Invité

#1 le 09.03.17 4:43

avatar
Invité
saul & koll
So you think you can help me ?
Ses doigts froissaient le bout de papier qu'il tenait nerveusement depuis déjà au moins dix bonnes minutes. Malgré le vent qui emmêlait ses cheveux détachés, il ne se plaignait pas du temps plutôt chaud pour la période de l'année ; Cependant, attendre ainsi à l'extérieur un parfait inconnu au milieu d'un parc, ce n'était pas vraiment la meilleure des expériences. Il était anxieux, craintif à l'idée de Le rencontrer, arrivant à peine à croire la situation qui l'avait mené à cet endroit précis aujourd'hui...

Ce bout de papier qu'il tenait, c'était l'annonce ridicule d'un homme se proposant pour aider les fantômes déprimés à retrouver le "goût de vivre" et leur offrir un peu de bien être dans ce bas monde. Tout simplement. Rien de plus, rien de moins. Un pauvre type qui s'offrait d'aider les autres, une "âme charitable" ou dieu sait quoi. Lorsqu'il avait ramassé le prospectus, au tout début, Saul avait même osé sourire un peu, pensant à une genre de blague un peu malsaine. Un coup du destin, pour se foutre de sa gueule, pour lui rappeler que c'était lui, ça, le mec "déprimé" qui n'avait plus aucun repère, plus aucune envie de vivre non plus. Comme si, vraiment, une force omnisciente essayait de se moquer de lui. Pourtant, alors qu'il allait jeter le prospectus, il avait hésité. Juste une seconde, juste un instant. Assez longtemps pour laisser l'idée s'implanter. Par quelle folie avait-il décidé d'appeler cet homme, ce Koll ? Lui-même l'ignorait, mais il l'avait fait. Il avait fini par craquer après quelques jours et avait composé le numéro inscrit sur le prospectus pour prendre rendez-vous.

N'importe où, lui avait-il dit. Il regrettait, désormais, d'avoir laissé le choix à l'inconnu, car l'endroit en question était un parc au centre de Tokyo. Un endroit assez fréquenté, mais pas trop. Des passants, des joggeurs, des gens promenant leur chien... Rien de trop nuisible, mais tout le monde pouvait le voir assit là, seul et misérable. Il ne pouvait s'empêcher d'y penser ; Le regard des autres, les idées qu'ils pouvaient se faire à  son sujet. Il essayait de s'imaginer de l'autre côté du miroir, d'imaginer les méchancetés qu'il pourrait penser à son propre sujet. Un gamin seul à une de ces tables d'échiquier, comme s'il attendait... On ne sait quoi, le messie peut-être ? Distraitement il regarda sa montre, plissant le nez ; S'il n'arrivait pas bientôt le messie, il irait se trouver un autre fantôme triste à remettre sur pieds.

Alors qu'il songeait à cela, Saul eut brusquement une autre pensée. Une pensée un peu effrayante qui rendit son anxiété incontrôlable ; Et si c'était une blague ? Et si, vraiment, c'était une moquerie, qu'il n'y avait pas vraiment de Koll le gentil fantôme qui veut simplement redonner de la joie de vivre aux autres ? Merde. Il n'avait pas envie de penser à cela, mais d'un coup il se faisait le pire des scénario. Sa main se crispait sur le prospectus ridicule, le froissant encore plus, se traitant mentalement de sombre crétin ; Comment avait-il pu être aussi crédule ? Croire à une histoire pareille... Les gens comme ça n'existaient pas, il était pourtant bien placé pour le savoir.
Il se redressa d'un coup, son esprit embrouillé, puis il prit son sac à dos d'une main en se tournant assez brusquement, arrivant alors nez à nez avec "le messie". D'ailleurs il lui avait littéralement foncé dedans et aussitôt il s'était empressé de s'éloigner, manquant de tomber à la renverse en essayant de fuir cette situation hors de son contrôle. Il s'était bien entendu retenu sur la table, se figeant ensuite. Sa réaction était semblable à celle d'un animal surpris et nerveux. Il avait alors relevé un peu le visage pour croiser le sien, mais s'était arrêté à ses lèvres ; Il ne regardait jamais vraiment les gens dans les yeux, c'était trop direct, trop franc. Il craignait les regards au moins autant qu'il craignait les contacts. Les lèvres de l'homme étaient donc un bon point d'accroche pour son regard.

Il se détendit donc après une petite seconde, comprenant que la situation était quelque peu ridicule, puis il ramena ses bras contre son torse, y serrant son sac qu'il avait empoigné l'instant d'avant lorsqu'il était prêt a partir. Malaise.

