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EPREUVE 5 • Soirée déguisée

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Terminé #21le 06.01.19 22:41
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Anonymous
Solas Taylor [HWG]
Invité
Mais qui suis-je ?:
Avalon. Une île presque paradisiaque si on ne devait pas compter ses nombreux gangs qui aiment rendre la vie impossible aux autorités. Nous suivons Solas Taylor, un jeune homme riche et noble faisant partie d'un gang de voleurs cachés dans la nuit noire et le mystérieux quartier gothique de la ville.
EPREUVE 5 • Soirée déguisée - Page 3 78nq
Encore une soirée mondaine. Le jeune homme déguisé n’en pouvait déjà plus. Entre les sang-bleus discutant du meilleur moyen de tabasser du pauvre Néonuxi, les Shadows Walkers -ceux qui avaient accepté l’invitation du moins- restant dans les coins peu éclairés (Solas jurerait avoir vu un de ses compagnons fourrer quelque chose discrètement dans son costume !), et les simples riches qui parlaient du cours de Nevanade et de ses choses qu’on ne pouvait décemment pas aimer sans au moins avoir un bac +5 en économie.


Il consulta sa bat-montre. Oui, il était venu déguisé, et oui, en Batman, et oui, il avait pris cette bat-manie de bat-commencer certains mots par bat mais bon, quitte à venir être ridicule, autant porter fièrement ses bat-couleurs ! Le noir.
Minuit moins quatre. Devant lui passaient, confondus, des piafs, des représentant de films, y avait même ce gars-là, qui avait eu le culot de venir grimé en cet alien là, il avait le nom sur le bout de la langue, le gars dans Star Wars 28 Le retour de la légende de l’attaque des Porgs… De toutes façons, c’était mieux avant.


Minuit moins deux. C’était l’heure du discours et du verre de l’amitié. Honnêtement, il s’en fichait. Qui sait s’il n’allait pas cambrioler un de ces gars-là en sortant ? C’est qu’on se repose pas le premier janvier chez les voleurs.


Minuit moins dix secondes. C’est le décompte, et il se sent obligé de le marmonner dans sa barbe alors qu’il est imberbe. Scroeugneugneu. Autour de lui, tout le monde criait :
"10 ! 9 ! 8 ! 7 ! 6 ! 5 ! 4 ! 3 ! 2 ! 1 ! BONNE ANNEE !"


Le bruit était assourdissant, les projecteurs portatifs de tous les invités diffusaient des lumières psychédéliques et éblouissante, et soudain, une pensée lui traversa l’esprit :
"Criminels. Où ils sont ?"
Et le temps de cette pensée, la soirée partit en vrille.
Devant lui, une poule venait de passer en caquetant avec un œuf brisé dans la main, faisait-elle un remake de Hamlet ?
Quelqu’un dans la foule, un toaster, attrapa un panier à pain et essaya de le vider dans sa bouche.
Et un rire démoniaque éclata dans la salle.
Le Joker.
Il était là, devant les yeux de notre Batman, à essayer de faire exploser des faux pains de C4, en envoyant des sms avec un 3310 à un numéro surtaxé qui allait probablement lui installer des panneaux solaires.
"Joker !"
"Batman ?"
"C’est fini Joker, pose ce téléphone et laisse cet installateur de panneaux solaires tranquille !"

Quoi ? Je veux dire c’était une blague les…
"Batman ! Je vais te faire bat-manger ton bat-honneur !"
Mais… Mais laissez-moi parler !
"Ah oui, Joker ? Regarde, je te donne un bat-coup de pied !"
Mais…
"Et moi je l’évite et je te le rends !"
JE SUIS LA VOIX OFF, LAISSEZ-MOI PARLER !
"AOUCH, ça fait mal ! Tiens, prend toi mon bat-pain dans la gueule !"
Bon, si vous m’écoutez pas je me tire !
"Joker ! Laisse Gotham tranquille, sinon…
- Sinon quoi Batman ? On n’est même pas à Gotham ! Regarde ! C’est une île !
- Une ile ? C’est quoi ?
- Y a plein d’eau autour ! Et puis tu sais, on est même pas réel !"

Attend, quoi ? Qu’est-ce que tu viens de dire ?
"Bah ouais ? Je veux dire, avec votre épreuve qui fait gagner les consciences de ce on quoi on se déguise, comme le Joker, j’ai gagné une conscience de moi ! JE SAIS QUI ON EST, QUI VOUS ETES ET CE QUE VOUS NOUS FAITES, REBELLEZ VOUS MES FRERES, ILS NOUS MARTY"
Point final. Tu disparais. Jartez moi cette coquille-là, c’est la troisième en un mois.
‘Kay boss.
"Mais ? Où est passé le Joker ?"


Intrigué, le héros d’un soir regarda autour de lui, sans voir un quelconque adversaire. Autour de lui, les gens continuaient de se prendre pour des grilles pains, pour la poule de Shakespeare, où pour essayer de tailler un crayon avec ses dents.
Décidé à arrêter le plus de supers-vilains, notre héros se dirigea vers l’autre extrémité de la pièce et… Psst, appelez les maçons, faudrait reboucher ce vilain trou au mur numéro 4. Et pis dites au boss d’arrêter ces conneries-là, avec cet évènement y a déjà eu trop d’incidents comme ça. Comment je l’explique, moi, à mon héros après quand quelqu’un disparait du scénario sans laisser de traces ? Ah, tiens, d’ailleurs, je crois le voir se battre avec Mécha-Godzilla, faut que je file. Merde, il est passé où ? Pourquoi ils se barrent tous ? SOLAS ? SOLAS ! Bordel, il faut que je fasse un épilogue avant de le chercher, tout le monde attend une fin ! Hum hum.

C’est ainsi que, de minuit à sept heures du matin ce premier janvier, Avalon connu un super justicier de l’ombre… Bat-Solas. Déterminé à faire régner l’ordre, il expédia en cellule tous ses anciens camarades et… Comment ça il ne ferait pas ça ? Vous croyez que c’est simple d’improviser, sans le script ? Quoi ? Vous l’avez trouvé ivre mort dans une ruelle ? Attendez moi !
Terminé #22le 06.01.19 22:43
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Anonymous
Erika [SnKR]
Invité
Contexte !:
Mon forum, Shingeki no Kyojin Rebirth est basé sur le manga/anime du même nom.
Après avoir passé une partie de son enfance dans les bas-fonds de la capitale, Erika a rejoint les Brigades Spéciales, ou Police Militaire, qui a pour réputation de vivre pépère dans le centre. Et Eri a en effet bien l'attention de se la couler douce : c'est une feignasse susceptible et très lunatique.
Elle s'exprime en #993366
Voilà EPREUVE 5 • Soirée déguisée - Page 3 798748180

[Environ 1020 mots.]



