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EPREUVE 4 • Voyage en Enfer

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Terminé #11le 05.01.19 16:31
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Camille Ferros [VB]
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Nous avons affaire à une femme qui a été modifiée par de l'Hextech, c'est-à-dire qu'elle a des améliorations physiques comme ses jambes principalement qui sont désormais des lames tranchantes et des grappins dans ses cuisses. Voici un petit aperçu de notre protagoniste ;

EPREUVE 4 • Voyage en Enfer - Page 2 League-of-legends-camille
(Je tiens à préciser que j'ai fait 1495 mots (si je ne dis pas de bêtise) mais le compteur d'ici compte mes guillemets et autres formes de ponctuation, mais j'ai respecté, je le jure !)




Je n'avais de cesse que de surveiller notre nation par dessus les immenses bâtiments. Mes jambes Hextechs étaient des lames résistantes et surpuissantes, coupantes et précises ; elles n'étaient guère émoussées. Mon regard digne de ma famille, d'un bleu clair, surplombait la ville de Piltover. Ce jour-là, comme beaucoup d'autres, il n'y avait rien d'intéressant. Je décidai de continuer mes observations discrètes. Un bruit rotorique se fit entendre à mes cuisses et deux grappins en sortirent pour aller s'agripper fermement au prochain bâtiment. De par cela, je plissai davantage les yeux en voyant un signe étrange sur le mur où j'allai me poser ; une sorte d'étoile à cinq branches dont la tête visait le bas. Dans ma course, impossible de m'arrêter, et je passai à travers une sorte de portail flamboyant, dont la chaleur continuait de picoter ma peau ; sans aucun effet personnel cependant.

J'atterris lourdement, mais grâce à mes jambes Hextechs, j'eus contrôlé l'atterrissage. Mes grappins retournèrent dans mes cuisses dans un énième bruit rotorique. Lorsque je me redressai, je ne vis qu'un désert incandescent embrassant des fissures terrestres. Une terre désolée. La couleur qui se dégageait le plus n'était autre qu'un rouge mélangé à du vermillon. Des geysers de flammes crachaient des entrailles de la terre du magma en fusion. Je m'avançai d'un pas lent, gardant tout de même une posture distinguée mais j'étais prête à toute attaque.

Le soleil, si cela en était un, laissait entrapercevoir ses flammes mouvantes, brûlant beaucoup plus que la normale. Des yeux normalement constitués ne supporteraient pas de regarder cet oasis incandescent. Par chance, et grâce à mes améliorations, je ne ressentais rien de négatif. La terre aussi était chaude, et c'était un faible mot.

Un petit diablotin sauta hors du sol, visiblement aux normes colorées, avec un petit calepin. Cela me suscita une légère surprise, mais étant donné la taille de la chose, il n'y avait rien à craindre. D'une voix horrible, allant de paire avec son apparence hideuse, il me dit :

« Vous d'vez être la nouvelle. »
« Petit avorton. Où suis-je ? »
« Vous avez pas calé ? Au paradis ! »


Il rit seul, j'en soupirai.

« En Enfer. »
« Pourquoi suis-je ici ? »
« Ça ? Le maître choisit pas au hasard. »
« Qui est ce Maître ? »
« Bah Lucifer ! 
»

Dit-il en pointant une forteresse à quelques kilomètres mais visible de notre position, à ce que j'en voyais.

« Merci bien. »
« Oh bah d- »


Ma lame, qui s'enfonçait sans souci dans son crâne pour l'empaler, l'empêcha de prononcer un autre mot agaçant.

Je la ressortis, soupirant en voyant le liquide sanguinolent couler sur ma lame. Je sortis un linge de ma poche afin d'essuyer convenablement ceci avant de me redresser.

Ainsi, j'entamai mon voyage en Enfer.

Je repensai à Zaun, cette ville voisine à Piltover, néfaste et toxique dont la couleur qui ressortait aisément était le vert. Je pensais qu'il ne pouvait y avoir pire que cela, mais au final... Cet endroit était vide, si ce n'est rempli de choses surhumaines avec des personnes implorant leur pardon. Effectivement, je voyais, au loin, des hommes cracher de l'or par la bouche, d'autres baignaient dans du magma, bien d'autres se faisaient fouetter par un triple fouet qui contenait des épines fortement acérées. Cela me fit rappeler quelques écrits religieux ; ces formes de punition étaient en rapport au pêché de la personne en question, comme par exemple le fait de cracher des pièces signifiait qu'on avait été avare, etc... Les tortionnaires me regardaient, comme si j'étais un animal. Je n'avais pas le temps de m'occuper d'eux, et aucun ne semblait bouger en ma direction, hormis celles-là.

Des femmes aux formes inhumaines mais aux grandes ailes me surplombaient, accompagnées de formes noirâtres aux yeux blancs. Elles riaient. Elles étaient quatre au-dessus de moi et quatre me suivaient de près. Rien que des rires et des murmures sortaient des lèvres de ces créatures. J'escaladais rapidement, grâce à mes grappins, la paroi lisse menant à cette forteresse. J'en profitai pour prendre de l'élan et sauter vers les femmes qui me regardaient, stupéfaites, alors que leur tête allait là et leur corps ici. Mes grappins me ramenèrent contre la paroi et les formes noirâtres m'abandonnèrent. J'avançai devant le gigantesque château. Il n'était plus qu'à une vingtaine de mètres devant moi. Un cercle noir, avec le même signe que tout à l'heure, apparut sur le sol, de manière immense, afin de faire sortir par celui-ci, un gargantuesque chien à trois têtes, dégoulinant de salive.

« Couchez. »

Je me doutais bien qu'il n'allait pas obéir. Après un triple aboiement en chœur, il s'avança rapidement, décidé à me mordre et me tuer d'un seul coup de crocs. N'ayant pas le temps d'aller au-dessus, j'allai en dessous, esquivai ses dents acérées en glissant au sol puis fis plusieurs roues, tailladant profondément l'abdomen du chien dont les boyaux embrassèrent, malgré eux, à cause du poids phénoménal, le sol. Il couina de douleur avant de se coucher définitivement.

Je tapotai mes vêtements et poussai les grandes portes qui m'ouvrirent sur un long tapis brûlant qui semblait m'accueillir, orné de flammes presque artificielles sur les côtés. J'avançai, le choix se restreignait à soit attendre sagement ou aller chercher avec détermination.

Les lieux arboraient des têtes, quasiment fraîches, de plusieurs créatures qui vivaient apparemment ici. Une des femmes que j'avais tuée, une sorte de monstre-humain aux cornes imposantes, la créature hideuse qui m'avait accueillie et bien d'autres.

Une nouvelle porte, toute aussi énorme, se trouvait à la fin du tapis. Sans hésitation de ma part, je les ouvris aisément.

Une immense personne, faisant cinq fois ma taille facilement, aux cornes considérables, colossales crocs, à la forte pilosité en haut du torse et enfilant des sabots, trônait sur un piédestal où plusieurs femmes, semblables, très peu vêtues, enchaînées au trône, lui faisaient sa toilette, pour rester polie, tout en mettant leurs formes en avant. Quelle vision décadente...

L'énergie aux alentours était chargée, lourde, pesante. Cet homme était sans aucun doute, le maître de ces lieux.

Il me dévisageait. Cette fois-ci, d'une voix en écho et très rauque, il m'interpella.

« C'est à toi que je dois le massacre de mes sbires ? »

Je soupirai.

« Auriez-vous perdu vos manières ? C'est ainsi que vous osez recevoir une dame de mon rang ? »

Il grogna. Sbires, disait-il ? C'était effectivement le bon terme, étant donné la facilité des exécutions que j'ai faites. Je m'avançai vers lui.

« Assurément. »
« Ta punition n'en sera que plus grande. »


Comme si j'allais me laisser faire. Je courus vers lui, les femmes se redressèrent, brisèrent leurs chaînes et tentèrent de m'avoir. Elles étaient trop prévisibles et frêles. Je sautai sur le côté, fis une galipette avant de monter sur un accoudoir pour trancher en deux, précisément, trois femmes. Mes grappins s'enfoncèrent dans l'autre accoudoir et je décapitai les triplées de l'autre côté en arrivant. À peine eus-je le temps d'atterrir que je me retournai pour sauter sur l'immense homme. Un grappin s'enfonça dans sa nuque et l'autre dans son bas-ventre, je tranchai son visage, cou puis en biais son torse. Tout cela à une vitesse hallucinante. Ensuite, je le tailladai précisément au niveau du cœur, profondément, finissant par y enfoncer mes deux jambes. C'était terminé, de sûr, son cœur était transpercé. Il ferma les yeux, visiblement surpris de l'exécution de toutes mes actions. Malencontreusement, alors que je voulais me mouvoir, je sentis la peau se refermer dessus. Sa gigantesque main m'attrapa et me dégagea aisément. Toutes ses plaies s'animèrent de flammes noires afin de se refermer. Il me regarda de son regard obscur, dénué de pupille.

« Tu m'amuses, petite humaine. J'ai bien fait de te choisir, Elizabeth Shibia. »

Je plissai les yeux, les dents ayant légèrement grincé de par son étreinte.

« Navrée de vous décevoir, mais je me nomme Camille Ferros. »
« Oserais-tu te jouer de moi ?! »
« Absolument pas. »


Il plongea ses ténèbres globuleux dans mon regard océan. Il me lâcha en ricanant. Je me repris facilement.

« Qu'y a-t-il de si drôle ? »
« Tu as fait de belles performances, malheureusement, ta mort n'est pas pour maintenant. Mes abrutis de sbires se sont trompés. Alors tu vas retourner dans ton monde. Mais quand nous nous reverrons, tu regretteras les dégâts que tu as causés. »


J'esquissai un sourire en le défiant du regard.

« C'est ce que nous verrons. »

Il accepta mon défi par un sourire.

« Je ne t'oublierai pas, Camille Ferros. »
« Réciproquement, Lucifer. »


Un cercle rougeâtre apparut sous moi et des mains indécentes m'attrapèrent pour me faire plonger. Je ressortis par le même sceau où j'étais rentrée. Je me retrouvai donc entre deux bâtiments, dans une ruelle sombre où personne ne passait. Je me fis une réflexion.

« Alors je suis apparemment destinée à l'Enfer. »
Terminé #12le 05.01.19 16:42
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Silivren [NRP]
Invité
Je prends une nouvelle fois mon personnage du Nano Monde X-Men : Cayden Cholena Tyler. C'est un jeune ornithotrope (cardinal rouge), timide et crédule, qui s'est retrouvé seul après la mort de sa mère jusqu'à arriver à l'Institut Xavier. Comme il est à moitié oiseau, on lui a donné le nom de code Harpie. C'est aussi un peintre/photographe en herbe.

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Il faisait sombre. Noir comme une nuit sans étoile ni lune, comme le fond d'une marmite fermée ou comme la funeste fumée d'un incendie. Il y aurait tant d'autres comparaisons à faire mais nulle ne semblait être suffisante pour réellement décrire comment il faisait noir. Tout simplement noir sans aucune lumière pour se réverbérer.

Il faisait froid aussi. Une froidure venteuse qui mordait et griffait, véhémente et grondante, telle une bête affamée et avide de chair fraîche. Elle grognait dans les ténèbres et hurlait dans les airs. Elle l'entourait de son invisible présence, implacable et patiente. Elle était dans son élément dans cette encre qui s'étalait tel un océan sans fin ni fond, et sans nulle ancre pour l'en sauver.  

Il dénotait dans un tel environnement avec l'écarlate de ses plumes et la blancheur de ses cheveux. Pour le moment accroupi, recroquevillé sur lui-même, Cayden observait les alentours avec de grands yeux écarquillés de terreur et de confusion.

