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Terminé #11 le 16.06.17 22:01




Tu n'es qu'une pâle estampe
Léandre Delacour


 


Il fallait que je me calme, clairement. Elle était en train de m’énerver car elle me rentrait dedans sans aucune gène, sans aucune faiblesse. Elle parlait et parlait encore, s’adressait à moi comme si elle pouvait sensiblement lire en moi. Pourquoi ? Pourquoi m’avait-elle prise à partie dans cette salle obscure ? Ne pouvait-elle tout simplement pas aller voir ailleurs ? À cette idée mes sourcils se froncèrent d’eux-même. Hm, le vrai problème dans cette histoire c’est qu’elle me touchait. Elle faisait naître en moi de nouvelles émotions et sensations sur lesquelles je n’avais aucun contrôle finalement. J’étais à la fois clairement en colère contre elle et à la fois curieuse de savoir jusqu’où pouvait aller son analyse.

Je cru d’abord un instant que tout ça venait d’une façon d’être, une façon qu’elle avait d’analyser les gens pour mieux les comprendre. Peut-être même était-elle tout simplement maladroite et s’exprimer ainsi était sa façon à elle de faire connaissance. Mais à ses mots j’avais plus la sensation qu’il s’agissait d’un jeu qu’elle essayait d’entretenir. Elle voulait me "mettre en rage" comme elle disait.

- "Vous devriez éviter de jouer à ce jeu là avec moi. Me mettre en colère n’est pas la meilleure option pour vous, je vous le garantis."

Elle ne devait clairement pas s’aventurer sur ce terrain là avec moi. En effet, ce genre d’émotion était difficilement contrôlable chez moi, si difficile que j’en avais soit perdu connaissance, soit perdu tout sentiment soit je m’en étais pris à la personne en face de moi, la blessant et la rendant faible à ses propres sentiments. Je n’avais pas envie de revivre ça et je n’avais pas envie d’utiliser ma colère pour quoi que ce soit, encore moins pour m’en prendre à la rousse devant moi.
Mais elle continuait, sans arrêt. Elle continuait de me prendre la tête avec ses remarques, ses histoires de statues et autre. Je soupirai et décidai de la suivre. Pas pour la contredire mais juste par respect pour elle, car malgré son attitude j’avais beaucoup de respect pour cette femme comme pour son travail.

- "Je vous suis."

Je n’en dis pas plus, la laissant passer devant. Sans m’en rendre compte mes yeux glissèrent sur les courbes de son corps. Je détournai la tête, encore une fois par respect. C’était une belle femme et intelligente de plus. C’était une des seules choses que je pouvais comprendre chez elle. Quel complexité, c’était rare de nos jours. Je n’eus pas le temps de réfléchir davantage qu’elle s’arrêta sans prévenir. Encore une fois elle m’attaqua.

- "Vous n'êtes pas vivante. Vous êtes bien terne et sans couleurs. La rage ne s'empare pas de vous alors qu'on vous démantèle et vous dévisage."

Je ne retins que ça de son discours. Non, elle ne me connaissait clairement pas. Elle ne savait rien de ce que j’avais vécu ses derniers temps, ce que c’était de devoir cacher ses sentiments pour ne pas qu’ils explosent, pour ne pas perdre le contrôle sur ces fichus pouvoirs. Elle ne savait rien de la douleur que l’on ressent lorsque l’on blesse les gens que l’on aime juste parce que l’on est trop faible, trop émotive.. Elle me voyait terne, oh, elle ne savait vraiment pas ce que cela signifiait réellement.

Mon visage s’éteint davantage. Comment ? Je n’en avais aucun idée. J’étais en colère certes, mais ce masque que je possédais déjà de base s’était affiché encore un peu plus. Je ne montrai aucune émotion, je n’allais pas lui faire ce plaisir. Non, j’étais éteinte, complètement éteinte. En s’attardant quelques instants dans mon regard, on pouvait le voir se perdre, totalement vide de tout. Alors je redressai mon visage vers elle, ne la fixant pas directement dans les yeux mais préférant regarder dans le fond de la pièce.

- "Veuillez m’excuser."

Je n’en dirai pas plus. Si elle ne voulait pas que j’explose, je devais tout simplement partir. Je ne pouvais pas rentrer dans son jeu, je devais rester stoïque même si la seule chose que je voulais actuellement faire était de la secouer un peu et de lui crier d’aller se faire foutre elle et sa curiosité, elle et son dédain, elle et ses mots si transperçants. Je serrai alors un peu la mâchoire et me retournai simplement. Je me mis en marche, ne me retournant pas une seule seconde. Je devais partir, partir, partir.

Je passai au travers de la foule, évitant les amateurs d’art au mieux. Quelques serveurs me passèrent à côté mais ça ne fut pas le cas du derniers que je croisai. Me rentrant de plein fouet dedans, nous tombâmes tous les deux en arrière, quelques coupes de champagne se renversant sur moi. Dans un énième soupir, je murmurai quelques excuses presque inaudibles, me relevai et aidai le serveur à faire de même avant de continuer mon chemin. J’avais besoin de me rafraîchir. Je me mis en quête des toilettes que je trouvai rapidement.

