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EPREUVE 3 • Comédie musicale

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Terminé #11le 05.01.19 18:04
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Black Jack - ADM
Invité
Petit descriptif du Black Jack:
Information :
☩ Prénom : Thomas Jacob
☩ Nom : Black
☩ Surnom : Black Jack
☩ Race : Lupan (loup humanoïde)
☩ Age : 26 ans
☩ Sexe : Masculin
☩ Métier : Pirate
☩ Arme(s) : Sabre, pistolet à mèche

Description physique :
Black Jack est un grand lupan (des loups humanoïdes qui en général ne parlent pas très bien la langue, sauf en de rares exceptions comme celle qu'est Jack, qui a été adopté par des humains et a donc appris à parler dès le plus jeune age) couvert d'une crinière grise argentée. Ses yeux bleus sont froids et même cruel et il sait en jouer.

Petit historique :
Black Jack et le capitaine du navire : le Fortune. Il dirige une bande de pirates et a plutôt tendance à se montrer magnanime quand il obtient ce qu'il veut. S'il ne l'obtient pas de gré, c'est par la force qu'il arrache généralement à ses victimes leurs biens les plus précieux. Il est originaire des Citées Blanches, un territoire dirigé par le Royaume dont la dirigeante est la Reine Amäly Tahora'Han. Il ne voue plus aucune fidélité à cette nation qu'il a autrefois servi en tant que simple marin.

Pour information, Arcaëlle est le monde où se passe l'action en cours.

Le vent soufflait calmement sur les mers d'Arcaëlle, le temps était au beau fixe, et depuis ce matin, le capitaine du Fortune, un navire de type brick, armé de plusieurs canons avec à son bord une bande de pirates, le Black Jack était d'humeur fort guillerette. Tout en se brossant le poil devant sa glace nouvellement acquise sur un navire marchand des Citées Blanches, qu'ils avaient pillé de cela quelques semaines avec son équipage, il fredonnait un petit air enjoué. Il avait l'âme à chanter en ce jour glorieux.

Il avait appris à la première heure du jour qu'un navire était en vue et que celui-ci arborait les pavillons de simples marchands. C'était tout simplement parfait, l'or allait encore se retrouver dans ses cales. Le lupan se réjouissait de la chose et se voyait déjà couvert de gloire. Les arcaëlliens sous sont commandement salueraient sa perspicacité. Car en vérité, c'était d'après ses idées que le Fortune avait fait voile dans cette direction.

Il n'était plus qu'à quelques nœuds à présent de ce navire trop faiblement armé pour eux. Jack avait fait manœuvrer le Fortune pour esquiver les premiers tirs de canon et ils n'eurent même pas à en faire usage eux même. Le vent fut en leur faveur et rapidement, l'on harponna le navire ennemi. Le Fortune était à présent en position pour l'abordage. Le combat fut sanglant, et bruyant. Les pirates firent parler la poudre et l'acier contre les mercenaires qui défendaient chèrement ce navire. Il sembla d'ailleurs au Black Jack que la résistance fut bien ardue pour un simple navire de marchandises.

Après moult efforts, un combat acharné, l'équipage du navire marchand abdiqua. Personne ne voulait d'avantage de morts qu'il n'y en avait eu. Les pirates avaient dominé et le Capitaine Jack tenait à présent le commandant ennemi en joue avec son pistolet à mèche. Il n'y avait plus aucun espoir pour eux, c'était fini... Le capitaine du navire marchand avait bien essayé de se sauver, mais les hommes de main du Black Jack eurent tôt fait de le rattraper et le ramener à ses pieds. Le lupan avait toujours cette envie de chanter, de danser même. Et très vite, sans qu'il ne le contrôle vraiment, Jack improvisa un petit air sous les yeux médusés des prisonniers tandis que les pirates se réjouissaient du spectacle. Leur capitaine avait toujours été un excentrique après tout.

HRP:
Thème musical à écouter pendant votre lecture ;) :

Black Jack
Quoi, tu veux t'sauver ?
Tu ne m'aimes pas trop ?
Quoi, tu n'veux pas jouer ?
T'aimes pas mon sourire plein de crocs ?

Je viens de loin, les Citées Blanches,
Je vais peut-être te faire passer à la planche !
Qu'est-ce que t'en dis ?
Si on te brûlait aussi ?

Je suis l'roi des mers !
Le pirate qui... épate !
La terreur des corsaires
Celui qui te dépouille et qui t'éclate !

Pas besoin de te faire massacrer
On peut passer un marché, toujours sans se fâcher !  
Et le sang coule pas, on se dit bye et, on s'en va !

Car je sais, c'que je veux, moi
Je sais, ouais, c'que je veux, moi

Prisonnier
Mais alors, vous êtes juste un pirate qui vole et qui tue pas ?

Black Jack
Tous ces débordements
C'est bien trop sanglant,
Et leurs gémissements
Sont vraiment trop déprimants !

Tous ces cœurs qui explosent pour un peu d'or
On va pas s'étriper comme des gros porcs
C'est le prix, mon gars, quand tout n'est plus que sentiments !

J'ai fais des ravages en grand nombre
Donc après not'petit marché
Nous partirons loin sans encombre
Et tu seras épargnééé !

Car je sais, c'que je veux.

Prisonnier
Non, je crois vous et moi, l'accord ne peut se faire

Black Jack
Je vais te massacrer, toi !

Prisonnier
Vous comprenez, j'ai des enfants, ce marché est un enfer

Black Jack
Tous les navires, je peux les ruiner,
J'y trouve toujours un trésor à piller

Prisonnier
Non, vraiment, on m'attend, elle ne va plus être sereine  

Black Jack
Faire parler les p'tites fiottes ça m'connait
J'ai offert à mes hôtes les plus grandes raclées.

Prisonnier
J'ai pas peur, mais c'est l'heure, ma grande chef c'est la Reine.

Black Jack
LA REINE ???

Prisonnier
C'est ça

Black Jack
Fouillez moi ce navire, je veux tout l'or de ce bâtiment ! Je veux voir le moindre rubis finir sur le Fortune !

Et tout le monde reprit ses petites activités, ligotant les prisonniers, mais surtout, fouillant le navire de fond en comble pour trouver le trésor du navire que le Royaume avait décidé de faire passer pour un simple bâtiment marchand.

Black Jack - ADM a écrit:Désolé pour le double post, je vais seulement ajouter une image de mon personnage pour ceux que ça intéresse ! :)

EPREUVE 3 • Comédie musicale - Page 2 77-8
Terminé #12le 05.01.19 18:31
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Alice Borges [Terrae]
Invité
Mais qui est Alice ?:
Alice Borges a 20 ans, elle est toute douce et pleine d'amour. A Terrae, c'est une Terre Télépathe, elle est capable de maîtriser la terre et les plantes, et elle lit dans les pensées. Son amoureuse s'appelle Adélaïde, c'est une Feu, et elles vivent plus ou moins dans la même chambre. Et pour la précision utile à mon histoire, Alice a perdu sa maman, Luna, lorsqu'elle avait 10 ans, elle décédée en tombant d'une falaise. Alice aime à dire qu'elle est morte en volant comme un oiseau, ce qui était son rêve de toujours.

Dès le réveil, Alice se sent légère. Jour d’hiver, il fait froid et beau dehors. Elle se glisse doucement hors du lit, pour ne pas réveiller la jolie tête rousse encore enfouie sous la couette. Quelques petits pas légers l’emportent jusque sous la douche, où elle commence à chantonner doucement.

« Deux petites goutes
Se baladent sur mes joues,
Et sans aucun doute,
Finiront en-dessous ! »

Toute en joie, la petite Terre sortie de la douche, sautillante. C’était une belle journée, une journée douce et sans cahot. Tout irait bien, se disait Alice. Aujourd’hui, c’était une journée spéciale, une journée par comme les autres parmi toutes celles de l’année.
Elle ouvre la porte, et Adélaïde est éveillée, un sourire aux lèvres, celui qui lui donne l’impression d’être la créature la plus douce sur Terre, la plus heureuse surtout. Adélaïde se leva, et après un baiser, fila prendre sa douche, alors qu’Alice chantonnait de nouveau en prenant soin des multiples plantes postées à sa fenêtre, faisant bien attention à chacune d’entre elle.

« Capucine et son ami le thym,
De la verveine, et un peu de romarin !
Lavande en pot, menthe poivrée et coriandre !
Aromates vous faites ma joie et mes repas !
Quelques pensées et une orchidée,
Mais aussi des cactées et quelques succulentes,
Petits bouts de verdures, m’empêchent d’avoir la vie dure ! »

Une fois Adélaïde prête, elle sourit à Alice, l’air assez peu surprise de la voir chanter sans arrêt, la jeune femme étant toujours aussi légère et joyeuse. Elles descendirent donc ensemble les escaliers de l’Institut, main dans la main, pour rejoindre la cour. Bonnets bien enfoncées, écharpes fixées autour du cou, les deux jeunes femmes sortirent dans le froid. Alice ferma les yeux un instant, profitant des rayons du soleil qui frappaient son visage avec douceur. Et tout en avançant, Adélaïde et Alice se mirent à chanter ensemble, mêlant leurs voix sans aucune difficulté.

« C’est lorsqu’il fait froid,
Que j’aime sortir dehors,
Avant de voir tout éclore,
Toute proche de toi. »

Balançant en chœur leur têtes, les filles se dirigèrent vers la forêt. Ces jours-ci, on n’y croisait que les plus motivés, les coureurs matinaux et les adeptes de balades téméraires. Elles quittent le chemin à un point précis, et empruntent une petite route à peine dessinée, pour arriver sur une petite clairière, où trônait une jolie cabane. Doucement, Alice lâche la main d’Adélaïde, lui lançant un doux sourire, et va un peu plus loin, dans un coin où il n’y avait rien. Alice s’assit doucement en tailleur, au milieu de l’herbe courte et sèche, caractéristique des temps froids. Elle pose ses deux mains à plat sur le sol, et commence. Tranquillement, un petit nid de pensées se souleva du sol, naquit entre ses mains, et fleurit, tout joyeux. Alice sourit, elle viendrait en prendre soin tous les jours qui suivent. Du bout du doigt, elle caresse le bout de pétale. Aujourd’hui est une belle journée, une journée spéciale.