Une foule de questions tournoyaient sans queue ni tête de fond en comble de son esprit et martelaient les parois de son crâne en une féroce migraine. Ce qui n'arrangeait en rien son état émotionnel. Il sentait son cœur battre tellement vite et fort qu'il tambourinait dans l'ensemble de son corps éprouvé par les douleurs de l'angoisse. Ses poumons pressés par la peur sifflaient tels des serpents de mauvais augures auxquels celui qui s'était lové dans son ventre répondait sourdement par d'acides remontées.

Son sursaut le secoua tellement que ses ailes s'ouvrirent en grand et claquèrent dans l'inquiétant silence qui l'entourait de toutes parts. Le son s'étala dans l'infinité noire. Il n'y avait que lui. Juste lui, la seule source de couleurs et de bruits en ce monde de néant.

Il ne pouvait pas rester plus longtemps ici. L'instinct de bouger, de partir loin d'ici, de chercher une source de couleurs, une source de bruits, une source de vie, lui remontait des tripes, plus puissamment encore que les miasmes du serpent.

Le noir, il pouvait gérer. Il pouvait s'y faire, au silence. Mais la solitude - ah cette vieille ennemie ! - il ne voulait plus jamais retomber entre ses griffes. Plutôt s'envoler vers sa perte si elle devait advenir dans ce calme chaos de noirceur.

Une fois la décision prise, il ne lui fallut qu'un minime effort pour s'envoler entre les sombres volutes qui l'environnaient. Il lui avait pourtant semblé que ses ailes pesaient des plombs ; simplement le poids de sa frayeur qui le clouait au sol. Mais il n'était pas encore tiré d'affaire. Il ne savait toujours pas où aller. Il volait à l'aveuglette, indifférent à la destination tant qu'il quittait ces ténèbres, impuissant à trouver son chemin. Même le vent qui effleurait à peine ses aigrettes était muet, sa voix étouffée, sa présence rassurante absente.

Malgré le boucan que ses ailes faisaient en claquant dans le silence, Cayden entendit le lointain clapotis. Les ondes étaient de dangereuses inconnues mais ce son était si incongru en ces lieux, si nouveau en ce silence, si vivant en ce néant, qu'il n'expira qu'un souffle hésitant et y tourna ses ailes.

C'était là un fleuve qu'il découvrit d'un coup, sorti de l'ombre par la seule mouvance de ses eaux qui grondaient comme le tonnerre, claquaient comme la tempête et hurlaient comme la bête féroce qui mordaient avec ses crocs de froidure. L'onde était aussi noire et insondable que la brume et il n'en voyait pas l'autre rive.

Noire également était la silhouette qui se découpait dans l'ombre brumeuse par la lente agitation de son manteau rapiécé. Cayden sentit un frisson d'épouvante lui remonter jusqu'à la nuque. Une impérieuse pensée le traversa avec la vivacité d'une balle ; il devait se poser. Il lui était interdit de survoler le fleuve noir sans l'accord de la créature qui attendait patiemment en bas.  

« Halte-là, âme perdue .» tonna-t-elle dès qu'il y eut posé une griffe au sol. Le cœur affolé, Cayden se figea sur place, les ailes contre lui pour le soutenir d'un peu de leur douce chaleur. La créature avait la voix de stentor d'un vieillard qui n'avait pas laissé l'âge lui soutirer sa force. Elle était grave et caverneuse, profonde et antipathique, sans joliesse ni empathie. Et elle allait de paire avec la face blanche, osseuse et émaciée, qui luisait sous le tissu abîmé. « Qui es-tu, arrogant ? Seuls les dieux oseraient survoler mon office sans s'y arrêter. »

« Je me suis arrêté, passeur. » croassa faiblement Cayden en se demandant d'où lui venait l'énergie de répondre. Ses pensées étaient embrouillées. Il lui semblait savoir qui était cette créature mais cette connaissance lui échappait à chaque fois qu'il essayait d'y mettre une griffe plus précise dessus.

« Tu sais donc qui je suis, âme perdue. Nomme mon nom, car telle est la coutume ; je suis Charon, fils de l'Erèbe et de la Nuit, le nocher des Enfers, le passeur du Styx, et tu es ici dans mon domaine. Et toi, quel est ton nom ? »

A une question facile, une réponse facile. « Cayden Tyler. »

« Je ne te reconnais point. Recommence. »


« Cholena. »

« Je ne te reconnais pas plus. Recommence, ou affronte Cerbère pour tes mensonges. »

« Harpie ! »
hurla-t-il dans son affolement, et parce que c'était le seul choix qu'il lui restait. A ces mots, Charon pencha la tête sur le côté pour le dévisager d'une orbite vide où luisaient les feux des Enfers.

« Même pour un descendant de Thaumas et d'Electre et de leurs filles aux langues acérées, Aello aux pieds rapides, Ocypète qui vole-vite ou Podarge l'obscure, le Styx demande une obole pour sa traversée. »

« Je ne veux pas traverser le Styx, je cherche la sortie. »

« Qui est perdu en ces lieux n'est pas ici pour rien. Soit tu erreras sur ces rivages, soit tu traverseras le Styx et tu verras bien où tu iras. »


Il était étrangement calme dans cette étrange et effrayante situation. Tenter de retrouver son chemin dans les Enfers au-delà du Styx ne lui disait rien. Ses yeux tombèrent sur la sacoche qui pendait à ses flancs. Une folle idée germa : marchander, tant qu'il en avait encore le courage.

« Je suis déjà aux Enfers. Regarde ces lieux, passeur. Il n'y a ni bruit, ni couleur ou âme qui vive. Toi, tu n'es qu'un mort qui marche. Tu veux une obole, nocher ? Je vais t'offrir plus grand encore. Une image si colorée et si vive que ton cœur pourri s'en réchauffera à la vue. Alors il n'y aura plus nulle ombre en ces contrées et je retrouverai mon chemin perdu. Qu'en penses-tu ? »

Un sourire torve déchira le visage pâle sous l'obscur manteau dans le craquement sinistre de la mâchoire qui se déboîtait. Cayden recula d'un pas, les plumes frémissantes ; il s'était lié.

« J'attends de voir, Harpie aux rouges rémiges. » Il y avait un défi vorace dans cette voix sépulcrale ; il frissonna. « Si tu perds ton pari, tu seras mien pour l'éternité. J'ai besoin d'un messager pour apporter mes récriminations aux dieux. Hermès ne s'arrête jamais écouter ce vieux Charon. »

« Je ne perdrai pas. » dit-il d'une voix étouffée par la boule dans sa gorge. Il ignora le rire moqueur du nocher pour attraper dans sa sacoche une toile et de la peinture. Obnubilé par sa tâche, dorée comme le soleil, éclatante comme la vie, il ne fit plus grand de l'ombre pesante de Charon. Et quand il eut fini, l'obole qu'il avait peint brillait tant et tant que le nocher s'était reculé en portant un bras protecteur devant ses yeux dont les feux de l'Enfer brûlaient de tant de clarté.

« Qu'en dis-tu, passeur ? » le pressa Cayden d'une voix assurée. La peinture avait ramené de la couleur en ce monde de ténèbres ; il n'avait plus peur, il ne se sentait plus seul.

« Vas t'en d'ici, Harpie qui amène les couleurs ! Tu as raison, égaré en ces lieux, tu n'y a pourtant rien à y faire. »

« Je m'en vais. » La solution venait de lui apparaître clairement, comme un phare dans la nuit, une étoile dans les ténèbres, un pincement dans un rêve. Et dans la chaleur de son nid, Cayden alluma sa lampe en maugréant contre les rêves stupides et les commentaires idiots qu'il recevait lors de l'étude des textes d'Homère.
1500 mots pile !
Terminé #13le 05.01.19 17:03
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épreuve 4Voyage en EnferUn sourire. Il s’était incrusté sur ton visage tandis que tu suivais cette étrange musique, qui te semblait provenir de partout et nulle part à la fois, difficile à suivre, mais pourtant, tu savais. Tu savais dans quelle direction te diriger, où aller pour la trouver, elle, cette musique si magnifique et singulière. Une musique qui sonnait comme la mort ; une renaissance.

Toi, Aodhán, tu t’étais éloigné de tes quelques "amis", ne pouvant plus supporter leur présence. Oh, ils n’étaient pas méchants, mais parfois un peu trop collant à ton goût. Tu avais besoin, à cet instant, d’un peu de calme. Alors, sans (trop) prévenir, tu t’étais enfui, du côté de la forêt, des chemins et des champs. Ces vacances au grand vert promettait d’être longues. Une randonnée en solitaire allait certainement te changer les idées et te faire un peu de bien. Pouvoir être libre seulement quelques instants, c’était un bonheur. Et puis, alors que tu marchais sur ce chemin rocailleux, à l’orée de la forteresse d’arbre qu’on nommait forêt, cette musique retentit, musique d’outre-tombe. Mais quoi de plus normal, puisque la mort t’avais déjà frappé de son couperet ? Toi, tu te décomposais sur place, entre la vie et la mort. Chose étrange, tu n’avais pas de place dans ce monde, ni dans l’autre. Mais tu t’en fichais, puisque alors, tu étais heureux. Heureux ne pas devoir de compte, de pouvoir être toi, d’aimer qui te plaisais ou plutôt, la liberté de ne pas aimer.
Ce monde, bien qu’improbable, t’offrais un choix exceptionnel : le choix d’être toi.

Tu t’enfonças dans la mer d’émeraude, semblant aller là où nul n’était allé. Tu te sentais explorateur, voyageur au grand cœur pour découvrir des régions oubliées. Enfance retrouvé, à un âge inattendu, car on te l’avait volée. Tu avais le droit de rêver à nouveau dans ce monde où tous avaient cessé de respirer. Tu en venais à te demander pourquoi est-ce que tu aurais voulu revenir à la vie, revenir dans un monde qui avait décidé de t’effacer… et tu te rappela du pourquoi ; ce n’était pas pour toi, c’était pour les autres. Pour ces enfants qui n’avait plus personne pour les protéger. Pour ce père qui ne pouvait pas vivre seul. Pour ces gens qui t’avaient accueilli comme si tu étais l’un des leurs. Avant cette terrible trahison. Tu sentais la rage, tu sentais l’amertume, tu sentais le regret mais surtout, tu sentais la culpabilité monter en ton cœur. Tu n’as jamais eu envie d’abandonner la vie, mais tu te sens mieux ici que là-bas. Et tu as honte. Honte d’être plus heureux sans eux, qui ont été toute ton existence.
Et c’est peut-être à cause de ce sentiment, alors que tu regardais autours de toi, qu’une porte apparue sur la roche. Une porte massive, magnifique, aux décorations qui semblait plus vieille que le monde encore. On aurait dit de la roche, peut-être du marbre, mais qui semblait bouger, comme au gré du vent. Les ornements ressemblaient à des petites feuilles, des fleurs. Tu étais persuadé que tu aurais pu en cueillir depuis la porte, si tu avais voulu. Tu posas ta mains sur la pierre qui était, contre toute attente, chaude. Pousser cette porte aurait dû être chose impossible ; elle semblait très lourde et il n’y avait pas de poignet. Pourtant, une simple pression suffit à la faire bouger, comme souffler sur une feuille de papier, laissant alors place à un escalier, qui descendait jusqu’au centre de la terre. C’était, en tout cas, l’impression qu’il te donnait.

