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Le muesli ou la mort
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vampire
#1le 26.12.18 1:08
Le Muesli ou la Mort
RP avec Abel Loneheart


16 Mars 2012 - Tokyo
Il neige. Tout autour, de partout. A l’hôtel il fait froid. Dans la chambre. Dans les lits. Partout. A croire qu'on va rester congelés ici jusqu'à... jusqu'à quand?

“On rentre quand Bellius?

C'est mon frère qui m'appelle. Il est debout devant la fenêtre. La capuche de son sweat ramené sur la tête. Je ne l'ai même pas entendu arriver. Je soupire.

- Qu'est ce que tu veux que j'en sache?
- A ton avis? Un mois? Plus?
- Mais je te dis que j'en sais rien, il faut que j'en parle à Papa, je te l'ai déjà dit !
- T'énerve pas, je suis inquiet c'est tout ! J'veux... j'veux juste rentrer.


Silence. Il fait vraiment froid dans cette chambre, c'est vrai. Pas de posters, de déco rien. Des murs grisâtres, sales. Des miettes par terre. La joie.  Je me suis levé du lit. et je le regarde. Ses yeux sont perdus, loin, dans l'ouverture de la fenêtre. Y a rien à travers cette vitre. Rien que la neige et des immeubles gris. Je ne sais plus quoi dire. Alors je m'avance juste devant lui. Et je prends mon petit frère par la main. Elle est glacée. Il me prends alors dans ses bras, sans que je n'ai le temps de réagir. Il me serre fort, c'est presque jamais arrivé. Pas comme ça. On est beaucoup plus pudiques d'habitude.

On reste quand même comme ça, un moment. Je sais même plus s'il a pleuré ou non. Je sais même plus si j'ai pleuré, moi. En tout cas, il fait froid.

"Je vais faire les courses
- Je t'accompagne.
- Non.
Il se détache de notre étreinte. Il fronce les sourcils, me fixe.
- Non, tu restes ici. Au cas où ça dégénère. Dans ce cas là, tu m'appelles, pigé?
Il me fixe encore un moment. Puis il hoche la tête.
- Pigé"


***

Les vitres du magasin sont complètement bouffées par le gel. Et moi aussi. Je remonte mon écharpe bien au dessus du col de mon manteau à capuche. A cette heure là, pas beaucoup de monde dans les rayons. Je vais avoir l'esprit tranquille, libre. Je n'ai que quelques minutes de répit et de silence. De chaleur.

Au fond de moi je regrette de ne pas avoir amené le frangin. Il avait l'air frigorifié. J'ai honte. Finalement, ouais je crois bien que j'ai pleuré tout à l'heure. Et ouais, je crois bien que ça n'arrivera plus. Je dois rester fort, ou  tout se casse la gueule. Tout part en miettes si je fais rien.

Je me retourne et je crois apercevoir à quelques immeubles de distance, l'hôtel qui tremble, manque de s'écrouler. Je me frotte les yeux. Bien sûr qu'il est miteux. Mais non. C'est pas ça. Ce n'est pas que l'hôtel. C'est la rue, la ville, un monde qui s'effondre, tous les immeubles, tous les passants, si fragiles, si frêles, on pourrait leur souffler dessus qu'ils s'envoleraient en morceaux. Et le point névralgique de ce seïsme... Je sais ce que c'est. L'épicentre, l'oeil du cyclone c'est cet hôtel. Et dans cet hôtel deux crétins qui se hurlent dessus de manière absurde, sur un terrain qui ne veut rien dire. Tokyo.

Nous ne sommes jamais allé à Tokyo. Ma mère y a embarqué sur un coup de tête puis le paternel a grillé un neurone et nous a catapulté là sans explications. Ca ne veut rien dire. Ca n'a pas de sens. Tout s'est passé si vite. Et pourtant on dirait qu'on est là depuis des siècles. Même ce magasin, c'est une antiquité. En fait je crois que j'y suis depuis toujours. Devant cette devanture, à attendre plusieurs minutes, attendre quoi, j'en sais rien, attendre, laisser le vent me faire vaciller, vent qui manque de me souffler, me faire éparpiller, en petits bouts de papier brûlés, avant de me décider, me décider que je ne m'envolerais pas, pas aujourd'hui et passer enfin la devanture du super-marché japonais.

