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Terminé #1 le 29.07.18 19:24
Tournant au détour d'un couloir, manquant de peu de se cogner contre quelqu'un, Eden avançait calmement, pour ne pas dire lentement, dans l'enceinte de l'agence Azazel. Il devait tourner en rond depuis bien vingt bonnes minutes à présent, surprit de ne trouver aucun panneau pour lui indiquer les différentes pièces du bâtiment. Mais bon, à quoi bon maintenant, après tout il n'était même plus certain de se souvenir pourquoi il s'était rendu ici. Sûrement une histoire de papiers... Enfin, peut-être.
Perdu dans ses pensées, il ne reprit réellement ses esprits qu'une fois face à une vieille porte en bois à l'allure délabrée. Elle avait l'air d'une vieille porte de cage d'escalier où on séquestre les gens dans les films d'horreur et, peut-être était-il un peu fou, mais il l'ouvrit sans même chercher à comprendre ce qu'il pourrait y avoir de l'autre côté. De toute façon, il n'avait qu'une seule réelle façon de le savoir, et c'était exactement ce qu'il était en train de faire.

Il se retrouva nez à nez avec peut-être sept ou huit personnes, toutes installées en cercle au centre de la pièce sombre qui n'était remplie que de chaises et de personnes qui lui semblaient vraiment... Étranges. Toutes s'étaient tournées vers lui avec des regards livides et le jeune lémure eut l'impression d'avoir interrompu la séance de spiritisme d'une obscure secte dont il ne voulait même pas connaître l'identité.
Il s'apprêtait à refermer la porte sans demander son reste lorsqu'une femme aux cheveux noirs, dont les racines étaient pourtant visiblement grises, se leva et s'élança à toute vitesse vers lui, l'air presque désespérée.

« Bonjour, qui êtes-vous ? Votre venue était prévue ? Je m'excuse, j'ai dû oublier de l'inscrire dans le registre, quel est votre nom ? »

Sans même qu'il n'ait le temps de répondre, le jeune homme aux cheveux blonds s'était fait traîner au centre de la salle seulement éclairée par une simple ampoule pendant au plafond. Il craignait d'ailleurs que celle-ci ne lui explose au-dessus de la tête à tout moment. L'ensemble des personnes présentes semblaient attendre qu'il parle, leurs regards rivés sur lui alors qu'il se tenait droit comme un piquet. Mais bon sang, dans quelle galère venait-il de se mettre...

« Eden... Répondit-il simplement dans un souffle presque inaudible. »

Ainsi, celle qui l'avait tiré dans la pièce lui intima finalement d'un signe de la tête de prendre place sur une chaise à sa gauche. Eden hésita un moment, peut-être un peu trop longtemps puisqu'il se sentit presque bête de se tenir debout au milieu de la salle, avant de finalement accéder à la requête de la femme et de s'asseoir. Pas la peine de préciser que la chaise sur laquelle il avait posé son derrière avait autant grincé que la porte par laquelle il était entré. Il hésita presque à prendre appui sur ses jambes, dans la position de la chaise, de peur qu'elle ne cède sous lui.
Il n'avait même pas l'envie de regarder les gens autour de lui, fixant désespérément la porte comme s'il s'attendait à ce que quelqu'un vienne mettre un terme à cette étrange rencontre.

« Bien, afin que notre nouvel arrivant Eden puisse un peu mieux se sentir ici, nous allons tous l'accueillir dans notre groupe de communication. Ainsi, s'il désire échanger, nous parler d'une chose, peu importe ce dont il s'agit, sa prise de parole sera accueillie avec plaisir. »

Sur ces mots, de ce qui semblait être la fameuse organisatrice de ce groupe de discussion ou il ne savait trop quoi, tous les regards se posèrent de nouveau sur le lémure, attendant certain qu'il prenne de nouveau la parole. Chose qui ne vint évidemment pas, à présent qu'il fixait encore plus obstinément la porte de sortie.
A présent, il n'avait plus qu'un mot à l'esprit, et il entendait celui-ci tellement fort qu'il se demanda même, à un instant, s'il ne l'avait pas prononcé à voix haute : Pitié...
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Terminé #2 le 29.07.18 23:13
Réunion des Associables Anonymes
Eden & Cambridge & Sharon

« And if the birds are just all the words flying along, singing a song, what would they do ? If they just knew what they could do.  »
Sharon pesta et envoya voler son verre contre le mur. Elle était pénalisée ! Ils croyaient quoi? Quelle avait douze ans? Qu'ils pouvaient la punir d'un claquement de doigt? La jolie brune enrageait. Oui, elle avait eût une petite altercation dans un bar. Oui, elle avait cogné sur un homme. Mais rien de bien méchant ! D'après eux, sa victime s'était retrouvé "avec de grosses séquelles psychiques". C'était lui qui avait cherché après tout : il avait quand même essayé de voler sa bouteille ! Et soit disant que c'était un serveur, qu'il n'avait pas vu que la bouteille était pleine et qu'il n'avait rien demandé. Blablabla, ironisa Sharon. Elle savait que c'était un complot que les hommes avaient menés contre elle. Néanmoins, les Mangemorts avaient été formels : plus de bar tant qu'elle ne suivrait pas une thérapie. Ils lui avaient donné une adresse avec un horaire et un papier à remettre au meneur du groupe de soutien. La jolie brune ne voulait pas obéir mais elle n'avait pas trop le choix. Elle envoya valser le contenu de son bureau d'un coup de griffe rageur. "Saloperie de mâle !"

Le jour de sa thérapie était arrivé et Sharon avait emmené un vieil ami avec elle : un bon whisky de 1912. Ayant bu la moitié sur la route, la jeune femme n'était pas sûre du chemin à prendre. Néanmoins elle était déterminée : plus vite ce serait fait, moins ce serait pénible. Elle avait détaché ses longs cheveux noirs qui masquaient quelque peu son visage. Son bandana étant taché de sang, elle avait préféré ne pas le prendre et donc laisser ses crocs à découverts. Tant pis pour les bonnes impressions. Soudain, une vieille porte en bois lui barra la route. Aucune indication, aucun panneau. Persuadée que ce n'était pas le bon endroit et que la porte serait verrouillée, Sharon donna un violent coup d'épaule dans cette dernière. A sa grande surprise la porte céda et la jeune femme se précipita en avant dans un grand fracas, faisant tomber sa précieuse bouteille au passage. Celle-ci s'était brisée et répandait son précieux liquide sur le sol poussiéreux.

-Bordel de merde !  

C'était à ce moment là, et pas avant, que Sharon remarqua la mine choquée d'une dizaine de personnes. Pensant que l'alcool lui jouait des tours, la jeune femme cligna plusieurs fois des yeux. Des femmes et des hommes étaient assis en cercle sur des chaises miteuses, faiblement éclairés par une ampoule en fin de vie. Un peu en retrait du groupe, une vieille femme s'avança vers elle mais la chimère fixa un autre point. Un jeune homme, blond, lui rappelait quelqu'un. Tandis que la femme à l'haleine fétide lui parlait, Sharon scrutait sa mémoire à la recherche d'un indice. Elle était pourtant persuadée de l'avoir déjà vu quelque part ! Sentant le regard insistant de la meneuse sur elle, la jeune femme trifouilla sans gêne dans son soutien gorge pour en sortir le papier que les Mangemorts lui avaient confié. Voyant que cette dernière acquiesçait en lisant ce dernier, la chimère sut qu'elle était au bon endroit. La tête haute mais non sans tituber, Sharon s'assit sur une des chaises en soulevant un nuage de poussière derrière elle. Cette réunion allait être comique. Très comique.
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Terminé #3 le 30.07.18 13:02
Réunion d'associables anonymes


Cambridge était arrivée dans les premiers.

