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#1 le 04.07.17 2:50

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Alpha Canis Majoris


C’était une longue journée pour lui.  Une journée fatigante, pleine de clients. Deux s’étaient déjà présentés ce matin. Deux amis, pour une fleur de lotus sur l’omoplate. Quelques dégradés aquarellés , des contours légers et fluides et cinq heures de tatouages pures. Ça avait été une longue matinée et ce n’était pas terminé. Il avait également une longue séances de trois heures de traçage dans l’après midi. Autant dire, qu’il allait gagner un peu d’argent - ce qui n’était pas de refus en ce moment - mais surtout qu’il allait pouvoir s’occuper la tête et se concentrer pendant autant de temps. Il aimait le tatouage pour ça. Pour le bruit assourdissant des dermographes lui tambourinant la cervelle, pour les tremblements dans son bras lui évitant de se griffer jusqu’au sang lors de ses crises d’angoisses, pour la concentration extrême dont il faisait preuve dans ces moments là et qui lui évitait de penser à son passé à ce qu’il avait pu être et pouvait être aujourd’hui. Tous ses beaux muscles, tout ce travail qu’il avait fait sur son physique, n’était finalement qu’une pauvre facade mal construite.

Dans tous les cas, il finit par prendre son repas vers les treize heures. Il attrapa sa boite a Bento dans laquelle se trouvait de merveilleuses préparations. L’avantage d’avoir eu une femme préférant coucher avec son voisin plutôt que de rentrer à la maison, c’était qu’il avait appris à cuisiner par lui même et pour les autres, pour son fils entre autre dont il s’occupait tous les jours. Il mangea donc son riz, sa salade de choux, les quelques boulettes de légumes qu’il avait préparé la veille et quelques algues cuites. Il termina son repas dans un silence des plus lourd, celui qui finalement, l’accompagnait au quotidien, rangea sa boite juste avant d’entendre la cloche de la porte retentir. Il leva les yeux et aperçut son client de l’après-midi, Yamato. C’était un homme d’un trentaine d’années, chauve, dans un style plutôt sombre et qui faisait clairement partie d’un groupe de mafieux et autres yakuzas en tout genre. Il se confiait à Sen sur ses "aventures", ses coups d’un soir tandis que le tatoueur, lui, ne parlait jamais de lui, de sa vie d’avant, de ses sentiments. Yamato était un client régulier. Lui ayant déjà tatoué tout le dos, il allait aujourd’hui réaliser un traçage de deux carpes koi sur l’arrière de la cuisse. Il le salua, échangea quelques mots tout en désinfectant son matériel puis la peau du jeune homme. Il lui présenta le dessin sur une feuille de carbone lui servant ensuite à réaliser le transfert des carpes sur sa cuisse. L’homme acquiesça sans réellement regarder, après tout il avait confiance en Sen et en ses compétences. Il avait beau être lâche, timide et craintif, il était un excellent tatoueur.

Il plaça ainsi le transfert et demanda ensuite à Yamato de s’allonger sur l’immense siège couchant présent devant lui. Ils s’exécuta et la séance dura finalement plus de quatre heures. Il finit son tracé, lui donna rendez vous pour dans trois semaines et le raccompagna à la porte. Il revint, s’étira un instant et commença à désinfecter le siège, son dermographe et à jeter tout le matériel utilisé dans un sac prévu au recyclage. Il n’eut pas le temps de finir qu’il entendit une nouvelle fois la cloche de sa porte. Il se tourna tout en parlant.

- "Tu as oublié quelque cho.. "

Mais il s’arrêta net. Ce n’était pas le grand yakuza qui était revenu, mais une jeune japonaise aux cheveux sombres, fine qui lui semblait légèrement familière.
Mitzi

#2 le 27.07.17 13:48

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Alpha
Canis Majoris
Bring back memories.

