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#1 le 16.09.15 20:51

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Ren se pose sur un banc. Il regarde fixement l'enclos d'en face, grosse motivation dans ses yeux. La créature enfermée ressemble à un bison, une vache préhistorique tout ce qu'il y a de plus banal. L'animal a un regard livide, morose; il respire la joie de vivre, presque autant que l'homme trop occupé à le fixer. On lui a vaguement parlé de l'endroit, qu'il pourrait y voir des monstres extraordinaires, disparus depuis des lustres.. En soi, ce n'était pas un mensonge. Il a vu ses monstres, et puis il a perdu toute sa motivation. Il a commencé à errer dans les allées, à jeter un ou deux coups d’œils dans les enclos, puis à réfléchir à ce qu'il pouvait bien foutre ici.

Et voila l'ennui. Ren décide de mettre les voiles vers l'enclos du mammouth, l'ancêtre des éléphants à ce qu'il parait. Il se dit qu'il pourra y trouver de la satisfaction, s'amuser au moins un peu. La blague ! Le ciel est gris, le temps peu agréable et la marche trop fatigante. Et pourtant, pas question de filer sans avoir vu tout ce qu'il y a à voir. Les animaux devront se contenter de ses airs de mort-vivant. Et puis le voila devant l'enclos. Il y a un peu plus de monde que tout à l'heure, mais pas des masses. Le temps est pluvieux, les gens ne sortent pas. Pas étonnant, il ne serait pas sorti s'il avait eu des choses à faire. Inexorablement las, Ren se penche vers la cage du mastodonte.


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#2 le 17.09.15 14:53

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Est-ce que les animaux ont une espérance de vie supérieure à l'être humain dans ce monde-là ? Bien des hommes sont tombés en poussière après des siècles d'existences dans l'au-delà, alors que ses créatures sont toujours là, fièrement dressés sur leurs pattes. Pourtant, l'homme règne encore. Ils étaient là depuis bien plus longtemps que nous, et nous avons encore pris possession de ces lieux, nous les avons mis en cage, nous les avons soumis à l'homme et réduit à de vulgaires bêtes de foires. Et ce sont pour ses bêtes de foires qu'il est venu là. Je ne vaux pas mieux que les autres.

Est-ce que l'évolution de ce monde a été la même que celui des vivants ? Comment tout cela a-t-il évolué ? J'aurais tant voulu le savoir, le voir de mes propres yeux.. Fixant l'étrange animal, sa tête se pencha légèrement sur le côté. C'était la première fois qu'il venait ici, la première fois qu'il avait osé venir, qu'il avait tout simplement eu le courage. Peut-être n'en avait-il pas l'air, mais une curiosité naissante, une avidité sans faille et une joie de voir tant de choses si belles et étrange les unes des autres, il avait l'impression d'avoir quitté cette île, il avait tout simplement retrouvé une certaine joie d'apprendre.

Mais ses nouvelles choses lui apportaient d'avantage de questions. Questions qu'il ne posera pas, qu'il gardera tout simplement pour lui, une fois de plus. Ses pas reprirent leur lente marche parmi les quelques visiteurs. Le beau temps n'était pas au rendez-vous et l'humidité relevai des odeurs désagréables si ont s'attardait trop dessus. Enfouissant les mains aux fonds des poches de sa veste sombre, ses pieds le menèrent à un tout autre enclos. Un instant figé, il eut un mouvement de recule à la vu d'immense créature qui le fit sentir bien plus petit qu'il ne l'était déjà.

Même dans l'au-delà, ses créatures auraient du disparaitre, pourtant elles se tenaient là, devant notre petit bonhomme. Elles étaient si impressionnantes. J'avais lu quelque part, que les mammouths étaient de lointains cousins des éléphants, et non leurs ancêtres. Pourtant, ils se ressemblent tant. Comme si les pachydermes de notre temps évoluaient en but de ressembler à leurs soi-disant ancêtres. « Impressionnant. » Laissa-t-il échapper dans un souffle. Et sans s'en rendre vraiment compte, il sortit l'une de ses mains, la tendant vers l'une de ses créatures, doigts écartés. Il ne la touchera pas, il le savait, pourtant, c'était un geste instinctif, une habitude.