J’y entrai et me mis en face du long miroir présent au dessus de quelques lavabos à vasque posés sur un magnifiquement plan de travail en marbre noir. Là, j’allumais l’eau et remplis les paumes de mes mains de ce précieux liquide. Mon visage plongea alors au creux de mes mains encore et encore, jusqu’à ce que celui-ci soit à sont tour rafraichit. Je me relevai. Des mèches de mes cheveux n’avaient pas échappé au processus, ni une partie de mes habits. Bon sang Ael, ressaisis-toi.


Avec : Léandre Delacour
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Terminé #12 le 16.06.17 22:06
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Une cruelle envie parcourt les yeux pétillants et châtaigne de la joueuse. Franchement, une menace ? Ça l'a rarement arrêtée et elle ne viendrait pas à obéir à une personne de plus juste sous prétexte qu'elle est sur le point de détruire un beau château avec de telles inconsciences. Dans un vrai d'archéologue, elle ne commence qu'à extraire les briques extérieures pour constater la lumière que les trésors d'un château peuvent produire. Il est bien mieux de connaître une chute sans vue qu'une ascension aveugle car, pour la première, on a vraiment la sensation d'être envie alors que l'autre, nous transporte dans d'autres cieux inaccessibles. Inexplicables aussi car personne ne sera en mesure d'atteindre les sentiments et les pêcher pour les faire éclore.

De son menton qu'elle imagine relevé, cette fille garde ses larmes gouleyantes dans ses paupières, ses rougeurs mafflues de bordeaux dans le creux de ses joues et sa grande fièvre appétissante dans sa cervelle. Personne n'est autorisé à se servir à ce banquet et pourtant, on n'y est invité. « Personne », c'est ce qu'elle se dit quand, trop égoïste, elle souhaite avoir droit à ce traitement comme les autres. Hélas, Léandre s'en voit bien privé par son entreprise trop scélérate. Dans sa cruauté, elle ne se rend compte de cette métaphore où, l'inconnue comme tout autre inconnu la suit bien pendant quelques instants et profite d'un moment de répit pour se volatiliser du joug de cette femme qui ne souhaite que se nourrir des autres tel un charognard.

Elle tente de lire dans les sentiments et pensées des autres mais se voit parfaitement sotte et incapable à ne pas lire sur des lèvres derrière elle que son sixième sens aurait dû lui indiquer. Le temps de trente secondes trop tôt, elle reste sur cette assertion et verbe performateur ; elle la suit, très bien. Le temps de trente secondes, dans les allées presque sinueuses tant elles sont bondées artificiellement par une foule de luxe, elles sont ensemble. Le temps de trente secondes trop tard, elles ne le sont plus et c'est à ce moment que Léandre, sans l'avoir vraiment entendue puisqu'elle souffle ses mots comme elle soupire sa colère ou ses pleurs, se rend compte que l'amatrice se confond à tout le reste.
Est-elle vraiment comme tout le monde à la voir comme une pauvre folle ? Dans des temps plus anciens, c'est une habitude d'appeler une fille de son envergure une hystérique mais il s'avère que le mot semble toujours d'actualité si on s'extirpe encore de ses mains monstrueuses qui ne souhaitent que communiquer un peu de chaleur.

Quand elle se retourne, elle ne perçoit que des apparats faits de boutons dignes de bijoux de famille de chemises, de longueurs essorées de robes, de talons richement laqués et agrandis d'escarpins ou encore des mites en nœuds papillons. La brune semble introuvable mais n'est pour autant pas à assimiler à ses gens et aussitôt, Léandre se secoue la tête pour penser ainsi. C'est une remarque acerbe qu'elle aurait pu lui asséner plus pour la provoquer que pour la tancer brutalement sur quelque chose de forcément bien faux de la réalité. 
Toutes deux sont bien différentes ; bien différentes de tout ce monde de de stéréotypes qu'on tente d'atténuer, de luxe de pauvres, de méchanceté hypocrite. N'étant pas des grains arénacés face à tous ces grains de sable présents dans ce désert d'hommes, les deux femmes sont deux bijoux du Sahara qu'on aurait du mal à trouver. Une perle nacrée sur toute la circonférence pour se garder son propre espace et une Léandre plus transparente et aussi inaltérable que le temps. Cependant, si elles sont introuvables pour quiconque, elles le sont aussi l'une pour l'autre car le vent ne fait que les rencontrer pour une bataille navale, rapidement, et se repousser directement pour un long temps.