« Ah... Je croyais que vous ne viendriez pas en fait. »

Honnête, certes, mais sa voix était basse comme toujours, cependant pas encore assez pour masquer son anxiété au fond de celle-ci. Le vouvoiement, car il s'en sentait obligé devant un inconnu, devant un homme plus âgé que lui. Il manquait d'assurance, rien d'étonnant. Les occasions où il rencontrait un parfait inconnu étaient rares, encore plus un qu'il avait lui-même contacté.
D'une main il serrait toujours son sac et entre ses doigts le prospectus froissé. L'autre main était remontée sur sa nuque, passant dans ses cheveux éméchés, frottant sa peau pour essayer de passer son angoisse discrètement. Et maintenant ? Maintenant quoi ? Il ne savait pas exactement ce qu'il devait faire désormais, s'asseoir, rester debout, se présenter peut-être ? Ils n'avaient pas échangés beaucoup au téléphone, seulement son prénom et un lieu convenu pour la rencontre. Rien de plus.

Toute cette agitation s'était produite en quelques secondes à peine et Saul se reculait désormais jusqu'à rasseoir le bord de ses fesses sur le petit banc derrière lui. Il espérait qu'ainsi, il éviterait "l'inévitable" poignée de main échangée par politesse. Pas forcément envie du contact, pas forcément envie de se forcer non plus. Il avait alors laissé son regard observer un instant son interlocuteur, sans trop savoir quoi penser de lui ; Il dégageait un charme étrange mais certain, cependant son allure générale n'était pourtant pas des plus séduisantes. Ses vêtements étaient simples et pourtant il y avait définitivement quelque chose chez lui d'agréable. Saul ne se permettait pas de juger dans tous les cas, car lui-même ne payait pas de mine dans son jogging trop large pour lui et sa veste à capuche tout aussi grande. Il ne jugeait pas non, il attendait de voir ce que cet homme avait de si spécial pour se croire capable d'apporter de la joie dans la vie des autres..
Invité

#2 le 10.03.17 0:28

avatar
Invité
THÉRAPIE

Le jour où KOLL a reçu le fameux appel de son futur patient, il était persuadé de tomber sur un de ses anciens boss qui le ferait chier en lui disant de revenir. Mais KOLL aurait refusé parce qu'il était bien décidé, il ne ferait plus de boulot qu'il n'aime pas. Étrangement, on cherchait à le retenir. Certainement parce qu'il était l'un de ses seuls à accepter ce genre job de merde. Mais c'était fini tout ça ET POUR CAUSE !

Il n'y croyait pas. Au bout du fil, c'était une voix timide, gênée qui murmurait presque en s'adressant à lui. C'était la voix d'un garçon, certainement assez jeune, expliquant en balbutiant qu'il avait lu l'annonce. KOLL s'était redressé comme un piquet, le dos parcouru de frisson d'excitation. Le PREMIER. C'était inespéré, incroyable, merveilleux, et ils ont même arrangé un rendez-vous ! C'était grisant, mais aussi stressant... KOLL avait même senti le vide dans la façon de parler de ce pauvre gars... KOLL avait désormais une ÉNORME responsabilité !

Les jours qui suivirent, le vampire se plongea dans de nombreuses lectures sur divers formes de thérapies, ce qu'il n'avait pas prit la peine de faire avant parce qu'il était certain que personne ne serait assez désespérer pour l'appeler... Et pourtant... Ce point était peut-être assez inquiétant. Mais le vampire délaissa rapidement la lecture pour rédiger des fiches techniques, des idées, des choses à faire, à ne pas faire... KOLL écrivait frénétiquement, y pensait tant qu'il dormait à peine... C'était terrifiant, mais aussi exaltant. KOLL avait pour la première fois hâte d'aller travailler. Et le jour fatidique arriva...

Pour mal commencer, KOLL ne se réveilla pas, tant la fatigue pesait sur ses paupières. En ouvrant enfin les yeux, il fût prit d'un terrible sursaut et d'une crainte affreuse. Heureusement il n'était pas trop tard ! Il prit sa douche avec empressement, se parfuma à l'odeur de menthe qu'il aime tant et qui, selon lui, donne beaucoup d'énergie. Il essaya de plaquer ses cheveux sur sa tête de plusieurs manières, mais la première fois il avait l'air d'un mafieux, la seconde d'un drogué... Alors il laissa tomber, gardant sa coupe habituelle. Il attrapa son dossier rempli de feuille et courut en lâchant un au revoir pressé à ses colocataires en leur disant de penser fort à lui. Il claqua la porte derrière lui avant d'entendre leurs réponses.

