#1 le 05.02.17 0:27

avatar
× Evolution :
× Image : × Age de la mort : 19 Masculin
× Age post-mortem : 283
× Avatar : Daiki Aomine - Kuroko no Basket
× Pouvoir : Te cogner dans le nez :nose:
× Croisée avec : Grympy Cat
× Logement : Duplex
× Métier : Prédicateur - Cobaye
× Communication : Portable
× Péripéties vécues : 983
× Øssements 1290
× Age IRL : 25 Féminin
× Inscription : 04/02/2017
× Présence : complète
× Surnom : Touloose
× DCs : Etsu Morugawa | Margaret E. Redford | Juunko Naonori
Big Grumpy Cat
http://www.peekaboo-rpg.com/t1408-toulouze-broken-glass http://www.peekaboo-rpg.com/t1411-toulouze-find-yourself

Feuille de personnage
× Degré d'amusement:
100/100  (100/100)
× Evolution :
× Image : × Age de la mort : 19 Masculin
× Age post-mortem : 283
× Avatar : Daiki Aomine - Kuroko no Basket
× Pouvoir : Te cogner dans le nez :nose:
× Croisée avec : Grympy Cat
× Logement : Duplex
× Métier : Prédicateur - Cobaye
× Communication : Portable
× Péripéties vécues : 983
× Øssements 1290
× Age IRL : 25 Féminin
× Inscription : 04/02/2017
× Présence : complète
× Surnom : Touloose
× DCs : Etsu Morugawa | Margaret E. Redford | Juunko Naonori
Big Grumpy Cat


Erase your bad memories


identité
NOM : Ka (Kamba, partiellement oublié)
PRÉNOM : Toulouze (originalement Dini, oublié)
DATE DE NAISSANCE : 13/01/1734
DATE DE MORT : 06/07/1753
NATIONALITÉ : Africaine
LANGUE(S) PARLÉE(S) :
Parfaitement : Tshiluba, Vieux Créole, Vieux Français, Anglais
Rudimentaire : Japonais, Suédois, Thaï
RACE : Zombie
PERSONNAGE DE L'AVATAR : Daiki Aomine - KNB






physique
Couleur des cheveux : A l'origine noirs et bouclés, ses cheveux sont devenus bleu foncé et lisses après la consommation de plusieurs potions.

Longueur des cheveux : Courts, ils caressent la naissance de sa nuque et le haut de son front.

Couleur des yeux : D'abord noirs, ils sont devenus bleu marine après qu'on lui ait fait boire un nombre astronomique de potions.

Style vestimentaire : Toulouze préféra porter des vêtements foncés ou noirs, des sweat-shirts à capuche et des jeans pour passer inaperçu. Certains diront qu'il fait penser à un dealer à toujours garder sa capuche.

Taille : 1m93

Piercing(s) : aucun

Tatouage(s) : aucun

Corpulence : Fine mais athlétique, Toulouze est tout en muscle mais n'est pas loin d'avoir la peau sur les os.

Habitudes : Il fait craquer ses doigts quand il se sent mal à l'aise, grogne dans il est énervé ou irrité. Il a la fâcheuse tendance de fixer les gens d'un air énervé quand ils lui adressent la parole pour la première fois. Il ne peut pas dormir si il n'est pas roulé en boule et ne supporte pas la douceur d'une couverture ou le moelleux d'un matelas. Du coup, il dort par terre.

Quand il ne connait pas le prénom d'une personne (ou ne s'en souvient pas), il l'appellera "Gamin(e)" si il/elle semble plus jeune ou dira juste "Toi".

Toulouze ne boit que trois choses : de l'eau, des potions, et du Ginger Ale. Et parfois les trois en même temps.

Il ne se sépare jamais de son portable. Il est d'ailleurs toujours caché dans une des poches de la veste qu'il porte. Et ne vous avisez pas de vouloir le lui prendre, Toulouze vous poursuivra jusqu'au bout du monde pour le récupérer et vous tabasser...

