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    La petite ritournelle - chap. VII [/!\ PG-16/VIOLENCE/SEXUALITÉ/EVOLUTION]

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    × Evolution :
    × Image : × Age de la mort : 0 Neutre/sans genre
    × Age post-mortem : 0
    × Avatar : ART ©Piscimancy GRAPH : Miles Skoko
    × Pouvoir : omnipotente
    × Péripéties vécues : 1988
    × Øssements2060
    × Age IRL : 0 Autre
    × Inscription : 15/03/2014

    Feuille de personnage
    × Degré d'amusement:
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    0Neutre/sans genre0ART ©Piscimancy GRAPH : Miles Skokoomnipotente198820600Autre15/03/2014
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    maitre de la mort
    0Neutre/sans genre0ART ©Piscimancy GRAPH : Miles Skokoomnipotente198820600Autre15/03/2014
    maitre de la mort
    Terminé
    #31 le 06.10.17 5:09
    Le membre 'Urie Kaneki' a effectué l'action suivante : laisser faire le hasard


    'PILE OU FACE' :
    × Evolution :
    × Image : × Age de la mort : 20 Masculin
    × Age post-mortem : 20
    × Avatar : Kuki Urie - Tokyo Ghoul:re / Levi Ackerman SnK de Babushka Hi-Hi
    × Pouvoir : Jurer comme un charretier
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    × Logement : ici
    × Métier : Second du roi des vampires
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    × Inscription : 30/04/2017
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    × DCs : Alexiel Etsuko

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    20Masculin20Kuki Urie - Tokyo Ghoul:re / Levi Ackerman SnK de Babushka Hi-HiJurer comme un charretierTa mèreiciSecond du roi des vampires1070350124Féminin30/04/2017complètele scolopendreAlexiel Etsuko
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    ●Prince of Vampires●
    Clopeur Nocturne

    http://www.peekaboo-rpg.com/t1802-urie-kanekihttp://carnetspectral.pab
    20Masculin20Kuki Urie - Tokyo Ghoul:re / Levi Ackerman SnK de Babushka Hi-HiJurer comme un charretierTa mèreiciSecond du roi des vampires1070350124Féminin30/04/2017complètele scolopendreAlexiel Etsuko
    ●Prince of Vampires●Clopeur Nocturne
    Terminé
    #32 le 06.10.17 8:37

    JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE

    La petite ritournelle VII

    - Comme un goût de sang -


    Mon corps est passé en pilotage automatique. Je suis complètement paumé je dois te l'avouer. Dans mon crâne, dans Tokyo sûrement. Ça n'est pas de ma faute - c'est de ma faute, je n'aurais jamais dû accepter -. Cette odeur de sang que tu as laissé dans la pièce, vide - comme mon estomac, mon corps me le fait ressentir à chaque foutue seconde -. Eden, t'es parti où? Je ne suis pas revenu assez vite? Il s'est passé quoi? Explique-moi. J'ai failli te tuer c'est ça?.. Putain. De… MERDE. 

    Mes paumes ont frappé sur le tableau de bord. Le feu a mis trop longtemps à passer au vert. Mes doigts nerveux remontent dans mes cheveux, mes ongles s'enfoncent dans mon cuir chevelu. Si jamais je t'ai… mes yeux s'écarquillent. On me klaxonne. Le feu est vert. Je redémarre.

    Ce quartier ne m'inspire pas confiance. L'adresse que tu m'as donné… Qu'es-tu venu foutre ici? Il y a des personnes capables de te soigner dans les coins malfamés de Tokyo? Pourquoi tu ne m'as pas prévenu avant. J'aurais été plus vite, j'aurais pu t'y amener. S'il t'arrive quoi que ce soit par ma faute… Putain. Putain… PUTAIN. Cette angoisse qui me tord le bide en plus de la soif qui se fait ressentir un peu plus à chaque instant. Chaque passant de cet hôtel miteux dans lequel tu m'as amené… J'ai passé l'accueil et ce type malaimable qui tenait la caisse, il n'a même pas relevé le nez. Les escaliers, mon souffle éreinté. J'ai une mauvaise impression, est-ce dû à la peinture qui s'écaille sur ces murs? Aux fissures qui lézardent et laisse à présager que l'immeuble risque de s'écrouler à chaque instant? Ou mon palpitant qui me donne l'impression de vouloir s'extraire de ma poitrine à chaque pas  que je fais vers cette chambre que tu m'as indiqué.

    Les numéros se suivent, mes pensées - sombres - défilent aussi. Les scénarios arrivent à ce même constat terrible que t'es sûrement en train de crever. Mon état ne me permet pas d'être rationnel. La lucidité est en train de me quitter et j'ai une peur monstre de ce qui prend sa place. Je dois te trouver, et vite… C'est sûrement ce manque de raisonnement, l'état de l'hôtel qui ne m'a pas fait remarquer la porte fracturée, pas encore. Tu m'as donné un numéro mais tu n'y es pas. Personne ne répond, rien… Pas un seul foutu bruit. Seulement mon pied enfonçant la porte. Et ce vide, tu n'y es pas Eden. Tu n'y es foutrement pas. Où es-tu putain de merde?

    Plus je réfléchis et plus les bruits environnants montent à mon esprit, comme si ce dernier se faisait envahir alors que je décide de rebrousser chemin. Il faut que je demande à la personne de l'accueil s'ils t'ont au moins vu passer… Il faut que…

    Des sons, quelque chose d'étouffé. Inaudible ou presque. Et cette porte fracturée. L'état de l'hôtel est loin d'être en désaccord avec la chose, je sais que s'y passent bien des choses dans ce quartier. Au fond ça ne m'étonne même pas que tu puisses peut-être y être relié. Mais cette porte me fout le doute, je ne saurais expliqué. Est-ce peut-être ton odeur?.. Ce sixième sens.

    Ma paume s'est prudemment pressée contre la porte, la poussant sans un bruit. Et la scène à laquelle j'ai affaire est loin d'être ce à quoi je m'imaginais. De là où je suis je discerne cet homme au-dessus d'un corps dénudé, sur un lit. Son souffle est rauque, le corps est inanimé. Sa chemise est défaite, les mains de ce corps sont fines… minuscules. Ces bruits humides qui remontent et résonnent entre ces murs.

    " Qu'est-ce que… tu crois faire fils de chien?! "

    J'aurais dû me la fermer. Mais personne n'est prêt à être confronté à pareille scène. Enjambant en à peine une fraction de seconde l'espace qui me sépare du lit, je l'ai empoigné par le col pour l'envoyer valser à l'autre bout de la pièce.

    Je dois juste sauver ce gamin. Le prendre avec moi et…

    Quelque chose à percuter mon crâne, faisant tomber sous mes paupières quelques étoiles. J'ai chuté vers l'avant, jetant un dernier oeil à l'enfant dont le corps est inerte, son état m'inquiète je n'ai pas le temps je dois… Encore un autre coup, et cette fois dans les côtes. Je ravale ma rage… Je ravale… Je dois juste… Un dans le visage. Je crache mon sang au sol, sur ce linot de qualité médiocre et sali de bien des choses. Ce type est pareil à ces tâches… Une simple pourriture qui mérite de crever. Toucher à un môme? Comment oses-tu être encore de ce monde, toi moins que rien?

    Il est sur le point de s'en aller, cherchant à fuir vers la porte avec sa veste. Je l'ai rattrapé dans le couloir et l'ai empêché d'alarmer tout l'étage. De toute façon ici les cris sont courants n'est-ce pas? Ce lieu va causer ta perte.

    Le poussant dans la chambre, son poing tente à nouveau de me marquer mais tous mes sens sont désormais alertes. Je sais ce que je vais faire de toi… Je sais juste que tu ne devrais pas être là, ni même dans le monde des morts. Et je crois que tu le sais vu comme tu me regardes, vu comme tu tentes de te débattre. Tes doigts ont griffé mes avants-bras alors que je te maintenais au sol. J'ai abattu mes phalanges contre ton visage et tes airs de monsieur parfait, j'ai déformé tes traits sous tes supplications de te laisser partir, d'implorant, me disant que tu pouvais payer, donner tout ce que je voulais…

    " Je veux vivre. Et ça, tu ne peux pas me le donner… "

    Ton air stupéfait. Non, tu ne peux pas comprendre… Ton marchandage ne marchera pas avec moi. Tu dois juste… Disparaître d'ici. Ce que tu allais faire avant que je n'arrive… 

    Mes genoux maintiennent tes bras, tout mon poids repose sur ton buste. Je t'écrase de mes poings, de mon poids. Je t'écrase et tente d'ôter de toi cette putain de vie que tu ne mérites pas. Tu dois crever… Je veux que tu crèves… que de tes plaies s'écoulent le sang, encore, encore et encore! Je veux… j-je… dois… 

    Mon corps a entamé cette manoeuvre sans mon réel accord. Je sais que le manque a pris le dessus sur moi. Je sais aussi que je n'ai aucun droit de faire cela. Mes phalanges ont marqué ta peau, je t'ai privé d'oxygène. Peu à peu l'étreinte de mes doigts sur ta gorge s'est faite plus ferme, plus forte et cruelle. J'ai observé dans tes yeux cette lueur, cette crainte terrible qui t'animait à l'idée que j'allais bel et bien t'ôter la vie, qui que tu sois.

