#1 le 20.02.17 23:47

avatar
× Evolution :
× Image : × Age de la mort : 31 Autre
× Age post-mortem : 257
× Avatar : (Rin Matsuoka Free!)
× Pouvoir : Empathe absorbeur hypersensible, matérialisation des sentiments. Le pouvoir de Pom est et restera instable.
× Appartement : Jolly Jumper
× Logement : Viens jeter un œil ?
- Mon pouvoir - Bosse pour le Bchobiti

× Métier : Travaille pour Eden
× Communication : 090-1988-1002 - Gère un blog
× Péripéties vécues : 1620
× Øssements 887
× Age IRL : 29 Féminin
× Inscription : 21/01/2017
× Présence : complète
× Surnom : la pomme
× DCs : Eden / Cinemont
nécromancien
http://www.peekaboo-rpg.com/t1328-pom-warren#24098 http://www.peekaboo-rpg.com/t1344-journal-de-pom-warren#24761

Feuille de personnage
× Degré d'amusement:
100/100  (100/100)
× Evolution :
× Image : × Age de la mort : 31 Autre
× Age post-mortem : 257
× Avatar : (Rin Matsuoka Free!)
× Pouvoir : Empathe absorbeur hypersensible, matérialisation des sentiments. Le pouvoir de Pom est et restera instable.
× Appartement : Jolly Jumper
× Logement : Viens jeter un œil ?
- Mon pouvoir - Bosse pour le Bchobiti

× Métier : Travaille pour Eden
× Communication : 090-1988-1002 - Gère un blog
× Péripéties vécues : 1620
× Øssements 887
× Age IRL : 29 Féminin
× Inscription : 21/01/2017
× Présence : complète
× Surnom : la pomme
× DCs : Eden / Cinemont
nécromancien

Je ne suis pas un ange.






Et encore moins un gardien.


Difficile de suivre une logique routinière dans la vie de Pom Warren. Le né français avait l’habitude de ne pas en avoir et à l’exception de quelques bars où il avait ses marques, il prenait grand soin d’emprunter en permanence des chemins différents. Tel un être qui a été pourchassé depuis plus de deux-cent-cinquante ans, il avait appris à ne jamais sortir aux mêmes heures, à ne jamais prendre la même direction et à éviter d’avoir un rituel trop coutumier. Sa divagation était tout autant contrôlé que l’abus de substances illicites et il ne s’éloignait de ses minutieuses habitudes que par jeux ou curiosité. La force de Pom résidait dans sa capacité à paraître aussi futile, indéterminé et paumé qu’à être l’entier contraire. Ses détracteurs ne recherchaient pas un adolescent perdu dans les rues du Japon, mais un homme d’un certain âge à la démarche et l’allure nobles.

La ruelle qu’il empruntait n’avait rien d’inhabituelle, elle était devenue un rituel. Première erreur.

La première fois qu’il l’avait emprunté, Pom Warren n’avait guère fait attention à ce qui s’y trouvait. Il avançait d’un pas léger, tranquillement, les mains dans les poches d’un jean, la musique dans les oreilles. Il avançait d’un pas pressé en direction de l’'izakaya Bchobiti. Ce fut alors qu’il entendit un battement de cœur, qu’il perçu un cœur sombre et triste d’un bleu royal, qui le tétanisa. Se retournant pour percevoir le penseur, Pom n’avait pu qu’entrapercevoir une silhouette féminine disparaître derrière un immeuble. L’allure fragile de l’entité spectrale l’avait particulièrement marqué. Cependant pas assez pour que ça le détourne de son objectif.

Ce n’était que le lendemain, en reprenant le même itinéraire que Pom avait réalisé qu’elle menait à l’agence Azazel. Lui l’empruntait à la nuit venue, la créature devait rentrer dans son logis. C’était logique. L’être délicat était là, à lire un roman, perdu dans ses pensées. Une longue chevelure noire, une taille gracile et une robe trop légère pour la saison. Il portait une paire de lunettes rectangulaires et avait l’air ailleurs. Alors doucement, Pom s’était adossé contre le mur du trottoir d’en face, avait allumé une cigarette, avait claqué l’élastique noir à son poignet et remuer son doigt. Et doucement, il avait absorbé un peu de cette mélancolie, se jurant dans une promesse silencieuse de prendre un peu de sa douleur pour lui donner un peu de sa joie. Il n’avait altéré que légèrement la couleur, ne souhaitant pas être repéré.

