait dû rougir ou pleurer, pleine de l’assurance que nul n’est en position de la comprendre, de toute façon, et ravie au suprême degré à l’idée que l’on puisse seulement se souiller irréparablement en essayant. « Oh, évidemment, continue-t-elle en se donnant l’air de lever le voile sur le véritable mystère qui les tourmente tous les deux, si je n’ai pas répondu à Urie qu’il se fichait le doigt dans l’œil jusqu’au coude et qu’au rythme où il creusait il risquait même de se payer un deuxième trou du cul, c’est uniquement parce que vous avez l’heur d’être de la même espèce que lui. » Sans avoir l’air de trouver la moindre discordance au mélange des registres auquel elle vient de se livrer, elle ajoute en ponctuant ses mots d’un grotesque battement de cils : « Je raffole des vampires. » Aussitôt, avec une souplesse étrangement cassée qui n’est pas sans rappeler la disharmonie dérangeante d’une sculpture en fil de fer, elle quitte le fauteuil pour se hisser à son tour sur le bord du bureau, s’appuyant dessus de ses deux mains tournées vers le psychologue dans une posture empreinte de curiosité, comme captivée. « Après tout, admet-elle dans un murmure, vous possédez quelque chose que je n’ai pas. » Le buste incliné vers lui, un sourire fantomatique aux lèvres, elle laisse à nouveau son indiscrétion saillir de son esprit vicié : « J’ose espérer que vous tuez pour vous nourrir… ? Quel effet cela vous fait-il ? » Son regard devient tout à coup plus incisif, de même que sa voix. « Si vous avez le mauvais goût de biberonner des poches de sang humain, c’est le moment de me servir votre plus beau mensonge, parce qu’il me semble indispensable que vous sachiez ce que c’est pour prétendre pouvoir m’aider. »

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[Flashback] Dealing out the agony within — Leone. Empty #6le 05.07.19 1:41

Dealing out the agony within
Leone observe la jeune femme évoluer dans son bureau. Elle donne l’impression de vouloir s’imposer à tout, à l’espace comme à lui, s’adressant au psychologue avec un respect qui n’est qu’apparent, masquant des propos hautement plus vicieux, sous la surface. La laissera-t-il regarder sous son cache-œil un jour ? Il en doute fortement. En revanche, l’ordre à peine dissimulé ne lui en laisse théoriquement pas le choix. Dans la bouche d’Ikura, derrière son ton mielleux, l'affirmation donne plus l’impression d’être une menace qu’une promesse. Ou une promesse au goût de violence.

Ce qu’elle ne connaît pas et de fait, ne contrôle pas, l’intrigue-t-il ? Est-ce qu’elle voudra arracher le cache-œil en tissus noir pour satisfaire une curiosité qui frôle l’obsession comme elle touche à chaque meuble de la pièce ? Souhaite-t-elle appliquer son empreinte, sa marque, sur tout ce qu’elle touche ? Ses yeux semblent vouloir tout capter. Tout dévorer. Elle a ce regard acéré, glaçant et fascinant à la fois. Celui des prédateurs. Regard qu’il ne connaît que trop bien, car il s’accompagne souvent d’une soif insatiable, peu importe sa nature.

Si elle est assise dans ce fauteuil, c’est en théorie pour éclairer le psychologue sur ces questions. La première et la plus importante d’entre elle, en revanche, flotte encore dans l’air jusqu’à ce qu’elle se décide à y répondre. Le cou étiré pour soutenir l’unique prunelle dorée du psychologue, elle le fixe sans qu’il soit en mesure d’échafauder la moindre hypothèse sur ce qu’il peut se tramer dans l’esprit de la jeune femme.

Un sourire se dessine sur ses lèvres fines lorsqu’elle brise le silence. Leone arque un sourcil surpris en entendant la remarque de sa patiente. Quel image a-t-elle de sa profession ? Leone soutien sans ciller son regard avant de répondre sur un ton détâché.

—  Je ne suis pas juge, seulement psy, je n’ai aucun intérêt à porter un jugement moral sur vos actions.

Il aurait aimé pouvoir ajouter l’adjectif « passées », mais selon Urie et l’épais dossier qu’on lui a refilé au sujet d’Ikura Watanabe quelques temps plus tôt, c’est loin d’être le cas. Elle est comme une anomalie que l’on essaie désespérément de faire rentrer dans le moule carré de la société, mais qui trouve toujours le moyen de passer au travers des mailles du filet, comme un virus dont on ne se débarrasse jamais vraiment.

En cela, elle est fascinante, loin d’être le genre de lémure qui se repend de ses actions et tente de vivre dans la mort avec une normalité presque déraisonnable.

Leone l’observe d’un œil attentif s’installer plus confortablement dans son fauteuil. Fauteuil qu’il voudrait bien récupérer, mais il doute que ce soit une bonne idée de brusquer la jeune femme dès le début de leur entretien.

Suspendu à ses lèvres, il attend qu’elle réponde enfin, qu’elle brise peut-être le faux secret derrière sa venue.

Quand elle reprend la parole, Leone arque à nouveau un sourcil surpris, en portant son stylo au coin d’une lèvre légèrement secouée par une folle envie d’éclater de rire, pour masquer son hilarité. On ne lui avait encore jamais fait le coup de la « vilaine fille » et s’il n’avait pas mis tous ses efforts dans son self-control, contracté ses abdominaux pour qu’aucun spasme amusé ne trahisse son état, il aurait certainement signé plus tôt que prévu l’arrêt de mort de son professionnalisme.