Aujourd’hui, cela fait 10 ans que Maman est morte. Elle aurait aimé voir Alice heureuse. Alice l’est, Alice chante et danse, elle rit et pense à elle tout de même. Les pensées, avec leurs motifs, semblent lui sourire. Doucement, la petite Terre se remit à chanter, un doux sourire aux lèvres.

« Avec tes yeux, tout bleu,
Et tes longs cheveux, soyeux,
Tu étais si immense,
Toujours toi qui commence.
Tes rires et tes histoires,
C’était toujours de l’espoir.
Rayonnante et extravertie,
C’était toi, toutes mes couleurs,
C’était toi, sans aucune pâleur,
Et même si tu es partie,
Maintenant, tu voyages, tu cours,
Avec moi tu brilles, toujours. »

Alice rouvre les yeux doucement, essuie les petites larmes qui lui ont échappées. Elle aimait sa maman, elle l’aimait tout aussi fort que le jour de sa disparition. Parfois elle lui manquait beaucoup, mais Alice n’était plus triste de ne pas la voir. Elle n’était plus spécialement triste de la savoir morte. L’important était de continuer de vivre, continuer d’être heureuse, et porter la joie et les apprentissages de sa maman. Elle pouvait n’en garder que du positif, et Luna aurait été fière de sa fille. La Télépathe se redressa, sourit une dernière fois au bouquet de pensées, et disparue dans la cabane, où des bocaux suspendus contenaient tout un tas de petites bougies.

Un peu plus tard s’éleva dans l’air frais des bois, une douce voix, accompagnée par une autre toute timide.

« Mon vieux-moi me parle,
Multiplie les petites choses que j’aime,
Ca rendra le ciel plus bleu, encore plus bleu,
Encore plus qu’il ne l’était avant.
Ca me fera sourire… encore plus qu’avant.
J’ai rassemblé mes notes préférées,
Ca devient une douce harmonie.
Hmmmm
Le son devient doux, toujours plus doux,
En écho avec les bruits autour de moi,
Ca rend le ciel plus bleu, encore plus bleu. »

Alice et Adélaïde chantaient, elles partageaient un petit moment de douceur en cette journée pas comme les autres.
Terminé #13le 05.01.19 18:34
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Docteur Elpida [IE]
Invité
CONTEXTE ET PERSO:
Institut Espoir est un hôpital sur une île, un hôpital de "dernier recours" pour les plus malades. Seulement, bien qu'il ait une excellente réputation, l'Institut est en vérité un lieu de scène macabre où certains médecins utilisent la rareté ou la vulnérabilité des patients pour en faire des expériences.
Donatien Elpida est le petit-fils du fondateur, fils du directeur et médecin en chef. Il a une obsession envers ses trois patients qu'ils appellent Lys, Pavot et Edelweiss. C'est quelqu'un de ... "passionné", on va dire.

Je ne dirais pas que c'est un rp interdit au moins de 18, mais je préviens qu'il y a un sous-texte de violence ^^ (rien n'est explicite, promis !)



IMPLICITE ET EXPLICITE

Donatien, on avait beau le dire, était quelqu'un de pur. Toujours vêtu de blanc, l'allure tranquille - malgré un pas désaxé -, et une aura rassurante ; il émanait en effet de lui une certaine innocence. Alors, la veille, lorsqu'un collègue - Ange, pour ne pas le nommer - lui avait fait découvrir une chanson dans sa langue natale, il fut conquis. C'était quelque chose de doux, aux paroles délicates. Il ne pouvait se l'ôter de la tête car cette Annie qui aime les sucettes lui faisait penser à Lys, sa patiente. Et Lys, depuis dix ans, elle était gravée dans sa chair, dans son sang, sur ses os et sur son cœur. Lys était pire qu'un refrain entêtant.
Il commença sa journée en sifflotant Annie aime les sucettes.
Dans la grisaille d'un matin, il se promenait avant de commencer le travail. Ses pieds nus foulaient les racines calcinées d'une ancienne forêt, faisant voler des particules anthracites. Les sucettes à l'anis d'Annie donnent à ses baiser un goût anisé. En tête, toujours dans la tête cette chanson. Mais tout va bien.
Il s'échappa de la brume pour se poster face à l'asile : bâtiment récemment construit. Son image : c'est un lieu pour les fous. En vérité : Donatien y enfermait les patients récalcitrants. Ceux qui n'aimaient pas ce bel Institut qu'il avait construit.
Il poussa la porte en sifflotant. La mélodie accompagnait le silence ambiant, avant de s'éteindre dans le brouillard. La silhouette pâle de Donatien, elle disparut à l'intérieur.
Il salua des gardes et resta droit face à la cellule d'un patient perturbateur. Il lissa le tissu de sa chemise et resta de marbre un instant. Dans un mutisme assommant restait encore et toujours cette fichue chanson. Chanson innocente sur une jeune femme qui aime les gâteries. Alors pourquoi Donatien grinça-t-il des dents en repensant à Ange qui riait en entendant Lorsque le sucre d'orge parfumé coule dans la gorge d'Annie ? Pourquoi cet abruti avait-il éclaté de rire à l'écoute de cette réplique ?
Il serra le poing. Et cette chanson qui ne voulait pas sortir, qui pénétrait son esprit. Et Lys qui ne lui parlait plus. Lys à qui il pensait tout le temps sans que ce ne soit réciproque. Lys. Lys. Lys.
Et ce patient. Qui n'écoutait pas. Qui désobéissait.
Lorsqu'elle a sur sa langue ce petit bâton...
Stop !
La chanson est innocente. Innocente. Pure. Pur.
Donatien donna un coup dans la porte. Puis l'ouvrit. Le patient l'attendait à l'intérieur, terrorisé. Son visage s'était vidé de couleurs. Seules quelques tâches bleues sur son front, ses joues, son cou, ses bras, ses jambes, redonnaient de l'éclat à son regard. On n'entendait que son souffle et ses battements de cœurs effrénés. Ce garçon allait bien.
Parce que le gamin était à terre à l'autre bout de la pièce, si reculé qu'il aurait pu péter le mur, Donatien s'approcha. Il se mit à sa hauteur et lui caressa lentement la joue. L'autre frissonna quand le pouce rachitique du médecin effleura une jolie couleur bleue-verte. Puis, lentement, il ouvrit la bouche et chantonna d'une voix désarticulée :

- Annie aime les sucettes ... Les sucettes à l'anis ...

L'autre déglutit si bruyamment que les voisins l'entendirent.
Ce silence. Toujours ce silence qui laissait la chanson tourner. Chanson innocente. Innocente. Elle est innocente ! Tu n'as pas besoin de rire Ange ! Personne ne rit ! Personne ne désobéit ! Tout est parfait, parfait, parfait parfait parfaitpafaitparfaitparfaitparfait
parf
ait
parfait

- Lorsque le sucre d'orge... Coule dans la gorge ... d'Annie...

Des larmes roulèrent sur le pouce de Donatien. Coulèrent jusqu'aux lèvres du garçon. Rentrèrent. Il avala.
Donatien fit demi-tour, ferma la porte, revint vers le patient. Il était temps de le punir pour son affront. Car, il n'y avait que comme ça qu'il pouvait conserver sa pureté : en punissant ceux qui juraient avec l'innocence. L’innocence qu'il représentait.
Elle est au Paradis.
Tout va bien. La chanson s'en va. Il n'y a plus de raison de rire.
Tout va bien.
Tout va bien.

Terminé #14le 05.01.19 18:55
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Alex. Prokhorenko [METRO]
Invité
Forum : METRO
ID : Lieutenant Alexandre Prokhorenko
32 ans / 1.93m / 100 kg
Parangon de la caste militaire de Polis, chef du Bastion Vympel, Alexandre est de loin, le kshatriya modèle et l’autorité montante d’Arbatskaïa. Revenu d’une mission suicide où il confronta une créature mythique (monstre capable de contrôler les mouvements de ses proies et de les marionnettiser – sont sympas nos MJs ♥️), ses certitudes ébranlées, le lieutenant a de plus en plus de mal à refouler ses plus sombres secrets.
Mentions particulières : rédaction certifiée sans drogue.
***
EPREUVE 3 • Comédie musicale - Page 2 272t

Ce matin-là, Alexandre resta planté derrière la porte de son cagibi. Il pouvait entendre la fréquence de l’airain, la vibration du carbone et le murmure du bois. Il referma la main sur la poignée et songea rêveusement : Hey mec, reprends-toi, Hey mec, relève la tête et va te battre, le mutant n’attend pas. Il relâcha aussitôt la poignée, médusé, et inspecta brièvement les alentours étroits. Venait-il vraiment de mentaliser ses angoisses en aria ? Voilà qui dépassait les tous les niveaux de PTSD. Piqué par le ridicule, il quitta le réduit pour s’engouffrer dans le couloir du quartier dortoir.

Les murmures des soldats montaient en rumeur cuivrée et leur pas martial tonitruant battait le sol en mesure, composant une symphonie autoritariste propre à étouffer toute ritournelle antimilitariste. Le bourdon de leur voix basse et volontaire lui montait au cerveau, achevant de l’entrainer dans un accès de bonne humeur et de terreur mitigée. Pourquoi ne pouvait-il pas s’empêcher de lever aussi exagérément les genoux et les coudes lorsqu’il marchait ? A nouveau, il jeta quelques regards discrets autour de lui lorsque soudain, les guerriers de son bataillon sortirent à leur tour des chambrées, faisant claquer les portes en parfaite synchronicité. Avec un sentiment d’horreur et de fascination mêlée, il les vit s’élancer à sa suite en rang serrés, mortellement sérieux en dépit de l’imbittable élan chorégraphique auxquels tous semblaient céder.
Je suis en train d’halluciner,
Je vais faire semblant de tout ignorer,
Et la folie finira par me quitter.

La pensée mélodique remplaçait l’inférence logique, la rime s’imposait devant la sémantique et la trame du réel s’envolait en partition libre contre bon sens et volonté.

Ce ne pouvait être l’œuvre du monstre blanc. Les attaques psioniques et la marionnettisation des humains étaient une chose, l’invasion phonique et la démangeaison rythmique en étaient une autre. Il avait l’impression de faire ce qu’il avait à faire, de se rendre là où il devait se rendre, et de dire ce qu’il avait à dire. Pour l’instant. Le couloir lui parut étrangement long et l’éclairage des plafonniers, intimement tamisé, le perturbait. Il réalisa que les murs étaient maintenant fondus dans l’obscurité, que les délimitations de son univers étaient abstraites, baignant dans le flou artistique d’un décor scénique. Il fit halte et se retourna vers les unités d’élite du Bastion Vympel. Les kshatriyas s’arrêtèrent comme un seul homme, manifestement déroutés, et il délivra les consignes pour la journée comme si de rien n’était.