En réalité, la jeune femme avait été la seconde. Il était tôt, il y avait un soleil resplendissant, et elle, elle se trouvait dans cet immeuble en mauvais état qui dégageait une odeur pour le moins désagréable. La porte en bois face à laquelle elle s’était trouvé semblait avoir été là depuis des siècles (ce qui n’était pas improbable, étant donné la longévité des morts.) Mais Cay était pour le moins déterminée à y aller : derrière ce passage se trouvait une réunion ultra-secrète à laquelle sa « colocataire », Vulpis, ou plutôt : la-personne-dont-elle-avait-vandalisé-l’appartement-et-établi-que-désormais-il-s’agissait-de-son-squat lui avait évoqué le sujet en surface et dit de ne surtout pas y aller. La nécromancienne avait tant insisté sur ce fait que la rebelle fut obligée de s’y rendre. On aurait pu croire à l’expression du visage de celle-ci qu’elle avait été forcée de venir ici – et pourtant, vous n’imaginez pas à quel point elle en avait envie.


Oh, Cambridge... si tu savais comme tu allais déchanter …


La fantôme poussa doucement la porte en utilisant sa manche comme barrière au contact de celle-ci.  Lorsqu’elle entra, son regard examina la pièce sombre à une vitesse éclair. Même les chaises étaient en mauvais état !? Seule une petite lampe bien trop haute pour être atteinte éclairait cet endroit.
Son regard « croisa » celui d’un homme incroyablement grand, très musclé ET masqué. Il avait une tronçonneuse dans les mains. N’importe qui de sensé aurait fait demi tour, mais Cambridge n’était pas n’importe qui.
La spectre s’avança vers lui, bras croisés, tête haute, pour bien montrer qu’elle n’était pas intimidée. Lorsqu’elle se retrouva face à une distance raisonnable de l’homme Cay se devait de lever la tête pour le regarder.

« C’est ici pour le… truc ? Fit-elle de sa voix rauque. Il était vrai que Cambridge n’avait aucune réelle idée de ce qu’ils pouvaient faire en cet endroit.

Quelle ne fut pas sa surprise lorsque le géant répondit d’une voix incroyablement aiguë.

- Ah, tu parles de la réunion ? Oui… Ça va bientôt commencer. Alors toi aussi tu as des problèmes de communication ?

- Des problèmes de… communication ?

- Oui. Je sais bien que j’en ai pas l’air… Il fit rugir sa tronçonneuse.

- Oh, crois moi que si, fit-elle en couvrant sa bouche de son poing de façon à ce qu’il ne l’entende pas. Et donc i-... »

Ce fut à ce moment que quelqu’un entra. Une femme d’âge moyen, avec des cheveux noirs et des racines décolorées. Un grand sourire se dessina sur son visage lorsque ses prunelles se posèrent sur la séditieuse.

« Oh, Cambridge ! Nous t’attendions ! Installe toi, les autres ne vont pas tarder à arriver.

Ah. Merde. Voilà le plan : Faire comme si de rien était, et se barrer d’ici.

Elle venait enfin de comprendre. Vulpis, cette vile vicieuse manipulatrice avait déversé son venin. La jeune femme n’allait pas rester ici, évidemment. Cay se dirigea simplement vers la porte, quand la femme accouru pour faire barrière entre elle et la sortie, les bras tendu des deux côtés.

« Non ! Tu ne partiras pas, il faut libérer les énergies positives !

Cay tenta de l’ignorer et de la pousser pour reprendre son chemin, mais très vite, elle se retrouva à terre, un poids conséquent sur le dos. La spectre n’en cru pas ses yeux – la vieille femme lui avait fait une prise de Judo !? Celle-ci décida de riposter en mordant son bras. A défaut d’être forte, elle savait prendre ses ennemis par surprise.

«  Aaaah ! Cambridge, lâche moi !

Et ce fut à ce moment qu’elle reçut ce coup à l’arrière de son crâne, au niveau de l’occipital. Sa conscience s’envola, immédiatement assommée.




Quand Cambridge se réveilla, elle eut du mal à comprendre ce qu’il se passait. Elle entr’ouvra les yeux et aperçut de nouvelles personnes. Combien de temps s’était écoulé depuis tout à l’heure ? Encore dans les vapes, celle-ci fut brutalement sortie de cet état par un grand fracas. La porte avait été forcée par un mufle… Quoi qu’il en soit ce vacarme avait définitivement sorti l’endormie de cet état second. Lorsque Cay tenta de se lever pour partir de nouveau, elle s’aperçut que ses bras étaient attachés aux accoudoirs de la chaise.

Putain, mais…

« Très bien très bien, nous sommes tous réunis à présent ! Fit la dangereuse femme. Comme une graaaaande et belle famille. Elle parlait avec de grands gestes – on aurait dit de la danse contemporaine. Aujourd’hui, nous n’accueillons pas un… mais troaaaa nouveaux arrivants ! Chacun de ses mots étaient expirés. C’était très perturbant, et peu odoriférant.

Personne ne parla. Une atmosphère plutôt gênante régnait.

« Bien… Nous sommes ici pour régler vos problèmes de coooommunication. Personne ne sortira d’ici tant que nous n’avons fait aucun progrès, entendu ?

Son regard se posa sur Cambridge qui renfrogna son visage avec un soupir agacé.

« Étant donné que nous avons de nouveaux amis, laissons les se présenter.  Parlez nous donc de vos motivations, cette passion qui anime tant les morts… De vous ! Qui veut commencer ?

Personne ne répondit. Un grand silence s’abattit sur la salle. La meneuse du groupe se tourna vers celle qu’elle avait séquestré.

« Je m’appelle Allez-vous-faire-foutre-et-laissez-moi-sortir-d’ici.

Un petit sourire se dessina sur le visage de l’instigatrice de ce complot.

« Quelqu’un d’autre ? Lança t-elle avec un grand sourire.
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Terminé #4 le 30.07.18 18:27
L'organisation de cet événement en lui-même était un véritable sketch. Sans rire, absolument rien ne semblait sérieux dans cette pièce, pas même la dirigeante qui avait littéralement l'air de planer à dix mille lieux de ça. Une véritable blague, oui.
Et ce n'était pas l'entrée fracassante d'une nouvelle arrivante qui lui avait fait changer d'avis. Loin de là. Était-il possible d'ouvrir une porte avec aussi peu de délicatesse ? Enfin, si on pouvait appeler ça "ouvrir"... Même lui, qui avait un IMC tout à fait correct pour sa taille, n'avait pas été si violent. La porte avait-elle été aussi résistante que ça, pour qu'elle en vienne à devoir l'enfoncer ? Il espérait que ce n'était quand même pas parce l'organisatrice du groupe de soutien, qui ne semblait pas être totalement saine d'esprit, les avait littéralement séquestrés à double-tours dans cette vieille salle miteuse. Bien que n'étant pas très actif de base, il n'avait tout de même pas tellement envie de prendre la poussière comme les chaises dans la pièce...

La bouteille qui s'était fracassée sur le sol en même temps que la jeune femme, laissait à présent planer une odeur dans la salle, tandis que les débris de verre jonchaient encore le sol, au milieu du liquide. Le lémure n'était pas certain de pouvoir trouver une serpillière pour essuyer la flaque, mais il ramasserait très certainement les morceaux de verre à la fin de cette -il l'espérait- courte réunion, afin d'être certain que personne ne se fasse mal avec. Manquerait plus que quelqu'un glisse dans l'alcool et se plante un morceau de verre dans les fesses !
Bien que son visage n'ait exprimé aucune réellement émotion, Eden fut surpris de constater que la dernière membre du groupe de soutien n'était nulle autre que sa colocataire Sharon. Tokyo était une ville aussi petite que ça pour qu'ils se croisent même ici, et accidentellement en plus de ça ? Néanmoins, sa présence le rassura presque, au moins il n'était pas au milieu d'une bande d'inconnus qui lui paraissaient tous plus fous les uns que les autres.

