en partenariat avec...
Nano RoleplayEsquisseJust MarriedMaster PokéThe Holiday ScamGifted
Recherche
Recherche avancée
Annonces

EPREUVE 3 • Comédie musicale

Page 3 sur 3 Précédent  1, 2, 3
Terminé #21le 05.01.19 23:38
  • Citer
  • Editer
  • Supprimer
Anonymous
Ulrich Kaiser [TT]
Invité

Ophélia.

Summer Night t

Interforum #4


Contexte & précisions :

EPREUVE 3 • Comédie musicale - Page 3 Fiched10

Ulrich Kaiser est un humain à don et un enfoiré notoire. Albinos approchant de la quarantaine il n'assume pas vraiment son âge. Ancien junkie au parcours chaotique, il possède le don de couper les sens aux personnes qui l'entoure. C'est un professeur d'histoire de l'art et chimie et brillant scientifique à l'université de SummerBridge. Il n'a que peu de considération pour les autres êtres humains. Il aime boire, fumer et emmerder les personnes qui l'entourent. Mais, tout espoir n'est pas perdu, parait-il, surtout depuis qu'il a appris cette année l'existence de sa fille, Céleste. Fruit cachée d'un amour de jeunesse. Celeste,  lui demande souvent de lui raconter ses aventures de jeunesse à propos de sa mère (au centre sur l'image de couverture du rp), Basil (le baboos à gauche qui fume) et lui (L'albinos à droite).

(Vous avez des liens de chansons dans le rp. Les textes en italiques sont chantés et adaptés de Summer Night de Grease et Ophélia de The Lumineers).
Je passe un coup de peigne dans mes cheveux blancs et souris d’un air satisfait, sifflotant un air bien connu. Je me tourne, jetant un coup d’oeil à mon cul moulé dans un jean digne de John Travolta. Ton cul était plus bombé dans les années 90, souffle une voix perfide dans mon esprit. Certes mais à l’époque je ne suçais pas comme un dieu. Les vrais bonnes choses viennent avec le temps. Et les pattes d’oies. Je continue de siffloter et passe jusqu’au salon esquissant quelques pas de danse. Basil me regarde avec un sourire hilare et Céleste semble absorbée dans son téléphone. Je siffle plus fort. Elle relève la tête.

- C’est quoi, cet air que tu chantes ?
- Un truc sur ta mère.
- Tu ne m’as jamais raconté comment ça s’est fait toi et elle.
- Oh. Tu sais…

Je me trémousse comme une donzelle, un coup d’épaule vers la gauche, un discret mouvement de hanche vers la gauche, un sourire de crooner. Je suis de bonne humeur aujourd’hui. Je n’ai aucune idée d'où cela vient. J’ai cet air aigre-doux dans la tête, ce rythme endiablé qui a la saveur de sa mère. Ophélia.

-O-oh-phélia You've been on my mind, girl, like a drug

J’ai chanté ? Je viens de chanter. Céleste me lance un regard entre la pitié et l’amusement. Basil se lève, s’ouvre une bière, se place derrière le comptoir. Je reste les bras ballants. Les lèvres de Basil s’activent avec un air satisfait.

- La petite t’a demandé comment tu as chopé sa mère. Pas la chanson que tu as écrit pour elle.
- Tu as écrit une chanson pour elle ? Wesh ? Comment t’es trop romantique putain. C’est pas Sam qui m’aurait écrit quoi que ce soit moi. Je veux que tu me la chantes !

Je me frotte la nuque. Putain. Non. C’est mort. Je chanterai pas. Et pourtant je ressens cette pulsion, ce besoin de me trémousser. Putain. Merde. Je sens mes pieds frétiller, on dirait une pucelle de 12 ans qui se trémousse devant les Bee Gees. Je lève les yeux vers Basil, aide-moi enfoiré. Rien ne vient. Juste son putain de petit sourire victorieux. Fils de pute. Je m’approche en roulant des épaules vers ma fille.


- Un amour d'été est si vite passé. . J'ai rencontré une fille folle de moi. Elle a rencontré un garçon plus beau que jamais.


Je passe mes mains sur mon corps ponctuant mon premier couplet. Travolta est en moi. Elle rit. J’adore son rire. Les échos d’une jeunesse passée.

- Il conduisait un cabriolet. Les jours d'été dérivent vers les nuits d'été.