En tous cas, il cernait déjà la vision qu’elle pouvait avoir de son métier.

Rappelant involontairement Leone à l’ordre, elle pousse un soupir avant de continuer. Confirmant d’abord les faits rapportés dans son dossier, elle confie sa vision des choses, ce qui rassurerait presque le psychologue, qui avait peur qu’elle se contente de faire des remarques sur son œil depuis son fauteuil tout en attendant que le temps passe. Surpris, il l’écoute s’étendre sur ses actions, en plus de mots qu’il n’en attendait d’elle.

Il sait déjà qu’il n’a pas à cocher la case « mutisme » dans le portrait dont il dessine peu à peu les contours. Au contraire, elle parle avec détachement d’atrocités, se conforme aux codes sociaux habituels, dignes de n’importe quelle conversation à la table d’un café, pour aborder ses faits et gestes, sans pour autant être avare de paroles. Celles-ci s’écoulent de sa bouche avec un rythme tout contrôlé.

Sans l’interrompre, Leone observe ses gestes et ses moues, décortique ses paroles. Il n’écrit pas immédiatement, leur instable position ne lui permettant pas d’être certain qu’elle le respectera pour sa profession et qu’elle ne lui arrachera pas ses notes des mains. Son oreille décèle une pointe de déception, cette fille parlant de son envie de meurtre comme une enfant le ferait d’un énorme pot de glace auquel il n’aurait pas le droit de toucher. Le supplice de Tantale, version sanguinaire, en quelque sorte.

A en juger par ses paroles, l’éternité n’est pas une solution. C’est tout de même ironique qu’elle se retrouve coincée là, à croire que dans son cas, ce monde n’est rien d’autre qu’une punition.

Sans dévoiler ses pensées, Leone tique en l’entendant parler de ses victimes, de leurs corps, comme s’il s’agissait de vulgaires objets, ceux dont on se débarrasse juste après noël parce qu’ils vous ont déçu. Il s’attendait à devoir faire face à un détachement profond, mais ça lui fait toujours étrange de se retrouver en face de quelqu’un qui n’a aucune once de sentiment à l’égard de l’humanité.

« Frustrée ». Le borgne scrute le visage d’Ikura de sa prunelle dorée, quelque peu surpris du choix de ce mot et de la netteté avec laquelle la jeune femme parvient à porter un regard extérieur sur ses propres émotions. Dans sa bouche, il semble prendre un tout autre sens, bien plus inquiétant que d’ordinaire. C’est comme une promesse. Celle qu’elle recommencera, peu importe les moyens, jusqu’à s’estimer satisfaite.

« M’aider ». Leone oserait presque esquisser un sourire. Voilà qui commence plutôt bien pour lui. Non seulement elle se montre bavarde, mais en plus elle a conscience qu’il n’est pas là pour jouer au chat et à la souris - ou du moins le croit-t-il innocemment - toute la journée, reconnaissant les bienfaits de la profession du borgne.

Lui aussi, est curieux de le découvrir.

Il a détourné un instant son regard de sa patiente, toujours confortablement enfoncée dans le fauteuil, mais lorsqu’elle reprend la parole, elle capte à nouveau l’attention du psychologue.

Un sourire s’étire sur ses lèvres lorsqu’elle annonce la raison de sa venue. C’est la journée des premières fois, avec elle, entre son obsession pour les vampires et le remake d’un vieux porno malsain qu’elle lui a servi plus tôt, Leone commence sincèrement à douter du sérieux de la scène.

S’il remarque le mélange des langages, il ne fait aucun commentaire, laissant la brune s’exprimer alors qu’elle se lève du fauteuil pour s’installer à côté de lui. Leone réprime un haussement de sourcils réprobateur. Qu’elle reste sage doit sûrement être trop demandé.

« L’effet » que ça lui fait ? Si elle savait que son psychologue ne valait pas mieux, avec les bains de sang de sa jeunesse de vampire, l’adulerait-elle ? Il commence à avoir sa petite idée sur le sujet.

— Même réponse que tout à l’heure, je ne réponds jamais à ce genre de question à la première séance, répond-t-il d’un ton innocent.

Il penche légèrement son visage vers elle pour plonger son unique prunelle dans le regard acéré de la Japonaise.

— Mais je sais ce que c’est, mademoiselle Watanabe, ne vous en faites pas pour moi, c’est vous, l’objet de cette entrevue.

Un sourire en coin au bord des lèvres, il se redresse en jouant avec son stylo du bout des doigts. Les assassins peuvent-ils reconnaître les leurs ?

— Donc, enchaîne-t-il rapidement d’un ton ferme, vous dites vous sentir frustrée ici, avec les corps immortels, ce n’était pas le cas durant votre vie ? il marque une pause. A quand remonte votre soif de sang ? Et je ne parle pas de votre première victime humaine.

Ce genre d’information, il peut les dénicher dans son dossier. Ce qu’il veut, c’est en apprendre plus sur elle, rentrer dans sa tête, aussi malsaine l’expérience soit-elle.

