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    Travaille pour Eden1622133330Féminin21/01/2017complètela pommeEden / Cinemont / Rose
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    nécromancien
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    Travaille pour Eden1622133330Féminin21/01/2017complètela pommeEden / Cinemont / Rose
    nécromancien
    #1 le 09.03.17 21:51

    Douceur, ce matin-là, je cherchai juste le calme,



    Et toi que cherchais-tu ?


    Touche blanche, touche noire. Je me raccroche aux branches de l’espoir. Dis-moi, étrange touche d’ivoire, peut-on s’amuser de tout et tout le temps ?

    La salle de musique est déserte. Le lieu étant sous terre, aucune fenêtre n’est ouverte, sinon une fine lumière se verrait, le matin est à peine levée. Les silences eux se sont bien positionnés sur la partition chromatique de cet instant. Par le grand hasard des chemins, le nécromancien Pom Warren se retrouve dans cette pièce qu’il a soigneusement laissée pour compte depuis son retour du Japon.

    Il y est rentré par hasard, ses pas l’y ayant mené. Ses yeux ont glissé sur l’archet d’un violon, les cordes d’une guitare, l’étui d’un violoncelle, le métal d’une batterie. Jusqu’à sauter de croches en croches et de tomber sur un piano à queue. Il l’a ouvert, constatant le blanc nacré des quadratiques parfaitement alignés. Il est resté, quelques secondes, à fixer le bois noble, la couleur auburn de l’instrument. Se doutant que rares seraient les personnes à venir ici aujourd’hui. Celui qui cherchait la tranquillité ne pourrait pas mieux trouver.

    Debout devant ce piano, le visage de l’homme semble davantage blafard qu’à l’ordinaire. Il manque cruellement de sommeil. Des poches noires tirent les traits sous ses yeux légèrement rougies. Ses iris d’un vert anormal et ses cheveux d’un rouge scintillant signent l’abus des potions dont il fait usage. Ses lèvres sont sèches, son corps douloureux. Il a beau en abusé, les potions ne peuvent soigner assez vite un corps qu’il soumet depuis peu à un intense exercice de force.

    L’ancien Français s’est installé, a posé ses bouts de pieds sur les pédales et les mains sur les touches pour effectuer quelques gammes simplistes. Souvent, c’étaient les premières notes qui lui venaient quand il tombait sur un instrument, puis c’était la première mélodie apprise, suivi des autres.

    La musique exprime des sentiments et les couleurs se distinguaient au fur et à mesure qu’il se mettait à jouer, oubliant les gammes pour une complainte plus douce, plus contemplative. Depuis son retour et jusqu’à présent, Pom avait toujours eu à cœur de se montrer d’une force mentale et physique supérieure à ses propres capacités. Il ne songeait pas à être autrement. Montrer de la faiblesse, c’était montrer une facette qu’il ne voulait pas voir chez lui.

    Ce matin, il se sentait davantage faible qu’à l’ordinaire.

    Une fausse note se fit entendre alors que ses doigts parcouraient davantage leur hauteur. Il regrettait sa pensée. Il se stoppa, soudainement, aussitôt après avoir débuté une sonate à quatre mains. Le bout de ses doigts vinrent saisirent une couleur bleutée qui vacillait, invisible à l’œil de la plupart des spectres. Il s’en saisit. Et du bout des doigts s’amusa à la colorer, la teinter, la modifier pour remplacer la tristesse par un bonheur intense, pour changer la chaleur de la flamme avant de la laisser s’échapper. Est-ce que c’était sa propre tristesse ou celle d’une personne qui était passé dans le couloir ? Est-ce que c’était juste le sentiment de la musique ?