    Et j'ai appuyé de plus belle, sentant ton corps pris de spasmes, cherchant à se défaire de moi. Mais ainsi tu n'as aucune chance. Je vais te tuer, toi qui a croisé mon chemin et a commis cette faute que j'ai jugé imputable de la peine de mort. Car je suis incapable d'attendre plus, car j'en ai besoin. Car je suis un monstre au même niveau du tien à ce moment même.

    J'ai continué, même après que ton corps se soit raidi, que la vie t'ait quitté. Que tes yeux si expressifs soient devenus vitreux, vides. J'ai continué à presser de tout mon poids contre ta gorge. Sentant très bien que ton pouls était passé de montagnes russes à un néant significatif.  Et ce souffle que l'on entend s'élever au-dessus de nous n'est pas le tien, mais bel et bien le mien. Je suis au bord des larmes, mon corps est parcouru de tremblements nerveux. Dans cet instant qui n'a plus le moindre sens je cherche une raison, un moyen de ne pas perdre pieds d'avantage. De m'obliger à voir cette mort comme nécessaire… Je ne dois pas la gâcher. Je sais que continuer ainsi est dangereux et que chaque jour que je passe sans m'alimenter ne fait qu'atténuer mes chances de les faire payer. 

    Alors aujourd'hui j'ai consciemment choisi ta mort pour alimenter la mienne. Vérifiant d'un coup d'oeil distrait le lit… L'enfant semble encore endormi, j'entends son souffle. C'est désormais le seul bruit dans la pièce.

    Ma main s'est portée à ma ceinture, y attrapant l'un des crans d'arrêt que je transporte depuis qu'Eden me les a donné. J'ai passé la lame sur cette peau désormais marquée de mes empreintes et j'ai cherché cette veine qui ne palpite désormais plus. Cherchant son relief avant d'entailler la chaire, l'ouvrant suffisamment pour voir ces premiers flots chauds s'écouler et… M'attirer cruellement à eux. 

    Mes yeux se sont clos. J'ai attiré le corps contre moi et j'ai pressé mes lèvres contre la plaie béante. Je suis comme un nouveau-né qui téterait au sein de sa mère, faisant par la même occasion mon baptême en trempant mes lèvres dans ce que je m'interdisais jusqu'ici.

    Le sang m'a empli le palais d'un rouge grenat. Le liquide épais a coulé contre ma langue la longeant, cette chaleur qui en émane réchauffe ma gorge. Je n'arriverais pas à expliquer pourquoi je suis capable d'avaler cette liqueur ainsi, sans un haut-le-coeur. Peut-être parce que j'essaie de me persuader que je ne peux pas gâcher. J'ai ôté une vie et je ne peux me permettre d'en perdre une seule goutte. J'ai joué aux dieux et je ne peux pas rendre égoïstement ce que j'ai pris. Alors je bois, j'avale, je suce, de tout mon saoul je me nourris. Je me repais de ce festin terrible, de ce corps dont je vide de cette température, de ce bouillon de vie. Parfois je retiens quelques hoquets, je crois que quelques sanglots se sont perdus au fond de ma gorge. 

    Plus j'ingurgite et plus je réalise l'abomination que l'on m'a fait devenir. Ces cinq jours n'étaient rien, désormais ma mort est un enfer. Depuis le début il le savait. Son sourire, ses mots… Il n'attend que ma chute dans ce monde pour raffermir son emprise sur moi. Me faire devenir misérable. Rampant, incapable de supporter ce vers quoi je suis en train de me tourner.

    Ils vont payer. Tous. Je leur ferai comprendre, je leur ferai subir, ressentir dans chaque parcelle de leur corps, de leur esprit, qu'ils ne sont rien. Qu'ils  vont simplement supporter indéfiniment cette emprise qu'ils ont cru avoir sur moi. Je vais leur faire payer pour chacun d'entre eux qu'ils ont tué sous mes yeux de la pire façon qu'il soit. Ils vont payer le prix fort. Car il est hors de question que je crève d'avantage. Et que si aujourd'hui je suis un monstre, demain je deviendrai le diable lorsque j'abattrai sur eux la main d'une terrible colère.

    Plus j'y pense et moins je me rends compte de la quantité de sang que j'aspire de ce corps désormais creux. Je ne sais pas combien de temps je suis resté ainsi. Je sais simplement que la source s'est asséchée, mes yeux se sont ouverts, me faisant quitter cet état de transe. Et j'ai abandonné ce corps sans la moindre difficulté. Le relâchant sur le sol tel un pantin désarticulé. Mes sens n'y voient plus d'intérêt… Mon esprit cherche à le nier. Mais mon corps ne rejette pas ce qu'il vient d'avaler, loin de là. Je me sens étrangement calme, un calme terrible. De ceux qui nous font nous sentir vide… Il vaut mieux qu'il n'y ait rien. Pas la moindre réaction sinon je sombrerais dans la folie. 

    Je me suis redressé, sans le moindre mal. Comme si j'avais bu à la fontaine de jouvence je me sens reposé, détendu… Et je m'approche de ce lit en m'essuyant le visage d'un revers de main, nettoyant ce sang dans ma manche. 

    Je ne sais pas si l'enfant est réveillé, s'il est drogué ou juste assommé. Je ne veux pas l'effrayer alors de façon précautionneuse j'ai attrapé les draps pour envelopper son corps dedans. Puis je l'ai porté, le pressant contre moi avec la plus grande douceur dont je pouvais faire preuve… J'ai tué un homme de ces mêmes mains. 

    Rapidement j'ai quitté la pièce. Nous ne devons pas rester là, tu ne dois pas voir ça. On doit retrouver tes parents, quelqu'un… quelqu'un doit sûrement s'inquiéter pour toi et… Je suis mort, qu'est-ce que je peux faire?

    Dans le couloir, j'ai trouvé refuge dans la chambre où il n'y avait personne le temps de passer un coup de fil. Gardant ce corps dans mon bras, contre moi. J'ai sélectionné ton contact, espérant, ayant oublié aussi que tu étais peut-être en danger. Mais je ne sais pas où tu es et… je suis si calme.



    Adossé contre la porte qui se claque. Mon oreille contre le téléphone, j'attends… et je soupire.

    " Eden… me lâche pas maintenant putain… " car j'ai l'impression que le sol vient de s'ouvrir sous mes pieds pour que je m'engouffre dans un magma brûlant. 

    Mes années militaires m'ont permis de compartimenter, et là c'est un putain de tetris qui se joue dans mon esprit. Mais si par ta faute une pièce ne s'insère pas correctement à un endroit je vais péter un plomb.

    Je suis devenu un monstre en mon âme et conscience. Un putain de monstre.

    × Evolution :
    × Image : × Age de la mort : 27 Masculin
    × Age post-mortem : 969
    × Avatar : Trafalgar Law - One Piece
    × Pouvoir : Vampire : Groupe A+
    × Croisée avec : Un chieur.
    × Appartement : Van Gogh
    × Logement : Venez !
    × Métier : Malfrat, enquêteur, protecteur. Propriétaire du Bchobiti.
    × Péripéties vécues : 713
    × Øssements1535
    × Age IRL : 30 Féminin
    × Inscription : 10/04/2017
    × Présence : complète
    × DCs : Pom Warren, Cinemont, Rose

    Feuille de personnage
    × Degré d'amusement:
    100/100  (100/100)
    27Masculin969Trafalgar Law - One PieceVampire : Groupe A+Un chieur.Van GoghVenez !Malfrat, enquêteur, protecteur. Propriétaire du Bchobiti.713153530Féminin10/04/2017complètePom Warren, Cinemont, Rose
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    DIEU ALPHA TOUGENKYOU
    La cour des miracles.
    ♠️ ROI DES VOLEURS RECHERCHÉ
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    27Masculin969Trafalgar Law - One PieceVampire : Groupe A+Un chieur.Van GoghVenez !Malfrat, enquêteur, protecteur. Propriétaire du Bchobiti.713153530Féminin10/04/2017complètePom Warren, Cinemont, Rose
    DIEU ALPHA TOUGENKYOULa cour des miracles.♠️ ROI DES VOLEURS RECHERCHÉ
    Terminé
    #33 le 09.10.17 18:37





    Je n’ai pas eu le loisir de te voir te délecter de ce sang et sans doute que c’est mieux, car vu la raclé que tu t’es pris, je serais sans doute intervenu pour t’éviter de crever. Il est beau le héros ! Franchement, je ne peux pas compter sur toi. Rappelle-moi de ne plus te demander de l’aide quand il y a ma peau et mes os qui sont en jeux.  Je n’ai pas vu le spectacle de ce corps béant vidé de son sang et de son énergie vitale. Au moins, tu évites que le sang ne s’introduise trop partout ! Car entre nous, le service de nettoyage a toujours des difficultés à passer après mon passage. Disons que je suis bien moins soigneux que toi. Que veux-tu, la gourmandise est mon péché mignon et je pense que la chair visible de mon ventre et de mes hanches le disent bien. Si je ne suis pas gros, je ne suis clairement pas maigre. Au contraire, mon IMC me dit légèrement en surpoids – je devrais me mettre au régime à l’occasion, Philip n’arrête pas de me le dire – mais mes amants et amantes ne se plaignent pas de ma carrure mafieuse. (En même temps, qu’ils s’en plaindraient serait sans doute le dernier de mes problèmes.)

