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#1 le 18.04.17 22:48

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Le monde a des yeux d'enfants pervertis

feat. Margaret E. Redford



Cette fois, elle était différente…



Celle-ci était vivace, une des pires mauvaises herbes que Cordélia avait vues jusqu’alors ! Elle lui plairait, elle en était certaine… Puis, ça lui faisait une sortie, elle ne l’avait pas vue depuis déjà trop de temps pour pouvoir compter…
Les autres étaient inintéressantes, dénuées de potentiel, elles n’étaient bonnes qu’à faire de vulgaires poupées… Aucune âme, aucune rancœur, rien si ce n’est du désespoir. Ce foutu désespoir qui n’a jamais eu sa place ni en ce monde, ni dans l’autre.  



« Aïe !! Lâche-moi vieille peau ! »

Au moins, elle avait du répondant, même si un peu de calme aurait été bien aussi pour traverser une bonne partie de Tokyo sans se faire trop remarquer… Mais bon, elle savait s’y prendre, elle connaissait toutes les ruelles sombres et sinueuses et tout autant désertes de la capitale. Après tout, c’était son travail. Et puis, si elle l’abîmait un peu, ce n’était pas si grave… elle s’en remettrait !



La morveuse lui donnait du fil à retordre mais elles allaient bientôt atteindre leur destination. Cordélia apercevait déjà les vieux hangars et vieilles usines désaffectées et sans vie se dessiner au loin. Elles arriveraient sous peu.



Malgré le temps qui avait filé depuis sa dernière venue dans le quartier, notre Dame marchait d’un pas résolu vers leur destination en traînant la gamine essoufflée de tant se débattre derrière elle. Elle lui aurait bien expliqué que rien de mal n’allait lui arriver, qu’un nouveau monde bien meilleur s’ouvrait à elle, mais ce n’était pas son fort. Encore, faire des simagrées passait un moment, mais la jeune fille aurait assez tôt pris conscience de ce qui aurait dû lui attendre en réalité, en découvrant son vrai visage. Un visage froid, complètement inexpressif et inhumain, un visage qui vous fait comprendre que le seul endroit où elle aurait pu vous emmener sans regret aurait été l’Enfer. Et toi, gamine, tu as failli y passer de peu…



Elle se calma légèrement et Cordélia put relâcher un peu la pression sur son poignet. Elles étaient enfin arrivées au quartier général des Red Widow.



La bâtisse était très sombre d’extérieur, cette noirceur étant accentuée par le crépuscule qui n’arrêtait pas de tourner de l’œil, laissant derrière lui un épais voile sombre. D’une certaine manière, ça rassurait Cordélia. Il y avait peu d’endroits où elle estimait pouvoir se sentir presque comme chez elle, mais ce grand édifice en faisait partie. Après tout, elle l’avait presque vu naître, elle avait été à ses côtés depuis bien longtemps… A présent, les bars ne sont plus ce qu’ils étaient, on n’y trouve plus de manifestations de grandes Dames prônant la justice, leur justice. C’en est bien dommage.



« C’est quoi ce truc ? Tu vas me faire quoi maintenant ? »

Elle n’avait même pas pris la peine de crier à l’aide ? Intéressante, cette petite… Pourtant, contrairement à ce qu’elle pouvait penser, elles n’étaient pas seules dans ce vieux quartier portuaire abandonné, une véritable fourmilière se trouvait juste sous son nez. Enfin, une fourmilière… c’était plutôt un nid d’araignées.



L’ancienne duchesse ne prit pas la peine de répondre à ses interrogations. Après tout, à quoi bon ? Elle allait bien assez vite comprendre et se faire son propre avis… Puis, si elle voulait rebrousser chemin, que Dieu la garde ! Elle finirait entre ses griffes et serait aussitôt rapatriée dans une autre organisation bien moins glorieuse… C’était leur contrat.



Sans perdre de temps, elle sonna à l’interphone. Ce monde était devenu bien trop moderne pour elle… Tant de gadgets de pacotille alors qu’il n’était avant nécessaire que d’enfoncer une porte ou deux pour faire savoir qu’on était là !



« C’est pour quoi ? »

, marmonna une voix morose à travers l’écoutille.


Oh, quelle gracieuseté… Elle n’allait pas y aller par quatre chemins.



« J’amène une gosse. »

Un bruit immonde de grésillement se fit entendre et elles purent franchir le pas de la porte, cette fois-ci assez docilement.