Mais devant leur stupéfaction de figurants, le lieutenant finit par s’agacer et tonna, déployant un puissant vibrato naturel :
« Fainéants ! Ne comprenez-vous donc point le russe ? » Il avança lestement dans le tas et fendit les rangs.
« Mes ordres ne sont-ils pas clairs ? » Les soldats s’écartèrent pour le laisser entrer, avec latence et en pas de bourrée, puis resserrèrent leur rang en entrechats dès qu’il fût passé. Le manège reprit en sens inverse, énergiquement. Il les exhortait en distribuant des ombres de coups de poings, circulant en déboulés et ronds de jambe au milieu de ses enfants de chœur.
« Que faut-il que j’vous dise de plus ? » Il fit sortir l’artilleur du rang sans préavis en le tirant à bout de bras, puis aussitôt chargea dans son déséquilibre, impitoyable, pour le hisser sur son épaule. Mais au lieu de le projeter et l’envoyer en volplané, il se mit à tournoyer tel un rotor bien huilé et sema la confusion parmi les soldats qui reculèrent et se dispersèrent en étoile, pour éviter de recevoir en pleine tête les jambes de leur frère héliporté.
« Faut-il que je vous le répète à l’envers ? » Il libéra le valeureux kshatriya qui, pris de tournis, retourna auprès de ses amis en tanguant dangereusement, jusqu’à s’envoyer en grand jeté, dans le filet de leurs bras armurés.
Alexandre s’immobilisa dans une posture tragique et porta l’avant-bras au front avant de prendre une profonde inspiration. Las, il termina son oratorio plaintif en ténor dramatique :  
« Et par pitié, ne me répondez pas en chorus… »

Mais il les vit s’amasser tous ensemble et reculer devant lui, lisant l’effroi sur leurs visages. Leur crainte éclata soudain en un tonnerre d’harmoniques où se mêlaient le contralto d’Oksanna, la trille soprane d’Anna et le contreténor de Léo, aigu à faire pâlir un castrat :
« Il a perdu l’esprit !
Il a perdu l’esprit !
Là-bas dans les galeries !
Lo ! Le lieutenant est parti !
Le mutant l’a perverti !
Là-bas dans les galeries !
»

L’attaque vocale était insoutenable, son oreille interne allait imploser. Déstabilisé par le vertige, il opéra une abrupte volte-face et s’élança en échappée à l’orée du corridor, ne pouvant s’empêcher de bondir en foulées piquées. Les plafonniers s’éteignirent un à un sous sa progression et les clameurs polyphoniques se dissipèrent au loin.

L’obscurité et le silence. Le silence brisé par l’écho de l’érosion, une goutte d’eau qui renouvelle sa chute à l’infini. Les bruits du Métro, sombre et humide dans les profondeurs telluriques. Non, c’était le bruit de talons hauts qui résonnaient sur le carreau. Arbatskaïa la marbrée, la station militaire de Polis pleine de fastes, de splendeurs et d’hubris. Le projecteur claqua et la lumière fut, rayon violent braqué sur lui. Un son synthétique, haché par le slapping répété de cordes électriques, s’agençait en un rythme entêtant qu’il ne pouvait continuer d’ignorer. Un second projecteur fit éclater sa lumière blanche, éclairant le quai. A nouveau, il ne put s’empêcher de bouger et recommença à danser. Nulle arabesque ni demi-pointe compliquées, mais l’expression la plus populaire des mouvements coordonnés.
« Qui va là… Qui s’avance… ?
Où sont les dispositifs de surveillance ?
» s’entendit-il alors chanter d’un timbre rauque et enrayé.
Une voix familière lui répondit en duo, reprenant l’air au diapason d’un timbre clair et délié.
« C’est moi… Anna…
Je sais bien qu’en ce moment ça ne va pas…
» Elle s’avança sous le projecteur, vêtue d’une robe fendue à volants qu’il ne reconnaissait pas, et dansa son chemin jusqu’à lui prendre les mains. Il ne résista pas et se laissa entrainer jusqu’au bord du quai, le rais de son regard ambré plongé dans le bleu polaire en contre-bas.
« J’entends des voix, de la musique et des arias…, se lamenta-t-il sur un ton énervé.
Est-ce une mutation, une métamorphose,
Ou le monde n’est-il plus que désillusions et psychoses ?
»

Il l’attira fermement contre lui et d’un avant-bras lui barra les reins, tandis que de l’autre, il lui soulevait la main. D’une pression exercée à la taille fine de la jeune femme et d’une inclinaison de poignet, il donna l’impulsion de départ et lui imposa un tango argentin. Un, deux-trois, un, pivot. La jambe pâle s’enroulait comme une liane autour de lui tandis qu’il mordait d’un pas dans l’ouverture de ses cuisses. Lent, vite - vite, lent, déroulé. Il lui donna le leste nécessaire pour un instant de liberté et la ramena à lui dans un tourbillon de voiles et de bruissements.
« Tout ira mieux lorsque tu accepteras… », commença-t-elle en élégie avant de laisser mourir sa voix, illustrant dans la mélodie, le sens de ses propos.
« Lorsque j’accepterai quoi ? » la coupa-t-il en grondant, le timbre portant et puissant, tandis qu’il verrouillait son emprise et marquait un nouveau tour de piste. Avant, arrière, arrière, latéralisation, échange. Souple dans ses mouvements, agile dans ses déplacements, il conduisait pourtant sa cavalière avec plus de rigueur mentale que nécessitait le commandement d’un bataillon entier. Anna se laissait guider et pliait à la gestuelle, reconnaissant les pressions, les impulsions et les inclinaisons de son cavalier. Elle finit par fermer les yeux et lui présenta dans la transe, un visage froissé de contrariété. Le volume allait crescendo, les temps forts s’enchainaient, fracassant le tempo. Les vents s’entrelaçaient en une plainte déchirante, rapsodie hébraïque détachée de la charpente rythmique, étrangère à la pulse mentale d’Alexandre.
Saturation sonore, effondrement. Il manqua de tomber à la renverse, se rattrapant de justesse. Anna n’était plus là. Mais l’écho de sa voix, mêlé à l’inconnu d’un chœur polyphone et intransigeant, résonna sous son crâne, distordu et happé :
De ne pas toujours avoir le contrôle.

Alexandre se redressa brusquement en rabattant les draps trempés. Il était en sueur, haletant dans la pénombre de son réduit. La lumière du couloir filtrait sous sa porte, les pas des kshatriyas donnaient le tempo martial d’Arbatskaya à toute heure de la nuit et du jour artificiel.
Un mauvais rêve, ce n’était qu’un mauvais rêve. La raison qui se met en grève, le bon sens qui crève. Il est temps que je me lève !
« Oh… Non… » fredonna-t-il tout haut.
Terminé #15le 05.01.19 19:58
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Canvas [ES]
Invité
Présentation du personnage et de l’Univers:


Esquisse : monde parallèle dans lequel le ciel est rose, et la logique est opposée à celle de la Terre, dans lequel des terriens se réveillent sans savoir comment ils sont arrivés, ni comment partir. Les Objets sont vivants et dangereux, les humains peuvent subir des modifications physiques (et mentales par la même). Parmi les entités derrière ce monde, il y a Folie (cependant personne ne connaît son nom et personne ne l’a vu, il s’agit d’une indication pour les joueurs). Le texte se déroule dans le contexte des Sables, la partie sombre de l’histoire de l’Esquisse.

Canvas est amnésique : sur Terre, il s’appelait Alexander, vivait en Roumanie, et était chauffeur de taxi.
Arrivé dans l’Esquisse, un accident a entraîné une altération de sa mémoire : il pense être Canvas, le fils de Folie, et est persuadé qu’il est investi d’une mission divine : tuer tous les terriens présents dans l’Esquisse.

Avatar :
EPREUVE 3 • Comédie musicale - Page 2 1523480405-c
Tsurumaru Kuninaga de Touken Ranbu



Assis dans un coin d’une pièce sombre du Laboratoire, Canvas réfléchissait. Comment arriver à ses fins ? Depuis qu’il avait compris être celui qui devait réaliser le devoir, au nom de la Déesse, il n’était parvenu à rien. Pas une goutte de sang n’avait été versée, pas un cri n’avait échappé des lèvres de quiconque. C’était pourtant la tâche qui reposait sur ses épaules. Celle qui lui avait été confiée par l’Être qui comptait le plus pour lui. Quelque chose vibrait en lui, un il-ne-savait-quoi qui débutait de la pointe de ses pieds. Cela remontait maintenant – dans ses jambes, dans sa poitrine. Au niveau de la gorge. Oui, sa gorge vibrait. Et il devait trouver le moyen de faire sortir ce qui était en travers de celle-ci.


« Moi qui me pensais indispensable
Mes nuits sont remplies de remords
A personne je n’ai donné la Mort
Je m’enlise, mouvants sont les sables »


Quoi ? Que diable était cette sorcellerie ? Etait-ce bien sa voix qu’il avait entendu là ? Il ne comprenait pas, mais cela le prenait, soudainement – cette envie de tout extérioriser, à plein poumon. Voilà qu’il pensait tout haut. Et encore cette vibration était présente, plus pressante. Il devait se lever, il devait bouger, il devait agir. Debout, il sortit de la pièce pour avancer dans le couloir sombre. Qu’en penserait sa Mère, si Elle le voyait ainsi ? Allons, il en était sûr, Elle le voyait. Elle l’observait, le mettait à l’épreuve. Mais n’était-ce pas là une preuve de Sa confiance ? N’était-ce pas, finalement, preuve de Son amour ? Il n’était pas bon de ne pas répondre aux appels d’une Mère aimante. Il devait le lui dire.


« Ô Mère, je ne manquerai pas la chance qui m’a été offerte,
Jamais je ne me lasserai de Votre douce Folie,
Sachez que Votre appellation, je l’ai déjà recouverte
De bien des milliers d’ancolies »



S’ensuivent des pas de danses, dans le couloir vide et obscur. Seigneuresse, de quelle fièvre était-il épris ? Etait-il seul ? Dans une pirouette rythmée et chorégraphiée – selon la vibration qui raisonnait dans son corps – Canvas jeta un œil dans le couloir. Pas âme qui vive. Il remerciait silencieusement la Dame de ne pas avoir laissé sur son chemin un Objet, ou tout autre témoin susceptible de percer à jour les maux dont il était atteint. Au moins pouvait-il prétendre trouver les mots justes, pour chanter les louanges de sa Sainte Mère. Dans le tumulte de ses pensées, il songea aux dessinateurs, et il sentit une vague de colère au fond de son âme.


