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La lune est le rêve du soleil. [PV Benecdit]
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#1le 21.03.18 0:28
Le soleil filtrait entre les rideaux tissés d'un léger voilage, répandant des flaques de lumière sur le sol de sa chambre. D'un mouvement chancelant de la main, le garçon fit tomber sa paire de lunettes, qui reposait sur le guéridon en bois lustré. Pestant légèrement, il abandonna l'idée de se rafraîchir la trachée en se tournant dans son lit. Deux semaines de convalescence absolue. Et sans aucun pouvoir. Le suppresseur, pathologie de cette dimension. Dans de nombreuses occasions, à chaque fois que ce dernier agissait à sa volonté, Kusuo avait persuadé plus de dix fantômes. Détournant l'attention de l'une de ses anciennes camarades de chambre, sur son envie irrépressible de le titiller, en lui volant son épingle dans les cheveux, de l'un de ses collègues qui l'avait invité à une soirée dans son appartement embaumant l'alcool, de ceux qu'il oubliait et de son propre père pour qu'il ne prépare pas l'un de ses immondes plats revisités. Véritable cordon bleu, Reo savait, néanmoins cuisiner à la perfection des desserts et autres variétés sucrés. Cependant, ses inventions étaient trop originales pour être comestibles. Un gratin de pâtes surmonté d'une fine bande de purée, parsemé de rondelles de saucisses et de pommes de terres écrasées. Bienvenue à fécu-land.

- Kuu-chan c'est moi, je t'apporte une soupe au bouillon de poule, mon lapin.

Dans son lit, l'intéressé se tourna dans sa direction. L'infirmier de son vivant, vient redresser son petit patient sur son lit, tapotant son oreiller pour le rendre plus moelleux. Le plateau glissa sur ses genoux et bientôt, les lunettes de nouveau sur le nez, le garçon put y voir plus clair.

Ces derniers jours, Kusuo s'était affairé à fabriquer une crème réparatrice pour la peau sèche de son père, faute ne pas trouver de combinaison pour lui rendre une apparence tolérante. La solution de solidification était une idée parmi tant d'autres. Le garçon avait si peur de fauté. De dépraver davantage son visage. Alors, il testait ses potions sur des habitants qu'il payait avec son maigre revenu de serveur. Pas question de le tester sur lui-même.

- Je suis désolé de ne pas réussir.

Murmure t-il, son timbre de voix trahissant sa culpabilité. Le visage presque en huit de son paternel était devenu d'une telle banalité, qu'il ne l'effrayait plus, bien que son cœur se serrât quand il l'observait. En tirant sur ses propres paupières d'un côté latéral, Reo ressemblait véritablement à ce qu'il était autrefois.

Asseyant près de lui, l'adulte vient lui caresser le dos en le réconfortant, lui chuchotant des paroles rassurantes. Néanmoins, c'est lorsqu'il arbora les ressemblances avec Ichiro qu'il se braqua instantanément. Non, il n'était pas comme lui. Lui, il savait admettre ses erreurs et agir en conséquence.

Terminant le bol de soupe, de la buée les verres réfléchissant de ses lunettes rétro, Reo l'installa de nouveau dans son lit, entre deux colossales quintes de doux. Touchant son front par réflexe, il lui affirma que sa fièvre n'était pas retombée.

- Essaye de t'endormir. Je viendrais te voir dans deux heures pour te donner ton traitement.

Son conseil ne sillonna pas le tympan d'un sourd. C'est la couverture remontée jusqu'au nez que le garçon papillonna des cils, s'endormant dans un paradis de gelée de café.

Émergent dans une forêt sombre, les arbres grincèrent autour de lui, tandis que le vent suppliait sa rédemption. C'est en faisant patte de velours, que Kusuo traversa un marécage à la nage. Autour de lui, des petites lucioles lui indiquaient un chemin balisé en l’escroquant jusqu'à un tas d'ossement humain. La peur lui noua les intestins. Les voix chantonnaient les affiches publicitaires abrutissantes, vantant les qualités de la purée mousline et de ses bienfaits.