Les souvenirs se fracassent, le sourire d’Ophélia dans le rétroviseur, ses cheveux ébouriffés après une virée à 180 sur la côte. Notre inconscience. Basil prend une voix nasillarde derrière moi, saute sur le comptoir. Il se sent obligé de faire les choeurs.

- Dis m’en plus, dis m’en plus, es-tu allé très loin ? Dis-m'en plus, dis-m'en plus ! Comme par exemple ce qu’il s’est passé dans la voiture ?
- Il lui a amicalement pris la main, elle l’a amicalement allongé sur la banquette arrière.


Mon albinos de fille grimace, se bouche les oreilles. Tu crois que t’es née alors qu’on faisait des chocapics gamine ? J’attrape une revue pornographique de Basil que je roule. Elle fera office de micro. Je fais une pirouette sur moi même, tapant des mains en rythme et mets un pied sur la table basse. Nos éclats de rires se mêlent entre eux. Dans une étrange harmonie. Comme une famille dysfonctionnelle. Je continue de chanter à tue-tête, je brise la table basse en dansant dessus.

- J’étais doux, 18 ans à peine. Eh bien elle était très bien tu vois ce que je veux dire. Dans la chaleur de l'été les garçons et les filles se rencontrent mais les nuits d'été… L’odeur de cuir de la banquette arrière du cabriolet.

Je saute, traînant derrière moi les éclats de verre. Les éclats d’une vie. Nous avions 20 ans, nous étions à Oxford, nous étions les rois du monde avec trois livres sterling en poche et une radio stéréo grésillante. Qui aurait cru qu’à cette époque elle tomberait enceinte.  

- Oh, Ophelia ! Que le paradis vienne en aide au fou qui tombe amoureux . Ah, ah, quand j'étais jeune j’aurais dû mieux savoir.

Je me déplace en quelques pas de danse vers la sortie. Continuant à chanter le refrain. Qui aurait cru qu’elle abandonnerait ses études. Qu’elle disparaîtrait et me cacherait l’existence de Céleste.

- Elle nageait à côté de moi elle avait une crampe. Je lui ai sauvé la vie elle s'est presque noyée. Je m’en suis vanté en aspergeant partout. Les rêves d'été se déchirent aux extrémités mais ces nuits d'été-là…

J’ouvre la porte, continuant à chanter. C’est plus fort que moi. Qui aurait cru qu’elle ne terminerait jamais ses études de droit. Qui aurait cru qu’elle retournerait vivre en Normandie pour mettre au monde notre enfant. Qui aurait cru qu’Ulrich Kaiser serait père.

- "Chéri, je t'aime" C’est tout ce qu’elle a écrit. Une veste en jean trouée c’est tout ce qu’elle m’a laissé.

Qui aurait cru que c’est avec notre cabriolet qu’elle s’est volatilisée.

Une fois la porte claquée, j’entends un fragment de conversation.

- Il lui a déjà chanté ?
- Non. Elle était déjà…
- Morte. Je sais.



notes
Terminé #22le 05.01.19 23:41
  • Citer
  • Editer
  • Supprimer
Anonymous
Ishüen [TFB]
Invité
HRP:
Salutations, voyageurs et hôtes de ce charmant endroit

À tous ceux qui se demanderaient d'où je viens, sachez que depuis la nuit des temps, le pays de Seele est divisé en cinq contrées, chacune gouvernée par le pouvoir d'un élément. L'Air, le Feu, la Terre, l'Eau et les Astres. Et le Vide, mais c'est une autre histoire que je ne suis pas censé connaître car le détenteur de son pouvoir a toujours été traqué et abattu dès le berceau afin de ne pas rompre l'équilibre séculaire. Du moins, c'était le cas jusqu'à il y a peu...

Pour ma part, je suis Ishüen ben Iphraïm, Seigneur des Chevaux de la guilde des Princes Marchands. Comme l'indique ce titre à rallonge, je suis riche, puissant et respecté dans le désert d'Agni, la contrée du Feu où j'ai passé toute ma vie. Et comme mon titre ne l'indique pas, je suis aussi un homme charmant, un père aimant et un mari attentionné, même si l'honnêteté me force à admettre que... et bien, que ça n'a pas toujours été le cas. Je suis également pourvu d'une très jolie barbe dont je prends grand soin. Jugez vous-mêmes :

EPREUVE 3 • Comédie musicale - Page 3 4rsz

Playlist:
Les chansons qui suivent se chantent sur ces airs bien connus, dans l'ordre :

Aladdin - Nuits d'Arabie
Aladdin - Je suis ton meilleur ami
Aladdin - Prince Ali
Aladdin - Ce rêve bleu


Moi je viens d'un pays gouverné par magie
Par le pouvoir des pierres sacrées
Par les quatre éléments et l’Astre dominant
C’est bizarre ça mais hé, c’est chez moi !