Tu ne sais pas combien de temps tu as passé là-dedans ni même ce qui t’as poussé à y aller. Peut-être la curiosité de savoir ce qu’il y avait là-bas, en bas de cette terre sur laquelle tu as marché. Tu avais l’impression d’être depuis des décennies, rien que pour descendre une à une ces marches. Pourtant, la musique, elle, elle se faisait plus forte, plus belle, plus attirante. À chaque note, tu avais l’impression d'accélérer le pas. Tu ne prêtais même pas attention au détails surréalistes, entre ces yeux dessinés sur les parois comme s’ils te suivaient et cet lumière sans source. Tu y voyais en plein jour, ces yeux te donnais l’impression d’être là pour te protéger. Tu te sentais en sécurité mais tu savais que tu n’aurais pas dû.
Au bout de quelques temps, tu arrivas enfin au bout, se dressait alors une porte, toute aussi belle que la première, où était représentée une figure androgyne d’une beauté infinie, ailée et cornue. Sans le savoir, tu avais pu mettre nom dessus, qui t’échappa sans le vouloir.

« - Lucifer…
- C’est exacte, c’est l’ange déchu. »

La voix te surprit, tellement que tu sursauta. Qui était-ce ? Tu regardas autours de toi, il n’y avait personne. D’où pouvait-elle provenir ? Un raclement de voix se fit entendre, suivit un petit : « En-dessous… » Et tu regardas vers le bas. Il y avait effectivement une personne. Un petit garçon, pas très âgé, au regard familier. Il avait, entre ses boucles brunes, des petites cornes qui dépassaient. Frétillant derrière son dos, des petites ailes, comme celle de chauve-souris, s’agitaient d'excitation. L’enfant semblait content de te voir, bien que tu ignorais pourquoi. Il te souriait, d’un sourire si chaleureux tu te sentais presque…

« O’Connell, Aodhán… n’est-ce pas ? » Tu hochas la tête pour confirmer ses dires. Comment connaissait-il ton nom ? Son sourire, à ta grande surprise, redoubla : « Bienvenue à la maison. »

La porte s’ouvrit dans un vacarme assourdissant, laissant place à une sorte de ville. Le gamin, dont tu ne connaissais toujours pas le nom, t’attrapa la main avant de te tirer à l’intérieur. Tu ne savais pas où tu étais ni pourquoi cet endroit aurait dû être ta maison. Mais la vie était ainsi faite.

Tu passas plusieurs mois ici. Ou plutôt emprisonné, sans pour autant que ça te dérange. Tu avais appris que ce lieu était tout simplement les Enfers, une zone cachée dans le monde des morts, dont même l’Agence Azrael ignorait l’existence. Le démon, l’enfant, tu découvris qu’il s’appelait Oliver. Un nom qui te semblait bien familier, sans savoir pourquoi. La dernière chose que tu découvris, c’était que tu n’étais pas attendu ici. La plupart des gens rejoignaient les enfers après être tombés en poussière, pour payer de leur crime. L’Autre-Monde n’était qu’une façon de se racheter, une épreuve, que peu réussissait. Mais toi, tu étais un cas exceptionnel ; tu allais payer de tes crimes et avoir une seconde chance. C’était ce qu’on te disait. Néanmoins, tu savais que ce n’était pas vrai, même si tu souriais à ce diablotin qui te suivait partout. Même s’il était celui qui te torturait.

Les séances de tortures consistait en trois points : physiquement, on te frappait, on te donnait l’impression de mourir encore et encore. Moralement, on te rappelait ce que tu avais fait de ton vivant, qui tu avais abandonné en mourant lâchement cette nuit-là. Et enfin, psychologiquement, on te laissait moisir dans une pièce, à peine éclairée, sans porte ni fenêtre. De quoi devenir fou. Pourtant, des souvenirs revenait peu à peu. Ta vie, ton existence. Tu avais l’impression de parfois revoir des scènes de ton passé, rejoué devant toi. Parfois cette nuit fatidique.

Un jour, Oliver te torturait, te crachant ton passé à la figure. Et tu ne sais pourquoi, tu as été pris d’une terrible colère, tu répondis, pour la première fois, tu hurla sur ce petit garçon, aux boucles noirs comme la nuit, et aux yeux d’ambres. Lui crié dessus te faisais mal au cœur, mais ces mots devaient sortir :
« - Ce n’était pas ma faute ! » et tu réalisa. « Ce n’était pas… de ma faute. » Tu ris, sous le regard étonné de l’enfant, qui se mit à rire avec toi. Et la mémoire te revînt. Oliver était un de ces enfants que tu protégeais. Tu étais désolé de l’avoir oublié, de l’avoir abandonné. Mais tu le savais, il t’avais pardonné. Tu devais simplement te rappeler et comprendre. Il te prit dans ses bras et ta tête tomba sur son torse, toi qui était à terre. Les larmes coula et tu t’endormis, épuisé, dans les bras du garçon qui était autre fois dans les tiens.

Tu te réveilla dans la forêt, comme si rien ne s’était passé, comme si une minute avait refusé de s’écouler. Mais tu te souvenais. Tu te souvenais et ta culpabilité envolée. Comme un poids sur ton cœur s’était envolé. Quelle joie. Et tu savais qu’un jour tu reverrais cet enfant, tu le retrouverais dans l’Autre-Monde. Mais une chose était certaine :

Tu n’avais plus ta place en Enfer.

_______________

1456 mots
Hors Roleplay:
PaB est un univers où les protagonistes sont tous morts (bienvenue dans l'autre-monde, aka l'au-delà).

Aodhán, mon personnage, est un enfant d'immigrés irlandais américain et a vécu pendant la prohibition où il a travaillé avec la pègre pendant un temps, tout en essayant d'éviter aux gamins de son quartier le même sort que lui. Son père était alcoolique et violent (oops). Et il a été tué en traître sans jamais savoir pourquoi et se considère comme coupable, ce qui a entraîné tout ça.
C'est aussi un zombie, ce qui veut dire que sans potion, il est supposé se décomposé, mais là, j'ai considéré que c'était une situation particulière. Du coup voilà. Pas de forme zombie. J'ai essayé de respecter la longueur demandée du coup, j'ai accéléré certains passages, donc, désolé si c'est pas toujours clair ;;

Merci de m'avoir lu EPREUVE 4 • Voyage en Enfer - Page 2 798748180
©  YOU_COMPLETE_MESS
Terminé #14le 05.01.19 18:17
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Bel [FS]
Invité
Précisions:
Dans le cadre de l'Inteforum, les loups de Four Seasons adoptent une forme humaine. En vue du sujet, je me suis permis une petite dérive finale, car elle collait au contexte et à l'état d'esprit du personnage. Bel, donc. Étant de genre neutre, la troisième personne est employée pour les définir, et ce depuis toujours. La seule précision utile en l'état des choses est leur asexualité. Le caractère, quant à lui, est trop difficile à résumer. Pour les intéressés, sa fiche où vous retrouverez un physique lupin et tous les détails.


Les yeux dans le vague, Ils avançaient, âme errante et esprit en liesse, cœur pourtant lourd d’angoisse et de dégout. De soyeuses boucles noires retombaient sur leur front, lourdes de sueur, lourdes d’être ainsi enfermées dans un voile de soie qui demeurait statique face au manque d’air qui régnait sur le lieu. Ils avaient la gorge sèche, les poumons brûlants, pulsants derrière leurs côtes vermeilles, ouvertes à ceux qui désireraient y poser leurs yeux profanes. Ils marchaient depuis ce qui leur semblait être des heures, mais ces heures leurs apportaient le temps dont Ils avaient besoin afin de rassembler leur esprit, reprendre le fil de leurs pensées. Réunir leurs souvenirs n’avait jamais été chose aisée, mais Ils s’attelaient à la tâche sans faillir, avec la dignité d’un bon soldat, la résolution d’un automate. Leurs joues roses leurs semblaient cuisantes. Ils gardaient la tête basse, sentaient leurs lourds ornements cingler leurs joues, et demeuraient avec un soin religieux sur le sentier de pierres noires qui les guidaient au travers du jardin maudit. Ce corps leur était étranger. Ils ne l’aimaient pas. Il leur semblait frêle, faible, et laissaient transparaître d’eux plus qu’Ils n’auraient jamais voulu le montrer. Qu’elle leur manquait, cette épaisse fourrure qui les protégeait des regards ! Qu’elles leurs manquaient, ces cornes rutilantes qui intimidaient les opposants ! Au demeurant, Ils n’avaient plus rien, ne possédaient plus rien. Rien, uniquement leurs yeux limpides, leurs pupilles allongées, le symbole même de leur allégeance.

Et Ils avançaient. Un pas, un autre, qui marquaient leur chemin dans la roche comme s’Ils avaient possédé le pouvoir de faire fondre la roche même. Yeux bas, tête basse, encore, toujours. Tout semblait s’ouvrir à eux, devant eux, et pour eux, pour autant Ils n’échappaient pas aux revers du Paradis. La malédiction qui déjà s’imposait, en leur arrachant leur pudeur, ne laissant que le voile pour couvrir leur corps mince, tout ce qu’Ils s’échinaient à cacher, n’était qu’une part de ce qui s’opposait à eux. Père les avait avertis. Père avait eu raison, et pour lui, pour le bonheur dans ses prunelles, Ils conservaient un calme qui leur était étranger. Ils se retranchaient, dans leur bulle, leur univers. Ils se recroquevillèrent davantage encore lorsque la chair effleura la chair, qu’une main vaporeuse caressa leur visage. Ils se mirent à parler, marmonner, chanter d’un timbre hystérique qui ne parvenait à percer les sons alentours. Ils sentirent leur gorge se serrer, un début d’angoisse percer la coquille de l’indifférence. Ils n’avaient qu’à perdurer, progresser. Vers la lumière, lui disait Père. Suis la lumière, mon Enfant. Elle était devant eux, lointaine, diffuse. Elle était le phare qui les guidait dans la tempête.


Bel. Bel !

Jamais les voix ne s’arrêtaient. Ils eurent l’horreur de relever le menton, laisser leur regard béni se porter vers l’horizon. Autour d’eux s’ébattaient la lie de l’humanité, la lie de tous les genres. Animaux en rut, vulgaires créatures, aux charmes factices, qui pensaient connaître la chair mais n’en étaient que profanes. Un grondement sourd remonta dans leur gorge, vestige de ce corps qu’Ils avaient laissé derrière eux pour le bien de leur voyage. Et là, cette femme, cette bête, qui alanguie sur le sol, se complaisait dans sa déchéance ! Ici, au détour d’un lampion écarlate, des tableaux faits, refaits, empires brisés et mondes éclatés. Simulacres de réalités, volés aux plus offrants, sur lesquels d’autres encore ondulaient dans ce qui leur semblait être des convulsions hideuses. Ils relevèrent leurs mains sur leur visage cuisant, frottèrent leurs yeux qui brûlaient plus encore. Ils accélérèrent leur allure. La lumière seule comptait, rien d’autre ne saurait les distraire.

Ils se remirent à chantonner, doigts serrés sur la capuche qu’Ils maintenaient rabattue sur leur tête, dans l’espoir de se soustraire à ces visions qu’Ils ne désiraient qu’ignorer. Un tressaillement de dégoût les pris lorsqu’une nouvelle main sournoise effleura leurs hanches. Ils se mirent à courir, sans céder, sans quitter les pierres noires, les éclats clairs à leur bout, là-bas, quelque part, quelque part où Ils se devaient d’aller. Rouge. Lampions, lampes, rouges, agressaient sa pupille. Rouge. Le cercle tracé sur le sol, la douleur et ce monde. Rouge, rouge, partout autour d’eux, sur ces lèvres de succubes, ces corps atroces et ces êtres qu’Ils abhorraient. Le sol se déroba sous leurs pieds, Ils tombèrent à genoux. Deux grosses larmes roulèrent sur leurs joues, longèrent la mâchoire, s’écrasèrent au sol pour s’évaporer. Ils étaient fatigués. Ils voulaient rentrer chez eux, trouver une tanière dans laquelle se rouler en boule, se retrancher dans leur univers. La bulle. La bulle leur manquait, et Ils ne parvenaient pas à s’y perdre. Leurs lèvres s’entrouvrirent sur un cri qui, d’abord muet, devint strident. Recroquevillés sur eux-mêmes, Ils offrirent leur dos au Paradis qui les harcelait, offrirent leurs côtes suppliciées, et l’encre noire des ailes en lambeaux qui témoignait de celles qu’Ils avaient perdu en cet endroit.