Puis plus rien. Ses pas raisonnèrent dans ce lieu sans étoile, dont la voûte céleste laissait apercevoir un orifice profond, comme si la lune, elle aussi, avait disparu. Montant sur le promontoire d'os qui entrechoquaient sous ses pieds, car manquant de s'être habillé pour ne pas être en retard au travail, Kusuo n'avait que ses épingles et ses lunettes. Bientôt, il apercevra cet homme de dos. Celui qui, assis, attendant qu'il s'agenouille pour louer ses qualités d'empereur. Une action que le garçon n'effectua pas. Courroucé, l'inconnu envoya un nuage électrique dessinant sur son carnet. Sautillant, Kusuo se cacha derrière un amas de déchets. L'une des boîtes qui léchait sa main était un pack collector de gelée de café. Périmé depuis 630.

Un cauchemar récurrent dont les éléments différaient à chaque étape de sa vie, comme une bulle mauve opaque, symbole de son isolement malsain. Soudain, épousant ses doigts, un petit papillon noir aux reflets argentés battit imperceptiblement des ailes. Ses pupilles se rétractèrent. Il n'avait jamais été question de ça dans les autres versions de son rêve.

Fidèle à lui-même, Kusuo se redressa à brûle-pourpoint, agitant sa main, effrayé. Il détestait au moins surement les insectes que les endroits bruyants. Si petit. Si petit...

Dans ses rêves, le garçon ne s'exprimait jamais à travers sa bouche. Il injectait simplement les retransmissions de ses idées dans l'esprit de son interlocuteur et c'est justement face à cette silhouette indistincte, qu'il s'exprima :

- Tu es qui toi ?
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#2le 21.03.18 21:22

La journée avait été longue. Une sortie le matin pour aller chercher de quoi manger et ainsi ne pas avoir un frigo vide pendant encore quelques jours. Puis, il avait été boire un chocolat dans un petit café en ville, observant discrètement autour de lui. Et pour l'après midi, il s'était un peu enfermé chez lui afin de refaire quelques potions. Étiquetant minutieusement les flacons une fois qu'ils étaient pleins. Ce serait dommage d'intervertir un jus revigorant avec une potion de sommeil. Les déposant par couleurs sur la petite étagère prévue à cet effet.

"Le soleil décline Benedict, tu devrais peut être te reposer."
"C'est une idée, je suis un peu fatigué en plus."

Un échange de pensées plus tard, il va se doucher dans le silence de sa petite maisonnette. Les gouttes d'eau frappant en rythme contre les vitres et le bac de douche. C'était reposant ce genre de moment et il en profita donc en fermant les yeux. Soupirant un peu d'aise. Ses cheveux collaient un peu contre son visage et il les ramena vers l'arrière, découvrant alors totalement son visage. Chose qu'il ne faisait pas lorsqu'il était avec d'autres personnes.

Sortant de la douche, il vient se sécher en regardant un instant son reflet dans le miroir. Puis, détourne les yeux, venant passer un boxer et sort de la salle de bain. Une odeur de fleurs planait dans son salon et il huma doucement en passant dans la pièce, avant d'entrer dans sa chambre. Il ferme la porte et tourne la clenche pour la verrouiller. Bien que ce soit normalement celle de l'entrée qu'on l'on fermait, Benedict préférait que les deux le soient. Une précaution supplémentaire. Une fois fait, il se glisse sous les draps de coton et se détend un peu.

Après quelques minutes, il plonge dans un espace totalement noir. Le sommeil venait de l'emporter. Papillon luminescent, il voletait doucement sur une longue toile aux fils brillant dans l'obscurité. Chaque fin de ces derniers menait à un carré de lumière où il pouvait apercevoir une partie du rêve de l'hôte. Voyageant d'un passage à l'autre, il finit par s'arrêter devant un en particulier et s'y engagea en voyant qu'il s'agissait d'un cauchemar.

Ni lune ni étoiles dans ce monde de nuit, la lumière semblant être étouffée par un sentiment profond de rejet. L'atmosphère était pesante et assez peu supportable, pourtant il avança dans un petit sillon poudreux étincelant. Des os, des déchets et un homme de dos. Qui pouvait bien être celui qui semblait être l'objet principal de son cauchemar.

Le lépidoptère aux ailes noires avec des reflets d'argent vint frôler les doigts du jeune homme caché. Ses cheveux d'une couleur rosée et des lunettes sur le nez, il ne semblait rien porter d'autre.. Un silence s'étira alors que le papillon s'éloignait au geste de l'inconnu dont il pénétrait le cauchemar. Celui ci semblait comme arrêté d'ailleurs, une douce brume venant recouvrir ce monde trop sombre à son goût, lorsqu'une voix se fit entendre. Une pensée questionnant l'intrus.