Il était revenu le voir, régulièrement. IL s’était intéressé à lui. Seconde erreur.

Son nom et son prénom, il aurait pu les obtenir : Pom n’était pas dénué de bon sens. Toutefois, il avait l’impression qu’en apprenant trop de choses sur ce chat des rues, il s’y attacherait. Et il n’avait pas envie que ça arrive. Il voulait simplement l’aider, un peu, peut-être pour se donner bonne conscience. Peut-être parce qu’il s’y était simplement attaché, d’une certaine manière. Souvent Pom s’adossait au mur, de l’autre côté de la rue. Ses yeux d’émeraude, ambrés en leurs centres, se fermaient le temps que son esprit ne se concentre que sur les battements de cœur de l’autre être, sur ses couleurs. Et alors, Pom était soulagé de le sentir rêveur, inquiet de le sentir mélancolique et agissait en fonction. Parfois, Pom restait si longuement à l’attendre et l’observer qu’il sentait le vent se jouer de ses cheveux rouges et caresser les grains de peau de son visage.

Souvent, il trouvait sur ses lieux de passage des mots oubliés, sans le moindre sens. Tantôt les mots étaient écrits en anglais, tantôt en français, parfois en malgache. Lorsque c'était le dernier point, Pom ne les comprenait pas forcément et devait les traduire.
Les mots, il les prenait en photographie, sans jamais y toucher. Ainsi dans un dossier de la galerie de son téléphone portable, on pouvait voir s'afficher l'écriture de cet inconnu qui disait : « L’aquarelle du monde est effrayante. Je me demande ce qu’un oiseau en pense, depuis le ciel. »  

Il arrivait que l’être n’apparaisse pas. Il arrivait aussi qu’il soit là, mais que Pom soit pressé, occupé ou sur une autre pensée et qu’il ne lui consacre pas une pensée. Mais, petit à petit, le rituel s’était perfectionné, et les heures des allées et venues s’étaient synchronisées. Tel un violon et un piano, tel un vent et un arbre, tel le tic et le tac, l’homme avait saisi les allées et venues de l’éphèbe et avait modifié son emploi du temps en fonction de l’autre – sans y prendre garde. Un jour, il trouva le mot « Je ne sais pas voler. » et Pom, avant de le prendre en photo, rajouta de sa fine écriture : mais tu sais rêver.

Il s’était attaché à un chat errant. Troisième erreur.

Un jour, la pluie faisait rage. Pom l’avait vu là, en bas de l’immeuble, sans rentrer. Que faisait-il ? Il semblait encore divaguer. Ce gamin avait en permanence l’air paumé. Il l’avait regardé divagué et l’avait suivi, avec candeur et douceur, il s’était assuré de le voir s’abriter dans un coin alors que la pluie s’était mise à tomber. Il l’avait vu, là, et c’était demander qui s’occupait de ce pauvre chat des rues. Visiblement, il vivait seul, dans sa bulle. Il ne devait attendre rien d’autre que l’ennui d’une seconde vie. Il était si jeune dans la mort, de quoi avait-il pu succomber ? Les êtres d’apparences fragiles et mélancoliques avaient toujours suscité une force protectrice chez Warren.

Aussi violent et cruel pouvait être Pom, aussi doux et chaleureux était-il capable. Cette créature était fragile, elle avait besoin de protection. Il s’était promis de s’assurer qu’elle ne deviendrait pas une poussière oubliée dans le coin d’une ruelle. Alors, il avait commencé à aller dans les cafés, demander à un serveur d’apporter au spectre un lait chaud, une soupe, un chocolat. Il s’était assuré de connaître sa chambre, de savoir qu’il avait un peu de chaleur, un peu de protection. Mais, malgré ses efforts, le gamin avait toujours l’air aussi paumé. Toujours l’air aussi perdu. Pom en était tellement désolé pour lui. Il avait beau essayé d’altérer le cœur meurtri de ses couleurs, il ne pouvait que les modifier de manière passagère, et le lendemain, le chat avait toujours l’air aussi perdu.

A force, il lui laissait des cadeaux sur les marches. Un roman, une soupe chaude déshydratée, un peu d’ossements, à croire que Pom le croyait Sans Domicile Fixe.  