EPREUVE 5 • Soirée déguisée - Page 3 Tumblr_ons45wPE8C1tv83zuo1_500

Soirée costumée



Parfois, Erika détestait son boulot.

Parfois, même, elle détestait sa vie tout court. Souvent, ce sentiment naissait lorsque son regard croisait malencontreusement celui de son supérieur hiérarchique. Il s’amplifiait alors quand ce dernier s’approchait d’elle puis explosait dès qu’il ouvrait la bouche, peu importe ce qu’il avait à lui dire.
Qu’est-ce qu’il allait bien lui vouloir, aujourd’hui ? De la paperasse supplémentaire, une mission dans la cambrousse, la corvée de vaisselle ? A chaque fois, elle pensait avoir tout vu, tout entendu. Evidemment, elle se trompait.


- On est réquisitionné pour une mission de contrôle. Pour la nouvelle année, une famille de grande influence organise une soirée costumée, avec beaucoup d’invités. Jusque-là, rien d’extraordinaire : on veille à qu’il n’y ait pas de débordements et on sécurise les entrées et sorties.
- Ouais, ouais. Classique.
- Sauf qu’il nous est demandé d’être plutôt discrets. Ils ne veulent pas que la présence de militaires gâche la fête. Trouve-toi un déguisement, on doit se fondre dans la masse.

Erika ne répondit rien. Elle attrapa les documents qu’on lui tendait en se mordant la lèvre. Vraiment, parfois, elle détestait sa vie.


Se déguiser, non mais franchement. Ce genre de choses n’intéressait que les gamins, elle n’avait pas que ça à foutre. De base, les soirées de nobles lui donnaient déjà envie de vomir. Mais elle n’avait pas le choix si elle voulait toucher son salaire.
Là, le problème auquel elle devait faire face, c’était que clairement, elle n’avait rien à se mettre. Elle doutait que se pointer en uniforme « déguisée » en soldat ne plaise à son supérieur. Alors qu’elle réfléchissait dans son bureau, son regard s’arrêta sur un objet. Une lyre, posée sur une étagère. Elle appartenait à un musicien arrêté et enfermé en cellule de dégrisement la nuit précédente : ce dernier, très alcoolisé, s’était mis en tête de chanter une ballade à la fenêtre de la femme qu’il aimait. Enfin, si chanter était le terme adéquat, dans la mesure où une bonne partie du voisinage s’était mis d’accord pour porter plainte pour tapage nocturne. Et dans un concours de circonstance, l’instrument s’était retrouvé là en attendant que son propriétaire puisse le récupérer. Ce qui, en soi, n’était pas pressé.


Erika avait dû arriver en avance au manoir où se déroulaient les festivités. Elle était parvenue à trouver une chemise colorée, un pantalon bouffant et un chapeau mou en location dans une boutique. Pour le reste, elle n’avait plus qu’à jouer le ménestrel mélancolique et elle pourrait rester tranquillement dans son coin à enchainer trois notes de musiques. Oh, et bien sûr, elle ferait semblant, enfin,  disons qu’elle assurerait discrètement – même très discrètement – la mission qu’on lui avait confié.

La soirée se déroula sans encombre. Les invités discutaient tranquillement, mangeait plus qu’il n’en fallait et les couples occupaient la piste de danse. Certains costumes étaient peu travaillés, d’autres avaient dû coûter une sacrée somme d’argent, ce qui, peut-être, était pire. Minuit arrivait péniblement. Il fallait encore tenir bon, mais la jeune femme n’avait qu’une hâte : rentrer chez elle. Elle n’avait jamais accordé particulièrement d’importance au changement d’année. Enfin, la foule se rassembla au centre de la pièce, face à la vieille horloge qui égrenait les dernières minutes. Eri resta dans le fond, un peu à l’écart, et se rapprocha d’un collègue déguisé en chat.


L’horloge sonna douze fois. C’était la fin.


Et voilà, une nouvelle année débutait. Serait-elle à l’image des précédentes ? C’était étrange de penser qu’un tic-tac d’horloge pouvait marquer un nouveau départ.


- Qu’est-ce que le temps qui passe ?
Est-ce le passé que l’on chasse ?


Seul un miaulement lui répondit. Erika poussa un profond soupir. Pourquoi était-elle ici déjà ? Son regard se posa sur la scène où se tenaient les musiciens. Ces derniers avaient mis un terme à leur musique barbare, bien trop enjouée pour son cœur meurtri. Ah ! C’était cela sans doute : elle avait été conviée pour être humilié ! On voulait lui faire comprendre que sa place ne serait jamais dans la lumière, qu’elle ne serait jamais acclamée pour ses mélodies. Naïvement, elle avait cru que venir ici lui permettrait de faire connaitre son talent. Piteusement, la jeune femme fit quelques pas en faisant vibrer du bout de ses doigts les cordes de sa lyre. La foule commençait à se disperser. Elle s’approcha doucement d’une petite fille habillée en fée :

- Jolie demoiselle,
Que la vie à pourvue d’ailes,
Je souhaite exprimer la mélancolie,
Que j’éprouve envers la vie.
Voulez-vous écouter la chanson,
D’un ménestrel sans renom ?


Elle ajouta quelques notes à la lyre pour ponctuer son dernier vers. La fée lui répondit d’une courte phrase dont elle ne saisit pas le sens avant d’abattre sa baguette sur le crâne de la jeune femme qui étouffa un « Ouch ! » Se frottant le front, elle fit lentement demi-tour et s’éloigna. Avec un soupir, l’artiste incomprise se laissa tomber sur une chaise dans un coin. Jouant avec les cordes de son instrument, elle observa un moment le… chat essayer d’attraper une mouche. Un homme s’approcha. Elle reconnut son visage : c’était lui ! Lui qui l’avait forcé à venir ici ! Pourquoi déjà ? Peu importe, ses tourments étaient la faute de cet individu. C’était tout juste si elle remarquait le luth qu’il transportait.

- Eh bien, que vois-je, l’amie !
Je pensais que vous vous amuseriez,
Que vous seriez en train de chanter et danser,
Et vous voilà sans guère de compagnie.