Ils demeurèrent ainsi, longtemps. Ils étouffèrent, plusieurs fois, pleurèrent plus encore. Ils eurent le temps de chanter à s’en briser la voix. Leur esprit partait en furie, dans toutes les directions, refusait de les laisser en paix. Quand enfin, Ils s’épuisèrent, Ils se relevèrent, vaillants êtres inadaptés, sillons de larmes trempés barrant leurs pommettes, et leurs longs cils demeurèrent humides. La lumière. Ils se sentaient vides. Ils se sentaient mieux. Alors Ils avancèrent. La main qui se tendit fut repoussée. Le corps qui ondula sur leur chemin fut évité. Le leur disparut, progressivement. Ils trouvèrent la force qu’il leur manquait pour ramener à eux le don qu’Ils possédaient en leur monde. Étoiles d’argent, scintillantes. Elles furent le seul vestige de leur passage. Sur les pierres noires, le son des pas fût témoin de leur avancée.

Graciles êtres sur leurs jambes de biche, Ils connurent une joie si immense qu’elle perça leur poitrine, leur fit échapper un gémissement aigu. La clarté les enveloppait, rendait leurs yeux larmoyants et rendit leur fébrilité plus marquée encore. Ils étaient parvenus à leurs fins, parvenus à leur objectif, et demeuraient, incertains, dans l’expectative. Leur cœur se figea dans leur poitrine lorsque des doigts flattèrent leur mâchoire, qu’Ils sentirent une présence derrière eux. Présence vibrante de puissance, qui dégageait la chaleur tout comme elle l’absorbait. Ils déglutirent, sentirent leurs paupières se faire lourdes. Le contact qui les horripilait tant semblait pourtant tout naturel. Ils se lovèrent contre cette paume qui les accueillait, n’osèrent pas se retourner. Ils réalisèrent avec un sursaut de bonheur que leur Enfer s’achevait. Leur odorat leur revenait, leur ouïe de même. Ce parfum fort, qui les enivrait, était un doux mélange de cendre et de musc. Ils tournèrent leur tête vers leur sauveur.

Devant eux se tenait l’Ange pour lequel Ils étaient venus. Ils le trouvèrent d’une beauté sans égale, malgré cet aspect humain, car Lucifer n’était rien autre que le plus beaux des anges, chassé, exilé dans les entrailles de la création. Ils glapirent, émerveillés, émus. Deux larges ailes macabres percèrent leur dos. Le maléfice se rompait. Ils furent, une fraction de seconde, le reflet de cet être mutilé, cet être parfait, et déjà Ils s’effondraient à quatre pattes. Ils s’ébrouèrent, avec vigueur, retrouvèrent muscles et sérénité. Et le Porteur de Lumière s’abaissa, cueillit la Bête, cueillit l’Animal, le Prophète, dans ses bras de Dieu. Ils nichèrent leur truffe, framboise frémissante, saoul de ce fumet qu’elle percevait, dans le creux d’une épaule. Leurs pattes, douces, trouvèrent appui sur une cuisse ferme, alors qu’Ils laissaient s’appuyer toute leur âme sur celui qu’Ils adoraient, soir après soir, auprès de Père, auprès de ses frères, dans l’espoir de son retour. Leur quête connaissait sa fin. Ils l’avaient trouvé. Ils leur sembla alors avoir connu cette voix mélodieuse depuis toujours :

