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#1 le 24.11.14 21:30

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ÉCLAIR, MON ENFER




1102 mots ; (c) Zippora

Elle court, elle court, dans la forêt jolie, jolie ~ Et elle s’enfonce peu à peu dans ce monstre de verdure. Quelques feuilles mortes venaient se poser sur sa chevelure comme pour s’accrocher encore à la vie. Lizzie les laisse là et continue sa route en empruntant un chemin invisible et sinueux… on pourrait presque croire qu’elle est ivre. La demoiselle trouvait parfois de gros arbustes pleins de baies. Jackpot, se disait-elle à chaque trouvaille. La brune aimait leurs goûts une fois amers, une fois sucré. Cela permettait de varier les repas. C’était un amusement de plus pour patienter le long du chemin. Oh oui elle sait où elle va. Elle ne se perd pas sans rien, sans but. La demoiselle à la longue chevelure noire se dirige vers l’onsen. Ce lieu de détente extrême. Ce lieu qui mélange calme et désir dans une douce recette qui emmène femmes et hommes à grimper les montagnes qui y mènent sans besoin de force. Cette capacité provient de l’envie et non du courage ou de la capacité physique. Tous espèrent trouver le repos ou une nouvelle vie dans cet espace de bassins bouillants tant pas la température de l’eau que par les vices des hommes qui l’inonde.

La princesse rebelle a un frisson. Le temps se fait plus lourd et dans le ciel, les nuages se densifient. Signe de pluie ? Décidément si c’était le cas, la demoiselle pouvait se plaindre à Dieu pour toute cette pluie qu’il lui envoie sans cesse depuis le début du jeu. Soudain elle plissa le nez. Quelque chose de particulier était dans le coin. Un changement d’état de l’air… C’était le vent ? C’était l’odeur ? Lizzie ne sait plus vraiment comment elle a fait mais très vite la demoiselle a senti que quelque chose qui n’allait pas lui plaire allait arriver de nulle part. La princesse lève les yeux au ciel par réflexe mais ne fait pas le rapprochement avec le danger qui arrive. La brune aux yeux bleus regarde autour d’elle mais aucun animal sauvage n’est dans les parages. Que ce passait-il ? Quel était cet étrange sentiment ? La dresseuse hausse les épaules et continue sa route. Enfoncée dans la forêt depuis une bonne heure, elle voit une lisière au loin et se dirige vers elle. L’humain va plus facilement vers la fin d’un paysage dense et étouffant, malgré tout l’amour que l’on peut lui porter. Il va aussi vers la lumière, source d’ondes positives et de sécurité. Si la demoiselle avait pu prédire ce qui allait se passer, elle aurait déjà couru jusqu’à l’orée du bois et ne sera plus en danger depuis longtemps. Malheureusement, son manque de connaissance du monde lui joue des tours…

Un lourd grognement se fit entendre. Et mince. Un orage. Élizabeth grognait en espérant que les éclairs ne surgiraient pas. Tant que l’orage n’en était qu’au stade de grognement, la demoiselle n’avait rien à craindre. Pendant un petit quart d’heure cela a fonctionné. Malheureusement pour elle, aucun abri n’était venu à son secours. Elle avait cherché un moyen de se réfugier le temps de l’orage mais rien. A croire que le ciel tout entier était contre elle. Le premier éclair surgit dans le ciel. La demoiselle cria et se coucha à terre. Réflexe humain mais n’allant pas l’aider à grand-chose. Elle resta un moment ainsi. Sans bruits. Comme si les éclairs la cherchaient dans cette forêt. Un brin de courage revint. Il fallait avancer. Il fallait bouger. Il fallait… fuir.