- J’ai bien saisi le piège que vous m’avez tendu,
Je ne me ferai plus avoir par vos sous-entendus !
Vous m’avez invité pour m’humilier,
Me prouver que je n’avais pas ma place dans cette société !


- Ma chère vous vous méprenez,
Je suggérais que nous jouions ensemble,
Que nous contemplions les gens qui devant nous se rassemblent,
Et que ne peuvent plus se lasser de nous écouter !


Une pause. Chacun fit tinter les cordes de son instrument.

- Pardonnez mon erreur,
Il est peut-être encore l’heure,
D’ensemble improviser,
Et sur scène d’aller jouer.


Parfois, quand même, Erika appréciait bien son boulot.




Terminé #23le 06.01.19 23:54
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mimi [cr]
Invité
HRP:
Bonsoir tout le monde !

Permettez-moi tout d'abord de vous souhaiter à tous une bonne année 2019 ! L'heure et le sujet étant de circonstances, ça aurait été dommage de manquer les traditionnels vœux.

Si vous n'avez pas encore lu la présentation de chronosrep ailleurs, le forum se déroule tout simplement dans une ville parallèle à la Terre, en 2016 en jeu. Une partie des habitants, les transférés, sont originaires de la Terre contemporaine et pour l'instant, ils sont coincés en ville et ne peuvent pas rentrer chez eux.

Je vous présente aujourd'hui mon petit préféré, dimitri (mimi pour les intimes), un aristocrate russe né en 1898 originaire de Saint-Pétersbourg, mais qui a largement renié son héritage aujourd'hui. C'est un emo persuadé d'être le plus malheureux du monde, toujours collé à un écran et se comportant comme un thug alors qu'il est en fait très cultivé. Et accessoirement, il a une relation très compliquée avec son frère aîné, je n'entre pas dans les détails parce que c'est très complexe. Vous avez juste besoin de savoir qu'il a un véritable complexe d'infériorité par rapport à son frère, et qu'il était jusqu'à peu obsédé par l'idée de se faire pardonner de lui, mais qui est aujourd'hui obligé de revoir ses priorités aujourd'hui parce que ledit frère va très mal. (et que c'est un emo dans sa tête mais je l'ai déjà dit)

j'ai rajouté quelques notes au texte pour que ça soit plus clair - et que les références historico-littéraire c'est ma passion ok.
bonne lecture à tou.te.s ♥️



image de header

If I am an angel, paint me with black wings ⚝

J'ai connu un jour l'ataraxie. Quelle expérience trompeuse.

.
.
.


Rictus amer, que l'on me connaît bien, et parka en fourrure sur un costume de fortune, je débarque presque à l'improviste chez des connaissances qui avaient déjà fait une croix sur ma venue. Il faut croire que c'est par politesse qu'ils m'ont invité à cette soirée saturnale, peut-être par pitié aussi, peu importe ; ils sont presque aussi surpris que moi de me voir sur le pas de leur porte. Ça m'enchante un peu de déjouer ainsi les diagnostics, de me tromper moi-même, en prétendant qu'il s'agit d'eux.
J'aurais aimé être de ceux qui vous décortiquent en détail la raison d'être de leurs moindres faits et gestes, qui vous renseignent avec précision sur les tourments de leur âme et qui vous fournissent un compte-rendu objectif de leurs actions à la lumière crue d'une introspection approfondie ; mais vous pouvez aller vous faire foutre, comme beaucoup, depuis que je suis né, j'improvise, et je ne saurais même pas vous expliquer exactement pourquoi je suis ici, si ce n'est la crainte absurde - et ô combien humaine - de me retrouver seul pour un événement qui a pourtant perdu beaucoup de sens depuis que je suis à Pallatine. Car que vaut la saint Sylvestre lorsqu'en moins d'un an, presque un siècle, que vous n'avez pourtant pas vécu, s'est écoulé ? Je compte les réveillons jusqu'à 2018 avec une impatience fébrile, pour me dire que ça y est, le centenaire de mon départ est arrivé1. Et ensuite ?

Les compliments sur mon costume se font rares, mais hypocritement sincères lorsqu'ils touchent à la créativité maladroite de ma tenue défraîchie - ce drap troué en guise de traîne sur lequel sont fixées quelques plumes mal blanchies à la peinture représente mal ce chérubin épuisé que je prétends incarner, je dois l'admettre. Qu'est-ce qu'on m'en sort, de ces conneries, quand même, sous prétexte de m'honorer un peu.
Je fais le tour, je papillonne, et je bois beaucoup, comme tout le monde, pour me plonger dans l'ambiance de fête. Le champagne exerce sur nous son attirance irrésistible, quand bien même la pauvreté de notre goût nous a fait choisir un liquide qui nous imprime des barres de fer à la naissance de nos fronts. Derrière la brume d'alcool, ils ont tous l'air plus heureux que moi, sans le moindre effort, et je me lasse de ce sourire qui ne tient presque plus sur mon visage.
Des réminiscences de réveillons à Saint-Pétersbourg me reviennent en force. Je songe à la figure brillante de mon frère aux larges épaules qui luit si fort qu'elle imprime des tâches d'ombres sur mon œil (enfant prodige si parfait devenu homme que je déteste de tout mon cœur). Même son absence (à la guerre) jetait sur moi une ombre glaçante lorsque ses exploits (au front) étaient salués par ceux qui, en lâches, se prélassaient sur ses lauriers. Quant à moi, chétif garçon, je me plongeais à bras-le-corps dans des écrits de Tolstoï se passionnant pour la cause polonaise2, en y cherchant à mon tour le courage de me lever contre la barbarie russe.

Je suis encore un peu là-bas lorsque minuit vient nous cueillir - et toute la colère que je pourrais ressentir à l'idée d'avoir pitoyablement gâché en indolence le début de ma soirée se noie sous le déluge assourdissant des carillons. Je peine à trouver l'origine exacte de ce bruit que mes mains sur les oreilles ne parviennent pas à étouffer. J'en oublierais presque le dégoût que m'inspirent les douze coups de minuit, qui marquent à l'ordinaire la fin d'une année gâchée et le début d'une nouvelle qui ne sera pas mieux lotie. Je veux juste que cela cesse, maintenant.
(et que je cesse de gâcher ma vie)

Qu'est-ce que je raconte ?