Léandre pivote et danse sur elle-même comme perdue dans tout le désert. Les légers pans de sa robe à peine serrée contre son corps flottent au rythme du siphon dans lequel le monde l'avale et dans lequel, la perle s'est sans doute retrouvé aussi avalé. Elle affiche une mine assez déçue puisqu'elle pense avoir fait une erreur ou plutôt, ne pas en avoir assez puisqu'elle est trop butée pour revenir sur les problèmes qu'elle aurait pu causés. Peut-être n'a-t-elle pas été assez tactile comme l'autre l'aurait désiré ? Ou pas assez provocatrice, allez savoir ? Mais ce temps n'est pas aussi indémodable qu'elle et le temps à retourner ces questions ne l'aident pas.
Au travers tous ces sillons tumultueux en bavardage, elle est à la fois poussée comme happée. Certains cherchent à se creuser une place auprès des tableaux mais des serveurs dignes de vendeurs à la sauvette près du Colisée ou de la Tour Eiffel lui offrent ou plutôt, balancent des coupes de pétillant au visage. Cela reste agaçant mais elle l'est encore plus quand une main obscène ose toucher son épaule qui n'est heureusement pas dénudée et, grâce à sa légèreté digne d'une hirondelle, parvient à la détourner de son but caché dans toute la foule, au bout du couloir. Juste pour savoir ce qu'elle ou plutôt, la théorie, pense du tableau le plus célèbre du moment. Elle s'en fiche.

— Je n'ai pas le temps, réprimande-t-elle d'un ton sec mais elle reprend plus poliment. Désolée.

Juste par précaution et générosité qu'elle fait part de politesse et s'en va vers d'autres horizons qu'elle ne connaît pas ou plus. Elle n'a pas de boussole pour rechercher sa perdition bien qu'elle puisse avoir une carte du musée. Elle ne sait pas où l'aiguille peut bien aller si ce n'est quitter les lieux. Mais cette jeune femme est-elle du genre à abandonner la partie même si elle dit ne pas vouloir jouer au jeu de Léandre ? En tout cas, cette dernière préfère en douter même si la retrouver tenait peut-être du miracle comme on aurait cru en la possibilité que l'inédie puisse être recevable pour la survie. 

Elle aurait pu se poser quelque part, le long de cette colonne de marbre pour patienter et ne pas jouer aux croisades fantômes avec l'asiatique mais pour Léandre, se prosterner devant les minutes infinies de ce pilier s'éternisant jusqu'au plafond qu'il soutient. 

Plutôt qu'attendre qu'elle puisse venir à elle, la solution est peut-être justement, d'user de ces gens qui viennent à elle directement. Alors qu'elle reste immobile, une serveuse lui tend une énième coupe. Puis, trente mètres plus loin, un serveur. Puis, trente secondes plus tard, un autre. Pour faire rencontrer temps et espace, elle n'hésite pas à agir de manière extrême et recruter tous ses employés. Elle ne peut pas dire que l'amour la pousse à faire ceci mais la détermination de pousser le jeu plus loin semble être la chose la plus palpitante pour commencer une aventure.
Ainsi, à tout employé qu'elle a embauché pour la soirée, elle demande à procéder de cette manière :

— Si vous trouvez une femme asiatique aux longs cheveux bruns et le visage potentiellement inexpressif, amenez la moi à l'entrée. Même si vous n'êtes pas sûr(e) que ça soit elle, ramenez la. Elle est introuvable et j'ai à parler de choses capitales avec elle. Merci beaucoup.

Ce qu'elle a manqué à faire, c'est de lui demander son prénom. Le titre d'une œuvre est important pour vraiment en parler autour de soi.
REA
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Terminé #13 le 16.06.17 22:24




Tu n'es qu'une pâle estampe
Léandre Delacour


 


Je n’aimais pas ça. Je n’aimais pas cette soirée qui avait pourtant bien commencé. Je n’aimais pas cette femme et ce jeu qu’elle avait instauré entre nous. Je n’aimais pas son comportement, son attitude, sa franchise déconcertante. Je n’aimais ni son pouvoir, ni cette façon qu’elle avait de me regarder, attendant que je rentre dans ce tête à tête atypique. Mais ce que je détestai par dessus tout, c’était mon comportement. Cette façon que j’avais eu de fuir au lieu de lui tenir tête. La lâcheté m’imprégnait et je n’avais pas l’habitude d’être ainsi. Quelques sois les aspects de ma vie. Je n’avais pas fui devant mes relations, je n’avais pas fui devant mes pouvoirs, je n’avais pas fui devant mon travail. Je n’étais pas une lâche.

Le poing serré, la mâchoire crispée, j’observai cette femme dans le reflet du miroir. Ses longs cheveux noirs d’ébène, ses yeux gris perçant, ses lèvres qu’elle se mordait presque à sang. Une veine vint doucement caresser sa tempe et se disperser près de sa chevelure encore humide. Un énième coup d’eau sur le visage. Elle n’était pas moi et je n’étais pas elle. Elle, qui pensait avoir vaincu sa peur de l’autre se retrouvait à me regarder avec inquiétude, comme perdue dans ses songes, dans ses émotions. Nerveusement, j’avais envie de la serrer contre moi, mais nerveusement je l’effaçai peu à peu de ce reflet, essayant d’apercevoir une ombre de force en face de moi. Je la vis dans mon don.