« Ce Monde paré de couleurs
Dans lequel je m’émerveillais,
Cette Esquisse, Votre chef d’œuvre ;
La voilà détruite, ravagée »



Désormais, la colère l’habitait : il l’exprima avec des pas de danses mesurés, laissant ses pieds s’ancrer et glisser sur le sol du Laboratoire. Pour parfaite l’expression de sa colère, il donna un coup contre le mur près de lui, puis s’appuya contre ce dernier, tentant de retenir ce flot de vibrations qui émanait du fond de ses entrailles. Il devait arrêter ça. Ce n’était pas en décrivant quelques pas de danse, ou en chantant son chagrin, sa colère et sa foi, qu’il allait résoudre la problématique à laquelle il faisait face. Mais alors qu’il se redressait pour reprendre contenance, l’image de ceux qui avaient renversé la beauté de Son univers jaillissait dans son esprit. Alors, de ses cordes vocales, sa rancœur resurgit :


« Ils l’ont rendu si terne
Que dans le paysage je ne vois plus Vos reflets
Leurs actes ne sont que balivernes
Mais n’ayez crainte, car je Vous vengerai »



Telle était sa promesse. Telle était sa mission. Et il la réalisera, coûte que coûte. Quand l’heure sera venue, il les pourfendra. Les cœurs seront transpercés : dans cet acte, il se verrait enfin libéré. Qu’il le rugisse ou qu’il le garde au fond de ses entrailles, il savait qu’Elle l’entendrait, cependant le répéter était devenu pour lui une manière de préserver son courage et sa force. Soudain, il entendit un bruit, au détour du couloir. La silhouette ne trompait pas, il avait reconnu ce qui lui faisait face : un dessinateur. Une idée lui vint alors ; pour cela, il devait le stopper.


« Halte là, scélérat !
Peu importe que tu sois volontaire
Ce jour, tu deviendras émissaire
Viens que je te parle de vive voix ! »



En panique, le dessinateur fuyait. En quelques pas de danse, Canvas le rattrapa ; en ajoutant quelques autres, il plaqua le dessinateur contre le mur. Dans sa terreur, il était immobile, le nuisible. Mais qu’il s’estimait heureux, ce jour ne viendrait pas son malheur. Mais Canvas un instant profita, sonda sa victime, plongea son regard dans le sien pour entretenir cette peur. Puis enfin, il éleva la voix ; toujours avec cette vibration, ce rythme qui ne désirait pas quitter son esprit :


« Tes camarades, avertis les !
Bâtie sur le sang, sera ma gloire,
Car tenez-vous bien, et soyez prêts !
Je vous le promet, mortelle sera ma victoire »



Il serra les poings, resserra son emprise sur le col du dessinateur. Enfin, il le regardait sérieusement, se penchait un peu plus vers lui. Il avait toute son attention, un filet de sueur perlait sur le front du dessinateur. Un sourire se dessinait sur son visage : Mère sera peut-être apaisée, du moins pour cette  journée ? Il chanta d’une voix plus basse, cependant plus claire, sans le quitter des yeux :


« Va, porte mon message,
Scellez votre destin macabre,
Mon dessein sera de faire de vous des cadavres
Porte à tes camarades ce qui est en vrai, un doux présage »



Il lâcha son messager ; aussitôt ce dernier courrait, quittait le couloir dans une course épouvantée. Cela suffisait pour satisfaire Canvas, il était sûr que le message allait être transmis. Alors, il partit dans un rire – toujours rythmé par cette étrange vibration – qui se répercuta contre les murs du couloir. Puis il songea que s’en était trop : il ne supportait plus ce chant imposé. Alors il s’enfonça à nouveau dans une pièce vide, en effectuant quelques pas de danse, et s’assit dans un coin de la pièce.

Il pria sa Mère pour que demain, cela cesse.


Nombre de mots : 1048
Terminé #16le 05.01.19 21:03
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Lemony Snicket [BSD]
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La pres’ qui fait plaiz:
Dans Bungou Stray Dogs, des auteurs plus ou moins connus ont des pouvoirs basés sur un de leur livres/ série de livres.

Celui de Lemony Snicket reprend A Serie Of Unfortunate Events ( Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire si vous préférez en français - ) et lui permet de pouvoir faire bouger tous les objets dans son champ de vision, à condition qu’au passage, cela provoque un accident à quelqu’un.

Pour ceux qui n’auraient pas lu les livres/ oublié VDC est une société secrète à laquelle appartient toute la famille Snicket ainsi que Beatrice et bien d’autres joyeux lurons. Un schisme divise les membres de la société en deux clans :  les « nobles » et les « scélérats ». Bien évidemment, ils ne ratent pas une occasion de s’en mettre sur la gueule, y compris à coup d’incendies.

Sur ce je souhaite une bonne chance à tout le monde que je ponctue avec sa petite tête ♥️

EPREUVE 3 • Comédie musicale - Page 2 190105050808763646

Ps : Déso pour ceux qui aiment pas Indochine, je vous conseille de ne surtout pas cliquer sur les liens, sauf si vous êtes masochistes, alors là je serais ravi d’avoir pu vous faire plaisir  EPREUVE 3 • Comédie musicale - Page 2 2960999066

Tu pètes le feu aujourd’hui.

Tu sais pas ce qui t’as pris, quand tu t’es levé ce matin, mais t’étais d’une bonne humeur inébranlable. T’as plein d’idées dans la tête, des envies à foison, et tu comptes bien toutes les réaliser.

T’as descendu les escaliers quatre à quatre, t’as pris ton bol préféré, celui avec Les petits motifs de fraise. Il faudrait vraiment être un monstre pour ne pas les aimer. Tu commences à fredonner d’abord quelques notes hasardeuses, en prenant le lait, t’en renverses presque la moitié sur la table, sans te soucier un seul instant de le nettoyer. Tu sais très bien que ton frère le fera de lui-même en te faisant la morale, autant garder de l’énergie pour les choses plus importantes.

Comme pour tapoter le dos de ta cuiller sur le bord de la porcelaine fine du bol. Ta tête dodeline légèrement en rythme, tes mèches rebelles suivent, tu marmonnes même quelques paroles qui n’ont aucun sens, alors que t’as la bouche pleine.

« ▬ Tu n’aurais pas envie d’offrir un meilleur spectacle ? Aussi, quand tu auras fini, si tu pourrais bouger ton sac du couloir ce- »

« ▬ Un homme assis dans un couloiiiir, un enfantillaaaage ~»

Tu n’as aucun remord à casser le discours Vraiment Drastiquement Chiant de Jacques, ton frère. Le regard qu’il te lance en dit long sur ce qu’il pense de ta lubie du jour. Il est déjà fatigué, ses yeux roulent alors qu’un soupir traverse ses lèvres.

« ▬ …Et prend pas toute l’eau chaude dans la salle de bain. »

Tu mimiques ses paroles en te relevant, les chantant tant qu’à faire, en balançant ta cuiller dans l’évier. Maintenant que tu t’es bien sustenté, t’es prêt à affronter cette dure épreuve qu’est la douche, pour toi qui détestes autant l’eau.  Mais heureusement, tes parents alors partis travailler ont laissé le gel de douche à la Verveine Délicatement Citronnée. Tu prends la peine de rester même plus de deux minutes sous le jet.

En fait ta bonne humeur est facilement explicable. Y a quelques jours, t’as été invité par Beatrice en personne à son anniversaire qui tombe aujourd’hui. Une Véritable Date à Choyer. T’aurais pas déployé tous ces efforts pour n’importe qui.

A peine sorti de la baignoire que tu continues d’esquisser des pas de danse, un peu trop douteux que pour êtres convaincants. L’essui sensé sécher tes pieds se rebelle, essaye de te faire glisser, mais t’es plus fort que ça. Tu sais facilement détourner cet essai de Vil Drame Calamiteux en te rattrapant au mur. Tout est sain et sauf, hormis ta fierté, possiblement. Mais t’es bien placé pour savoir que

« ▬  Ca fait quand mêêême un mal de chien d’être biEEeEeeeeen. »

Ton nouveau début de performance musicale se fini en une espèce de gémissement, tu t’es tapé le doigt de pied contre la porte dans l’empressement. Un mal certain qui n’entame en rien ta motivation. Tu survivras. Tu materas tout mal comme t’as maté ce nœud de cravate. Avec l’aide de ta sœur certes, que tu remercies au passage en l’entraînant dans tes nouveaux pas de danse. Elle au moins, ça la fait rire. Ça ne t’étonne pas, Kit a toujours eu un meilleur caractère. Elle te demande ce qui te met de si bonne humeur.

« ▬ Je sens que tout va changeeer, j’ai vu le ciel si bas, j’ai traversé les vieeEEES, tous mes héros sont mooorts. J’y ai vu le vide, je m’y accroche encore. »

Elle lâche un « t’es con » ponctué de son rire cristallin, avant de prendre possession de la salle de bain. T’es de retour au salon que tu commences à redécorer à ta guise, au fil de ton imagination. T’arrêtes de chanter ce que tu fais ( Ré-arr-anger les cou-ssiins ♫ ) en voyant du coin de l’œil ton aîné arrivé. Tu décides de l’honorer de la plus belle des manières, en te mettant à chanter Frère Jacques. Peut-être qu’il appréciera cette fois-ci. T’as pas vraiment le temps  de lui poser la question, une bougie Vole Délicatement et Calmement vers sa tempe.

« ▬ T’as rien d’autre de mieux à faire ? Comme, étudier ? »

Il n’y a pourtant rien de mieux à faire que de t’exercer à employer ton pouvoir. Tu prends un air exagérément dramatique. Tu hausses les épaules bien trop haut, t’en a une qui craque d’ailleurs.