    Depuis sa rencontre avec l’Inconnu Du Quai, Pom percevait nettement mieux les émotions des gens et il parvenait mieux à les manier, à les utiliser et à les changer. Sans doute car il s’était entrainé à le faire inconsciemment, pour se maîtriser lui-même. Parfois, il aimerait juste ne plus rien faire. Rester là, au fin fond d’une rue, et attendre que son corps se réduise en poussière. Quand il pensait à ça, il altérait immédiatement sa propre émotion pour la remplir de couleurs vives, flamboyantes et chatoyantes.

    Ce matin, il s’était levé avec cette impression et l’envie brutale de ne pas l’altérer immédiatement. Il n’avait pas eu envie d’aller à l’orphelinat, de marcher, d’aider un inconnu ou une inconnue. Il n’avait pas eu envie de jouer à un jeu, de faire une farce, d’expérimenter des potions. Il n’avait même pas eu envie de se lever. C’était pour ça qu’il s’était perdu ici. Seulement, la morosité avait duré depuis trop longtemps : et facilement il la modifia, la changea et la mua en un sentiment de légèreté.

    Il était habillé d’un blue-jean délavé gris, d’un tee-shirt rouge vin où était écrit : « @Lynn Ahern pourrait peindre le ciel à l’aide de sa seule pensée." Avec le dessin d’une rouquine aux cheveux décoiffés, et avec un tablier tâché de peintures. », des bottines noirs et une grosse sacoche en tissus qui aurait besoin d’être changé. Croissant les bras, et laissant retomber son visage dessus, Pom entendit le son d’un glas bruyant qu’il venait de provoquer et l’ignora. La paix ! Encore quelques minutes, encore quelques minutes, il reprendrait ses plaisanteries et irait joyeusement ennuyer le premier venu.
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    #2 le 15.03.17 3:51
    saul & pom
    Triste Saulitude
    Il était encore tôt et pourtant Saul avait ouvert les yeux plusieurs heures auparavant. Il était d'abord resté couché un long moment dans son lit, oppressé par on ne sait quelle force, incapable de se lever, par pur manque de volonté et d'intérêt ; Pourquoi se lever encore aujourd'hui ? Pourquoi quitter la chaleur de ses draps pour refaire encore la même journée qu'hier, croiser des gens sans les regarder, lire ses bouquins, se terrer dans un coin et espérer que, dans son cas, l'éternité fasse une exception et le laisse disparaître. Contempler la tristesse de son existence et le vide de celle-ci, même depuis sa mort... Ça ne lui donnait pas bien envie de quitter son lit bien entendu. Il avait pourtant fini par quitter ses couvertures et sa chambre, se douchant et s'habillant avant de constater que d'autres de ses colocataires étaient debout. Ils tentèrent une approche à son égard et il préféra se trouver une excuse pour fuir l'endroit commun. C'était plus facile ainsi, plus facile d'être lâche, de s'empresser de sortir pour rejoindre les couloirs labyrinthiques de l'agence jusqu'à en trouver un plus désert. Jusqu'à se sentir à l'aise dans sa solitude.

    Il s'était retrouvé un peu perdu, quoi qu'il ne craignait pas de retrouver son chemin s'il revenait sur ses pas il ne savait cependant pas trop où il se trouvait. Les couloirs se ressemblaient tous et il ne se souvenait pas vraiment avoir déjà visité celui-ci. Il avait entendu vaguement au loin comme une mélodie, mais celle-ci semblait s'être arrêtée. Alors qu'il ralentissait ses pas, observant les noms des salles et les indications, il sentit son cœur s'alléger, comme si d'un coup le poids qui pesait sur ses frêles épaules s'était retiré. Le sentiment lui sembla étrange d'abord, il ne comprit pas vraiment ce qui lui arrivait. Il fronça d'ailleurs les sourcils, comme si soudainement il manquait quelque chose à son âme ; En effet, la tristesse avait été son unique compagnon depuis si longtemps que ne pas ressentir celle-ci et son habituelle solitude lui faisait un drôle d'effet. C'était inhabituel, cette chaleur dans son coeur, comme s'il venait d'éclater de rire, comme s'il revivait des instants joyeux ; Quels instants joyeux ? C'était étrange, il se sentait à la fois bien, mais en même temps son esprit semblait avoir du mal à suivre. Comme s'il venait de passer de sa morosité habituelle à un sentiment de légèreté. C'était soudain, trop soudain, mais il ne pouvait pas vraiment y résister.