Aujourd’hui comme toujours, le rituel reprenait. Il l’avait cherché au travers des ruelles d’Azazel, commençant à connaître son odeur, sa couleur, ses spécificités par cœur. Sans même le savoir, l’ancien français ne réalisait pas qu’il avait lié une étrange relation, un cordon invisible entre lui et l’être fragile.

Comme souvent, le gamin a l’air perdu dans ses pensées. Ce n’est pas rare, Pom a l’habitude de le voir ailleurs. Souvent, il a même l’impression que l’ingénu ne réalise pas ce qu’il y a autour de lui. Que ce soit vrai ou faux, cela suffit à le faire se rapprocher, et à déposer un livre, Northern Lights de la trilogie « His Dark Materials » à côté de l’être qui lui semble ni homme, ni femme, au final.

Ce n’était pas sa responsabilité, … alors pourquoi prenait-il du temps pour cet homme ? Car Pom n’était pas leurrer. Ce fantôme n’avait plus seize ans depuis longtemps. Cela changeait-il sa fragilité ? Non. S’inquiéter. Dernière erreur.

Il traversa le trottoir comme à son habitude, pour se positionner contre le mur et s’assurer que le chat était en sécurité. L'homme cessa de l'observer pour ouvrir son téléphone portable, regardant des photographies. Des mots apparaissant sur les pages d'un carnet, tantôt en français, tantôt en anglais, tantôt en malgache. Sur celle qu'il regardait actuellement, il pouvait lire :
« Les tartes à la fraise sont délicieuses. », quelques notes étaient rajoutées par Pom commentant le mot.

Des mots écrits par l'inconnu, ainsi, il en avait recueillis une dizaine. Certains étaient amusants, d'autres mélancoliques, tristes ou curieux. Mais Pom les gardait méticuleusement sans jamais toucher aux originaux, souhaitant que d'autres que lui en profitent. A l'exception, d'un, qui était rangé dans un carnet.

Curieux, curieux garçon.
Rien se spécial
Invité

#2 le 22.02.17 11:37

avatar
Invité
Le monde était un tableau repaint à tout instant, riche en couleurs, en genres, en émotions. Une goutte de peinture différente à chaque image capturée perlait entre les regards et les gestes échangés. Une normalité que Luan n’arrivait pas à reproduire. Fermer les yeux lui suffisait pour se perdre dans le brouhaha du quotidien, dans les variations incessantes du déroulement du temps. Les rictus qu’il forçait sur ses lèvres ne détenaient pas le même éclat des sourires éparpillés dans les ruelles, et ses larmes portaient un vide au contraste des sentiments que d’autres versaient. Il imitait parfois quelques gestes anodins qu’il observait curieusement, comme joindre ses mains au niveau du cœur afin de retenir d’éventuels battements excessivement expressifs, en espérant y déceler une quelconque joie, mais l’expression sur le visage de ces innombrables inconnus lui restait lointaine. Il sentait pourtant son cœur battre sans que son propre visage ne se dévêtît de cette frigidité que lui-même ne comprenait plus. Ce n’était pas faute d’avoir essayé. Sa gorge se serrait lorsqu’il s’acharnait trop souvent sans réussir, alors il arrêtait avant d’offrir un chemin à ses larmes sans mots et repartait dans son errance rêveuse, dans sa petite bulle de savon.

Il vivait dans un monde décalé de la réalité, un refuge illusoire, où ni le froid ni l’échec ne l’atteignait concrètement. Son cœur pouvait s’y exprimer sans contrainte, et c’était peut-être la raison pour laquelle il entretenait ce vide silencieux. Il souffrait sans s’en rendre compte, il n’arrivait pas à faire le deuil de sa propre personne, à ressentir une quelconque haine et la déchaîner, et c’était la source de sa force. Une force faible qui ne soulèverait pas son corps éternellement, mais il n’osait pas se l’avouer, petit ange frêle et sans ailes qui cherchait pourtant à s’envoler. Ses espérances s’éteignaient aussi rapidement qu’une flamme baignée dans la neige. Un faible éclat terni par l’obscurité de ses prunelles. L’arrivée de quelques personnes dans son entourage l’aidait à ignorer temporairement la mélancolie invétérée de son cœur. Leurs présences n’étaient toutefois guère constantes et ils finissaient par le quitter tôt ou tard, si ce n’était pas Luan qui s’en allait par peur de les importuner trop longtemps. Il préférait se perdre dans la contemplation d’un monde inexistant ou d’une histoire prisonnière d’un livre plutôt qu’y songer trop souvent […] et finissait par rentrer bredouille dans sa chambre, un chez-soi où il se sentait étranger, par le seul chemin qu’il avait pris la peine de mémoriser.