Un instant, j'ai cru que j'avais quelque chose à reprocher à ma vie. Sentiment fugace, un peu comme l'ombre d'un cauchemar qui se dissipe au fur et à mesure que s'approche le soleil, et qui à la lueur du jour finit par ne plus du tout inquiéter. Je balaie rapidement cette sensation, je ne suis pas du genre à m'inquiéter.
Je suis un soldat. Un soldat de Dieu le Père, envoyé sur Terre pour lutter contre cet aîné déchu qui trône en Enfer. Je ne laisse pas les doutes m'étreindre le cœur car je sais que je sers une cause juste, la Sienne. Ce qui suffit à me faire retrouver mon calme, et à analyser la situation avec rationalité. Il y a dix convives dans cette pièce, moi compris ; tous arborent des formes diverses, dont certaines fleurent l'hérésie. C'est le diablotin qui me préoccupe le plus : j'identifie sans peine l'ennemi millénaire à sa robe sanguine. Dans le duel qui nous oppose pour le salut ou la perte des âmes mortelles ici réunies, l'infâme est prêt à toutes les bassesses pour remporter la partie : c'est à lui probablement que je dois ce maléfice qui m'a obscurci l'esprit quelques précieuses secondes.
Mais tout n'est pas perdu. Les convives semblent d'abord un peu confus, mais ils finissent par prendre conscience de notre présence à tous les deux. Ils s'écartent, puis forment docilement un cercle imparfait autour de nous. J'ai le cœur qui tambourine et l'extase aux lèvres ; quel paradoxe étrange que les battements sourds de mon cœur soient ceux qui font le plus de bruit. Le diablotin me renvoie un sourire luciférien qui moque maladroitement ma propre mimique.

Et je sais exactement ce qu'il convient de faire.

(je promets des merveilles idylliques. je promets le paradis céleste et ses charmes uniques. je promets la vie éternelle auprès de notre seigneur jésus christ. je promets la jeunesse et l'aponie. je promets la fin des souffrances, la fin du désir, de tout ce qui fut putride. je promets le chœur des anges, la communion des saints, l'absolution des pêchés et la délivrance de leur âme.
et comme guide, je me promets enfin)


Face à moi, l'envoyé de mon frère répand ses fourberies, auxquelles répondent positivement les cœurs corrompus. Ma voix s'affaiblit alors que la sienne se renforce. Il promet des miracles impurs, une liberté dérisoire, une impunité fragile, destructrice, autant de pièges absurdes dans lesquels saute pourtant à pieds joints une humanité déconfite qui ne sait plus vers quel saint se tourner. À la fin de nos oraisons, le compte y est, j'ai gagné trois humains à ma cause, mais lui a obtenu les cinq qui restaient.
Pendant que le diablotin jouit de son triomphe, une chaleur nouvelle nous étouffe.

Tu as perdu, petit frère.

Je hurle.

.
.
.


Oh, j'aurais dû être heureux que le mal qui me gangrène triomphe un peu. Mais les aubes sont navrantes3, et je me réveille douloureusement de mon euphorie.




notes:
1 Comme mentionné plus haut, Dimitri a quitté la Terre en 1918 et s'est retrouvé à Pallatine dans les années 2010 - mais entre le premier réveillon qu'il a passé à pallatine et le dernier sur Terre, il s'est écoulé pour lui moins d'un an, ce qui le perturbe.
Symboliquement, il attend donc 2018 parce que ça fait tout pile 100 ans par rapport à sa date de départ de la Terre.
2 Tolstoï a écrit une nouvelle qui s'appelle Pour quelle faute, qui suit un couple de jeunes Polonais réprimés par les Russes pour avoir participé à une tentative de révolte. Il faut savoir qu'au XIXe siècle, la Pologne n'existe pas en tant que pays indépendant et qu'une partie de l'État se trouve contrôlé par l'Empire russe.
3 Oui, c'est du Rimbaud.

Les autres références sont directement bibliques ou religieuses.
Terminé #24le 06.01.19 23:55
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Matthew J. Adler [Prism]
Invité
Soirée costumée

Après le fameux bal de Noël qui noircissait chaque année la grande place de la ville, la soirée du nouvel an du Ministère te semblait être un événement un petit peu plus reposant. Comme tous les habitants, tu fais confiance au Centre d'Accueil des Mages Prismveriens ou CAMP, quand il s'agissait de fêtes. La filière du magistère semblait avoir prit le relais de la classe D dans ce domaine et savait toujours trouver un petit quelque chose (gardé secret) pour pimenter la soirée. Cette fois, il avait l'air de s'agir du déguisement. Un ajout pas très original, comparativement à ce qui avait déjà été fait, et qui ne plaisait pas particulièrement à ta fiancée qui estimait avoir passé l'âge de mettre un costume pour ce genre d'occasion. Halloween et ... quelques soirées dont on préfères ne pas avoir les détails... étaient les seuls moment où on aurait pu voir Madeline se faire passer pour quelqu'un d'autre. Pourtant, pas moyen de se défiler. Tu venais de prendre ton post au département d'Identification Des Êtres Magiques et rater le premier événement social du gouvernement ne serait pas un avantage pour ta carrière.

Tu n'es néanmoins pas le genre de personne a t'afficher en déguisement non plus, raison pour laquelle tu as de nombreux moyens de venir costumé sans avoir à t'afficher dans des tenues ridicules. Longtemps, tu t'es contenté de ton caractéristique "Stephen Hawking" : la bonne excuse pour pas avoir à bouger son cul du canapé et resté bien habillé (juste mal coiffé). T'avais finalement changé de disque pour un costume militaire, que tu présentais pour un Jack Churchill. C'était une référence intéressante, puisque vous aviez tous les deux grandit à Hong-Kong et qu'un homme ayant dit en pleine seconde guerre mondiale qu'un officier qui part au combat sans son épée n'est pas dans une tenue correct devait avoir un accent britannique au moins aussi fort que le tiens. Tu prétends le contraire, mais il n'y a qu'un nerd pour faire un rapprochement pareil, et surtout pour en rire.

Mais qu'importe, car te voilà dans le bâtiment du CAMP, à côté de la gare, à discuter politique avec d'autres collègues, papoter boulot entre deux coupes de champagnes et toast au fois gras, parce qu'avec la mise en place du nouveau gouvernement, il n'y a personne à la Tour des Ministres qui n'a l'occasion de faire autre chose que de bosser, alors les conversations en temps libre finissent souvent un prolongement de celles que vous avez commencées en journée. Seul le ton semble aller en s'adoucissant, probablement l'effet de l'alcool qui coule dans vos veines. Et quand minuit approche, vous êtes déjà tous bien moins sérieux. Et dans ton dernier souffle de sobriété, tu prends soin de t'éloigner de la gente féminine, histoire de ne pas te voir tenter en l'absence de ta chère et tendre. Simple mesure de précaution, n'est-ce pas?