Il n’y eut même pas besoin d’aller parler à la sotte de l’accueil, leur grande Dame se tenait devant eux, avec comme toujours un air préoccupé sur le visage mais une vigueur digne de la plus jeune des roses.




joshua rokuro pour peek a boo !






#2 le 22.04.17 19:21

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C
'était quand le ciel se colorait d'orange et de vermeille, effaçant doucement l'étendu saphir qui régnait au dessus de nos têtes que j'aimais le regarder. Une palette de milles teintes différentes et pastels apparaissaient sous les yeux des êtres qui vivaient sous cet astre, que se soit dans ce monde ou dans l'autre. Au petit jour et la tombée de la nuit, ceux privilégiés d'observer un tel phénomène levaient le nez vers ce bleu troublant et changeant, découvraient ces milliers de couleurs avant de reprendre leur chemin, heureux d'avoir pu assister à un tel événement. Pour ma part, cela faisait des années que j'observais l'éveil et la disparition de cette boule de feu dans le ciel, appréciant d'un sourire le spectacle qu'il m'offrait. Mais bien souvent, c'était parce qu'il annonçait une nouvelle journée pleine de surprises. Une nouvelle journée m'approchant de mon but.

Les dernières heures du jour prenaient lentement fin, mes yeux restant fixés sur la vitre donnant sur ce morceau de forêt où s’entraînaient plusieurs de mes filles. Il fallait dire que ces derniers temps, leurs investigations n'avaient pas les mêmes impacts que par le passé, certaines d'entre elles n'arrivant pas à venir à bout de leurs missions. C'était une regrettable constatation qui m'avait fait soupirer plus d'une fois, surtout depuis que nous étions entrés dans ce nouveau siècle. Les nouvelles araignées étaient bien moins tenaces et agressives que leur aînées et avaient la fâcheuse tendance à tout faire capoter. Les femmes de ce temps avaient été trop choyées par des idées absurdes des nouveaux gouvernements, ne se rendant pas compte qu'elles étaient trompées. C'était affligeant. J'osais espérer qu'elles se remettraient sur le bon chemin en un rien de temps avec leurs nouveaux entraînements mais une partie de moi n'était pas dupe : il allait falloir revoir toute leur éducation. Un lourd travail en perspective.

Un soupir s'éleva dans la pièce alors que je faisais tourner mon fume-cigarette entre mes doigts. Ce contre-temps était bien trop dérangeant et allait certainement me perturber pendant plusieurs semaines. J'allais sûrement devoir organiser un recrutement massif dans les pays voisins et les plus défavorisés pour obtenir de nouvelles araignées. Cela me fatiguait d'avance. Je n'avais pas le désir de me rendre au Moyen-Orient. Notre dernière campagne avait fichu un sacré foutoir sur le territoire, rendant le dirigeant très méfiant avec les femmes qui entraient dans le pays. Encore la faute à une débutante. Affligeant. Revoir leur éducation était la meilleure solution au final.

Un bip sonore perturba le silence qui régnait dans la pièce, le son forçant mon regard à se tourner vers mon ordinateur. Je connaissais assez bien ce son pour savoir qu'un spectre avait pénétré dans le périmètre de surveillance de l'organisation, qui s'étendait à plus de dix kilomètres autour de notre structure. Les filles à la sécurité devait déjà être dans un état pas possible en espérant qu'il s'agissait d'un homme sur lequel elles pourraient passer leurs nerfs. Malheureusement pour elle, ce fut une femme qui apparut à l'écran -et sur les leurs. Une femme que l'on connaissait assez bien ici, et une gamine à l'air revêche. Enfin quelque chose d'intéressant.

Je me redressa sur mes jambes, abandonnant mon fauteuil avant de saisir mon fume-cigarette et de chercher l'un des paquets de John Player traînant dans l'un des tiroirs de mon bureau. En sortant une, je la plaça sur la tige en bois noir tout en prenant la direction de l'ascenseur, passant devant ma secrétaire qui me souriait avec joie. L'une des femmes qui m'adorait le plus dans ces lieux. Elle aurait pu faire n'importe quoi pour moi. Si je lui disais de sauter par la fenêtre, elle le ferait certainement. Avoir une personne était très utile, croyez moi. Je n'avais rien à lui cacher, elle acceptait chacune de mes idées. Et m'en proposer même beaucoup.