Il commençait néanmoins à exister quelques moments plus doux, une atmosphère moins oppressée. Luan s’était plongé dans la lecture d’un autre livre, The bone garden de Tess Gerritsen, et avait l’impression de s’impliquer plus aisément dans l’histoire qu’à ses habitudes. Ses pressentiments lui transissaient les membres arrivé à certains passages ; un changement minuscule, mais inattendu. Il lui semblait que ces effets venaient tout droit du livre ; qu’en le tenant simplement, ou en goûtant à certains mots, son cœur se desserrait. Le trimballer partout ne révéla toutefois aucune preuve et le conduit à croire qu’une potion particulière avait été versée, intentionnellement ou non, sur le sol de l’agence. Il réalisa plus tard que s’y rendre à n’importe quel moment ne fonctionnait pas non plus. Luan se sentit tout d’abord perdu avant de trouver une tendre saveur au sentiment de légèreté qui se faufilait entre les fils de sa tristesse. Il trouva l’instant presque exact afin de s’y rendre à la bonne heure et profiter inconsciemment de ce court moment de répit.

Puis vinrent les jours frais où, en revenant à pas lents vers son toit, une personne l’avait interpellé en lui tendant un breuvage, prétendant que c’était offert. Luan se dévia les premières fois sous prétexte qu’ils se trompaient sûrement de personne, mais la répétition lui fit finalement accepter le présent. Sentir la chaleur du récipient dans ses petites mains d’argile lui fit réaliser que son corps et son cœur se plaignaient du froid. Il avait pris place contre un mur à proximité afin de boire ce qui lui avait été offert par un inconnu. La chaleur coulant le long de sa gorge avait atteint son cœur et, sans la moindre connaissance des raisons possibles, quelques larmes avaient échappé à ses paupières, et fuyaient ses yeux à chaque fois qu’il acceptait ce petit cadeau régulier.

Des cadeaux qui devinrent plus directs. Luan retrouva avec surprise quelques petits objets lorsqu’il quittait ou revenait à l’agence. Il eut le réflexe de les ramasser en attendant d’apercevoir une quelconque personne qui les chercherait, mais personne ne semblait ne serait-ce qu’en être au courant, et le doute s’insinuait dans son esprit lorsqu’il se demandait qui pouvait abandonner une soupe à même le sol. Les objets s’accumulèrent alors et finirent en son entière possession. Les romans qui arrivaient finissaient convenablement dans ses rangements après avoir été lus avec attention. L’intuition lui proposait que l’auteur de ces objets était le même qui s’était adressé aux serveurs. Cette seule pensée lui serrait la gorge et, en son âme, il espérait que cet inconnu ne se fût pas trompé de récepteur.

Ses journées se rythmèrent d’un peu de vie. Quelques instants brefs et volatiles auxquels Luan s’était aveuglément attachés. La mélancolie semblait le quitter, balayée par les petites et douces intentions que son cœur chérissait, avant de lui revenir la journée suivante en temps de vadrouille. Un livre l’accompagnait, le plus souvent un roman venu de son lointain ami, lorsqu’il prenait sa place devenue habituelle. La curiosité toutefois le tourmentait de plus en plus au fil du temps. Il levait souvent le nez dans l’espoir de rencontrer cet inconnu, en le retrouvant juste en face de lui, mais les ruelles étaient parfois peu peuplées, les personnes environnantes ne lui prêtaient aucune attention, les visages n’étaient jamais les mêmes, exception faite au personnage immobile qu’il discernait difficilement avec la distance, de l’autre côté de la rue. Et les jours passèrent.

« Northern Lights. » Luan observait longuement le nouveau livre qui lui avait été apporté. Il prit place par terre, posa son bloc-notes et son stylo à côté, et entreprit de feuilleter le bouquin avec soin. Un petit regard aux alentours ; tout le monde passait sans lui accorder le moindre sourire, quelques personnes demeuraient çà et là, et l’habituel visage qui demeurait à la même place, de l’autre côté de la rue. L’auteur de ces présents semblait ne manifester aucun signe de vie. Décidé, Luan s’empara de son bloc-notes, en arracha où une page où il écrivit un bout de texte dont il se souvenait.