Et dans la contrée du feu
Où se perd l’ambitieux
Sans effort dans les sables d’or
C’est le lieu envoûtant
D’oasis et d’argent
Où règnent les Princes Marchands

Ô nuits d’Agni
Sur les dunes infinies
Où mille et une richesses
Plaisirs et ivresses
Nous tiennent lieu de pluie

Ô nuits d’Agni
Et ses rêves interdits
Le simoun et les djinns
Les caresses féminines
T’y guideront, mon ami…


À l’ouest du Désert Rouge, là où prospère l’oasis de Raasfalim, Ishüen ben Iphraïm, Seigneur des Chevaux  de la guilde des Princes Marchands, ouvre les yeux dans sa riche demeure. Les nuits sont courtes à Agni et celle-ci plus encore car elle le séparait d’un jour différent des autres. Aujourd’hui, son épouse revient enfin d’Akasha après presque deux saisons d’absence et il n’a qu’une hâte, l’accueillir dignement. Car pour fêter son retour, il a tout préparé de longue date. C’est peut-être cette impatience savamment maîtrisée qui le fait fredonner alors qu’il quitte son lit, s’habille et se prépare pour cette journée qui va lui rendre Seylim.

« Si Nàr de Rubis a tout un harem
S’il a pour lui les pouvoirs de sa gemme
Moi, Prince, je suis encore bien plus fort
Car je possède une femme qui vaut de l’or... »


Une fois n’est pas coutume, dans le secret de sa chambre, le Prince Marchand se met soudain à tortiller élégamment du bassin en nouant son turban blanc. La joie qui parle, sans doute. Elle ne l’a pas quitté quand il quitte ses appartements et il ne cesse de danser sous les yeux médusés de ses serviteurs et de ses enfants. Ses babouches glissent sur le marbre poli, l’amène jusqu’au milieu de son bureau lorsqu’il y entre en poussant la porte dans un grand geste théâtral :

« Et je dis : Dame Seylim, ma chère
Je vous offre, aujourd'hui
Le désert, toute la terre, l’univers
Car je suis le meilleur des maris ! »
« Ouiiiiiiiii ! »


Claironnent ses filles en riant allègrement, très amusées de ce nouveau jeu tandis que face à lui, les intendants de la maison en restent sans voix. Jamais, de mémoire d’esclaves ni d’hommes libres, on n’a vu le Maître se comporter ainsi. Il faut dire que jamais le retour de la Dame ne l’a mis dans un tel état. A-t-il encore fait quelque chose pour lui déplaire ? Veut-il mettre de l’ardeur à se faire pardonner ? Quel que soit ce mystère, toujours est-il que le Seigneur des Chevaux déborde d’énergie. Il ne cesse de chanter et de danser tout au long de la journée pour préparer la demeure à l’arrivée de son épouse et, par tous les djinns du Désert Rouge, son enthousiasme finit par devenir contagieux. Bientôt, c’est la maisonnée entière qui vocalise en cœur et se tortille en rythme tandis que sont apprêtés les chambres, les salons, les mets et les serviteurs. Si bien que lorsque Seylim bin Shil, Dame des Chevaux de Raasfalim, arrive en vue de son foyer, elle a la surprise de voir un véritable cortège venir à sa rencontre pour l’accueillir avec danses, pirouettes et refrains sémillants qui attirent bientôt toute la populace de l’oasis :

« Faites place à Dame Seylim
Sa grâce, Dame Seylim »


Et alors que le personnel forme une haie d’honneur devant la suite de la maîtresse de maison, son mari s’avance, son turban immaculé étincelant sous le soleil sans parvenir à éclipser le splendide déhanché qui lui agite tout le corps dans sa djellaba.