Autre : Toulouze possède une marque en forme de lys sur le flan gauche, fait au fer rouge et garde des cicatrices sur le dos et les bras, faites lors de sa mort. Toulouze est prédicateur et cobaye pour nécromancien. Il n'aime pas qu'on lui donne des ordres, ça lui rappelle sa vie d'esclave. Si vous essayait de le contrôler, il vous mettra son poing dans la figure.



précisions
Toulouze peut voir et prédire la mort d'un vivant, comme beaucoup d'autres zombies. Il a cependant appris à maîtriser son pouvoir pendant plus d'un siècle et peut maintenant déterminer la date et l'heure de la mort de quelqu'un sur un intervalle d'un mois. Il lui suffit juste de tenir la personne qui lui demande et de se concentrer un minimum pour réussir à cibler la personne plus ou moins correctement. Mais ça lui donne parfois la migraine. Sachez seulement que ce n'est pas hyper précis. Le vivant peut mourir deux semaines avant la date donnée ou un mois plus tard.

Il est également atteint d'un type d'amnésie qui lui fait oublier plusieurs heures de sa journée, si ce n'est pas la journée toute entière. De ce fait, il garde toujours son portable sur lui où il note tous les événements qu'il serait susceptible d'oublier ainsi que des notes sur les personnes qu'il rencontre et avec qui il travaille. Cela ne veut cependant pas dire qu'il ne finira pas par se souvenir de vous au bout d'un certain temps.

Toulouze n'a pas réellement de sexualité. Après des dizaines d'années, il ne se formalise plus du genre de la personne avec qui il passe la nuit. Quand cela arrive. Ce qui est très, trèèèès rare.



caractère

Grincheux. Sérieux. Hostile. Froid. Distant. Raciste. Acerbe. Méfiant. Observateur. Brisé. Junkie. Amnésique.

Tu te demandes comment est cet homme, Toulouze, qui arbore un air froid et hostile à longueur de journée. Ce type qui ne mâche pas ses mots et te dira sèchement tes quatre vérités si tu venais à l'emmerder. Ce mec qui te lancera un regard perçant si par mégarde, tu lui disais quelque chose de travers. Et bien on peut dire que Toulouze est un personnage compliqué. Un verre brisé dont on aurait maladroitement recollé les morceaux. Certains tiennent assez bien, d'autres sont bancals et par endroit, des trous sont apparents. Beaucoup de trous d'ailleurs, plus ou moins gros, plus ou moins visibles. Des trous ne laissant voir que du vide. Un énorme vide. Un vide que Toulouze comble avec son caractère de merde.

Quelque part, il n'a pas réellement voulu être ainsi. Si Toulouze est comme ça c'est que la vie lui en a fait voir de toutes les couleurs. Avant, c'était quelqu'un de bien et généreux. De protecteur et gentil. Si seulement le destin avait eu pitié de lui. Il ne serait pas comme il est aujourd'hui. Froid, distant, austère, acerbe. Parfois caustique, parfois blessant. C'est un homme meurtri, comprenez le. Ou ignorez le, cela vaudra peut-être mieux.

Froid comme de la glace. Comme un hiver polaire. Distant comme une étoile à des années-lumières de la terre. Toulouze se méfie des gens. Ce n'est pas qu'il ne les aime pas. Mais il ne tient pas à être avec eux. S'attacher n'est pas une chose qu'il souhaite faire. Il préfère rester solitaire. Sa condition de zombie fait que peu de personnes s'approchent de lui, même les spectres comme lui. Il s'arrangera pour les repousser de toute façon. Surtout si ils veulent faire ami-ami avec lui.

Austère comme une pierre tombale. Acerbe et presque cruel. Cela en déroute toujours plus d'un, quand il entende l'homme leur lancer des paroles emplies de son venin, alors que d'ordinaire, il ne prononce pas un mot. C'est sa manière à lui de vous éloigner, de vous protéger. Il n'est pas quelqu'un de bien, il le sait. Alors Toulouze vous crachera à la figure pour mieux vous éloigner.

Caustique... Blessant... Il ne le fait pas toujours exprès. C'est devenu un mécanisme de défense, pour ne pas se faire duper, pour ne pas se faire avoir. Souvent, ça l'entraîne dans des bagarres, des plans foireux en plein milieu de ruelles mal éclairées. Toulouze ne le fait pas exprès, cependant, ses poings ne peuvent se retenir d’assigner des coups. Il ne peut se défaire de ces habitudes, le pauvre Toulouze, ça fait tellement longtemps qu'il est comme ça.