« Lonely? I don't know. They tell me this is cold. I don't know what cold is, because I don't freeze. So I don't know what lonely means either. Bears are made to be solitary. »

Il se résigna à renoncer à ses quelques minutes de paix et quitta son habituelle place pour se placer face à la population grouillante. Le pas fut difficile. Ses jambes tremblaient à l’idée de s’adresser aux inconnus. Sa détermination fut toutefois telle que quelques paroles paieraient afin de rencontrer cet inconnu, pouvoir le remercier, connaître enfin son visage et ses réelles intentions. Il serra le livre et son bloc-notes contre lui et, après une profonde inspiration, s’approcha d’un premier groupe d’individus à quelques mètres de sa position. Il leur tendit la note en tremblotant, leur demandant si sa petite et frêle silhouette de poupée leur disait quelque chose. Note qu’ils lui rendirent, encore et encore, sur des réponses négatives. Quelques rires étranges accompagnaient parfois leurs dires.

Il recommença jusqu’à traverser toute la rue. Quasiment tout son corps tremblait de cet effort monumental, et son cœur battait si fort qu’il sentait quelques larmes lui brouiller la vue. Mais l’existence du livre contre lui lui redonnait le courage de chercher. S’il ne le trouvait pas aujourd’hui, il retenterait demain. Ses yeux balayèrent les environs comme un chat scrute un toit d’un bout à l’autre avant d’y sauter. Une seule personne, malgré ses doutes, n’avait pas encore été abordée. Il s’agissait de ce visage inchangé au fil des jours. Luan pouvait l’observer avec plus d’intérêt, maintenant qu’il avait traversé la rue. Il s’en approcha alors, lui tendit la note et lui montra la couverture du livre. « E-Excusez-moi,  commença-t-il une fois que le papier quitta ses petits doigts. L’anglais fut la langue automatiquement sortie. Je… Je cherche une. Une personne. Oui, c’est cela, une personne. » Une légère teinte rose décora ses joues et il baissa timidement les yeux. « J’ai uniquement ce livre comme information. Le reste est dans ma chambre. Mais ce sont surtout des livres. Ça peut paraître stupide… oh ! Très stupide. Mais c’est important. Vraiment. » Il avait malheureusement cette fâcheuse manie de s’égarer en parlant, perdu dans l’embarras. « Vous savez, lorsque… lorsque vous croisez une fleur quand tout est gris. Lorsque… vous avez conscience d’exister. Et qu’une personne vous aide. Mais vous la cherchez du regard, sans savoir qui… qui vous envoie du courage. J’ignore pourquoi cette personne le fait mais… E-Enfin, je suis désolé, je parle trop ! » Luan secoua légèrement la tête et pointa le livre pile devant le visage de son interlocuteur en espérant cacher ainsi ses rougeurs. « Est-ce que. Est-ce que c’est vous ? »
Erreurs.
pom warren
credit to kenz.

#3 le 26.02.17 14:02

avatar
× Evolution :
× Image : × Age de la mort : 31 Autre
× Age post-mortem : 257
× Avatar : (Rin Matsuoka Free!)
× Pouvoir : Empathe absorbeur hypersensible, matérialisation des sentiments. Le pouvoir de Pom est et restera instable.
× Appartement : Jolly Jumper
× Logement : Viens jeter un œil ?
- Mon pouvoir - Bosse pour le Bchobiti

× Métier : Travaille pour Eden
× Communication : 090-1988-1002 - Gère un blog
× Péripéties vécues : 1620
× Øssements 887
× Age IRL : 29 Féminin
× Inscription : 21/01/2017
× Présence : complète
× Surnom : la pomme
× DCs : Eden / Cinemont
nécromancien
http://www.peekaboo-rpg.com/t1328-pom-warren#24098 http://www.peekaboo-rpg.com/t1344-journal-de-pom-warren#24761

Feuille de personnage
× Degré d'amusement:
100/100  (100/100)
× Evolution :
× Image : × Age de la mort : 31 Autre
× Age post-mortem : 257
× Avatar : (Rin Matsuoka Free!)
× Pouvoir : Empathe absorbeur hypersensible, matérialisation des sentiments. Le pouvoir de Pom est et restera instable.
× Appartement : Jolly Jumper
× Logement : Viens jeter un œil ?
- Mon pouvoir - Bosse pour le Bchobiti

× Métier : Travaille pour Eden
× Communication : 090-1988-1002 - Gère un blog
× Péripéties vécues : 1620
× Øssements 887
× Age IRL : 29 Féminin
× Inscription : 21/01/2017
× Présence : complète
× Surnom : la pomme
× DCs : Eden / Cinemont
nécromancien

Crois-moi, tu ne veux pas me connaître.






