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#1 le 11.01.15 17:05

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Quand la bête se réveille...



Ce matin, il faisait beau, tu aurais pu être réveillé doucement par les rayons vaporeux du soleil, te glisser hors de tes draps et respirer la brise fraiche de l'hiver mais ça n'a pas été le cas. La bête s'est réveillé, celle qui loge derrière ta cicatrice. C'est la première fois que ça t'arrive depuis que tu es morte. La douleur est aigus, elle te sors violemment de tes rêves. Un cris rauque s'échappe de tes lèvres, tu agrippe tes côtes, ton souffle est saccadé. Tu ne veux pas appeler de l'aide, tu es une guerrière, tu ne souffres jamais. De toute manière, ton dortoir est vide, tu es seule.

La douleur s'atténue quelque peu, tu te traînes devant le miroir. Tu te dévêts et regarde la ligne rouge qui longe le bas de ton ventre.
- Foutue bête, tu es revenue.
Après avoir enfilé une tenue ample, chargée de motifs indiens et d'étoffes polychromes, tu tresses rapidement ta chevelure et sors du dortoir.

Depuis ce matin tu n'as croisé personne. Pourtant, il fait étrangement bon pour un jour d'hiver. Quelque part ca te rassures, tu ne veux pas qu'on te voit te diriger vers l'infirmerie. Tu veux essayer de dompter la bête en te bourrant de médicaments, ces petites pilules qui n'existaient pas a ton époque, en temps de guerre. Tu te dis qu'il y a beaucoup de tes amis que tu aurais pu sauver avec ça. Tu fais une grimace. De vieux souvenirs tout ça... Aujourd'hui tu te sens vieille.

Tu arrives au niveau zéro, dans l'aile médicale. C'est la première fois que tu t'aventures dans cette section. Devant toi, un grand couloir baigné par une lumière diaphane. Tu avances lentement dans les rayons, tu as l'impression d'être au fond d'une rivière. Le silence est complet, seuls le bruit discret de tes pas glissant sur le carrelage et, avec, le froissement des étoffes contre ton corps.

Tu regardes les pancartes sur les portes blanches: "bureau", "réservé au personnel", "infirmerie". Enfin! Tu tournes la poignée. Fermé. Il est trop tôt.
La douleur reprend, au fond de ton ventre la bête s'énerve. Tu te tords, tu te crispes, serrant les dents pour éviter de crier. Cette fois ca a duré moins longtemps. Fatiguée, tu t'assois dans le couloirs contre la porte. Quelques rayons de soleil viennent caresser ta peau gelée.

Tu pourrais presque t'endormir là, presque... mais ton coeur s'agite soudainement, tu entends des pas qui résonnent plus loin. Tu ne veux pas qu'on te voit ainsi, pas aujourd'hui.




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#2 le 19.01.15 11:35

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Deux Patients devant l'Infirmerie

Feat. Andreas Barr


Solveig marmonnait quelques bribes de jurons en russe, alors qu'il marchait dans les couloirs. La vie après la mort : mon cul ! Impossible de faire ce qu'il voulait ici, et il arrivait à peine à avouer comment il était mort, en baffouillant et en rougissant de honte. Renversé par une ambulance. Sérieusement. C'était ridicule ! Quelques mois à peine qu'il était ici, et il tournait en rond comme un lion - magestueux, magnifique, splendide, éblouissant - en cage. Heureusement, il avait réussi à se procurer de quoi conserver quelques habitudes rassurantes : il pouvait continuer de teindre ses cheveux en rose (en envoyant bouler ceux qui osaient lui faire une remarque désobligeante) et à s'habiller n'importe comment.

Bref.
Il marchait d'un pas nonchalent et dépressif, le nez enfouit dans une écharpe multicolore qui entourait son cou. Entre deux marmonnements, il triturait une mèche de cheveux pour se détendre. Il était obligé de se pointer à l'aîle médicale tous les deux jours pendant toute la semaine ! Et tout ça pour quoi ? Parce qu'il avait essayé de se tuer, et qu'il avait un peu foiré. Résultat : il fallait qu'il vienne se faire rafistoler, et le médic' l'obligeait à venir faire le point et vérifier qu'il prenait soin de son enveloppe corporelle.
Ca allait bien deux minutes quoi ! Il était mort : qu'est-ce qu'il pouvait lui arriver de pire ?! S'il avait envie de re-mourir, c'était son droit, d'abord !

Grognant, il pressa le pas jusqu'à-ce qu'il apperçoive quelqu'un qui attendait devant la porte. Le rouge monta instantanément sur son visage, et il enfonça le nez encore plus loin dans son écharpe, alors que ses oreilles s'assortissaient à sa tignasse. Il avait décidé de bien faire chier le type qui allait le vérifier de partout : il portait un débardeur, un jean, deux ceintures, un pull très ouvert sur le col, et suffisament court pour qu'on voie son débardeur en-dessous, un gilet, et une écharpe. Il avait enfoncé ses pieds dans des sortes de bottines et il avait fait un bon noeud bien dur à enlever.
S'il voulait l'ausculter, il allait devoir le dépiauter lui-même, et ce serait bien fait pour lui ! Il se planta devant la porte pour voir, comme son prédécesseur, que ce n'était pas encore ouvert.
Lui, il commençait une journée prometteuse, tiens.

Il recula contre le mur, s'éloignant un peu de l'autre personne à qui il n'accorda qu'un bref regard, honteux de se retrouver là, accompagné en plus. Il frotta son poignet machinalement : les couches de vêtements cachaient efficacement les marques et les bandages. L'autre n'avait pas l'air particulièrement curieux, et ça soulageait Solveig autant que cela l'agaçait. Il entrait dans une pièce, et toute l'attention n'était pas portée sur lui ?!

Après quelques minutes de silence à peine, il tourna la tête vers l'autre, avec un sourire un peu narquois.

« Bah alors, on est malade ? Ca s'enrhume un mort... ? J'savais pas. »

[ HRP ; Pardon pour le retard, j'espère que le RP te va ! :'3 ]