"Bienvenu à toi, mon Enfant."



~~~~

Précisions de fin.:
Deuxième précision de fin de texte. Ils appartiennent à un culte mené par Père, un loup qui les a pris sous son aile. Ce culte n'a jamais eu de nom, mais adopte les préceptes du satanisme en de nombreux aspects. Par conséquent, le sujet se prêtait à un exercice semblable à celui d'un voyage initiatique, ou un pèlerinage. Bel est un semblant de Prophète, sur FS. Ils n'échappent pas à l'Enfer, qui pour eux est par conséquent un supposé Paradis (là encore en lien avec un caractère instable. Ils ne perçoivent pas bien les choses.), et dans lequel régnerait leur Dieu.
Terminé #15le 05.01.19 18:54
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Hendrik Beneke (LS)
Invité
Bonjour à tous. Je me présente, Hendrik Beneke, champion chargé de défendre les couleurs de la Sérénissime pour cette épreuve.  Mon personnage est un capitaine hollandais à la tête d'un équipage de pirates. Après avoir écumé les côtes atlantiques de la Mer du Nord jusqu'au détroit de Gibraltar, il est entré en Méditerranée, et par opportunisme, s'est rangé sous les étendards de l'Empire Ottoman pour favoriser ses affaires. En un mot, il est brutal, sanguinaire, sans foi ni loi, et ne suit qu'une loi: son propre intérêt. Voici ma tête.

EPREUVE 4 • Voyage en Enfer - Page 2 Uszq


Le hollandais avait atrocement mal à la tête. Ce qui venait de se passer était tout bonnement... Stupide ! Son voilier avait pris en chasse un lourd navire marchand égyptien, et le rattraper par l'arrière pour l'aborder avait été un véritable jeu d'enfant. Il revoyait parfaitement les premiers instants de l'assaut quand ses hommes avaient lancé les grappins et avaient sauté par dessus les bastingages pour en découdre le couteau entre les dents. Comme toujours, il avait fait de même, en tenant dans sa main gauche un pistolet prêt à faire feu et dans sa dextre sa hache d'abordage.

Les coups n'avaient pas tardé à pleuvoir de tous les côtés, et les rudes hommes de la Mer du Nord et de la Baltique avaient très vite pris le dessus sur l'autre équipage. Le capitaine égyptien se trouvait acculé devant sa cabine, et Hendrik l'avait fixé tel un grand fauve devant sa proie, avant de fondre sur lui. Ce qu'il n'avait pas vu, c'était qu'un mousse égyptien avait copieusement dégueulé son petit-déjeuner sur les planches du pont du navire sous l'effet de la trouille dans les premiers instants de l'abordage.

Alors que le colosse hollandais chargeait avec son arme levée et prête à porter un coup fatal, sa botte avait pris appui au beau milieu des vomissures du gamin. S'ensuivit une improbable glissade sur un bon mètre avant que le pirate ne se retrouve les quatre fers en l'air. Lorsqu'il retomba, sa chute fut aussi lourde que bruyante, mais elle fut surtout incroyablement brutale. Il heurta le bois du pont du navire et ressentit une douleur assez fulgurante à l'arrière de son crâne, pile là où il avait tapé dans ce vol plané mémorable.

Groggy, il en avait lâché ses armes sous le choc. Péniblement, il roula sur le flanc et se releva très difficilement en se frottant la tête. Des étoiles dansaient devant ses yeux et son bras manqua de peu de se dérober alors qu'il s'appuyait dessus pour se mettre à genoux. Sa main gauche, elle, était occupée à frotter l'arrière de son crâne endolori. Lorsqu'il se remit sur ses jambes, il se frotta les yeux en espérant ne pas se prendre un coup de sabre en traître, mais le décor avait quelque peu changé.

Autour de lui, ce n'était qu'un univers de roche volcanique noire, avec ce qui étaient d'immenses rivières de lave en fusion. L'air lui-même semblait être en feu, et de tous côtés, d'immenses flammes s'élevaient vers le ciel en rugissant dans l'air brûlant. Il était seul pour l'instant, mais au milieu de cet océan de flammes, il pouvait entendre les cris puissants des damnés soumis au supplice. Dans ce tableau d'horreurs, un nouvel élément vint s'ajouter. Une créature colossale aux dimensions de géant s'avançait à travers les flammes, et ses deux yeux rouges fendus d'une prunelle de serpent semblaient le fixer. Le sol se mit à trembler sous les sabots noirs de la créature qui se mit à pointer une immense fourche de métal incandescent dans sa direction.

Il ne fallait pas être bien sorcier ni devin pour comprendre où il se trouvait. Il s'était toujours attendu à finir en ce lieu après son trépas, mais là, pour le coup, il était survenu bien trop tôt à son goût. Mais de quelle façon ! C'était un foutage de gueule absolu. Avec une fin pareille, c'en était fait du mythe de redoutable écumeur des mers qui était la sienne. Cela avait de quoi faire ricaner tous les pirates pour les trois siècles à venir. Loin de se laisser démonter, et foutu pour foutu, le hollandais se planta les mains sur les hanches face au démon qui arrivait.

"Non mais sérieusement ? Qu'est-ce que t'as foutu là ?! Est-ce que seulement tu te rends un peu compte de la connerie que tu viens de faire ? Bordel ! Tu m'as fait crever en glissant dans une flaque de vomi ! Je les entends déjà rire et se fendre la gueule en racontant la fin très divertissante du redoutable Capitaine Hendrik Beneke ! Ca sert à quoi que je trucide tout ce qui passe depuis des années ?

Non content de me buter, il a en plus fallu que tu me ridiculises pour les temps à venir ! Tu sais quoi ? Hé ben tant pis ! T'en retrouveras pas un second comme moi ! Tu sais combien j'ai pu envoyer de navires par le fond ? Combien d'équipages j'ai pu massacrer ? Combien de villages sur la côte j'ai mis à sac et ravagés ? J'étais ton meilleur instrument sur les mers ! C'est fini ! Je rends mon tablier, et tu as de la chance que je n'ai plus ma hache, car tu l'aurais déjà prise en plein dans la gueule !"


Le hollandais secoua la tête de dépit. Il s'était toujours comporté comme le pire des soudards et n'allait certainement pas se mettre à implorer la clémence ou se mettre à prier le Tout-Puissant alors qu'il ne l'avait jamais fait de sa vie. Mais vu ses performances durant sa carrière de pirate, il estimait au moins pouvoir bénéficier des avantages du club dont il avait quand même un peu porté les couleurs alors qu'il sillonnait les mers pour y semer la terreur et la mort. Sa frustration était tout bonnement immense et il fulminait comme jamais auparavant. Il en écumait presque.

"Tu as conscience que tu vas recevoir bien moins de marins désormais ? Je ne serai plus là pour les égorger ! Ni pour faire brûler des villages côtiers ! Alors maintenant que je suis là, j'estime avoir au moins droit à une bonne place ! Elle me revient de plein droit ! Je suis Hendrik Beneke ! J'ai fait régner la terreur des confins de la Baltique jusqu'aux rivages de la Mer Noire ! Alors la moindre des choses serait quand même de m'accueillir avec un peu plus d'égards que dans cet endroit paumé qui empeste le souffre !"

Le regard rouge de la créature démoniaque le fixait dangereusement, et il vit le monstre plisser peu à peu les yeux. Mais merde à la fin! Quitte à avoir été un pirate de la pire espèce tout au long de sa vie, autant le rester même dans la mort. A ce titre, il espérait quand même avoir ce qui d'après lui devait lui revenir de plein droit.

Mais visiblement, ce n'était pas du goût de cette bête immonde qui le surplombait de plusieurs mètres et avait continué à se rapprocher de plus en plus de lui. Alors que le hollandais le fixait lui aussi de son regard clair et dur, le monstre leva haut sa fourche et l'abattit en un coup fulgurant et d'une puissance inouïe sur la pomme du hollandais. Dans un nuage de flammes et de projections de roche, son corps explosa littéralement en une myriade de particules.

C'est à cet instant qu'il se réveilla, tiré par le col par son second qui était en train de lui mettre des claques pour le réveiller. Le hollandais le repoussa d'un coup du plat de la main et il se remit en position assise, alors que son second s'exclamait :


"On a gagné capitaine ! Je crois que vous vous êtes cogné la tête en tombant. Ca va aller ? On fait quoi ?"

Cette fois, le colosse du Nord se remit sur ses deux jambes en frottant encore sa tête endolorie et meurtrie. Le combat avait pris fin, et il se trouvait sur le pont, là où il était tombé. Ses forbans étaient déjà en train de piller les cales, et il n'y avait plus grand chose à faire.

"Voilà ce qu'on va faire : tu mets le cap sur la ville la plus proche, et tu me trouves un prêtre pour une confession. Une très longue confession. Tu en profiteras pour aller me chercher une lettre d'indulgence plénière au premier cardinal ou évêque qui traînera dans les parages ! Pas question que je retourne là-bas !"

Devant l'air abruti de ses hommes, il haussa les épaules en soupirant et prit la route de sa cabine. Mais il ferait en sorte de ne pas avoir à recroiser l'autre ordure à présent.
Terminé #16le 05.01.19 19:55
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Arndt Kandle [SNKR]
Invité
Infos ! :
Yo !  Petites infos sur mon perso ! Je viens du fofo SNK Rebirth et mon personnage est un soldat du bataillon d'exploration. Il est un des rares soldats vétérans de la section (bawi, la durée de survie dans le bataillon c'est pas foufou, hein). C'est quelqu'un de minutieux et sérieux. Il rigole -presque-jamais.  Sa mère est sans doute la seule chose qui lui permet de garder une santé mentale plutôt normale.




Memento mori : « souviens-toi que tu vas mourir »



Vas-y clown... Montre-moi tes cartes....


***


"Deux cartes..." Le croupier commença à mélanger le petit paquet de cartes à ses côtés. Au bout de quelques secondes, il fît glisser deux cartes en direction de l'homme à la voix rauque lui en ayant réclamé deux un peu plus tôt. Comme les autres membres autour de la grande table (deux joueurs, le croupier et Arndt), seules ses mains étaient visibles. 

On ne doit jamais montrer son visage aux autres joueurs... jamais. Ses doigts, courts et boudinés, couverts de bagues autant vulgaires les unes que les autres.

La pièce était quasiment plongée dans le noir. Pas de fenêtres, humide et chaud... assez étouffante comme atmosphère. Seule une imposante bougie placée dans un joli récipient en argent trônait au milieu de la table, dont la faible lueur était suffisante pour éclairer le centre de la table... et donc le jeu. 

Le complexe était situé dans une cave (sans doute), Arndt en avait descendu des marches pour y arriver. Cent ? Peut-être plus même. Bien qu'il trouvât cela assez curieux (c'est vrai que ce genre d'installation au milieu de nul part était quelque peu... troublant), il n'avait pas cherché à en savoir plus, il n'était pas là pour ça... 


***

« Monsieur Kandle,
Nous avons le plaisir de vous conviez à notre petite soirée, ce vendredi-ci. Nous connaissons vos qualités cartes en main. Quelqu'un vous attendra dans le district de Trost. Mais n'oubliez pas... Pour entrer, le prix à payer est élevé.
ŚṬN »

Ce mystérieux message lui était parvenu, un jour, alors qu'il était en permission chez lui. Pas d'adresse, pas d'informations... Rien. Il aurait pu penser à une blague ou aux divagations d'un esprit malade... Néanmoins, avec son solde de soldat, il n'était pas en mesure d'aider réellement sa mère... De ce fait, il n'hésitait pas de participer à deux trois extras de temps en temps.
***


A son tour.  Il regarda ses cartes. Reine de trèfle, 9 de cœur, 9 de Pique, un 9 de Carreau et un 7 de Trèfle. Intérieurement... il était assez content : "Un brelan, c'était plutôt pas mal... pour un début" 

"Jeune homme. Commença une voix féminine. C'est à ton tour. Alors ?"

Le brun jeta un rapide coup d'œil en direction de ladite voix. Une femme assez jeune apparemment... La trentaine peut-être ? Celle-ci portait de longs gants de cérémonie en soie blanche. Très formel. Chic. Même si cela était avant tout de l'apparat, cette jeune femme ne devait pas être tant dans le besoin que ça pensa Arndt.

"Hm. Ouais..." Il regarda une dernière fois son jeu.
"Donc... Une carte, pour moi." Et il renvoya le 7.

Le croupier lui échangea sa carte.

Mais qu'elle ne fût pas la surprise du brun de voir une carte qui n'aurait en temps normal, rien à faire ici... Le douzième arcane majeur du jeu de tarot : Le Pendu...

Arndt ne comprenait pas vraiment la signification de tout ça. Cela ne semblait déranger personne : Une erreur, de la triche ? Il ne savait pas. La situation commençait à le rendre nerveux. Il avait de plus en plus chaud, quelques gouttes de sueur perlaient sur son front. Que devait-il faire ? Stopper la partie ?

"Tour suivant..." Le croupier mis un terme aux tergiversations du brun.  Le tour de table continua alors. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Tout cela était incompréhensible. Était-ce un complot ? Le but était-il de déconcentrer Ardnt pour lui soutirer tout son argent ? Il ne savait pas... Pourquoi une carte de tarot dans ce cas ? 


"Reste focus, idiot. Tu joues ta peau, là !" Qui pouvait bien lui parler ? Il balaya l'obscurité d'un rapide coup d'oeil. Personne. Cela ne pouvait être une des trois personnes en face de lui. Qui alors… ? "Personne d'autre ne m'entend. On m'appelle le Pendu, l'arcane de la résignation mais je suis surtout porteur d'espoir. Et toi, tu es celui à travers qui je le repend. Tu es mon augure."