Mais encore faut-il qu’elle le laisse faire.
Ikura Watanabe
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Dealing out the agony within
Leone & Ikura
Le psychologue affirme pouvoir se dispenser de tout jugement moral avec une conviction touchante, mais Ikura n’en croit pas un traître mot. Du moins a-t-il le mérite, a priori, de ne pas exercer pour sa simple subsistance, le monde des morts prenant en charge l’essentiel des besoins de ses résidents ; car ceux de ses confrères qu’elle a eu le déplaisir de rencontrer de son vivant ne sont jamais parvenus à lui faire oublier qu’ils dînaient somme toute sur le récit de ses déboires. Mais alors, quelles peuvent bien être les motivations de celui-ci ? Curiosité morbide, peut-être ? Une forme d’exorcisation de son propre malheur à travers celui des autres ? Elle refuse de croire que seule la bonté fonde cet étrange don de soi.

Sans n’en rien dire, elle perçoit les microfissures qui lézardent subitement son flegme jusqu’à présent si remarquable : le stylo porté à la bouche dans un geste de distraction, la crispation du torse, bien visible de là où elle se trouve, autant de signes qu’elle ne cherche pas nécessairement à interpréter avec exactitude – hilarité ou malaise, peu importe au fond, la réaction en elle-même lui suffit. Le sourire qu’il affiche finalement ne la trompe pas cependant, et peut-être s’attendait-elle à une deuxième dérobade de sa part ; pourtant celle-ci la déçoit ostensiblement. Ne répondra-t-il donc à aucune de ses interrogations ? Son désappointement, cette fois, ne prend pas la forme d’une moue puérile mais se manifeste à travers un regard dont l’aspect suggère vaguement l’affabilité glacée d’une lourde porte métallique. Ikura esquisse un lent mouvement de recul pour rompre la posture de confidence dans laquelle elle s’était abîmée dans une mascarade de complicité et rétorque d’une voix un peu ennuyée : « Bien sûr que c’est moi, l’objet de cette entrevue. Mais ne vous êtes-vous jamais dit que les questions que je pouvais vous poser étaient susceptibles d’en révéler autant si ce n’est plus sur moi que les réponses bien construites que je vous sers sur un mode tout appris ? » Elle a un petit haussement d’épaules. « Après tout, tant pis pour vous ; je n’ai pas à avoir la prétention de vous apprendre comment exercer votre formidable métier. » Se donnant ironiquement l’air de dire qu’elle ne souhaite pas lui faire offense, elle finit par se retirer du bureau pour regagner le fauteuil du psychologue ; un long pas en arrière symbolique.

L’intérêt qu’elle a pu avoir dans son baptême du sang paraît avoir complètement disparu – pour le moment. Elle l’écoute reprendre fermement ses droits et lui cède volontiers l’apparence d’être le maître entre les murs de son bureau. A-t-il peur que la situation lui échappe ? C’est probablement l’indice le plus sûr de son professionnalisme – mais pas seulement. Il lui suffit, à elle, de s’y prendre autrement. Elle le contemple paresseusement avant de pivoter pour jeter négligemment ses jambes en travers de l’accoudoir, remuant pensivement le bout des pieds tandis qu’il l’interroge à nouveau. Il y a une forme de vice dans la manière dont elle n’omet aucune de ses questions ; on en revient finalement au pourquoi – d’un genre différent, déguisé en un subtil quand : « C’était le cas également de mon vivant, monsieur, mais je pouvais bel et bien consommer ce qui, ici, se réduit immanquablement à l’état de projet avorté. Là-bas, la frustration donnait sens au recommencement ; ici, pour l’expliquer aussi clairement que possible, elle intervient à un stade prématuré. Il n’y a pour ainsi dire rien à recommencer. » Elle feint de se regarder distraitement les ongles. « Ou plutôt, il n’y a rien à finir. »

La deuxième question lui arrache un sourire incrédule. De toute évidence, elle a déjà eu tout le loisir d’y réfléchir. Elle reconnaît le désir de s’aventurer au-delà des simples statistiques, des bêtes données alignées dans un dossier de manière aseptisée. Beaucoup de choses manquent dans le sien, elle en est certaine ; si d’hypothétiques liens ont été établis entre les événements, ceux-ci sont sans doute mauvais, construits à l’aune d’esprits biberonnés aux théories étriquées. « Dans ce cas parlez de soif de violence, rectifie-t-elle tranquillement ; soif de sang est encore trop réducteur. » Il s’agit de la violence sous toutes les formes qu’elle peut prendre, déployée sur un continuum inouï que pratique jusqu’au plus inoffensif des individus – en apparence. Ikura se renfonce confortablement dans le creux de l’accoudoir qui lui tient lieu de nouveau dossier et fait semblant de chercher des éléments de réponse ; réponse qu’elle connaît déjà en vérité, qu’elle a maintes fois mûrie. C’est que ce psychologue n’a pas gagné le droit de s’aventurer sur ses propres sentiers inexplorés. En existe-t-il seulement à ses yeux ? C’est peut-être ce qu’elle est venue découvrir, au fond. Si elle consent pour l’heure à jouer le jeu selon ses termes, qu’il lui prouve sans trop tarder qu’elle a effectivement besoin de lui.