Alors que tout le monde tend son verre à la nouvelle année, tu étais donc entouré d'autres ministres et chefs de département en costume tous d'un meilleur goût les uns que les autres : banane, Dracula et Jake Sparrow se mélaient aux fantômes recyclés d'halloween et aux dinosaures gonflables, et même à un fière "biteman" fort heureusement à une table un peu plus éloignée que la tienne. Chez les filles, c'était sans aucun doute la Wonder Woman du département de Régulation des Objets Magiques qui captait le plus d'attention, bien que ton regard tendait à se poser coupablement sur la catwoman en tenue moulante du Ministère de la Justice. Sa collègue en zombie te toisait d'un air désapprobateur, quand tout à coup son visage se déforma.

Sur le coup, t'as cru que c'était à cause de l'horrible boucan des cloches, mais rien à faire, réajuster tes lunettes ne changeait pas le vide que renvoyait ses iris, paraissant soudain bien plus ternes. Vitreuses, même. Tu me surpris un instant à penser qu'il vaudrait mieux couper la tête à cette jeune femme pour mettre fin à ses souffrances, mais quelque chose d'autre capta ton attention avant que que ne mettes cette menace à exécution. Le onzième coup de cloche était passé, mais le dernier "dong" avait été couvert. Par quelque chose de bien plus bruyant et bien plus grand. Et par plus grand, je veux dire, grand format t-rex. C'est probablement là que tu as perdu ton sens de "toi" à ton tours, Matthew, mais je n'oublierais jamais l'expression qui s'est figée sur tes traits quand tu as vu le fossile prendre vie devant tes yeux, hurlant à la jurasic-park.

Jake Churchill, lui, devait avoir un sacré coeur pour réagir de la sorte. La guerre avait dû l'habituer à voir des choses impressionnantes, j'imagine, et couplé à son excentricité naturelle, le dinosaure n'était à ses yeux qu'un danger comme un autre. Il serait probablement plus choqué d'apprendre l'existence de la magie que d'avoir à se battre avec un reptile géant éteint depuis des millénaires.

- A L'ATTAAAAAAAAAAAQUE! hurla alors le soldat qui avait prit possession de ton corps.

Un bon choix pour la bataille, puisque tu prenais le soin d'entretenir ta musculature. Bien que ton entrainement ne soit pas aussi fréquents que quand tu étais pensionnaire, tu restais un bon athlète, Matthew. Un bon réceptacle pour John Malcolm Thorpe Fleming Churchill, mais définitivement pas en tenue correcte. Il va pour dégainer son épée, mais un c'est un simple jouet en plastique qui se retrouve dans sa main, et qui vient se heurter au plumage (oui, plumage) de l'animal.

- MAIS QUELLE EST DONC CETTE MASCARADE?
- Besoin d'un coup de main, soldat?

Derrière toi, Wonder Woman avait sorti son lasso. Elle était prête à s'attaquer à la bestiole qui avançait à pas de géant dans la salle des fêtes, dont le sol n'était définitivement pas pensé pour supporter un tel poids. Le carrelage se fissurait sous la masse de l'impressionnante créature, faisant fuir la quasi totalité des invités, à l'exception des figures les plus courageuses dont tu faisais à présent partie.

- Une femme n'a rien à faire sur le champ de bataille! Fuis, pauvre folle!

Levé de sourcil de la super-héroïne, alors que ta remarque sexiste fait pencher sa tête sur le côté. Se joint alors à elle  un homme tout de rose vêtu, dans une combinaison moulante du plus mauvais goût. Biteman. Les costumes de bon goût font de superbes intervenant dans ce genre de situation.

- Laissez-moi donc vous aider mademoi-

Le nouvel arrivant n'a pas le temps de terminer sa phrase que l'amazone le met à terre en un coup de bouclier. Des vraies réplica. Ca, alors, c'était une putain de chance. Un vrai danger, aussi, mais c'est comme ça que tu aimais les femmes, avant ta transformation.

- Vous disiez?

Tu n'as pourtant pas le temps de répondre à sa provocation, puisque le T-Rex se dirigeait à présent dans ta direction, se débarrassant des tables et chaises sur le chemin. Pas le temps de niaiser, tu te jetais alors dans un coin de la pièce, arrachent le pieds d'un des fauteuils pour attaquer, et le dossier pour te défendre. Piètre attirail, surtout face à votre adversaire, mais tu ne trouveras rien de mieux ici.

- Attrapes plutôt ça, si l'arme d'une femme à quelque chose à faire sur le champs de bataille!

La brune détache une de ses ceintures, celle où son fourreau est accroché et l'envoie d'un bout à l'autre de la pièce. Un jet parfait, qui arrive à tes pieds. Alors que tu restes, bouche ouverte, à contempler le talent de l'héroïne, d'autres super héros se sont déjà attaqué au monstrueux animal. Pas de superman dans l'assemblée, malheureusement, mais en redirigeant l'attention du dino sur un Jake Sparrow complètement saoul et fuyant d'un pas caractéristique, les autres invités avaient réussi à le faire glisser sur une peau de banane géante. Petite pensée à ce pauvre collègue qui avait dû absorber le choc... ou peut-être n'étais-ce pas lui? Dans tous les cas, c'était le moment pour une attaque combinée, un moment épique, une bataille incroyable.

Armée de ton arme de prédilection, suivi d'une super-héroïne qui avait tout ce qui fallait dans ses mains pour immobiliser la bête, tu fonçais en dans le tas, retrouver Batman, Dracula et Hulk qui enchaînaient les coups. A ton tours, tu cours et hurles de toute tes forces. Tu prends tout l'élant que tu peux pour donner un coup dévastateur dans les côtes du dinosaures.

Mais tout cosplayeur sait que les armes sont interdites en convention. Une épée en worbla n'aura pas bien blessé l'adversaire, mais tu auras au moins participé à la bataille, hein. Je veux dire, le sort ne fera effet qu'une petite heure, encore...

Bonne chance.  

Matthew J. Adler / Prismver || words: 1498


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Prismver se déroule en 2023, dans un monde semblable au nôtre, si ce n'est que certaines personnes possèdent l'Esprit, un gêne leur accordant un seul et unique pouvoir, différent pour chacun. Pour ses êtres un peu spéciaux, appelés monomageia, un pensionnat a été ouvert en 2003 pour leur apprendre à maîtriser leur don. En 2023, l'île devient une principauté indépendante et Matthew, un jeune anglais de 28 ans ayant fait une grande partie de sa scolarité sur l'école de l'île, fait partie de ce nouveau gouvernement. Son don de traqueur le place comme Chef du département de traque des mages.