"Dernier tour avant de tomber les cartes...
- Bon. Mettons rapidement un terme à tout ça… répliqua l'homme, d'un ton faussement peiné. Je mets tout mon argent.
- Qui sont-ils ? Peu importe... C'est bientôt ton tour, mon cher ami.
- Je suis, alors. Répliqua la jeune femme. 
- Et c'est là que tu rentres en jeu  mon augure, c'est à toi de parler."


Le pendu pouffa. Il se balançait sur sa potence. Pendant que le brun se balançait dans ses pensées. Il avait certes un beau brelan, mais il avait surtout son fameux pendu, sans parler qu'il avait commencé à causer avec lui. Il se sentait plus que léser. Mais que pouvait-il faire ? Pourquoi tout lui semblait compliqué. Arndt était-il vraiment celui à abattre ?
Putain. Mais oui. C'était ça. Ils étaient tous contre lui. Comment pourrait-il en être autrement ? Regardez-les cachés. Dans l'obscurité. Regardez ces cons. Ils doivent bien rire, de lui. Mais oui. Bien entendu. C'est sûr. Ce gros porc et l'autre pute ! Sans parler du croupier, c'est sûr. Le tourmenter. 


C'est ça ! C'est ce qu'ils veulent ! Le tourmenter. Ils en ont après lui. Tous les trois, ensemble. Ils veulent que le brun s’effondre pour récupérer son beau magot ! 

"T'as pas l'air en forme gamin. héhé.
- Ta gueule, bordel. Pensa le brun.
- Il faut jouer, maintenant." Reprit le connard de croupier.
Que faire, que faire, que faire…
"Joue. Joue tes cartes, augure. Fais-les payer pour avoir essayé de t’avoir. Mise… aussi !"
- Très bien, très bien. Je mise tout… ! Lança le brun. Après tout, il n'avait que son argent à perdre....
- Héhé… Oui, c’est bien, c’est bien. Héhé…"


Arndt n’eût le temps de faire quoi que se soit, que la bougie s’éteignit d’un seul coup, plongeant la pièce dans l’obscurité. C’est alors qu’en face de lui se mirent à scintiller deux yeux, couleurs rubis. Le brun se crispa d’incompréhension et de peur. Le croupier... C'était donc lui ? Les deux autres n'avaient pas l'air de réagir. Pourquoi ? 
"Héhé trop tard !" Ricana le pendu.
Plusieurs torches s’allumèrent sur les murs. Arndt en tomba presque de sa chaise. Devant lui, le croupier, sourire aux lèvres. Ses orbites étaient creusées et des flots de sang visqueux en sortaient. Sur la table aucunes cartes, rien. Seulement quelques bagues posées ça et là et une paire de gants… sans propriétaires. Mais c’était quoi ce bordel ?!? Le brun se leva d’un bond.

"Désolé… T’as perdu." Il baissa le regard sur son jeu. Ses cinq cartes n'étaient plus celles qu'il avait quelques minutes plus tôt. Quatre d'entre-elles avait changé d'arcane : Celui du diable. Celui-ci arborait le plus beau des sourires. Alors que sur la dernière, on pouvait y apercevoir sa reine de trèfle, nue, pendue à la potence d'il y a peu. Sa gorge avait été tranchée et ses yeux arrachés. 

"Mais t'en fais pas... Je vais rester avec toi... Pour toujours..." La peau d'Arndt commença à sécher et à se craqueler. Des nuées d'insectes commencèrent à en sortir. Ses organes commencèrent à pourrir. Il hurlait de douleur, se rattrapant à la table, utilisant ses dernières forces en réserve, il toisa du regard une dernière fois le croupier avant de s'effondrer. Celui-ci se mit alors à rire. Attrapant une petite feuille de papier sur la table, il la rangea précieusement dans la poche intérieure de sa veste.

"Je t'avais prévenu que le prix à payer était élevé. Qui sait... Peut-être qu'un jour tu arriveras à racheter... ton âme." Claquant des doigts, la pièce redevint ce qu'elle était il y a peu... C'est alors qu'une porte en bois s'ouvrit laissant apparaître une silhouette féminine... La soirée allait encore durer un peu... apparemment. 
Terminé #17le 05.01.19 21:21
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Flavien Teleri [CI]
Invité
Qui est Flavien ?:
EPREUVE 4 • Voyage en Enfer - Page 2 ADBmJkn5

Flavien est un mage qui tient ses pouvoirs de sa croyance en Möchlog et Orshin, deux "Dieux" (qu'on appelle Architectes). L'un prend la forme d'une immense chouette qui lui a fait don de la magie de soin et l'autre prend la forme d'une araignée lui permettant l'invocation et le domptage de la faune.

Capable de soigner aisément les plaies qui ne sont pas mortelles, il peut communiquer avec la faune par télépathie et invoquer à ses côtés des créatures qui l'aident à combattre. Il ne se sépare jamais de ses familiers, Hua (qui est une Tairakh, une sorte de fennec tigrée de la taille d'un écureuil, sauf que son venin est des plus toxiques et que ces bestioles sont considérées comme des nuisibles de la pire espèce) et Selmac (un Aitah... en gros imaginez un chat avec des cornes et deux queues et qui va au-devant de tous les dangers comme s'il avait envie de remporter les Darwin Awards).

Excellent soigneur animalier, il propose ses services itinérants dans les régions qu'il traverse et est toujours prêt à défendre la cause animale, quitte à se mettre à dos quelques personnes. Pas très bavard, il est pourtant loin d'être méchant (je dirais même qu'il est assez facile à vivre, pourvu que vous ne le caressiez pas dans le mauvais sens du poil) mais est clairement plus à l'aise avec ses familiers qu'avec ses pairs. Dernièrement il fait de nombreux efforts pour être plus agréable. Il essaye même de se réconcilier avec le genre humain en poursuivant son apprentissage de guérisseur, qu'il avait laissé tomber au profit du soin animalier.

Comme tout mage, il est sensible à la technologie et un contact prolongé avec cette dernière le rend malade (la technologie, c'est le domaine des Daënars, les opposants des mages sur Irydaë). Il a eu quelques problèmes dans le passé avec des mages illusionnistes (nommés les Khurmis) et pense que cette nouvelle mésaventure est l’œuvre de l'un d'eux.


S'il devait offrir un compliment aux Khurmis, Flavien dirait sans hésiter qu'ils comptaient parmi les mages les plus inventifs qui soient. Leur imagination et leurs pouvoirs étaient sans limite, et le mage qui le retenait prisonnier en ce moment même en était le parfait exemple. Le monde dans lequel il se retrouvait était terrifiant, jouant avec brio sur les peurs les plus viscérales du nomade. Un battement de cil, une terrible erreur, suffit à le transporter à des kilomètres de la paisible forêt Suhurienne qu'il explorait depuis quelques jours.

Un instant, il écartait des branchages pour libérer son champ de vision, le suivant le voici qui basculait en avant. Il perdit pied, surpris par la distorsion qui l'arracha à la réalité sans aucune douceur. Les feuilles auxquelles il s'accrochait se désintégrèrent sous ses doigts, l'incitant à se rattraper au plus vite. Il trébucha, ferma les yeux par réflexe avant de les rouvrir à l'instant où sa prière fut exaucée, ses mains tendues s'enfonçant dans un matériel tendre mais assez robuste pour amortir sa chute. Il grimaça en découvrant qu'il devait son salut à la carcasse à moitié décomposée d'un Dragon éventré.

Flavien grimaça, retirant vivement ses mains de l'animal et les essuyant sur son manteau. Le sang noir qui tâcha son vêtement dégageait une forte odeur métallique que le soigneur ne connaissait que trop bien. Il était presque sûr d'avoir vu, du coin de l'œil, la silhouette émacié d'un Dragonneau mourant, pleurant la disparition de son parent.

Soupirant lourdement, il s'écarta de la scène grotesque réservée pour son accueil. Nul doute que cet endroit avait été spécialement créé pour se nourrir de ses peurs les plus réelles. De la découverte de la dépouille d'un animal quasi sacré aux hurlements de terreur de ses proches qui semblaient provenir de quelque-part derrière le brouillard environnant, tout en ce monde était fait pour nourrir ses angoisses. La lave qui lui léchait les pieds, le brûlant vif sans même attaquer le cuir de ses bottes, était quand même exagérée.

Peut-être était-il tombé sur le campement d'un illusionniste paranoïaque, désireux de protéger ses secrets plus que tout au monde ? Peut-être s'était-il attiré les foudres qu'un énième maître des illusions sans s'en rendre compte ? Cela ne serait après tout pas la première fois.

Le résultat était le même quelle que soit la raison de sa présence ici. Il était coincé dans ce monde austère, curieux mélange stérile et sanglant, tant qu'il ne réussissait pas à arracher son esprit à cette illusion des plus spectaculaires. Les Golems mécaniques qui patrouillaient dans les environs émettaient des cliquetis semblables aux armes des miliciens Daënars qui l'avaient si souvent pris pour cible l'empêchaient de réfléchir. Il devait s'éloigner, prendre du recul. Se retrouver pour espérer trouver son chemin.

Plutôt que de prendre ses jambes à son cou, Flavien jeta un coup d'œil aux alentours et repéra un rocher solitaire, à l'écart des Golems. Le vent qui hurlait sur les hauteurs, lui soufflant ses pires cauchemars d'une voix qui ressemblait fortement à celle de son père, était préférable aux cris de ses amis. S'approchant de la pierre, il découvrit le corps sans vie de Selmac, son plus fidèle compagnon. Flavien serra les dents et balaya la carcasse d'un revers de la main.

L'illusion était parfaite, mais elle restait simplement cela : une illusion. Bien qu'il ne soit pas à ses côtés dans ce cauchemar, Flavien était certain que Selmac était vivant. Le lien qui les unissait était trop puissant pour être si facilement corrompu. Son familier était vivant, et le petit animal qui reposait à ses pieds n'était qu'une pâle copie de son ami. Malgré cette conviction, il se refusa d'observer plus longtemps la frêle créature.

Prenant sa place sur la roche chauffée par un soleil brûlant qui asséchait sa gorge et le faisait tousser, Flavien croisa les bras. Il était coutumier de cette sensation de soif, testament de ses jours les plus sombres qui l'avaient vu errer sans but, sans prendre le temps de s'arrêter. Sa magie ne lui était d'aucune utilité tant qu'il n'avait pas localisé l'illusionniste derrière cette mascarade. Il se révélerait à lui tôt ou tard, et en attendant Flavien n'allait pas lui faire le plaisir de laisser la peur le gouverner.

Il sursauta lorsqu'une balle fila près de lui et plaqua ses mains sur ses oreilles alors qu'un tonnerre de coups de feu se fit entendre. Certains projectiles le touchèrent et il cria de douleur, trouvant refuge derrière la roche plutôt que perché à son sommet. Toutes illusions qu'elles étaient, ces balles l'atteignaient réellement, aussi loin que son esprit était concerné. Du coin de l'œil, il pouvait apercevoir une magnifique Chouette hululer de contentement à l'idée de le voir souffrir. Möchlog, son guide, se réjouissant de son trépas était certainement plus douloureux que n'importe quel impact de balle.

L'exaspération montait en lui. Comment pouvait-on oser revêtir l'enveloppe d'un Architecte pour exercer sa vengeance ? La colère succéda à l'exaspération et bientôt, le soigneur se mit à hurler, de rage cette fois.

- Intéressant. Gloussa une petite voix à son oreille, Tu es en colère, mais tu n'as pas peur.

D'un coup d'un seul, il fut plongé dans le néant. La scène d'horreur s'effaça, le laissant seul à seul avec une apparition aussi grotesque que le reste de cette création. La silhouette était vaguement humanoïde, mais ses traits étaient trop flous pour qu'il puisse lire son expression. L'illusionniste avait enfin décidé de se montrer.

- Pourquoi faites-vous ça ? Accusa-t-il d'une voix blanche
- Je veux être sûr de quelque-chose. Marmonna la silhouette. Tu as peur de perdre les tiens. Tout le monde a peur de perdre les siens. Tu es terrifié par les armes à feu, et portant tu leur tient tête. Que faut-il, pour te faire souffrir ?
- Ce que vous me montrez n'est pas réel ! VOUS n'êtes pas réel !

La silhouette grotesque vibra, secouée par un rire qui perça les tympans du soigneur.

Flavien se réveilla en sursaut, ses oreilles sifflant en écho au rire de son geôlier anonyme. Il n'y prêta pas longtemps attention. Son esprit fut rapidement assailli par les pensées terrifiées de ses familiers qui l'avaient vu tomber dans l'inconscient. Les deux petites créatures se réfugièrent au creux de son cou pour lui apporter un peu de réconfort. La peur d'Hua et l'incompréhension de Selmac le ramenèrent à la réalité. Frissonnant, le nomade serra ses familiers contre lui, jetant des coups d'œil furtifs aux alentours. Il ne ressentait aucune magie illusoire en ces lieux, pas plus que lorsqu'il était tombé dans l'inconscient. Pourtant... Ce cauchemar avait été trop réel pour être simplement le fruit d'une mauvaise chute. Doucement, il se releva, bien décidé à rebrousser chemin.

S'il quitta les lieux pour rejoindre le village le plus proche au pas de course plutôt que de son pas tranquille habituel, ses familiers se gardèrent bien de le lui dire. Et si, une fois la nuit tombée, il décida de passer cette dernière dans une auberge plutôt qu'à la belle étoile, ils se gardèrent encore de commenter, se lovant plutôt tout contre lui pour l'accompagner au sommeil.

Exténué, Flavien ne tarda pas à s'endormir.