    De sa main alors posée sur la porte, il la poussa pour entrer dans la salle de musique qu'il venait tout juste de trouver. Il se sentait étrangement léger, mais la présence d'une autre personne dans la pièce le fit ralentir ses pas. La porte se refermait lentement derrière lui et son regard semblait se perdre sur la silhouette posée au piano devant ses yeux ; Il avait espéré trouver la pièce vide, pensant que la personne qu'il avait entendu jouer au loin était déjà partie. Normalement, il aurait certainement pris la fuite aussitôt, préférant être seul, cependant il se sentait léger pour l'instant et fit même quelques pas dans la pièce. Son esprit essayait toujours d'expliquer son émotion, cependant c'était incompréhensible ; Tout comme lorsqu'il essayait de rationaliser sa tristesse, à vrai dire.

    Sans se rendre compte, Saul avait fixé l'inconnu quelques instants, puis il avait enfin détourné les yeux pour s'approcher des instruments à cordes. Il n'avait pas cherché à se retrouver ici, cependant la présence d'un violon dans la pièce l'attirait aussitôt ; Il n'en avait plus désormais, ne possédant pas grand chose dans le monde des morts et c'était la première fois qu'il en voyait un depuis son arrivée. C'était comme un sentiment familier, retrouver quelque chose qu'il connaissait, quelque chose qu'il avait déjà touché auparavant, déjà vu et entendu. Cette pièce se classait désormais aisément dans ses endroits préférés de l'agence. Ce sentiment.. était-il naturel, ou causé par cette étrange chaleur dans son ventre ? Il l'ignorait, cependant ses pas l'avaient menés jusqu'au violon qu'il effleurait du bout des doigts ; Voulait-il jouer devant l'inconnu ? Il releva alors à nouveau les yeux vers celui-ci, quelques secondes, puis remarqua qu'il avait été vu en train de l'observer. Il se sentit un peu mal, ne sachant pas vraiment comment réagir, et le mélange d'émotions en lui semblait le troubler plus qu'autre chose. L'anxiété n'avait pas disparu, elle. Rien ne pouvait apaiser une chose pareille.

    « Ah... Pardon. Je... »

    Il essayait de formuler une phrase pour expliquer qu'il voulait jouer du violon, cependant il ne voulait pas déranger le pianiste, bien que celui-ci ne jouait plus visiblement. Il essaya de s'expliquer, puis glissa ses doigts dans sa nuque, geste habituel, les passant dans ses longs cheveux qu'il repoussa ensuite de ses longs doigts en tentant de les dégager de ses épaules..

    « Hn... Je me sens bizarre désolé. »

    Ce fut la seule excuse qu'il arriva à prononcer, se raclant ensuite la gorge pour essayer d'éclaircir sa voix qui était toujours autant basse, comme un murmure, comme s'il ne voulait pas vraiment qu'on l'entende. Il reposa ensuite les yeux sur le violon, repensant à ses cours, à sa professeure qui avait toujours été si douce avec lui et sa mère qui souriait, impressionnée par son talent dès l'enfance. Ce souvenir était précieux, mais normalement même ces souvenirs semblaient ternes. Pourquoi était-ce différent ? La chaleur dans son ventre pourtant apaisante se perdait au milieu du reste...
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    nécromancien
    #3 le 15.03.17 23:58

    Je crois que sa tristesse m'a attrapé,



    Comme on attrape un rhume,


    Lorsqu’on débute dans l’apprentissage du piano, on nous apprend souvent le classicisme. Dans le but de savoir lire la musique, on nous fait tracer des partitions strictes, droites et sévères. Puis, nous entraîne à dessiner une clef de sol. Cette clef pointe, tournois, ondule et se gondole. La salle de musique était une partition droite, sérieuse et stricte. La porte qui s’ouvrit sonna comme une clef de sol : silencieuse, donnant l’apparence d’être inutile et pourtant débutant l’histoire. Une histoire d’un nécromancien et d’un lémure qui étaient aussi opposé que le bout de son nez et l’horizon.