« Cela remonte probablement à mes quatre ans, feint-elle d’admettre en fixant vaguement un point sur le mur, comme projetée dans son propre passé. Je dirais qu’il y a eu deux événements majeurs, assez proches chronologiquement. Le premier, qui se divise finalement en plusieurs petits épisodes, est le fait d’avoir assisté aux ébats plus ou moins forcés de ma mère avec ses clients. » Elle tourne à nouveau le visage vers lui et semble sur le point de lui parler de la pluie et du beau temps. En un sens, cela ne fait plus aucune différence à ses yeux. Elle poursuit imperturbablement, sans rougir de ce qu’elle peut dire, comme si elle se trouvait dans un contexte purement médical : « C’était un spectacle que je n’étais pas vraiment en mesure de comprendre et qui m’a obligée à réinterpréter les gestes en apparence les plus innocents du quotidien. Si vous voulez, je n’étais pas vraiment capable de saisir la différence qu’il y avait entre ma mère faisant une fellation à son client et ma petite camarade d’école suçant le bout de son crayon. Peut-être que j’y voyais déjà une reproduction malsaine. J’imagine… J’imagine que j’ai brutalement acquis le sens de l’obscénité ambiante – universelle, même. Cela me travaillait, voyez-vous, et je ne comprenais pas que mes camarades puissent être aussi insouciants à ce sujet. J’ai dû instinctivement sentir que cette insouciance était un état de grâce que personne ne méritait, au fond, pas même un enfant puisqu’on me l’avait ôtée, à moi – et ce sentiment ne m’a jamais quittée depuis. » Elle marque une pause, semble fouiller profondément dans la connaissance qu’elle a d’elle-même. « Il m’a semblé, à l’époque, que le plus sûr moyen de mettre un terme à cette insouciance incompréhensible – je pourrais dire offensante – c’était la violence ; glisser dans ces petits corps, comme un ver dans un fruit, la certitude inquiète qu’à tout moment, une forme de douleur, quelle qu’elle soit, pourrait leur tomber sur le coin de la figure et rompre le prisme enjoliveur de l’enfance qui leur couvrait les yeux ; je voulais les forcer à regarder différemment le monde environnant, comme on m’avait forcée à le faire. » Le sourire qu’elle lui adresse à ce moment-là n’atteint pas ses yeux. « Bien sûr, pour l’enfant que j’étais, il y avait sans doute avant tout la dimension mimétique et cathartique de la violence ; frapper car je l’ai vu faire et subi sans rien connaître d’autre, frapper pour me défouler, frapper car il n’était pas juste, après tout, que je sois la seule initiée à un tel degré d’obscénité ; mais cela serait trop facile de réduire mon écart du droit chemin à cet aspect-là, après coup. »

À quel point est-elle sincère ? Impossible à dire. Il est évident, en tout cas, qu’elle prend un malin plaisir à entremêler différentes pistes sans fournir le fil d’Ariane qui permettrait de ne pas s’y perdre. Elle se met à agiter espièglement les jambes par-dessus l’accoudoir. « Quant au deuxième événement… Un crétin fini penserait probablement qu’il s’agit du tout premier viol, mais enfin, n’importe qui d’un peu sensé et lucide admettrait que, d’une manière ou d’une autre, nous sommes toutes condamnées à passer par là tôt ou tard. » Sa lèvre supérieure se retrousse légèrement dans un inaudible ricanement cynique. « Pour ma part, j’y suis simplement passée très, très tôt. » Évidemment, elle a une façon plus que suspecte de minimiser cet épisode traumatique de son enfance. Est-ce pour elle une manière de s’en défendre, d’ériger un rempart ? Pourtant, il y a une forme d’impudeur dans le dévoilement du détail capital qu’elle ne tarde pas à évoquer : « Non, cela s’est passé juste après, quand j’ai rejoint ma mère qui avait subi le même traitement que moi – seulement pour elle ce n’était pas une première –, et qu’au lieu de m’en réconforter, elle m’a simplement tendu de quoi me nettoyer – de quoi passer à autre chose, en somme. » Sans le montrer, elle se retrouve tout à coup au bord de l’abîme vertigineux que ce geste si cruellement trivial a creusé en elle. Si la sensation lui est maintenant familière, elle ne manque jamais d’avoir le souffle coupé quand elle se hasarde à trop y penser. Elle se tait un peu trop longtemps. « J’ai une vive conscience du fait que c’est à ce moment-là que j’aurais pu être sauvée. Un geste de tendresse aurait suffi. » Loin de verser dans le pathos néanmoins, elle part d’un grand éclat de rire ; et ce n’est pas le rire tragique de celle qui fait contre mauvaise fortune bon cœur ; plutôt le rire implacable et indifférent de celle qui considère avec la philosophie d’une trop bonne joueuse ce pied-de-nez de l’existence. « Au bout du compte, c’est un peu décevant : sur le papier, je ne suis qu’une pauvre gamine qui a manqué d’amour. Cela étant dit, j’espère que vous n’aurez pas la bêtise de réduire tout cela à la défaillance supposée d’une mère plutôt qu’à celle d’un Etat, comme l’ont fait tant de psychologues et de psychanalystes avant vous sous couvert de ne porter aucun jugement moral. » Elle reprend ses mots à dessein et ne manque pas de lui sourire en le regardant fixement. « Il est si facile de blâmer la mère… alors qu’en toute honnêteté, je pense pouvoir dire que la mienne a fait ce qu’elle a pu – elle est la dernière personne pour laquelle je me suis embarrassée d’empathie et la seule à qui je n’en veux pas. » Engagée dans sa réflexion, elle se tapote doucement la bouche du bout de l’index et du majeur. « Si on regarde les choses autrement, l’amour est aussi ce qui fait de nous des bêtes dociles capables de tout endurer sans vraiment renâcler. Parfois je me demande si elle n’a pas consenti à la création de ce monstre sciemment ; pour que d’une manière ou d’une autre, son drame à elle – et pas seulement le sien, d’ailleurs –, ne passe pas inaperçu. » Elle se compose tout à coup un air contrit : « Mais il me semble avoir répondu beaucoup trop longuement à votre question, monsieur. Vous arrivez à suivre, j’espère ? »