Mais, j'ai bien envie de te connaître.


Chaque année, au printemps, Pom s’arrêtait pour regarder les lépidoptères qui voletaient dans les champs de fleurs sur les bords des routes et dans les forêts reculées. Tourbillonnant, les insectes ne semblaient pas savoir sur quelles feuilles, quelles fleurs ou quelles couleurs s’arrêter. Leurs danses désordonnées égayaient les yeux olivâtres de l’Homme.

Malgré le froid, malgré l’hiver, malgré qu’aucun champ ne fût visible, Pom Warren avait la sensation d’être devant l’un de ses papillons multicolores. Il observa l’éphèbe des villes aller et venir de passants en passants en présentant un mot à l’écriture manuscrite. Il se demanda ce que l’adonis pouvait chercher ? L’Homme fut curieux de s’approcher, pour être témoin de cette scène, nonobstant il était également  peu désireux de le faire. Il était déchiré entre la curiosité de savoir et la pudeur de ne pas s’attacher, entre deux traits de caractère le poussant à foncer dans le tas sans réfléchir et à fuir à un danger trop brusque. L’Homme n’était pas instable, il était un contraste.

Vers l’âge de quinze, Warren avait rencontré un peintre nommé Joseph Mallord William Turner à Londres lors d’un voyage diplomatique. Ce n’était alors qu’un jeune garçon vivant dans une famille chaleureuse. Des années plus tard, après sa mort, Pom Warren avait visité une galerie d’arts d’œuvres volées par un vampire habile et amoureux de l’art qui échangeaient de magnifiques ouvrages contre des reproductions similaires. L’un de ses tableaux avaient été peint par Joseph, devenu un célèbre artiste. Et le tableau, nommé pêcheurs en mer, représentaient des barques prises dans une tempêtes sinistres. La représentation n’était point l’aspect le plus percutant pour Pom Warren. Ce fut les contrastes de peintures. Le sentiment que les couleurs s’animait et l’imprégnait. L’empathie de l’homme avait communié avec l’art et malgré lui les sentiments de l’artiste avaient emplis son cœur.

Il enchaina une cigarette par une autre cigarette, sa chemise canadienne de laine rouge et noire s’imprégnant de l’odeur d’une odeur de tabac froid désagréable pour le commun des mortels.

Les mots de ce jeune enfant perdu étaient tels des œuvres d’art. A les collectionner, Pom se risquait de les laisser le contaminer. Une part de lui-même le savait parfaitement, mais l’Homme ne craignait pas tant de se perdre. Il se sentait capable de porter un parapluie au-dessus de ce corps frêle et de le protéger. Il n’avait pas envie d’en avoir la responsabilité. La nuance tenait entre ses deux phrases. C’était la différence ! Tant qu’il n’était qu’un inconnu, aidant l’extérieur, un échec ne serait pas le sien. Et si le jeune rêveur était retrouvé en poussière : sa culpabilité ne pourrait être entière. Un simple déboire.

Pom rit doucement en voyant le garçon rougissant, en sentant sa gêne et ce mot qu’il interpellait chaque individu se trouvant sur les deux trottoirs. Il semblait tenir à ce qu’il faisait. La curiosité l’emporta, et il ne bougea pas. Pom aurait pu partir, se doutant qu’il ferait parti des personnes vers qui irait le garçon. Au lieu de ça, il s’adossa davantage contre le mur, et l’attendit.

Le voilà devant lui. Il aurait dû s’attendre que ce jour-là arriverait. Cette apparence fragile l’inquiète, naturellement. Pom se souvient parfaitement de la frêle demoiselle qu’il a aimée. Si légère, qu’il croyait que le vent la ferrait s’envoler. Ses yeux se perdent dans ceux de l’enfant – car Pom ne peut le voir qu’ainsi pour le moment : un enfant perdu. Un enfant au ravissant visage et à la peau de poupée qui déclame des mots successifs.