« ▬ J’ai des réééésultats insuffisants, surtout en allemAND. J’ai l’impression de perdre moooon temps, comme nous l’aviiiions trouvéEEE. »

T’as tenté de l’embarquer, prenant la plante Verte Décorative Chatoyante à côté de toi, en faisant mine de la lui offrir, les bras tendus vers lui, un genou presqu’à terre. Ses yeux ne se lèvent plus au ciel, ils sont bien rivés sur toi, une pointe de dédain bien présente s’y loge. T’arbores un sourire encore plus grand, et tu rouvres la bouche, prêt à surenchérir.

« ▬ Produit encore une seule note et je ne te laisse même pas t’approcher de ma voiture. »

Sa si belle voiture jaune qui te serait bien utile pour gagner la demeure de la si charmante Beatrice. Tu pars dans une tentative de pas chassés grâcieux qui ne fait qu’effrayer le chat de la famille visiblement. Il feule, crache, peut-être parce que tu viens de lui marcher sur la patte. De bonne guerre, alors que tu veux le caresser, il te donne un coup de griffe, ô rage, ô désespoir.  L’Esprit du Mal est marqué sur ta main.

Tu n’as plus le temps de t’occuper du liquide Vermeille Dangereusement Carmin -quoi-, c’est l’heure de partir, la joyeuse équipe peut enfin se mettre en route. Ils y sont aussi invités mais hors de question de traîner avec eux plus longtemps que nécessaire. Tout ce que tu sais c’est que tu cours pour avoir la place bénie qu’est celle à côté du conducteur. T’y étends tes jambes de tout ton saoul, tu prends tes aises en t’étirant. Kit résignée se place derrière toi, t’as droit à un ébouriffement de cheveux de premier ordre.

« ▬ Dé-ses-pé-rant. »

« ▬ Je ne me reconnais pluuuuus dans les geeeEENns, je suis juste un cas désespéraAAANnt. Et comme personne ne viendra me réclameeer, je terminerai comme un objet retrouvéÉÉÉÉé. »

Tu pianotes d’impatience sur la vitre, tant pis pour les possibles taches de gras. Tes ongles que tu n’as pas encore rongés donne le rythme, un rythme effréné qui ralentit petit à petit, alors que vous vous rapprochiez de la maison.  Tu t’étais redressé sur ton siège en espérant la discerner plus rapidement. Sauf que quelque clochait. Définitivement. L’air s’alourdissait, le ciel se bouchait. Une fumée grisâtre avançait de plus en plus vers vous. Jacques avait fini par freiner, la route était de toute manière bloquée, tu voyais désormais très clairement la bâtisse brûler.

Ouais, tu pétais le feu, aujourd’hui, désormais t’es même plus le seul.
Les Aubes sont mortes, non pas hier matin, mais bien ce soir, sous tes yeux.
La vie est belle et cruelle à la fois, elle nous ressemble parfois.

Ces lettres qui te sont restées plus en tête que les autres, ont peut-être un sens au final, une prévention que tu n’as pas prise au sérieux ?

Les musiques qu’on garde en tête:

Dans leur ordre d’apparition, au moment des phrases apparaissant dans le rp si c’est pas joli.  EPREUVE 3 • Comédie musicale - Page 2 39365762













Mots : 1249
Terminé #17le 05.01.19 22:04
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Maximilien Blake [DT]
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Ma journée commençait comme toutes les autres, je me levais dans mon loft après avoir passé une nuit absolument divine. Les draps étaient molletonnés, le matelas somptueusement doux, un véritable paradis de lit. Je n'étais pas arrivé en ville depuis longtemps mais je repensais à tous les bon moments que j'avais passé auprès de mon public, à cette romance endiablée qui nous unissait par les liens sacrés de la diva, de toutes ces chansons que j'avais interprétées.

Musique 1:
Naturellement, une musique me vint en tête, bien entendu je me mis d'abord à la fredonner, et cela me tira petit à petit de l'état de demi sommeil que l'on a le matin. Cela me mettait de bonne humeur et très vite je me mis à la chanter, utilisant les paroles et l'air pour improviser une chorégraphie.

"cought in a bad romance !"

Je me redressai vivement et j'utilisai mon corps fin en tenue d'Adam pour bouger et danser jusqu'au bord du lit où je pouvais enfin me relever et c'est toujours en dansant que je me frayai un chemin jusque dans la cuisine, où je me préparai un petit déjeuné à la hauteur de mon charisme. J'étais déchaîné et je ne pouvais me retenir de chanter et danser. Même en me préparant un smoothie tomates céleris, tandis que je mangeais un morceau de pain de seigle, je ne pouvais m’empêcher de danser et chanter.  C'est sous la douche du matin que je me décidai : puisque j'avais tant d'énergie à revendre, je n'avais qu'à en faire profiter les gens.

Musique 2:
J'allais organiser un spectacle de rue, une véritable comédie, chant et danse je m'occupais de tout. Rien d'autre que moi et mon public, ô quel bonheur cela allait être. Je sautais devant mon miroir, je changeais intentionnellement de musique pour une musique plus entraînante et positive. Qu'est ce que j'aimais la diva que j'étais devenue, ce si beau visage dans mon miroir et ces mouvements sulfureux qui m'animaient en permanence ; une véritable star tel qu'il devait l'être dans mes rêves les plus fous. Je tenais à peine en place le temps du maquillage. Enfin il ne me restait qu'à choisir ma tenue, il me fallait la plus belle, la plus fancy. Malheureusement je n'avais pas eu le temps de vraiment faire les boutiques, je n'avais rien qui convenait à la diva que j'étais, mais je refusais de me décourager. Je sélectionnai un pantalon slim noir que je mariai avec un col roulé aussi noir et une veste en cuir fushia, ma couleur favorite. J'achevai cette oeuvre d'art avec une paire de bottines à petits talons fushia et noir bien sûr. Le but était de marier les couleurs et de ramener l'attention sur ma tête, et c'était absolument parfait. Il était temps pour moi de déchaîner les foules et les cœurs.


Musique 3:

Ma première destination fut le magasin de vêtements, les gens traînaient toujours dans ces magasins prêts à se tirer une balle, accablés comme si la misère du monde s'était abattue sur eux, se demandant comment il fallait habiller le petit dernier et comment marier les couleurs. Mais nul besoin de s'inquiéter car le grand Maximilien Blake venait pour les sauver de cet instant Morose, nous allions tous passer un grand moment. Une fois arrivé sur place, je regardais lequel était le plus bondé et d'un pas de danse je poussais les portes, le spectacle pouvait commencer.

"Mesdames et messieurs, permettez moi de me présenter, je suis Maximilien Blake et je suis ici pour faire de cette journée un moment inoubliable, je ne force personne à me suivre mais je promets un spectacle qu'ils ne sont pas prêts d'oublier aux plus fous d'entre vous qui m'accompagneront. Vous êtes ici pour acheter des vêtements, alors faisons le avec style, laissez moi chanter et danser, et laisser votre instinct vous guider, le but est de s'amuser."

Je profitai des tissus pour me glisser et me mêler dans la masse mais mon chant lui retentissait dans toute la boutique, les vendeuses semblaient se prendre petit à petit au jeu de même que les clients et enfin les vigiles. Tout le magasin était transporté dans l'allégresse de par ma présence. Quel bonheur, j'en étais tout excité.

Musique 4:

"Mes amis nous sommes tous formidables mais il est temps d'aller en faire profiter le reste de la ville. On va organiser un concert, tous ensemble, si vous avez du matériel allez le chercher, et faites passer le mot. Les autres, on va faire aussi passer le mot mais à ma manière, tous dans les rues de Damned Town, offrons à cette ville une fête qu'elle n'oubliera pas."

Et ainsi tout le monde s'activait, je défilais chantant et dansant dans la rue comme un diable hors de sa boite, et je racolais le monde et au milieu de la journée j'avais une foule derrière moi. Oh que c'était grisant, et ce n'était que le début, toute ma splendeur rayonnait pour un public, comment pouvais-je m'arrêter en si bon chemin. Au début les gens étaient réticents, et peu se joignaient à nous, mais quand même quelques personnes et petit à petit l'effet de groupe prit effet, de plus en plus nous rejoignaient dans notre transe. C'était irréaliste, ce n'était à la base qu'un fantasme issu du cerveau d'un fou et d'un bouffon et pourtant les gens répondaient cœurs et âmes et rien ne pouvait me faire plus plaisir que de les voir porter en moi les espoirs d’une folie générale. Ils comptaient sur moi pour les distraire d'un quotidien morose et morne. Et je n'allais pas les laisser tomber, je suis né pour divertir, chanter et danser, et je le ferais jusqu'à ce que j'en mourusse s'il le fallait. Peu d'entre nous prirent le temps d'aller manger, et ceux qui le firent, revinrent avec nous en début d'après midi. Toute l'après midi fut dans la même ambiance avec des creux et des pics, le plus gros pic étant intervenu après 17h, lorsque le peu de travailleurs eurent finis.

Musique 5:

Sur les coups de 18h, je redirigeai mes nouveaux fans vers la place de la ville où nous attendait une scène. Bon ce n'était rien d'autre que deux amplis sur des piques calées maladroitement mais cela ferait l'affaire. Je proposais une légère pause ou je bus et fis quelques étirement, je m'étais déjà produit toute la journée et je m’apprêtais aussi à performer toute la soirée, cela allait être rude, ma dernière tournée remontait à un bout de temps mais je m'en sentais capable, l’énergie de toutes ces personnes autour de moi était communicative. Comme je leur avais communiqué la mienne, cet échange tacite ne devait pas se rompre, pas maintenant, pas après tant d'efforts, je me promis de les satisfaire avec tout ce que j'avais. Je ne pouvais pas les décevoir, je me l'interdisais.

Musique 6:
L'heure fatidique était enfin arrivée, le concert pouvait commencer. Je poussais ma voix autant que je le pouvais, je dansais à m'en tordre les muscles. Le public m'acclamait, applaudissait, me suivait, lorsque je les sollicitais, ils me répondaient. Cela faisait une éternité que je n'avais pu me déchaîner ainsi et dieu que cela pouvait me plaire. J'en étais tout frétillant de bonheur, je me nourrissais du public, de leur amour, de leur adulation, de leur adoration, de leur vénération. J'étais un dieu chantant répandant la bonne parole de la musique dans les cœurs. En cet instant j'étais tout puissant et ce sentiment de puissance m’enivra aussi longtemps que je le puisse, mais toutes les bonnes choses avaient une fin : lorsque je me sentis arriver à bout de force, je remerciai le public pour son implication, pour sa folie et sa bonne humeur, en leur promettant d'autres représentation dès que possible.