Me concentrant un peu, je me souvenais de ce moment aux archives où mes sentiments avaient disparu. Mon inquiétude, mes peurs, mes peines, ma colère, tout était devenu transparent, inexistant. Je connaissais les risques d’une telle application. Mais aujourd’hui, à la différence d’hier, je connaissais mon pouvoir, ses limites comme ses avantages. J’étais capable ; et seulement pour ça, seulement pour cette confiance que j’avais en lui par rapport à cela, je l’utilisai. Mes paumes devinrent chaudes et luisantes comme à leur habitude, mes pensées se perdirent et en quelques secondes je me retrouvai apaisée, apaisée mais sans émotions. Je savais simplement qu’il fallait que je rentre chez moi pour me retrouver enfin. En attendant je fixai cette carapace sur moi, cette armure, me protégeant de tout et de tous. Je décidai enfin de quitter cette pièce malodorante.

D’un pas sûr, j’avançai vers la porte et l’ouvris. La sortie se trouvait quelques salles plus loin et je n’avais qu’un objectif, éviter de croiser cette femme et rentrer chez moi le plus rapidement possible. J’avançai encore et encore et passai la première pièce sans aucun problème. Arrivée au milieu de la seconde, j’entendis un "madame" au loin. Je me retournai donc voyant alors un serveur me faire un signe afin que je m’arrête. Je n’avais pas le temps pour ceci, mais mon inconscient, toujours actif, me disait de me stopper un instant, juste au cas où. Il arriva rapidement à ma hauteur. "Mademoiselle Delacour vous demande, pouvez-vous me suivre ?" Il me souriait alors malgré le ton de sa voix assez formel. Encore elle. Ne pouvait-elle pas m’oublier un instant. Sans aucune autre réaction de ma part je l’ignorai et me retournai. Il me saisit alors le bras et dans un geste violent je m’en défis rapidement, continuant alors ma traversée. La troisième salle fut plus compliquée à traverser. Deux serveurs m’appelèrent et une nouvelle fois je les esquivai, mais arrivée près de la sortie, une énième main se posa sur moi. S’en était trop. Malgré mon pouvoir toujours présent, j’avais cette sensation d’être un cochon sur lequel on s’acharnait avant de l’amener à l’abattoir. J’étouffais et j’avais clairement envie de sortir.

Alors je posai mes mains sur les deux serveurs derrière moi. Une sur chacun d’entre eux. Je leur insufflai toute la colère possible, toute la haine inimaginable. Et toujours neutre, je fis alors demi-tours. Il ne suffit que d’une dizaine de secondes pour que les plateaux commencent déjà à voler dans la salle. Des cris se firent entendre et rapidement un des deux hommes atterrit sur une des toiles d’Hokusai. Les clients se mirent à se plaindre et à se disperser. Le chaos régnait peu à peu et je n’avais qu’à me mêler à la foule pour sortir tranquillement. Je n’aimais pas agir ainsi, mais j’aimais encore cette position dans laquelle elle m’avait mise.
Essayant de passer inaperçue, je vis rapidement l’entrée du musée devant moi. En espérant que personne ne me voit, je restai collée à un maximum de monde afin de passer ces portes qui m’apparaissaient de plus en plus proches.



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Terminé #14 le 19.06.17 18:01
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— Et bien, ce n'est pas trop tôt.
 
Tout son foyer volant en éclats, Filomena en était étrangement satisfaite. Elle n'était pas humaine. C'était un monstre sorti droit des enfers. Lâchant foudres, feux et sang dans des batailles qui n'en valait pas le coup, elle misait tout un paquet de cartes juste pour s'emparer d'un trésor des plus misérable et qui n'en valait pas toute une chandelle. 
 
Impertinemment assise sur un chesterfield, elle aurait pu croiser les jambes, regardant son adversaire sans le défier du regard ni réfléchir, l'air bien ailleurs et au-dessus de tout. Léandre était agaçante mais dans cet acte d'impolitesse qui n'allait pas à sa noblesse, elle était par-dessus tout sans jaugeage, sans limite, sans gentillesse. On l'aurait dite sadique à sacrifier toutes les pièces de sa partie d'échiquier en le renversant mais c'était en bousculant tout le plateau, en se créant des dommages, qu'elle en provoquait aussi à son adversaire. Toujours sur la défensive, elle s'en fichait réellement d'en finir avec des regrets car elle préférait ne jamais y penser, en tentant d'oublier au fil du temps ses impairs. Le temps était sans doute la meilleure confiance et épaule sur laquelle elle se reposait ; pas sur des choses trop concrètes comme les sculptures ou les corps ni sur des choses trop abstraites comme les peintures, leurs idées et les âmes.
 