    Le don d’empathie qui animait le pouvoir de Pom avait une limite. Il ne pouvait pas deviner, par exemple, si l’émotion d’une personne était issue d’une modification d’un autre nécromancien. Une couleur n’a pas de provenance, elle est simplement visible pour ses yeux. Aussi lorsque la porte s’ouvrit et qu’un jeune homme séduisant rentra, Pom ne vit en lui qu’un mélange bleu tristesse et bleu joie, se tiraillant et tournant, tel le Ying et le Yang.  Les gens sont souvent tiraillés entre l’envie les sanglots et les fous rires. Aussi, il se contenta de la saluer, tout en relevant à peine la tête.

    Toutefois, le silence discret du jeune homme le fit redresser le visage d’avantage pour le voir se languir devant un violon, arme de prédilection des mélodies requiem. L’âme en peine du garçon le fit soupirer intérieurement. Cette force invisible dans le cœur de l’autre, comme tous les sentiments, fut irrémédiablement attiré par Pom et le contamina. La tristesse languissante d’un cœur cherchant à rire provoqua un soubresaut intérieur au nécromancien, qui finit de se redresser pour claquer un élastique noir à son poignet fin.  Son doigt remua légèrement pour extraire la tristesse, l’altérant, la modifiant pour la transformer en une forme joyeuse que Pom réabsorba avec un sourire soulagé.

    Une voix s’était élevés, le spectre à l’âme troublée avait parlé, les yeux de Pom – actuellement d’un bleu-vert – se posèrent sur le jeune homme avec davantage de surprise. Venait-il de s’excuser ? S’excusait-il pour une raison, ou est-ce que c’était l’une des conventions ou coutumes du Japon de demander pardon dans le doute d’avoir commis une faute ? Il ne ressemblait pas vraiment à un enfant du soleil levant, ce garçon.

    Et ce garçon s’excuse à nouveau. Il se justifie et il s’excuse. C’est agaçant ça ! Pourquoi vient-il troubler son moment de quiétude par des pensées aussi tourmentées ? Ce gamin n’était peut-être pas mort depuis longtemps, il devait encore être en deuil de lui-même. C’est particulier de devoir pleurer sa propre mort et les pertes des vivants. C’est malsain, légèrement. On est heureux de les savoir en vie, mais triste de ne plus les voir. Parfois, cela explique que certains morts payent des vampires pour assassiner ou mordre une personne aimée.

    Aussi Pom ne répondit-il pas aux excuses. Il ne comprend même pas pourquoi ce type s’excuse. Il se contente de rire doucement, comme amusé par autant de gêne puis il pointe du doigt en direction du violon :

    « L’âme et le violon ont ce point de convergence qu’en cherchant perpétuellement la joie, ils produisent des râles de tristesse. »

    Les mots sont en anglais. L’accent est étranger. Un mélange que sans doute l’autre ne peut identifier. Ses jambes le portent et ses pas se dirigent vers le garçon. L’horloge interne de Pom oscille entre sa joie et la tristesse de ce jeune garçon. Telle la joie légère qui semble vouloir se sauver de ce corps. Pom la sent, il pourrait l’amplifier, l’augmenter, il pourrait : mais si la tristesse est alimenter en permanence, elle ne partira pas. Il y a des sentiments qu’il est plus difficile d’extraire : car chacune de nos pensées s’y rattachent. C’est comme vouloir arracher un arbre dont les racines s’enfoncent de plus en plus sous terre. C’est difficile, parfois impossible.