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[Flashback] Dealing out the agony within — Leone. Empty #8le 10.07.19 19:17

Dealing out the agony within
L’œil de Leone se plisse, scrute les traits de sa patiente. Quelque chose en lui détecte un changement. Ce n’est que pur instinct, comme un animal sent la tempête approcher avant même les premiers grondements de tonnerre. Très certainement insatisfaite de sa réponse, elle se recule, s’éloigne du Sicilien alors qu’elle avait volontairement franchi les frontières de son espace vital.

Mais si ce n’est pas plus mal, l’attitude de sa patiente ne le rassure pas. Il n’aime pas qu’on se joue de lui. Il n’aime pas qu’elle se joue de lui, car il sait qu’il risque fortement de perdre. Avec Urie, c’était différent. A peine entré dans la pièce, il avait bien fait comprendre au borgne qu’il lui faudrait une bonne raison pour rester - et une encore meilleure pour revenir.

Dans le cas d’Ikura, tout est différent. Mais, curieux de savoir jusqu’où elle peut afficher cette fausse conformité, il ne l’interrompt pas, lui laisse le temps de donner une substance à ses mots, tandis que lui les attrape au vol.

La réponse qu’elle lui offre le laisse pantois. Outre l’ironie largement perceptible de ses mots, le Sicilien est piqué dans sa curiosité. Qu’attend-t-elle de lui, exactement, en lui demandant ça ? S’il était un ami, une épaule sur laquelle pleurer et se confier, il aurait pu comprendre… mais il sait pertinemment que dans le cadre de son métier, les barrières sont faites pour être maintenues. Il sait qu’il ne doit surtout pas la laisser s’insinuer dans les pans privés de son être.

Cela signerait certainement sa fin.
Mais le croit-elle si naïf ?

Il l’observe regagner son précieux fauteuil. Grincement de dents intérieur. L’a-t-il déjà laissé aller trop loin ? Il préfère innocemment croire que ce n’est qu’une concession nécessaire que sa position lui permet de contrebalancer.

Mais au fond de sa prunelle, à cet instant précis, une lueur d’appréhension, imperceptible, point. Sous ses airs assurés, le psychologue est loin d’être serein.

— Restons-en à votre histoire, lance-t-il finalement, un sourire poli plaqué sur son visage, voulez-vous ?

Elle ne se fait pas prier, s’installant encore plus confortablement qu’avant, en travers du fauteuil. Son fauteuil. Leone retient un soupir atterré. Cherche-t-elle à le provoquer ou tout simplement à marquer son territoire, s’appropriant des objets qui ne sont pas les siens ?

Son œil se plante dans les prunelles d’encre de sa patiente, d’un air plein de reproches, comme pour lui faire comprendre que sa position ne lui plaît pas vraiment. Mais il ne lui demande rien, ne lui ordonne rien, pour le moment.

Car il est presque certain de la tournure que prendra leur discussion, jusque-là cordiale,  s’il tente de regarder le terrain perdu.

Pour le moment, elle répond à sa question, continuant le flot de ses paroles comme s’il n’avait jamais été interrompu. Qui sait combien de temps cela durera ? Leone l’écoute patiemment. Il ne prétend pas comprendre ce qu’elle peut avoir ressenti et ressentir, néanmoins, il tente de graver chaque mot évoqué, chaque émotion décrite - car s’en est, et c’est déjà ça - dans sa mémoire. Sur son carnet, il griffonne quelques mots, en souligne d'autres. La fin. Qu’est-ce qu’elle lui évoque, exactement. N’est-elle que la mort, l’instant T où l’objet de ses désirs rend son dernier souffle pour n’être plus qu’un pantin de chair ? Il note sa dernière phrase, lie « finir » et « recommencer ». L’opposition n’est pas totale, mais c’est ce qui diffère entre un monde et l’autre.

A sa question, Ikura se fend d’un sourire. Il ne cherche pas à l’interpréter - son obsession à ses limites - et se contente d’attendre sa réponse. Celle-ci vient à la manière d’une correction. Elle appuie sur le terme de violence, lui, il le grave sous la plume de son stylo, l’encadre à la manière d’un tableau macabre, au centre de sa feuille.

Se faisant, Leone opine du chef, ravi qu’elle soit assez attentive à ses questions pour les reformuler selon ce qui correspond le plus à sa réalité. Il se redresse contre le bureau, s’y installe plus confortablement, croisant les doigts pour ne pas ressortir de cette séance avec un lumbago.

Ikura semble se taire pour réfléchir, un nouveau moment de silence que le psychologue ne peut pas s’empêcher de noter intérieurement. Chaque silence, chaque raccourci, chaque lien a son importance. Elle est intelligente, maintient ses barrières tout en semblant dévoiler beaucoup, Leone ne peut que le reconnaître. La limite entre la sincérité et la manipulation se fait de plus en plus floue.

