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#1 le 22.03.17 16:57

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airplane en papier



l’effet d'un pincement au cœur




notes : jtm bg va



" Depuis quand il ne le savait plus et pourtant il se retrouvait encore telle une ombre suivant une silhouette inconnue, fourbe créature se reflétant de la lumière d'autre que lui. Il désirait briller à son tour aux yeux de quelqu'un, ne serait-ce qu'un moment, un jour, une heure, un instant. "

La nuée ardente présente entre ses deux oreilles, les nerfs à fleur de peau hurlant une quelconque ironie du sort, un quelconque piège du Saint Esprit combien même il n'avait jamais cru en ce genre de choses. Il se dissimula entre les ombres, plus discret qu'un soupire dans le vent, plus agile, plus nerveux. Une inspiration plus prolongée au creux de la poitrine, l'air circula dans ses poumons librement, ne devenant prisonnier que lorsqu'il s'autorisa à le garder encore présent dans ses cellules. Sa présence presque invisible, il était ainsi parmi les quelques rares personnes présentes encore en cette heure près du stand d'amusent du parc. Il n'y aurait aucun regard sur sa personne, aucun jugement sur ses aptitudes misérables, sur son incapacité à se comporter. Il n'était qu'un grain de plus dans l'immense désert aride, marionnette manipulée et tendue uniquement pour éblouir de son obéissance et de sa légèreté. Akatsuki raffermit sa prise sur l'objet entre ses doigts, caressant les extrémités froides, la couleur acier et ocre qui teintait les arabesques dissimulées un peu partout sur l'engin. L'humiliation ne pourrait être décrite avec des mots, simplement ressentie et tâtée, vainement résumée par des métaphores exagérées. Il se sentait indéniablement stupide, carrément humilié et rien que son reflet sur l'objet lui donnait envie de grimacer.

C'était l'ironie du sort.
Nombreux l'auraient dit s'ils avaient été spectateurs.
Lui l'avait vécu.

s o u p i r e s.

L'iris aux reflet dorés se tourna, observant avec perplexité les ombres flottantes sur le sol recouvert d'une matière étrange, non pas douce, non pas complètement dure non plus. De l'herbe verte et encore mouillée. Il ne s'y attarda que le temps d'un mot, effleurant leurs reflets d'un regard complaisant et honnête, clignant des yeux et ainsi revenant sur terre, sur l'instant présent. Le maintenant. Le tout de suite. Quel désagréable goût que cela était que de se confronter à sa propre impuissance, refermer le poing mais ne pouvoir rien heurter que le vide, être rempli d'air et de rêves illusoires car bien trop monstrueux. Il n'avait qu'une envie se poser chez lui, dans un coin, déposer sa colère dans des vers et des phrases qui n'auraient aucun sens au commencement mais qui s'achèveraient sur la représentation de ses profonds ressentis. Cependant une fois de plus il ne pouvait pas partir comme une brise passagère. Peut-être une fois, unique fois il désirait qu'on le voit, qu'il ne le voit et se rende compte qu'il était là comme un sot à le suivre. Peut-être était-il un peu psychopathe dans le fond, parce qu'il n'avait aucune envie de l'aborder de suite.

Il ne savait plus depuis quand il s'était surpris à l'observer au loin.
C'était troublant.


Akatsuki se mordit la lèvre inférieure, les yeux se plissant légèrement, son index s'accommodant sur la feuille de papier qu'il pressa d'un simple coup audacieux. En quelques simples gestes précis, rapides car parfaitement maîtrisés, il modifia l'apparence plate de la page entre ses doigts, lui donnant de l'épaisseur, des ailes. Elle pourrait voler au loin tandis que lui resterait les pieds ancrés sur Terre, profitant de la moiteur des feuilles jadis tombées et de celles qui retombaient inlassablement sur le haut de son crâne. Une forme, une seconde, cinq, il ne su combien de temps il s'attarda dans cet art simple, qu'il avait pourtant appris récemment. Il n'y avait rien en cet instant qu'il pourrait faire, si ce n'était se divertir avec ce qu'il possédait, la moitié de ses biens traînant dans les fins fonds de son appartement, ses lunettes ou tout du moins ce qu'il en restait éparpillées sur l'herbe. Comme s'il avait pu faire attention, on avait tendance à croire qu'il savait tout sur tout le monde grâce à sa discrétion. La vérité étant tout autre, la moitié de ce qui existait en ce lieu le désintéressait, il n'était réellement venu que pour une seule et même chose.