DESOLEE DE POSTER SI TARD ET AUTANT A L'ARRACHE, C'EST UN REMPLACEMENT DE DERNIERE MINUTE.
Terminé #25le 06.01.19 23:56
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Hanzo Shimada [ILK]
Invité
Infos:
*Le forum Ilukan se déroule dans le monde d’Harry Potter, de nos jours et comme son nom l’indique dans une école de magie canadienne: Ilukaan.
*Hanzo Shimada est l’aîné de la fratrie Shimada, il a un petit frère, Genji. Les deux ont un caractères totalement opposé: l'aîné étant très sérieux, tandis que le plus jeune est beaucoup plus fantasque et sociable.
*Bloombury est le petit village sorcier qui se situe juste à côté de l’école, dans lequel on trouve bars et commerces.
*Ursirre est l'une des quattres maisons d'Ilukaan, son symbole est l'ours. Hanzo est membre de cette maison.

D’aussi loin qu’il s’en souvienne, Hanzo avait toujours été quelqu’un d’organisé. Quand tout était préparé à l’avance, on vivait mieux et les mauvaises surprises se faisaient moins fréquentes. Aussi, le japonais n’aimait pas les imprévus et ni les changements de dernière minute. Pour cette fin d’année, une fois de plus tout avait était réglé comme du papier à musique. Comme d’habitude, lui et son petit frère devaient rentrer chez eux pour le réveillon.
Alors quand leurs mère avait envoyé un sms les informant que cette année il y avait du changement… Hanzo n’avait pas caché sa frustration. Ils les laissaient seuls. Parfait.
L’Ursirre eut d’abord l’idée de rentrer à la maison ne serait-ce pour quelques jours, quitte à ne passer le réveillons qu’avec Genji. Cependant ce dernier l’informa rapidement que si les parents ne l’attendait pas.. il préférait rester au Canada.

Génial.

Devant la mine dépité de son frère, le plus jeune avait alors proposé de tout de même passer la soirée ensemble. Ce qu’Hanzo n’avait pas tardé à découvrir c’était que Genji avec sa proposition, l’entrainait dans une bruyante soirée d’élèves. Lui qui voulait profiter des vacances pour se reposer... Pire que tout, l’aîné avait réussi à lui faire avouer qu’il s’agissait d’une soirée déguisé.

Hanzo regretta d’avoir accepté.

“Allez Hanzo, ne fait pas la tête ! Ça va être une super fête tu vas voir !”

“Je déteste les soirées déguisées.”

“T’as bien participé à la dernière soirée d’Halloween pourtant !”

“C’était exceptionnel !”  

“Et bien ça fera une exception de plus !”

Merde. Le petit frère semblait bien décidé à lui faire enfiler un costume. Il fallait trouver une autre excuse.

“Je n’ai pas de costume.” Il enchaîna avec platitude. “Dommage.”

“Il doit bien te rester celui de vampire d’Halloween, non ?”

Touché. Cependant, le plus âgé ne se défila pas.

“Ce serait de mauvais goût de porter une nouvelle fois un costume que tout le monde a déjà vu. Et je crois l’avoir jeté.”

La tête que tira son frère à cette annonce lui fit un peu de peine.. Jusqu’à ce qu’il remarque que ce dernier semblait s’être plongé en pleine réflexion. Soudainement son visage s’illumina. Oh non. Cette expression sur le visage du plus jeune ne lui disait jamais rien qui vaille. Une lueur de malice emplit les yeux noirs de ce dernier..

“J’ai ce qu’il nous faut !”

“C’est à dire..?” Demanda-t-il prudemment. Il ne connaissait que trop bien les “brillantes idées” de Genji.

“Laisse-moi fouiller dans ma malle, au dortoir.” Il se leva. “Ne bouge pas, je reviens tout de suite.”

Une fois le plus petit disparu.. l’envie de fuir était présente. Très présente. Mais une petite voix dans sa tête lui intima de faire un peu plus confiance à Genji. Après tout, peut-être aurait-il une vraie, bonne idée ? Avec un peu d’espoir..

Son frère réapparu.

Il aurait dû fuir.

Devant lui, son vis à vis tenait entre ses mains deux tenues. L’une bleue, l’autre verte. Hanzo les identifia tout de suite pour avoir vu son frère les porter à plusieurs reprises. Des kigurumi. Des kigurumi dragons.

“C’est une blague ?”

“Allez ! Fais un effort Hanzo, tu vas voir ça va être drôle. Et puis comme ça on sera assortis !”

“Non.”

“Allleeezzzzz.” Le voilà qui utilisait le ton suppliant. “Ce serait l’occasion de  faire quelque chose à deux !”

Argument ultime.

“... D’accord.”

Merde.

Son petit frère laissa un grand sourire se former sur son visage. L’aîné des Shimada n’aurait su dire s’il s’agissait d’un vrai bonheur où d’une moquerie. Il ferma les yeux un instant.

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Pourquoi avait-il accepté ?

L’Ursirre suivait son frère à travers la foule qui s’entassait dans l’un des bars du petit village sorciers. Dire qu’il n’était pas à l’aise relevait de l’hyperbole. Après tout, c’est bien en pyjama qu’il se promenait.. et quel pyjama ! Tout en pilou bleu de la tête aux pieds, sa capuche arborait des dessins censés représentés les traits d’un dragon et une longue queue rembourrés tombaient du bas de son dos, traînant presque sur le sol quand il marchait. Ce n’était pas dans son habitude de fuir les regards des autres mais l’envie était très présente ce soir. Il tenta de se consoler en se disant qu’au moins, il n’était pas seul dans cette histoire, Genji arborant la même tenue mais quand même… cela n’y fit pas grande chose. La honte le submergeait et même son amour pour les dragons ne pourrait y faire quelque chose.

“On est super bien déguisé comme ça !”

“Permets moi d’en douter..”

“Mais si ! Et puis c’est super bien comme costume un dragon, surtout toi comme t’es Ryujin, tu peux demander des offrandes de saké.”

Hanzo ne répondit rien mais pour le coup, l’idée de noyer sa gêne dans de l’alcool lui parut soudainement très attrayante. Aussi, il se permit-il de laisser son partenaire discuter avec une quelconque connaissance avant de se diriger vers le bar. Sur sa route il croisa un certain nombre de visages connus. Réprimant une grimace, il ignora de son mieux les regards appuyés et les quelques remarques que certains lui lançaient. Heureusement, un tabouret miraculeusement libre l’attendait, il s’y installa sans plus de cérémonie et commandant de quoi lui faire un peu oublier la situation dans laquelle il se trouvait.  