Ils sont différents l’un et l’autre. Ils ne sont clairement pas assortis. Avec son allure d’adolescent, à la clope aux lèvres et aux vêtements décontractés, il jurait à côté de la jeune créature. Il était un bibelot de brocante, aussi banal qu’oubliable, ou l’autre était une œuvre d’art qu’on ne croise qu’une fois dans sa vie.

Pom se savait commun : il ne s’en plaignait pas. Lorsqu’il se promenait dans la rue, le casque ou les écouteurs aux oreilles, il avait conscience qu’on ne le voyait pas. Les chalands ne s’arrêtaient guère pour observer son visage, se retourner à son passage ou commenter ses allées et venues. Aucun groupe de jeunes filles – et heureusement aucun groupe de jeunes hommes – ne discutaient en rigolant à mi-voix, en le pointant du doigt comme une beauté ou une laideur. Il était aussi indifférent aux yeux des autres qu’un banc dans la rue. Et, il aimait à croire, que tel le banc, on réalisait sa présence quand il devenait utile.

Le jeune être devant lui était totalement différent : son visage frisait la perfection des magazines glacées de mode et des acteurs que Pom avait pu voir dans Deathflix. Il était presque trop parfait et Pom espérait qu’aucun prédateur n’avait remarqué cette jolie souris se baladant seule dans leurs rues.

E-Excusez-moi,

« Hm ? » Pom Warren prend le mot. Le papier entre ses doigts le surprend. Attendez : c’était lui que cherchait le garçon ? Pom ne s’y attendait pas. Il s’en trouve si surpris qu’il en perd la voix et qu’il reste là, n’exprimant que peu d’émotions, à écouter le garçon déclamer des mots à la suite, maladroits et touchants.

Je… Je cherche une. Une personne. Oui, c’est cela, une personne.

Pom pourrait lui crier la vérité, lui hurler : tu me cherches et tu m’as trouvé. Vous devez déjà savoir qu’il ne le fera pas. Il ne peut pas le faire : Ce serait briser un ange gardien, un protecteur pour le ramener à la réalité. Et la réalité, c’est que Pom n’a pas envie d’être remercié, vu comme un ami ou un protecteur ou pire encore. Toutefois, il a envie de passer un peu de temps avec cet inconnu.

Et le moment est parfait pour ça.

« … J’ignore pourquoi cette personne le fait mais… E-Enfin, je suis désolé, je parle trop ! »

Il sourit, tendrement, amusé, ses yeux brillants d’une flamme de curiosité. Cette voix anglaise, il l’aime. Parce qu’il la comprend, sans avoir besoin de réfléchir au sens de certains mots. L’anglais a toujours été plus évident à comprendre pour lui que le japonais. Il rit tendrement, et répond doucement, dans un murmure où son accent si particulier vient effleurer ses mots dits tout autant dans la langue de Shakespeare :

«  Vous ne parlez pas trop, adonide. Vous parlez beaucoup, c’est tout. »
Répondit Pom avec son habituel sourire amusé.  Est-ce que. Est-ce que c’est vous ? »

« Pardon ? » Répondit Pom, immédiatement.

Ce n’est pas un mensonge. C’est un refus de réponse. Les yeux sont sibyllins, les lèvres goguenardes et une moue taquine. L’homme n’a pas rendu le mot, il l’a enfourné dans la poche haute de sa chemise,  et il a haussé des épaules.

« Ce n’est pas bien raisonnable d’aller aborder n’importe qui comme ça. Tu pourrais demander sur une mauvaise rencontre. Quel est ton nom ? »

Appuyant de l’index sur le livre du jeune, Pom se pencha légèrement en avant pour observer davantage le visage du jeune homme – est-ce un homme ? D’ailleurs ? Peut-être une jeune femme ? C’est troublant. – prenant un air sérieux, qui vieillit son visage et durcit ses traits. « Et ne pensez-vous pas que cette –personne – que vous recherchez n’a guère envie d’être trouvé ? Si vous m’expliquez davantage, je pourrai comprendre. »

Il a redressé le visage, relâché le livre et retourné son regard au travers de la rue. « Votre allure est tendre, vos mots sont élégants, mais n’avez-vous pas oublié de vous amuser ? La mort vous offre une seconde chance de vivre, et si vous le désirez, je veux bien être un instant l’une des fleurs de votre chemin gris. Peut-être trouverons-nous quelques craies colorées pour peindre votre chemin. »


Rien se spécial