D'une plénitude paradoxale, elle était si calme dans sa posture reposée et patiente mais si déchaîné dans le regard ambré, pris de vivacité et de mouvement. Elle suivait les danses d'invités paniqués et de serveurs emportés. Elle n'aurait su déterminer l'origine comme elle n'avait aucune preuve mais la logique la conduisait vers l'asiatique qu'elle avait commandé de retrouver. De son rictus immortel, elle défit le coude qu'elle avait posé, depuis quelques minutes, contre la colonne et traversa les éclats glacés. Du verre de contenant et de protection pour les cadres mais la pagaille empêchait de distinguer lequel provenait duquel. Une chose à la fois. Elle devenait avant tout revenir aux racines du problème avant les branches. Mais ses propres employés qui étaient auparavant les bourgeons de cette soirée s'étaient retrouvés dingues et fous de colère. Même si elle connaissait les bases, ce n'était pas suffisant pour y remédier. De son pouvoir, elle aurait pu en immobiliser un, tout au plus. De sa voix beuglante, elle n'aurait pu en neutraliser absolument aucun. 
 
Elle s'était clairement mesurée à quelque chose d'une taille plus imposante que la sienne. Une vraie humaine. Mais ce n'en était que plus divertissant pour une cinglée comme Léandre. Cinglée et psychopathe puisqu'elle poussa même plusieurs personnes pris d'effroi qui venait lui demander de l'aide. Elle n'avait pas besoin d'enchantement pour être ensorcelée. Cette femme, pleine de sentiments, c'était un vrai potentiel pour les chimères qu'elle ne voudrait en aucun voir s'éteindre là-bas. Dans son pectoral et coeur pris d'adrénaline se logeait tout de même des graines d'effroi. Elle ne voulait pas la voir partir et se faner dans quelque chose d'aussi malsain que cette association de chimères. Si cette inconnue était trop recluse et pas assez prise dans les sentiments, il n'aurait suffit que de recueillir les larmes visibles même à travers une carapace.
 
Bien qu'elle dit être tranquille, sa position si confortable n'est qu'une parade, qu'un croisement au fer qui voudrait la meurtrir. Léandre, si elle n'a pas peur de se blesser, à bien peur de ne plus rien faire et encore perdre des libertés dont elle manque déjà cruellement. Ainsi, elle se dédouanait donc de tout ce désastre en ne murmurant pas une seule excuse à l'attention des victimes du musée hanté. 
Sans excuse et sans civilité, c'était le chaos dans cet établissement si bien que le monde se précipitait vers les portes extérieures pour fuir un édifice digne d'un musée naturel où on aurait exposé des dragons qui auraient soudainement pris vie. Ils étaient assimilables à des écoliers sortant du lycée pour fuir les cours. Cependant, tout le monde prit le temps et la responsabilité de prendre sa veste pour affronter le dehors printanier, toujours un peu frais, chose dont elle n'avait guère le temps de s'occuper. Elle se mit même à enlever les talons handicapants pour repartir à la poursuite d'une humaine sauvage capable de finir piégée. 
 
Sans respiration pionnière, elle n'enjamba même pas les trois marches, faisant flotter sa silhouette pour atterrir sur le sol et chemin d'entrée. À la vitesse d'une moto, elle fit de quatre pas un seul. Puis, elle mira maintenant ce qu'on pouvait qualifier de sortie pour les visiteurs, cherchant au loin un indice. Ses analyses étaient bien furtives et elle ne passa pas éternellement sur les lampes à pied qui traçaient le chemin de galets du musée Nezu dans des parterres de fleurs. Les graines avaient bien germés au printemps, sous le soleil couchant de cette soirée et ainsi elle put distinguer une plante grimpante, s'enfuyant.  
 
— L'expression tout ou rien vous va à merveille, dis donc, ricana l'italienne.
 
Elle ne chercha pas à la rattraper, sachant bien qu'une telle remarque pourrait au moins la faire ralentir le temps qu'elle l'entende, l'écoute puis la décrypte pour déchiffrer à qui appartenait la voix. Pendant ce laps de temps trop court, elle procéda donc au repêchage de cette, finalement, trop grande victime de la mère dragon. Pour l'instant, elle n'était pas encore celle qui avait jeté les flammes mais les avait insufflées dans une forme humaine et plus innocente qu'elle.
 
La seule innocence qui vivait en Filomena, c'était cette irritation au contact qu'elle prévoyait dans des retranchements ou dans des recours derniers. Son pouvoir n'était qu'une option, pas un moyen de persuasion. En l'occurrence, elle préféra se montrer prudente tout de même. Inutile de faire la vaniteuse trop longtemps sinon, c'était perdu d'avance. 
Prudente donc dans les conséquences comme dans l'effleurement d'une peau, elle essaya donc d'imiter le même geste que l'inconnu avait fait pour la saisir, tout à l'heure. Une geste dont elle se rappelait et qui la marquait. Elle, le marquait bien autrement.
 