    Cette tristesse a de puissantes racines, Pom les sent du bout de ses doigts.

    Maintenant qu’il est plus proche que le jeune homme, il remarque qu’ils sont d’une taille quasi-semblable. Pom s’arrête, à trois pas, il n’ira pas plus loin pour le moment. Il ne veut pas effrayer le jeune et le voir partir. Il ne sait pas ce qu’il veut. Il n’a aucune raison d’adresser la parole à ce type. Sans doute, mais il sent le nouveau à plein nez. Il sent le nouveau qui a du mal à respirer, à vivre, dans le monde des morts. Ce n’est pas si étrange que ça quand on y pense. Pom aime parler aux nouveaux et leurs dire que tout ira bien. Il aime leurs dire de faire attention aux vendeurs de rêves et de profiter des années maintenant. Car il a trop vu de nouveaux arrivants finir en poussière, soumis à des nécromanciens ou transformés en chimère ou vampire.

    Dans chacun d’entre eux, il y a avait un sentiment négatif avec des racines bien trop puissantes qu’il n’a pas su arracher. Deviendra-t-il l’un d’entre eux, celui-là ? Peut-être, au fond, l’est-il déjà. Il est peut-être déjà trop tard. Les potions permettent bien des masques et les objets magiques d’autant plus.

    « Tu dois être un nouvel arrivant. Je travaille pour l’agence Azazel et  je suis en charge de veiller à ce que vous parveniez à passer le deuil de la mort pour franchir le seuil de votre nouvelle vie. »


    Le sourire est joyeux, Pom ne sourcille pas, ne doute pas dans son mensonge, parce qu’il est à moitié vrai, qu’il l’a déjà dit et que ça ne le dérange pas : de mentir. Il y a cette phrase, souvent, que les gens disent : je supporte tout, sauf le mensonge. Pom se fichait des mensonges, tant qu’ils ne faisaient pas mal. Chacun peut s’inventer sa vie : ce n’était pas à ça qu’il jugeait les autres.

    « Si tu veux jouer … »
    Précise-t-il en pointant le violon, « Tu peux. Ensuite, peut-être pourrions-nous parler, il ne me semble pas t’avoir vu au centre d’Aide aux Nouveaux Péris Echus, c’est pourtant obligatoire. »  
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    #4 le 20.03.17 15:52
    saul & pom
    Triste Saulitude
    Saul s'était excusé car Saul s'excusait toujours ; Il s'était senti mal à l'aise de sa propre présence, mal à l'aise de s'imposer à l'autre fantôme dans ce lieu si paisible. Il s'était excusé d'un peu tout, même d'exister. C'était comme un réflexe, une obligation qu'il s'imposait de toujours s'excuser, comme si sa simple présence était une offense à quelque chose ou quelqu'un ; C'était misérable, certes, mais tout cela se faisait inconsciemment, contre son gré même.
    Le fantôme s'était donc rapproché lentement, souriant à ses excuses sans trop sembler agacé, ce qui, quelque part, rassurait Saul. Il n'aurait pas aimé avoir une réaction différente, comme cela lui arrivait parfois. Sa phrase sur le violon et l'âme humaine laissa le jeune homme assez silencieux et pensif. C'était bien vrai et beau qui plus est. C'était probablement la raison pour laquelle il avait toujours été si attaché à cet instrument, comme s'il sentait une connexion facile entre son âme et la musique qu'il arrivait à produire. C'était parfois comme si l'instrument avait été créé tout spécialement pour lui permettre d'exprimer des ressentis qu'il ne se permettait pas de dire tout haut. Comme si le violon faisait office de voix à son coeur.