Musique 7:

Je rentrais tranquillement chez moi, épuisé, à peine le temps de prendre une douche que je m'écroulais dans mon lit. La journée avait été mouvementée, elle avait commencé dans la musique et elle se terminait dans la musique, car une dernière musique me parvint a ce moment, finalement l'une des plus importante, car elle était importante, elle montrait aussi l'importance de la relation avec le public et aussi de son double tranchant : être une diva c'était avoir une épée de Damoclès au dessus de la tête toujours prête à te guillotiner tels les rois d'antan. Il faut toujours se renouveler, ne jamais décevoir, se surpasser au quotidien, mais c'est aussi ça qui me stimulait le plus. Et c'est sur ces pensées dans un plaisir non dissimulé, que cette journée s'acheva.

HRRP:
Concernant le contexte : Paradis, Enfers, Terre, tout est réalité. Damned Town  est une ville immense, perdue quelque part on ne sait où. Les humains qui commettent un péché s’y réveillent, comme après un long sommeil, aux pieds des marches de la Mairie, recouverts d’une petite couverture. Les déchus, exclus de leurs terres d’origines, y sont envoyés pour s’y racheter.

Concernant Maximilien: C'est une Diva dans toute sa splendeur, ancienne star sur Terre il fut envoyé à Damned Town pour consommation de drogue, et incitation à la consommation. Une jeune femme est morte d'une overdose par sa faute et il essaye de se racheter auprès de son public grâce à la deuxième chance qui lui a été donné. Maximilien est exubérant, charismatique et arrogant et vantard, c'est une vraie drama queen. Affublé de ce petit minois de rêve:

EPREUVE 3 • Comédie musicale - Page 2 200?cb=20140825080857&path-prefix=fr  
Terminé #18le 05.01.19 22:21
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Viehrs [ FS ]
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Explications contextuelles :
Le personnage joué ici se nomme Viehrs, prononcé "Vire-ce", il est joué ici en tant qu'humain mais c'est un personnage assez connu sur Four Seasons, il a été très influent un moment mais c'est un menteur, fourbe, traître, lâche, sans aucun honneur. Il a trahi son clan d'origine, le Printemps et vit désormais en Automne après avoir été exilé et traqué par presque tout Four Seasons. C'est un personnage sans gêne et extrêmement libertin, vaniteux. C'est un hermaphrodite mais il se considère comme un homme. Il est connu pour être beau et séduisant. En cas d'incompréhension ou pour mieux le comprendre, je vous invite à aller lire sa fiche, juste ICI ! Bon courage pour la lecture! L'ambiance et une partie des paroles sont inspirés de la chanson Perfect isn't Easy du film Oliver and Company !

S'infiltrant sournoisement entre les rideaux mal tirés de la pièce, les rayons du soleil levant dardant sa douce peau diaphane eurent si vite achevé de le réveiller qu'il sentit sa sensibilité brusquée au plus haut point. Retrouver ses esprits, d'abord, était indispensable. Un coup d'œil à droite. Puis à gauche, pour être certain qu'il était bien dans son propre lit, dans sa propre chambre, au sein de son propre clan. Il se connaissait tout autant que son succès, ainsi, ne fut-il pas rare, et même bien usuel qu'il se réveilla ailleurs que dans ses draps. Fêtard il n'était pas, mais enfin, sa nature libertine ne connaissait que peu de limite et la solitude était son cauchemar le plus vif. Viehrs dut rabattre encore une dernière fois ses paupières gracieuses sur ses prunelles carmines pour enfin émerger des bras de Morphée. Ne restait alors plus qu'à se défaire de ceux, bien physiques, qui étreignaient son corps comme l'on s'accroche à une bouée de sauvetage. Son corps se redressa dans ses draps d'un geste de danseuse. La vue de l'albinos était bien mauvaise, de sorte qu'il ne pouvait véritablement distinguer le visage de l'individu à ses côtés. Cela lui importait peu désormais, il n'avait pas là guère encore quelconque utilité à tirer.

Rester oisif aurait été tentant, car, d'énergie, il manquait grandement; mais enfin, priver le monde de sa personne aurait été plus que péché et Viehrs était, on le savait, du genre pieux et vertueux. Des bras voulurent retenir le corps du bel hermaphrodite lorsqu'il tenta de quitter ses doux oreillers. Ah ! Qu'il était salvateur de se sentir désiré... Néanmoins, il n'avait pas qu'un seul fan à satisfaire. C'était éreintant que de posséder une telle beauté. Délicate, sa main blanche et parfaitement manucurée se posa sur les bras de l'inconnu qu'il caressa machinalement avant de le rejeter, brutalement, défaisant l'étreinte. Oh ! Comme il était tumultueux de se débarrasser des adorateurs !

Doucement, la soie vermeille de son peignoir glissa le long de ses jambes, venant se mêler au mouvement de sa tresse qui roula presque jusqu'au sol, alors qu'enfin, tel l'être tant attendu, il se levait. Délier les bras, les muscles souples et se mouvant parfaitement les uns contre les autres, d'un étirement félin qui lui arracha un gloussement vaniteux. Inclinant sa tête, feignant le regret, il coula un regard empreint de suffisance sur le corps gisant encore sous sa couette; un murmure glissa de ses lèvres pâles :


« Il ne faudrait pas m'en vouloir....»


Sans qu'il ait besoin de l'échauffer, son murmure se mua en mélodie. Sa voix, ni féminine, ni masculine, retentit alors qu'il ouvrait les fenêtres d'un geste théâtral :

« Mon p'tit mignon, je n'ai pas ton temps,
Dehors, déjà, le public m'attend.
Ils ne sauraient pas être plus patients ! »


Tournant élégamment sur lui-même, il marcha jusqu'à la coiffeuse adossée au mur face à lui tout en défaisant coquettement l'œuvre qui nouait ses cheveux. A chaque geste, une pose. Ah ! Quelle allure ! Si suave ! Viehrs s'assit face au miroir éclairé pour jauger l'état de son visage. Le cri de stupeur qu'il poussa sonna en réalité comme une longue vocalise d'opéra. A lui-même, il donnait le "la".
Empoignant un peigne doré, l'éphèbe entreprit, avec l'attention et la minutie d'un orfèvre, de démêler sa divine chevelure immaculée. Il fixait avec intensité son propre reflet :

« Faut pas t'en faire, darling!
Un petit peu d'art, pour s'apprêter ;
Et tu pourras monter sur le ring. »


Viehrs bascula la tête en arrière puis se redressa, laissant sa coiffure se dessiner d'elle même.

« Pas pour ta vanité, mais pour l'humanité ! »

L'hermaphrodite traça d'un doigt le contour de sa joue, s'admirant, fasciné par sa beauté. Il battit ses longs cils blancs, euphorique.

« Et sans effort,
Tu vaux de l'or ! »


La ceinture du peignoir à peine tirée, celui-ci glissa sur ses épaules pour dévoiler sa silhouette parfaite. Empoignant les instruments un à un, il entreprit de purifier et nettoyer sa peau; puis frotta un pinceau enduit de maquillage sur la cicatrice qui entachait ses traits si fins, si raffinés. La mélodie qu'il filait se fit plus mauvaise, plus méprisante.

« Y en a qui s'arracheraient ma peau et mes os,
Ils ont toute ma compassion!

La jalousie, j'en fais mon fanion!
Après tout, ma pitié, ils méritent !
Devant eux, voyez, se dresse l'élite !
Ils entrevoient alors l'allégorie du "Beau". »


Un rire cristallin fit trembler son être. Il déplia lentement les branches de ses lunettes, les déposa sur son nez sans aucun défaut, ouvrit les yeux à nouveau et contempla sa personne. Cela lui insuffla un regain d'énergie qui le mena, dansant et sifflant, jusqu'à son dressing. Il n'avait guère attendu pour se dénuder. Pudeur ? Réservation ? Il n'en possédait aucune. Ces termes n'existaient que pour les prudes et les fleurs bleues, qui ne retiennent l'attention de personne très longtemps. Ça n'était pas avec de telles attitudes qu'on était connu par delà les clans, au delà des saisons et même jusqu'au Solstice! Tous, d'une manière ou d'une autre, connaissaient le nom de Viehrs. En bien, en mal, peu importe ! Les conversations fusaient à son propos, le voilà déjà ravi. Il était autant haï qu'il suscitait l'envie. Quand on a un pedigree tel que le sien, on sait se tenir, on sait provoquer le désir, on sait tout aussi bien mentir.

Autour de son cou il déposa une chaîne d'un argent si brillant qu'il disparaissait sur sa peau albâtre. Au bout de ladite chaîne, pendait un pendentif rouge, scintillant, qui vint se coucher entre ses seins. Sa main saisit la pierre, de couleur identique à ses yeux; il la malaxa et la serra avec attention, insistance, agacement. Un calme soudain le gagna. De ses yeux qui ne cessaient d'observer le précieux objet, on aurait dit successivement que des larmes, puis des éclairs, allaient jaillir. L'éclatant sourire qu'il tenait jusque là fut réduit à la simple moue mélancolique formée par ses lèvres entre-ouvertes. Il chanta, plus doucement, une ironie mielleuse saisissant sa voix :

« Quelle ne fut pas leur déception de s'apercevoir,
Que les oiseaux de plus mauvaise augures ne sont pas toujours les plus noirs, »


Aussi abruptement qu'il l'avait saisit, le sublime albinos lâcha le pendentif en entendant, à l'extérieur de sa chambre, des voix l'appeler, brisant son rêve et sa vanité. Il ne s'agissait guère là de ses fans, de ses disciples ou même de ses ennemis. Non, il n'y avait à sa porte que des gardes Automnaux, bien indifférents à sa personne, chargés de sa surveillance. Oh! Il aimait les faire attendre. Cela était au moins d'un certain réconfort pour le fourbe hermaphrodite, l'exclu du Printemps, le traître de tous ses alliés.

Loin de s'empresser, il reprit plutôt sa danse tout en s'habillant, choisissant chacun de ses vêtements avec classe et distinction. Il serra sa cravate rouge sertie d'or et du même geste, boutonna son veston subtilement taillé. Il était prêt. Prêt à conquérir le monde ! À chaque fois qu'il reprenait sa chanson, sa voix semblait toujours plus hautaine et pédante :

« Toutes les mignonnes qui veulent se pavaner,
Essaient vainement d'atteindre la beauté! »


L'hermaphrodite adressa un clin d'œil et un baiser volé à son reflet qu'il quitta des yeux avec la réticence de l'amoureux transi. Tel un acteur quittant sa loge, il ouvrit les portes à deux mains, d'un seul même geste, ne s'occupant pas de la probabilité qu'il les envoie valser dans les visages des gardes postés dans le couloir. Et une dernière fois, sa voix s'éleva plus fort que celle d'une cantatrice :

« Joli, c'est bien.
Mais rien que joli !