Pourtant, le verre aux morceaux recollés garde bien malgré lui des bons côtés. Caché dans le fond de ce récipient fissuré, Toulouze les tient enfermé jusqu'au jour où quelqu'un saura les révéler. La douceur, le sens du devoir, le côté protecteur, la confiance. Si seulement quelqu'un pouvait les révéler.

Mais la colère et la rage que l'homme porte pour le monde rendra les choses difficiles. Car Toulouze n'aime pas les hommes, les êtres humains. Et encore moins ceux d'origine occidentale. Il les a en horreur, ces gens qui ressemblent trop à ces êtres qui lui ont ôté la liberté. Si cela ne tenait qu'à lui, il les tuerait tous entre ses mains, hommes, femmes et enfants. Mais cela servirait-il réellement à quelque chose...

Animal blessé. Empli de fureur et surtout d'incertitude et de crainte. Toulouze ne veut pas finir blessé, ne veut pas s'impliquer. C'était déjà assez compliqué pour lui pour qu'il se lie à qui que se soit. Il a déjà du mal à se souvenir de ce qu'il a pu faire dans la journée, voire même de toute sa journée. Alors des gens. Le portable où il inscrit tous les événements qui lui paraissent importants et ainsi ne pas les oublier risquerait d'être plein à craquer si il devait interagir avec les autres. Nom, prénom, habitudes, visage. Combler les blancs de sa mémoire démantelée est assez compliquée comme ça pour qu'il espère en plus ne pas oublier les gens.

Et puis, laisser quelqu'un l'approcher de trop près l'inquiète fortement. Que se passerait-il si on découvrait ses faiblesses, si on voyait sous la carapace ? Toulouze ne tient pas à ce que l'on sache. Que la nuit, il ne peut dormir que par terre, rouler en boule comme un enfant apeuré. Que des cauchemars morbides et sanglants le hantent dès qu'il ferme les yeux. Qu'il est accroc à diverses potions ressemblant plus à des drogues qu'autre chose et qu'il se fiche bien des effets secondaires que certaines peuvent lui apporter. Non, Toulouze ne tient pas à ce que l'on sache qu'il est un junkie froussard qui dort sur le trottoir. On finirait certainement par le duper de toute façon.

Non, il vaut mieux que les gens continuent de le voir comme ce type austère et pas bavard qui vous prendra tous vos billets si vous voulez savoir le jour de la mort de quelqu'un. Parce que c'est bien la seule chose que Toulouze sait faire correctement, prédire la mort d'un vivant à la perfection. Ça lui a pris du temps avant de maîtriser ce mystérieux pouvoir, se manifestant au début par des rêves troublants et dérangeants. Il lui a fallu plus de cents ans pour pouvoir le contrôler totalement, mais les rêves eux n'ont jamais réellement disparu. Au moins, cela lui permet de se faire de l'argent et de payer ses potions.

Voila. Maintenant, vous savez comme est Toulouze, le verre brisé. Ne venez pas l'emmerder, sauf si vous désirez savoir le moment de la mort de quelqu'un que vous connaissez. Il pourra vous renseigner... seulement si vous avez de quoi payer.


histoire

Ceci est l'histoire d'un homme qui a oublié sa propre histoire.


Janvier 1734, quelque part en Afrique de l'Est

« Voici mon fils ! »


Nuit noire. Vent brûlant. Silence de plomb. Ce fut lors d'une nuit comme celle-ci que le premier fils de la famille Kamba vit le jour, dans la grande cahute du chef du village. Après des mois et des mois, sa femme avait enfin eu sa première grossesse, emplissant son époux de fierté et de joie. Et quand, neuf mois plus tard, un petit garçon sortit d'entre ses entrailles, l'homme n'en fut que plus heureux encore. Comblé, il prit le nouveau-né entre ses mains et quitta la cahute afin de le présenter à tous les membres de son village. Le brandissant comme un trophée au-dessus de sa tête, il cria son nom à qui voulait l'entendre et ordonna aux musiciens et aux danseurs d'organiser une grande fête. Le village fut en effervescence pendant plus d'une semaine, les femmes dansaient, les hommes jouaient du tambour et les enfants couraient autour de la cahute. Des chefs de villages voisins vinrent féliciter les heureux parents, portèrent des présents pour le nourrisson et firent également la fête avec eux. Ainsi se déroula la première semaine de vie de ce nouveau-né, emmailloté dans des linges aux couleurs vives à vivre dans la musique, les rires et les danses. La première semaine du petit Dini.