    J’aurais adoré voir ta victime agonisante au sol et te voir l’achever. PUTAIN. Rassure-moi, tu as pensé à la mordre APRES l’avoir tué ? T’es tellement un connard quand tu t’y mets qu’il faudra que je m’en assure. Ce n’est rien de plus, rien de moins que ce qu’il méritait (ce sale chien.) Je suis navré Urie, mais je suis un monstre ! Cet homme que tu as tué, je le retrouverais dans l’autre monde, je l’épierais et s’il s’oriente vers ses penchants misérables, je le réduirais en poussière jusqu’à ce que l’unique danger qu’il représente soit des grains de poussière poussés par le vent. Je suis ainsi. Je ne changerais pas. Je me fous de votre conscience et de votre bien et de votre mal. Je ne suis PAS Dieu. Je joue à Dieu. Et s’il était contre ça, il n’aurait qu’à intervenir au lieu de dire « Je laisse les hommes libres de leurs choix. » TU CROIS qu’ils ont le choix quand ils sont des gamins ? PUTAIN. Déjà ça me tuait quand j’étais gosse, de voir les brigands de grands chemins abuser des petits paumés. Personne ne leurs disaient rien. Je fais des choix ! On ne peut pas me reprocher de ne pas suivre la règle.

    Et je fais celui de décider de qui doit vivre ou mourir. Les monstres doivent crever et crever encore, jusqu’à ce qu’il ne reste que des os chez les vivants et de la poussière chez les morts. J’exulte de plaisir à les voir se tordre de douleur et ; sans doute que celui-ci a eu de la chance que l’exécution ne soit ni de Lun Marv, ni de moi-même. Car j’aurais été moins doux. Mon ciseau papillon a la finesse d’un scalpel et quand je découpe un corps, il n’y a aucune déchire. Tout est net et précis, même quand le corps remue sous moi.

    Oui, nous aurions sans doute été bien moins gentils. Je suis un prédateur qui joue avec sa proie avant de l’achever. Qu’il remue, se tord, supplie et implore. Je lui rends ce qu’il a donné. Tu es un tueur. Tu l’étais avant de mourir et même si tu le réfutes, car les ordres ne venaient pas de toi, tu exécutais déjà des hommes bien avant d’avoir des canines pour t’en nourrir. On ne peut changer ce que nous sommes, Urie. Nous ne pouvons pas détourner les yeux de ce que nous voyons. Et si je le fais, que je les laisse s’échapper et que je vois arriver des minots souillés par eux, je ne pourrais que m’en prendre à moi-même.

    Mon petit corps d’enfant a remué, un peu abruti par la drogue dans le sang. Je me sens un peu crétin. Je ne pensais pas qu’il me droguerait et encore moins que ça aurait un tel effet sur moi. Je n’ai pas pris en compte le sang que j’avais déjà perdu par ta faute. Je me sens nauséeux et je sens encore sa bouche sur la mienne et ses doigts sur mon corps. Je me demande jusqu’où il a été après que j’ai sombré. La présence de ma robe est rassurante, celle de l’absence de sous-vêtement, beaucoup moins. Mais je n’ai aucune douleur. Mes doigts s’emprisonnent sur ma chair dans un spasme de dégout. Je me dégoute véritablement. Le temps de quelques secondes avant de me reprendre, de me pourfendre d’un sourire amusé et de sentir l’odeur du sang.

    Tu es là, et t’es paumé. T’es juste devant la porte. Adossé, accroupi, assit, replié, prostré. Tu la joues sombre ténébreux ? J’avoue que ça te va bien, mais tout de même. Calme-toi !

    Sale crétin ! Tu n’aurais pas pu arriver un peu plus vite. Un instant, mes yeux restent arrondis en réalisant ce qu’il a manqué de se passer. Parfois, je suis imprudent. Je voulais juste te sauver. Tu comprends. Je ne voulais pas te mettre dans cet état. Je ne te mentirais pas. Tu dois savoir. Et je sais que tu vas m’en vouloir. Mais Urie, je veux que tu vives. Tu n’es pas un monstre. Un connard, un salaud, un bâtard et parfois, quand tu me l’autorises, tu es un peu ma chienne. Mais tu n’es pas et tu ne seras jamais un monstre. Même quand tes doigts s’enfoncent dans l’œil d’une femme que j’ai apprécié : tu es traumatisé. Et ça va aller. Ça va aller. On va trouver une solution : et la première est de t’éloigner de moi. Je t’ai mis sur les rails, je suis la première gare. Il est temps de partir, comme tant d’autres avant toi. J’aime bien cet instant où je vois le petit faire ses premiers pas et les franchir.

    Je m’étire, sans larme, sans pleurs. Je ne joue pas à l’enfant. Je présume que mon air amusé et mes yeux graves ne doivent pas vraiment correspondre à l’enfant que je suis sensé être. Est-ce vraiment important ? T’es en train de téléphoner. De me téléphoner ? T’es mignon. Je suis désolé, j’ai bloqué tes appels. Je cherche dans les doublures de ma robe, je le trouve, et je l’abandonne sur le lit avec mes armes, et une seringue encore remplie. Je pense que j’ai été idiot d’accepter le soda. Tout ça ne m’aurait servi à rien vu dans l’état où j’étais.

    Mes pieds nus d’enfant touchent la moquette sale de l’hôtel et la petite robe tombe sur le sol en même temps que je pousse une chaise contre une penderie pour attraper un grand tee-shirt – de toute façon t’as les yeux fixés sur ton portable, et je sais bien que tu n’es pas un pervers donc je ne m’inquiète pas. J’enfile un tee-shirt et ma forme reprend peu à peu celle d’origine. C’est rapide, mais pas immédiat. Je grandis, je change de sexe, je me développe. Un vrai spectacle de magie. Et encore une loi d’enfreinte. Si un vivant m’avait vu … Mais tout est bien qui se termine bien. Sauf pour le cadavre dans l’autre pièce. Quoiqu’il va bien terminer. En nourriture pour cochon qui termineront eux-mêmes dans l’assiette des vivants. Pas la peine de prendre cet air dégouté ! J’y suis pour rien si les cochons raffolent des porcs.  Je m’assois sur la chaise, enfile mon pantalon, récupère mes armes et mon portable et je me rapproche de toi. Je reconnais que tu as été aussi prévisible qu’imprévisible sur ce coups-là et surtout :

    « Tu es en retard. »

    Mes doigts se sont posés sur ton téléphone portable. Je suis là. Pas besoin d’appeler. Je suis là. Calme-toi. Je suis là, Urie. Je ne t’abandonne pas. Mes yeux ont cherché les tiens et pendant un instant j’ai senti toute ta détresse. Je t’ai attiré contre moi, tu peux te débattre, je vais te garder. Je vais te garder. Je ne sais pas si tu es vraiment près à partir. Je devrais peut-être attendre un peu ? Ou suis-je prêt à te laisser partir ? Ce dilemme m’agace !

    Urie, je suis désolé.  Je le suis. Je ne le dirais pas. Je ne peux pas me montre faible devant toi. Tu dois comprendre. Je couche avec toi pour calmer tes pulsions, je te traine avec moi pour calmer ta soif, mais je ne veux pas de retour. Tu vas virer, tôt ou tard. Car tu n’es pas l’un des nôtres. Je n’en demeure pas moins désolé.

    De t’avoir piégé, mais tu aurais accepté de jouer le jeu si je te l’avais proposé ? Tu sais comment les gens surnomment les personnes comme toi : les anges de la nuit. Tu n’es pas Dieu, mais tu veilles sur ceux qui n’ont rien d’autres que nous pour les protéger. Les gouvernements ont depuis longtemps raté leurs missions d’aider et de protéger. Les femmes et les enfants sont les victimes premières d’une société qui ne trouve aucune solution pour arrêter le sang qui glisse de leurs visages et de leurs cuisses. Il suffit de voir le nombre de personnes qui arrivent dans le monde des morts après avoir été violé, d’un suicide suivant un viol. Il suffit de regarder le nombre de chimère et de personne perdue qui arrive au Bchobiti bar. Je suis là pour les protéger. Vers qui pourraient-ils se tourner ? Un roi des lémures qui ne peut rien faire dans le monde des vivants et qui nous interdit d’intervenir ? Un roi des vampires qui est trop doux et tendre et qui n’a d’existence même pas un siècle ?

    Alors oui, je n’ai aucun droit, je suis dans l’inégalité et je t’ai conduit à faire des atrocités. Et je suis désolé de t’avoir menti. Mais je ne regrette rien et si c’était à refaire, je le referais sans le moindre souci, sans la moindre culpabilité et sans la moindre honte. Car ta vie vaut mille vie comme celle que tu viens de tuer. Car on ce qu’on croit mériter. Et tu mérites bien mieux que d’être à moitié vivant tandis qu’ils s’amusent d’enfants comme de jeux d’échecs. Je dois prévenir Lun que ça s’est bien passé et qu’il peut éliminer un nom sur sa liste. Peut-être qu’un jour je pourrais te le présenter. Il pourra t’être d’une aide précieuse pour comprendre le monde des vivants, pour trouver des personnes et pour couvrir tes traces. Il risque surtout de ne pas comprendre qui tu es, mais ça n’a pas grande importance. Par habitude, et parce qu’on se connaît depuis bien plus longtemps que le raisonnable ne l’autoriserait, on peut dire que je lui fais confiance sur ses partenaires et qu’il me fait confiance sur les miens.