La dame de l'accueil dit un truc. Que je comprends pas. De toute façon, ça va faire si longtemps que je comprends rien à rien... Même mes parents, je crois qu'ils parlent japonais, vu que je les entends de moins en moins. Y a qu'avec mon frère qu'on arrive encore un peu à se comprendre. J'espère en tout cas. Pourtant on l'ouvre pas souvent... P'têt pas assez.

Je soupire.

Bon, je prends des nouilles en boites (je prends un autre goût pour changer) quelques légumes, des trucs que je sais même pas ce que c'est à cause des étiquettes, des sucreries. Pas assez pour de la viande, trop cher. J'essaie de prendre quelques machins pour essayer de cuisiner quelque chose ce soir.  Je veux bien faire des efforts, après tout je suis pas tout seul. Puis c'est moi le grand, je suis censé prendre quelques initiatives, non?

Puis, tout à coup j'aperçois le Graal entre les rayons. Un paquet de muesli aux amandes. Parfait. Un peu de douceur dans ce monde, enfin. Les choses se stabilisent un petit peu, le temps que j'imagine mon frère sourire de joie en voyant le trésor que je lui ramène. Ca doit coûter un peu cher mais tant pis. Je taxerait ça sur mes dernières économies.

Mais là, une main se pose sur le paquet, la laisse tomber dans un panier, laisse un trou dans le rayon. C'était le dernier. Je fixe dans les yeux ce visage pâle aux pupilles claires. Je le fixe. Je ne sais pas quoi dire. Mes poings se serrent. Ma tête tremble. Mes dents grincent. Il faut que je fasse quelque chose. Mes lèvres s'articule pour dire un mot mais rien ne sort. Je transpire. L'inconnu me dévisage d'un air circonspect. Et merde.

D'un coup je ne réfléchis plus, je me précipite sur le paquet. Tente de l'embarquer avec moi dans mon panier à moi. Les muscles tendus dans un élan de rage. Je suis prêt à me battre.

C'est le muesli ou la mort.
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vampire
#2le 12.01.19 10:20

Le muesli ou la mort | Bellius

    Il y avait le silence qui parcourait les rues de la ville. Tokyo, recouverte d'une épaisse couche de glace, survolée d'un ciel gris. Il n'y avait pas âme qui vive dans les rues, et lorsqu'on croisait un passant, il se précipitait pour rentrer chez lui. Et au milieu de tout ça, Abel, qui traînait des pieds, et qui regrettait fortement de ne pas s'être plus couvert que ça. Malgré l'hiver, il ne s'était pas attendu à ce qu'il fasse aussi froid. Il ne pouvait que jurer, grogner, râler, comme il savait si bien le faire.
   
    Aujourd'hui, le monde des vivants ressemblait bien plus à un ossuaire d'âmes en peine, cachées en cherchant à se soustraire à la fatalité du destin.

    Et chaque arrivée dans cette autre dimension le déstabilisait. Il n'était plus de ce monde. Il le savait. Il s'y était fait. Et pourtant... il ne pouvait jamais empêcher une vague de nostalgie et de tristesse immense l'envahir lorsqu'il mettait les pieds de l'autre côté. Peu importe la situation dans laquelle il s'était retrouvé ; il n'avait jamais demandé à mourir. Il ne pouvait pas non plus en vouloir à Olympe, parce qu'elle avait juste fait ça pour l'aider. Pour faire en sorte qu'il ne souffre plus, lui qui à ce moment là était frigorifié, affamé et blessé.