Finalement, elle rompt le silence en s’arrêtant sur une date. « Quatre ans ». Leone hoche la tête et attend la suite, qui ne tarde pas. Intervient alors le personnage de la mère dans la vaste pièce de théâtre qu’ils sont en train d’analyser, sombre, elle a participé au tableau sombre de l’enfance d’Ikura, peint aux couleurs du vice.

Leurs yeux se rencontrent à nouveau alors qu’il achève de souligner le rôle maternel sur sa feuille, à côté du premier point. Il soutien son regard d’un air neutre, sans ciller, hochant la tête de temps à autre face à ses confidence, l’air serein face aux aveux de sa patiente.

Les mots de la jeune femme sont crus, complètement contraires à l’image qu’on pourrait se faire d’elle. Leone ne s’en formalise pas, loin d’être un saint qui brandirait le drapeau de la vertu dans un cabinet où les pires atrocités ont déjà été dites et répétées. Au contraire, il apprécie sa franchise.

L’incompréhension de son enfance, la jalousie face aux autres, si différents d’elle, renvoie à la notion de frustration qu’elle évoquait auparavant. Celle d’être seule à voir le monde sans les filtres de l’enfance.

Baissant les yeux sur son carnet, il commence à y noter des informations. Les paroles d’Ikura lui font l’effet d’une toile d’araignée, qu’elle tisse peu à peu, confidence après confidence. Le tout forme l’ensemble brisé de son histoire. Tâches d’encre sur des dates, des faits, des identités. Le tout dans le but de graver sur le papier un portrait d’Ikura Watanabe, de celle qu’elle est, mais aussi de celle qu’elle a été.

Leone la fixe à nouveau lorsqu’elle s’entoure à nouveau de silence. L’observe réfléchir à la suite, avant de replonger dans son récit.

Combien de patients se sont ainsi livrés à lui dès le premier jour ? Très peu. Est-ce une forme de routine pour elle, ou s’amuse-t-elle à l’imaginer batailler avec ses confidences ? Leone n’en sait rien.

« Faire et subir », deux notions intrinsèquement liées, entre dominant et dominé, prédateur et proie. Deux notions qui ont leur importance, visiblement, dans la psyché d’Ikura. Leone trace un trait grossier depuis le personnage de la mère, dans un coin de sa feuille, le relie de l’autre côté aux « autres », de parfaits étrangers au monde souillé d’Ikura. Une énième ramification relie les deux termes au concept de violence.

Sa dernière phrase laisse Leone perplexe. Désire-t-elle vraiment l’aiguiller au point de juger les détails qu’elle lui livre comme insuffisants ? Il est surpris par la conscience que la jeune femme a d’elle-même, mais se contente de l’encourager à poursuivre.

En revanche, elle va finir par détruire son fauteuil, si elle continue comme ça.

Vient le second point, le second événement déterminant, selon elle. Celui qui fait lever un sourcil interrogateur au psychologue. « Toutes » ? Sans noter le mot, il remarque qu’encore une fois, c’est par rapport aux autres qu’Ikura se définit. Bien qu’elle n’ait jusqu’alors pas été avare de mot, le viol est abordé d’une simple phrase, à peine effleuré. Mais au moins, il est évoqué, inscrit dans l’air et sur le papier.

Nouveau silence. Le stylo de Leone gratte toujours sa feuille, dessinant les arabesques d’une calligraphie qui n’a rien de japonais. S’il se contente de quelques bribes, les paroles d’Ikura semblent s’inscrire jusque dans sa chair, flottant dans l’air à la manière de vieux démons.

La plume se suspend dans l’air. « Sauvée », dit-elle, présentant cet événement comme le coup de grâce d’une existence déjà en partie tuméfiée. Le borgne la regarde rire sans joie ni peine. Il attend qu’elle reprenne, relève ce rire au même titre que les silences.

Décevant n’est pas le mot que le borgne aurait employé, mais effectivement, tout ceci n’explique qu’en partie le tournant qu'a pris sa vie par la suite. Des enfants sont battus, violés ou vendus chaque jour dans le monde, tous ne deviennent pas des sociopathes.

Il lui rend son sourire, lèvres pincées, lorsqu’elle lui adresse une pique lourde de sous-entendus.

Plusieurs branches partent de la figure maternelle, sur la feuille, s’entremêlent et rejoignent d’autres mots.

A sa question, il se fend d’un sourire bienveillant.

— Bien sûr, souffle-t-il, ma, c’est mon métier.

Il n’y a que son dos qui ne suit pas. Il voudrait bien qu’elle lui rende son siège - mais il n’est pas prêt de lui demander. Si votre mère fait figure d’exception…

— A qui est-ce que vous en voulez, alors ? demande-t-il en plantant sa prunelle dorée dans celles charbon de la Japonaise.

Le borgne reprend les mots d’Ikura, ceux prononcés peu de temps auparavant, pour qu’elle n’ait pas à faire de bon en arrière - pour le moment.

— Vous avez évoqué l’Etat… son regard plonge vers les feuilles noircies de son calepin pour s'y perdre un instant. Qu’a-t-il à voir avec vous, exactement ?

Il a son propre avis sur la question, mais cherche à connaître celui de sa patiente.