    Bien que je ne pense pas que ce soit important de le faire quant à ton cas. Il est clair que tu ne supporteras jamais la vie du Bchobiti. L’inégalité, la prostitution, la drogue, les jeux d’argents, ce n’est pas fait pour une gentil petit militaire comme toi. Tu as besoin d’être le toutou du gouvernement et tu termineras dans l’un ou l’autre poste. Tu oublieras le Bchobiti comme d’autres protégés avant toi et tu reviendras au comptoir ou devant la porte de mon bureau les soirs où tout ira mal. Mais, j’ose espérer qu’à présent : les choses iront mieux pour toi.

    Ce n’est pas moi qui t’ai transformé, tu ne devrais pas être de ma responsabilité, mais le fait étant que celui qui t’a transformé me bat certainement au test de pureté. C’est fâcheux, j’ai pourtant un sacré bon score. Et que je considère que si je n’avais pas frappé à ta porte, tu aurais terminé comme nombreux vampires, en poussière chez les vivants, une disparition inexpliquée chez les morts. Dès l’instant où je t’ai sauvé la vie, tu es devenu mon problème.

    Et je dois avouer que tu es un gros problème. Ne t’es clairement pas qu’un bouton d’acné sur la gueule d’un adolescent, t’es un cancer dans mon pancréas. Et les problèmes se multiplient plus vite avec toi que l’augmentation des cellules d’une maladie. Si je perds mes jours gagnés, je te préviens que tu perdras les tiens à te racheter !

    Je pourrais te dire qu’il aurait fini par tuer un enfant dans la semaine ou le violer et le laisser ainsi. Je pourrais te dire qu’au Japon, à partir de treize ans, il est autorisé de s’offrir à ce genre de pervers et qu’on a sauvé bon nombre de fillettes. Je pourrais te dire que tu as fait quelque chose de formidable. Mais tout ça, t’es pas encore prêt à l’entendre.

    Je peux juste être là, pour toi … Et je crois que ce soir, c’est bien trop peu sur la balance de ta culpabilité. Et je voudrais tellement faire plus. Tellement faire davantage.




    URIE !
    Tu fous quoi à rester immobile ? C'est ça qu'on apprendre à l'armée ?

    « Viens, on doit partir. » Je dois demander au service de nettoyage de passer et de faire disparaître le corps et nous devons être loin, très loin quand les enquêteurs remonteront la piste. Même si je doute que quelqu’un s’intéresse aux sorts de ce pauvre bougre ce soir.

    « Allez. Bouge …. » On va aller à ton appartement, ils doivent déjà être passé pour nettoyer. Ne m’oblige pas à te poigner une arme dessus ou à t’assommer pour te faire bouger. J’ai quand même une mission à remplir et je compte bien la remplir dans les prochains jours. Et tu pourras rentrer seul, demain, chez les morts et ne plus jamais me voir. Mais ce soir, je vais m’assurer que tu te donnes pas au premier venu, que tu ne boives pas à en crever et que tu ne termines pas attacher à un arbre à te changer en poussière. Allez grouille. Va pas me contraindre à te faire perdre le sang que tu viens à peine de boire.

    En y pensant, t'étais déjà bien relou à l'époque, non ?

    ...

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    #34 le 12.10.17 0:31

    JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE

    La petite ritournelle VII

    - Comme un goût de sang -


    La scène me paraît surréaliste. Mon dos est resté plaqué contre la porte à mesure que s'écoulaient les secondes. Chaque seconde qui passe me semble encore mon sensée que la précédente. J'ai l'impression de manquer un temps, une information, quelque chose d'essentiel à cet instant précis. Mes yeux voient, saisissent la scène pour tenter d'en amener l'essence à mon esprit mais ce dernier s'y refuse. Je suis figé sans parvenir à comprendre dans quoi exactement, j'ai l'impression d'être dans un cauchemar, quelque chose qui ne peut qu'aller en s'empirant jusqu'à ce qu'enfin je m'éveille.

    Mais il n'y aura pas de réveil. Il n'y aura pas d'autre réalité que celle-ci. Il faut que j'arrive à en décrypter chaque instant pour être certain de bien en saisir tout le sens. Mais je n'y arrive juste pas.

    Une étrange sensation de brûlure irradie mes épaules, comme si on avait injecté de l'acide dans mes muscles. Je me demande quelle peut être la physiologie d'un tel phénomène ; pourquoi un tel impact mental déclenche-t-il la corrosion de mes muscles?

    Je me le demande, j'aimerais te le demander aussi, tu es médecin non?.. Alors explique-moi pourquoi subitement mon corps vient de se recroqueviller, comme si une vague de froid venait de s'abattre. Un frisson dans ma nuque, je sens mon coeur battre à tout rompre. Dans ma poitrine, dans mes tempes. J'ai ces tremblements nerveux.

    Eden qu'est-ce que tu as fait?.. Eden qu'est-ce que tu m'as fait faire? Eden je ne comprends pas. Eden pourquoi? Eden… c'était quoi ça? Eden est-ce que t'as vraiment fait ça? Eden est-ce que tu m'as fait faire ça?.. C'est impossible. C'est… T'aurais jamais fait ça.

    Je te fixe, totalement paumé subitement, je crois que mon corps entier est sur le point de s'effondrer, mon esprit vrille dangereusement vers quelque chose que je risque de ne pas pouvoir supporter. 

    Un sifflement, un grésillement je ne sais pas exactement, y'a un truc en fond, un bourdonnement peut-être. C'est comme si tout à coup mon esprit tentait de mettre en veille mes sens, mes pensées devenues chaotiques. Je n'entends pas ta première phrase… Ni la seconde. 

    Et si mon corps s'est mis en mouvement ça n'est pas de ma volonté. Si l'on a changé de lieux je ne sais pas comment, si j'ai appuyé sur le bouton de l'ascenseur pour nous mener à l'étage de mon appartement je ne m'en souviens pas. Les clefs dans la serrure, non plus. 

    Mes fringues au sol, j'ai eu l'impression d'étouffer je crois. J'ai eu chaud, trop chaud, ma tête tourne je ne me sens pas… bien. Je crois. Je t'ai laissé dans la pièce principale et suis allé me réfugier dans la salle de bain. Mes moments d'accalmie je les passe souvent dans une douche. L'eau froide me permet de recouvrer mes esprits, ravive mon corps aux membres engourdis. 

    Je ne sais pas… est-ce que je veux savoir? Que s'est-il passé? Qu'est-ce que j'ai fait? Je l'ai tué… je m'en suis nourris. Le sang, je l'ai avalé, entièrement… Je suis calme. Je suis tellement calme. Le sang a apaisé cette anarchie et c'est d'autant plus cruel que de m'en rendre compte. Je suis l'un d'entre eux. Il m'a fait appartenir à cette même race et…

    (…) qu'est-ce que tu as fait?.. (…) qu'est-ce que tu m'as fait faire? (…) je ne comprends pas. (…) pourquoi? (…)… c'était quoi ça? (…) est-ce que t'as vraiment fait ça? (…) est-ce que tu m'as fait faire ça?.. C'est impossible. C'est… T'aurais jamais fait ça. 

    Une succession de questions auxquelles je ne veux pas répondre. L'eau est gelée je crois, j'y suis depuis quelques minutes… 2? 15? 30?… Plus? Mes lèvres sont bleues, ou peut-être déchiquetées par mes dents humaines. Mes mains plaquées sur la paroi en face de moi. Ou contre mon corps. J'ai les yeux fermés ou peut-être ouverts, je regarde le sol ou peut-être le plafond.

    Je ne sais pas… Je ne veux pas savoir… Je ne sais pas… Je ne veux pas savoir. Je ne sais plus. Je ne sais plus. Je ne sais plus. Je ne sais plus. Non… Je dois savoir. Je l'ai tué. Je ne dois pas oublier à qui j'ai ôté la vie ni pourquoi. Il l'aurait… Eden qu'est-ce que tu as fait? Il t'aurait… Pourquoi tu as fait ça? Mes mains remontent contre mes tempes, ou peut-être que mes poings sont serrés, incrustant dans ma peau ces demi-lunes que font mes ongles contre la pulpe de ma paume. 

    Je suis calme.

    J'ai tué un homme.

    Je suis un vampire.

    J'ai bu son sang.

    Je suis calme.

    Je dois être calme.

    Je suis mort.

    Je suis en vie.

    Je ne me suis jamais senti aussi vivant, traversé par tant d'émotions, de sensations, de… choses que je n'arrive pas encore à comprendre. Tout est tellement intense, de façon insensée. Tout est trop. J'ai besoin de me calmer.

    Je suis calme.