KOLL à présent, coure dans tout Tokyo en respirant fort. Les battements de son cœur résonnent dans son cerveau et l'empêchent de se concentrer en traversant les quais du métro, à tel point qu'il se trompe de direction et ne s'en rend compte que cinq arrêts plus tard ! Lui qui tenait tant à arriver à l'heure... Mais bon, c'est pas comme s'il allait se suicider, hein, puisqu'il est déjà mort... KOLL aimerait rire de cette pensée, mais l'humour noir ne lui va pas trop, alors il se mort la lèvre en pestant et reprend sa course effrennée. Surtout ne va pas sortir un truc pareil devant lui, putain ! Pense-t-il alors que derrière lui une feuille s'échappe du dossier qu'il tient dans ses mains, mais il ne la remarque pas. C'est sur celle-là qu'il a noté un programme précis de la journée... Mais c'est trop tard...

KOLL arrive enfin au parc et se lance dans un sprint final en serrant la mâchoire, il ignore le point de côté qui lui torture le ventre, il continue, poussé par cette volonté si enthousiaste et inébranlable qui est la sienne. Il ne sait pas de combien de minutes il est en retard, mais souvent ça ne pardonne pas ! Il voit enfin une silhouette qui attend exactement au lieu convenu et KOLL s'élance plus vite encore. Si vite qu'il ne peut pas éviter la bousculade provoquée par un soudain mouvement de son patient vers l'avant. Ce genre de mouvement qui précède un départ... Il est arrivé juste à temps ! Mais sur le coup, KOLL a laissé s'envoler tout ses papiers en essayant de rattraper le jeune garçon devant lui qui perd l'équilibre... Mais qui se ratrappe de lui-même, alors KOLL rétracte habilement ses mains en les levant en l'air, comme si de rien n'était pendant que ses feuilles volent autour de lui et tombent doucement. Il se fige et reprend sa respiration, haletant.

Un instant ils se regardent sans rien dire, avec une gêne commune. KOLL parce qu'il est en retard et vient de heurter le garçon dont il va devoir s'occuper. Et pour SAUL -oui, KOLL a bien encré ce nom dans un coin de sa tête si égarée parfois... Le garçon évite KOLL du regard Je suis si effrayant que ça ?

« Ah... Je courais que vous ne viendriez pas en fait »

Argh. Les muscles des bras de KOLL se contractent, le gamin était définitivement sur le point de partir. Le vampire sursaute une deuxième fois en remarquant qu'il écrase avec ses pieds ses notes éparpillées par terre.

« Merde !... » S'exclame-t-il doucement avant de se baisser pour tout ramasser avec empressement. « Désolé, je suis vraiment désolé. Je suis un peu stressé, je me suis pas réveillé et j'ai loupé plusieurs métro, 'fin c'est compliqué ! » Avoue-t-il en ricanant alors qu'il se redresse maladroitement. « Je suppose que je devrais pas dire un truc pareil, mais t'es mon premier patient ! Désolé, hein... »

KOLL, ayant récupéré toutes ses affaires soupire de soulagement avec un mouvement d'épaule et sourit à SAUL en lui offrant un magnifique sourire parfaitement sincère et bienveillant. Il en profite pour examiner son patient, qu'il préfèrerait voir comme un futur ami. Le garçon a l'air stressé et sa voix dévoilant parfaitement son anxiété. Il a un air désinvolte et a naturellement pris de la distance, KOLL en a facilement déduit qu'il valait mieux ne pas lui donner une tape à l'épaule... Il se met d'abord en quête de rassurer le jeunot.

« Oké SAUL ! D'abord, sache que t'es pas obligé de me vouvoyer ! Mais si tu préfères, pas de problème ! C'est toi qui pose les règles du jeu ! » KOLL s'assoit sur le banc en gardant un minimum d'espace entre lui et le garçon sans pour autant paraitre distant. « Je voulais juste te dire que je suis pas psy, hein, j'ai pas de diplome ni rien, donc le temps qu'on va passer ensemble, ce sera pas dans un cadre clairement défini ! Moi ce que je veux, c'est que tu t'amuses et te sentes mieux. Alors forcément, si tu m'apprécie pas, ça marchera pas. N'hésite pas à dire ce que tu en penses, surtout, parle-moi librement ! Ou ne parle pas si c'est pas ton genre, hein ! » KOLL ricane en se grattant le haut du front. Il se demande s'il s'en sortira. « Aujourd'hui, va y avoir une partie un peu ennuyeuse où je vais te poser des questions, pour savoir un peu qui tu es, mais ce sera pas long, j'te promets, sauf si tu veux parler des heures, et ça me dérangera pas du tout. Mais bon, j'ai l'impression que les gens ont souvent du mal à déballer aussi rapidement leur vie, je me dis que ça viendra au fur et à mesure, mais on sait jamais. Ensuite on va faire une petite balade, aller manger un bon truc... Mais j'veux pas que ça ressemble à du baby-sitting, hein, ne te méprend pas. Je m'adapte à toi. Tu es d'accord, tu es partant ? »