Une personne.

Le rythme de ses phalanges s'adapta à sa respiration détendue, il forma une petite armée d'avions en papiers fait avec les moyens du bord, les égarant parmi l'herbe et les feuilles. Un souple souffle du vent en fit bouger quelques uns, il n'en prit qu'un seul qu'il balança et fit planer dans les airs, le voyant s'écraser misérablement près des pieds d'un garçon présent. Il faudrait faire mieux. Concentre toi. Le nez encore dans cette écharpe désormais inutile, il inspira profondément, retenant un soupire médiocre, des mots silencieux, des rêves vaporeux. Puis une deuxième fois le papier dansa entre ses doigts, glissant entre ses phalanges, lancé de manière naturelle et inconsciente sur l'être qui avait toute son attention. Et qu'elle attention.

Le bout de papier plié vint effleurer sa tignasse sombre, tapotant contre son crâne comme s'il avait voulu lui dire quelques mots, prononcer quelque chose, créer un élan de discussion. Toutefois, il n'y avait rien et bien que sa tête ne vienne se tourner en sa direction, il ne saurait que dire, que prononcer, simplement observer comme un phénomène encore inconnu.

#2 le 25.03.17 16:55

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Paradis des chaises volantes laissées pour seules le temps d’un soir, elles volaient seulement par le vent maintenant. C’était dans un tel paysage que les quelques feuilles mortes, gisantes au sol, pouvaient prendre ce rôle à leur tour. Elles symbolisaient la désertion du lieu et le temps passé.
Là, en soirée, les lampadaires, surplombant cette traînée végétale, sublimaient les jeunes couleurs encore palotes dues au frêle redoux de cette regénèse printanière. Le clignotement noctambule n’éclairait que ce sol tissé de feuilles, celles pas assez vigoureuses pour tenir le reste de l’année. Il tentait de leur redonner une certaine « gloire » alors que tout le monde savait que c’était fichu. Tout le monde foulait les tombées de leurs pieds mécaniques mais surtout intolérants. On ne s’attardait aux détails d’un décor à vrai dire, en cours de journée. Ou alors on les dévisageait quand ils étaient anormaux.

Ainsi, les restes subsistaient du peu d’entrailles qu’ils conservaient. Terrassés par le vent, jugés par les regards sans considération, le soir fut leur seul temps de répit. Ils pouvaient vagabonder à leur souhait mais juste le temps d’un soir, devenant de plus en plus court, malheureusement, à mesure que le printemps menaçait le temps de devenir diurne.

Un temps, rêvant d’être considéré mais à présent, il voulait juste être oublié. Ce n’était pas de cette façon qu’il l’avait souhaité. Et pourtant, la lumière au-dessus continuer de refléter son état pitoyable, pas sa « gloire ».
Il en avait assez de cette lune le narguant. Pour elle, la mort et la vie n’avait aucune limite ; ça serait toujours comme ça. D’un regard courroucé, il lui répondit en compagnie de ses sourcils broussailleux, fâchés, mais il savait très bien que c’était une réplique impuissante face à sa prestance trop perchée.
De milles feux, elle brillait et ses paillettes étaient mérités sans labeur. Jamais n’avait elle souhaité son image comme Cassian n’avait jamais souhaité la sienne. Et pourtant, ils étaient juste gouvernés par des notions de nature et hérédité.