Il n'eut pourtant pas l'occasion de s'attarder plus longtemps que ça sur cette dernière étant donné que la femme d'âge avancé avait pris de nouveau la parole, annonçant le programme du jour ainsi que la nécessite de faire des progrès, faute de quoi ils seraient tous coincés ici. En un sens, n'était-ce pas une forme de prise d'otage ? Devrait-il essayer de contacter la sécurité ? Au vu de son gabarit par rapport à la bonne femme, il devrait pouvoir facilement s'échapper d'ici mais elle ne lui paraissait pas agressive.
Enfin, ça c'est ce que le blond pensait avant de voir une jeune femme littéralement ligotée prendre la parole, et sur un ton plutôt fleurissant en plus de ça. Qu'avait-elle bien pu faire pour être attachée de la sorte ? Effectivement elle ne paraissait pas très commode, et il se demandait même si une personne approchant sa main d'elle pourrait se faire mordre, mais tout de même, attacher quelqu'un contre son gré... Par contre, il devait avouer être vivement intéressé par la couleur des cheveux de cette dernière. Un violet vif, couleur pour laquelle il se trouvait une soudaine étrange fascination, celle-ci sortant du lot. Enfin, il pouvait parler avec ses cheveux blonds, naturels en plus de ça, qui lui avaient d'ailleurs valu bon nombre de lourds regards, même de son vivant.

Eden ne réagit pas quand l'instigatrice de la réunion demanda à quelqu'un de prendre la parole, ne se sentant pas le moins du monde concerné. Il se contenta simplement de croiser les bras contre son torse, penchant légèrement la tête en avant alors qu'il fermait les yeux. N'ayant pas l'intention de prendre part à toute cette masquerade, autant utiliser ce temps libre pour se faire une petite sieste étant donné qu'il était coincé ici.

« Sharon, nous t'avons vu entrer ici avec une boisson alcoolisée, sais-tu que consommer ce genre de choses est très mauvais pour toi ? Il faut purifier ton corps et ton esprit. Reprit la vieille femme en mimant de grandes inspirations afin de lui montrer l'exemple de la pureté, en sa personne. Souhaiterais-tu également que je t'inscrive au programme qui vient en aide aux personnes ayant une dépendance à l'alcool ? Mon collègue s'occuperait certainement très bien de toi, les réunions auraient lieu le mercredi après-midi. »

Sans même attendre de réponse, la bonne femme s'était lancée dans des idées toutes plus farfelues que les autres, prête à inscrire tout le monde à ce cours pour alcooliques anonymes afin d'apporter son soutien à la jeune femme. Le lémure redoutait presque le moment où quelqu'un se jetterait sur elle afin de l'empêcher de dire quoi que ce soit de plus.
Si une telle chose devait arriver alors... Il serait certainement un piètre témoin, bien trop occupé à essayer de dormir au milieu de tout ça.
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Terminé #5 le 30.07.18 20:52
Réunion des Associables Anonymes
Eden & Cambridge & Sharon

« And if the birds are just all the words flying along, singing a song, what would they do ? If they just knew what they could do.  »
Sharon avait l'impression d'être tombée chez les fous. Pendant un instant, elle se remit en question. Était-elle habitée par la même folie qui résidait en chacun d'eux? A sa gauche, se tenait un homme d'une taille impressionnante et au visage masqué, qui caressait doucement la tronçonneuse posée sur ses genoux. Une nouvelle fois, elle crut que l'alcool lui jouait des tours et se rongea anxieusement les griffes. Non loin de là, se trouvait une fillette blonde qui était prise régulièrement de soubresauts et qui dévorait une mèche de ses cheveux avec avidité. Personne ne parlait, à l’exception de la vielle dame aux racines grisonnantes.

- Très bien très bien, nous sommes tous réunis à présent ! Comme une graaaaande et belle famille. Aujourd’hui, nous n’accueillons pas un… mais troaaaa nouveaux arrivants !

Elle accompagna ses paroles avec de grands gestes ridicules. Au passage, la chimère remarqua une marque de morsure toute fraîche sur l'un des bras charnus de la meneuse. Mais qui avait oser coller ses dents sur la peau de cette vieille chouette? Un frisson de dégoût parcouru la fantôme. Sharon avait l'impression de se retrouver au milieu d'une mauvaise pièce de théâtre. Cette réunion ressemblait à beaucoup de choses comme un asile ou une prison, mais sûrement pas à une famille. Ou alors ils n'avaient pas eût la même enfance. La voix sifflotante de la vieille femme reprit de plus belle.

- Bien… Nous sommes ici pour régler vos problèmes de coooommunication. Personne ne sortira d’ici tant que nous n’avons fait aucun progrès, entendu ?

Cette dernière coula un regard vitreux vers un des membres que Sharon n'avait pas encore remarqué tant la lumière était mauvaise. Une jeune femme à la chevelure violette était menottée à sa propre chaise, et était, très certainement, ravie de se trouver parmi eux. La jeune chimère aimait bien sa coiffure même si elle était un poil trop rebelle pour elle. Mais elle adhérait à la cause. Le jeune homme blond qu'elle avait vu en rentrant fixait lui aussi l'intéressée, semblant perdu dans ses pensées. C'était fou, elle était vraiment persuadée de le connaitre mais impossible de mettre un nom sur ce visage. Pourtant elle l'avait sur le bout de la langue...

- Étant donné que nous avons de nouveaux amis, laissons les se présenter.  Parlez nous donc de vos motivations, cette passion qui anime tant les morts… De vous ! Qui veut commencer ?

"Merde !" pesta la jeune chimère. La vieille folle l'avait coupé dans ses pensées pile au moment où elle allait retrouver ce fichu nom. De plus, Sharon trouvait cette question complètement débile. Ce groupe était là pour séquestrer des gens et les forcer à parler contre leur gré. Evidemment que personne ne voulait commencer ! Mais la meneuse, déterminée à leur arracher quelques mots, fixait la femme attachée. La fillette blonde mâchât encore plus vigoureusement sa mèche de cheveux, comme stressée par la réponse qui allait suivre. Mais les bruits de mastication de cette dernière commençait à taper sur le système de Sharon, et elle accrocha ses griffes aux accoudoirs, évitant ainsi à la jeune lionne de lui arracher les quelques cheveux restant.

- Je m’appelle Allez-vous-faire-foutre-et-laissez-moi-sortir-d’ici.

La réponse de la jeune femme détendit visiblement Sharon, qui laissa un petit rire d'alcoolique lui échapper. Finalement, elle l'aimait vraiment bien celle-là. Cette dernière, fière d'elle, affichait un air méprisant. Dans les mêmes circonstances, la jeune chimère aurait sûrement réagit de la même manière. Sauf qu'en ce moment même, elle était libre et bourrée. Ce qui, normalement, faisait descendre son taux d'agressivité. Mais les membres de cette réunion semblaient vouloir mettre ses nerfs à rude épreuve et elle secoua la tête pour chasser ses idées de meurtres. Comme pour illustrer ses pensées, l'homme masqué à sa gauche se remit à caresser sa tronçonneuse tout en lui murmurant des mots doux.

- Quelqu’un d’autre ?

La vieille femme ne se démonta pas et arborait même un grand sourire. "Elle perd pas le nord celle-là..." marmonna Sharon pour elle même. En vérité elle ne savait pas ce qui la choquait le plus chez cette femme. Sa peau pendant mollement sur ses bras et ses jambes ou son haleine irrespirable. Quoique ses cheveux de pailles rivalisaient très bien aussi. La lèvre supérieure de la jolie brune se redressa en une mimique de dégoût. Son voisin de droite croisa les bras et ferma les paupières en signe de repos. Allait-il vraiment s'endormir là, maintenant? Sharon le fixa intensément, cette impression de déja-vu la hantant une nouvelle fois. Et lorsque la vieille femme radota encore, la jeune chimère ne prit pas la peine de l'écouter, trop concentré sur le visage du jeune homme. Oui. Elle l'avait déjà vu dans un appartement... A une fête sans doute? Non c'était autre chose... Soudain, elle le vit à côté d'un choux à la crème et son esprit s'illumina.