     Les jours ne se ressemblaient plus depuis bien longtemps maintenant. À vrai dire, depuis sa mort, les jours ne se ressemblaient pas vraiment. Les nuits non plus. Les astres n'étaient pas les mêmes, les gens n'étaient pas les mêmes. Le temps, l'air, les couleurs. Rien n'était exactement pareil. Tout était intimement différent de la veille et l'avant veille. Mais depuis plusieurs semaines, une sorte de routine étrangement démoralisante s'était installée, donnant l'impression à la jeune femme que les jours, les heures, les secondes se ressemblaient. Que tout était devenu soudain figé, que rien n'avait particulièrement changé. Alors même que ce n'était pas le cas. Elle le savait, mais cette impression restait collée à sa peau comme la pire des sangsues. Certainement parce que la stagnance dans laquelle elle était prise commençait à la fatiguer et la décourager.

La porte de la boutique claqua dans son dos, le regard désolé de la jeune femme aux cheveux orange lui restant ancré dans son dos. Cela devait être le troisième établissement que la japonaise faisait sans avoir de réponse. Et ce, juste ce jour-là. Il y avait bien des jours qu'elle avait commencé son entreprise, s'armant de courage et de volonté mais plus les choses avaient fait que son courage s'était diminué, comme le ferait le niveau d'un verre percé. Doucement, Etsu avait commencé à ne plus y croire, à se poser davantage de questions, à douter sur la réussite de son projet qui devait lui permettre de mieux comprendre tout ce qui lui arrivait.

Ses mains lui piquaient légèrement, la jeune femme collant ses paumes d'instinct tandis qu'elle déambulait dans les ruelles tièdes de la ville à la recherche d'une nouvelle enseigne de tatouage. Des jours qu'elle arpentait la capitale à la recherche de tous les grapheurs qu'elle avait pu lister après de longues recherches sur internet. Des jours qu'elle allait d'enseigne en enseigne pour poser à chaque rencontre la même question : s'ils connaissaient un nécromancien sachant réaliser des tatouages grâce à son pouvoir. Et à chaque rencontre, comme si le destin se liguait avec force contre elle, la même réponse tombait : non. Dire que la japonaise était découragée était assez loin de la réalité. Elle commençait sérieusement à désespérer.

Ses pas la menaient un peu au hasard dans les ruelles de la ville. Les passants passaient tranquillement, parfois seuls, parfois en couple, parfois en groupe. Il ne faisait ni chaud ni froid, ni sombre ni aveuglant. Une douce journée pour une balade ou un après-midi entre amis. Et non pas une marche morose sur le bitume morose de ce quartier légèrement morose. Etsu aurait mieux fait d'aller voir Ael et de passer la journée avec elle à boire un café. Si seulement elle pouvait tenir une tasse de café sans la faire disparaître avec son pouvoir. La jeune spectre soupira, ses yeux fixant le trottoir plutôt déprimant. Ce n'était pas la meilleure journée de la semaine.

Déambulation et flâneries vagabondes. Etsu se perdit dans ses pensées, dans son esprit, son corps la menant au hasard dans ce quartier qu'elle ne connaissait pas. Ses jambes avançaient, son cœur et sa tête ailleurs, loin de tout, loin de Tokyo, près du ciel, près des étoiles qu'elle aimait tant. Quand finalement, au détour d'un carrefour, elle tomba sur une petite enseigne dont le nom lui disait quelque chose. Ses perles ambrées fixèrent les lettres écrites sur le présentoir, regarda un instant par la vitre donnant sur l'intérieur de l'établissement, se demanda un moment si elle avait noté ce nom ou pas sur la liste qui s'était volatilisé en un scintillement vert angoissant lorsque ses pieds choisirent pour elle de se présenter devant la porte de ce salon de tatouage qui lui faisait une drôle d'impression. Il y avait quelque chose de familier, de connu, dans ce lieu qu'elle n'avait pourtant jamais. Une sensation étrange, douce, bizarre. Sa main poussa la porte, un son se faisant entendre quand elle pénétra dans la pièce et découvrit un homme qui sembla tout aussi étonné qu'elle.

Grand et fort. Brun et barbu. Il ressemblait à s'y méprendre à ces hommes sur les magazines de mode tendance avec leurs fleurs dans les barbes et leur air détaché. Mais son regard était tout autre. Il y avait quelque chose de particulièrement étrange... un peu fuyant... un peu inquiet... sensation bizarre. Etsu avait une impression de déjà-vu.

- Bonjour. Je ne vous dérange pas ?