    Il y avait toujours cette chaleur en lui qu'il ressentait sans comprendre, sans savoir à quoi l'associer, cependant c'était comme si sa peine reprenait toujours le dessus ; Probablement parce qu'il ne laissait pas la chance à la joie de se faire une place en lui. Parce qu'elle n'avait pas d'explication, parce qu'il ne la... méritait pas ? Qui sait. Pourtant la vue de ce violon laissait cette petite flamme vivre. L'autre fantôme s'était approché de lui, mais fort heureusement il s'était arrêté à une distance que Saul considérait comme acceptable ; Il se serait certainement reculé d'un pas s'il s'était encore rapproché, mais n'eut pas besoin de le faire, ce qui l'arrangeait un peu car il n'avait pas envie de paraître trop fragile ou craintif devant un parfait inconnu ; Il avait appris par le passé que les gens fragiles sont toujours les plus abusés et il n'avait pas envie de l'être.

    L'inconnu prit donc la parole à nouveau, mais cette fois pas pour lui dire une belle phrase aux accents poétiques ; Il s'introduisait, se présentant comme un membre de l'agence chargé des nouveaux. Tout de suite, Saul eut envie de fuir, présageant ce qu tout cela signifiait. Il allait certainement lui parler de son intégration, de sa mort, des problèmes qu'il avait à se lier aux gens et toutes ces choses là. Pas envie de parler, pas envie de parler de lui et pourtant il ne pouvait pas vraiment fuir dans cette situation. Il écouta donc silencieusement la seconde remarque de son interlocuteur, qui lui permettait de jouer, en proposant de parler ensuite. Saul déglutit un peu, passant une main sur sa nuque, au milieu de ses cheveux un peu entremêlés...

    « Ah... le... centre d'aide aux nouveaux péris échus ? Je ne me souviens plus... J'ai... euh... probablement oublié d'y aller. »

    Contrairement à Pom, le jeune fantôme avait bien du mal à offrir un peu de conviction à son doux mensonge ; Il avait évidemment choisi de ne pas y aller, choisi de ne pas se présenter à ce genre de choses. Il n'avait pas eu envie de parler de lui, encore moins dans une ambiance de thérapie de groupe ou dieu sait quoi. Évidemment qu'il s'était fait de nombreuses idées sur ce centre d'aide, mais aucune ne lui plaisait alors il avait préféré se prendre en charge tout seul, se forcer tous les jours à explorer un peu le monde des morts, apprendre la langue par lui-même et se cultiver dans les livres disponibles pour savoir où il avait atterri au juste. Apprendre par lui-même, ça n'avait jamais été un problème pour Saul, préférant toujours se cultiver à la bibliothèque plutôt que de s'intéresser aux gens ou, pire encore, les laisser s'intéresser à lui. C'était donc un réflexe, un automatisme de sa part...

    Enfin il avait toujours l'option de pouvoir jouer avant de parler, option qu'il prit sans trop hésiter. Ses longs doigts se tendirent vers le violon qu'il happa pour le porter à lui. Quand était-ce, la dernière fois qu'il avait joué ? Il tenta de se souvenir précisément, repensant à sa vie avant son suicide. Il ne jouait plus beaucoup, les derniers temps, probablement à cause de toute cette tristesse qui s'était accumulée, de ce poids sur ses épaules qui lui avait enlevé le goût de toucher à son instrument de prédilection ; Probablement parce qu'il craignait que des notes trop triste s'en échappent et que tout le monde réalise enfin l'état dans lequel il se trouvait ? Peut-être bien.
    Sur ces pensées, il posa l'archet sur les cordes, commençant une mélodie qu'il connaissait par cœur, un morceau triste bien entendu, comme pour faire écho à son âme et sa douce tristesse. Il se concentrait pour jouer, exorcisant ses démons, vidant un bref instant sa tête trop pleine de pensées et de questions pour se laisser enivrer par la musique. Ça lui avait toujours fait du bien de jouer, comme si la chaleur en lui s'en nourrissait, comme si son âme vibrait au son des mélodies même les plus tristes.