Devait il vraiment se présenter ? Donner son vrai nom, que ce soit le premier ou le second d'ailleurs. Peut être pourrait il déjà prendre une autre forme, afin de ne pas l'effrayer plus. Ce n'était pas le but, après tout. Une brise souffla soudainement, chassant alors ce décor morose pour laisser apparaitre une plaine. Un ciel azuré aux nuages blancs, des champs à perte de vue et un petit bois sur un côté. Le garçon aux cheveux roses portait à présent un jean et une chemise, ayant choisit quelque chose de classique pour ne pas le laisser à nu. Quand à lui, jeune homme aux yeux particuliers, un sourire sur ses lèvres fines et ses cheveux noirs coiffés d'un chapeau haut de forme. Il se tenait debout devant lui, pantalon noir et chemisier laissant voir ses épaules, son boléro à laçage par dessus, il venait replacer une rose doucement. Un papillon se posant sur le chapeau, ses ailes se déployant pour finalement ne plus bouger, se cristallisant ainsi et brillant sous les rayons d'un soleil bien présent.

''Tu peux me nommer comme tu le souhaites. Et toi, quel est ton nom ?"

Une petite révérence en guise de salut, main sur le cœur et s'abaissant de quelques degrés. Avant de se redresser. Sa voix résonnait doucement, donnant cette impression d'un sucre fondant dans une boisson chaude. Ni trop pressante ni trop intrusive. Nul besoin d'ouvrir la bouche pour parler dans les rêves, c'était si simple de se faire entendre en pensant simplement. Il désigna alors d'un geste le paysage.

''Je m'excuse pour l'intrusion, mais je voulais te donner un peu plus de douceur. Dis moi ce qui te ferait plaisir et j'essayerais de te le donner si je peux."

Une proposition qu'il faisait de temps à autre, pas à tous bien entendu, mais au moins à ceux dont les cauchemars étaient brusque. Et autant dire que le sien ne semblait pas tendre..
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#3le 21.03.18 23:23
Un nuage pourpre, projetant des sillons électriques passa au-dessus des deux hommes. Kusuo arbora un visage ennuyé. Et bien, et bien. Décidément, les événements météorologiques s'enchaînaient dans une valse néfaste. La tempête bourrela ses cheveux roses. Doucettement, le papillon ébène vient poser son dernier battement sur l'épaule de son hôte. D'une apparence extravagante, vêtu d'un haut-de-forme et d'un boléro, de la brume presque translucide flottait autour de lui. Un doux blizzard se rependit, enveloppant ce paysage de désolation. Aveuglé, Kusuo passa son avant-bras devant ses yeux, cherchant avant tout à se protéger.

Balayant les marécages, la flore poussa autour du garçon hébété. Une plaine paisible perça son champ de vision par son herbe de qualité. Une clairière boisée se dressa à quelques degrés de son périmètre, tandis qu'un petit étang venait lécher les bords d'un rocher plat. Sentant la douceur du coton sur sa peau, Kusuo tendit à présent ses bras devant lui, observant sa chemise violette aux rayures grises. Il avait la même dans sa penderie. Légères, les extrémités voletèrent dans le zéphyr.

Un second lépidoptère, aux ailes cristallines, se posa sur le chapeau lustré. La rose que l'homme du carnaval tenait dans sa main, tournoya, se laissant développer par la lumière du soleil, par le phénomène accéléré de la photosynthèse. C'est en s'inclinant que le rocambolesque inconnu s'exprima, répondant à sa question par la même interrogation. Il semblait mystérieux et incessible, comme un illusionniste aguerri.

Restant à bonne distance, le garçon aux épingles dans les cheveux ne cherchait pas les ennuis. Si de nombreuses personnes n'auraient pas accepté cet écart, manquant à la politesse, Kusuo se positionnait dans la case d'adverse. Tant qu'il ne venait pas dépraver sa tranquillité, ni même toucher la clôture de son jardin intérieur, alors peu importe son identité. En revanche, il donna la sienne pour avoir à éviter les situations embarrassantes où son interlocuteur pourrait être amené à l'appeler "toi" ou encore "truc".

- Et bien, et bien. Je suis Seto. Seto Kusuo.