La voie étant libre, la petite flamme qui s'était attaché à lui se manifesta à nouveau. Elle ne comprenait pas comment cet insecte insignifiant avait réussi à garder la tête froide, ainsi plongé dans ses pires frayeurs. Les créatures de ce monde ne dépendaient pas du jugement de son patron, mais il lui arrivait de visiter d'autres réalités pour adapter ses méthodes de torture. Les âmes étaient fascinantes et expérimenter leur multiplicité avait quelque-chose d'exhilarant. En quoi cette âme était-elle différente des autres ?

Se penchant sur le mage endormi, la flamme sonda à nouveau son esprit. Creusant plus loin que les peurs de surface sur lesquelles elle s'était appuyée, elle trouva enfin ce qu'elle cherchait. L'isolement forcé, l'angoisse de ne pas réussir... La plus importante peur de cet homme était lui-même. La flamme gloussa, agréablement surprise.

- L'Enfer c'est les autres..., Murmura-t-elle doucement, Quelles sottises. Si toutes les âmes étaient comme la tienne, mon travail serait beaucoup plus simple.

Après tout, quel gain de temps pour les bâtisseurs des Enfers que de se contenter d'enchainer les pécheurs face à un miroir.

Dans un souffle qui éteignit la chandelle restée allumée dans un coin de la pièce, la flamme s'évapora, retournant à son monde.

[1487 mots ! :D]
Terminé #18le 05.01.19 21:44
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Alexander Stevenson [ILK]
Invité
Pour en savoir un peu plus sur Alexander et son univers avant de lire le texte...:


2019. Canada.
Dans un univers proche de celui d'Harry Potter, la technologie moldue juste beaucoup plus présente, Alexander est un élève de fin de cursus médicomagie. En résumé, ce qui correspond aux médecins du monde sorcier.
Mais, car il y a toujours un mais, c'est un grand adepte de la magie noire. Ou plus exactement, il aimerait en savoir plus pour réussi comment traiter les personnes victimes de ses sortilèges-là. Et quelle est la limite entre faire le bien en connaissant le mal et faire le mal en ayant conscience du bien ?

Et sa petite bouille :

EPREUVE 4 • Voyage en Enfer - Page 2 1546720444-visu-alex-2
P.S : Merci à Tomi pour le visu ! ♥️

Bonne lecture à tous !


EPREUVE 4 • Voyage en Enfer - Page 2 1546720949-sans-titre-2

Voyage en Enfer

Reflet de ton cœur corrompu aux arcanes les plus sombres, ceux que tu vois en face de toi ne sont plus. Tu ne connais pas leur visage ni leurs peines, juste l’angoisse qui se dessine sur leurs visages épuisés lorsqu’ils t’aperçoivent.

Êtres sans noms dont les regards se figent sur ton corps et se teintent de larmes emplies de colère et d’amertume tandis que d’autres préfèrent déverser leur rage à tes pieds comme pour apaiser leur esprit déboussolé.

Spectateur volontaire de cette funèbre réalité où plus rien n’a d’importance. Ni le sang, ni les actes, ni même la mort. Face à toi, ils sont aussi dépouillés que des enfants à leur naissance, enfin affranchis de leurs chaînes qui les maintenaient dans la réalité.

Le passé et le présent n’ont plus cours dans cet espace illusoire où chacun appréhende ta sentence. Tout est derrière eux, oublié. Envolé. Ne reste que le futur, incertain. Un futur bien loin de la réalité qu’ils s’étaient tant plu à imaginer.

Cruelle évidence pour eux quand tout se mélange, que les sentiments s’égarent et que la douleur quotidienne s’évade. Amie intime contre qui ils ont cessé leur vaine lutte, symbole d’impuissance. De la leur mais aussi de ceux qui les entouraient.

Ici, ils sont seuls. Plus d’amis ni de famille. Ils sont livrés à eux-même et font face à l’écho de leurs peurs les plus profondes, les plus intimes. Et lorsque, inéluctablement, le moment fatidique arrive, leur volonté propre s’engourdit peu à peu.

Chimère de ce à quoi ils se raccrochent encore malgré l’évidence puisqu’ils ne peuvent rien faire dans cet univers qui est le tien. Monde abstrait dont les contours sont en perpétuelle métamorphose. Mouvance intrigante qui leur apporte pourtant un certain apaisement : ce que tu leur montres à voir n’est autre que celle que souhaite leur cœur.

Prairies verdoyantes, plages de sable fin, palais de marbre blanc, tu n’es que peu regardant puisqu’à tes yeux tout n’est que néant. Obscurité troublée seulement par ces créatures lumières qui n’ont pas encore franchi la dernière étape de leur existence.

Passage obligé qui clôt toute une destinée passée à aimer, rire et pleurer d’une existence assujettie aux aléas de la destinée. Tels des pantins qui avancent chaque jour sur un chemin qu’ils pensent s’être créés. Mais tout cela semble suffire à leur bonheur.

Notion qui t’est aussi étrangère qu’absurde vu que tu es prêt à leur accorder ce qu’ils cherchent. Cette fin réconfortante à laquelle ils aspirent tant. Jugement dernier ou simple continuité, tout est affaire de point de vue. Ce n’est pour toi qu’un nouveau chapitre dont la fin se perd dans les méandres de l’infini.

Comme un inconnu hostile pour ses créatures esseulées en ton royaume qui ne cherchent qu’un peu d’espoir, tu n’es pourtant pas leur ennemi. Tu es un passeur. Un passeur d’Âme. Lien délicat entre deux existences que tout éloigne, que tout oppose.

Myriades d’humains dissonants face à l’abîme de leur avenir dont la mélancolie n’atteint pas l’essence même de ton être. Mais le souffle furtif qui parfois s’évade de ton univers leur offre un bref instant de répit dans leur lente agonie. Un sursaut avant de te retrouver.

Telle la sentence irrévocable dont le glas résonnera longtemps sur leur Terre, tu seras là, qu’ils ne s’inquiètent point. Et à ce moment-là, ils se souviendront. Mémoire d’un autre temps, du déclin et de l’existence. Qu’importe la technologie, qu’importe la magie. Nul ne t’échappe.

Et, soumis malgré eux à ta volonté, ils t’observeront une fois de plus. Ils espéreront. Un mot, une parole, un geste. Mais seul le silence et le froid leur répondront. Tu n’as rien à leur apporter ni même à leur offrir. Pourtant maître en ces terres, leur destin reste suspendu à un fil. Le fil de Vie.

Mais, les mortels, eux, n’attendent qu’une chose : la délivrance de leurs tourments.


                                                       -----

« Devons-nous le réanimer, docteur ? »

En ce lieu, tu es seul juge.

Et lorsque le moment viendra, vas-tu apaiser leurs tourments en leur offrant le repos éternel ou bien les renvoyer dans ce corps dont ils sont prisonniers ?

                                                       -----

Et toi, si tu dois faire ce choix-là demain, que ferais-tu ?




Environ 700 mots.
Terminé #19le 05.01.19 22:20
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Alice Green [DT]
Invité
Alice de DT pour l'Interforum





Voyage en Enfer




« L'enfer a été fait pour les curieux. » Saint-Augustin

Il t'était soudain venue l'envie de sortir prendre l'air. Pour ta sécurité personnelle, tu avais tanné Dragon pour qu'il t'accompagne, prétextant qu'une bouffée d'oxygène à l'extérieur ne pouvait pas lui faire de mal à lui non plus, le type plongé dans son travail depuis des jours. Contre toute attente, il avait cédé à ta demande, proposant même d'aller se promener dans la forêt de Damned Town afin d'éviter le centre-ville et d'être certains de ne croiser personne. Il faut dire que vous aimiez peu la foule, préférant nettement les balades solitaires. Vous étiez sortis tous les deux sur les coups de six heures du soir. Le soleil commençait à décliner à l'horizon, colorant le ciel de teintes chaudes, notamment des dégradés de rose qui fusionnaient en brume dans les nuages immaculés.

Au départ, vous étiez restés silencieux et puis tu avais fini par lancer la conversation, notant l'apparente humeur agréable du roi des démons, sa moue sérieuse toujours collée au visage mais pourtant un peu moins crispée que d'habitude. Et c'est alors que le sujet s'est fait une place dans la discussion. A quoi ressemble les enfers ? Une question à laquelle Alec n'avait répondu que de façon évasive. Tu étais curieuse. Tu voulais savoir. Mais Dragon avait beau t'abreuver de détails, dans sa grande patience totalement inattendue, tu rechignais encore à vouloir admettre ce qu'il avançait. Tu argumentais en retour, persuadée qu'il ne pouvait pas s'empêcher d'enjoliver la description de son royaume d'origine chéri. On ne t'avait pas dépeint un tel tableau. Là où il voyait un immense espace de jeu, semblable à une contrée lointaine, hostile mais où tout reste à conquérir, tu imaginais du feu, des flammes et des incendies. Avec quelques monstres. Et des trucs moches et dangereux. En gros. Dragon finit par être assommé par tes « c'est pas possible ce que vous dites » et il se stoppe soudainement.

▬ Écoute Alice, puisque quoi que je dise tu refuses obstinément de me croire, je te propose d'aller constater par toi-même.

Tu hausses un sourcil, perplexe. Et là, il ouvre un portail et d'une pichenette sur l'épaule, t'invite à le traverser. Tu as cru à une mauvaise blague et tu n'as pas réfléchis. Tu l'as franchi. Mais il n'a pas menti, tu as véritablement voyagé pour débarquer chez les démons.

Tu quittes la quiétude de la forêt sauvage de Damned Town pour te retrouver dans un brouhaha assourdissant d'une ville en plein mouvement. Tu as à peine le temps de te rendre compte de ce qui est en train de t'arriver, on te bouscule, te dévisage et te hèle de dégager le passage. Tu slalomes entre les passants, les regardant tour à tour d'un air perdu. Et après quelques secondes d’acclimatation, tu trouves ton rythme de marche.

Nan mais il a osé ? Il veut ma mort ou quoi ? Un ange ici ?

Tu lèves les yeux, longeant de grands bâtiments. Si tu t'en tiens aux dernières informations servies par Dragon, tu dois te trouver dans une banlieue du Tartare. Le ciel qui te surplombe est sombre, d'un noir d'encre tâché par des ombres orangées qui s'y mélangent, comme une lueur incendiaire qui voudrait manger le plafond. Il fait chaud. C'est infernal. Des bourrasques de vent chassent la poussière et l'air, dans sa touffeur, transporte des grains de sable qui gonflent ta chevelure d'ébène. Les odeurs se mélangent, sucrées et salées à la fois, suivant les étales qui s'alignent dans l'allée principale. Tu observes les marchands, assourdie par leurs beuglements alors qu'ils haranguent la foule de leurs arguments. Des gens s'arrêtent pour observer leurs marchandises. Tu repères des objets humains amoncelés sur des tables. Bibelots, vêtements, nourriture. Parfois des armes. Tout un bric-à-brac qui résonne dans une cacophonie dissonante au gré du vent. Tes yeux inquisiteurs se posent partout, croisent le regard suspicieux de certains démons. Leurs auras de ténèbres croisent la tienne, entachée, qui se fait tout de petite, pour ne pas se faire repérer. Ci et là, au détour de ruelles, des hommes sont assis par terre. Tu ne saurais dire si l'alcool a eu raison d'eux ou s'ils mendient. Parfois, tu remarques des mains baladeuses qui volent discrètement un peu de nourriture en étalage avant de se sauver. Certains sont démasqués avant le méfait accompli, les marchands hurlent en les poursuivant.

Tu t'aventures plus loin dans ce dédale. La route sablonneuse et légèrement pentue se resserre. On joue des coudes pour passer dans les artères de la ville. On te bouscule. Sans un regard ni une excuse. L'odeur se charge d'un fumet acre de sueur, tu plisses le nez. Des hommes se battent à des coins de rue, saouls ou juste en colère. Tu les observes rapidement et passes ton chemin, entraînée par la foule. Des rires. Des pleurs. Des cris. Tu croises des silhouettes encapuchonnées, des gens armés de sabres, d'épées et de katanas en tous genres. Dans le dos, à la ceinture, au poing. Les couleurs s'organisent anarchiquement, dans un univers sombre tantôt éclatant de vivacité. Des couples sortent de ce qui ressemble à des maisons closes, bras dessus bras dessous, une bouteille d'alcool à la main, semblant s'extraire d'une bonne séance d'amusement entre adultes.

Ton cerveau canalise difficilement cette déferlante d'informations, tes sens en ébullition. Les enfers grouillent de vie, un mélange de culture y règne, dans un paysage désertique hostile et sauvage dont l'horizon est encore à définir. Chacun vaque à ses occupations dans une liberté apparente. La vie y est cruelle. Dure comme la pierre et âpre comme ce blizzard incessant, où la cendre fait sa loi. Tu tourbillonnes dans cet amas de nouveautés, des étoiles plein les yeux. Néanmoins, ton sourire se crispe par moment, lorsque tu vois des enfants affamés passer en courant dans la rue, un vendeur leur aboyant de revenir, les menaçant de représailles. Les visages sont creusés par endroit, noyés dans la poussière, les sourcils froncés. Chez les démons, c'est chacun pour soi.

D'ailleurs les regards se tournent de plus en plus vers toi. Tu t'arrêtes de moins en moins longtemps devant les échoppes. On te dévisage d'un air soupçonneux. Si tu es démasquée, tu es morte. Un ange qui joue les touriste dans leur cité ? Les démons risquent de ne pas apprécier. Les milliers d'yeux qui se braquent sur toi à ton passage, suivent tes pas, poignardent ton dos de pensées indélicates. Tu perds ton exploration ingénue de vue. Il serait peut-être temps de rentrer. Mais tu ne peux pas ouvrir un portail en plein milieu de l'allée. Mine de rien, tu commences à paniquer. Ton cœur devient lourd. Tes poumons bien garnis de ces senteurs inconnues te rappellent que se mettre à suffoquer n'est pas une option pour l'instant. Tu accélères le pas, cherchant dans des œillades furtives un coin isolé. Mais rien y fait, les démons sont partout et partout ils sont sur toi. Tu te mords la lèvre, maudissant Dragon de t'envoyer en secteur ennemi comme on balancerait une sirène dans un terrain vague. Et tu paniques.