« Bande de chanceux, poussez-vous Messieurs
Car voici venir un bijou précieux
Venez admirer, contempler
La joie de mes yeux

Préparez hammam
Et gâteaux au sésame
Car ciel ! Voilà ma femme ! »


D’une pirouette, Ishüen se retrouve devant elle et se prosterne en glissant, effrayant quelque peu les montures, avant de se relever d’un bond pour attraper la main de son épouse et la faire descendre de cheval, l’entraînant avec lui dans une danse effrénée sous les vivats de l’assistance.

« Dame Seylim, sublimissime
Dame des Chevaux
Ta beauté, c’est unanime
Est presque un crime

J’ai soupiré loin de toi
Mais te voilà dans mes bras
Que tous acclament ton retour à Raasfalim ! »


Et c’est bien ce que tout le monde fait, entraîné par l’énergie du maître des lieux. La fête commence aussitôt, chacun sort nourritures, instruments et voiles colorés pour se mettre à danser et chanter en chœur, accompagnant les époux jusqu’au seuil de leur demeure. Les refrains et les youyous saluent les portes qui se referment sur eux mais personne ne se laisse abattre après ce départ. Comme il est d’usage en Agni, la fête se poursuivra longtemps sous les étoiles. Et sous ces mêmes étoiles, bien après que Seylim ait retrouvé, embrassé et câliné leurs quatre enfants, bien après qu’ils aient festoyé, ri et dansé dans la cour de leur maison, Ishüen conduit son épouse dans leurs appartements avec un sourire charmeur, continuant de glisser et de chalouper langoureusement sur ses alertes babouches :

« Je vais t’offrir un monde
De délices et de plaisirs
Dis-moi, ma douce,
Ne serait-il pas dommage de dormir ?

Garde les yeux fermés
Que je déclame mes poèmes
Sur toutes les courbes que j’aime
Par le chant de mes baisers

De mes baisers
Ce monde déployé sur ta peau
Oh, laisse-moi l’explorer
Le vénérer
Ce voyage sera toujours le plus beau »


Bien que de nature différente, il est dit que là aussi la fête se poursuivit quasiment jusqu’à l’aube.
Terminé #23le 05.01.19 23:48
  • Citer
  • Editer
  • Supprimer
Anonymous
[ILK] Annabeth Chase
Invité
Pour les petites précisions hrp:
Concernant Ilukaan : C'est une école de magie se trouvant dans le monde d'Harry Potter, et plus précisément au Canada, dirigée par l'illustre Vincent Leroy. Elle est ouverte à l’internationale et accueille donc des élèves venus du monde entier ! Ils y sont répartis en quatre maisons : Lupy, Cervirald, Ursirre et Strixyst. Le Conseil, quant à lui, est composé d'élèves volontaires élus à chaque début d'année scolaire. Ils s'occupent des événements se déroulant à Ilukaan, en passant par l'administration et la gestion des-dits événements. Les préfets – qui sont élus par maison, un garçon et une fille – en font automatiquement parti et ont pour rôle plus précis de veiller sur les élèves de leur maison et de régler les conflits pouvant y arriver.

Concernant Annabeth : Il s'agit d'Annabeth Chase, tirée des séries littéraires Percy Jackson et Héros de l'Olympe, écrit par Rick Riordan. C'est une jeune femme sérieuse, travailleuse et intelligente, dotée d'un immense orgueil et d'un entêtement à tout épreuve. Elle est actuellement en huitième année, en cursus de Justice Magique et préfète de la maison Cervirald à laquelle elle appartient. Elle est également en couple avec Percy Jackson. Pour son visu, je vous renvoie  aux fanarts de Viria <3

Comédie musicaleSoyons honnêtes : Annabeth blâmait totalement Percy pour la chanson qui ne voulait actuellement pas quitter son esprit. Son petit-ami avait eu la brillante (lire : tous les antonymes de ce mot) idée de lui faire regarder une comédie musicale la veille au soir, lors d'une de ces soirées qu'ils passaient ensemble dès qu'ils le pouvaient. Et évidemment, les chansons lui étaient restées en tête, si bien qu'elle s'était retrouvé à les chantonner toute la journée alors même qu'elle tentait tant bien que mal de penser à autre chose – les cours, par exemple. Mais réviser son Droit et son Histoire de la Magie ne l'avait en rien aidée avec ça, et lui avait fait en plus sauter le déjeuner qu'elle avait totalement oublié.