Ses mains s’agrippent aux racines, ses mains s’agrippent à la terre. Elle cherche à avancer mais son cœur lui fait mal. Furieux ou apeuré il bat à la chamade, douloureusement dans la poitrine de la brune. Celle-ci rampait lamentablement sur le sol. Elle avait honte d’elle-même. Elle qui était si forte, si courageuse, si robuste… La voilà réduite à ramper, à trembler devant le ciel en furie. C’était nouveau pour elle d’avoir aussi peur. Une phobie ? Surement. Peut-être. Une peur immense sinon, c’est sûr. Elle en est consciente. Un troisième éclair éclaire toute la forêt. Elle hurle à nouveau avant de cacher sa tête entre ses bras repliés sur cette dernière. Ses genoux s’enfoncent dans la terre trempée autant que ses coudes. Les feuilles mortes se collent à sa peau tandis que les racines s’amusent à la faire glisser. Elle s’agrippe à une vieille souche mais glisse. Son visage n’est pas épargné par les taches de boue. Un nouvel éclair. Elle craque. La peur est trop forte.

« J’ai… j’ai peur… au… secours. »

Ca y est. Elle l’avait dit. Ce qu’elle n’osait jamais articuler depuis sa plus tendre enfance était enfin sorti. Lizzie n’avait jamais montré qu’elle avait peur. D’abord par obligation. Ses parents refusaient que leur fille montre une quelconque faiblesse. Ce serait une honte pour la famille. Pourtant ce n’était qu’une enfant… Mais c’est ensuite par fierté qu’elle s’est tu. Face à ses amis masculins, la princesse rebelle refusait de se montrer faible. Il fallait être aussi coriace et mordante que ses potes. Sans doute cela l’va-t-il aidé sur le coup. Par contre, sur le long terme, rien n’était plus sûr. Car maintenant c’est à chaudes larmes qu’elle pleurait. Complètement paniquée, elle tremblait au pied d’un arbre. Elle avait trouvé un moyen de se soutenir avec quelque chose de plus grand qu’elle. Pas la meilleure des idées lors d’un orage mais elle n’en sait rien… et ce n’est pas plus mal. Elle pense qu’elle va mourir. Les images défilent dans sa tête. Le film de sa vie. Et comme dans tous les films, la jeune femme s’agrippe à la mousse ou l’écorce du tronc, laissant le reste de son corps se débrouiller, allongé sur l’arbre et le sol.…
Quelle triste mort que celle d’avoir voulu accéder à un temple du divertissement et de loisir sans avoir freiner ses envies de contact de corps à corps tandis que les vagues d’un bassin les couvre d’un voile. L’image d’une femme dans ce bassin commun. Une femme qui, à ses côtés, se moque bien des erreurs qu’elle a pu commettre. Peut-être même qu’elle s’imagine tous ses fantasmes au travers de l’héroïne du roman. Une femme à la peau blanche et aux longs cheveux blonds. Elle ne voit pas ses yeux mais elle la voit sourire. Un doux sourire aussi accueillant que le sont ses bras dans lesquels va se réfugier l’ancien femme de joie. Mais que dirait le commun des mortels s’il savait qu’elle rêve de peau quand elle va perdre son corps ? Qu’elle rêve d’une inconnue quand elle n’a espéré aucune amitié ?



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#2 le 26.11.14 23:40

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&

Rencontre unique, moment intense



Une balade en forêt.
Du vent. Une mèche de cheveux argentées s'accroche dans une branche d'arbre. Un grognement. La jeune fille au visage d'ange fronce les sourcils et lâche un soupire avant de délicatement démêler le noeud et de continuer son chemin. Le temps était propice pour une marche cet après-midi et Joséphine avait besoin de penser. Cela faisait des années qu'elle était là et pourtant elle n'avait toujours pas développé de vrais connections avec ses connaissances dans le monde des spectres. Elle n'avait pas non plus retrouvé sa meilleure amie, ni Marta. Marta... Bien sûr, sa quête l'occupait à plein temps mais après tout, n'avait-elle pas tout le temps du monde? Elle était morte, rien de pire ne pourrait jamais lui arriver. Pourquoi n'avait elle pas cherché à trouver une famille?
Famille. Le mot que Marta lui répétait constamment. Marta était sa famille. Mais, et si elle ne pouvait retrouver Marta? Que se passerait-il alors?