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    #35 le 22.10.17 17:34





    Je me suis installé sur un fauteuil. Je regarde les livres de ta bibliothèque et les parcoure des yeux. Je contemple les écritures, les titres et je découvre des détails que je ne connais pas sur toi. Des passions communes : la cuisine, l’amour pour le Japon et des livres sur les dessins et la peinture. Je me suis mis à fouiller et vu ton talent pour le rangement – tu veux te mettre en soubrette un jour pour moi – je ne doute pas que tu verras que j’ai fouiné. Si t’es encore en état de constater quoique ce soit. Tu sais que je n’ai aucune pudeur et je cherche tes carnets à dessins. Il doit bien y en avoir qui trainent – pardon, monsieur l’ordonné – qui sont rangés dans un tiroir ou un placard.

    Le genre de livres qu’on nous offre à noël ou pour nos anniversaires en fonction des gouts que les gens connaissent de nous. Tu ne devais pas passer beaucoup de temps ici. Tu ne devais pas lire souvent ce genre de bouquin. Qui lit vraiment un livre entier de recettes de cuisine et qui trouve ça fun pour passer son temps libre. Sans vouloir être désagréable, je pense que la mort va être plus fun avec toi que ta vie ne l’a été.

    Je cherche à regarder les photographies sur les murs sans en trouver une seule. A dire vrai, ce lieu ressemble aux appartements que j’ai achetés et qui me permettent de dissimuler mon existence mortelle. Des appartements témoins où le personnel de ménage est chargé de passé une fois par semaine, de ramasser le courrier et de faire croire que je vis bel et bien là si on pose des questions. Est-ce-que tu étais un témoin protégé ou un espion ?

    Même pas. Même mes appartements sont plus chaleureux que cet endroit.

    T’es clairement une énigme, Urie Kaneki.  Je me demande de quoi tu es capable et jusqu’où tu peux aller. J’ai frappé, trois petits coups, murmurant ton nom. Je me souviens plus de ce que je voulais dire.

    J’entends le bruit de la douche qui tombe dans un bruit sourd de cascade. Je suis certain que tu es totalement en train de paniquer. Jusqu’à quel point est-ce que tu peux prendre des décisions imprévisibles ? Essayes-tu de te faire vomir ou de te tuer toi-même ? Est-ce que j’ai une seule chance de te sauver, je me pose sincèrement la question. J’ai eu bon nombre de mes protégés qui se sont perdus et qui ont demeuré ici. Les poussières des vampires souillent depuis très longtemps nos terres.

    Je crois que ceux qui mordent à tout va sont inconscients. Je savais où je mettais les pieds et j’ai pris soin des rares personnes que j’ai transformé. J’ai essayé d’aider tant et tant de personnes qui ont été mordu et abandonné.

    Un jour, tu deviendras le second du roi. Je ne le sais pas encore, mais un jour, tu le seras. Et ce jour-là, je t’en supplie, Urie, impose une loi. Une loi qui oblige celui qui mord à prendre les responsabilités de l’enfant qu’il engendre.

    Mes doigts appuient sur la poignée de la porte de cette salle de bain. Je force l’entrée, j’essaye d’ouvrir, allant devant et derrière. Puis, je finis par ouvrir la porte en la crochetant. C’est assez facile de faire tourner un verrou dans une porte. Je suis rentré dans la salle de bain.

    A l’exception de mes chaussettes, je n’ai retiré aucun vêtement et je suis rentrée dans la douche, poussant la porte de la vitre. Je me suis assis devant toi et j’ai remonté tes cheveux derrière la tête.

    Frappe-moi. Mords-moi. Insulte-moi. Bouge. Je suis désolé. Je n’ai pas pensé qu’il allait me droguer. J’étais une gamine, je ne pensais pas qu’il en aurait besoin. Je pensais le tuer moi-même avec mes couteaux et que la vue du sang te donnerait envie de boire. Je ne pensais pas que tu aurais à vivre tout ça tout seul.

    Je ne vais pas t’abandonner. Je veux juste. Urie. Je n’ai peut-être pas la bonne méthode mais j’ai besoin de te voir en vie. J’ai besoin de te savoir vivant. J’ai besoin que tu ouvres yeux et que tu deviennes plus ouverts pour toi-même. Tu dois ouvrir les yeux, tu dois te concentrer, tu dois user de ta bonne conscience. Je t’en supplie.

    Je pense fortement à toi.

    « Urie … »

    Tu n’es pas un monstre. Tu es un meurtrier. Je sais faire la différence entre les deux et toi, est-ce que tu sais faire la différence entre l’un et l’autre ? Je sais faire la différence entre l’un et l’autre. J’ai vécu assez longtemps pour savoir faire la différence. Philippe a été un meurtrier mais il n’était pas un monstre.

    Quelle est la différence Urie. Quelle est la différence entre ça et ton ancien travail. Ce type était un danger. Il l’aurait été jusqu’à sa mort et il l’est encore s’il vient dans notre monde. Il n’abandonnera jamais ses proies et elles sont bien trop petites et fragiles pour se défendre. Lun a fait un choix, un choix que Pom ne comprend pas, mais ce choix est clair.

    « Parle-moi. »


    Arrête de te faire du mal. Parle-moi, explique-moi ce qui tu vis, ce que tu traverses. Essaye au moins. Allez, merde. Tu ne vas pas mourir là. Urie, qu’est-ce-que je peux faire pour t’aider ? Je veux t’aider. Et tu dois m’aider. Tu dois m’aider à te comprendre. A savoir comment je peux faire et agir pour t’aider.

    « Tu dois sortir de là … »
    J’ai levé la main pour éteindre l’eau, tu es gelé crétin.


    .
    ... Urie, ... aide-moi.


    Tu devais... t'alimenter.
    .
    Pardonne-moi de t'avoir faire ça.

    ....

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    #36 le 25.10.17 18:11

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    La petite ritournelle VII

    - Comme un goût de sang -


    Je me suis perdu quelque part dans mon esprit, toujours en train de réfléchir, dans quelques dédales et autres bribes de souvenir. Cette sensation qui m'a galvanisé lorsque le goût de fer est entré en contact avec mes papilles. Lorsque j'ai senti mon palais se teinter de grenat puis enfin, cet instant où ma gorge a été emplie de ce liquide bouillonnant, cette vie que j'ai aspiré, sucé jusqu'à la moindre dernière goutte.

    Je ne t'ai pas entendu entrer dans la pièce, penses-tu. Je suis ailleurs, je cherche à me retrouver sans savoir si cela sera possible un jour. J'ai passé la ligne, celle qui me séparait d'eux. Celle qui, quelque part, me permettait encore de penser que je ne faisais pas partie de ce monde. Le monde des morts. J'y suis désormais, j'y suis bel et bien et plus jamais je ne pourrai faire marche arrière. Il est trop tard. Bien trop tard. Pourtant je sais, je sais bien Eden, si je ne l'avais pas passé j'aurais terminé par mourir et avant cela j'aurais peut-être été transformé en monstre sanguinaire, j'aurais causé la mort d'innocents sans la moindre réflexion et je me serais laissé crever avec bien des remords. Je me serais condamné à jamais, moi et mon putain de sens de la justice.

    Alors me voilà, dans cette douche à même le sol. Adossé au mur, torturé par ce que je viens de faire, par le sentiment que cela m'a procuré. Je me sens serein et pourtant tellement coupable… Je sais, je sais… Il faut que je reste rationnel. Mais ce qui me tord le bide ne l'est pas. J'ai cette terrible impression d'être devenu à mon tour un monstre sanguinaire. Cet homme qui m'a transformé… j'ai cette étrange idée que c'est comme s'il m'avait engendré, en quelque sorte enfanté. Ce lien que j'essaie de combattre et qui me gagne petit à petit quoi que je fasse. J'ai lutté jusqu'à en perdre la raison et j'ai perdu cette partie… De toute façon je ne pouvais que la perdre. La mort ou le sang. Ses coups étaient gagnants quoi que je fasse.

    Puis, dans cette torpeur, il y a cette voix. Mon nom que tu appelles et qui me tire de mes pensées sombres. Il y a toi qui m'a piégé, qui m'a fait sauter à pieds joints dans ce bain de sang. Depuis le début, de tes lèvres où tu m'as fait recueillir les premières gouttes à aujourd'hui… Tu es celui qui a un rôle bien loin d'être anodin dans ces premiers chapitres qui composent ma mort. Et même si je ne le sais pas encore, tu seras au devant de bien d'autres scènes encore.

    L'eau s'est stoppée, arrêtant avec elle cette stupide sensation que tout est en train de s'effondrer sur mes épaules. Je relève alors les yeux sur toi et te dévisage un instant. Je ne fais pas attention au sens de tes mots, à vrai dire ils ne m'atteignent pas, tout comme ce froid. J'ai d'ores et déjà commencé à scinder mon esprit pour relayer ce souvenir au plus profond de mon esprit, ainsi que tout ce qu'il entraine avec lui -mon humanité-.

    " … "

    J'ai beau y réfléchir, malgré tout ce que cela implique. La façon dont tout ça a tourné, comme tu as manigancé toutes ces choses. Depuis le début tu voulais que j'atteigne ce but n'est-ce pas? Tu as beau te comporter comme un putain de connard dans le fond on se ressemble et tu es capable du pire lorsqu'il s'agit de sauver quelqu'un d'une noyade certaine. Comme de balancer le cadavre d'un type capable de violer une gamine sans la moindre défense, afin que je m'y agrippe et m'en fasse un radeau de fortune.