-Mais ouiii ! T'es mon putain de coloc ! Eddard ou un truc comme ça... non?  

Quoi? Qu'est ce qu'elle avait dit? Pourquoi tout le monde la dévisageait comme ça? La vieille meneuse hochait même la tête, les yeux plissés, comme si elle cherchait à analyser son comportement. Sharon avait l'impression que chaque regard était braqué sur elle, comme en attente, et elle fulmina. Qu'est ce qu'ils pouvaient bien tous lui vouloir? Par un moment de faiblesse, elle regarda la porte de sortie qui semblait l'appeler. A la place de ça, ses yeux se posèrent sur les vestiges de sa bouteille et l'émotion la gagna. Un si bon whisky de 1912... pensa-t-elle avec tristesse. Sa tête tournait de plus en plus et l'haleine fétide de la meneuse lui monta au cerveau. C'est alors qu'elle eut un haut le coeur et se tourna vers sa gauche, à deux doigt de vomir toutes ses tripes. A ce moment là, elle sentit une grande main se poser sur son épaule. Sharon releva la tête, choquée, avant d'apercevoir l'homme cagoulé penché au-dessus d'elle.

-T'en fais pas ma belle, c'est le stress de parler en public. Moi aussi ça m'arrive.

... Hein? De quel droit osait-il poser sa grande patte sur elle? Au même moment, la fillette mastiqua intensément une autre mèche tout en la fixant. C'était trop pour elle. Oui elle avait fait l'effort de venir. Oui, même si elle était bourrée, elle s'était bien comportée. Oui si elle réagissait là, maintenant, elle risquait de ne plus jamais voir un bar de sa vie. Mais c'était au-dessus de ses forces. Un homme, inconnu d'autant plus, qui établissait un contact physique avec elle, sans son autorisation, voyez-vous... Ça avait le don de la mettre en rogne. "Enculé de mâle !" Folle de rage, la chimère prit la tronçonneuse des mains de son voisin pour venir l'écraser sur la tête de ce dernier dans un cri rageur. Le grand gaillard s'écroula à ses pieds tandis que la jeune femme respirait un grand coup. Une fois chose faite, elle se rassit sur sa piteuse chaise et croisa les jambes en feignant d'être détendue. Puis elle fixa la meneuse du groupe avec un sourire figé. "Je te jure que si tu dis quelque chose, t'es la prochaine vieille conne."
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Terminé #6 le 31.07.18 16:14
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Cette réunion était pour le moins étrange. Enfin, étrange n’était même plus le mot. Insolite et inexplicable conviendraient bien mieux pour qualifier les personnages présents dans cette assemblée. Cette rencontre singulière entre ces individus n’aurait jamais été possible dans un autre cadre – pour la plupart, ils n’avaient rien en commun.

C’est alors qu’un garçon blond qui se trouvait face à Cambridge posa les yeux sur elle, observant notamment sa chevelure. Tiens, elle ne l’avait même pas remarqué. Celle-ci le fixa en retour. Il ne s’attarda pas bien longtemps sur elle. C’était sûrement la personne la plus normale de cette assemblée, entre l’autre cinglé qu’elle avait croisé tout à l’heure – d’ailleurs, où était-il ? Ah, le voilà, en train de… caresser sa tronçonneuse ? Oui. Un véritable maboul visiblement. A côté de lui, la jolie barbare la zieutait également. C’était quoi ces échanges de regards ?

Aux yeux de Cambridge, cette nana semblait avoir un problème. Il s’agissait typiquement du genre de filles avec qui elle ne s’entendait pas dans la vie courante, car elle semblait doté d’un très fort caractère et était clairement énervée par les circonstances. Au vu de la situation et leur ennemi commun – la dangereuse hippie, il n’y avait pas matière à se battre. Et puis… N’était-ce qu’une impression, ou elle était vraiment bourrée ?!

Les yeux de la captive se posèrent ensuite sur cette fille aux cheveux dorés, qui… mangeait ses cheveux ? Nooon. C’en était trop. Mais qu’est-ce qu’elle faisait ici, bon sang !? Elle n’avait rien en commun avec cet ensemble de dégénérés. Dès qu’elle trouverait une échappatoire, elle s’en irait.

La vieille folle reprit la parole en parlant de problèmes d’alcool de « Sharon », voilà donc son prénom, et en plus, Cambridge avait raison – c’était une dangereuse alcoolique. Celle-ci ne sembla pas écouter la meneuse de cette « thérapie » (ou plutôt de cette torture, de ce supplice, tourment, punition, et tous les autres adjectifs péjoratifs que vous désirez), perdue dans ses pensées, en fixant le discret blondinet. Et c’est alors qu’elle hurla :

- Mais ouiii ! T'es mon putain de coloc ! Eddard ou un truc comme ça... non? 


Il s’agissait d’une révélation à ses yeux, apparemment, comme si elle cherchait la réponse depuis bien trop longtemps. Ses prunelles fixèrent la porte, puis semblèrent désirer la bouteille de whisky à terre.
Espèce d’alcoolo, pensa Cambridge. Elle ne le dit pas à voix haute car elle n’avait pas envie d’échanger avec ces gens. Tout ce qu’elle avait à faire, c’était attendre de pouvoir s’enfuir d’ici. Mais ça ne fut pas tout, le gentil maniaque armé posa sa main sur l’épaule de Sharon, à qui ça ne sembla pas plaire du tout. Le temps d’un hurlement elle arracha sa tronçonneuse et l’écrasa sur la tête du cinglé compréhensif.

Un silence s’abattit alors sur la salle.

The fuck?

L’agresseur se rassit et fit comme si de rien était, jambes croisées et sourire de psychopathe sur le visage. La meneuse du groupe sembla trembler. Elle observait l’alcoolique avec un regard qui faisait bien transparaître son état mental. Cette femme était sur le point de craquer. Elle n’avait de cesse de psalmodier « La paix dans le monde, la paix dans le monde, la paix dans le monde », à la manière d’une incantation pour se rassurer.

Cay ne put se retenir et explosa de rire, brisant le pesant silence qui régnait. Un rire sincère, cette situation était complètement dingue. Était-elle dans une autre dimension, ou alors dans un rêve ? Avait-elle consommé des substances hallucinogènes et en subissait maintenant les conséquences ? Tout ceci était tellement perché, et à la fois comique.

Apparemment, ce fut de trop pour la responsable de ce meeting aux allures de sketch. Elle se tourna comme une furie vers Cay, qui même elle, se tut au vu de son regard enragé.
La dame poussa un hurlement sinistre, et la petite aux cheveux blonds se mit à pleurer. En même temps, qu’est-ce qu’une gamine faisait dans un pareil lieu, hein ?

- MAIS QU’EST-CE QUI VA PAS CHEZ VOUS !? Fit-elle en la pointant du doigt. ET CHEZ VOUS !? ET VOUS !? ET VOUS !? ET VOUS !? Elle désignait les membres de ce cercle un à un. NOUS SOMMES JUSTE LA POUR DISCUTER… COMME DES AMIS ! MAIS BIEN ÉVIDEMMENT, VOUS N’AVEZ PAS D’AMIS, PARCE QUE VOUS ÊTES TOUS NULS POUR MAINTENIR UNE SIMPLE CONVERSATION, N’EST-CE PAS !?

Sa respiration était saccadée et ses mimiques, névrosées. Elle parlait vite, postillonnant chacun de ses mots.

- VOUS VOUS CROYEZ AU DESSUS DES RÈGLES !? Elle posa son regard sur Cay qui haussa les épaules.