Dini. Premier fils des Kamba. Si tu avais su, tu aurais certainement désiré une autre vie.

Gentil. Vaillant. Courageux. Le nourrisson devint enfant, puis adolescent, puis adulte. Il apprit à parler, marcher, danser et rire. Les hommes du village lui apprirent à jouer du tam-tam, les femmes à pétrir les pâtes à galette avec leurs grands bâtons. Les enfants l'entraînèrent dans leurs jeux et leurs bêtises, les adolescents veillaient sur eux. Son père lui apprit à manier la lance, la machette et le bouclier, sa mère à tisser, coudre et patienter. Tant de choses, tellement de choses. Dini apprit la mort lors de sa première chasse à la gazelle à l'âge de quatre ans, la vie lors de la naissance de sa sœur Madou alors qu'il n'avait que cinq ans, l'amour quand ses quatre autres frères et sœurs virent le jour à l'aube de ses dix ans. Dini en apprit tant et désirait toujours en apprendre. Curiosité grandissante, intérêt malicieux. Le garçon voulait tout voir, tout savoir. Ce qui ravissait son père. « Tu feras un grand chef. » lui disait-il souvent. Même très souvent.

Mais chef, jamais Dini le fut.



Mars 1750


Ciel gris. Épais nuage. Vent glacial. Une journée étrangement froide et oppressante. Une sensation bizarre muant dans la gorge. Dans un coin du village, Dini écoutait ses amis d'une oreille, son esprit étant ailleurs. Il y avait quelque chose d'étrange dans l'air. D'inhabituelle. D'inquiétant. Quelque chose se préparait. Quelque chose les menaçait.

Et soudain, le monde changea.

Des hommes en noir. Sur des chevaux noirs. Et des lames brillantes au poing. Des dizaines d'hommes, hostiles et menaçants, entrèrent dans le village sans même se préoccuper de ses habitants. Leurs yeux emplis de mépris les observèrent avec dédain, leurs chevaux se dirigeant jusqu'à la cahute du chef. Dini les regarda, les fixa, puis frissonna. Son être tout entier fut en alerte. Ils ne devaient pas être là. Il fallait qu'ils partent. Vite. Très vite. Course folle. Souffle court. L'adolescent laissa son corps parler pour lui, se rendre jusqu'à la cahute où l'un des hommes en noir parlait avec son père. Discussion qui se changea en dispute puis en cris de guerre. Les hommes hurlèrent. Les siens hurlèrent en retour.

Et le destin se moqua d'eux.

Le temps défila si vite. Beaucoup trop vite. Le ciel se mit à déverser ses larmes sur le village, comme pour laver ses fous de leur péché. Mais il était trop tard. Le sang avait coulé, la mort avait frappé. Dini n'eut même pas le temps de comprendre que son père se retrouva au sol, le liquide rouge coulant de son front. Un cri de désespoir résonna dans sa bouche, se transformant en hurlement de rage. Un cheval tomba sur son passage, un homme mourut sans qu'il s'en rende compte. Et il se retrouva alors près du corps de celui qui l'avait élevé. Dini ne se rendit même pas compte que lui aussi pleurait. Les nuages le faisaient tellement, effaçant le sang sur le corps de son père. Mais c'était trop tard. La mort venait le chercher. Il était trop tard. « Sois fort mon fils. Pour notre village... pour notre famille. » Fort ? Comment pouvait-il être fort ? Son père mourrait dans ses bras. Non, il était mort. Fort... fort. Dini ne voulait pas être fort. Il voulait être vengé. Il voulait la vengeance. Hélas, le destin ne lui lança pas cette chance.

Un homme frappa sa nuque avec violence, le faisant vaciller. Image floue. Sensation de vide. Noir total.

C'était vraiment un mauvais jour.



Avril 1750, sur les eaux de l'océan Atlantique


L'odeur du sel était forte, bien plus forte que celle du bois humide et de l'huile qui couvrait son corps nu. La chaleur était désagréable, bien plus que dans la savane et le roulis des vagues écœurant. Un peu plus loin, un enfant lâcha son maigre déjeuner près de son frère qui l'imita, au grand désarroi de leur mère désolée. Sale journée, comme toutes les autres.