© ASHLING POUR EPICODE


Invité

#3 le 10.03.17 5:59

avatar
Invité
saul & koll
So you think you can help me ?
Sous son regard quelque peu nerveux encore, Saul pouvait constater la maladresse de l'homme. Il s'était lui aussi laissé surprendre et voilà qu'il tentait de ramasser tous ses papiers au sol. Certes le gamin aurait pu l'aider et ça aurait été certainement plus aimable de sa part, mais pour le moment il était toujours un peu figé, n'ayant pas vraiment envie de s'accroupir avec lui pour réparer sa maladresse. Pas par manque de gentillesse - quoi que - mais plutôt par manque de réactivité. Il en était encore à assimiler la situation, accepter qu'il y avait bel et bien un Koll, coach en bien-être, et qu'il avait failli partir avant de le découvrir ; Une part de lui se demandait en cet instant si ça n'aurait pas été mieux. En effet, le type en question semblait un peu nerveux aussi et laissait Saul perplexe. Encore plus lorsqu'il lui avoua être stressé et qu'en plus il était son premier patient. Ça avait le mérite d'être... honnête. Enfin, certes c'était une qualité, mais cela ne rassurait en rien le jeune homme qui ne savait déjà pas trop où se mettre. Il se traita mentalement d'idiot, mais son visage n'exprima pas grand chose.

Il laissait l'homme s'asseoir et l'écouta calmement, hochant doucement la tête en l'entendant dire qu'il n'avait pas forcément à le vouvoyer. C'était bon à savoir, quoi que Saul ignorait franchement s'il arriverait à ne pas le faire. Quelque part, le physique de l'inconnu, ses vêtements et son allure générale l'aideraient sûrement, car il n'avait pas vraiment l'impression d'être en présence d'un être "intimidant" ; Sans se leurrer, évidemment, il restait intimidant par le simple fait d'exister et d'être assis près de lui, mais moins que s'il avait été vêtu d'un costard, doté d'une personnalité plus brusque ou dieu sait quoi. Pour le moment son sourire était rassurant et son air avenant rendaient la situation plus facile à vivre pour Saul. En plus, il ne l'avait pas touché ; Pas de poignée de main, il s'était aussi posé à une distance respectable du gamin et ce dernier avait noté l'effort. Il n'était peut-être pas psy, c'était plutôt évident d'ailleurs, mais il avait au moins le mérite d'avoir un côté observateur ou respectueux, qui sait ? Ce genre de détail n'était pas ignoré par Saul qui appréciait l'effort.

Jusqu'au bout, Saul l'écouta en se contentant de monosyllabes pour signifier sa compréhension de l'exposition que lui faisait l'homme. Il semblait  un peu absent, mais retenait la moindre parole, quoi que son esprit vagabonde un peu. Il commençait à accepter la situation, comme s'il réalisait tout juste que ce n'était ni absurde, ni une folie impossible. C'était bel et bien arrivé et il se trouvait à côté de ce Koll qui disait vouloir son bien, qu'il s'amuse et toutes ces choses bienveillantes. À la fin du discours, Saul sembla reprendre contact avec la réalité et posa à nouveau les yeux sur lui - Il les avait détourné au cours de l'exposition, fixant les arbres du parc, évitant ainsi un contact visuel involontaire.

« Hm.. D'accord. Ça me va, je crois.. »

Je crois. Ça voulait tout dire. Lui-même ne savait pas exactement si ça lui allait, au fond, ou s'il trouverait une quelconque forme de bien-être dans cette situation. Mais il était celui qui avait appelé ce foutu numéro et maintenant il devait au moins essayer. Une part de lui cependant se questionnait toujours ; Qu'est-ce qui pouvait pousser un type à vouloir faire le bien à ce point ? Quel genre de bordel c'était, dans sa tête à lui ? Enfin, ce qui le tourmentait surtout c'était l'idée qu'il soit là pour se repentir de quelque chose ou parce qu'il s'en sentait obligé. Impossible de la chasser, celle-là. Difficile de se débarrasser de ce qu'on est, du moins c'était le cas pour Saul et son manque de confiance.