    Tu veux que je te parle, hein? Mais pour quoi dire? Que veux-tu entendre? Le bourdonnement dans mon crâne va me rendre dingue.

    Lentement ma main s'est levée, saisissant ton col, peu à peu je t'intègre à cette bulle que je me suis créée. Ou alors je reviens à la réalité, je ne sais pas très bien encore. Je t'ai fait t'approcher, et alors que mon poing se serre, prêt à frapper je me suis ravisé. J'ai lâché de mes prunelles ton visage, mes doigts se sont desserrés de tes habits et mon regard vide s'est reposé sur le sol. Dans un souffle, presque un murmure je me suis finalement adressé à toi.



    " Va-t-en. "

    Je n'ai pas encore trouvé la façon de gérer ce qui s'est passé. Je ne sais pas si je t'en veux, si je m'en veux, si j'en veux à ce type d'avoir voulu faire ça ou à ce vampire, ce fils de pute qui m'a mis dans cet état misérable.

    Laisse-moi me renfermer, ne me force pas à m'ouvrir. Je ne sais pas faire ça. Je n'ai besoin de personne, je dois gérer cette crise en interne. Je dois juste contenir cette explosion quitte à ce que mes tripes terminent en lambeaux. Je dois réfléchir… Mes paumes se plaquent de chaque côté de mon crâne, si seulement ce sifflement voulait s'arrêter. J'ai besoin de calme. Je risque de perdre les pédales si le silence ne revient pas rapidement dans mon esprit. Et ça ne semble pas bien parti pour se faire.

    Le problème, lorsque quelque chose nous assaille et que l'on ne sait pas mettre les mots dessus, c'est qu'on ressent une sorte d'oppression. Comme un trou dans le ventre, comme un poing s'y enfonçant et s'amusant à tirer sur nos organes internes. Sans jamais le faire totalement. Et ça monte, ça ne fait qu'empirer et nos ongles grattent la surface de notre peau jusqu'à en arracher la première couche, puis plus profondément. Il y a d'abord cette sensation, un pique puis cette idée particulière que plus on serre, plus nos ongles vont profondément et d'avantage tout ce qui nous enserre la gorge, le corps, nous empêche de respirer, va pouvoir s'extirper par ces plaies que l'on s'inflige.

    J'ai une perception étrange de la douleur, elle n'est plus la même que lorsque j'étais vivant. Ils me l'ont fait voir différemment. Et lorsque je me sens parfois trop mort, ayant cette impression terrible que la vie me fait défaut je la cherche à tout prix. J'ai besoin d'un sursaut, d'une déchirure, d'un impact, de sentir au fin fond de mon corps ces pulsations, cette adrénaline. Je la recherche désespérément afin de mettre sur off tout ce qui peut traverser mon esprit. C'est ainsi que j'ai eu tôt fait de terminer dans les arènes underground. Et qu'à force de me démener je m'y suis fait un nom. Plus on me frappe et plus je me relève, plus le sang coule et d'avantage je viens au contact, laissant mon esprit vriller jusqu'à ce que l'adversaire soit à terre. Et c'est nettement moins effrayant pour certains lorsqu'on nous inflige des coups plutôt que de nous voir nous infliger notre propre douleur, nos propres plaies.

    J'ai besoin d'une souffrance à hauteur de celle qui me percute la boite crânienne. Es-tu capable de me l'offrir Eden?..  " Tu veux m'aider hein?.. Frappe-moi. " Aide-moi à flouer mon esprit. " Tu m'as tiré dans ce piège ", tu dois être capable d'en assumer les conséquences… " Ne fais pas d'état-d'âme sous prétexte que je ne te menace pas. Frappe jusqu'à ce que je ne puisse plus bouger ", jusqu'à ce qu'enfin le mal soit expié de chaque foutu pores de ma peau.

    C'est en quelques sortes le prix que tu dois payer de m'avoir amené à faire cela. Tu te doutais bien qu'il y aurait une retombée… La voici.

    " Si tu ne le fais pas je serais capable de me faire bien pire… "

    Tu fais partie de ces personnes toi aussi?.. Qui ne supportent pas de voir quelqu'un se faire du mal? Tu as bien vu comme mon corps est strié par ces marques boursoufflées et blanchies, certaines laissant présager d'à quel point mon seuil de tolérance est élevé.

    Lentement je me suis redressé, quittant ma station assise, me plaquant les cheveux vers l'arrière pour finalement poser mon regard terne sur toi. Mes doigts ont longé ta joue, c'est étrange… ce besoin que j'ai de vouloir t'y mêler. D'une certaine façon tu es le filet qui m'empêche de tomber dans le vide. Celui-la même dans lequel je vais finir par m'emmêler bien que je ne le sache pas encore…

    " Fais-moi mal Eden… " et après tu me fileras des clopes, j'en ai besoin.

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    #37 le 30.10.17 23:29





    Urie, tu n’es pas mon premier protégé. Bien évidemment, je pourrais te dire que tu étais spécial. Ce n’est pas le cas. Mes parrainés ont souvent été déstabilisé par leur première fois. Je suis habitué à voir mes petits aidés réagir brutalement à leurs premières fois. Pleurs, larmes, vomissement, refus et souvent poussières. C’est un calvaire et un poids que très peu de personnes peuvent accepter de supporter. Se nourrir du sang d’autrui.

    A l’exception de Cyrus Kennedy qui a tout de suite été excité et heureux de pouvoir mordre son premier humain. C’est ce qui le rend spécial. Ta réaction est plutôt banale à mes yeux. Ce qui l’est moins, c’est la mienne face à toi. Je ne veux pas voir les gens se suicider, mais dans ton cas, c’est te perdre qui commence à me trotter dans la tête. Je passe tellement de temps à travailler sur ton affaire, à essayer de comprendre ce que tu as vécu et à me souvenir de notre première rencontre que je dois me perdre moi-même. Ne vas pas croire que je tombe amoureux de toi non plus, sale petite bête immonde que tu es ! Juste que tu m’intrigues. T’es un petit rat de laboratoire, rien de plus et je ne dois pas l’oublier.

    Tu as l’air si désespéré. Tes yeux vers moi, ton arrogance oublié, ta fierté broyée, tes yeux ternes et tes cheveux en arrière. Tes doigts se posent sur ma joue et tu gagnes la partie dès l’instant où tu entres en contact avec moi. La culpabilité devient un poids qui me broie le cœur. Tu étais si fier et pressé de me montrer à quel point le grand militaire est capable de mener à bien une mission, quitte à me vider ma bouteille d’alcool dans le caniveau. Et moi, je t’ai trahi. Plusieurs fois, cette nuit. En te contraignant à venir ici sous un faux prétexte, en te faisant croire que ta blessure était en train de s’aggraver, en t’obligeant à me sauver. La faim devrait justifier les moyens. Je devrais le voir ainsi. Je devrais mais tu as tes doigts sur ma joue et tes yeux qui ont perdu des teintes et tes mots.

    Tes doigts me brûlent. Merde ; T’es qu’un enfoiré. Pourquoi tu ne me reproches rien ? Pourquoi tu ne m’insultes pas, ne claques pas la porte, n’hurle pas. Pourquoi tu continues à me regarder comme-ci j’étais une bouée de sauvetage. Je t’ai jeté à la mer avec des pierres aux pieds en te disant de nager, je n’ai pas été tendre. J'ai triché, préparé un piège ici depuis des jours ? Je n’ai pas été sympathique. Et tu restes là ?

    Tu me rappelles cette envie de mourir qu’elle avait. Elle pouvait rire de tout, prendre un petit déjeuner et que j’aille prendre ma douche. Et quand je revenais, la serviette autour de la taille, je la retrouvais le couteau à beurre jouant sur ses poignées et les yeux vide de tout sentiment. Elle me regardait alors et me demandait souvent : qui sommes-nous pour avoir davantage le droit de vivre qu’eux ?

    Je ne peux pas accepter de te frapper de telle manière Urie que tu en souffrirais sans pouvoir me répondre vu ton état. Pourtant, je ne peux pas t’abandonner là et fuir à cette demande. Mes doigts se sont plaqués sur tes joues et je t’ai plaqué contre le mur. Ce n’est pas normal d’être dans cet état pour un monstre qui n’en valait pas la peine. De toute façon, tu ne l’aurais pas fait, je l’aurais fait. Et je le ferais encore. C’est une obsession. Je doute que cet argument t’aide à te sentir mieux.

    C’est la fin et je le sais. A cet instant, je savais que je ne te verrais plus une fois que nous serions rentrés. Tu trouveras un moyen de t’alimenter et tu iras du bon côté. C’est ainsi. Et j’en suis plutôt adouci. Pourtant je me dois d’accepter tes mots et de prendre le temps de répondre à tes questions.