Annabeth se trouvait donc à présent dans les cuisines d'Ilukaan – et certes elle n'avait normalement pas le droit de s'y trouver, mais elle ferait valoir sa position de préfète si jamais on le lui reprochait. Ce n'était pas comme si c'était vraiment de l'abus de pouvoir, après tout. Elle avait juste besoin de se nourrir un peu – et de s'enlever cet air agaçant de la tête, mais ça, ça ne semblait pas prêt d'arriver.

Elle attrapa les aliments dont elle avait besoin, décidant de se faire un sandwich – simple, rapide, efficace, et sans risque de mettre le feu à quelque chose sans faire exprès. S'il y avait bien un de ses défauts qu'elle pouvait avouer, c'était qu'elle était une piètre cuisinière.

Alors qu'elle tartinait son pain, elle se mit à fredonner, l'air n'étant désormais plus retenu par son esprit trop ordonné et en profitant allègrement pour franchir la barrière de ses lèvres.

« You're the one that I want, ooh ooh ooh, honey~ »

Le jambon vint décorer le pain, rapidement suivit par de la salade et des tomates. Annabeth se mit à chanter d'une manière bien plus audible sans même sans rendre compte, son corps suivant le rythme en commençant à bouger à son tour. Danser était certes loin d'être sa spécialité, mais balancer ses hanches et faire deux ou trois mouvements de jambes n'étaient pas bien difficile en soi.

« The one that I want, oh ooh ooh, honey~ »

Elle claqua des doigts pour accompagner la fin de la sentence, la répétant une deuxième fois comme la chanson l'exigeait, bougeant jusqu'aux ingrédients pour son prochain sandwich et les rapportant à sa table, un chant un peu plus assuré et juste aux lèvres que précédemment.

« The one I neeeeeeeeed~ »

Elle fit durer la note bien plus longtemps que nécessaire alors qu'elle entamait la préparation de son second sandwich, s'amusant à bouger le haut de son corps, un léger sourire lui venant. Elle n'avait pas remarqué à quel point elle pouvait être stressée ces derniers temps, autant avec son travail dans le Conseil en tant que préfète que par ses cours de huitième année qui étaient aussi durs que prévu mais comme souvent difficiles à suivre avec sa dyslexie. Et bien qu'elle ne s'adonnait habituellement pas à ce genre d'activité, il fallait avouer que c'était agréable de lâcher prise ainsi et de se laisser porter par un simple air de musique.

« Oh yes indeeeeeeed~ »

Elle lâcha sa préparation pour entamer un pas de danse au hasard, fermant un instant les yeux, s'autorisant à oublier le monde autour d'elle – à s'oublier, elle et son self-control, son sérieux toujours si présent et sa façade d'élève modèle au regard scrutateur. Elle se sentait redevenir une petite fille – celle qui portait des robes de princesse et riait aux éclats en tenant les mains de son père et de sa belle-mère ; celle qu'elle avait été, autrefois, avant que sa magie ne fasse son apparition et qu'elle ne se sente une responsabilité entière sur le dos, à devoir contrôler ce don avec plus ou moins de difficultés et beaucoup d'une concentration qui lui faisait défaut. Elle aimait le monde des sorciers et tenait à sa magie – ce n'était clairement pas quelque chose qu'elle voulait se voir enlever. C'était grâce à ça qu'elle avait rencontré Percy, après tout, et elle ne changerait ça pour rien au monde. Mais elle travaillait dur, tout le temps – parce que son orgueil lui faisait toujours viser la première place en tout mais que les lettres s'entrechoquaient constamment sous ses yeux, sa concentration partait en vacances toutes les cinq secondes et qu'elle passait son temps à faire encore mieux, toujours plus que ce qu'elle ne pouvait réellement.

Ce n'était pas comme si elle comptait abandonner. Peut-être se défouler un peu plus – passer plus de temps à courir le matin ou à la salle de sport avec ses comparses habituels. Ça lui ferait sans aucun doute du bien – beaucoup de bien.

Ne connaissant pas vraiment la suite de la chanson, elle entonna une nouvelle fois le refrain avec un entrain renouvelé, pointant du doigt son sandwich – c'est qu'elle avait faim, après tout.

« You're the one that I want, ooh ooh ooh, honey ! »

Un sourire bien plus facile lui vint, et un rire chatouilla doucement sa gorge. Cela lui semblait être des siècles depuis la dernière fois qu'elle s'était lâchée ainsi, et bon sang que cela lui faisait du bien. Elle se sentait bien plus détendue qu'auparavant. Sans doute arriverait-elle plus facilement à réviser, après son déjeuner tardif.