— Veuillez m'excuser, je pense avoir eu mauvais usage de mon pouvoir, je n'avais pas prévu ça.
 
Avant que la brune ne puisse se retourner, Léandre n'afficha rien d'hypocrite rien sur le visage bien que ce « mauvais usage » était complètement voulu. Quelque part, elle ne semblait pas maîtriser quelque chose mais son don n'en était pas la cause. Elle ne maîtrisait pas les gens et encore moins cette femme.
 
— J'ai bloqué votre bras par inadvertance. C'est ça, de toucher les gens. On finit par provoquer des choses qu'on ne soupçonnerait pas.
 
Dans ses doubles-sens habituels, elle rappelait à quel point le contact primaire qu'elles avaient pu avoir n'avait pas été aussi anodin qu'il aurait pu l'être pour une autre personne. Léandre se montrait grande et forte, à tout bousculer mais Filomena était la timide parfaite, prude au toucher et de l'intérieur. Si elle avait touché l'asiatique, elle s'était tout de même mordu la lèvre au préalable pour goûter le sang de lion et du courage dont elle avait besoin.
 
Mais, pour revenir à ce double-sens, il ne fallait pas négliger l'étendue d'excuses qu'elle déversait sans en donnait les spoilers. Elle ne donnait ici que les prémisses, rien d'autre.
 
Excusez-moi. Je suis cruelle mais c'est ainsi. Ne m'en voulez pas.
 
C'était là tout ce qu'elle pensait mais qu'elle ne disait pas parce qu'elle voulait paraître toujours assez forte et pas trop faible pour s'avouer complètement vaincue, même dans une situation où le tort lui revenait de droit.
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Terminé #15 le 20.06.17 17:21




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Léandre Delacour


 

Je m’échappai. J’en voyais enfin les couleurs, de cette nuit noire et intense que j’avais auparavant trouvé douce et agréable. Cette quiétude s’était vite brisée au contact de cette femme, femme que j’avais réussi à semer. Un pas, deux pas, trois pas, quelques enjambées et je fuyais le chaos laissé derrière moi. J’avais semé un désastre dans une exposition qui me tenait à coeur. Il y avait là des questions à se poser. Comme une envie de lui prouver que je n’étais pas froide et dénuée d’émotions, comme pour me prouver à moi-même que j’étais capable de m’éloigner d’elle, de cette force si terrifiante qu’elle dégageait. Avais-je fuis mes émotions ou l’avais-je fuis, elle ? Sans un regard, sans un geste, je m’étais cachée de tout, d’elle mais aussi de ce que j’étais, de ses pouvoirs que j’arrivais, aujourd’hui, à contrôler parfaitement. Mais une chose était certaine, je ne restais pas ici, non, j’allais rapidement trouver un taxi et allais me cacher sous ma couette, oubliant cette soirée et cette Léandre. Marchant rapidement vers cette sortie qu’étais la mienne, je m’arrêtai net, me retournant, connaissant cette voix, cette voix que je ne désirai plus entendre.

- "L’expression tout ou rien vous va à merveille, dis donc."

Je me retournai apercevant non loin de moi cette crinière rousse, cette posture droite et ce regard si insistant qui me déstabilisait au plus haut point. Elle arrivait vers moi et je savais au fond, qu’il n’avait pas été très intelligent d’arrêter ma course ainsi. J’eus beau essayer de repartir, j’en fus incapable. Un main ferme me stoppa. Mais ce n’est pas juste mon corps qui s’arrêta là, non, mon bras était entièrement paralysé. Il n’y avait pas trente six mille possibilités. Cette femme était une nécromancienne et elle se servait de son pouvoir pour m’arrêter. Enfin, j’en avais fait de même pour m’enfuir. Mais pouvait-elle bloquer entièrement mon corps ? C’était une idée qui ne me plaisait réellement pas en réalité. Mais si je partais, allait-il rester ainsi ? Je ne connaissais ni l’antidote, ni le moyen de lutter contre. Et merde.

- "Veuillez m'excuser, je pense avoir eu mauvais usage de mon pouvoir, je n'avais pas prévu ça. J'ai bloqué votre bras par inadvertance. C'est ça, de toucher les gens. On finit par provoquer des choses qu'on ne soupçonnerait pas."

Devais-je la croire ? Pourquoi avais-je la sensation qu’elle me mentait encore et encore ? Pourtant cette femme semblait être franche. Était-ce son ton délibérément malicieux et à double tranchant qui me faisait ressentir cela ? En attendant j’étais coincée, complètement coincée. Je pouvais me libérer, essayer au moins et voir ce qu’il se passe, après tout je ne savais même pas ce qu’elle cherchait. D’un coup d’un seul je dégageai mon bras inerte de son emprise la faisant se rapprocher de moi à une vitesse folle. De ma main encore muable je la repoussai alors violemment.