    Il avançait dans le froid, luttant contre le vent qui lui glaçait et giflait le visage sans retenue. Même si d'ordinaire, les basses températures ne le gênaient pas, il restait sensible aux froids trop grands qui pouvaient se manifester parfois. Pour le moment, il cherchait quelque chose, un magasin ou même une petite boutique qui soit encore ouverte par ce temps là. Il arrivait que certaines de ses connaissances le sollicitent pour qu'il ramène des choses du monde des vivants, et ce dans la plus grande discrétion. Il n'était forcément pas friand de tout ça, car il se disait que se raccrocher aux choses de l'autre monde n'allait pas aider le fantôme à tourner la page. Et il en avait été témoin. Parce qu'une de ses amies était devenue une zombie en voulant se rapprocher un peu trop de son fils. Il la comprenait, mais pour lui, envoyer un vampire faire le lien avec le vivant n'était pas une bonne chose. Pourtant il aidait malgré tout parce qu'il n'aimait voir ses amis en souffrance. C'était tellement contradictoire qu'il ne se comprenait pas lui-même. Sans doute parce qu'il était un peu trop idiot. Alors avant de se nourrir, il allait toujours faire « les courses des gens », comme il le disait si bien.
    Au bout du compte, a force de persévérance il finit par repérer un petit magasin. Magasin qui semblait en aussi mauvais état que la rue dans laquelle il se trouvait. Nonchalant comme il était, le vampire avait souvent tendance à se laisser porter par le vent, à avancer sans trop faire attention où il mettait les pieds. Il se perdait dans le gouffre de ses pensées et effectuait un pas après l'autre, sans faire gaffe où il allait. Cette fois, la requête était simple. « Ramène-moi quelque chose du monde des vivants je sais pas, quelque chose qui se mange, un objet, tout, n'importe quoi ! », avait supplié son commanditaire. C'était sans conviction que le brun avait attrapé un panier et commencé à errer entre les rayons. Son teint était tellement pâle qu'on l'aurait cru malade. Et ses yeux vitreux n’arrangeaient pas les choses. Il n'y avait qu'à ajouter à ça sa posture courbée pour avoir le combo. S'il avait eu les mains libres et les bras ballants, on aurait pu le confondre avec un de ces zombies que l'on voit partout dans les films ou les jeux-vidéos, zombies bien différents de ceux qu'il avait pu croiser dans l'autre Tokyo.

Et puis, ses yeux se posent sur un paquet de Muesli aux amandes.
Alors il hausse les épaules, et il se dit que comme c'est le dernier, ça fera sûrement l'affaire.
Il l'attrape et le laisse tomber dans le panier.
Et il se demanda au passage pourquoi il avait prit un panier. Question de nonchalance.

    Et il ne remarque même pas qu'on le fixe parce qu'il continue sa route. Enfin... il s'apprêtait à la continuer, sa route. Continuer de faire quelques tours dans les rayons, regarder si quelque chose lui attirait l’œil. Sauf que quelqu'un s'était jeté sur son panier, sur le paquet qu'il venait de mettre. La surprise et la légère secousse lui avaient fait lâcher prise. C'est à ce moment que son regard s'attarda un peu plus sur la personne en face de lui. C'était un jeune homme blond, qui avait saisi le muesli avec autant de haine qu'une bête enragée. À défaut d'intimider Abel, l'attitude de l'inconnu parvint à l'inquiéter. Dans le sens où ce n'était pas normal de se mettre dans un état pareil pour un dernier paquet. Parce que le vampire le voyait bien, que le jeune homme tremblait et qu'il était en colère. Il avait le regard de quelqu'un qui était prêt à se battre. Qu'est-ce qu'il avait ? Qu'est-ce qui pouvait aller mal de son côté pour qu'il tienne autant à un petit paquet de muesli ? Est-ce qu'il manquait de nourriture, d'argent ? Abel ne lui reprochait rien. Parce qu'il s'était lui-même retrouvé dans une situation où il était complètement démuni et où la moindre petite chose comptait, avant de mourir. À l'heure actuelle, il voulait juste essayer de comprendre. D'un geste calme, il récupéra le panier dans sa main et observa le jeune homme, l'air un peu gêné et désolé.

-Eh, du calme, fallait me le dire si tu tenais tant à l'avoir, lança-t-il dans un anglais parfaitement articulé. T'avais pas besoin de te jeter dessus... tu sais, c'est pas vital pour moi d'avoir ce paquet alors j'te l'aurais donné si tu me l'avais demandé.

    Et puis, avec un brin d'hésitation dans la voix, il ne put finalement pas retenir une simple petite question.

