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#1 le 08.09.15 19:39

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Fin de journée. Le soleil plongeait à l'horizon envoyant quelques éclats dorés dans l'appartement à travers la fenêtre. Tout était calme, il n'y avait que toi, ta respiration et le bruit des appareils ménagers. Tu t'écrasas sur le canapé de cuir comme quelqu'un qui s'effondre de fatigue. Tes yeux se fermèrent doucement, ton aile gauche pendouillait librement sur le rebord comme tes pieds. Qu'à tu fais pour en arriver là Joe ? Rien. Encore une fois, tu n'avais rien fait de ta journée, mais tu étais fatiguée de rien faire. Tu rouvris les yeux pour voir les dernières lueurs du crépuscule. Et le soupir blasé s'échappa de ta bouche. Tu te redressas pour pouvoir aller allumer la lumière avant que ce ne soit la pénombre totale. Qu'allais-tu faire maintenant ? Te rasseoir de façon nonchalante sur le canapé que tu venais à peine de quitter. Regarder par la fenêtre t'exaspérait. Pourquoi ? Parce que tu avais espéré un beau temps toute la journée sauf qu'il n'avait cessé de pleuvoir, il y avait seulement une demie heure.

La pluie. Tu hais la pluie. C'est triste, c'est morose, c'est inutile à part pour les plantes, et ça ne te permet pas de voler. Tes plumes n'absorbent pas l'eau, certes, du moins à 95 %, mais c'est pour le reste de ton corps. Au final, tu t'es fait toute une série en DVD que tu n'avais pas vue depuis que tu n'étais plus vivante, façon de parler. En plus, il y avait la dernière saison interrompue par cette mort inopportune. Bref. Tu t'étais bien amusée, mais tout passe et on se lasse. Vautrée sur le canapé, tu attendais que le temps passe. C'était d'un ennui à mourir une seconde voire une troisième fois. Personne n'était à l'appartement, chacun de tes colocataires étaient partis vaquer à leurs préoccupations. Et cela te procurait à la fois une mélancolie et une joie inébranlable. Cette joie provenant du fait que tu pouvais faire ce que tu voulais et parce que les gars étaient absents. Mais là, tu étais plus blasée qu'autre choses.

Et lorsque le petit cliquetis de la porte fonctionna, tu te levas d'un bond et couru, enfin plutôt bondis, vers la porte et accueillis la personne avec un gros "YO" accompagné d'un large sourire, les ailes écartée comme pour faire un câlin. Ton esprit n'avait envisagé qu'une seule option, celle où Céleste rentrait. Mais un grand silence s'installa lorsque tu vis que ce n'était pas elle, mais Zacc. Malheur. Pourquoi fallait-il que ça tombe sur lui ? Tu tombas donc au sol, face contre terre, tu avais bien sur amorti la chute, il va sans dire, dans un espèce de soupir, grognement râle incompréhensible. Et tu restais là, avachie comme une vieille serpillière sur le sol, immobile, désespérée.
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#2 le 22.09.15 3:40

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☼ Joe ▬ Zaccariah ☼
« La vie humaine commence par l'autre côté du désespoir. » de Jean-Paul Sartre.

© Yamashita d'épicode

Tout doucement. Le Dieu Soleil tirait sa révérence en propageant ses derniers rayons dorés sur le monde des morts, transperçant sans peine les nuages peinturés d'un triste gris larmoyant, gonflés de larmes qui se déversaient sur le monde. Le ciel prenait une teinte plus colorée de couleur chaude. C'était comme s'il rassurait les enfants qui vivaient sur terre, avant que l'obscurité ne prenne place. Un épais trait ambré s'étirait à l'horizon, accompagnant le seigneur du jour jusqu'à sa ravissante demeure. Des éclats rosés et violacés se frayaient un chemin dans cette légère palette de coloris. Un tableau. Une œuvre d’art. Qu’il fallait prendre le temps de contempler, qu’il fallait prendre le temps d’apprécier.

Mais le ciel pleurait et ses larmes se déversaient sur les âmes vagabondes sans répit. L'averse ne semblait pas décidée à s'amenuiser. Rendant d'humeur maussade, une quantité incroyable de spectre qui râlait contre chaque goutte roulant sur leur parapluie, et s'écrasait dans un ploc sonore sur le sol. Les paupières closes. Le visage tourné vers les dieux. La bouche entrouverte. Est-ce que la pluie pouvait laver les péchés d'un homme ? Faire disparaître le sang qu'il avait sur les mains ? Purifiant son corps, son esprit, son âme ? Ou devait-il se confesser pour ce racheter alors qu'il avait déjà payé de sa vie ? Sur cette pensée l'homme ouvrait les yeux sur le monde. Triste tableau. Immonde œuvre d'art.

La pluie avait cessé quand il se décidait de rentrer à l'agence. Voilà plusieurs jours qu'il n'avait pas mis les pieds à l'appartement. Et il craignait quelque peu le massacre que pouvait laisser l'une de ses colocataires. La nourriture qui trônait plus contre le mur ou parterre que dans un plat lui était intolérable. Le gaspillage des rations lui hérissait les poils de ses avant-bras. C'était inadmissible et il semblerait que peu s'en souciait.  C'était ce manque de vivre qui avait décimé une grande partie de son pays. Jamais il ne l'oublierait. Et malgré le nombre d'année passée de l'autre côté : Cela restait un point qui le rendait susceptible.  Un léger soupire s'échappait d'entre ses lèvres quand il se rapprochait de l'appartement.

La main sur la poignée de la porte, il réprimait un sursaut. Joe accourait vers lui, les ailes grandes ouvertes, lâchant un grand Yo accompagné d’un sourire. Il retint un rire en voyant le visage de la Chimère. Il semblerait qu’elle attendait quelqu’un d’autre. Ses yeux suivaient la demoiselle, qui se laissait tomber sur le sol et qui semblait totalement désespérée. « Je ne savais pas que l’on avait une nouvelle carpette. » Lâchait-il amusé. Toujours mouillé par l’averse de la journée, le jeune homme n’osait pas entrer dans l’appartement, pour se débarrasser convenablement de ses affaires. Ils n’apprécieraient certainement pas qu’il abime le beau cuir, parce que monsieur avait traîné sous la pluie battante.

Il attendrait. Ce n'est pas comme si le temps lui manquait. Lentement. Il s'agenouillait face à l'Oiseau dépressif. Un ravissant sourire étirait ses lèvres. Quelques gouttes de pluie roulaient le long des traits de son visage et dans sa nuque. Il ne s'en souciait guère. A présent son attention était portée sur la femme. « Joeeee .. » Chantonnait-il en attendant une quelconque réaction de la demoiselle. L'Irlandais tendait légèrement son bras vers l'avant. Et c'est sans aucune gêne, qu'il frôlait du bout des doigts les plumes de la Chimère. Elles étaient douces. Douces et agréables au toucher. Mais n'était-ce pas un peu encombrant ? Elles lui permettaient de voler, mais rendait plus difficiles, les tâches les plus simples de la vie.