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#1 le 23.09.15 1:11

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can i have some ?
POUF! Un nuage rose pailleté explose soudainement sur le pont, embrouillant une dizaine de passants qui ont le malheur d'être là, pile en-dessous de toi. Tu éclates de rire, découvrant tes pauvres victimes devenues entièrement roses et brillant comme neige au soleil. Et tu t'envoles haut dans le ciel, loin de leurs complaintes, trop amères, trop acides. Doucement, le vent t'emporte, et tu te laisses faire, bercée par les courants. Tu vogues sur les nuages et perturbes le vol des oiseaux solitaires. Un doux sourire aux lèvres, tu te laisses tomber jusqu'à la rivière, remontes de justesse, frôlant l'eau de tes doigts. Tu accélères, les mains surfant sur l'eau, tu troubles la paix des poissons qui nagent juste sous la surface. Les grelots accrochés à ton poignet et à ta cheville tintent clair, te donnant des airs de lutin espiègle. Rien ne semble pouvoir t'arrêter, tu gonfles tes poumons d'air et de liberté. Un cri enthousiaste s'échappe de ta gorge alors que tu t'amuses à faire des boucles dans les airs.

En vérité, une seule chose peut t'arrêter, celle-là même qui te fige dans le ciel, humant l'air, curieuse, intriguée. Tu sens. Tu sais. Un regard inquisiteur sur les badauds qui se promènent sur les rives, tu cherches et tu guettes. Et finalement, au bout de quelques minutes d'observation à peine, un sourire en coin s'affiche sur ton visage. Tu l'as repéré, et de loin. En même temps, il n'y a rien de plus facile, surtout pour toi. Voletant tranquillement, tu prends de la hauteur et te caches dans les rares nuages qui se promènent à cette altitude. Furtivement, tu te rapproches et te places juste au-dessus, tel un rapace faisant des cercles autour de sa proie, attendant le bon moment pour fondre sur cette dernière. Et le moment arrive. Tout en légèreté, tu te laisses tomber vers le sol, seuls tes grelots semblent contrarier ton approche silencieuse. Tu as tout calculé, tu as l'habitude depuis le temps. Sans crier gare - sauf peut-être un léger tintement - tu te glisses sur les épaules du géant, accompagnée d'un tout aussi gigantesque « BOUUUUH! », tout sourire.

T'as passé l'âge d'être sur les épaules de quelqu'un comme ça, t'es trop grande, mais tu t'en moques. On dit aussi d'Akuma qu'il est trop grand, et alors ? Il fait bien ce qu'il veut lui aussi. Ah ça, vous faites bien la paire tous les deux ! Appuyée sur le sommet de son crâne, tu joues l'innocente, comme tu sais si bien le faire. « Ça sent bon ! Dis Akuma, y en a pour moi ? ♥ » Un ton enfantin, qui ne lui laisse pratiquement pas le choix. Tu le vois bien à présent, son doggy bag, tu l'as senti de loin. Il doit revenir du monde des vivants pour trimbaler ça avec lui. Tu te demandes de quel pays il vient. Était-ce en Europe ? Ou en Asie ? Peut-être en Amérique. Tu secoues la tête. Non. En fait, tu t'en fiches, tu sais juste que t'as faim - comme souvent, d'ailleurs - et qu'à l'odeur, ce qu'il y a dans ce sac doit être délicieusement bon ! Aller Akuma, dis ouiii !

(c) AMIANTE
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#2 le 23.09.15 20:15

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Maybe
Kiko ▽ It makes no difference to me what you leave behind, what you choose to be. And whatever they say : your soul's unbreakable.
Akuma remit en place le col de sa chemise blanche, puis sa veste noire mal rapiécée. Quelques humbles gouttes de sang souillaient les vêtements, à peine de quoi alarmer. Et c’est ainsi, son paquet en main, qu’il se rendit à Il Crepusculo. Le vampire ne revenait du monde des vivants jamais sans quelque chose à manger, aujourd’hui ne faisait exception aux autres jours. Un doggy bad entre ses doigts, encore chaud, il continuait lentement son chemin vers l’établissement de Candina.

Si son regard laissait supposer à une réflexion intense et morne, Akuma se rappelait surtout de la nourriture dévorée à New Delhi, dans le fameux restaurant Bukhara. La nourriture était bonne, pour autant aussi fade que tout repas qu’il avait mangé durant ce siècle dernier. Alors oui, le géant faisait d’un de ses objectifs fondamentaux la découverte d’une cuisine de choix qui éveillerait ses papilles. En attendant, il n’allait pas repartir sans son fameux doggy bag, toujours fumant.

Le vampire garda son autre main dans sa poche, jouant avec le petit colis pour la grande dame, pris en Italie la même semaine. Ces voyages incessants l’avaient fatigué, il était certes résistant, mais pas invincible. Ses yeux étaient creusés par la fatigue, et son dos légèrement courbé. Il pensa à son katana, chez lui, il lui manqua. Et comme son attention n’était pas à son apogée, il entendit le son de grelots au dernier moment et accusa doucement le choc. Ses yeux s’agrandirent à peine, il roula un tantinet des épaules pour mieux replacer l’oiseau qui l’avait désigné comme perchoir. Enfin, il était habitué maintenant, et ses yeux se levèrent doucement vers Kiko, sa chevelure verte, et son poids plume.

« Mh. »

Elle ne l’avait pas effrayé, elle s’en doutait, elle l’avait surprise tout du moins. Il s’exprima donc avec sa brièveté légendaire à sa question qui souhaitait une réponse positive. On s’habituait aux demandes de la gamine, et au moins… Elle lui demandait, à lui. A d’autres, il était prêt à parier qu’elle ne demandait pas la permission. Sa réaction équivalait à une réflexion, partager, ne pas partager… Choix cornélien pour le géant. Il haussa les épaules, faisant bouger la petite harpie qui y avait élu domicile. Les passants les regardaient, il n’en avait que faire. Il ajouta de son vieil accent grave et russe, et de sa divine lenteur :

« Dépend si toi être sage. »

Affirmation qu’il savait bien fausse, et il l’espérait. Kiko égayait bien ses journées, d’ailleurs, quelles conneries avait-elle fait cette semaine, en son absence ? Il demanderait bien un résumé. En attendant, tout en s’orientant vers un banc, il ouvrit le doggy bag, et qu’importe ses mots, lui fila un morceau. C’était la spécialité du restaurant : on pouvait manger avec les doigts. Il finit par s’asseoir, la gardant sur les épaules aussi naturellement que s’il portait un chapeau, et avala lui-même un morceau, la mine toujours aussi morne. Entendre la voix familière de Kiko lui ferait un peu de bien.

Ah. Il omit ostensiblement l’idée de lui dire que la bouffe était très épicée. Un peu sadique ? Seulement d'un zeste.
(c) AMIANTE