Alors il se tait à nouveau, laissant Ikura se prononcer.
Son regard ne la quitte pas un instant.
Ikura Watanabe
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[Flashback] Dealing out the agony within — Leone. Empty #9le 11.07.19 16:40

Dealing out the agony within
Leone & Ikura
Son métier, se répète-t-elle intérieurement alors qu’il se compose à nouveau un sourire tout ce qu’il y a de plus amène. Il joue à merveille. Aucun de ceux ayant reçu ses confidences auparavant n’a réussi à tenir une aussi bonne contenance et elle se demande si c’est le fait d’une prudence consommée – est-il tout à fait à l’aise en sa compagnie, après tout ? – ou le signe d’une ouverture d’esprit qui, à la longue, pourrait le rendre plus poreux encore au murmure de ses secrets. Elle ne songe pas une seconde qu’il puisse s’agir d’indifférence puisqu’il lui a déjà donné, peut-être sans le vouloir, plus d’indices qu’il n’en faut du contraire. Elle voit encore le regard de reproche qu’il lui a adressé lorsqu’elle a pris possession de son fauteuil avec la dernière familiarité, se souvient avoir pensé, derrière l’arc innocemment arrondi de ses sourcils, ne me rends pas les choses si faciles. À moins qu’il ne s’agisse là encore d’une part de la comédie ? Elle s’imagine entamer ce masque de bienveillance et de patience avec ses propres dents, et c’est un cillement presque rêveur qui met un terme à la fixité du regard dont elle l’a si longuement couvé.

Il a d’autres questions, évidemment ; pas nécessairement celles qu’elle attendait – ou peut-être que si. Elle accueille la première d’un sourire étrangement candide mais ne répond pas tout de suite, se donnant une fois encore l’air de prendre le temps de réfléchir, tout en paraissant chercher la réponse dans le bel œil doré dont il l’observe avec tant de soin. En vérité, il lui tarde d’écouter à nouveau le griffonnement de la plume contre les feuilles de son carnet, ce doux bercement auquel son oreille réagit comme une fleur sensitive. Il est absolument délicieux, d’après elle, que l’importance qu’il prête à certains éléments puisse s’entendre, que l’activation fiévreuse de son esprit trouve ainsi son prolongement dans le bout de ses doigts. C’est que, pour Ikura, l’essentiel n’est pas d’essayer de deviner les liens qu’il peut bien construire entre les demi-vérités qu’elle énonce, mais de transformer toutes ces pages en un véritable dédale. Avec un minotaure à chaque croisement.

La réponse qu’elle tisse dans le secret de sa pensée semble l’ennuyer, du reste. Poussant plus loin son appropriation du fauteuil, elle se redresse de manière à pouvoir replier ses jambes à l’intérieur – ses chaussures entrant ainsi en contact avec le joli revêtement molletonné –, bascule nonchalamment sur le flanc et s’accoude à l’appui-bras, sans oublier de sourire au psychologue. C’est que, de son côté, le bureau n’a pas l’air d’être très confortable pour lui. « J’en veux à tout le monde. » souffle-t-elle sans le quitter des yeux. « Et en un sens, c’est difficile à admettre. » Elle a un pincement de lèvres avant de poursuivre. « En vouloir au monde entier, c’est partir du principe qu’il compte, n’est-ce pas ? Qu’il a un semblant de valeur à mes yeux. Or je me suis toujours targuée de mon indifférence supposée à son égard. La vérité – et son sourire amusé, faussement entendu, tranche grossièrement avec la profondeur que sa confidence est censée revêtir –, c’est que je ne parviens pas à décolérer : je ne m’explique pas que le monde puisse continuer de tourner en dépit des atrocités qui s’y commettent – et surtout de la manière dont elles se commettent. Je trouve cela d’une saleté répugnante, impardonnable, et il est évident que le monde et moi, nous nous entendrions beaucoup mieux si chacun regardait bien en face ses crapuleries au lieu de chercher à se donner bonne conscience par des arguties de mauvaise foi. » Elle hausse une épaule : « C’est presque une forme d’empathie, en soi, mais il paraît que je n’en suis pas capable. » Sa main demeurée vacante se met bientôt à triturer l’un de ses lacets. « La mort a empiré les choses, puisqu’il m’est impossible de m’amuser comme je l’entends. Quant au rôle de l’Etat dans tout ça… » Un long soupir lui déchire la poitrine. « Je dirais que c’est le coupable idéal – puisqu’il semble absolument nécessaire d’en trouver un. Ma mère, elle, n’est qu’un maillon plus ou moins volontaire d’une fabrique de monstres beaucoup plus vaste. Je n’ai jamais eu l’occasion de lui demander ce qui l’avait réduite à se prostituer, mais il est évident qu’elle fait également partie des laissés-pour-compte. Les choses auraient-elles été différentes si ses conditions de "travail" avaient été plus décentes ? Si l’Etat, par l’hypocrisie désastreuse de ses lois, n’avait pas cherché à concilier appât du gain et bien-pensance bourgeoise ? S’il n’avait pas manqué à tous ses devoirs à chaque étape de ma propre existence ? Même le placement dans les familles d’accueil reste essentiellement le fait d’associations à peine subventionnées... » Elle se tait enfin, lui signifiant d’un regard curieusement insouciant qu’elle ne souhaite rien ajouter.

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[Flashback] Dealing out the agony within — Leone. Empty #10le 12.07.19 16:34

Dealing out the agony within
Le silence les enveloppe une nouvelle fois. Leone soutient le regard sans faille de sa patiente, cherche à le comprendre, au-delà des mots. Mais il est loin d’être l’archéologue sur le point de mettre en lumière quelque découverte magistrale au sujet d’Ikura, bien loin aussi de l’avoir percée à jour.