- VOUS AVEZ UN PROBLÈME D’ALCOOL ET VOUS ETES TROP VIOLENTS !? Sa tête se tourna vers Sharon.

- OU VOUS RESTEZ COMPLÈTEMENT SILENCIEUX QUAND ON A BESOIN DE VOUS !? Ses yeux fous toisèrent le blondinet.

- NOUS SOMMES ICI POUR DISCUTER DE TOUT CA, VOUS SAVEZ… DE VOS PROBLÈMES ! ET LES RÉGLER ENSEMBLE…

L’instigatrice hoqueta à la fin de sa dernière phrase, prise d’un sanglot incontrôlable.

- Vous savez… (elle renifla bruyamment) mon mari m’a quittée il n’y a pas si longtemps… c’est difficile pour moi aussi…

Cambridge n’essayait plus de trouver un sens à ce qu’il se passait ici. Elle trouva juste les autres membres, ne sachant pas trop quoi faire. « Mais qu’est-ce qu’elle raconte, cette dingue ? » était sûrement ce qu’elle aurait voulu transmettre, si elle était télépathe. La spectre soupira. Autant ne pas prendre de gants.

« On s’en fout de vos problèmes. Personne n’a envie d’être ici.

La jeune femme pensa parler au nom de tous en disant ceci.  
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Terminé #7 le 31.07.18 19:59
Eden aurait aimé dire qu'il s'attendait évidemment à tout ce qui allait se passer au cours de cette étrange entrevue, qu'il savait que les gens ne lui prêteraient pas attention, qu'ils ne se souviendraient certainement pas de son prénom même après qu'il l'ait prononcé, et ça lui allait très bien. Mais s'il y avait bien une chose pour laquelle il n'était pas prêt, et il en avait eu la preuve même à l'instant, c'était la façon dont sa propre colocataire allait l'appeler. Eddard... Cheddar tant qu'elle y était ! Est-ce que c'était à cause de ses cheveux ? Ou alors il sentait le fromage ?! Sérieusement, le problème venait de lui ou d'elle ? S'il était invisible au point qu'on ne se souvienne même pas de son prénom, alors il allait prendre bien plus au sérieux ce groupe de soutien car, visiblement, il allait en avoir besoin.
Il n'eut pourtant pas le temps de se focaliser dessus qu'un nouveau drame semblait éclater. La main d'un homme louche posée sur la mauvaise personne et les conséquences ne se faisaient pas attendre. Il avait pensé Sharon peu commode, mais c'était bien plus que ça, l'idée de raser les murs lorsqu'ils se croiseraient dans l'appartement le prenant. Et puis, d'où sortait cette hache, et ce type bizarre était-il déjà là lorsqu'il était entré ? Il fallait vraiment qu'il fasse un peu plus attention aux gens qui l'entouraient.

Le blondinet voulait bien admettre son stoïcisme dans bon nombre de situations mais là, quand même, c'était le pompom ! Impossible pour lui de retenir la grimace qui se formait sur son visage face à toute cette agitation. Sérieusement, même lui qui n'était pas très avare de sport avait une violente envie de prendre ses jambes à son cou alors que sa colocataire agissait comme si rien ne s'était passé. Est-ce qu'il vivait vraiment avec ce genre de personne ? C'en était presque terrifiant. Il devrait verrouiller la porte de sa chambre au moment de se coucher même si ce ne serait certainement pas ça qui l'empêcherait de l'enfoncer.
La situation ne pouvait pas être d'avantage bizarre jusqu'à ce que la jeune femme à la chevelure améthyste ne se mette d'un coup à rire franchement. Sans doute que l'atmosphère serait devenue carrément glauque si son rire n'avait pas sonné aussi juste.

Enfin, ce moment fut de courte durée, la vieille femme hurlant soudainement, figeant tout le monde et arrachant carrément des pleurs à l'une des participantes à ce qu'il considérait presque comme une thérapie. Elle criait presque à en perdre la voix, des paroles qui paraissaient insensées mais qui n'étaient pourtant pas si loin de là vérité. Le blondinet s'était retrouvé ici par accident mais il était tout aussi incapable de maintenir une conversation normale que les autres personnes présentes. Il se contenta donc de garder le silence, comme il le faisait si souvent, attendant patiemment que l'orage ne se calme.
Le lémure ne daigna même pas adresser un regard à la femme lorsque ses paroles le visèrent directement, admettant la vérité sans mal. Bon, il n'était pas très bavard, mais il ne voyait pas en quoi c'était tant un problème que ça. De plus, au vu des autres personnes présentes dans la pièce, il n'était clairement pas le plus à plaindre ! Ainsi, il était plutôt reconnaissant que son cas ne soit pas tant désespéré que ça.

La meneuse du groupe évoqua finalement les raisons de sa crise, et Eden eut presque de la peine pour elle. Enfin, il en aurait eu si elle n'avait pas été aussi dingue, chose qui justifiait très certainement le départ de son mari. Au final, est-ce qu'ils étaient tous réellement là pour eux, et pas plutôt pour elle ? Genre, une espèce de thérapie où ils sont tous là pour l'écouter. C'était quand même sacrément déprimant.
La jeune femme aux cheveux violets prit de nouveau la parole et le regard du blondinet se posa sur elle, intrigué par l'honnêteté dont elle faisait preuve. Après tout, qui n'avait pas pensé tout bas ce qu'elle venait de prononcer tout haut ? Lui-même n'avait aucune réelle envie de rester ici.

Les paroles semblèrent toucher la vieille femme puisque ses yeux semblèrent se mettre à briller plus intensément, et le lémure souffla bruyamment. Manquait plus qu'elle se mette à pleurer, elle aussi, aussi gentil qu'il puisse être il n'avait pas envie d'assister à ça.

« Je crois que c'est moi qui ai besoin de parler, en réalité. Révéla la vieille femme en essuyant son nez coulant avec la manche de son vêtement. Puisqu'aucun de vous ne semble vouloir faire des efforts, c'est moi qui vais vous raconter mon histoire, vous parler un peu de ma vie, tout ça. Peut-être qu'après, vous aurez envie d'en faire de même. »

Effaré par ce retournement de situation -était-elle bipolaire ?!- Eden passa une main sur son front, se demandant encore combien de temps il allait devoir rester ici avant de pouvoir partir sans avoir l'air impoli. D'autant plus que cette femme semblait avoir beaucoup de choses à dire. Son récit ne faisait que commencer...

« Vous savez, lorsque je n'étais encore qu'une petite fille, j'avais les cheveux noirs corbeaux, on me surnommait d'ailleurs Boucles de Charbon en référence à Boucles d'Or, mais une version un peu plus carbonisée. Commença-t-elle avec un sourire nostalgique. C'est à peu près à cette époque que j'ai rencontré mon mari, vous savez, on s'est toujours connu, sa famille élevait des vaches dans la maison voisine alors que nous n'étions encore que des enfants insouciants... »

Le blondinet serrait d'avance les dents, appréhendant le moment où elle se mettrait à pleurer en repensant à l'homme qui avait été assez fou pour l'aimer, se rendant compte qu'elle avait perdu la seule personne qui avait peut-être un jour été capable de la supporter.
Il posa les yeux sur sa colocataire, se demandant si elle aurait autant de patience que lui dans une telle situation ou s'il ferait mieux de se reculer afin d'éviter un coup perdu lorsqu'elle se jetterait sur la meneuse du groupe. Peu désireux de s'attirer les foudres de Sharon en la regardant un peu trop longtemps, il reporta son attention sur la jeune fille assise face à lui, son regard se perdant de nouveau dans sa chevelure violette. Quelle couleur fascinante... Quelqu'un ne devrait pas défaire ses liens ? Il avait presque peur qu'on ne l'oublie en partant et qu'elle finisse comme l'une de ses vieilles chaises sur lesquelles ils étaient assis.