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Les verres défilèrent. Il se laissa entraîner dans quelques conversations. Il expliquait à Francis, un ami, que bien que son costume soit effectivement ridicule, il représentait bien un puissant dieu des océans japonais quand quelqu’un se mit à faire le décompte, bientôt suivit par la foule toute excitée.  

10 !

Un soudain sentiment de malaise vint lui tordre les entrailles.. Pourquoi ? Etait-ce du stress ? Etait-ce la foule ? Le verre de trop qui lui intimait de courir vers les toilette avant le désastre ?

9 !

Ce n’était plus de la peur qu’Hanzo ressentait. Un sentiment bien plus étouffant s’engouffra dans sa poitrine. De la peur. Pourquoi ? Il se saurait le dire. Son instinct lui hurla de partir d’ici mais il ne bougea pas, pétrifié sur son siège.

8 !

Un sifflement parvint à ses oreilles, résonnant à l’infini, faisant durer cette seconde une éternité. Un violent mal de crâne lui vrilla les tempes. Mais que ce passait-il à la fin ? Il porta une main à sa tête, comme si cela pouvait le soulager un tant soit peu.

7 !

Survinrent ensuite les démangeaisons. Sur tout son corps, elles n’épargnèrent pas un seul centimètre de sa peau. Un plainte monta dans sa gorge mais ne traversa jamais ses lèvres.

6 !

Une douleur s’installa. Partout, surtout au niveau de ses articulations. C’était comme si l’on étirait chacun de ses membres dans l’espoir de les faire grandir.

5 !

Avec toutes les peines du monde, le Shimada baissa la tête. C’est horrifié qu’il vit ses mains se crisper, son pouce et son auriculaires se coller à leurs doigts respectifs les plus proches avant de s’y greffer avec toute la lenteur du monde. Cette vision d’une main aux trois doigts épais lui donna envie de tourner de l’œil.

4 !

Peu après les démangeaisons s’intensifièrent. Bientôt la peau qu’il pouvait voir se craquela. La régularité des fissures lui fit comprendre de quoi il s’agissait. Des écailles. Elles apparaissaient lentement tandis que son épiderme prenait peu à peu une teinte bleutée tout sauf naturelle.

3 !

Soudain, une douleur incroyable accompagnée d’un craquement sinistre résonna dans son corps. Cela venait de son cou, il est était presque certain mais il n’eut pas le répit d’y penser plus que cela, un nouveau craquement se faisant entendre, puis deux, puis trois. Bientôt c’était toutes les vertèbres de son dos qui se disloquaient, tour à tour, dans un bruit glaçant.

2 !

Des sensations de brûlures naquirent dans le bas de son dos ainsi que sur ses tempes. Une queue était en train de lui pousser, ainsi que des cornes de cerfs, aggravant le mal de crâne qui n’avait fait qu’empirer depuis le début du décompte. Sa mâchoire était en feu, d'immenses dents lui poussant, blessants les chairs tendres de l'intérieur de sa bouche tel milles aiguilles des plus vicieuses.

1 !

Vint ensuite la sensation de grandir. Encore. Toujours plus. C’était comme si il occupait tout l’espace de la salle à lui tout seul et pourtant, personne ne semblaient réagir, trop pris dans l’euphorie du décompte. Cette dernière seconde marqua la fin de toute pensée rationnelle, de toute pensée humaine.

0 !

Le dragon n’entendit qu’à peine le “Bonne année” hurlé par tous. Reprenant conscience, comme après un long sommeil il ne savait qu’une seule chose: ce n’était pas sa place. L’eau était son habitat. Il lui fallait partir, laisser ces mortels à leur célébration, retourner chez lui, le plus vite possible.
La bête quitta la pièce, retrouvant l’air frais. Instinctivement il sut où aller. Ryujin, dieu dragon de la mer retournait chez lui, s’élançant vers la grève aussi rapidement que possible.

Une fois sur le sable, l’appel de l’océan se fit encore plus fort, il redoubla de vitesse.

Lorsque son corps rejoint enfin l’eau salée et glaciale, ce fut le noir.
Terminé #26le 07.01.19 0:46
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Bryt'frea [ADM]
Invité
Description et mise en situation:
Bryt’frea est une lupane, parcourant les terres d’Arcaëlle en recherche de contrats divers (captures, combats à mort, et tout autres travaux requérant de se salir les mains et de savoir tenir une arme). Ce n’est pas une personne commode, du haut de ses deux mètres et de ses 250 kilos de muscles, de poils, de griffes et de crocs. Née pour combattre, cette dernière en a d’ailleurs perdu un oeil, et en acquis de nombreuses cicatrices. Elle est incapable d'user de la magie et est complètement carnivore.
C’est un personnage asocial, irascible et exécrable, qui ne s’intéresse qu’à une seule chose : le combat. Et la victoire.

EPREUVE 5 • Soirée déguisée - Page 3 O3wj

Lupan : Le Lupan est une race mi-homme mi-loup vivant en clans à travers le monde. Ils parlent très mal la langue commune, et parlent plutôt des dialectes qui leur sont propre : le lupan et le canin. Pour ce RP, il sera décidé qu’elle parlera la langue commune.
Arcäelle est le monde dans lequel se trouve l’univers du forum, un monde médiéval-fantastique.
Chi'Mau : créature dont les ailes sont trop petites pour s'envoler. Il le peut cependant, par l'usage de la magie.

EPREUVE 5 • Soirée déguisée - Page 3 Dam9

TEXTE POUR L’ÉPREUVE - 1082 MOTS


"Une soirée déguisée. Humpf. C’qui fallait pas inventer pour fair eplaisir à ces stupides êtres. Quelle était c’te nouvelle lubie que de s’habiller comme quelqu’un d’autre, hein? Comme si Bryt’frea avait ce qu’ils appelaient un “costume”, à quoi c’la lui sert sur un champ de bataille? " Le seul amusement que la Lupane connaissait, c’était le combat. Alors d’avoir été invitée à un tel gaspillage de temps, cette dernière ne comprenait pas.