- "Mais qu’est ce que vous me voulez à la fin ?!"

Je regardai alors mon bras, toujours dur, toujours si froid. Il n’avait pas bougé d’un iota. Plus que la colère, c’était de l’inquiétude que je ressentais à présent, celle de rester ainsi et surtout celle de devoir lui demander des explications.

- "M’intimidez vous amuse, je l’ai bien compris. Mais de là à figer mon bras. N’est ce pas un peu trop ?!" Je me rapprochai alors d’elle violemment, lui attrapant le poignet avec force. "Changez ça !"

Pourquoi fallait-il qu’elle ait cette tête là, ce sourire si malin, ce regard si profond. Pourquoi fallait-il que je sois le pion de ce jeu qu’elle s’amusait à alimenter. Cela ne me plaisait pas. Je n’appréciais ni sa désinvolture ni cette élégance si hautaine qu’elle présentait face à moi. Dans un excès de colère et qui sais-je que j’en avais quelques uns ces derniers temps, je la tirai alors vers moi, me mettant à marcher près d’une ruelle un peu en contrebas de la rue. Là je m’y enfonçai, la tirant avec moi. D’un bras et d’une force que je ne me connaissais que trop bien, je la poussais alors contre un mur de béton bien trop abrupte pour accueillir amicalement le dos d’une si belle femme. De rage, je lui maintins alors le torse de mon avant bras raide et posais ensuite une de mes mains sur son visage. D’un regard dur et d’un ton ferme, je la menaçai alors.

- "Rends-moi mon bras ! Ne m’oblige pas à te convaincre!"

Une envie acerbe me pris alors à la poitrine. J’avais autant envie de lui faire du mal que d’apprendre à la connaitre. Je me dégoutais.


Avec : Léandre Delacour
Mots : 1009


BY MITZI
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29Féminin255ZeldaFicelles de squeletteJolly JumperAntiquaire et apothicaire.260796621Féminin28/04/2017complètela salamandreCassian / Brendan / Ame
nécromancien
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Terminé #16 le 24.06.17 0:41
any piece of art has a heart
À force de taper sur le coquillage de l’huître, elle avait fini par débloquer quelque chose qui la ravissait. La valse des peintures au musée Nezu suffisait à lui prouver la violence des sentiments de cette femme mais le constater directement et de ses propres yeux était d’autant plus satisfaisant. Ce fut sans doute la meilleure raison pour expliquer cette ruse qui florissait en sourire.
 
Épines venimeuses faisant toute la monarchie de son corps, elle n’en demeurait pourtant pas moins aussi princière que galante en haut, par ses pétales blancs et purs. Empêcher la jeune femme de se volatiliser bien loin avait bien une justification d’ordre général plus que personnel. Loin de là, elle n’avait en aucun cas l’idée de la garder contre son gré ou pour son propre intérêt. Ainsi, la ruse n’avait pas d’autres explications que sa réussite de l’avoir retenue pour le bien d’une société. Alors non, elle ne s’amusait pas à l’intimider. D’ailleurs, elle ne voulait jamais intimider. Cet aspect lui était aussi incontrôlable qu’une république. Aussi incontrôlable que cette femme qu’on aurait pu nommée Marianne, qui un jour, voulait la guerre, un autre, la paix.
La guerre résidait dans ses gestes violents et colériques alors que la paix se nichait dans ses paroles inoffensives, ne demandant qu’armistice pour enfin comprendre. Or, Léandre ne souhaitait pas se bagarrait avec elle quand bien même son tempérament était d’un naturel nerveuse et qu’elle aurait pu la défier. Elle se contenta juste d’appréhender le geste en inspirant profondément pour calmer le rouge virulent aux taureaux. Son regard se concentrait dans une complexion plus sérieuse ; elle était plus perçante mais rien de plus. Du moins, sans être trop menteuse, elle gardait ce sentiment d’ire en elle pour ne pas engager un duel sans fin. Ce n’était pas ce qu’elle souhaitait obtenir de cette brune.
 
Elle n’aurait su décrypter ses intentions initiales lorsqu’elle l’avait remarqué, de dos, si ce n’était une curiosité piquante pour une humaine qui, même de dos ou de face, n’évoquait rien. Puis, elle en avait esquissé quelques traits sans vraiment la comprendre, comme pour en deviner un brouillon qui ne manquait qu’à être améliorer vu son potentiel. Une fois les travaux lancés, elle se montrait « déchaînée ». C’était une étape qu’elle avait prédit dans le cheminement mais elle ne pensait pas que ça serait aussi complexe de comprendre cette créature. Ce qu’elle voulait, à la fin, c’était juste la comprendre et l’aider.
 
— Quand êtes vous devenue aussi susceptible pour croire que je vous veux du mal et vous intimidez ! s’écria-t-elle avant de pouvoir prendre en considération la demande de remède. Oui, c’est vraiment tout ou rien, je confirme. Soit vous n’écoutez rien, soit vous n’écoutez plus que vous ne voulez entendre.
 