« The one that I want- »

Elle allait continuer mais le claquement que produisit la porte de la cuisine l'interrompit net. Elle se figea, se repositionnant aussitôt correctement – comme si rien ne s'était passé. Un air agacé se posa sur son visage alors que ses yeux gris prirent la froideur d'une tempête hivernale.

La personne qui avait osé l'apercevoir ainsi allait se prendre la frayeur de sa vie.
©️ 2981 12289 0
Terminé #24le 06.01.19 1:32
  • Citer
  • Editer
  • Supprimer
Anonymous
Blanche Siegel [Chrnsrep]
Invité
Contexte:
Pallatine est un continent hors du temps, où échouent les égarés temporels qui le choississent, ou sont sauvés d'un quelconque destin tragique.

Blanche Céleste Siegel, fille née en 1915 d'une ouvrière française et d'un soldat allemand, vingt-trois ans; transférée en Pallatine avec sa mère Céleste en 1922. Cette dernière est décédée d'un empoisonnement au mercure du à son travail, transmis à sa fille in-utero, qui en perd la vue à 14 ans. Elle est accompagnée d'un chien guide, Leroy, et est chœur d'opéra en apprentissage. She loves (1) one girl: Lorelei.


C’est le soleil qui te trouve, loin du petit jour, dans un vrac de notes et de portées jetées sur papier en voisines de tes draps. L’astre perçe sans mal les volets oubliés la veille et ouverts, mais c’est bien le fracas peu discret de la rue, les cris, les chants qui l’y aident ; et te voilà déjà coulée des draps pour aller guetter les auteurs du chambardement au carreau déjà chauffé de ciel bleu.
Sous tes vitres fleurit un parterre de mats enrubannés, de scènes éphémères aux stands encore épars, bruissant de cent couleurs prêtes à éclater dans la musique d’un festival joyeux. Au réveil, tu as ressenti un vide étrange, comme un manquement à tes côtés, sans pouvoir dire lequel. Laquelle ? Un air te trotte en tête, impossible à coucher correctement sur partition, et tandis que Leroy te fait la fête jusqu’à la cuisine, les paroles viennent naturellement l’accompagner ;
« Je ne connais rien d'elle et pourtant je la vois
J'ai inventé son nom, j'ai entendu sa voix…

Cette voix, oui, elle est presque distincte dans ton esprit, mais si loin au réveil ! Tu repousses le gentil samoyède intenable pendant que tu tente de mettre de l’ordre dans tes vêtements –adorable, mais tellement collant qu’il t’en fait rater l’idée d’un vers –  et tout ce que tu sais, de cette fille, «C’est que son portrait et l’amour ne font plus qu’un visage. » Mais est-ce une fille, ou un opéra qui te retourne déjà la tête ? Oh, que de lyrisme ! Spontané, et pourtant comme un air de déjà vu alors que tu tentes d’harnacher le canidé remuant en énumérant d’une voix claire. Mi, fa, sol, la, mi ré ; ré, mi, fa, sol sol, ré, do, une par marche d’escalier jusque dans la rue aux pavés blancs, et tu les connais toutes dans cet ordre. Pour quel opéra est-ce, déjà ?
« Est-elle près, est-elle loin, est-elle à Sharsfort?
Je la rencontrerai car je sais qu'elle existe
Bien plus que la raison, le cœur est le plus fort
A son ordre, à sa loi, personne ne résiste-
Et je n'y résisterai pas. »

La sonnerie de la répétition retentit, te tirant de ta pensée, loin de cette matinée qui a filé sans demander son rester alors que tu prends avec les autres cette pause bien méritée pour votre chœur artisan et déjà un peu exténué. Quelques rires, et tu te sens de laisser glisser le fil de ton timbre clair au milieu de cette anecdote de tes parents, cent fois déjà contée pour occuper votre déjeuner;
« Oh, oui, Céleste, ma mère, lui avait appris dans le plus doux moment
Qu’elle attendait d’Edel, mon père,  l´heureux  évènement
Qui enorgueillit l´homme et anoblit la femme
Car petite Blanche s´annonçait, pauvre petite dame… »