Chacun à sa place. Lui, debout, errant par la poussée d’une bourrasque fraîche faisant tournoyer en ribambelle le tas de feuilles futiles dans une valse de bas étage. Même lui n’y prêtait pas attention. Chacun s’occupait de lui, dans le fond, pas du reste. En l’instant, il n’écoutait plus les bruits ambiants, préférant hiberner ses sens par un lourd casque.
Le soupir du vent était peut-être plus pesant et traumatisant que le sien ; il préféra ainsi rester muet de tout, sourd de tout et même aveugle tout.

Ses paupières closes, il ne pouvait plus avancer comme si ça arrêterait un peu les aiguilles du temps. Comme si ça resterait une soirée pour un moment et que le jour ne viendrait pas le percutait à nouveau, montrant les cicatrices putrides de sa charogne sempiternellement ambulante. Il resta ainsi, debout.
On aurait bien pensé qu’il était une cible facile pour tous, ne fuyant pas après les balles assassinant son corps déjà assez meurtri mais après tout, il n’y avait personne. Que risquait-il vraiment ? Que la pluie de cette journée menace sa peau déjà assez décomposée par l’héroïne, la nicotine, l’alcool et autres vices en tout genre ?

Au contraire, il n’attendait que ça : D’être purifié par un peu d’eau claire pour rendre à son coeur son éclat d’antan. Les gouttes pouvaient déranger sa plénitude et concentration sur un autre monde. Ainsi se sentirait-il ailleurs, touché par la grâce et plus par les critiques.
Des piques virulentes qui le tâchaient davantage, il imaginait en recevoir autant que quelqu’un aurait reçu du courrier anonyme. Il imaginait en recevoir autant qu’il ne savait le compter de toutes ses paires assaillantes.
Aucune en soirée, c’était pour ça qu’il s’autorisait à sortir et attendre. Hélas, son coeur déjà pourri se vit derechef piqué mais cette fois-ci par derrière. Dans un autre cas, il ne pouvait prouver les jugements en oeillade quand ils se retrouvaient à l’arrière mais cette flèche matérielle avait plus d’impact que les autres. Peut-être même différente mais Cassian ne voyait que le mal dans les interventions d’autrui à présent car ils l’avaient trop malmener.

Le papier pur et fin se heurtant contre sa tignasse fumeuse, lacéré par les coups de fouet permanents et laissé pour victime dans cet état pitoyable, devint un harpon trempé dans du venin, perçant le peu de sentiments qu’il pouvait avoir.
Concernant ses sentiments cachés pour le viseur, on aurait pu enfin croire à une flèche de Cupidon mais Cassian ne retirait rien de positif de lui. Il n’avait pas cette confiance.

Lorsqu’il se retourna, ses orbes si communes tracèrent un chemin pour détecter d’où venait le tir. Une petite nuée d’avions s’étaient déportées à sa suite, cherchant à le chasser encore plus loin, l’obligeant peut-être à bouger et arrêter d’être immobile. Cassian n’était pas uns statue car il était moche ; sa présence n’était pas désirée.
Une des cocotes de vol s’était crashé un peu plus loin mais d’autres restaient à leur base, fraîchement pliées par des mains artisanes mais délicates à la fois. Mais ses mains n’étaient pas ce qu’il avait retenu du garçon. Peut-être les avaient-ils gardées cachées dans ses manches jusque là pour qu’il ne remarque pas jusque là.
Sa bouche encore couverte ne lui disait pas davantage. À vrai dire, ses yeux mordorés par l’ambre étaient les plus fascinants qu’il avait jamais vu mais aussi les plus intimidants. La pureté dans laquelle ils avaient été trempés était la plus étincelante qu’il avait distingué jusque là. Chaque fois, ces derniers lui retirait une bouche interloqué par l’admiration.

Malheureusement, les circonstances décidèrent autrement des sentiments que ces lèvres pouvaient exprimer.
Choqué et déçu pour couvrir sa tristesse trop grande face à quelqu’un qu’il enviait encore. Même plus qu’envier.

Alors lui aussi.
Alors lui aussi, il ne l’aimait pas.

— Quoi ?