    Parfois, j’aimerai que ce soit plus simple pour toi Urie. Et quand je reviens vers ces premières fois balbutiantes entre nous, où on apprenait à se connaître, à s’haïr, sans savoir qu’on s’aimerait, je me rendais pas compte tout ce qui pouvait peser sur tes épaules. Je te voyais comme un simple protégé. Pourtant, déjà mon corps répondait à ce que je ne pouvais pas comprendre. C’était bien la première fois que mes lèvres se fondaient aussi naturellement sur un autre être et que mes mains se fondaient sur un corps qui semblait déjà sur le point de répondre à mes avances. Je ne comprenais pas. J’ai travaillé dur pour être calme et impassible, pour ne pas éprouver quoique ce soit, de ne pas exprimer autre chose. Je suis quelqu’un de respecté, qui a peu de penchant sexuel et je crois même que je suis frigide. Je suis violent et actuellement peu patient.

    Ma voix s’est élevée et j’ai attrapé ta main dans la mienne pour en embrasser les doigts. Ton odeur m’a fait bondir la poitrine. T’es un étrange spécimen tout de même, il faut bel et bien l’avouer.  

    « Je ferais tout ce que tu voudras. »

    Je t’ai tiré à l’extérieur de la douche et je t’ai fait plier devant moi, tout en te gardant levé, mes yeux dans les tiens. Mes yeux te scrutent et je grogne durement. Mes doigts dans ta chevelure, je te fixe et je t’observe. Je te redresse, t’empêchant de t’éloigner et je te frappe d’un revers de main alors qu’une émotion se raccroche à mon cœur au milieu de toutes celles qui provoquent un chaos : l’énervement. Les deux premiers coups étaient retenus, obligé. Le troisième, un coup de poing bien cruel à la hauteur de ta mâchoire, est clairement exprimer avec rage.  Je t’ai poussé contre le mur, te frappant dans le ventre. Mon poing dans le bas de ce corps qui se plie. Je grogne, furieux. Je suis furieux que tu ne réagisses pas. Je suis en colère contre toi qui tombe à genoux. Tu m’énerves ! Bouge-toi, merde ! Tu refuses de vivre. POURQUOI ? La vie c’est tout ce qu’on a. Du simple dieu au plus important pèlerin, de la plus innocente des putes à la plus perverti des nonnes. La vie, c’est même ce qui reliait le fils du dieu des Chrétiens. Même les dieux eux-mêmes vivent.

    « Réponds. »

    Bordel. Ne me fais pas te frapper sans le moindre retour. C’est horrible. Cette situation. Je te vois si abattu, si cruellement perdu. Tu sembles si près à mourir. Et je me sens durcir dans mon pantalon en même temps que j’ai envie de frapper encore et encore, jusqu’à ce que tu me le rendes. Rendes-le moi ! Transperce-moi la main, mords-moi, fais-moi mal. Pas que je ne veuille ça, mais je veux te voir en vie. Je veux te voir exulter de plaisir.

    « Allez. »

    … Mes doigts se sont refermés sur ton cou et j’appuie, sur tes os, tes pommes d’Adam et les cartilages, j’appuie sur tes muscles et à la naissance de ta colonne vertébrale. Puisque tu veux mourir, je peux te tuer. Je peux te tuer dix, cent ou mille fois. Je peux te broyer les os, retirer la peau de ton corps, enlever tes ongles et te faire souffrir de mille et une manières. Mais vis.




    ....

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    #38 le 06.11.17 20:42

    JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE JE SUIS UN MONSTRE

    La petite ritournelle VII

    - Comme un goût de sang -


    La vie? Je suis mort Eden. On est tous morts ici alors comment se fait-il que ce soit si pénible? De mon vivant je n’avais pas tant l’impression de vivre, mais une fois que l’on perd quelque chose on ressent sa valeur. J’ai un trou béant dans le bide désormais… Du moins, il est à moitié rempli par le sang d’un type dont j’ai sucé et bu jusqu’à la dernière goutte de sa vie. Mais cette sensation, ce manque… Je le sais, cela vient de me l’être confirmé. Je manque cruellement de vivre, de sensations, d’émotions même.

    Je suis vide de vie, cruellement mort et parmi les morts. Quel peut être le terme pour cela? Un zombie? Non. Je suis un vampire. Mais j’ai juste cette impression qu’il n’y a rien. Plus rien. Je ne vivais que dans un seul but et alors quoi, quel peut-il être à présent?

    C’est ça qui est cruel pour un type comme moi. Mon sens de la justice, le besoin de me sentir utile, avoir un point à atteindre. La seule chose à laquelle je me suis raccroché jusqu’ici c’est de faire payer chaque seconde qu’ils m’ont fait subir. Mais ça n’est pas juste, ni humain. Je ne peux pas me raccrocher à cela et penser cela me suffit, que cela est « bien ». Tu me diras, quelle est la notion du bien ici? Puisque des vampires peuvent sortir « chasser ». Chasser… Ce terme me met hors de moi. Mais c’est le cas, c’est cela. Ils nous ont traqué comme des lapins jusqu’au dernier, ils ont joué avec nous comme un chat avec une souris. Lançant en l’air la proie, laissant son corps percuter le bitume et recommencer en arrachant à chaque fois un bout de peau, de vie, jusqu’à ce que, ennuyé du manque de réaction - en même temps comment tu peux encore bouger si on t’a sectionné les quatre membres?.. Ramper, bien sûr. Comme un vers. -, il abandonne le corps agonisant.

    Suis-je toujours en train d’agoniser? Je ne crois pas… Je ne ressens rien. Et tout le problème est là. Il n’y a pas de justice ici. J’ai besoin de me faire payer ce que je viens de faire. Alors sois le poing de la justice même si tes mains sont souillées. Salis-moi je t’en prie. Aussi salement que je pense l’être désormais. Je suis un vampire, un meurtrier… Je me nourris de mes semblables. Et cela est normal… Je ne peux pas l’accepter.

    Je ne me dérobe pas sous tes coups, les premiers sont agréables presque… Eden, mets-toi dans le bain. Si je le fais moi-même cela risque de te rendre dingue.

    Le troisième devient plus sérieux et la suite… Je suis soulagé de cette douleur qui s’éparpille dans mes muscles, dans mon corps, mes os. J’ai besoin d’une putain de sensation. Mes genoux percutent le carrelage aux teintes ardoise.

    Mes bras restent désespérément pour toi le long de mon corps et j’encaisse chaque coup. Je bénis ce qu’ils provoquent en moi et me sens presque rassuré d’en tirer la juste sensation. Quelque chose qui tord violemment mes tripes et manque de me faire révulser tant c’est percutant. Je ne suis pas mort… Pas autant que je le pense. Il n’y a pas de douleur si on est mort, si l’on n’est plus rien alors il n’y aurait rien, n’est-ce pas?

    Tu n’auras aucune réponse de ma part Eden. Car ça n’est rien d’autre que la peine que je me suis appliqué après un procès en interne. Puisque personne ne me jugera de ce que j’ai fait, alors je dois le faire de moi-même. Sois le bourreau, simplement le bourreau et n’attends rien d’autre de moi que de subir ce à quoi je me suis condamné. Insister ne changera rien.

    Je sens tes doigts se presser contre ma peau, ça n’est pas un coup ça Eden. L’air me manque, ma peau blanchie sous tes phalanges qui m’enserrent et bientôt quelques couleurs bleus et violettes apparaissent de ton traitement. Je suffoque dans un bruit humide, ma bouche s’est ouverte par réflexe, mais ça n’est qu’un réflexe. Aucun mot ne sort ou ne peut sortir.

    Pour une vie prise, je dois mourir à nouveau. C’est simple non? Je peux mourir un millier de fois ici. Faisons ça, je t’en prie.

    Mes doigts ont glissé sur les tiens et ils ont rampé jusqu’à te faire remonter ta prise légèrement. Là, ainsi ce sera bien mieux, bien plus efficace. Je te fais appuyer encore. Mes prunelles ne te quittent un seul instant, t’ordonnant silencieusement de le faire.

    Tue-moi Eden, j’en ai besoin, sinon je crois que j’en crèverai.

    Je ne lâche pas tes mains, et si je sens que tu faiblis je te fais forcer d’avantage. N’arrête surtout pas. Ôte-moi la vie, fais-moi perdre connaissance puis expirer mon dernier souffle qui n’en sera pas un.

    Ma vision commence à se troubler et mes ongles s’enfoncent dans tes poignets, jouent de tes nerfs. Une réaction physique, je n’y peux rien. Le corps veut survivre bien qu’il soit déjà mort, c’est amusant non? J’ai du mal à avoir une image nette de toi, je sens cette limite s’approcher. Celle que j’ai tant redouté de mon vivant puis finalement attendu.

    Je la réclame et l’accueille à bras ouverts. Désolé pour elle que je sois aussi impassible. Elle m’effraie, fait naître de nouveau en moi cette peur qui m’a assailli puis mes muscles roulent, se crispent… et dans quelques spasmes voient leurs mouvements se réduire pour venir à néant. Mes mains se relâchent de tes poignets et mes bras tombent mollement le long de mon corps. Mon crâne choie vers l’avant et plus rien… Il est si simple de mourir désormais. Un jeu d’enfant.

    A quel point sommes-nous devenus proches toi et moi? Pour que je t’invite à cette relation presque intime, celle de tueur et tué, de bourreau et condamné. Je crois que tu n’as pas la moindre idée d’à quel point nous sommes reliés à présent, Eden.