Pour toute réponse, il se contenta de soupirer de nouveau, baissant la tête afin d'observer le sol, toujours plus intéressant que le discours de l'autre bonne femme. Décidément, la journée allait être longue.
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Terminé #8 le 31.07.18 22:20
Réunion des Associables Anonymes
Eden & Cambridge & Sharon

« And if the birds are just all the words flying along, singing a song, what would they do ? If they just knew what they could do.  »
Après que Sharon se soit calmée, un silence de mort était tombé sur la salle. Même la petite blonde avait arrêter de mastiquer sa mèche de cheveux pour la regarder d'un air ahuri. Tous semblaient particulièrement choqués. Même le blondinet assis à sa droite n'avait pu retenir une grimace. C'était d'ailleurs la première émotion que Sharon voyait passer sur son visage. Néanmoins, cette dernière préféra rester stoïque, de peur de refaire une crise de nerf plus violente que la dernière. Si j'avais eût mon whisky dans les mains, ce ne serait pas arrivé songea-t-elle. Malheureusement, c'était arrivé et il fallait qu'elle assume ce qu'elle avait fait. Elle espérait au fond d'elle que tous se mobiliseraient  pour la mettre dehors, mais personne ne bougea. Soudain, un éclata de rire résonna dans la pièce, ce qui donnait à cette réunion des allures de film d'horreur. Plus étrange encore, ce fut la meneuse que ne parvint pas à garder son sang-froid. Elle se tourna vers l'auteur du ricanement, la jeune femme à la chevelure violette, et explosa.

- MAIS QU’EST-CE QUI VA PAS CHEZ VOUS !? ET CHEZ VOUS !? ET VOUS !? ET VOUS !? ET VOUS !? NOUS SOMMES JUSTE LA POUR DISCUTER… COMME DES AMIS ! MAIS BIEN ÉVIDEMMENT, VOUS N’AVEZ PAS D’AMIS, PARCE QUE VOUS ÊTES TOUS NULS POUR MAINTENIR UNE SIMPLE CONVERSATION, N’EST-CE PAS !?

Comme pour illustrer ses paroles, elle pointa son doigt crochus vers chacun des membres. Elle postillonnait tellement que Sharon plaignait les membres qui se trouvaient non loin d'elle. De plus, sa respiration était devenue tellement sifflante que la chimère crut qu'elle allait avoir une attaque. "Putain mais c'est génial !" pensa la jolie brune. Elle avait réussit à pousser à bout la meneuse et c'était une victoire pour elle. Second objectif : sortir de cette maudite salle. La blondinette mâcheuse de cheveux éclata en sanglot et fut prise de violents soubresauts, ce qui fit lever les yeux au ciel la chimère. Mais peu de temps après, un sourire éclaira son visage lorsqu'elle se rendit compte que le spectacle n'était pas fini.

- VOUS VOUS CROYEZ AU DESSUS DES RÈGLES !? VOUS AVEZ UN PROBLÈME D’ALCOOL ET VOUS ETES TROP VIOLENTS !? Le sourire de Sharon mourut sur ses lèvres. OU VOUS RESTEZ COMPLÈTEMENT SILENCIEUX QUAND ON A BESOIN DE VOUS !? NOUS SOMMES ICI POUR DISCUTER DE TOUT CA, VOUS SAVEZ… DE VOS PROBLÈMES ! ET LES RÉGLER ENSEMBLE…

Sharon n'avait aucun problème avec l'alcool. Oui, elle en consommait régulièrement. Oui, elle ne supportait pas le fait d'être sobre. Et oui, elle était alcoolique. Mais et alors? Qui avait-il de mal à cela? L'alcool l'aidait à garder son sang-froid et à passer de bonnes nuits. Un médecin lui avait même dit, un soir, que ça drainait les reins. Bon, c'était un médecin bourré dans un bar, mais un médecin quand même ! Et puis elle n'était pas si violente que ça... Tout était relatif. Tant que l'on respectait son espace vital, tout allait bien ! Enfin, si on voulait. Mais Sharon trouvait la réaction de la vieille meneuse exagérée. C'est vrai quoi, elle n'avait jamais vu quelqu'un d'impulsif? Ou bien quelqu'un un poil anarchique? Ou mais quelqu'un de timide? La vieille femme faisait un raffut pas possible pour de simple réactions humaines. Pour quelqu'un qui prône la paix à tout va, c'est raté. ironisa-t-elle.

- Vous savez… Mon mari m’a quittée il n’y a pas si longtemps… C’est difficile pour moi aussi…

Oh non... Tout mais pas ça ! désespéra la jeune chimère. Elle préférait encore qu'elle crie dans toute la pièce et que son mal de crâne revienne plutôt qu'écouter ses minauderies. Sharon jeta un regard circulaire dans la salle. Pratiquement tout le monde semblait ému par le début de son discours. La fillette blonde continuait de sangloter, sa morve se mêlant aux cheveux qu'elle mâchouillait. De nouveau, la chimère eût un haut le coeur. "Bordel, mais c'est quoi cet endroit?" pesta-t-elle. Elle avait l'impression de faire un mauvais trip tellement c'était irréel. Un petit homme en béquille et vêtu de rouge avec un grand chapeau, qu'elle venait tout juste de remarquer, se mouchait délicatement dans un mouchoir de soie. Sharon regarda le plafond en signe de pitié.

- On s’en fout de vos problèmes. Personne n’a envie d’être ici.

Sharon sourit face à cette réplique acerbe. "La super-violette à encore frappé" plaisanta-t-elle pour elle-même, tout en étant prise d'un fou rire. Elle trouva sa blague tellement drôle qu'elle faillit tomber de son siège, mais heureusement, personne ne semblait l'avoir remarqué. Persuadée que cette réponse finirait par achever la vieille femme, la chimère se détendit. Voyant que personne ne voudrait prendre la parole, la meneuse serait bien obligée de mettre fin à cette stupide réunion. Sharon balaya la pièce du regard. Et si un de ces énergumènes voulait finalement se confier? La jeune femme n'aurait plus qu'à lui taper dessus, jusqu'à ce que son envie passe. Satisfaite par ce programme, la chimère semblait désormais apaisée.  

- Je crois que c'est moi qui ai besoin de parler, en réalité. Puisque aucun de vous ne semble vouloir faire des efforts, c'est moi qui vais vous raconter mon histoire, vous parler un peu de ma vie, tout ça. Peut-être qu'après, vous aurez envie d'en faire de même. »

La jeune femme n'en revenait pas. "Bordel mais elle se la fermera jamais?!" fulmina-t-elle. Même le jeune homme assis à côté d'elle se passa une main sur le visage, signe de son irritation. Qu'est-ce qu'elle ne comprenait pas dans "on s'en fout"? Le plan de Sharon venait de tomber à l'eau, d'autant plus que la vieille femme semblait déterminé à raconter son long récit. Pendant un instant, la chimère faillit se laisser emporter par le désespoir. Jamais cette réunion finirait et elle serait enfermée pour toujours avec ces fous. Non. Il était hors de question que ça se passe ainsi. Reprenant du poil de la bête, Sharon se mit à cogiter. Il fallait absolument qu'elle ait un autre plan pour sortir d'ici, sans se faire pénaliser. Il ne suffisait pas de foncer vers la porte pour s'en aller, ça, elle savait faire. Non c'était bien plus subtil, bien plus réfléchi. L'alcool embrumait son cerveau mais la jeune chimère ne se laissa pas abattre.

- Vous savez, lorsque je n'étais encore qu'une petite fille, j'avais les cheveux noirs corbeaux, on me surnommait d'ailleurs Boucles de Charbon en référence à Boucles d'Or, mais une version un peu plus carbonisée. Commença-t-elle avec un sourire nostalgique. C'est à peu près à cette époque que j'ai rencontré mon mari, vous savez, on s'est toujours connu, sa famille élevait des vaches dans la maison voisine alors que nous n'étions encore que des enfants insouciants...   