Après tout, ce n’était que comme ça qu’il ne pouvait répondre à un adversaire.
Même si au fond, Cassian aurait souhaité autre chose.
poke

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#3 le 28.03.17 20:40

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airplane en papier



Just close your eyes, the sun is going down



notes :  luv luv ce Cass ♥



Silencieusement dans l'attente que la barrière de ses lèvres ne vienne se rompre dans une rivière de mots proche des onomatopées. Un flot de pensées qui en découlerait en un instant, venant se perdre dans l'espace qui se créait petit à petit, qui existait déjà dans la réalité, qui s'accentuait dans les songes. Car le regard n'était ni amère ni méprisant, simplement curieux et distant, les stalactites l'entourant ne menaçant pas de fondre, ni devant son attitude ni devant ses beaux yeux aux teintes inconnues. Un mélange de gris et de sombre, l'après-midi pluvieux aux allures poétiques. Il avait pris l'habitude de l'observer de loin, la plus belle sculpture qui ne lui avait été donné de voir, dégageant quelque chose d'unique qui l'avait fasciné au premier coup d'œil. Dans le fond, peut-être s'était-il un peu épris de cette personne avec qui il n'avait jamais échangé de mots ? Pouvait-on en un regard se faire hypnotiser par un être humain ? Les questions existaient sans que les réponses ne se créent. Les énigmes s'enchaînaient alors qu'il prenait une à une les pièces de ce puzzle aux couleurs jumelles, aux mots indéfinis. C'était décidément bien trop compliqué pour lui, autant rester dans la simplicité des mots que l'on ne nomme pas plutôt que de chercher à définir l'impossible, l'insaisissable. Il avait déjà bien trop à faire avec la réalité qui lui heurtait le visage.

Il ne le connaissait pas réellement.
C'était plus qu'une idée.
u n e . v é r i t é.

Il s'était épris d'une ombre, d'un rôle qu'il voyait en tant qu'intéressant mais jamais de l'auteur et du comédien. Ce n'était que contempler une première et une quatrième de couverture, se perdre dans la définition de ce que l'œuvre aurait pu être sans jamais la lire, sans jamais caresser des doigts ses pages. Il n'effleurait que du regard une surface limpide, il ne touchait des yeux que l'absurde de ce qu'il n'était et ne serait jamais mais, au lieu de l'envier et de le détester, il en venait à presque l'apprécier sans même le connaître. Dans l'ensemble c'était triste, que de ne le résumer qu'à cette image idyllique qu'il avait de sa personne. Et pourtant... pourtant il s'amusait encore à le fixer, lui dans le calme, le casque sur les oreilles, traînant avec une ombre qui paraissait aussi seule et lourde que la sienne. Impossible pourtant. Il brillait trop pour rester en retrait de la société, il était bien trop cool - dans le langage des jeunes de son âge - pour être un solitaire.

Et le bout de ce qu'il était planait encore, s'écrasant aux pieds de l'être recevant son admiration incontrôlée, comme un mégot de cigarette, comme s'il n'avait été rien de plus que du sable dans un désert. Inintéressant, on en trouvait partout, ce n'était rien. Absolument rien. Lorsque l'attention se posa sur lui le japonais retint son souffle, préservant l'air pour souffler sur un quelconque pissenlit, l'ambré ne scintillant vraiment que grâce au soleil décadent. Il n'avait rien de brillant, rien de personnel, rien que ces avions qui ne parvenaient à déployer leurs ailes, que ce cygne qui ne pourrait toucher de ses pattes l'eau cristalline, que cette boite qu'il avait créé mais dont il ne savait à quoi elle servait. Du papier. Encore et toujours. Du fragile. Une parcelle de lui, dans le fond.  

Pourtant le regard qu'il distingua au loin n'était ni désintéressé ni joyeux, ni mécontent ni méprisant, simplement... blessé. Déformé par des maux qu'il ne pouvait saisir, trop lointains. Des fantômes et des vestiges du passé peut-être. Des cicatrices que l'on possédait et que l'on n'effaçait de l'épiderme même en arrachant la peau, brûlant à vif la chaire.