« Les questions ça ne m'ennuie pas.. Alors on peut commencer par là. »

C'était facile pour lui de répondre à des questions, étant donné qu'il n'avait pas grand chose à cacher. Sa vie ? Pas très intéressante, pas très remplie non plus. Il pouvait parler de lui, de sa famille, sans pour autant se sentir sentimentalement impliqué. Après tout, il avait quitté ce monde sans vraiment regretter et par lui-même, alors niveau détachement... Du moins c'est ce que son esprit logique lui disait. Il pouvait aussi parler de sa mort, après tout là encore, qu'y avait-il à cacher ? S'il avait un peu remonté les manches de sa veste on aurait pu voir les cicatrices absurdes sur ses poignets, les causes de sa mort, ineffaçables. Il se disait ne pas s'en soucier, une fois de plus, mais était-ce vraiment vrai ? Qui sait ; Il n'avait pas bien souvent l'occasion de parler de lui à quelqu'un après tout... C'était probablement l'une des premières fois d'ailleurs.

Les questions, ça voulait aussi dire qu'il pouvait les lui retourner au final, non ? Répondre ne lui posait pas trop de problème, mais l'idée de pouvoir en poser en retour l'intéressait grandement. D'un naturel curieux, il voyait cela comme une bonne occasion d'en apprendre un peu plus sur son "coach en bien-être" et c'était certainement la partie la plus intéressante de la conversation. Lui.. Lui il n'avait pas grand chose d'intéressant, le pauvre Koll risquait d'être fort déçu bien entendu en l'entendant parler, mais l'inverse était bien mieux. C'était ainsi que Saul percevait les choses. Hormis son intelligence, qu'avait-il de spécial après tout..?

En attendant les premières questions, il tripotait distraitement les manches de sa veste, semblant toujours occuper ses doigts quelque part, comme pour passer son anxiété ; C'était quand, la dernière fois qu'il avait tenu une "conversation" de plus d'une minute avec un inconnu ? Ses colocataires, probablement, et Maliva aussi. Elle avait été l'une de ses premières rencontres dans le monde des morts et elle n'avait jamais été bien méchante avec lui alors il la voyait parfois. Enfin... De là à parler de conversation ? Niveau personnel, pas trop. Pas encore, pas si facilement.
Son regard s'était attardé un instant sur une mèche blanche un peu folle sur la tête de Koll ; Il se demandait bien d'où venait cette couleur. Était-il un fantôme comme lui, ayant bu dieu sait quelle potion ou un truc du genre ? Il n'avait rien dit au sujet de ce qu'il était, lors de leur brève conversation au téléphone. Déjà, la curiosité de Saul bouillonnait dans son esprit, mais il n'avait évidemment pas l'audace de poser ses questions directement. Il préférait laisser l'homme faire tout le boulot à sa place et ça, il n'avait aucun doute qu'il y arriverait très bien ; En quelques minutes à peine il avait déjà prouvé être bien plus bavard que lui et fort naturellement à l'aise, tout son contraire à vrai dire et c'était mieux ainsi. Par expérience, Saul était bien plus doué pour subir qu'autre chose. Il avait cet air absent, cette manière légère de parler presqu'en murmurant, mais ses yeux détaillaient toujours l'homme en face de lui, comme s'il cherchait à voir en lui..
Invité

#4 le 11.03.17 17:35

avatar
Invité
THÉRAPIE II


Ouf, au moins SAUL n'a aucune réticence face aux questions, ou pas trop en tout cas. KOLL ferme les yeux de soulagement mais retient son soupire en souriant. Ce ne sera pas forcément si terrible ! Il commence à fouiller dans ses papiers éparpillés et froissés entre ses mains, visiblement satisfait, tout en jetant de rapides coup d'œil sur son patient en sentant ces yeux fixés sur lui. Il se sent un peu trop observé, comme si les rôles s'étaient naturellement échangés ! Ça, ça ne lui plaît pas trop... Mais il fait comme si de rien était, se sentir regarder, il aime plutôt ça en vérité, ça le gonfle d'orgueil. Par contre il n'arrive pas à savoir si c'est de la peur, de l'apréhension ou autre chose que SAUL ressent à son égard...