-Est-ce que... tout va bien ?
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#3le 15.01.19 22:00
Le Muesli ou la Mort
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J'ai l'air d'un sauvage, d'un fou. Mes yeux sont restés grands ouverts. Je l'ai dévisagé trop longtemps. A présent, il me regarde avec gêne, l'autre en face.

- Eh, du calme, fallait me le dire si tu tenais tant à l'avoir. T'avais pas besoin de te jeter dessus... tu sais, c'est pas vital pour moi d'avoir ce paquet alors j'te l'aurais donné si tu me l'avais demandé.

Il me... prends en pitié. J'AI PAS BESOIN DE CA ! Je tremble, mes poings se crispent trop forts mes lèvres se serrent, se joignent se mordent. Je sais pourquoi elles font ça. Pour essayer de retenir en arrière l'angoisse qui m'envahit, là, tout de suite. L'angoisse de pas y arriver, de plus avoir la force. Je regarde le carrelage froid et dégueulasse de ce magasin à chier. Y a une trace de soda renversée par terre. Si je marche dessus ça colle, ça pegue, ça va rester sur ma semelle comme une plaie. A priori. Et à quoi ça m'avancera, hein? J'y met le pied dedans sans réfléchir. Ou plutôt si, en y réfléchissant bien fort, bien trop. Je le soulève lentement... Ca colle, ma semelle est toute visqueuse...

- Est-ce que... tout va bien ?

Je relève la tête. Je repose mon pied dans la flaque de sucre séché. J'ai une fatigue immense qui passe sur moi d'un coup. Je regarde autour de moi. Cet endroit est pourri. Un néon est en train de griller dans le rayon d'en face, les articles sont rangés n'importe comment les uns à côté des autres. Certains fruits étaient pourris là ou je suis passé tout à l'heure. Puis je regarde mon caddie plein de bouffe. Bouffe dégueulasse. Tout ce que je tente sert à rien, rien du tout... Un éclair de dégout me traverse le corps sans prévenir. Je balance le caddie par terre dans un élan de rage. Tout s’éparpille de partout, tout ce que je comptais acheter, comme les tripes d'un animal auquel on aurait ouvert le bide. Mon cri qui s’étouffe se transforme en sanglots. J'ai le vertige. Le rayon métallique me retient dans ma chute en laissant tomber sur le sol crade deux autres paquets de nourriture.

- NON ! CA VA... pas, ça... ça va pas du tout, non...

Je le regarde pas. J'ose pas le regarder.

- A quoi ça sert?... A quoi ça sert tout ça? Je peux pas... je...

J'arrive pas à articuler deux mots, putain je suis minable, si Léo me voyait. Je regarde autour de moi. Le bruit a du attirer l'attention d'un client, j'entends des pas qui se rapproche. Mais qu'est ce que ça peut me foutre? Qu'il vienne et que je lui re-balance mon chariot dans la gueule s'il me fait la moindre remarque. Mais est ce que j'aurai la force au moins?

A l'aide... A l'aide putain. Je me tiens la tête dans les mains en poussant un long soupir qui dure une éternité.

- Que ça s'arrête... Et toi ARRÊTE de me regarder comme ça ! Arrêtez... a.. arrêtez.
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#4le 15.01.19 23:08

Le muesli ou la mort | Bellius

    Ce qui est sûr, c'est que le garçon en face de lui n'était pas bien du tout.