Joséphine trouva un arbre de taille suffisante pour qu'elle puisse y monter pour observer la ville. Elle prit appui sur une première branche et tira agilement et rapidement le reste de son corps dessus avec sa main droite, puis répéta le mouvement pour chaque branche. Une fois arrivée en haut, elle prit un moment pour observer la beauté de la ville de Tokyo. "Qu'est-ce que ça a changé ses derniers années... " Elle sourit. Le monde changeait. Peut-être était-ce une bonne chose?
Et c'est sur cette pensée que la demoiselle mortelle s'assoupit ...

............................................

Une goutte.
Puis deux. Puis dix. Rapide, Joséphine sauta sur ses pieds et regarda autour de soi. Des nuages gris, une pluie qui se faisait plus intense. Il fallait trouver un refuge et surtout ne pas essayer de retourner vers la ville - ce serait trop loin et trop risqué. Elle fut un tour sur elle même avant de repérer non loin de là où elle était une auberge... non... des bains. La vapeur ne pouvait la tromper.
Elle se décida de descendre de l'arbre en étant prudente de ne pas glisser puis de se diriger vers l'auberge en prenant le chemin de terre le plus proche que se situa à 3 minutes à vol d'oiseau de là où elle était, ce qui faisait 10 minutes à pieds. Elle aurait ensuite qu'une bonne demi-heure à marcher.
La pluie se faisait plus lourde. Joséphine descendit rapidement de son arbre et commença son chemin vers l'auberge par le chemin de terre encore sec qu'elle avait repéré tout à l'heure. Soudain les premiers grognements retentirent. Un orage. Joséphine se dépêcha. être dans une forêt lors d'un orage, ce n'est pas bon. Même si elle ne savait pas ce que cela pourrait lui faire à elle, un spectre, elle n'avait tout de même vraiment pas envie de faire l'expérience d'être frappée par la foudre.
La puissance du tonnerre retentissant lui indiquait qu'il se rapprochait à grands pas. Tout d'un coup...

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Un cri.
Ou plutôt un appel à l'aide.

« J’ai… j’ai peur… au… secours. »


Joséphine s'arrêta nette et failli de peu trébucher sur une pierre du chemin. Un appel à l'aide. Quelqu'un était en danger. Une femme était en danger. Une femme avait besoin d'elle. Il fallait qu'elle l'aide. Il fallait qu'elle la sauve. Son instinct vigilante guida Joséphine vers la voix quelque peu frêle et apeurée. À chaque qu'elle faisait qui la rapprochait de cette femme, son tempo de marche s'accélérait, si bien qu'elle arriva essoufflée.

............................................

Un regard.
Des yeux perçants. Une détresse intense. Un regard puissant. Une jeune femme s'agrippait paniquée aux racines d'un arbre. Couverte de boue, haletante, Joséphine ne put s'empêcher de penser "Elle est magnifique". Un deuxième éclair retentit. Le regard de la jeune fille changea. Avait-elle peur de l'orage? Joséphine s'approcha d'elle aussitôt et prit fermement la main de la belle demoiselle en détresse entre les siennes. Elle sourit de manière à réassurer ce qui semblait être une de ses compères chimères.

« Je m'appelle Joséphine, et je vais t'aider. Il y a un onsen pas loin, je peux t'y porter et là tu pourras te reposer à l'abri de l'orage. Est-ce que tu me fais confiance? »


Avant d'attendre sa réponse, un troisième éclair frappa à quelques mètres des deux chimères. Joséphine tira alors la jeune fille contre elle et la serra dans ses bras.

« Il faut qu'on parte d'ici. Désolée! »


D'un coup de bras, elle mis sa nouvelle rencontre sur son dos, la souleva et se dirigea vers l'auberge.