Alors que tu es droite comme un piquet au milieu de la nuée d'âmes démoniaques occupées à son quotidien, affolée et paralysée par l'indécision, tu sens une petite main se faufiler dans ta paume. Des doigts frêles se resserrent sur tes phalanges et tu te laisses conduire par cet être dont la tête blonde dépasse à peine d'entre les grands manteaux de tissus qui se frôlent. Il t'emmène quelque part et tu le suis aveuglément. Il connaît peut-être un moyen d'escalader le trou béant où tu es tombé pour repasser la tête en dehors du terrier. Mais c'est dans ce qui ressemble à un restaurant qu'il chemine. Il te lâche. Un homme est derrière le comptoir et lève les yeux vers toi. Son regard couleur rouille te perfore.

▬ Papa, j'crois la dame elle s'est perdue.

L'homme t'observe toujours. Il ébouriffe les cheveux de son fils au passage après s'être essuyé les mains dans un tissu sale. Il s'approche, te dépassant d'au moins une tête.

▬ J'peux savoir ce que vous foutez ici ?
▬ Ah euh oh. J'me suis perdue.

Dans un élan soudain de lucidité tu te tournes et dévoiles ton omoplate au cuisinier. Le démon y lit le dessin inscrit dans ta chaire et ricane.

▬ Ah vous appartenez au Dragon ?
▬ Alors comment dire. « Appartenir » c'est pas forcément le terme que j'aurais choisi.
▬ Oui bon cassez-vous. Derrière. Allez, rentrez chez vous.

Tu obtempères. Quelques zigzags entre les tables plus loin, tu es dans une petite cour extérieure. A l’abri des regards. Un portail de retour vers Damned Town plus tard, tu trébuches en traversant et atterris sur les fesses, aux pieds de Dragon. Il te fixe. Tu jurerais que son expression, toujours impassible, se fait moqueuse. Il se penche vers toi.

▬ Alors, satisfaite ?

HRPG:
Coucou o/
C'est Alice Green de Damned Town ♥️
>> 1474 mots <<

♫ Pour commencer, un petit aperçu du contexte du forum :
Paradis, Enfers, Terre, tout est réalité. Damned Town est une ville immense, perdue quelque part on ne sait où. Les humains qui commettent un péché s’y réveillent, comme après un long sommeil, aux pieds des marches de la Mairie, recouverts d’une petite couverture. Les déchus, exclus de leurs terres d’origines, y sont envoyés pour s’y racheter.
De par la présence de la reine des anges, Edwige, et d’un roi démon, Dragon, les anges et les démons cohabitent avec tout ce petit monde dans la ville, se livrant une guerre ouverte, sans violence, car interdite, mais sans merci.
Plus d’infos : http://damnedtown.forumactif.org/f1-reglement-et-contexte

♫ Voici également, pour les intéressés, le lien vers une annexe qui concerne les Enfers dans le cadre du forum, puisqu'à Damned Town, l'Enfer est une réalité.
Plus d'infos : http://damnedtown.forumactif.org/t323-topo-les-enfers

♫ Pour Alice, c'est une ange. Elle est née d'une mère ange et d'un père démon déchu, chose qu'elle ignore puisqu'elle a été élevée par des parents adoptifs au Paradis qui ont gardé le secret de ses origines. A cause de ses gênes démoniaques, elle a été une enfant turbulente dont on a canalisé les pulsions avec les arts martiaux et la boxe. Indisciplinée mais indéniablement douée, Alice a fait partie de la garde du jardin d’éden. Elle a ensuite été recrutée pour être envoyée à Damned Town dans le cadre de sa spécialité, l'espionnage. Là, elle y rencontre des démons, objets de sa curiosité depuis des années. Elle rencontre notamment Alec, avec qui elle vit rapidement une passion dévorante. Au cours de ses pérégrinations en ville, elle croise également le roi des démons, Dragon, au cours d'une de ses missions. Et ça ne passe pas comme prévu, elle est punie pour son affront par une marque au fer rouge sur l'omoplate représentant le symbole du souverain. Alice ne s'est jamais sentie chez elle parmi les anges et a désormais dans l'idée d'être déchue pour être en accord avec elle-même. Son objectif ? La liberté. Mais la reine refuse sa demande de déchéance et la bannit du paradis. Dernièrement, Alice s'est réfugiée chez Dragon, dans l'espoir de trouver une solution à sa situation. Sa quête sera très certainement encore bien semée d'embûches.
Sinon, Alice est une rebelle au grand cœur, curieuse et téméraire, dont la carapace d'acier cache des émotions très – trop – envahissantes.

Merci d'avoir pris le temps de lire ce texte et encore un grand bravo à tous les participants et à Peek a Boo pour l'organisation. Keep going ! Des bisous ~

Terminé #20le 05.01.19 22:22
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Solas Taylor [HWG]
Invité
Mais qui suis-je ?:
Avalon. Une île presque paradisiaque si on ne devait pas compter ses nombreux gangs qui aiment rendre la vie impossible aux autorités. Nous suivons Solas Taylor, un jeune homme riche et noble faisant partie d'un gang de voleurs cachés dans la nuit noire et le mystérieux quartier gothique de la ville.
EPREUVE 4 • Voyage en Enfer - Page 2 78nq
]


"- Mes très chers amis, permettez-moi de vous présenter le plus célèbre ouvrage de notre collection."
L’homme au masque argenté semblait très fier de prononcer ces mots.
"Nous l’avons crue perdue à jamais, enfouie sous les siècles d’Histoire et d’histoires."
Il tira un rideau de velours rouge.
"Admirez, l’édition originale de La Divine Comédie de… Dante ?"
Ce qui avait stoppé net l’orgueilleux homme dans son élan, c’était que, dans cette verrière censée contenir La Divine Comédie ne se trouvait plus qu’une sinistre farce. Là où devait se trouver une antiquité parée des attaques du temps, ne se trouvait plus qu’un triste livre, sans valeur aucune, et pour seul ramage une tache sur le visage.

Evidemment, toute cette histoire, le jeune homme aux cheveux aux cheveux noirs ne pouvait que l’imaginer dans sa tête, parce que lui était déjà dehors, masque aux plumes de corbeau brûlé, et les cendres dispersées aux quatre vents. Dans son sac, reposait l’ouvrage tant désiré, tant convoité, tant envié. Se fondant dans la foule qui allait et passait dans les rues, il se délecta de la sensation future de ranger cette incroyable manuscrit dans sa bibliothèque personnelle. Une sensation bien agréable après avoir commis un tel crime, un vol exécuté d’une main de maître !

Passant devant un écran géant aux couleurs de Nevanade, il bifurqua dans une ruelle, il compta une trentaine de battements de cœur avant de s’arrêter. Quelque chose n’allait pas. Il entendait ses battements de cœur. Il se retourna prudemment. Derrière lui, les passants allaient, pas après pas, sans but, mais aucun bruit ne résonnait comme il l’aurait pu, et le silence ne le calmait pas comme il aurait dû. Quelque chose de sombre était à l’œuvre, et le jeune fortuné était très peu enclin à savoir quoi.
Quoi qu’il puisse se passer, Solas n’avait pas l’avantage. Pas de préparations, rien de tangible sous la main, et aucune voie de repli. En fait, la ruelle était désespérément vide.
Le jeune reprit sa marche, et son courage à deux mains avant de sortir… devant un écran géant aux couleurs de Nevanade. Il cligna des yeux une fois, deux fois, et regarda derrière lui. Plus de ruelle. Il en avait vu des choses étranges, mais là, c’était la cerise sur l’ambulance. Peut être qu’il avait trop forcé sur l’alcool pendant la soirée ? Impossible. Il ne buvait jamais trop.
Jetant un œil à gauche et à droite, il s’aperçut soudain que personne n’était là. Personne. Ni passant, ni clochard, ni voiture, ni Néonuxis, rien. Un grand silence absolu régnait, et l’absence était le prince. Plus haut, là où normalement brillaient les seuls diamants qui leur étaient refusés, à lui et ses camarades, rien ne se trouvait. Où plutôt, il ne pouvait rien voir. Des dizaines de ces grandes lampes qu’on utilisait pour repérer les avions aveuglaient les yeux et dissimulaient la nuit. L’obscurité familière des Shadows Walker avait disparue, comme Avalon brillait de mille feux, mais pas de l’éclat de beauté qui aurait dû accompagner ces lueurs.
Au loin, soudain, une rumeur retentit. Une sirène. Une voiture de police arrivait. L’instinct prit soudain Solas par surprise. Ne pouvant se réfugier dans une ruelle inexistante, il courut le plus vite possible. Pas assez vite, à en juger par la douleur qui lui transperça la poitrine. Il s’affala au sol et se tordit de douleur alors que le courant électrisait son corps. La dernière chose qu’il vit fut deux flics sortir de la voiture avant de lui mettre un coup de pied dans la tête.

"Bienvenue, monsieur Taylor."
"…" Le jeune homme, encore à moitié assommé, et ressentant encore la douleur du Taser, n’opposa que le mutisme à son interlocuteur.
"Il est… Regrettable que nous ayons dû en arriver là."
"Comment vous connaissez mon nom ?"
"Voyons, voyons, mais nous nous connaissons bien ! Je suis surpris que tu ne m’aies pas reconnu."
"Conneries." Le ton du jeune noble n’avait plus rien de noble en ce moment, mais bon. "Je sais pas qui vous êtes, et je vous connais pas."
"Tu serais surpris." L’inconnu alluma une lampe sur son bureau, et l’incompréhension se peignit sur le visage du jeune homme aux cheveux noir. Il se trouvait face à lui-même. Devant lui se tenait une réplique exacte de sa personne, tellement exacte qu’elle referma d’un coup sec le livre de Dante qu’elle tenait à la main.
"Incroyablement erroné, ce livre, tu ne crois pas ?" Ce brusque changement de sujet déstabilisa le jeune voleur.
"… Quoi ? Attendez, qui êtes-vous ?" Il ne savait plus réfléchir, de se retrouver devant son double le troublait… Quel euphémisme ! Il était presque tétanisé par l’incompréhension.
"Qui suis-je ? Je suis toi bien sûr. Enfin presque." Il déposa le livre sur la table. "Je suis ce sentiment que tu as, lorsque tu as réussi une opération délicate. Je suis ce sentiment que tu as lorsque tu ne fais rien, que tu te reposes sur tes lauriers au lieu de faire quelque chose d’utile. Je suis ce sentiment que tu as eu surtout, quand tu as poignardé ce pauvre camé qui voulait juste s’acheter sa prochaine dose. Je suis ton orgueil, ta paresse, ta colère, ton envie. Je suis ton démon, Solas." A mesure qu’il parlait, des cornes lui poussait et une queue était apparu. Mais surtout, des menottes venaient de lier le jeune noble à sa réflexion démoniaque.
"Maintenant, si tu pouvais me laisser finir. Tu connais cette œuvre, n’est-ce pas ?"
Solas approuva de la tête automatiquement. Il ne pouvait plus penser après ce qu’il avait entendu.                                                  
"Vois-tu, continua le monstre, dans ce livre, les enfers sont décrits comme une succession de cercles concentrant tous les péchés de la foi chrétienne. Néanmoins, ce livre est faux. Je vais me prêter à une petite expérience avec toi. Lève-toi."
Le jeune désorienté obéit.
"Regarde par cette fenêtre."
Dehors, un ballet incessant de voiture de police passait, régulièrement.
"Que vois-tu ?"
Le jeune noble parla d’une voix éteinte :
"Je vois des flics. Partout. Personne d’autre dans les rues."
"Comment sont les maisons ?" Susurra le démon d’une voix suave.
"… Barricadées ?"
"Et tes précieux objets ?"
Le jeune homme se retourna quand il sentit une douce chaleur. Le livre, pour qui il avait tout risqué, venait de prendre feu.
"Eh oui, continua le sosie du jeune homme. Réduits en cendres. Récapitulons. Où sont tous les voleurs de ton espèce ?"
Le jeune homme brisé resta silencieux. Il ne voulait rien dire, pourtant il commençait à comprendre.
"Et à ton avis, même s’ils étaient dehors, en liberté, que pourraient-ils faire, hein ?"
"…"
"Et une dernière chose."
"Tais-toi." Le jeune Solas n’en pouvait plus.
"Qu’est devenue ta sacro-sainte obscurité ? Ta mère qui te prend dans ses bras pour te protéger quand tu en as besoin, pour te rassurer quand tu as peur et te calmer quand tu es en colère ? Pour réfléchir quand tu es mélancolique, ou pour te réunir avec ta bande de malfrats ?"
"TAIS-TOI !"
La lumière apparut soudain quand Solas se rendit compte qu’il venait de suivre son démon hors de la salle où il était enfermé, de sortir du commissariat.
"Disparue. Envolée."
"C’est impossible… On ne peut pas faire disparaître les ombres comme ça…"
Solas commença à déambuler d’un air hagard dans ce nouvel Avalon, suivit de près par son démon, à la recherche d’un petit coin d’ombre, quelque part où disparaître, où se cacher. Au loin, la nuit commencer à passer le relais à son frère le jour tandis que le démon reprit à l’oreille du jeune homme :
"C’est inutile. Tu ne trouveras rien. Maintenant, je vais te poser une dernière question. Où es-tu ?"
"A… A Avalon…"
"Mauvaise réponse."
Au loin, une autre voiture de police arrivait. Solas ne prit même pas le temps de bouger. Ni quand la voiture s’arrêta près de lui, ni quand une autre décharge électrique lui traversa le corps.
Il se réveilla encore dans cette même salle, dans le même commissariat, avec la même personne devant lui.
"Bienvenue dans ton enfer personnel, Solas."
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