« Ah, voilà... » Dit-il en attrapant enfin la bonne feuille et se saisissant du petit stylo qui traîne dans sa poche, qu'il secoue et teste dans un petit coin de sa main. « Alors, c'est très simple, essaye d'être le plus instinctif possible. Attention, je vais poser toutes les questions à la suite, je ne les répèterais pas. » Explique KOLL en souriant, le regard brillant exactement comme s'il s'agissait d'un jeu, essayant de capter l'attention du jeune fantôme. « Essaye de répondre fort, comme si tu criais en restant détendu, sinon je vais te demander de répéter et tu vas t'embrouiller. Mais c'est pas grave si tu finis par dire n'importe quoi, juste continue surtout, au point que ça devienne amusant... Je suis flou exprès. »

KOLL marque une pause en s'installant confortablement et se râclant la gorge, comme s'il s'agissait d'un poème. Il fait un clin d'œil discret à SAUL en lui faisant un petit signe de la main pour lui dire de se relaxer. Il attend un peu, toujours ce sourire joueur collé sur les lèvres.

« C'est un jeu ou un test ? » Demande-t-il en marquant une pause, le temps que SAUL comprenne. « Question 1 : C'est un jeu ou un test ? » Répète-t-il. « Tu peux répondre, hein, c'est le but. »

Il attend la réponse pour la noter sans laisser paraitre aucun jugement, alors qu'il a la tête baissée vers sa feuille, il reprend.

« Glace à la vanille ou au chocolat ? » Il écoute. « Pardon ? ... Plus fort ! » Rit-il en serrant les feuilles dans sa main avant d'écrire la réponse. « Plutôt échecs ou Scrabble ? »

« Tu aimes les papillons ? »
« Déodorants en spray ou à boule ? »
« Pâtes ou Pizza ? » « J'AI PAS ENTENDU ?? »

Une fois que SAUL est plus ou moins lancé dans le jeu, ce qui a pu prendre plusieurs séries de questions avant qu'il parvienne à s'habituer à la cadence, KOLL cesse d'écrire et se tourne vers lui pour le regarder, voir comment il réagit alors que le vampire se met à hurler comme un loup à la Lune cherchant à emmener SAUL avec lui dans cet élan de liberté. Parfois il sort un grand "Oui !" Quant la réaction de SAUL convient, pour l'encourager à continuer, ou un autre son, comme un "Youhou !" joyeux et pleins d'entrain.

« PLUTÔT AGENDA OU CAHIERS DE TEXTES ? »

« LÈVRES OU NEZ ??! »

« STYLO OU CLAVIER ??! »

« LA MER OU LE CIEL ? »

«  OUI OU NON ? »

Là-dessus KOLL se tait, examinant les réactions de son patient, voir si ça a marché comme il le souhaite ou pas. Il faut que les réponses soient instinctives et crachées à son visage si fort au point que la voix voix résonne dans tout le parc. KOLL sourit en se grattant la tête.

« Ça fait du bien de crier un peu, non ? » Demande-t-il en cherchant plus ou moins l'approbation de son patient. « Crier c'est pas toujours lié à un sentiment de colère négatif. Ça peut être très positif et agréable. Je dirais libérateur. » Il parle en lançant de rares regards discrets vers ses fiches pour utiliser le vocabulaire adéquat qu'il a préparé. « J'ai l'impression que tu n'es pas habitué, ça ne doit pas être facile... Je suis désolé si je t'ai brusqué, mais je suis aussi là pour te sortir un peu de ta zone de confort au début... Ça t'a fait quelque chose de particulier ? Est-ce que tu voudrais recommencer un jour ou pas ? Tu m'en veux ? »

KOLL l'invite à être tout à fait sincère, à dire tout ce qu'il veut, surtout s'il n'a pas apprécier, surtout s'il déteste KOLL pour ça. Le vampire l'écoute avec attention en délaissant ses feuilles, acceptant chaque mots et impressions. Après tout, ce pauvre SAUL est une expérience... Un cobaye, certes, mais KOLL veut tout de même tout faire pour réussir à établir un contact, ce qui, avec un tel gars, n'est vraiment pas facile. KOLL essaye de lire entre les lignes, décrypter les attitudes du garçon...

© ASHLING POUR EPICODE


Invité

#5 le 15.03.17 5:29

avatar
Invité
saul & koll
So you think you can help me ?
Saul ne pouvait s'empêcher de penser constamment en voyant les gestes de l'homme qui cherchait visiblement quelque chose en particulier dans le bordel de ses notes. Il ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il était visiblement peu professionnel et qu'il n'arriverait certainement pas vraiment à impressionner beaucoup de potentiels patients avec autant de maladresse. Pourtant, malgré cette pensée un peu dure, il trouvait aussi l'homme assez naturel, enviant son côté honnête et son aisance surprenante. S'il s'était retrouvé à sa place, en charge d'une autre personne, en retard en plus, il aurait certainement... préféré ne jamais se présenter au rendez-vous plutôt que d'affronter le patient en question.

