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#1 le 30.09.15 16:21

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Small Forgotten
Colocs ▽ Sie kommen zu euch in der Nacht und stehlen eure kleinen heißen Tränen. Sie warten bis der Mond erwacht und drücken sie in meine kalten Venen.
Il fait peur, le grand monsieur. Ce fut certainement la réaction de quelques personnes, mais principalement de la bestiole située sur la table, en face d’Akuma, et tremblant sur ses quatre pattes velues. Pour autant, il fut plus rassuré, lorsque le grand monsieur lui offrit un bout de viande rôtie, un met de choix.

C’était un geste de remerciement, cette chose tenant à peine entre les mains en coupe du vampire. Un jeune congénère qui appréciait les balades forestières était tombé sur une louve malheureusement décédée, avec deux louveteaux dans le même état, et trois autres encore vivants. Akuma fut quelque peu surpris du cadeau, mais allait-il dire non ? Est-ce que ça se mangeait ce truc ? En fin de compte, il l’accepta, peut-être parce que c’était une bonne idée, et que ça faisait un cœur de plus à écouter dans la nuit. Au fond, un loup domestiqué, cela apportait un certain cachet, et il lui serait forcément utile plus tard.

Dans tous les cas, Akuma avait passé la journée à vagabonder, la nuit de repos lui ayant redonné un peu d’énergie, après son passage chez les vivants. Sa tête toujours posée sur le pommeau de sa lame, il fixait d’un œil vide le louveteau finalement prendre ses marques dans le parc où il l’avait amené. On ne s’en doutait peut-être pas, mais il aimait bien s’occuper de ce genre de bestioles, observer leurs conneries et leur découverte du monde les entourant. L’animal au pelage noir finit par revenir à ses chaussures, se coucher dessus, après lui avoir accordé un dernier regard fatigué de ses yeux vairons : un bleu, un doré. Visiblement, la journée l’avait épuisé.

Akuma attrapa la bestiole d’une main, ne lui ayant pas encore donné de nom. Il la garda dans le creux de son bras, et repartit vers l’appartement. Ce n’était qu’une question d’éducation et de temps, pour que la bête se fasse à cette vie, il fallait juste y aller avec lenteur, le genre de lenteur dont Akuma avait l’expertise.

Il l’avait moins, quand il s’agissait de ses clés. Le géant se retrouvait devant la porte de l’appartement Jolly Jumper, et n’avait pas de quoi ouvrir celle-ci. La bête, quant à elle, ronflait paisiblement. Il ne restait plus qu’à espérer quelqu’un de présent dans le lieu de vie. Akuma frotta un de ses yeux cernés avec une certaine fatigue dans le geste. Puis, il eut une hypothèse en tête et appuya sur la poignée, qui céda, la porte s'ouvrit. Hypothèse vérifiée, il ne savait pas s'il devait en être heureux ou au contraire, agacé. Heureusement qu'il ne possédait pas de choses d'une importance capitale.

Le géant s'approcha du canapé trônant dans la paille, en-dessous de la tête de cheval, cette fois-ci en bon état. Il prit place, croisa ses pieds toujours dans ses épaisses godasses et laissa échapper un soupir grave, la naissance d'un râle. Le louveteau ne s'était toujours pas réveillé, il n'y avait pour le moment personne, sauf le silence. Cet affreux silence rompu par la légère respiration de la bête. Akuma posa le katana sur la table devant lui, puis sa main se rapprocha de son propre crâne.

Clac clac, firent ses doigts à son oreille.
(c) AMIANTE