@ pyphi(lia)
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#3 le 22.12.14 15:30

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ÉCLAIR, MON ENFER




1021 mots ; (c) Zippora

Comment avait-elle put en arriver là. Elle qui s'était tant battu pour être forte, lutter pour montrer son courage sans fins et affronter le monde avec vigueur. La voilà à nouveau enfant, pleurant au milieu du bois. Un douloureux retour en arrière. Elle n'avait pas eu peur de se salir quand elle gambadait dans les rues de Tokyo mais depuis sa mort, et bien avant, entre les bras des hommes, elle avait toujours eu le devoir de faire attention à son image, à son corps, à se parfumer et surtout à cacher son amour pour la nature. Le bain de boue, qui lui avait valu sa peau douce, ne faisait aujourd'hui, que la ralentir dans sa fuite et la frigorifier sur place. Mauvais lancé de dés pour la chance d'une vie. La brune n'était pas en accord avec son environnement, c'est le cas de la dire...

Quand elle entendit des craquements se rapprochant d'elle, de plus en plus fort, la jeune femme ne sut déterminer si elle était heureuse d'espérer voir une personne enfin venir à son aide ou bien l'anxiété de se retrouver, comme dans les films hollywoodiens, face à son pire cauchemar. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle vit la jeune femme, que son esprit lui avait envoyé plus tôt comme le messager de l'espoir, apparaître devant elle. On ne relèvera pas le rose colorant doucement les joues de la peureuse. Par honte de sa situation ou pas un éventuel coup de foudre ? On ne le saura jamais...

« Faire confiance à une jolie jeune femme au nom angélique ? »
Elle sourit et poursuit :
« « Bien sûr que je peux. » »
termine-t-elle avec un sourire.

Elle se moquait bien de ce qu’on pouvait déduire de ses paroles. Après tout, elle pensait mourir il y a quelques minutes et la dernière image qu’elle avait eue prenait maintenant vie devant elle. Voilà qu’elle lui proposait d’aller dans le onsen également, un vrai rêve sur Terre. La demoiselle sourit derrière le cou de sauveuse. Elle pensait avoir assez de poids pour ne pas être porté par une autre femme, mais faut croire que la brune se trompe pas mal sur elle-même aujourd’hui. Mais c'était plus agréable que la princesse rebelle aurait pu le penser. Ce n'était pas un mal de compter un peu sur quelqu'un, n'est ce pas ? Alors elle sourit, cachée par le cou de la sauveuse. Elle observe la forêt sombre qui se découvrait devant elles. Le paysage était plongé dans le noir mais les éclairs illuminaient l'ensemble quand ils en avaient la soudaine envie. Lizzie frissonnait encore à chaque apparition électrique mais pouvait à présent les regarder, les affronter du regard. La compagnie de sa sauveuse du jour avait l'effet d'une paumade sur sa peur. Sans même s'en rendre compte -sinon elle aurait bien évidement évité de le faire- la voilà qui pose doucement sa tête contre la porteuse. Le contact chaud d'un corps. Rassurant et accueillant depuis la nuit des temps. Ce n'était pas si mal de ne pas devoir faire des efforts pour être courageuse. Ce n'était pas si mal que d'apprécier l'aide sans besoin de donner le meilleur de soi. Ce n'était pas si mal de ne pas vivre stratégie au moins le temps d'un lancé de dés.

Voilà que les deux charmantes créatures arrivaient à l’entrée du onsen. L'épisode douceur était terminé. Maintenant elle devait descendre et refaire face à l'inconnue. Remontrer au monde qu'il ne fallait pas lui marcher sur les pieds. Créer les discussions sur elles, créer les descriptions qui parle d'elle, dans son dos. Il fallait tout calculer pour que les gens sachent qui elle est avant de la rencontrer... enfin ce qu'elle voudrait être. Pas vraiment dans son genre de se faire porter. Elle avait une réputation à tenir… même si pour le côté courageuse auprès de cette inconnue, c’était grillé… Alors elle descend après avoir donné un dernier regard sur la charmante jeune fille.