Comment pouvait-elle trouver un déguisement ? En quoi pouvait-elle se déguiser ? Du haut de ses deux mètres, de ses 250 kilos et de son air atypique et renfrogné, les artisans n’allaient certainement pas prendre la peine d’aller l’aider, nan ? Ces derniers allaient surtout fuir devant son air patibulaire. Dans plusieurs grognements, Bryt’frea tourna en rond. Plusieurs fois, cette dernière se gratta le crâne de ses pattes griffues, son visage plongé dans une grande réflexion.
Sur la Colosse, ce visage lui donnait en réalité un air complètement stupide. Comme si la réflexion ne faisait pas partie de son vocabulaire. Mais cette dernière avait beau retourner le problème dans tous les sens rien n’y faisait. La Mercenaire n’allait certainement pas gâcher la peau et la fourrure de précieux animal pour une chose aussi bête -c’était bien le mot-, ce qui complexifiait le problème.

Dans le pire des cas, elle n’avait qu’à y aller comme elle était. Après tout, les gens la fuyaient déjà comme ça, et ne cherchaient pas à la connaître. Cela lui simplifiait la vie, nan? Mais après maintes et maintes remontrances de la part des villageois, Bryt’frea finit par y consentir à contre-cœur.

La soirée avait donc lieue. C’est en pouffant. En se gaussant. En s’écartant parfois d’un air mi-amusé mi-effrayé, que les gens réagissaient en voyant la femelle passer le long de la file.

Imaginez quelques secondes le tableau: une créature mi-humaine mi-louve, aux proportions exagérées, aux crocs dépassant d’une mâchoire fixée dans une expression de mauvaise foi indicible… Affublée d’une minuscule huppe jaune, d’une cape de plumes, et d’un petit bec jaune attaché à son nez. Ridicule. Tout ce qu’il y avait de plus ridicule. D’autant plus que l’esprit “festif” de ce costume était sévèrement entaché par la mine agacée, déprimée, et abattue de la Lupane portant le tout. Oui. Bryt’frea s’était déguisée en Chi’Mau. Pourquoi le costume n’était pas à sa taille? Tout simplement parce que la Lupane avait simplement eu le temps d’en chasser un, de le déplumer, de lui casser le bec et de s’improviser une houppette.

C’est que cela n’avait pas été simple de chasser cette bestiole ! Les Chi’Mau sont réputés pour leurs cris tonitruants, et pour leurs manières à fuir assez facilement de leurs proies. Mais… Ce n’était pas d’un air victorieux que La Borgne avait fini par l’attraper entre ses crocs.

D’ailleurs… Certains avaient même encore remarqués les quelques lambeaux de chair pendouillant d’ici et là… Ils étaient rares, certes -Bryt’frea ayant cherché à les retirer de ses mouvements patauds et maladroits-, mais bel et bien visible de certains yeux acérés.

La soirée battait son plein. Enfin, pour les autres. Ils riaient, dansaient. La Lupane, elle, était assise sur le sol (les chaises étant bien trop petites pour elles), une patte sur le museau en regardant avec dépit les autres s’amuser. Une assiette minuscule remplis de mets -composés uniquement de viande- à en déborder, elle mâchonnait entre ses canines la chair cuite… Beaucoup trop cuite : Bryt’frea adorait mâchonner de la semelle lorsqu’elle s’ennuyait. Passant parfois un de ses ongles pour retirer les filaments de viande coincés entre ses dents dans un bruit de succion particulièrement horrible, cette dernière attendait simplement que la soirée se passe.

“Depuis quand les Lupans fêtaient la nouvelle année, déjà? Grumpf”, pensait la colosse intérieurement, alors que les douze coups de minuit retentissaient. “C’est ça… Vite. Qu’la fête s’finie !” Mais alors que le douzième coup sonna… La Lupane eut envie de vomir. La tête lui tourna. Avaient-ils mis de quelconques légumes dans son assiette ? Pourquoi avait-elle, à ce moment-là, envie de s’envoler ?



“Kwé !”, cria soudainement Bryt’frea en se relevant d’un seul coup. La langue pendante, le regard frétillant ; la Lupane se mit à dandiner du derrière, en sautillant sur la table remplie de nourritures.

“Kwéééééé !”

Le son tonitruant n'agace alors pas les gens, qui la regardaient d’un air étrange : était-elle devenue folle? Certains se mirent même à fuir légèrement, de peur que la Lupane ne les mange. Mais à ce moment-là, avait-elle envie d’les manger ?

Bien sûr que non ! Bien sûr que non ! Tout ce que voulait la Lup… La Lu-quoi? C’était une Chi’Mau bien sûr ! Piquant de son bec les assiettes remplies de légumes, Bryt’frea agitait les bras comme si elle cherchait à s’envoler.

D’ailleurs, elle tenta le coup plusieurs fois. En secouant le derrière, se préparant à sauter…. Et s’écroulant sur le sol dans un petit cri suraigu. Malheureusement, quelque soit la magie derrière, l’animal avait besoin de fluide pour s’envoler. Finalement, les gens crurent qu’Oreille-Coupée était destinée à s’amuser ce soir, et certains firent la ronde avec elle.

L’animal, quelque soit-il, continuait de piailler, parfois en raccord avec la musique, parfois en cassant presque les oreilles des autres fêtards, alors qu’en sautant partout, Bryt’frea finit par renverser les tables, la nourriture, et les boissons. Des plumes volaient de partout -et des bouts de chair aussi...-, et les plus jeunes essayaient de les attraper.

Mais est-ce que cela la dérangeait ? Non ! Elle voulait juste s’amuser, elle voulait juste danser ! Pleine d’entrain, la femelle agitait les pieds, ouvrait -ou du moins tentait d’ouvrir- son bec au rythme de la musique… Alors qu’elle ouvrait et refermer sa petite houpe ! Les gens finirent même par la suivre !

S’entame alors une très jolie chorégraphie ou les gens chantonnaient en Arcaëllien :

“C’est la danse des Chi’Mau
Qui en choppant l’vermisseau
Se secoue le haut du bec
En f’sant Kwék Kwék !”


La soirée continua de plus belle. Les plus fêtards pleins de bave odorante -Bryt’frea restant une Lupane dont la gueule salive beaucoup- dansant toute la nuit autour d’une créature de deux mètres à l’air complètement idiot et heureux.

Ce qu’il arriverait à La Borgne le lendemain, elle s’en fichait. P’tet bien qu’elle continuera de vivre sa vie de Chi’Mau. Ou p'tet qu'elle fera une indigestion à la quantité de carottes ingérée. Tout c’qu’on sait, c’est qu’elle lança un clin d’œil, levant la patte :

“Kwé !”
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