Alors il se contente de lui renvoyer son regard, d’observer le sourire mutin qui se dessine sur ses lèvres sans qu’il puisse s’estimer certain de sa signification. Les choses n’ont pas besoin d’être précipitées, si ?

Le psychologue se redresse, se repositionne contre le bureau. En bougeant, tout son dos proteste, ses muscles se crispant et annonçant la venue de courbatures prochaines. Il se retient de lever son unique œil au ciel. Parfois, il se demande si cette séance n’est pas qu’un amusement pour elle, une manière de tromper son ennui, sa frustration, sans jamais se livrer complètement.

Mais Leone, à l’égard de sa patiente, n’a que des hypothèses sans certitude. Les contours de son portrait sont à peine esquissés, mais ils lui semblent trop flous. Les moments de silence lui font l’effet des censures noires sur les papiers officiels, masquant le plus important. Elle s’accapare son attention, l’entraine au loin, dans une direction sans date, avant de bifurquer vers une route opposée, jouant de ces allers-retours comme pour le mettre à l’épreuve. « Vous arrivez à suivre » lui avait-elle demandé. A-t-il réussi le test en passant outre sa provocation enfantine ? Ou au contraire ne risque-t-il pas de rester coincer dans la toile dentelée qu’elle tisse petit à petit, à la manière d’une araignée ?

Malgré tout, le borgne est persuadé qu’il a encore du temps, tout le temps qu’il lui faut même, pour que le portrait d’Ikura s’affine sous sa plume.

Alors il l’écoute patiemment, son stylo suspendu en l’air. Cette fois, il ne réprime pas un froncement de sourcils en la voyant mettre les chaussures sur le fauteuil. SON fauteuil. Le tout avec un petit sourire plein de défi.

Captant à nouveau son regard, il lui rend un sourire crispé. Des gens sont morts pour moins que ça, elle est bien placée pour le savoir. Mais étrangler sa patiente n’est pas vraiment une très bonne pédagogie, alors il n’en fait rien, attendant le moment opportun pour la rappeler à l’ordre.

Car elle enchaîne sans l’attendre, l’entraînant à l’autre bout de son esprit en se pliant au jeu de ses questions - qui le mène vraiment, d’ailleurs, ce petit jeu ? - encore et encore. Leone baisse les yeux sur sa feuille lorsqu’elle met en valeur un contraste intéressant. Le « monde entier » compte-t-il pour elle, si ce qu’elle souhaite, c’est sa destruction ? Patiemment, il note quelques bribes de paroles, passant à une autre feuille pour laisser la mère dans son coin, bien qu’elle semble largement liée au monde tel que décrit par la jeune femme.

Au « monde », le borgne ajoute la notion de « valeur », opposée à l’indifférence. Quelle est-elle au juste ? Quel est le prix du monde, aux yeux de sa patiente ?

« Décolérer ». Leone esquisse un léger sourire, lève les yeux en opinant d’un léger geste de la tête. Il demeure surpris par la lucidité d’Ikura face à sa propre condition, sa propre situation. A-t-elle déjà retourné le problème maintes et maintes fois dans sa tête ? Dans d’autres cabinets ? Sur le cadavre d’une de ses victimes, alors que sa colère ne se tarissait pas ? Ayant deux pages à sa disposition, il inscrit sur l’une « décolérer » et sur l’autre « colère ». Ire existentielle, d’incompréhension face à un monde que tout le monde sait malade, mais que l’on choisit d’ignorer. Avec un sourire en coin, Leone se dit un instant qu’hors contexte, les paroles d’Ikura siéraient parfaitement à celles d’une héroïne de comics. Comme quoi, le côté obscur de la force n’est jamais très loin des aspirations les plus nobles.

C’est la violence du monde qui la révolte, cette même violence qu’elle a contemplé depuis ses yeux d’enfants et qu’elle retrouvait dans les gestes des autres, sans que jamais personne ne puisse voir le monde de la même façon qu’elle.

D’un air désintéressé, elle évoque son absence d’empathie. Il lève les yeux vers elle, pose ses yeux sur la main qui joue avec un lacet - toujours sur son fauteuil.

A la page de droite, il ajoute le concept d’amusement. C’est pourtant la devise de ce monde. Quelle ironie qu’Ikura s’y soit retrouvée, finalement, puisqu’elle est désormais condamnée au supplice de Tantale pour l’éternité.

Les traits de Leone retrouvent leur sérieux le plus total lorsqu’elle évoque les lacunes de l’Etat, les raisons pour lesquelles elle en fait un coupable, là où sa mère n’était qu’une victime, ou un pion. Les questions de la jeune femme sont à l’évidence uniquement rhétoriques, mais le borgne ne peut s’empêcher d’y songer, se propulsant un siècle en arrière.

— Je vois, souffle-t-il en relevant les yeux vers elle, sentez-vous le besoin d’accuser quelqu’un ? De quoi exactement accusez-vous l’Etat et le monde ?

Il marque une pause, mesure ses mots.

— Que feriez-vous pour changer le monde ?

Il a un léger sourire, comme si sa propre question lui semblait ridicule, mais il lui semble - peut-être à tort - qu’elle intéressera sa patiente. Il n’est pas assez naïf pour croire qu’elle voudrait le rendre beau, Leone songeant qu’elle préfèrerait certainement le voir sombrer, le voir plier, mais il s’intéresse à la vision qu’elle en a, derrière ses billes d’encre.
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