Mais l'heure n'était pas à discuter d'elle. Mais de Cordélia. J'avais rencontré cette femme il y avait des décennies de cela, alors que le groupe n'était même pas encore créé. Une ancienne duchesse qui m'avait suivi pendant longtemps et qui avait vu notre organisation sortir de terre. Je portais beaucoup d'affection pour elle, malgré ce trafic dans lequel elle baignait et qui me faisait parfois horreur. Mais je savais qu'une fois à la tête de ce monde décadent, son manège n'aurait plus lieu d'être. Puisque la plupart de ses clients étaient des hommes. Et que les hommes n'avaient pas leur place dans mon monde. Mes lèvres laissèrent un sourire se dessiner sur mes lèvres, la fumée de ma cigarette s'élevant doucement dans la cage de métal. J'attendais ce jour avec tant de hâte.

Le grand hall se présenta enfin à moi, les portes me laissant accéder à la salle où des dizaines de femmes passaient et repassaient. En me voyant, elles me saluèrent avec respect, certaines en souriant, d'autres en courant dans une direction inconnue tandis que j'allais me poster devant la porte d'entrée pour accueillir l'une de mes plus vieilles associées. Quand enfin, les portes s'ouvrirent sur la fausse chimère et cette enfant remue comme un petit ver de terre. De ses yeux clairs, elle me dévisagea avec haine et fureur, son visage de poupon lui donnant un air adorable. Une petite tigresse. Intéressant.

- Bonsoir Cordélia. C'est un plaisir de te voir.

Un sourire accueillant étira mes traits, l'une de mes mains retirant parfois mon fume-cigarette avec élégance. Cela faisait plusieurs semaines que la zombie n'était pas venue m'apporter une fille et je dois avouer que cela me mettait de bonne humeur. La duchesse avait toujours le don de me dégoter des gamines qui avaient pas mal de cran.

- Et bienvenue à toi mon enfant. Je suis Margaret et te voici dans mon antre. Mais nous serons mieux dans mon bureau pour discuter. Si vous voulez bien me suivre.

Je le sentais. Cette entrevue risquait d'être fort amusante.



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#3 le 25.04.17 21:46

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Le monde a des yeux d'enfants pervertis

feat. Margaret E. Redford



Elle le pensait de plus en plus, la jeune-fille qu’elle apportait valait son pesant de sel… ou d’œuf, selon vos envies. Elle avait dévisagé Margaret avec tant de désinvolture, s’en était jouissif. Bien qu’elle aima beaucoup la dirigeante des Red Widow, voir une petite pucelle lui tenir tête avec tant de vigueur sans savoir à quelle genre de Dame elle avait affaire l’émoustillait toujours autant. Elles étaient rares, les insouciantes voulant riposter devant la stature de la vieille dame, et encore plus rares étaient celles qui en ressortaient indemnes ! Celle-ci, aussi tenace qu’elle était, ne ferait certainement pas long feu non-plus, mais ça promettait d’être amusant…



Autrefois, nombreuses étaient les fillettes à rejoindre les rangs de Margaret Redford. Il faut dire que les temps étaient bien plus durs. Maintenant, le monde des vivants n’est que fausses égalités hommes-femmes et plaisanteries. Les jeunes se dévergondent, fricotent avec le sexe opposé et n’ont plus aucune notion de ce que nous, les femmes leurs ancêtres, avons dû subir dans notre quotidien. De vie comme de mort nous avons toujours été exclues, traitées comme de pauvres bêtes inoffensives et aigries. Cette gamine, elle avait dû vivre dans un monde bercé de faux-semblants de gentillesse. Pourtant, elle avait la hargne. Peut-être était-elle ne serait-ce qu’un peu différente ?



Ces derniers temps, la duchesse ne trouvait pas grand-chose à rapporter aux Red. Elles étaient toutes sans signifiance, maigrelettes et naïves. Elles côtoyaient les hommes, les aimaient. Cordélia ne les haïssait pas tous, mais son expérience au court de sa vie et de sa mort lui avaient apprise à se méfier de la plupart d’entre eux, et à préférer les alliances féminines, bien plus solides et authentiques. Pour la petite, ce serait à elle de décider, mais elle allait devoir le faire rapidement, et elle sentait que la grande Dame au fume-cigarette n’allait pas vraiment lui laisser le choix… A vrai dire, les seules morveuses qui avaient quitté les lieux sans rentrer dans l’organisation avaient été celles dont Margaret elle-même n’avait pas voulues. Et aux débuts de l’entreprise, il y en eut beaucoup. Maintenant, seules celles que Cordélia jugeait assez intéressantes étaient emmenées au quartier général pour un petit débriefing et quelques petites manipulations dont Marg’ avait le secret. La fausse chimère n’aimait pas faire des allez-retours inutiles dans Tokyo en trainant à bout de bras des enfants bien trop bruyants pour passer inaperçus. Tous ceux qui ne convenaient pas, elle les gardait pour autre chose.  