Sharon écoutait d'une oreille distraite les plaintes de la vieille femme, trop occupée à chercher un élément qui la mettrait sur la piste de la sortie. Elle pouvait encore briser l'ampoule de ses griffes et faire croire qu'elle s'était cassée seule. Non, trop risqué. Ou elle pouvait toujours feindre un malaise pour qu'on l'évacue hors de la pièce. Non, pas assez crédible. Ou peut être qu'elle cherchait au mauvais endroit... Peut être qu'elle devait se concentrer sur quelqu'un et pas sur quelque chose... Sharon fixa une à une les personnes présentes dans la seule. Nombreuses d'entre elles n'étaient que des légumes qu'on avait posé sur un siège. Le petit homme avec ses béquilles? Non, trop... masculin. La fillette mangeuse de cheveux? Trop bizarre. Son colocataire stoïque? La jeune femme hésita un instant, le scrutant de la tête aux pieds. Le regard de ce dernier était plongé dans la chevelure violette de l'anarchiste. La chimère se concentra de nouveau sur elle, analysant chaque élément. Son regard s'arrêta sur les menottes qui emprisonnaient la femme et l'esprit de Sharon s'éclaira. "La voilà, ma solution !" s'étonna-t-elle.

Profitant que l'attention soit dirigée vers la vieille dame, elle farfouilla à nouveau dans son soutien-gorge, qui lui servait d'ailleurs de sac à main à ses heures perdues. La jeune femme en sortit un minuscule couteau suisse qui était parfait pour son plan. A l'aide de ses griffes, elle l'aiguisa silencieusement tandis que son regard brillait de milles feux. Ils allaient bientôt pouvoir sortir ! Un petit rictus de fierté flottait sur ses lèvres et elle le fit disparaître avant que quelqu'un s'en aperçoive. Puis, Sharon créa une diversion.

-Oh ! Un nouvel arrivant !

Pratiquement toutes les têtes, dont celle de la meneuse, se tournèrent vers la porte. N'ayant pas le temps de foncer vers l'anarchiste sans attirer l'attention du chef de groupe, Sharon prit la fillette névrosée par la peau du cou et lui fourra le couteau suisse dans la main tout en murmurant : Fais passer ça jusqu'à la fille aux cheveux violets sinon je t'éclate la tête. Puis la chimère se rassit à sa place, juste avant que la vieille femme ne lui lance un regard incrédule. Se frottant les yeux théâtralement, la jolie brune annonça haut et fort qu'elle avait dû avoir une vision, sûrement à cause de l'alcool. Une fois chose faite, la meneuse se remit à radoter et Sharon foudroya du regard la fillette pour qu'elle accomplisse sa mission. "Allez, bouge ton cul !" songea-t-elle. A son grand soulagement, la névrosée fit passer le petit objet à l'homme au chapeau en lui murmurant quelques mots à l'oreille. Ce dernier jeta un coup d’œil inquiet vers elle et elle n'eût qu'à lui montrer ses griffes pour qu'il s’exécute à son tour. Le couteau passa de mains en mains jusqu'à arriver sur les genoux de la femme aux cheveux violets. Il n'y avait plus qu'à espérer que cette dernière arrive à se libérer seule mais aussi qu'elle sache pourquoi.

Hors Rp :
OMG je suis désolée, c'est tellement long  

(c) DΛNDELION
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Terminé #9 le 01.08.18 15:34
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Après son commentaire, la vieille dame sentit qu'elle avait besoin de parler, et commença à monologuer sur son histoire. Clairement, Cay n'en avait rien à cirer et elle le montrait par son visage, affichant une expression très ennuyée. La jeune femme était déjà morte, mais si elle pouvait se suicider elle l'aurait immédiatement fait. C'était une bonne chose qu'elle soit attachée finalement.
Pitiez, réduisez moi en poussière sur le champs… Cette phrase tournait en boucle dans sa tête. Faute d'avoir quelque chose d'intéressant sur lequel se focaliser, Cambridge écoutait malgré elle le récit de cette femme. Elle ne semblait pas s'arrêter de parler : apparemment on l'appelait Boucles de charbon. Son visage transmettait une émotion nostalgique – mais ce surnom, n'était-ce pas une insulte !? Cay eut l'air désabusée, et ne chercha même pas à le cacher.  

Son passé était aussi nul que son présent. Elle avait vraisemblablement rencontré son mari pendant son enfance et sa famille élevait des vaches dans une maison alors qu'ils étaient « insouciants ».

Argh. Quel supplice. J'ai dû tuer des chatons dans une autre vie pour subir une telle punition.

Son regard croisa celui du blondinet qui partageait très sûrement son désespoir. Il sembla réfléchir… Cambridge se demanda bien à quoi, peut-être à un plan détaillé pour s'enfuir d'ici ? Si c'était le cas, il devait absolument le communiquer, pour les délivrer de cette infâme torture.
Sentant un autre regard sur elle, celui de cette folle-alcoolique-qui-défonçait-des-portes-et-tabassait-des-mecs-deux-fois-plus-grands-qu'elle. Cay se mit à l'observer aussi. Sharon paraissait d'ailleurs avoir des réflexions poussées sur des thèmes philosophiques. Ou peut-être qu'elle rêvait encore d'une autre bouteille ? La seconde option était plus probable. Soudain son regard s'illumina, elle commença à mettre la main dans son soutien-gorge.

Quoi ?

Cambridge détourna immédiatement la tête, ne sachant pas à quoi s'attendre. Honnêtement, elle craignait désormais le pire. En reportant son attention sur la meneuse de la réunion, elle se rendit compte que pendant tout ce temps elle n'avait cessé de parler.

« Oui… Et cet Alejandro… il était si beau, si fort… Si … viril ! Il m'aimait, mais je n'allais pas gâcher mon mariage pour… ses attributs ! N'esssst-ce pas !? Je lui ai donc expliqué que cette attraction n'était pas réciproque... Pour ne pas perdre la face, il a prétendu ne jamais m'aimer… Mais je voyais bien la façon dont il me regardait.

Pour changer, ils furent de nouveau interrompus brutalement par Sharon, selon elle il y avait un nouvel arrivant. Cay étant face à la porte, elle savait que c'était faux. Son regard inquisiteur scruta Sharon : A quoi tu penses? Très vite, la spectre eût sa réponse : ni une, ni deux, elle agrippa la petite fille qui adorait apparemment le goût de ses cheveux et lui fourra quelque chose dans la main. Allaient-ils bientôt pouvoir s'évader !? Qu'avait-elle prit dans son soutien-gorge ?

La jolie brune alcoolique mentit en disant qu'elle eût une hallucination, due à l'alcool. Un sourire en coin se dessina sur les lèvres de la jeune femme, impatiente à l'idée de savoirce qui avait bien pu traverser son esprit. La dirigeante n'avait rien remarqué. Cay. chercha à savoir de quel objet il s'agissait en observant les membres du groupe se le passant discrètement un à un. Un couteau ! Elle n'était pas sûre, car ses yeux ne l'aperçurent qu'un instant… Mais ça ne pouvait être que ça !

Maintenant qu'elle savait sa captivité sur le point de se terminer, un grand sourire démoniaque se dessina sur son visage. La rebelle trouva le regard de Sharon. Elle lui fit un clin d'oeil en levant un de ses sourcils. Quoi ? L'avait-elle traitée de folle, d'alcoolique et de brute auparavant ? En tout cas, une chose était sûre : son avis avait changé. C'était désormais quelqu'un qu'elle respectait plus ou moins.

Lorsque le vieil homme étrange à côté d'elle lui passa l'objet – qu'il manqua de faire tomber -, la responsable se tourna vers la fantôme.

«  Tu comprends, Cambridge !? C'est ainsi que l'on reconnaît la passion que dégage une plante ! L'amour, le vice ! La danse et la lune !?