    Il se permit de jouer devant l'inconnu, car le violon était autre que sa voix, autre que son être ; Il pouvait jouer plus aisément qu'il parlait, plus aisément qu'il agissait en présence d'autrui. C'était aussi un milieu dans lequel il ne ressentait ni honte ni crainte. Il se savait doué, il se savait à l'aise avec son instrument et la critique lui faisait du coup bien moins peur qu'à l'accoutumée. Après quelques minutes, terminant sa pièce, il baissa l'instrument, tout comme son regard qui alla rejoindre ses pieds au sol. Sa tristesse existait toujours, même après cet exorcisme. Elle existerait toujours, bien entendu ; Elle le définissait, comme une part de lui, de son âme, de sa personnalité. Elle était lui.

    « De... quoi voulez-vous parler..? Il n'y a rien à dire, je suis ici car je suis mort, j'ai simplement besoin de... d'un peu de temps pour accepter la situation. »

    Il avait parlé avec franchise, se contentant ensuite d'un haussement d'épaules, comme pour accompagner ses paroles. Il ignorait ce que l'autre fantôme pouvait avoir à lui dire et une part de lui s'y fermait hermétiquement. Comme s'il ne voulait pas qu'on l'aide alors qu'au fond de lui... il n'attendait que ça. C'était le dilemme classique, la nuance entre ce qu'il pensait vouloir et ce dont il avait réellement besoin. Parler ça n'avait jamais été son fort et évidemment c'en était encore une autre preuve, cependant il n'avait pas fuit encore, ce qui, évidemment, était une certaine amélioration déjà. Peut-être était-ce à cause de cette minuscule flamme d'origine inconnue en lui, peut-être était-ce le violon, la pièce silencieuse et vide ou cette distance respectueuse que l'inconnu avait laissée entre eux..? On ne connaissait pas l'origine des ressentis de Saul, mais il arrivait à avoir suffisamment confiance en cet instant pour ne pas s'enfuir lâchement.
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    31Autre257(Rin Matsuoka Free!) Empathe absorbeur hypersensible, matérialisation des sentiments. Le pouvoir de Pom est et restera instable.Jolly JumperViens jeter un œil ?
    - Mon pouvoir - Bosse pour le Bchobiti
    Travaille pour Eden1622133330Féminin21/01/2017complètela pommeEden / Cinemont / Rose
    nécromancien
    #5 le 22.03.17 1:23



    Triste enfant,



    Triste jour.



    Valse douce, rythme lent, enchaînement. On vit ce que nous donne le temps. Amitiés indéfinis dans un monde d’enferment. Qu’on rit, qu’on pleure, on finit toujours perdant. La vie, on ne la gagne jamais. On ne la voit que la défiler. On tisse une toile, par bout de ficelle, on se construit. D’amour, d’argent, de gloire et d’amitié. De voyage, de soirée. Qu’importe l’apparence du piège qu’on s’est tendu, on y terminera prisonnier. La vie est le plaisir le plus nécrophage. On s’y accroche, jusqu’à en crever. On chercher à la perdre, jusqu’à vouloir y rester.

    Le violon danse dans les mains de l’artiste, des notes qui suivent un rythme lent. C’est un gamin charmant. Un gamin à la profondeur abyssale. Il s’exprime comme il peut. Chacun sa manière d’être, chacun sa manière de ressentir. Dieu que la sienne était triste ! Un joyau bleu de pierre triste. Un noyau dur incassable. Un cristal qu’on ne peut retirer, sans la bonne formule pour les cœurs brisés.

    Une goutte d’eau, un silence, un bruit, un temps. La musique apaise le Chapelier Fou. Il cesse ses fantaisies pour écouter avec tendresse, son regard se perdant bien ailleurs que tout ça. La musique, il l’aime. Elle lui a été transmise par son grand-père, obligée par sa mère, inculquée à la cour de Versailles, enjoués dans les bals populaires, hurlée en révolution, oublié à sa mort. La première fois, en arrivant ici, c’était la première chose qui avait causé un vrai moment de joie en arrivant. Lui, il ne voulait pas mourir. Il aurait préféré vivre ! Longtemps. Vieux. Finir ridée comme une pomme qu’on oublie trop longtemps au soleil. Lui, il aurait aimé croire que sa vie avait été heureuse et ne jamais être ici.