Enfin, Koll avait enfin trouvé la bonne feuille et il commença ses explications concernant le questionnaire. À l'écouter parler, vu son intonation et ses explications maladroites, Saul eut l'impression de participer à un quizz télévisé ou quelque chose du genre. Il lui demandait de répondre presque en criant, chose qui, tout de suite, intimida Saul. Lui et sa voix si faible, lui et ses mots hésitants, ses pensées longues et ses réflexions constantes... Ce que Koll lui demandait le sortait clairement de sa zone de confort, c'était certain. L'idée qu'il s'amuse à l'embrouiller le mettait mal à l'aise d'avance et il essayait de rester calme mais, déjà, l'anxiété grimpait en lui. Koll lui fit ce discret clin d'oeil et Saul se crispa légèrement et involontairement, sans trop savoir comment réagir.

Dès la premières question, le jeune adolescent fut déstabilisé. Il ne comprit pas tout de suite et lorsque son interlocuteur répéta il capta enfin le message. Un long silence s'en suivit, son regard fixant le sourire joueur de son vis à vis. Qu'attendait-il de lui ? Qu'espérait-il comme réponse ? L'esprit naturellement logique de Saul essayait de trouver "la bonne réponse" à cette question absurde, avant qu'il finisse par simplement bégayer, visiblement pas trop certain...

« Un... Test..? »

Il regretta, eut envie de reprendre sa réponse, cependant la changer ne faisait pas non plus de sens ; Ce n'était pas un jeu non plus après tout. Les jeux devaient en principe être amusants d'une manière ou d'une autre et là, pour l'instant, le seul qui s'amusait c'était Koll. En effet, Saul était encore bien crispé et il cherchait à suivre le rythme déjà plus rapide des questions de son interlocuteur. Celui-ci menait la danse et c'était une danse que l'adolescent ne connaissait visiblement pas.

« ... Vanille.. » Avait-il murmuré, toujours, comme s'il avait honte de sa réponse alors qu'elle n'avait rien de plus mauvaise qu'une autre. La réponse de l'homme le crispa un peu plus ; Il le poussait hors de sa zone de confort, de force et sans douceur en plus. Il lui disait de répéter plus fort et Saul essaya de parler plus clairement, répétant sans vraiment y arriver. C'était encore pire en voyant l'autre rire, laissant au jeune homme l'impression qu'il se moquait de lui. « Échecs.. » Encore ce manque de conviction dans sa voix, encore cette hésitation, ce ton faiblard. Il essayait pourtant, mais c'était comme s'il y avait un noeud dans sa gorge l'empêchant de pleinement exprimer ses idées et ses paroles. Les questions s’enchaînèrent ensuite rapidement et il tenta de répondre plus vite dans la mesure de sa capacité.. « P.. Pas vraiment non.. » Si ça avait été un vrai test, il aurait certainement pris le temps de préciser qu'il n'avait rien contre les papillons, mais qu'il n'aimait pas vraiment les insectes, et encore moins ceux qui volent, ceux-ci le rendant nerveux. Il n'eut cependant pas le temps de rien ajouter et dû enchaîner. « Boule.. » « P... Pizza..? »

Koll s'exclama alors plus fort qu'il n'avait pas entendu, sortant définitivement Saul de sa zone de confort à coup de pieds dans les fesses. Il voulait résister, lui dire que ça n'allait pas, mais un fond d'orgueil se fit sentir ; Alors il eut une vague envie de violence inavouée, puis répéta un peu plus fort pour une fois, un peu plus vigoureusement.. « Pizza j'ai dit ! » Il n'entrait pas vraiment dans son jeu, du moins pas consciemment, mais le fait d'être ainsi forcé et poussé hors de sa "safezone" le rendait clairement plus réactif. Il finit donc par donner à Koll exactement ce qu'il voulait, c'est à dire des réactions instinctives et vives. Peut-être pas pour les bonnes raisons, mais ça semblait le satisfaire. « Cahiers ! » Les réponses lui paraissaient plus évidentes aussi, après tout il n'avait jamais aimé les agendas et ça il le savait bien.. « Lèvres ! » Celle-là aussi lui semblait plus qu'évidente ; Lorsqu'il regardait quelqu'un, il préférait toujours fixer les lèvres de la personne. Croiser un sourire c'était plus évident que croiser un regard. Un nez, par contre... Il n'y avait rien d'attractif à un nez, non ? Qui choisirait nez ? Personne. Cette question lui rappela où se trouvait son regard à ce moment même ; Directement sur les lèvres de l'homme qui hurlait toutes sortes de choses entre les réponses, enterrant de sa voix forte parfois celle de Saul qui, pourtant, donnait désormais tout ce qu'il avait. C'était hors de portée pour lui d'être aussi bruyant, mais l'effort était présent. « Stylo ! » Là encore, une évidence. Les questions étaient-elles plus faciles ou avait-il cessé de trop réfléchir ? Qui sait. « La mer ! » Il était à bout de souffle, sa voix se brisant un peu après les nombreuses séries de questions et Koll l'avait tant fait sortir de ses gonds qu'il arrivait à peine à penser clairement. Il n'en pouvait plus, et à sa dernière question la réponse parut la plus évidente de toutes. Il répondit plus fort, brisant un peu sa voix au passage.. « NON ! »