Ambiance tamisée et odeur dérangeante. Presque un mois qu'ils voguaient vers une destination inconnue, dans cette cage de bois sombre. Un mois depuis ce fameux jour tragique. Dini avait eu beaucoup de mal à se souvenir de tout, le coup que l'homme lui avait donné ayant bouleversé ses pensées. Il lui avait fallu du temps pour comprendre, avant d'être désemparé et enragé. Des esclaves. On avait fait de lui et des siens des esclaves. On les avait vendu à d'autres hommes à la peau blanche, comme s'ils n'étaient que du vulgaire bétail. Dini avait crié, frappé, grogné, sans succès. On l'avait attaché, ferré, enchaîné. Tel un prisonnier. Puis on l'avait mis dans une cale, avec des dizaines d'autres, des centaines d'autres avant d'entreprendre le voyage.

Des jours qu'il enrageait dans son coin. Des semaines qu'il ne supportait plus leur condition. Les heures s'écoulaient et sa colère grossissait. Les minutes défilaient et son inquiétude s'amplifiait. Esclave. C'était ce que lui et les membres de son village étaient devenus. Mais il n'avait pas vu sa mère. Ni ses frères. Ou ses sœurs. Il n'avait pas vu les hommes qui partaient à la chasse, les femmes qui préparaient les repas. Les enfants qui jouaient près de leur cahute. Il n'avait vu personne. Il était seul.

Les avaient-ils tué ? Dini n'osait y penser. Il préférait se dire qu'ils avaient été éparpillés sur plusieurs bateaux et qu'ils étaient également en mer, pour une destination où leur liberté allait mourir à tout jamais.

Journée interminable. Odeur de sel. Bruit des vagues. Dini ne prit pas la peine de s'extasier devant cette grande étendue bleue en mouvement, semblable au ciel. Ni à ces voiles gigantesques qu'il n'avait jusqu'alors jamais vu. Ni même à ces animaux étranges et gris qui frôlaient les flans du bateau. Non. Dini ne retint que les jours de pluie violente qui les retenaient dans la cale, à l'odeur nauséabonde de leurs excréments qui se renversaient sur le sol quand les roulis de la mer étaient trop forts. À la crasse qui couvrait leur corps après avoir passé plusieurs jours dans le pont, aux morts qui ne purent supporter le voyage et leurs conditions. Dini ne put retenir que cela, que ces horreurs qui alimentèrent sa rage et sa colère. Puis ils arrivèrent enfin à terre.

Sur ces terres où on lui retira presque tout.



Mai 1750, Martinique


Des plages de sable fins. Des cocotiers et des palmiers qu'il voyait pour la première fois. Des centaines d'hommes blancs, aux cheveux blancs et aux vêtements étranges.

Ainsi, voilà à quoi ressembler l'enfer.

On les sortit tous de la cale, jeta à la mer les corps sans vie et firent descendre les vivants du bateau. On les lava, les couvrit d'huile de palme et les poussa jusqu'à une grande estrade en bois un peu plus loin sur le port. Dini voulut résister, se battre, se rebeller. Mais les armes étranges de ces hommes l'empêchaient de faire quoi que se soit. Ils les avaient vu un jour, abattre un homme qui avait tenté de s'échapper. Un bruit rugissant comme le tonnerre était sorti du bout de bois et avait fait saigné l'homme qui mourut sur le pont, son sang s'écoulant sur le sol. Dini ne pouvait pas mourir. Il voulait résister mais ne pouvait pas mourir. Il devait retrouver les siens, retrouver sa famille. Mort, il n'arriverait à rien.

Alors, il se laissa faire, de mauvaise grâce. On le fit monter sur l'estrade avec d'autres, devant la foule d'hommes blancs et les hommes se mirent à crier dans tous les sens. Le vendeur joua dans ses courts cheveux noirs légèrement bouclés, frappa sa peau basanée comme on frappe une peau de bête, montra ses dents blanches et tata ses muscles finement développés. Il le présenta comme un vulgaire objet et tous ces gens en bas de l'estrade continuèrent de crier. Dini ne comprit rien, mais ne fit rien. Il attendit, grimaçant, espérant secrètement que la foudre tombe sur tous ses fous et le libère.