Mais cette-fois-ci, elle était repue, repue de la satisfaction d’avoir trouvé une future chasseuse et non une vulgaire proie. Cela faisait déjà quelques temps que plus aucune jeune pousse n’avait été autant prédestinée à devenir araignée, et elle espérait de tout cœur que la pseudo-interview n’en serait que plus croustillante. Elle adorait voir ces petites femmes frêles se perdre dans leur décisions, voir Margaret les enjôler avec ses belles paroles qu’elle servait froidement mais aussi chaleureusement à toutes celles en qui elle voyait ce potentiel. Elle aimait les voir se torturer et finalement succomber et devenir des tisseuses. Aussi espérait-elle donc que cette ténacité ne disparaîtrait pas face au charme du vampire et qu’elle se battrait un moment pour résister à l’appel des Red Widow. Mais aussi était-elle donc jubilante en voyant le visage de sa consœur duchesse et en entendant les quelques mots qu’elle prononça.



Une chose est sûre, elle était intéressée. Cordélia avait cru voir un léger rictus se dessiner sur les fines lèvres, comme un signe de satisfaction devant la bouille frivole de la gamine.  Pourvu que cela continue. Cordélia sentait que la nouvelle arrivée était déjà sous le charme, après tout, qui ne le serait pas ? Malgré ses rides, elle dégageait une prestance que nul autre ne pouvait prétendre détenir. Mais les yeux de l’enfant n’avaient pas oublié qu’elle devait se battre. Elle était perdue, au beau milieu de toutes ces femmes parfois seulement à moitié humaines, la fixant comme un asticot que l’ont trouverait dans son repas. Elles ne parlaient pas entre elles, certainement par respect pour leur supérieure ultime, mais s’en dévoraient l’âme d’envie.



Annonçant enfin son intérêt pour la trouvaille de Cordélia, elle les invita à la suivre dans son petit coin personnel que le zombie connaissait bien. Elle s’étonna à trépigner autant d’impatience. Hormis son bar, elle n’avait pas grand divertissement, et sa routine quotidienne l’étouffait depuis déjà quelques temps. Il n’y avait qu’à côté des Red Widow et surtout à côté de Marg’, comme elle aimait l’appeler malgré son désaccord, qu’elle se sentait presque revivre. Je dis presque car il ne faut pas pousser mémé sur les orties, Cordélia reste et restera Cordélia : une personne ayant perdu goût en tout, autant en l’homme qu’en l’humanité toute entière, n’éprouvant même plus de regret à jeter les jeunes mioches innocents tout juste morts dans un trépas bien plus terrible encore. Mais dans ces moments si exceptionnels, elle prenait ne serait-ce qu’une once de plaisir à voir la manipulation d’une vieille chouette se battre contre l’esprit naïf mais aiguisé de vivacité d’une jeune larve.



Tirant ladite larve derrière elle, les deux duchesses se dirigèrent donc vers le sobre mais somptueux bureau de la présidente des lieux. Notre duchesse zombie fit s’assoir son butin non sans insister lourdement dans un des fauteuils faisant face. L’agacement lui titilla les tempes mais  qu’importe, son moment favori allait bientôt arriver. Elle n’interférerait pas énormément, préférant simplement admirer et prendre notes. Elle alla néanmoins comme à son habitude se loger dans un coin sombre de la pièce pour mieux assister au spectacle.  



Un large sourire qu’elle avait retenu jusqu’à présent se dessina alors volontiers sur ses lèvres d’un rouge sanguin.



« Je te laisse la parole, ô gente Duchesse… »

Il ne manquait plus que le pop corn.





joshua rokuro pour peek a boo !






#4 le 13.05.17 17:23

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E
lle avait un regard sauvage et franc, celui des êtres qui ne se laissent pas marcher sur les pieds malgré que son adversaire soit mille fois plus fort et mille fois plus grand. Elle avait ce rictus furieux et contrarié, celui des âmes qui n'avaient rien demandé et subissait les actes d'autres qui souhaitaient juste les persécuter. Une gamine un peu enragée, grandement farouche et de ce que je pouvais voir, sacrément bouillante. Le profil d'une futur petite araignée.