Alors là. Cay n'avait absolument aucune idée de comment elle avait pu passer de Alejandro-sexy-ass à des explications sur la botanique... Ou du moins, sa représentation de la botanique.

- Oh. Euh... Ouais ? Fit simplement la jeune femme, pour le moins perdue et embêtée. Ses mouvements étaient réduits étant donné qu'elle avait focalisé son attention sur celle-ci, et ne pouvait pas se défaire de ses liens.

C'est alors que la vieille femme s'élança vers elle, saisissant les extrémités des accoudoirs. La responsable était désormais face à Cay, qui ne pouvait plus rien faire. La détenue retint sa respiration et se recula dès lors que l'autre folle se mit à parler :

- AH ! Je savais que raconter mon histoire allait vous faire réagir. Vous progressez ! Je suis si fièèèèère de vous… D'ailleurs…

La séditieuse cessa d'écouter, à deux doigts de s'évanouir à cause du manque d'oxygène. L'espace vide entre son bras et son torse encadrait parfaitement le blondinet silencieux. Le regard de la fille aux cheveux violets vint se planter dans le sien, le suppliant de faire n'importe quoi pour éloigner cette femme. Son regard était tellement intense et explicite qu'il était impossible d'ignorer le message qu'elle désirait faire passer.  

Spoiler:
T'en fais pas voyons
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Terminé #10 le 01.08.18 19:07
L'espace d'un instant, l'espoir sembla renaître. Le blondinet avait presque senti son coeur s'emballer dans sa poitrine, et il avait relevé les yeux d'un coup vers la porte, espérant voir quelqu'un qui serait en mesure de les sortir de là. Même un vieux concierge aurait fait l'affaire, pourvu qu'il soit venu passer le balai mais bon, vu l'état de la salle, le ménage ne devait plus y être fait depuis un bon moment...
Déçu que tout ça ne soit qu'une immense farce, il eut juste le temps de voir la fillette aux cheveux blonds pratiquement trembler de la tête aux pieds, sa voisine semblant lui murmurer quelque chose avant de reprendre sa place. Incrédule, il n'était plus certain de réellement comprendre ce qu'il se passait, ses yeux suivant simplement les mouvements de main entre les différentes personnes présentes dans la salle. C'était quoi ce truc dans leurs mains, une bombe ? Bon sang, il était déjà mort une fois, et pas de la façon la plus originale qui soit, il allait quand même pas mourir une seconde fois avec des bras et des jambes volant dans tous les sens ?!

La dirigeante du groupe de discussion reprit finalement son monologue, entrant d'ailleurs de plus en plus dans les détails, et Eden finit par craindre qu'elle n'aille trop loin dans son histoire. Bon sang, il y avait des enfants dans la salle ! Devrait-il boucher les oreilles de cette pauvre fillette ? Il hésitait sincèrement, aussi altruiste qu'il puisse être, il avait bien envie d'être égoïste pour une fois et de boucher ses propres oreilles.
Totalement déconnecté de la réalité, il ne retrouva les pieds sur Terre qu'à l'entente du mot "Lune". Non... Elle n'avait quand même pas osé parler ainsi de l'arrière-train de son Alejandro ? Il n'avait aucune envie de savoir si elle avait eu la chance de voir la face cachée de la lune ou non.

La bonne femme sembla chercher du soutien auprès de la jeune demoiselle aux cheveux améthystes, le blondinet ayant l'impression d'entendre son prénom pour la première, et c'était peut-être réellement le cas. En tout cas, Cambridge... C'était aussi japonais que son propre prénom à lui ! Entre elle est Sharon, il se sentait déjà moins seul à ne pas arborer un prénom aux origines asiatiques.
Contre toute attente, bien que visiblement déconcertée, la concernée lui répondit et, s'il n'avait pas vu un objet se balader de mains en mains, le lémure aurait très certainement cru qu'il perdait la tête. Il n'était pas claustrophobe mais, à rester ici, il allait certainement finir par le devenir.

Le nouveau-mort (parce qu'il était clairement un level au-dessus du nouveau-né, eh ouais) était bluffé par la capacité de Cambridge à garder son sang-froid alors que la meneuse du groupe était si proche d'elle. Il la pensait pourtant du même genre que Sharon, c'est-à-dire prête à lui mettre un coup de boule si elle dépassait un certain seuil de distance. Au lieu de ça, elle resta immobile et, contre toute attente, son regard croisa le sien.
Eden resta un instant impassible, se demandant si c'est bien lui qu'elle regardait, et il prit même le risque de passer pour un idiot en se retournant pour regarder derrière-lui, histoire de s'assurer qu'il n'y avait personne d'autre que lui qu'elle pourrait être en train de fixer. Finalement, il reposa les yeux sur elle, sourcils froncés, se demandant ce qu'elle pouvait bien lui vouloir. Est-ce que c'était comme ça qu'on demandait son numéro de téléphone à quelqu'un, dans l'autre monde ? Quand même, ils venaient à peine de se rencontrer, elle ne perdait pas de temps...

Un éclair de lucidité traversa finalement son esprit, et le blondinet comprit qu'il s'agissait peut-être plutôt d'un appel à l'aide, il se leva alors d'un coup, renversant sa chaise au passage. A présent debout au centre de la salle, il se retrouva face à la meneuse de groupe, cette dernière délaissant la jeune femme aux cheveux violets afin de se concentrer sur lui.

« Je... Commença-t-il. »

Vite, un truc à dire, il devait détourner son attention.. Ah oui, ça y est, il savait exactement quoi lui dire ! Il allait lui faire une déclaration, évidemment, elle était clairement seule et en manque d'amour, il ne pourrait pas l'attirer plus vers lui que comme ça. Sérieusement, il faisait vraiment ça pour le bien du groupe, un véritable héros cet Eden, se sacrifier ainsi pour tout le monde. Aller, la déclaration !

« Je... Reprit-il. Je suis gay. »

... Quoi ?!
Les yeux du blond s'écarquillèrent alors qu'il réalisait ce qu'il venait de dire. Mais où était le rapport entre "Je vous aimes" et "Je suis gay" ?! Mais quel nul, sérieux, cette erreur de débutant ! C'était même pas vrai en plus, enfin... Oh et puis zut, c'était pas trop le moment de réfléchir à ça maintenant, la vieille harpie se dirigeant droit vers lui comme un faucon sur sa proie.
Elle prit ses mains dans les siennes, lui arrachant presque un haut-le-coeur alors que son haleine fétide atteignait ses narines.

« Oh, mon très cher Eden, comme je sais que cette révélation a dû être dure à faire pour vous, c'est un si bel effort. Lui dit-elle. Vous n'avez pas à avoir honte face à nous, nous vous accepterons tel que vous êtes.
- Non mais...
Tenta-t-il. C'est pas ce que vous croyez, je voulais dire que je vous aimes.
- Ce n'est pas la peine d'essayer de vous cacher derrière cette excuse, l'homosexualité est un phénomène particulièrement naturel. »


Ne s'imaginant certainement pas que la situation pourrait être pire, étant prêt à s'enterrer six pieds sous terre tant il avait honte, le blondinet était presque sur le point de vomir lorsque l'homme à la tronçonneuse se leva.

« Moi-même, je ne suis pas hétéro. Révéla-t-il. Alors, si tu veux qu'on aille boire un verre ensemble un jour... »

Les yeux du lémure s'écarquillèrent, son cerveau tournant à mille à l'heure à la recherche d'une solution avant qu'il ne prononce les premiers mots qui lui vinrent à l'esprit. Son regard désespéré vola de Sharon à Cambridge, préférant certainement se faire frapper plutôt que de repartir avec cet homme bizarre.

« Sharon et Cambridge sont mes petites-amies. »

Il était maintenant celui qui avait vraiment besoin d'aide.

Spoiler:
Ne me frappez pas pour cette fin, c'était trop tentant pour que je la fasse pas. /PAN/