Refermant doucement et précautionneusement la porte dans son dos, la japonaise s'avança jusqu'au comptoir, une légère gêne au fond du cœur tandis que son regard se perdait sur les quelques photos affichées dans l'entrée. Des corps tatouées, des dessins imprimés sur les peaux d'inconnus dont on ne voyait pas le visage, des lignes noirs et des surfaces colorées. C'était familier. Étrangement familier. Non dans le sens où elle avait déjà vu des dizaines d'autres photos de tatouages depuis le début de son épopée mais plus comme un vieux souvenir oublié. Pourquoi elle ressentait cela aussi fort maintenant ?

Sa jupe grise voleta un instant quand elle s'arrêta devant le comptoir où se trouvait l'homme qui devait être le propriétaire, ses paumes collées l'une à l'autre restant bien à la limite de son pull bleu marine. Une mèche de cheveux retombait devant son nez, la dérangeant quelque peu mais elle la laissa là, ne désirant pas toucher à quoi que se soit sous peine de le faire disparaître en voulant se recoiffer. Non, elle devait juste poser sa question et repartir si la fameuse réponse démoralisante se faisait entendre.

- Je peux vous demander un peu de votre temps ? Juste une minute. Je voudrais vous poser une question si possible.

     notes: 946 mots


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I love and I hurt you
Sur mon coussin comme un dessin Comme une tâche C’est ton mascara qui déteint Quand on se fâche Et ce coussin d’ici demain Après l’orage Sera témoin que l’on sait bien Tourner la page


En japonais : #6600FF ; En anglais : #998AA8
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#3 le 22.08.17 22:11

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Alpha Canis Majoris



- "Je peux vous demander un peu de votre temps ? Juste une minute. Je voudrais vous poser une question si possible."

Est-ce que cette femme avait envie d’aller aux toilettes pour remuer ainsi dans tous les sens ? Essayait-elle de cacher quelque chose ? Son comportement était particulier. Le temps d’un instant Sen oublia ce visage familier, ce visage qu’il avait réellement déjà vu sans une autre vie, non à la place, la peur et l’inquiétude s’emparèrent de lui, comme à son habitude. Il fit d’abord un pas en arrière quand la jeune femme s’avança. Juste un pas, il ne voulait pas la mettre mal à l’aise, après tout il ne savait pas ce qu’elle pourrait bien faire de lui. Celle-ci semblait cacher ses mains, étaient-elles dangereuses ? Il déglutit fortement tout en se levant et en se tournant vers son placard à matériel.

- "B-bien sûr, si j-je peux répondre à v-votre question pourquoi pas ? J-je dois juste finir de nettoyer tout ça en même temps."

Il s’empressa de se rendre vers le siège sur lequel il tatouait ses clients afin de le nettoyer. Il attrapa une lingette et se mit à frotter le cuir marron. Il avait peur en réalité, vraiment peur de cette femme devant lui. Il n’aimait ni sa façon de se mouvoir ou de le regarder, ni son comportement étrange. Peut-être une vampire ou une zombie encore, ou pire, une nécromancienne capable de le couper en deux en un geste. Une perle de transpiration coula sur son front tandis qu’il s’acharnait sur la même partie du siège, commençant peu à peu à user le cuir. Ne lui tourne pas le dos Sen, jamais. Ne lui tourne pas le dos, elle pourrait te blesser. Sa paranoïa était elle qu’il venait de faire le tour du siège, le plaçant entre elle et lui. Il enleva le cellophane présent autour de sa lampe. Il en mettait toujours aux endroits qu’il touchait souvent lors d’une séance, ça évitait aux bactéries de se mettre sur ses gants, même si dans le monde des morts, les infections étaient dénuées de sens, il n’avait pas envie de payer, d’ailleurs il ne le pouvait pas, il était bien trop pauvre. Il l’enleva donc et le jeta dans la poubelle derrière lui tout en faisant toujours face à la demoiselle. Ton comportement va devenir suspect et elle va le voir, elle va t’attaquer et tu vas mourir encore, donc calme toi Sen. Tu es plus fort que ça. Il se racla la gorge.

- "V-voila, je vous écoute, e-en quoi je peux.. puis-je vous aider ?"

Il essaya de sourire mais grimaça à la place.
Mitzi