Il s'était figé alors et se recula un peu sur le banc, retrouvant un peu sa zone de confort lorsque les questions s'arrêtèrent. Il se crispa à nouveau et eut l'impression de ne pas vraiment avoir réussi à faire ce que Koll décrivait comme le but de cet exercice. Il avait ressenti bien des choses, dont de la colère, une forme d'orgueil le poussant à faire ce que son interlocuteur attendait de lui pour lui prouver qu'il en était capable. Saul n'avait jamais bien réagi sous la pression et venait encore une fois de prouver cela. Il ne savait plus trop comment se tenir et hésitait, ne sachant pas quoi répondre à l'homme pour le coup. Lui en voulait-il vraiment ? Quelque part, non. Il finit par soupirer doucement, passant une main dans ses cheveux qui tombaient devant son visage lamentablement...

« J'ai... vraiment.. Pas l'habitude qu'on me force à sortir de ma zone de confort. Je... ne m'attendais pas à ça en fait.. » Il commença par là, avant d'hésiter à poursuivre. Il ne s'était pas encore totalement remis de l'exercice et visiblement il était toujours un peu choqué du déroulement des choses. Avait-il vraiment signé pour ça ? Était-ce vraiment mauvais..? Il ne savait pas trop à vrai dire, il ne savait même pas vraiment ce qui était ou n'était pas bon pour lui. C'était bien là le plus difficile... « Je... t'en veux pas. Enfin.. J'imagine que c'est pas totalement mauvais comme exercice, mais... Je... Crois que j'ai eu envie de te frapper, à un moment. »

C'était honnête. Tellement trop honnête. D'où est-ce que ça venait au juste ? Même lui s'était surpris à prononcer ces mots ; Certes c'était vrai, mais pas le genre de vérité qu'on avoue sans y penser à deux fois. Pas le genre de choses qu'il pouvait prononcer, lui. Pourtant il venait de le faire. Évidemment c'était loin d'être "menaçant" comme réplique, il n'essayait pas de faire peur à Koll car avec ses bras maigrelets il ne lui aurait certainement pas vraiment fait mal, mais il l'avait dit simplement pour exprimer son ressenti à ce moment, ce mélange de frustration accumulée pour s'être fait pousser hors de sa petite zone de confort.
Il eut un long moment de silence, se frottant la nuque un peu, hésitant encore avant de poser les yeux sur le sol, définitivement pas très capable de soutenir même la vue de ses lèvres. Régression ou avancement ? C'était pas trop certain. Au moins il parlait plus... du moins, cette dernière phrase trop franche avait prouvé quelque chose en soi. Peut-être pas grand chose, mais... quelque chose.

« J'suis désolé.. J'ai un peu de mal avec la pression et ces trucs là. Et.. m'exprimer. Et les gens aussi... Et un peu tout. »

Un soupir traversa ses lèvres. Baisse de confiance en soi soudaine, perte de ce qu'il avait gagné en audace. Il se racla alors un peu la gorge en tentant de retrouver sa voix, honteux, craignant que Koll, devant l'échec du jeune homme, décide de baisser les bras. Il ne le connaissait pas après tout, malgré son énergie redoutable Saul ne pouvait s'empêcher d'imaginer l'homme abandonner son cas devant un être aussi lamentable que lui. Alors il s'était excusé, peu fier, ne sachant quoi faire d'autre ; Il avait envie d'entrer dans son monde à lui, d'avoir un peu de sa légèreté, de son sourire, mais... C'était visiblement plus difficile à faire qu'en théorie...


HRP (SOUS-TEXTE)
« T'AS NIQUÉ MA ZONE DE CONFORT FDP WSH ! »
- L'esprit de Saul, 2017.


(Moi perso j'appelle ça une petite victoire. GG. :D)