La perfection, c'est moi ! »
Terminé #19le 05.01.19 22:22
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Anonymous
Shadock M. Phantom [SNKR]
Invité
En savoir plus sur Shadock M. Phantom:
Shadock est un personnage qui évolue dans l'univers de Shingeki no Kyojin/L'Attaque des Titans. Loin de tout le raffut de la bataille contre les pires ennemis de l'humanité, il s'est fait une place au sein de la haute société, en partant du plus bas, de la ville souterraine, là où vivent tous les rejetés. Leader d'un groupe organisé d'assassins professionnels, c'est un homme qui se laisse porter par son égoïsme et par ses caprices.

EPREUVE 3 • Comédie musicale - Page 2 Nrjk

La musique d'ambiance et d'inspiration:
C’était une nuit sombre, encore une fois. Malgré le ciel rempli d’étoiles, une lune pleine, c’était encore une nuit sombre ici-bas. Une nuit où je n’avais toujours pas trouvé satisfaction.
Le corps de la belle Cathelle gisait dans le salon. Dans sa robe blanche, maculée de son propre sang, elle m’aurait presque fait penser à toi. Je l’avais séduite, uniquement dans le but de la tuer. Sa mort pour simple avertissement envers son père beaucoup trop désobéissant à mon goût. Aah, Cathelle. Qu’elle était belle, Cathelle. Dans sa petite robe blanche. Un joli visage de poupée, une peau de nacre sans imperfection, des cheveux noirs corbeau pareils que son regard, souvent coiffés en un chignon structuré. Un sourire poli et de dentelle venant couronner la délicatesse de ses traits. Je l’observai, comme souvent je l’avais fait les semaines précédentes. Je lui avais trouvé quelques ressemblances avec toi, mais au fond… Elle m’avait toujours dégoutté.

Cathelle si belle, m’avait offert tout de même un bref divertissement. Je lui devais bien cela. Je me levai du piano à queue contre lequel je m’étais reposé pour admirer la beauté à jamais éteinte, sur le sol au milieu du salon dansant de ses parents. Mon regard se posa sur une simple rose blanche déposée sur la texture noire et brillante de l’instrument. Par inadvertance, je n’y avais pas prêté attention, trop occupé à me délester de la pucelle Cathelle. Je regrettais.
Quelques souvenirs s’étaient introduits alors que je lui tournais autour, des images furtives et tranchantes comme des milliards de poignards s’introduisant dans ma chair. Tu étais partout. Tout le temps. Tu étais présente, mais terriblement absente. Cette rose en était la preuve. Je la portai à mon visage. Ton parfum.
Je m’étais assis sur le tabouret du piano, mes yeux irrésistiblement envoutés par la fleur. J’avais encore un peu de temps devant moi, avant que le comte ne rentre de sa soirée, et ne découvre sa fille allongée sur le carrelage teinté de rouge carmin. Je fis sonner une note.

Je me souvins.

Tu étais là, au milieu de toutes ces gens. Tu portais ta robe de flamme, mais le plus beau feu brillait dans ton âme. Tu ne semblais pas m’avoir remarqué, mais je n’avais d’yeux que pour ta personne. J’ai su, dès lors, que ce soir je te ferai mienne. Il n’en fut rien. Je partis bredouille. Toi, par contre, tu m’avais dans tes filets. Quelle honte, quelle blessure pour mon ego gonflé par les rumeurs portant sur moi que de me faire avoir par une femme aussi facilement. Le Lord Phantom, le prodige Prince du monde d’en-dessous, tourné en ridicule par une damoiselle de la cour.
Je me souviens exactement de notre première rencontre.

Je me souviens de ton visage qui se tourna vers moi alors que je ne pouvais glisser ailleurs mon regard que sur toi. Tu m’avais longuement jugé, avant de m’offrir un sourire poli, lisse, exactement comme l’un de ceux que je réservais à tous. Tu détournas ton attention vers quelqu’un d’autre. Tu venais de me retourner en quelques secondes seulement. De quel droit ? Ne me reconnaissais-tu pas ? Pour la première fois depuis longtemps dans ma vie, je ressentais cette petite étincelle qui rendait mon existence moins ennuyante. Tu étais devenue ma nouvelle obsession.

Un claquement de doigts devant mon nez me rappela soudainement à la réalité. Je fus surpris par les bruits de conversation, et la musique, et la chaleur du lieu. Je repris conscience du monde, de la foule. Mon mentor venait de me tirer de mes pensées avec un « Hé, n’oublie pas pourquoi on est venu ici ». J’hochai de la tête, plus machinalement qu’autre chose. J’avais oublié, pourquoi nous étions là ce soir. J’envoyai tout foutre en l’air.

A grandes enjambées, je traversai les quelques mètres qui me séparaient de toi. J’accrochai une main à ton avant-bras et te tournai vers moi, peut-être trop brusquement. Je croisai ton regard qui me brûla la rétine. J’y lus la surprise, la colère, la curiosité et l’excitation. J’y vis mon propre reflet, miroitant dans tes pupilles noires et profondes. Avant que tu ne dises mot, que tu ne consentes ou te débattes, je t’emmenai danser sur les notes du pianiste. Et alors, commença notre longue et périlleuse parade nuptiale.

« Je n’oublierai jamais la première fois que j’ai vu votre visage,
Je ne saurai être le même.
Un regard intelligent sur un portrait désirable,
Une seule attention, laissant mon cœur se consumer,
Chaque partie de moi brûler. »


« Vous m’avez frappée, vous qui n’avez jamais été satisfait,
Je suis certaine que vous ne savez pas de quoi je veux parler, vous niez
Vous êtes comme moi, je ne suis jamais satisfaite,
Est-ce exact, vrai ?
Je n’ai jamais été satisfaite. »

« Mon nom est Shadock Phantom, enchanté »
« Demoiselle Ruyn »
« D’où venez-vous, quelle origine ? »
« Sans importance, il y a des millions de choses que je n’ai pas avouées
Mais, attendez-moi.
Attendez-moi ! »


Alors… alors, est-ce cela ?
Ce que l’on ressent quand on correspond si bien à quelqu’un de sa hauteur.
Un abracadabra,
Ce sentiment de liberté, ébloui par cette splendeur.

La conversation n’a duré que deux minutes, peut-être trois.
Je voulais déjà t’emporter loin de cette pièce,
Pour m’oublier sous tes caresses.
Nous aurions été comme des rois, durant des mois.

Je revois encore ton visage, alors que tu t’éloignais,
Me laissant seul, après avoir refermé ta cage, complètement déboussolé,
Un arrière-goût de doux-amer, un avant-goût de ton caractère.

La musique se tut, et je sus que malgré toute notre volonté,
Jamais l’un de nous ne serait satisfait.

Tu es morte quelques mois plus tard, par ma faute.
Pourtant, tu es toujours là à me rappeler que je suis toujours en vie, contrairement à toi. Tu dois t’amuser de là d’où tu te tiens, tu dois t’amuser à me hanter chaque jour durant, et chaque nuit plus encore. Ma Ruyn, tu portais si bien ton nom.

Je me levai du tabouret, laissant la rose blanche sur les touches du piano. Je ne jetai aucun regard à Cathelle la catin.
Je prenais la fuite sous la lumière de la lune, exactement comme tu l’avais fait lors de notre première rencontre. Dans ma poitrine, un sentiment inexacte… un léger goût de doux-amer, et le parfum entêtant, de cette rose blanche.
Terminé #20le 05.01.19 22:51
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Arianna Torricelli (CI)
Invité
Spoiler:
Boooooon, vous pigerez rien à ce que j’ai écrit si vous n’êtes pas du forum mais je vais quand même tenter de vous sommairiser tout le contexte d’Irydae en limitant au maximum le jargon technique qu’il faut trois mois à acquérir ^ ^

Deux camps. Les my’trans et les daenars. Le monde n’a pas de gentils et de méchants clairement identifiables, mais je joue un truc volontairement partial vu que mon perso est du camp des my’trans. Les daenars sont mes méchants, pas d’exception.

A noter que le monde et la vie qui l’habite ont été créés par sept dieux qu’on appelle les Architectes, ayant chacun un ou plusieurs domaines propres (eau/feu/terre/air/forme/vie/personnalité-souvenirs).

Les my’trans sont un peu comme des elfes amérindiens sans les oreilles pointues. Ils vivent en clans/tribus sous la houlette d’un chef de clan et d’un shaman, pour la majorité sous forme de communautés semi-nomades ou en villages, qui font de leur mieux pour s’intégrer dans la nature et la respectent au maximum (au point d’avoir stoppé leur développement technologique parce qu’ils vivent déjà bien comme ça). Ils croient et pratiquent très activement le culte des architectes, qui offrent des pouvoirs magiques sur leurs domaines respectifs à leurs fidèles.

Les daenars sont d’anciens my’trans qui ont fait sécession il y a trèèèèèèèèèèès longtemps pour se libérer de l’obligation de suivre le culte des architectes (qui ont quelques défauts quand même), ont perdu tous pouvoirs magiques en conséquence, se sont exilés à l’autre bout du monde pour établir leur truc, ont développé la technologie pour compenser, et sont maintenant à un niveau de steampunk de plus en plus spectaculaire qui leur permet de reproduire des effets complètement magiques pour peu qu’ils arrivent à miner des cristaux magiques.

Et le meilleur stock de cristaux magiques se trouve sur My’tra, là où sont les my’trans.

Y a eu une guerre un peu plus tôt, les daenars ont gagné et peuvent établir des mines et colonies de façon relativement encadrée par des traités tant qu’ils ne déconnent pas.

Et ils déconnent de plus en plus, ce qui fait chier les my’trans.

AUTRE POINT : j’ai bricolé les chants en les alignant sur des trucs qui m’inspiraient et que j’ai mis en spoiler youtube tout du long. A vous de voir si vous voulez les utiliser ou pas, moi je préfère largement avec haha.