Son timbre était impassible, imposant d'ores et déjà un champ de force protecteur. Intérieurement, le timide pria pour que l'autre est la décence d'esprit de le nommer par son nom de famille, bien qu'il ne soit pas fier de porter celui de son deuxième père, conjurant ainsi sa lignée avide de réussite. Alors qu'un soupir exécrable quitta ses lèvres, le garçon du cirque lui accorda soudainement une faveur.

- Je ne veux pas devoir quoi que ce soit.

Qui dit gratification, emploie forcément bénéfice et donc dette. Kusuo n'aimait rien devoir à personne, car, une fois qu'il y avait des impayés, il lui était garanti que sa vie ne serait plus paisible.

Se grattant la nuque lorsqu'une boule de pollen se pelota dans le col de sa chemise, ses pensées dérivèrent vers une montagne faite de gelée de café, avec une rivière de coulis de chocolat. Des nuages nacrés et rosés en guimauves, des lampadaires en sucres d'orges, des raidillons d'amandes en poudre... Un fin filet de bave quitta la commissure de ses lèvres. Les sucreries, son péché mignon.

Mais on était dans un rêve. À l'instar dont les paroles se transmettaient par la pensée, son monde intérieur était également ouvert à toutes suggestions. Là était la métaphore de son cauchemar. Être à nu, représentait l'une de ses pires craintes. La nudité avait plusieurs interprétations. Associée à la honte et à la culpabilité, elle ressentait également un besoin d’innocence enfantine et de déresponsabilisation. Les deux cas semblaient lui correspondre.

Personne hormis Reo ne pouvait le connaître par cœur. Mais ce jeune homme en face de lui était-il réel ou le fruit de son imagination ?

- Toi qui te présente face à moi. Peux-tu me décrire la signification de toute cette mascarade ? Les marais, les os... Les papillons.

Plus loquace qu'il ne l'était réellement, Kusuo cherchait à mettre l'accent sur ses peurs. S'il en trouvait l'origine, alors les choses ne pourraient que progresser.
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#4le 22.03.18 23:39

Le jeune homme ne sembla pas hésiter pour se présenter, après avoir regardé autour de lui et ses propres habits également. Ce rêve était devenu plus paisible et un peu plus vivable pour le papillon qu'était Lodrick.

"Ravi de te rencontrer Kusuo Seto. Appelle moi Lod."

Un simple surnom afin qu'il puisse le nommer, juste au cas où il voudrait l'appeler ou simplement lui parler en utilisant une appellation. L'anglais lui proposa alors de lui offrir ce qu'il voulait dans ce rêve, un cadeau pour son intrusion, mais aussi pour lui donner un peu de plaisir. C'était important après tout. Mais, il refusa dans sa façon de lui dire qu'il ne voulait rien lui devoir. Ah, il avait peur de se sentir redevable.. Pourtant, ce n'était pas le but des deux garçons dans ce corps.

La pensée s'échappa et l'image vint s'infiltrer dans l'esprit de Lodrick, qui esquissa alors un sourire. Bien ! C'était faisable tout ça. Attrapant la rose attachée à sa boutonnière, il l'écrase entre ses doigts et souffle alors dessus. Une nuée de pétales s'envolent avec les petits grains de pollen. Le tout venant tournoyer doucement autour de Kusuo, lui brouillant alors la vision de ce petit monde de paix qu'il avait instauré. Un vent un peu plus fort vint alors balayer ce lieu de rêve et retomba délicatement.

Décor totalement différent, un chemin craquant de chocolat noir s'étirait sous leur pieds dont les bordures étaient faites de chocolat au lait. Des lampadaires s'élevaient à intervalles régulières, canne de sucre d'orge au bout des quelles pendait une lanterne en réglisse. L'herbe et les fleurs du parc qui s'étalait d'un côté et de l'autre du sentier, étaient également comestible. Milles et une couleur se côtoyaient dans ce nouveau paysage. Le tronc des arbres qui s'éparpillaient ici et là, étaient fait de réglisse américain au coca, tandis que les branches croulaient sous de la guimauve blanche et rose. Une petite rivière de chocolat sillonne le bas d'une colline, celle ci étant en fait de la gelée de café dans laquelle une cuillère était plantée.

"Est ce que cela te conviens ? J'ai fais un peu à ma guise, mais tout est comestible."