« Espérons que l'orage se calme et que vos efforts soient récompensés comme il se doit et que je n'ai plus à avoir ce besoins de vous »
, dit-elle en espérant que la belle blonde réponde à ses avances silencieuses.

Le sarcasme était un moyen de mesurer la réception des personnes qui l'entourent, des étrangers, individus inconnus au bataillon en quelque sorte. Bien sûr qu'elle ne souhaitait pas voir la jeune femme s'enfuir à toute jambe mais il n'était jamais bon de se montrer trop insistant. Les animaux les plus intéressants sont vites paniqués et s'enfuient en courant. Il serait bête de laisser échapper une aussi belle panthère.

Elle jeta un dernier regard, se retourna et parti en direction du lieu public d'une manière sensuelle à l'intention d'éveiller la curiosité de la jeune sauveuse. Un léger sourire discret se dessine sur ses lèvres malgré son corps tremblant, encore effrayé par la violence de l'orage. Mais l'envie de cacher ses facettes d'elle que la brune jugeait faibles, prenait le pas sur tout le reste. La voilà qui fronçait des sourcils, dos à la demoiselle, prête à continuer sa route. Une fois qu'elle eut monté trois marches de l'escalier d'entrée, Lizzie sourit doucement et se retourna pour tendre sa main vers l'inconnue. Un geste futile mais aussi convivial que possible. Elle ne voulait pas se montrer trop. Se montrer mauvaise ou avec un égo démesuré. Ah ce que les relations humaines sont complexes... Surtout quand on veut faire bonne impression, que l'on veut être apprécié, que l'on souhaite gagner. Confiance ou amitié ? Serait elle trop gourmande à demander les deux ?




Spoiler:
Pardon pour l'énorme retard >w<
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#4 le 23.12.14 15:56

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OUVRE AVANT DE LIRE:


1. Pas grave je suis juste heureuse que tu sois encore en vie   
2. Je te conseille d'écouter ça pendant la lecture, c'est ce que j'écoutais en écrivant !


Rencontre unique, moment intense



L'Onsen 
Joséphine arriva devant l'Onsen. 
Le chemin avait pris plus longtemps que prévu, et pour cause: la demoiselle aux cheveux argentés avait pris soin d'éviter les points les plus sensibles d'être touchés par la foudre de manière à ménager sa nouvelle connaissance. Elle avait bien compris que celle-ci en avait la phobie et n'avait dans l'esprit que de permettre à cette dernière de se remettre de ses émotions. 
Ce n'avait par ailleurs pas été avec regrets qu'elle en avait fait ainsi. L'idée de pouvoir tenir contre elle quelques instants de plus cette jeune femme... Non qu'elle avait profité de cette opportunité pour abuser d'elle en quoi que ce soit. Cependant, celle-ci avait attiré son regard. Elle avait un certain ... elle-ne-savait-quoi. Indeed, elle n'avait pas le profil d'une victime habituelle. Grande, forte, un regard d'assurance dessous ses yeux apeurés... Alors qu'elles avaient tourné au niveau d'une clairière, le retentissement d'un sixième éclair contre le sol fertile de la forêt permis à la vigilante de sentir les muscles définis de ses bras se resserrer contre son dos. Joséphine s'était alors prise à penser en souriant. Malgré son corps bien défini et travaillé, elle était à sa surprise relativement légère. Un souffle de plus en plus régulier qui se déposait contre son cou découvert et quelque peu mouillé l'avait faite se déconcentrer et presque trébucher sur le sol recouvert de boue végétale... Tout cela pour en arriver devant deux grandes portes en chêne qui ouvraient sur l'escalier d'entrée de leur lieu de repos. 

Elle déposa immédiatement et délicatement la jeune fille sur le sol. 