    À peine Abel prononce-t-il quelques mots que le blondinet en face de lui se braque. Il le voit trembler, il le voit se crisper, pourtant il ne dit rien il ne bouge pas. Et il jette le panier qu'il tient en criant, alors que ses courses s'éparpillent par terre et que les yeux du vampire deviennent de plus en plus grands. Et l'incompréhension d'Abel commence à se muer en peine parce qu'il le reconnaît, ce regard. Il avait le même quand il était encore en vie. Le regard d'un garçon perdu, qui a juste du mal à s'en sortir et dont le cœur était rongé par des problèmes qu'il ne voulait confier à personne. Il entends sa voix qui est nouée de sanglots, sa voix qui hurle sa peine, une peine qu'Abel ne comprends pas et voudrait à tout prix comprendre. Il ne le connaît pas et pourtant, il a l'impression de se voir lui lorsqu'il était au plus mal. Et c'est pour ça qu'il voudrait l'aider, même s'il le prendrait sûrement pour un fou. Parce qu'ils n'étaient que d'illustres inconnus aux yeux de l'autre. Mais Abel faisait parfois preuve de tellement de gentillesse qu'il ne s'en rendait même pas compte, peu importe le nombre de fois où on avait dit que ça le perdrait un jour. Parce qu'à force de vouloir apporter son aide à n'importe qui, les choses finiraient par se retourner contre lui. Et pourtant... pourtant à ce moment précis il était hors de question pour lui d'abandonner un garçon dans un état pareil. Il avait l'air tellement mal, tellement désespéré. Et ça faisait mal à Abel.
    Il avait le cœur serré lorsqu'il s'approcha de lui. Il ne savait juste pas quoi lui dire. Mais il fallait qu'il éloigne toutes les personnes qui se trouvaient autour de lui, qui observaient le garçon avec des émotions qu'Abel n'arrivait pas à lire tant elles différaient de visages en visages. Bordel, mais ils ne voyaient pas son état ? Le regardait comme ça n'allait jamais l'aider. Le vampire poussa un long soupir, et, en haussant les épaules, il tourna un regard noir à l'intention de chaque client de ce magasin, excepté le garçon. Il se mit à grogner.

-Circulez, commença-t-il. Y'a rien à voir, abrutis que vous êtes, vous vous rendez pas compte qu'il est mal à l'aise ? Vous allez jamais l'aider à le regarder comme ça.

    Et même si la manière de s'exprimer d'Abel éveille l'animosité des autres, personne ne lui dit rien. Ça suffit à les faire partir. Ils s'éloignent, un par un, reprenant leurs affaires comme si de rien était. Laissant seuls Abel et le jeune homme. Au physique de ce dernier, Abel aurait dit qu'il avait dix-sept ans. Et c'est sans doute ce que le blond allait penser en regardant le vampire, qu'il avait dix-sept ans lui aussi. Parce que c'est vrai, c'est l'âge auquel il était mort. Il devait avoir quel âge maintenant, Abel ? Vingt-et-un, vingt-deux ? Il ne savait même pas. Parce que depuis qu'il était passé de l'autre côté, il ne comptait plus. Mais ça n'avait pas d'importance. Il s'approcha de l'adolescent avant de poser ses mains sur ses épaules, d'un geste qui se voulait doux et rassurant. Il le regardait avec un sourire léger mais gorgé d'une immense sincérité. C'était rare de voir Abel sourire aussi gentiment. Son cœur était toujours aussi serré. S'il n'avait pas peur de mettre en colère le garçon, le vampire l'aurait sans doute déjà prit dans ses bras. Mais c'était le meilleur moyen pour qu'il le prenne pour un fou.

-Commence par te calmer, murmura-t-il. C'est pas bon de te mettre dans cet état.

    Il se trouvait tellement maladroit. Parce qu'il n'était tellement pas doué pour réconforter les gens qu'il avait peur que le moindre de ses mots ne se transforme en un coup aussi tranchant et douloureux qu'une lame qu'on enfoncerait et remuerait dans la peau. Parce que quand il avait essayé de réconforter Éloïse, elle lui avait hurlé qu'elle ne voudrait plus jamais le voir.

-Tu voudrais pas prendre l'air un peu ? Je sais qu'il fait froid à l'extérieur, c'est pas forcément agréable mais... ça te fera p'tet du bien. Ah et, attends-moi deux secondes.

    En s'assurant qu'il ne bougeait pas, Abel se rendit à l'accueil en récupérant le paquet de Muesli. C'était bien l'une des rares nourritures intactes et appétissantes qui restaient dans le magasin, qui lui était pourri au point qu'il donnait l'impression qu'il pouvait s'effondrer n'importe quand. Alors, quand il eut acheté le paquet, Abel revint le tendre au garçon. Tout chez lui montrait que son comportement était honnête, qu'il n'avait pas la moindre mauvaise intention et qu'il voulait juste lui apporter son aide.

-Tiens, prends-le. T'embête pas à le payer c'est moi qui m'en occupe. C'est d'jà fait.
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