Cependant, les paroles de Filomena étaient celles qu’elles avaient toujours été ; nuages et poudre qui s’étouffaient en une vapeur encore plus dispersée dans les nuits d’une société. Le soir tombant et coulant comme le verdict du jury, elle n’avait plus son mot à dire puisqu’elle était emportée par la jeune femme. Elle avait beau se retrouver intimidante ou insolente, l’autre était plus imposante que puissante. La maigre force de la noble n’était clairement pas de taille mais elle n’aurait pas soupçonné non plus que cette créature pouvait s’emparer de son bras avec l’autre d’une telle puissance. Elle aurait pu essayer de le bloquer mais ne le fit pas, jugeant qu’il ne fallait pas canaliser une colère qui aurait explosé et vexé davantage car au bout d’un moment, relâchée. Peut-être était-il temps de crever l’abcès pour la guérir.
 
Ainsi, la rousse ne garda qu’une attitude hautaine et condescendante plus que chercher à répondre à des piques directement qui n’auraient rien eu de pertinent si elles s’en lançaient sans que l’une n’écoute l’autre. Comme avait bien pu le prouver le manque de réponse de l’inconnue, l’impatiente devait se montrer patiente pour modérer des sentiments trop forts. Maintenant, elle se tut et se laissa conduire par ceux-ci, histoire de peut-être les atténuer avec la course courante qu’elles connurent. Cependant, la seule chose charriée fut Léandre par cette brute, dans une ruelle juste plus basse à celle du musée.
La rue n’était qu’à peine éclairée si ce n’était le hasard de vouloir illuminer deux femmes se chamaillant par une lanterne au-dessus d’elle. La rue aurait pu être de pavés mais elle était juste défoncée par les coups de roues et marche les traversant quotidiennement. Contre un mur solide et épais, la tête de Léandre ricocha et se vit mis en joute par le visage de l’inconnu, en face d’elle. Blessant mais surtout malaisant et encore, ce n’était pas le pire. Au vu du bras non articulé qu’elle commençait déjà à se défaire en fléchissant le coude, Léandre s’apprêtait à recevoir un châtiment similaire par l’autre main. Assez timide par les contacts, la jeune femme ne se mit pas à frémir mais plissa fortement les yeux et le nez, se recroquevillant et se faisant plus basse. Sauf que l’autre main ne vint qu’encadrer son visage ; une menace toujours présente mais moins virulente qu’elle en ouvrit les yeux pour défier de nouveau, comme si ce moment de peur ne fut que passager à l’imager d’un châle qu’on ôte à son aise. Plus à l’aise, donc, elle le fit.
 
— Sinon quoi ? Vous allez encore saccager mon exposition ? C’est déjà fait. Et qu’ai-je à craindre si vous me dîtes que je suis si intimidante ?
 
Le problème était qu’elle paraissait peut-être franche mais moins crédible quand elle avait laissé un instant de faiblesse. Ces petits yeux d’ambre qui s’étaient plissés par peur physique et non pas par peur des mots l’avait peut-être trahi mais elle ne bascula pas la tête ailleurs et resta fière dans son discours pour certifier de son caractère bien trempée ou plutôt bien têtue. Dans cette haine qui la poursuit, elle ne pouvait s’empêcher de cracher ces mots :
 
— Il ya  un juste milieu à prendre et visiblement, vous êtes trop entêtée à ne pas savoir doser ça. Vous êtes trop entêtée à vous isoler de tout. Vous avez gâché mon exposition comme une rustre et une lâche.
 
Mais, pour autant, elle ne voulait pas s’attaquer ou l’embêter ; juste la pousser à aller bien plus loin que là où elle restait bloquée : Une vision peu contrastée et butée. La différence avec l’italienne était que cette japonaise ne voulait pas écouter le monde alors qu’elle, voulait le changer selon sa démagogie tranchée :
 
— Est ce que vous voulez bien m’écouter ?
 
Tu ne vois pas que j’essaye de te guider ?
 
Encore une fois, il fallait obéir aux dogmes royalistes voire anarchistes de Léandre, s’y plier. Quand bien même il y avait une part de gentillesse dans cet appel, il y avait aussi une part de direction. Elles n’étaient pas si différentes mais elles entraient forcément en conflit dans leur échappement du monde. Elles s’échappaient entre elles. La rousse tenta de s’échapper du contact tactile contre sa joue en glissant encore plus bas contre le mur sur lequel elle avait été plaquée crûment.
 
— Je n’ai jamais dit que je n’allais pas corriger ça mais calmez-vous avant de m’enlever de la sorte. J’ai besoin de calme  et de temps pour corriger ça, vous comprenez ?
 
Elle n’avait aucunement la science ou les choses en main et ne pouvaient pas contrôler ce don ou cette personne si facilement. Il lui fallait les ressources pour.