D'ailleurs, il tend la main pour venir cueillir une guimauve et la glisser entre ses lèvres. Un sourire s'étire d'ailleurs, c'était bon. Même si Benedict n'était pas trop sucreries, Lodrick savaient les apprécier pour deux. La question de Kusuo le laisse silencieux un moment. Comment pourrait il le savoir alors même qu'ils ne se connaissaient pas ? Il n'avait pas vraiment exploré et avait plutôt inversé la douleur en douceur.

"Navré, mais je ne pense pas pouvoir t'éclairer. Ce sont tes peurs, elles sont donc enfouies dans ton coeur et il te faut les découvrir pour pouvoir les guérir. En revanche, les papillons sont à moi. J'ignorais que tu en avais peur et je m'excuse de ce fait. "

Son index se pose sur la poitrine du jeune homme, côté du coeur, durant ses paroles. Lod n'était pas son inconscient et il ne pouvait prendre connaissance que des pensées que l'hôte acceptait de lui partager. Alors, tout ce qu'il avait pu comprendre était le fait que cet homme de dos, était certainement son père.

- Alors comme ça, tu aimes les sucreries ? Ca va plutôt bien avec ton air candide je dois dire. Que dirais tu de manger un peu ?

Il faisait entendre réellement sa voix pour la première fois depuis le début du rêve. Et sortie de nulle part, il lui tend une cuillère en argent surmonté par un petit papillon. Un sourire sur les lèvres et se voulant avenant pour ne pas l'effrayer un peu plus. Il était là pour mettre un peu de douceur dans ses songes après tout.
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#5le 16.04.18 4:30
Lod était un nom digne d'un surnom à son goût. Son interlocuteur partageait un point commun avec lui. Il se dévoilait le moins possible. En vue des circonstances, Kusuo était incapable de lui en tenir rigueur. D'une part parce que les événements se déroulaient dans un rêve et de l'autre, car dans une situation similaire, l'intéressé n'aurait pas voulu qu'on lui fasse la remarque.

Voyant le jeune excentrique appuyer sur le bouton de rose, pour le compresser de ses doigts filiformes, Kusuo arqua un sourcil, tandis que son esprit se peigna d'une de ses sempiternelles remarques piquantes.

- Eh bien, eh bien, elle t'a fait quoi cette rose ?

En réponse à sa question, le paysage précédent se balaya sous les assauts délicats d'une kyrielle de pétales et de pollens, voltant autour de lui, pour métamorphoser l'objet de sa désolation d'un ballet captivant. Le jeune garçon ne pouvait détacher ses mirettes ébahies de ce spectacle. C'était bien la première fois qu'un panorama d'une telle envergure attirait son attention la plus absolue. Facilement ennuyer par ce qui l'entourait, même les montagnes russes à têtes renversées n'obtenaient pas un tel gain de réussite.

Une voix aussi suave que le paradis sucré se déployant devant ses yeux, émut ses tympans. Si ça lui plaisait ? C'était une combinaison parfaite ! Oubliant ses affres, le nécromancien bloqua momentanément l'action de ses muscles, qui suppliaient de se jeter dans ce rêve aussi délicieux qu'audacieux. Ayant appris les formalités de politesse, Kusuo ne se permettrait pas d'exposer son euphorie devant un inconnu, en commençant par se servir le premier, sans y avoir été invité.  

L'index entrant en contact sur sa poitrine le fit reculer d'un bond, par pur réflexe. Le garçon n'appréciait pas les contacts physiques. Loin d'être tactile avec le premier venu, il se recroquevilla dans sa carapace. Instantanément, aussi instable qu'une rivière accrue, ses peurs émergèrent pour le couvrir d'une vague écumante. Ce à quoi il s'enquit à propos de l'interprétation de son rêve. Lod était incapable de répondre, avec pour seul conseil de les découvrir pour les guérir. Hormis Ichiro, son deuxième père, qui tenait un rôle élémentaire dans son cœur, Kusuo n'identifia personne d'autre à l'affirmation de son sinoque interlocuteur.

- Je ne suis pas très fan des insectes, en effet.