    Et je ne parle pas seulement de tes mains autour de mon cou qui maintiennent mon corps désarticulé.

    Mort ou inconscient. Tout est noir, calme, inexistant. J’ai payé et je crois que je te l’ai fait payer aussi par la même en t’infligeant cet état que j’ai.

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    #39 le 25.11.17 19:04





    Tu es mort entre mes doigts et je t’ai laissé dans l’inconscient d’un corps qui reprend vie. Mes doigts quittant ton cou bleui, j’ai laissé quelques billets sur la petite table basse de ton appartement. J’ai laissé un mot aussi : « Si tu ne te laisses pas mourir, Urie et que tu trouves la force de vivre, viens me retrouver au Bchobiti. »

    J’ai besoin de me retrouver avec moi-même et de m’éloigner de toi. Tu es un protégé et je prends les choses à cœur mais je dois aussi prendre le premier avion pour Londres. Et avant cet avion, je dois terminer la mission de départ. J’ai un ami à aller voir et je dois réfléchir à la situation.

    Ce fut notre premier rencard dans le monde des vivants. Est-ce-que tu t’en souviens comme je m’en souviens, Urie ? Je croyais ne jamais te revoir. A dire vrai. Je pensais que tu prendrais la décision de mourir. Et que si par miracle, tu survivrais à cette envie de ne plus être de ce monde et de l’autre, tu n’aurais aucunement envie de me revoir. J’oubliais ta soif de vengeance.

    J’ai perdu plus de temps que je ne l’aurais voulu dans le monde des morts. Je me demande exactement ce qui s’est passé. Ce qui est certain, c’est qu’à mon retour, personne ne m’a rien dit. Sans doute parce que j’avais le droit d’y rester quelques temps encore.

    Quelques jours, quelques mois sont passés, et je te regarde aujourd’hui endormi à côté de moi en pressant le pendentif que j’ai autour du cou et qui me lie à jamais à toi. Notre rencontre, ta soif de sang, notre violence et nos corps mélangés. Nos yeux, nos doigts. Le temps construit au fur et à mesure et je doute que notre histoire soit un coup de foudre. Mais on apprend, l’un et l’autre. L’un de l’autre. Je t’aime plus que tout au monde, Urie. Des mots banals, sans aucun doute. Que chacun se dit de manière inconsidérée. Ce n’est pas le cas quand je parle de toi.

    Tu me rassures, tu m’énerves, tu me grondes et tu agis parfois mal. Tu me demandes beaucoup et je t’en demande tout autant. On est une mauvaise paire, mal assortie, deux enfants gâtés qui ne savent pas aimer. Volages, futiles, violents. Je te l’ai dit, tantôt quand nous nous sommes disputés à propos d’un amant de passage que j’aurais aimé avoir :

    Je ne suis pas ta moitié, je te suis entièrement. Tu me possèdes intégralement.

    Je sais. Parfois, tu trouves ça injuste. Qu’on nous associe à la luxure, à la dépravation, au sexe. L’amour, est-ce qu’ils savent vraiment ce que c’est ? Est-ce qu’ils pensent que la chasteté nous rendrait plus aimant ? La haine de ceux qui crachent sur nous deux, la rancune tenace et les paroles inconsidérées des voyeurs me font sourire tendrement.

    Urie, il y aura toujours des gens qui me verront comme un abruti égocentrique qui se pense héro. Un super-héros de pacotille bien trop puissant. Parce que je ne cherche pas à décrocher les étoiles pour eux et ne mets pas à genoux devant eux, je deviens une cible. Je m’en fous des maux du monde. Je te l’ai dit, je fabriquerais une galaxie et y créerais chaque astre pour toi et tu es bien le seul qui me fait courber dès que je veux l’embrasser.

    Foutue petite taille.

    Je ne sais pas comment te rassurer sur notre condition. Tu es une cible et tu auras toujours cette étiquette de carriériste et de salaud attiré par le sexe. Car les femmes ont la pudeur, c’est bel et bien connu et les hommes ne sont que bestialité et luxure.
    Je sais que c’est usant quand on passe des heures dans un bureau à essayer d’aider le monde, qu’on essaye de protéger une foule de personnes et qu’autour de toi, la seule chose qu’on verra, c’est l’étiquette de violence et de sexualité. Deux enfants jouant au grand dans un monde d’adultes où les gens râlent et critiquent. Les gens, ils sont qui pour nous deux ?

    Urie. On est comme ça. On peut s’entredéchirer et s’entrelacer dans la même phrase. Je t’en prie. Ecoute-moi. Ne laisse personne ternir l’amour que j’ai pour toi. Et si, trois mots trop dits ne suffissent pas. Si mes je t’aime, si mes baisers, si mon amour, si mon corps contre le tien. Si ça ne suffit pas.

    Si nos pendentifs, qui raisonnent en cœur. Si ton corps ondulant dans le mien et mes larmes de luxure quand tu me prends, si mes frissons ne sont qu’à nous, pourquoi devrions-nous partager notre amour et prouver quoique ce soit à quiconque ?

    Crois-moi, on bâtira des cités sur des sables mouvants avant qu’ils n’oublient la haine, le mépris et le dédain. Crois-moi, on construira des utopies sur les restes d’apocalypse qu’ils seront encore en train d’appuyer sur tes cicatrices ouvertes.

    Je sais. C’est injuste. Je sais. Tu te bats, tu enquêtes, tu aides, tu protèges. C’est cruel. Toi, si jeune et moi si vieux, toi qui à tout à prouver et tout à gagner, et moi qui est tout à sauvegarder et tout à perdre. Nos sangs ne suffiront pas à calmer leurs ardeurs, et c’est bien dommage. Notre amour est plus coriace que tous les vautours et plus sincère que tous les mots.

    Pourquoi faut-il se battre, ici encore, dans le royaume des morts, pour avoir sa place ? Pour avoir le droit de nous aimer et de nous chérir ? De nous protéger ? De nous enlacer.

    Urie ….

    Je dois y aller, mon amour. Je suis navré des insultes que tu as reçu. Des mots qu’on t’a répétés. Du mépris qu’on t’a jeté. Je sens toute la peine que tu n’oses pas me dire. Je sens à quel point parfois tu voudrais tout abandonner. Tu es tout ce que je veux. Pardonne-leurs …

    Et s’ils s’offusquent, de mes doigts sur toi qui te réveillent. De mes lèvres sur ton cou, de tes paupières qui se soulèvent à peine, de ma langue qui dessine ta peau nue et se pose sur ta hampe pour la réveiller. S’ils crient au scandale de voir mes doigts remettre mes mèches de cheveux derrière mes oreilles, pour me permettre de dégager mon visage et te laisser libre de m’observer arrondir mes lèvres pour glisser sur ta verge percée de cinq symboles de ta souffrance, cinq symboles de ce qui fait que je t’aime. Ta force, ton courage, ta ténacité, ta loyauté et ta noblesse.

    Qu’ils crient au scandale, et hurlent que le sexe n’est pas l’amour, pendant que durcit contre ma joue ta tige gorgée. Qu’ils hurlent, nos chers puritains ! Le monde des morts est plein de ceux qu’ils ont tué. Je suis Dieu, je leurs pardonne. C’est mon rôle et toi Prince des Vampires, tu ne peux qu’être magnanime avec des sujets.

    Sache que c’est le prix d’être un bon Roi, un bon Dieu, un bon Prince, d’être condamné à mort.

    Urie, nous ne sommes que des humains, rien de moins. Rien de plus. Comme eux. Et nous deux, nous dansons dans le ciel, sautant d’étoiles en étoiles, sans jamais s’arrêter. On joue de la vie, de la mort, de la violence, de la perversité, de la douceur, de la pureté. Et s’ils savaient à quel point je t’aimais, à quel point, tu es tout pour moi :

    Si une fois dans leurs vies, ils connaissaient cet amour. Cet amour unique. Ils sauraient que ce n’est pas mon corps qui parle à mon cœur, mais mon cœur qui bat à tout rompre et alimente le sang de mon corps. Les courbes de nos corps et leurs mouvements sont les courbes et les mouvements du poète, les courbes et mouvements de voix, et du silence lui-même. Du passage de la lune aux mouvements de la mer. 

    Je ne crois en rien, j’attends tout. Je suis un enfant gâté, et parce que je le suis, je ne devrais pas mériter le moindre amour. Quand on a tout, on ne mérite rien. C’est fou, car si j’ai tout, ce n’est rien, s’il n’y a pas nous. Je te suis. L’amour fou n’est point un moindre mérite. C’est le tout d’un rien.  Et on peut ne plus rien avoir tant que tu es là, ma vie aura tout. Et le jour où je te perdrais, le monde n’existera plus. Je ne serais plus rien.

    Tu vois bien que je suis Dieu et que tu le centre du monde. Puisque le monde sans Dieu existe toujours mais que le Dieu sans le monde n’est plus. Dès qu’on cesse de croire en lui, il disparaît.

    Urie, si les jaloux le veulent, je veux bien partager un baiser de ta semence et leurs emplir la bouche de ton amour pour qu’ils apprennent à la fermer.




    ....

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