Il aurait pu sourire, même si ce n'était qu'un faible rictus, il aurait pu retranscrire d'une simple expression le sentiment qui semblait vouloir naître au fond de sa poitrine. Mais quelque chose l'en empêchait. Un sentiment étrange, une certaine angoisse ? C'était idiot, mais il ne semblait pas être le seul à s'agiter. Le temps devenait de plus en plus mauvais, de plus en plus laid. Récupérant lentement sa main qui se rabaissa le long du corps du jeune homme, ce dernier releva les yeux aux ciels, les paupières papillonnants doucement. « Il va toner ? »


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#3 le 18.09.15 21:26

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Ren constate la carrure du monstre, le clou du spectacle. Il s'étonne à s'étonner, se surprend à sourire. En chair et en os, il n'aurait pas pris la peine d'entrer dans un zoo : trop de travail, pas envie, trop mature.. puis le voila à changer ses sacro-saintes habitudes. Le mammouth fait son petit effet, il est gardé par une énorme clôture métallique, un peu dans le genre films de science-fiction. Dans l'ambiance théâtrale, il y aurait une panne de courant générale et.. Bam ! Les créatures les plus dangereuses en liberté. C'est le scénario cliché, la chose à laquelle on ne croit pas, surtout quand on est un businessman. Ren se redresse, il jette un œil autour de lui. L'endroit s'est un peu vidé, il ne reste plus que lui, un vieillard et un garçon, visiblement captivé par le mammifère géant.

En un instant, une petite gouttelette heurte son épaule dans un ploc provocateur : son visage se décompose, la mine raide, le teint blafard. Plus très rassuré, Ren décampe d'un pas pressé vers l'abri le plus proche, à quelques pas de la clôture. Le vieillard a filé, le garçon est toujours là. La bruine se transforme en averse, le genre de grosse averse qu'on se tape quand un typhon roule jovialement sur Tokyo. Pas serein du tout, Ren se pose lourdement sur le banc de l'abri; il regarde sa montre nerveusement, joue avec sa manche, se mord la lèvre inférieure. Un coup de tonnerre fend le ciel, puis un grondement quelques secondes plus tard : comme le karma ne fait jamais les choses à moitié, l'orage est juste au-dessus de lui. La foudre ne le dérange pas en soi, c'est surtout ce qui vient avec qui lui fout les jetons.

«Évidemment, j'ai laissé le parapluie à l’appartement.»



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#4 le 26.09.15 12:44

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Le ciel se couvrait petit à petit de sombres nuages épais, étalés sur le tapis pâle qui surplombait la ville de sa prestance. Le temps devenait mauvais, il devenait laid, c'était agaçant. Un long frisson désagréable remontait le long de l'échine du jeune homme. Les paupières papillonnantes, quelques gouttes vinrent rapidement perler son visage, continuant leur petit bonhomme de chemin le long de ses joues. Un temps de réaction, et il fit demi-tour sur ses talons lorsque la pluie assailli le zoo, allant rapidement se protéger sous l'abri le plus proche de l'enclos des immenses créatures. Un regard inquiet, des sourcils légèrement froncés. Il n'aimait pas ce temps, du moins, pas dans un tel lieux, pas quand il était prit au piège de la sorte, et ce, pour une durée indéterminée.

Plongeant à nouveau ses mains aux fonds des poches de sa sombre veste, il tortura le tissu intérieur de celle-ci. Les mirettes levées vers le ciel, regardant ce dernier se fendre en deux d'un blanc éclatant, il ne pu retenir un soupire agacé avant de balayer les lieux du regard. C'était vide, il n'y avait que quelques employés du parc qui couraient ici et là, sans doute pour finir au plus vite leurs besognes. Se retournant vers l'homme qui avait aussi - et sans doute - fuit l'averse, le jeune garçon se posa sur le banc au côté de l'inconnu en laissant échapper un énième soupire. Glissant ses mains sous ses fesses après les avoir ressorte de leur cachette. « Évidemment, j'ai laissé le parapluie à l'appartement. » Lui aussi n'avait pas pensé avoir affaire avec ce mauvais temps.

« Je ne suis même pas sûr d'avoir tout simplement un parapluie. Répondit-il comme pour lui-même dans un rapide haussement de sourcils, tandis que l'une de ses jambes fit de soubresauts d'impatience sur elle-même, il reprit la parole dans un murmure. Je n'aime pas ça, vraiment. Je n'aime pas ça. » Cependant ce n'était pas la pluie qui le dérangeait et encore moins les orages qui avaient l'habitude de le bercer ou de l'accompagner lors de ses supplices. Mais les créatures derrières leurs barrières semblaient s'agiter elles aussi, ce qui ne rassura pas plus le jeune garçon. Relevant les yeux vers le jeune homme à ses côtés, il le détailla rapidement avant de détourner le regard, les joues légèrement gonflés.