La faible lumière de l'astre diminuait de seconde en seconde, n'illuminant presque plus mon grand bureau alors que j'observai d'un œil critique l'enfant en face de moi. Elle devait avoir entre quatorze et quinze ans, pas bien grande ni très enrobée. C'était à se demander si elle mangeait à sa faim. Et si elle s'occupait d'elle correctement. Ses longues cheveux bruns étaient en bataille et sûrement emmêlés, sa peau un peu sale et couverte par endroit de quelques marques de coup. Je regarda un instant Cordélia pour voir si cela était une partie de son œuvre mais elle ne semblait pas avoir tant malmené la petite. Certainement qu'elle avait du avoir faire à plus fort qu'elle dans l'une des rues de la ville. Chose peut étonnant quand on y pensait.

Revêche et silencieuse. Combien de fois avais-je pu rencontrer d'enfants dans son genre, de femmes dans son genre, emplie de rage contre le monde entier, contre ces semblables qui les avaient oppressé, contre tout ce qui pouvait les entourer ? Peut-être bien des centaines. Je n'avais même pas envie de compter. Maria devait connaître le nombre exact. La porte du bureau s'ouvrit alors, laissant entrer ma secrétaire qui déposa un plateau chargé d'une carafe de café, trois tasses et une assiette de cookies à la cannelle. Aussi discrète qu'à son habitude, elle s'éclipsa comme elle était venue, recevant tout de même un sourire de ma part avant de rejoindre sa place. Enjouée, je me servis une tasse et entama un biscuit avant de tendre l'assiette à mon associée et amie. Les choses sérieuses pouvaient enfin commencer.

- Comment t'appelles-tu mon enfant ?

Les lèvres de la gamine se retroussèrent, affichant une grimace sauvage alors qu'elle se recroquevillait sur son siège, prête à bondir. Intéressant.

- Ça te regarde vieille bique ? J't'en pose pas des questions que j'sache.

Elle avait un sacré répondant ! Une forte tête semblait-il. Mais même les fortes têtes finissaient par plier l'échine et se rendent compte qui était le maître en ses lieux. Ce genre de caractère était particulièrement plaisant et intéressant, poussant les personnes qui l'avaient à faire de grande chose. Mais elles pouvaient également devenir hors de contrôle. J'ignorais où Cordélia l'avait trouvé mais cette gamine était promise à de grandes choses... si elle savait se tenir.

- Et bien, si tu ne tiens pas à me répondre, c'est ton choix. Je continuerai donc à t'appeler mon enfant.

Me décollant de mon bureau, je m'avança vers l'adolescente pour mieux l'examiner. Teint pale, la peau sur les os, bleus et marques de coups, coupures et égratignures. Une casse-cou ou une emmerdeuse de première. Une sourire s'étira sur mes lèvres fines. Très intéressant. Sans douceur, ma main se cala sur son crâne, fouillant dans ses cheveux pour voir d'éventuelles marques supplémentaires. Un cri lui échappa, ses mains agrippant furieusement mon poignet. Ce qui eut pour effet de faire sortir mes serres. Un autre cri me parvint, un mélange de surprise et de douleur alors que je pouvais deviner les yeux de la gamine s'agrandir d'étonnement.

- Je te conseille de ne pas bouger davantage. Ce serait regrettable que je t'arrache la tête, tu ne penses pas ?

Plus un mot. La jeune fille resta docile comme un agneau le temps que je l'inspecte complètement, ma main libre passant sur sa peau, son visage, examinant sa bouche, ses oreilles, tirant sur son pull pour découvrir son torse couvert d'autres bleus. Une bagarreuse ou une battue ? J'allais bien finir par le savoir.

Mon examen finit, je retourna près de mon bureau afin de reprendre ma tasse de café et un autre cookie. Les yeux bleu-gris de la gamine me fixaient avec horreur et fureur, un sourire s'accrochant alors à mes lèvres tandis que je lançai une œillade amusée à Cordélia.

- J'espère qu'elle va répondre à mes questions à présent. Il faut toujours que tu me ramènes des fortes personnalités.

Riant doucement, j'attrapai ensuite l'assiette de biscuits pour la tendre à la petite brune, lui offrant un sourire chaleureux.

- Tiens, sers-toi. Tu dois avoir faim et je n'en ai pas encore fini avec toi.