« Quoi ? »

En réponse à son geste et son audace, une tonalité qui ne lui déplut pas, qui sembla plus agressive que confuse, plus blessée que réellement nid de colère, l'avait-il froissé de son incapacité à créer des liens ? De la maladresse lorsqu'il s'agissait des êtres et de leur psychisme ? Akatsuki restait un bambin que l'on avait jamais bordé, celui que l'on avait muselé, dressé, il ne se rebellait qu'en cet instant. Parfois il fallait encore mourir pour renaître, se brûler les ailes pour voler. Il esquissa un sourire poli, mi sympathique mi compatissant, la tendresse dans le regard, la glace fondant ; il perdait ses défenses.

— Rien. Hm... pardon. Je ne regardais pas vraiment où je lançais. J'ai vraiment cru qu'il ne volerait pas, comme les autres que j'ai fait.

Son index glissa jusqu'à venir caresser le bout de son nez, il le frotta discrètement deux fois, déposant sa main sur la terre bercée de feuilles mortes, humides, elles avaient abandonné leur foyer. Elles reviendraient bientôt, il lui suffisait d'attendre. Patiemment. Le japonais traîna sa main sur son jeans, chassant les bornes de terre sèche et mouillée, mauvaise habitude qu'il avait pris peu de temps après avoir été victime de sa maladresse, d'être tombé du toit de sa propre maison. Il était décidément bien trop pathétique. En plus d'être incapable de se défendre, d'être une tête à claque légendaire qu'on voudrait prendre afin de la faire rencontrer le sol. Toutefois c'était déjà fait.

— Tu aimes l'origami ? Je peux te prêter quelques feuilles si tu veux.

Une proposition innocente qu'il regretta l'instant d'après, la paume s'abritant à l'arrière de sa nuque gracile. Il était consterné par son approche futile.

— Quoique tu dois attendre des amis à cet heure.

Le seul à ne pas avoir de vie ici était lui, sans l'ombre d'un quelconque doute.

#4 le 01.04.17 22:26

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Ses stéréotypes furent aussitôt contrebalancés par une trace d’optimisme s’arquant sur ses jolies et fines lèvres. Elles semblaient arborer la jeunesse d’une rosée printanière par leur teinture légèrement acidulée mais tout de même carnée. Dans cette fraîcheur se vit naître la pointe d’une aspiration à laquelle Cassian n’osait espérer. En fait, c’était trop beau pour y croire qu’il remua la tête dans plusieurs sens horizontaux. Cela dit les mouvements eurent aussi pour effet de répondre timidement par la négative.

Non. C’était inconcevable.

Les bras croisés sur son buste, il tentait d’étouffer le souffle de crédulité qui l’aurait poussé à, une fois de plus, s’aventurer dans des ronces embellis par des roses. Il clôtura sa cage thoracique, sensibles aux attaques d’un coeur trop généreux en fréquence cardiaque. Il ne voulut faire ressortir autant de sentiments que, d’accoutumée, il ne possédait pas.

Son regard se perdait sur les multiples origamis désignés ou plutôt, il tentait de se focaliser sur ces artefacts, sujets d’une discussion qui l’intéressaient peu. Clairement, des bouts de papier, ce n’était pas son loisir. Ses orbes firent plutôt introspection de ce qu’il y avait au-dessus. Elles se retenaient de l’admirer, de se couler dans cet or scintillant déjà à cette distance comme un clin d’oeil. L’autre garçon le fixait, lui, dévisageait les avions de papier ; ils transmettaient un message erroné sur ses réelles intentions.
Le papier peut-être froissé comme un coeur mais un coeur ne peut se froisser qu’en regardant un autre. Cassian préféra s’appuyer donc contre des valeurs sûres de ne pas le chiffonner.