    Leurs points communs à tous, c’est qu’ils avaient manqué de joie dans leurs vies. Trop sérieux, trop tristes, trop sages ou trop paradoxale. Ce monde leurs offrait une seconde chance et dans un sens, il offrait davantage que ce qu’ils auraient pu attendre de celui des vivants. Pourtant, la vie manquait à Pom comme l’eau manque à l’assoiffé.

    Le gamin cessa de jouer et se retourna vers lui. Il ne voulait pas discuter. C’était clair. Il ne devait pas avoir envie de parler de sa mort. C’était compréhensible. La mort, ce n’est pas forcément évident. Même si certains riaient de la leurs.

    Un jour, Pom avait croisé un homme dans un bar qui riait à gorge déployée et qui disait : « J’ai envoyé un bâton de dynamite à mon chien et il me la ramené, ce con. On est mort tous les deux. Je m’en veux plus pour lui que pour moi. »

    La parlotte n’était évidemment pas aux rendez-vous dans la salle de musique, toutefois, Pom s’en fichait royalement. Cette tristesse qui l’entourait le rendait mélancolique, et bien qu’il fasse tout pour ne pas la ressentir, il avait l’envie de la retirer. De l’arracher des organes de ce grand garçon trop mince. De lui hurler dessus pour le faire réagir. Crois-tu qu’il suffit de regarder les étoiles pour qu’elles cessent de briller ? Obscur petit être, séduisant petit oiseau, triste petite vie. Tu méritais sans doute pas ta mort, mais tu mérites une seconde chance : et tu comptes la gâcher de larmes intérieurs et de souffrance mentale. Pathétique, si triste. Un brin de désolation aussi, dans un rire joyeux. La joie, Pom ne la quitte que rarement. Elle était le drap de sa vie, la cape de son existence, le chapeau de son esprit.

    « Tu viens de commettre une erreur ! »
    Dit-il joyeusement, son accent étranger chantant ses mots avec joie. « Tu n’es pas ici car tu es mort. La mort n’est que l’état. Tu es ici pour t’amuser. »
    Selon les dires, tous les morts n’arrivaient pas ici. Seuls tous les vampires le faisaient : heureux ou non dans leurs anciennes vies, la morsure les condamnaient à ce monde comme passeur des denrées vivantes et des mots des morts.

    Où les autres arrivaient-ils ? Peut-être dans un monde où ils devaient apprendre la tristesse, le sérieux et l’ennui. Peut-être que personne n’avait été suffisamment heureux pour éviter ce monde. Ce qui expliquait que même les nourrissons y fassent leurs premiers souffles mortels avant de sombrer dans la poussière.

    « Seulement, tu n’as pas l’air d’en avoir très envie. Pourquoi ? »


    L’homme comprenait qu’on puisse être triste, qu’on puisse en avoir marre, qu’on puisse se sentir mal. Il comprenait qu’on puisse avoir tellement l’habitude d’être mal qu’on ne sache pas faire autrement. Il ne comprenait pas qu’on vive avec, comme on vivrait esclave, sans se battre. Telle la femme battue acceptant les coups sans penser qu’autrement que c’est ainsi et qu’on ne peut rien y faire. Le pessimisme et la dépression, il les fuyait les rats fuient un bateau en train de couler. Il ne les acceptait pas ; Comment aurait-il pu les accepter ?

    « J’aime quand tu joues du violon. L’archer à ta main est comme la plume d’un écrivain. Une âme torturée … est-ce que ça te convient, est-ce que c’est suffisant ? La facilité de l’âme esseulée dans un monde en perdition ? »




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