Eeeeet... Arianna est une my'tranne, le reste ne vous intéresse pas et ne vous servira pas ^ ^




Aujourd’hui, c’était un évènement un peu particulier qui se préparait. Quand des délégations de tribus en provenance de trois communautés my’trannes pas nécessairement en bons termes se rassemblaient, c’était qu’elles y étaient contraintes. Ou qu’elles s’apprêtaient à participer à l’une des innombrables escarmouches qui ponctuaient les frontières de leurs territoires respectifs. Mais en ce jour… ce ne serait pas ça.

Deux de ces tribus étaient en excellent termes. Les tribus de Zolios et de Kharaal. Leurs clans avaient une affinité très développée avec le grand Golem, dieu de la terre qui avait façonné le monde au commencement de tout, ainsi qu’avec le Griffon Noir, la déesse qui animait autant le feu intérieur qui faisait briller les âmes – la personnalité – que celui qui permettait aux hommes de se réchauffer.

Leurs cultures prônaient la modération en toute chose, le contrôle de ses émotions, la dignité, la bienveillance pour les fils de la terre, la sagesse pour les bénis de la Flamboyante. Leurs territoires partageaient de longues frontières entre lesquelles les échanges, qu’ils soient culturels, trocs, amicaux et souvent maritaux étaient monnaie courante.

A l’inverse, il y avait… les zagashiens. Ceux de Zagash, qui avaient les faveurs de Dalai, déesse des océans, et qui lui portaient en retour une affection mêlée de ferveur et de tendresse. Elle apparaissait volontiers sous la forme d’une raie dans la nature, même si l’enveloppe d’autres animaux marins, et bien souvent celle des requins, ne lui étaient pas étrangères.

Mais Dalai, c’était aussi la déesse des tempêtes, des raz de marée terrifiants, des moussons meurtrières, et ses fidèles étaient de ceux qui embrassaient le plus honnêtement du monde l’aspect violent de leur déesse.

Ce qui les rendait particulièrement honnis de leurs pairs du moment, même s’ils étaient en très bons termes avec d’autres nomades.

Mais en l’occurrence, maintenant qu’ils se rassemblaient pour prendre une décision commune en ce jour… les zagashiens se heurtaient à un mur. Les deux autres groupes faisaient front commun, les choses stagnaient au plus haut point. Ils n’arriveraient à rien.

Et ça, Arianna en avait bien assez.

Aussi se leva-t-elle dans l’assemblée pour prendre la parole, sans se soucier du fait qu’elle était d’un peu trop bonne humeur en ce jour merveilleux.



Spoiler:

Ils détestent Dalai
Nous traitent de simplets
Les biens pensants se moquent de nous en faisant les proprets,
Hypocrites de Zolios,
Et Kharaal’ au rabais,
Nous présentent méchants violents arrogants stupides brutaux mauvais

Chez les fils de Zagash,
Nous serions des tâches,
Nous autres Zagashiens
Serions des moins que rien
Cliché mensonge qu’on ignore bien

Chez les fils de Zagash,
Il n’y a rien qu’on cache.
Nous sommes fiers actifs,
Directs, émotifs,
Seuls les faibles trouvent ça excessif

(La séquence de Woah en foule avec pas de danse et cascades/geysers/torrents aériens magiquement tirés de nulle part, sous les regards complètements blasés des autres délégations – plusieurs zagashiens se sont joints à Arianna, maintenant, et elle s’avance et parade en continuant son exposé.)

Notre déesse règne sur l’eau, et est source de vie
Dans vos déserts, vos tas de poussière c’est elle qui vous nourrit,
Nos terres sont plus que pleines à craquer
De sources sacrées
Les vôtres sont remplies de minerais qu’daenar-style z’exploitez,

Chez les fils de Zagash,
On n’craint pas les clashs,
S’il faut vous dire « c’est con »
On ira au charbon
Quitte à s’imposer bas-du-front

Chez les fils de Zagash,
On n’aime pas les lâches.
Vous faîtes du compromis,
Voulez être « gentils »,
Etre sans ennemi quitte à reeeeesteeeeer sooooouuuuumiiiiiiiiis !

Donc forcément on vous pourrit.


Car c’était ça, l’objet de leur rencontre du jour.

Une communauté daenare qui s’était installée illégalement sur leurs terres, à l’orée d’un sanctuaire forestier orné d’arbres millénaires flamboyant d’une magie que les trois communautés avaient toujours refusé de se disputer. Peu importe leurs différents et les conflits qui pouvaient en résulter, il y avait de nombreuses barrières qu’ils ne dépassaient pas.

Les zagashiens n’avaient qu’une seule idée en tête, faire une descente là-dedans, tout saccager, piller le peu qui n’était pas teinté de technologie nauséabonde, brutaliser le reste pour s’assurer qu’ils ne reviendraient jamais, exécuter diligemment ceux qui mettraient trop d’énergie à se défendre, et retourner chez eux avec la satisfaction d’avoir mis fin aux exactions de leurs ennemis naturels.

Les autres my’trans… prônaient une approche plus diplomatique. Qui avait toutes ses chances de ne pas aboutir, ce que tous savaient bien.

Et pendant que les chefs s’entretenaient dans leur hutte, des colporteurs nomades – les meilleurs propagateurs de nouvelles dans un monde où le journalisme et les éditions quotidiennes n’existaient pas du tout – entreprirent d’interroger Torricelli sur les intentions de son chef de clan. Elle avait une petite réputation, à la hauteur de celle de ses compatriotes. Brutale, et pas vraiment dans la dentelle.



Spoiler:

-Torricelli ! Madame Torricelli ! Nous brûlons de savoir. Voulez-vous vraiment ignorer les instructions du conseil des clans et attaquer le camp de ces daenars ?


Ils croient tous que je veux la guerre,
Que je n’cherche qu’à batailler,
Mais franchement j’n’en ai rien à faire,
Je veux juste nous protéger…

« Arianna est une brute
Pire qu’une ours kodiak en rut »
Je sais pas ce qu’ils ont fumé mais il faudrait arrêter

Nos pays se font broyer,
Maintenant ils viennent miner,
Juste inadmissible que ça soit toléré,

Les architectes n’interviennent jamais,
Ils auraient peur d’être tués parait,
Orshin a disparu personne le sait,
Nos milliers de shamans sont vraiment des boulets,

Les institutions font leurs douces belles et tiennent à rester correctes,
Faut pas s’étonner que les daenars se gavent nous pourrissent fassent la fête.
Les rares qui protestent ou bien agissent on veut presque leur couper la tête,
Les mecs vous êtes justes bons à leur faire des courbettes

« Ecoute Ari, ils sont gentils »
« Y’a rien d’mal à la technologie »
Mais regardez comment ils s’multiplient
Ce qui me pose problème c’est tout leur style de vie

‘Pondent des mômes à tire-larigot,
V’nus après nous sont maintenant plus d’un million !
Ca fait d’énormes besoins en matériaux,
Ils charcuteront la terre ce sans modération,

Ils ont dézingué leur chez-soi,
Maintenant ‘viennent sur My’traaa !
Pour eux c’est simple on est plein de gras,
Un peu comme une piñata

Gentil méchant ça réduit tant,
C’est vraiment pas l’moment !
Si j’suis dans le rang des combattants,
C’pas par plaisir, mais choix conscient

Alors le prochain qui me dit, que « se battre c’est pas gentiiiiiiiiil »
Je lui répondrai pas de souci, que dans trente ans t’as plus d’payyyyyyyyys.



-D’autres questions ?
-Euuuh… nan.


*
*     *
*



Et finalement…

Ils avaient décidé qu’ils passeraient à l’action. Les chefs avaient tranché. Peu importe ce que les chefs des principaux clans de chaque nation my’tranne avaient décidé, ils ne pouvaient pas laisser des colons daenars s’installer n’importe où, librement, et exploiter à mort. Le choix final avait été porté sur une frappe d’intimidation plutôt que de massacre pur et dur… sans grande surprise dans l’absolu, chaque chef tenant à ne pas dépasser les bornes vis-à-vis de leurs pairs.

De sorte que le soir même, sous le couvert de la nuit, c’est une force de plus d’une centaine de guerriers my’trans qui avança. Des guerriers des tribus, peu nombreux à disposer d’une réelle formation militaire…

Mais pour deux tiers d’entre eux, capables de manier des pouvoirs redoutables. Quand les clans unissaient leurs forces, c’était l’ensemble de la création qui leur obéissait.



Spoiler:


[GUERRIERS]
Terre!
Flammes!
Eau!
L’air!

[CHEF]
Frappez!

[GUERRIERS]
Terre – j’écrase!
Flammes – et brûlez!
Eau – et frappez!
L’air!

[CHEF]
FRAPPEZ!

[GUERRIERS]
Vous n’êtes pas, les bienvenus, sur nos terres,
Vous n’êtes pas, dignes de, respirer notre air
Architectes, dieux du ciel,
Répondez à notre appel,
Montrez-leur,
Votre fureur,

Irydae!
Notre monde, Irydae!
Vous le mettez en danger,
Nous ne pouvons l’accepter,
Irydae,
Daenars nous venons vous chasser !
D’Irydae notre terre sacrée


(Je vous laisse imagine le torrent des éléments alimentés par la fureur des nomades-mages-fanatiques pendant qu’ils paradent agressivement devant le pauvre petit campement de colons steampunk qui se pissent dessus en hésitant à sortir leurs fusils ou s’ils se feront foudroyer sec devant l’orage qui explose au-dessus de leurs têtes).


[ARIANNA]
Dalaï Möchlog Orshin Delkhii
Süns Amisgal Khugatsaa
Merci, pour tout ce que vous nous donnez,
Pour les dons que vous nous offrez,
Nous allons protéger,
Ô Daenars

[TOUS]
Disparaissez!
De nos terres
Disparaissez,
C’est la guerre,
Disparaissez
Ou nous croiserons le fer,
Irydae,
Daenars nous venons vous chasser
D’Irydae notre terre sacrée

Disparaissez
Ou vous serez tués,

[ARIANNA]
Doucement, mes guerriers,
Nous avons fini,
Ils en sont tous terrifiés,
Nul doute que demain ils seront repartis,
De notre sanctuaire sacré,

Guerrière, combattante,
C’est ce que je suis,
Pas de bon gré que je suis violente,
Nomade de My’tra, j’aime cette vie,
Et c’est pour ça que je chante,



(Eeeeet… coupez ! Fini ^ ^).
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