La tentation était insoutenable. Sur ses gardes, la comparaison de Lod lui fit imperceptiblement froncer les sourcils. S'il percevait sa véritable voix pour la première fois, Kusuo, quant à lui, était en retrait. Ce rêve était aussi bénéfique que contraignant. Pas moyen de se réfugier dans son jardin intérieur pour s'y perdre. En revanche, si cette conjecture le concernait, alors Lod était aussi vulnérable à se dévoiler indirectement. À moins que ce ne soit lui qui tire les ficelles depuis le début, tel un marionnettiste habile de ses mains.

- Mon... air candide ? Eh bien, eh bien...

Sa main se percha un instant au-dessus de la cuillère argentée, dardée généreusement dans sa direction. Un petit papillon agita doucettement ses ailes diaphanes, offrant une rivière de bonbon pour chaque battement. Kusuo avait déjà communiqué son aversion pour les insectes et pourtant, son interlocuteur gardait cette bestiole à proximité de son champ de vision. Et si le véritable cauchemar était ce rêve aux allures fallacieuses ?

Baah, qu'est-ce-qu'il y risquait après tout, il pouvait se réveiller à son bon vouloir, afin d'y mettre un terme définitif. Sa main progressa. Et si le jeune homme revenait encore et encore ? Des théories sans bases solides se fortifièrent dans son esprit. D'un mouvement incertain, le jeune homme chassa le papillon pour venir saisir rapidement l’ustensile. Autant se montrer coopératif.

Tu n'essayerais pas de m'empoissonner Lod ?

S'empêcha-t-il de demander, conscient qu'il paraissait suspicieux. Son regard papillonna autour des structures en pâtisserie divine. En réalité, la raison avait cédé sa place à la passion. S'avançant vers une maisonnette en chocolat blanc, parsemé de cranberries et d'amandes caramélisées, le garçon fit effleurer la cuillère d'un mouvement circulaire et déposa l'instrument au bord de ses lèvres. Une texture lisse, suivit d'une saveur acidulée dans un équilibre harmonieux, lui tira un ronron de satisfaction. Les copeaux de noisettes croquaient sous ses dents avides de conquête sucrées, tandis que ses doigts perquisitionnèrent les volets des fenêtres matérialisé par des palettes aromatiques, venues des quatre coin du monde. Le chocolat de Tanzanie était l'arôme le plus relevé.  

Sautillant, tel un rapace affamé à qui l'on propose une pièce de gibier juteuse, pour ensuite, attraper de ses serres, les lianes de réglisses accrochées aux lampadaires de canne de sucre d'orge, le garçon ne parvenait pas à les atteindre à cause de sa petite taille. Ne se formalisant pas, ingénieux, le nécromancien dévora d'abord le pylône, avant de s'attaquer goulûment au petit agrément. Une alliance des saveurs marginales, qui valait le coup d'être découverte.

Bientôt, le gourmand n'ayant plus la force de marcher, après son festin digne d'une grande hérésie, s'étala sur une meringue douce, qui l'accueillit de sa composition moelleuse. Cependant, Kusuo avait encore de la ressource. Il lui était encore possible d'articuler sa mâchoire ornée par un filet de ganache au chocolat, coulant sur sa chemise. Si Papa Gâteau avait été là, il criserait. "Kusuo ne mange pas autant !"

Pointant du doigt sa bouche grande ouverte, il mima ses pensées, une main sur le ventre :

- Nourris-moi...Gelée de café... 

Son pouce se dirigea ensuite vers la montagne en gelée. Couverte d'un chapeau de chantilly représentant la neige à son sommet, une légère crème de mascarpone serpentait son versant. Elle était démoulée avec un soin particulier qui le fit frémir d'excitation.

Man-ger.

Soudainement, les contours de délices se dissipèrent. Le garçon excentrique était projeté en arrière, comme à travers un couloir lumineux, halo aveuglant qui piqua ses yeux, tandis que les effluves échappèrent à son emprise gourmande. Que se passait-il ? Ses sens se brouillèrent. Bientôt Kusuo put de nouveau décrire l'espace qui l'entourait. Un lit, une bibliothèque dressée fièrement, un petit bureau dévoilant sa fiche de paie. Tournant la tête, le nécromancien remarqua la présence d'une télévision, ainsi que d'une console sous le meuble qui l'a soutenait. Il était de retour dans sa chambre.

Une suave voix familière termina de l'éveiller.

- Kuu-chan tu es réveillé mon poussin ?

Oh~Fu. C'était un rêve finalement ? Plutôt décevant sur la fin.
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