Une de ses mains, perdant l’équilibre face à trop de poids sur une balance vide de coutume, chancela dans l’abysse. Même ainsi les sentiments ne pouvaient être contrôlés. Ses doigts effilés, suivis de sa main et bras gauche entier, tombèrent en flèche vers le sol. Et pourtant, il retenut l’ensemble à temps par sa seconde main droite, maladroite, qui s'agrippa au niveau du pli de son coude gauche.
Un hoquet de coeur pour cette invitation arriva brutalement fendre ses murs, déjà de base, plutôt d’une inflammable paille que de solides briques. C’était naturel et il ne put en écarter la spontanéité dont son attachement pour une créature chimérique fit preuve:

— Pourquoi pas, après tout… Je pense avoir le temps d’attendre, mentit le garçon pour s’autoriser une fausse réputation, seule chose qu’on pouvait vénérer chez lui.

Comme si c’était vraiment « attendre ». À quoi joues-tu ? Encore au même jeu.
C’est pour ça que personne en veut de Cassian.

Cette voix écarquilla ses yeux. Aucune raison dans le contexte ne put justifier cela et son voisin aurait pu le noter et le trouvait encore plus étrange que son apparence l’était déjà.
Derechef, il agita dans les deux directions opposées sa tête pour oublier ce timbre chaud mais en même temps si froid. Il ne pouvait pas revenir un tel moment mais en même temps, cette recollection lui rappelait comme Toulouze qu’il ne pouvait commettre les mêmes erreurs. Fautes du passé qu’il ne pouvait raturer comme il ne pouvait réduire en un chiffon celles du présent, celles qui étaient plus susceptibles de froisser son battant. Plus qu’un autre coeur, en fait.
Le seul obstacle était sa peur ; ses mains tremblaient inconsciemment et sa main droite, incapable de dessiner ou d’écrire le futur ne pouvait rien diriger.
Au lieu de s’inquiéter des conséquences, il devait avancer.

Pas machinalement mais bien en posant une réflexion qu’il entreprenait dans chaque pas, Cassian prit son courage non pas à deux mains dans un chemin incertain guidé par ses deux pieds inhabiles dans la confiance des gens. Son regard ne regardait pas droit devant lui, celui de l’autre, en d’autres termes, ou il aurait pu flancher devant tant de sentiments accidentels, trop excessif pour être supporter.
Ses genoux s’écroulèrent plutôt près de sa vénération depuis déjà un temps. Peut-être une année. Peut-être deux ou trois. La mort n’avait plus aucune notion sur le temps et encore moins sur les souvenirs. Bien qu’il y avait une voix menaçant son cerveau, il ne se rappelait plus.

Comment aimer ?


— Je… Comment est-ce que tu fais ça ?

Il ramassa un papier déjà plié qu’il présenta de sa main encore valide et non-envahie par les fourmis et papillons qui volaient, grouillaient, chatouillaient son membre gauche. Comme il n’était pas capable d’en faire autant avec une technique jamais employée, il en rougit de honte. C’était pourtant si simple de faire un avion ; tout le monde en faisait. Et pourtant, c’était ça qui distinguait Cassian des autres : Être nul autant en avion qu’en amour.

Lorsque ses perles de fumée croisèrent de l’ambre presque fossilisé dans quelque chose qu’il croyait de jugement, les joues de Cassian penchèrent entre le rouge honteux et le rose de la tendresse par un amour qu’on lui rappelait impossible. Le seul coeur qu’il pouvait présenter était en forme de tatouage sur son poignet. Si Est venait encore l’envahir dans une potentielle relation, c’était mauvais signe. Les seuls souvenirs qu’il avait, ce n’était pas d’avoir aimé mais bien d’avoir perdu.

D’avoir laissé son coeur se faire voir pour rendre jaloux. Le tatouage en forme de coeur vide pouvait bien refroidir ou même congeler cette relation en devenir. C’était peut-être Cassian qui froisser un coeur en démolissant les espoirs par son encre sur sa peau et le dépliage d’un avion que le blond avait plié pour lui.

Cassian voulait juste aimer et replier pour l’autre. Pas démolir mais il était si nul.
heartbeat

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