« Nous y sommes. »


Sa jeune conquête se releva immédiatement sur ses jambes et lui dit sarcastiquement, d'un sourire des plus charmeurs sur ses lèvres pulpeuses: 


« Espérons que l'orage se calme et que vos efforts soient récompensés comme il se doit et que je n'ai plus à avoir ce besoins de vous. »


Joséphine sourit mais ne répondit pas. Quoi lui dire? Que ces efforts avaient déjà été récompensés par la vision de cette femme qui paraissant si forte et qu'elle savait pourtant si fragile? Cette femme qui lui tournait le dos et commençait à marcher en direction des bains de vapeurs chauds, se hissant presque sur chaque marche, cette femme là l'avait touchée. D'une simple victime de ses peurs, elle avait réussie en quelques mots à se prouver être plus intrigante que toutes ses conquêtes depuis qu'elle était arrivée ici. En quelques regards, elle avait fait battre son coeur tel qu'il battait lorsqu'elle était encore vivante. Joséphine n'était pas amoureuse, non... mais curieuse oui. Attirée encore plus. Elle avait l'impression de la connaître et cela lui donnait encore plus l'envie de la protéger. Elle ne s'était pas laissé marcher sur les pieds. C'était une de celles qui avaient souffert mais avaient su reprendre leur chemin et continuer, toujours plus loin, toujours plus forte. 
"Ne t'emporte pas. Tu ne la connais pas."
Pourtant, ces gestes sensuels et délicats, qui étaient presque trop dans cette situation, et son sarcasme enjôleur fit comprendre à Joséphine que la fille aux cheveux couleur chêne n'était pas insensible à ses charmes non plus. Son regard se fit plus neutre. Alors, quand l'Esmeralda de la forêt se retourna vers elle lui tendant une main, Joséphine rit et lui dit, d'un ton joueur. 


« ... J'arrive. Et s'il te plaît, tutoies moi. »


Elle monta les trois premières pierres de manière à être à sa hauteur, et pris finalement la main qui lui était tendue pour l'entourer autour de son bras. Avoir un support lorsque l'on était malade était plus désirable. 


« Shall we? »


Elles montèrent ensemble l'escalier gigantesque qui menait jusqu'au réconfort des bains si attendu. 

............................................

Les bains

Une culotte. Un t-shirt. Un soutien-gorge. Une porte s'ouvre et se ferme. 
Serviette blanche autour du corps, Joséphine sortit de sa cabine où elle avait eu le plaisir de retirer tous ses vêtements malgré tout trempés par les torrents de pluie qui étaient tombés il y avait de cela une dizaine de minutes. Cela s'était à peu près calmé maintenant, à sa surprise et au plus grand plaisir de sa compagne de bain, dont elle avait alors appris le nom: Elizabeth. Intéressant, comme prénom. Régal. Aristocrate. Charmant. Joueur. Les connotations en étaient infinies. 

Alors qu'elle avançait prudemment sur le sol de pierre mouillé vers le bain rempli d'eau brûlante, une vague de chaleur intense se révélant être de la vapeur sortit la jeune fille de ses pensées et la ramena à la réalité. Elizabeth n'était pas encore arrivée et Joséphine en profita pour se caler dans un coin et plonger sa tête quelques minutes sous l'eau, telle qu'elle le faisait lorsqu'elle petite. Elle se rappelle ces étés avec Marta ... Marta. Où était-elle donc passée? Le monde des spectres n'était pourtant pas si petit... Était-elle retournée aux Etats-Unis? Comment? Cela ne faisait pas de sens. 
"Peu importe. Ce n'est pas important pour le moment". 
Une bulle. Deux. *Splash*
D'un seul coup, elle remonta à la surface et en profita pour faire voler ses longs cheveux blancs en arrière de manière à dégager son visage. 
Un souffle. Elle passa de l'eau chaude sur son visage refroidissant. Ses muscles se détendaient un à un et elle partait petit à petit dans un monde de confort et nuages d'eau parfumée, lorsqu'elle entendit un bruit. 


« ... Depuis combien de temps es-tu là? »

Elle se retourna et sourie à la silhouette pulpeuse qui se tenait à quelques pas d'elle, enveloppée d'une serviette. 

@ pyphi(lia)