Des rires fusent, légers, et le tien s’y mêle avant d’y retourner sans renâcler pour faire vivre dans la haute cage de scène la partition d’un illustre poète encore peu révéré dans votre contrée hors du temps, hors des murs. Etrange, s’il en est, que tes pensées restent habitées par cette absence, ce vide, que pourrait combler cet idéal que tu es sûre de déjà connaître – elle hante ton esprit, quand tu rebrousses chemin vers ta location, en faisant le crochet inhabituel pour éviter les rues coupées par cette nouvelle fête qui menace de vous entraîner tout le week-end. Dans l’ambiance, rien ne te retient et tu continues à fredonner pour avancer, flânant entre les stands déjà installés avec Leroy le curieux.
« Je pourrais vous parler de ses yeux, de ses mains
Je pourrais vous parler d'elle jusqu'à demain
Son amour, c'est ma vie mais à quoi bon rêver?
Je l'ai cherchée partout, je ne l'ai pas trouvée… »

Puis au tournant, tu l’entraperçois, rapide, fugace, un éclair brun familier aussi vite disparu. Tenter de le suivre, c’est risquer de se perdre dans le charivari qui s’installe. Mais tu veux savoir, et suivre un fantôme n’est pas dérangeant si c’est pour mieux apaiser ta conscience qui se rythme sur un chant à l’allure tantôt lyrique, tantôt clamée, quand les semelles ricochent clair sur le pavé déjà semé de confettis.
« Sa démarche ressemble aux souvenirs d'enfant
Qui trottent dans ma tête et dansent en rêvant
Sur son front, ses cheveux sont d’onyx en bataille
Que le vent de la mer et le soleil chamaillent ! »

La rue se brouille de machinaux, d’individus zêlés et hélants, et c’est tout un ballet bien rôdé de gens colorés qui s’esquissent en accord avec tes pas ; une chorégraphie qui se déroule de passant en anonyme, de joie de vivre en insouciance ensoleillée pour mieux te rapprocher de cette silhouette chaleureuse que tu traques.
« Son amour, c'est ma vie, mais à quoi bon rêver?
L'illusion de l'amour… n'est pas l'amour trouvé »

Tu en perdrais espoir tant la foule se densifie en peuple et en musique, mais cette apparition, cet idéal familier te bouscule alors que tu te retourne sur les costumés, tout sourire. Et volent ta robe, les cotillons, la joie, et tes affaires sans un choc jusqu’au cieux, courent un chien, non, deux !, et d’un tournemain le spectacle devient une exclamation soudaine quand pleut sur vous une averse de partitions égarée de tes affaires. Un charmant sourire s’y découpe entre deux feuillets, par-delà un cuir usé, un air fier et une étincelle bruissante comme un clin d’œil dans des yeux de tempête qui t’aide à retrouver l’équilibre sans effort avant de repartir à l’assaut d’une chimère (« Troy ! »), pour disparaître aussi vite qu’un claquement de doigts ou un bruissement de myocarde. La chaleur dans ta poitrine est si réconfortante, si familière, c’est comme un coup de foudre digne d’un film où tous ces gens sont heureux.  Ta voix chavire encore pour t’adresser au premier venu de cette rencontre surprenante, de cette situation enfin démêlée, enfin trouvée alors que le festival commence à battre son plein autour de la place.
« C’est elle ! Je l’ai trouvée. Mon idéal féminin. Et c’est… »

*
C'est celle qui te réveille doucement, quand le jour se confond encore avec la nuit à tes yeux, comme depuis des années. A tes côtés, sous la couette, en prime de quelques partitions extraites de ce film que tu aimes tant et qui y traînent jusqu’à côté du lit autant que dans l’histoire de tes rêves. C’est vrai, c’est l’opéra que la troupe monte bientôt. Tu n’as pas besoin de la voir pour la savoir près de toi – et c’était elle, depuis le début, cet idéal féminin que tu chassais. Comment as-tu pu l’oublier au milieu de cette fête, quand tu as su imaginer des traits que tu n’as jamais embrassés du regard ? Une voix ensommeillée, un sourire timide mais lumineux et tu cherche son contact pour chuchoter doucement.

« Lei, tu as déjà entendu parler de Rochefort ?

  • Citer
  • Editer
  • Supprimer
Contenu sponsorisé
Page 3 sur 3 Précédent  1, 2, 3
Réponse rapide :

N'oublie pas de valider le captcha avant de partir, sinon le message ne sera pas envoyé :(


forums partenaires devenir partenaire