Mais la foudre ne tomba pas.

Un homme d'âge mûr s'approcha de lui, les autres ayant arrêté de crier. Il le poussa et le mena jusqu'à un autre accompagné d'un homme à la peau foncée comme l'ébène. Le blanc parla sans qu'il ne comprenne, ses lèvres bougeant et émettant un son rauque. Dini fronça les sourcils, incertain quand on tira ses chaînes et le mena sur un chemin. Il ne comprenait rien, ne saisissait pas mais resta de marbre, froid comme la glace et silencieux comme la nuit. Si il se rebellait, on lui prendrait la vie et sans elle, il ne pourrait retrouver les siens. Alors autant abandonner sa liberté.

Si seulement il avait pu se méfier de ce qui allait lui arriver.



Juillet 1753


Plus de trois ans après sa vente. Trois ans passés dans une petite cabane près d'une riche maison, près de la mer et de la forêt. Trois ans d'esclavage et de misère.

Trois ans dans un pur enfer.

À son arrivée, Dini fut emmené par l'homme noir qui le mena jusqu'au quartier des esclaves. Il lui retira ses chaînes, lui donna des vêtements et lui expliqua calmement la situation. Son nom était Martin. Tout du moins, le nom que son nouveau maître lui avait donné. Il était plus âgé et avait toujours été esclave. Il parlait cependant la même langue que lui et il devait lui apprendre tout ce qu'il devait savoir pour vivre correctement sa nouvelle vie. Dini écouta, s'indigna, maugréa mais accepta sa condition. On lui avait pris sa liberté et à présent, cet homme lui prenait également son nom. Toulouze qu'on allait l'appeler. Toulouze. Son nom d'esclave. Ce nom damné.

Plus tard, on l'emmena près d'une écurie où un nouvel homme blanc marqua une fleur de lys au fer rouge, sur le flan gauche. Dini réussit à ne pas s'évanouir de douleur, ni à crier sous celle-ci. Jusqu'à ce que l'homme le frappe. C'était qu'il était irrespectueux Dini et n'aimait pas qu'on lui donne des ordres. Cela lui posa problème pendant plusieurs semaines, de très longues semaines durant lesquelles il passait plus de temps à interroger les autres esclaves pour retrouver les siens qu'à travailler dans les champs. Il avait pourtant été puni, fouetté, lynché. Sans succès. Il continuait son manège, tel un cheval sauvage. Cherchant la liberté. Cherchant sa famille. Quand le maître décida que ce serait les autres qui seraient puni à sa place. Dini se calma bien vite et se plia aux règles, ne voulant pas créer de problèmes aux autres esclaves.

Et il perdit alors vraiment tout.

Le vide se creusa dans son cœur et dans sa tête. Dini devint un esclave, certes un peu difficile, mais bien plus conciliant que lors de son arrivée. Il apprit à parler français, faire la révérence, à s'incliner et passer la plupart de ses journées dans les champs de coton du maître. Le soir, il dînait avec Martin et sa sœur Olive qui l'avait également aidé, lui avait appris la langue des esclaves, les mœurs et les coutumes de l'île où ils habitaient. Pourtant, leur compagnie ne comblaient pas ce trou dans sa poitrine. Dini voulait voir ses frères. Il voulait voir ses sœurs. Il voulait voir sa mère. Il voulait voir Madou. Madou, sa chère petite sœur. La plus forte et la plus généreuse de toute. Sa confidente et sa complice. Il espérait que l'on ne lui avait pas fait de mal à sa Madou.

Mais il aurait mieux fait de se soucier de lui.

Il peut se passer beaucoup de choses en trois ans. Les esclaves devenaient de plus en plus teigneux, plus indisciplinés. Ils voulaient se soulever, retrouver leur liberté. Dini entendit leur chant à travers toute l'île, le son de leurs tambours, les cris de leurs cœurs. Et il ne put qu'y répondre. Olive tenta de l'en dissuader, Martin également et d'autres aussi. Mais les rebelles étaient trop nombreux. Dini partit avec eux, retrouvant temporairement un semblant de liberté. Caché dans la forêt, ils organisèrent une révolte, un coup que les maîtres ne pourraient pas prévoir.

Cependant, le destin était contre eux.

Un soir, des chevaux encerclèrent leur campement. Les blancs les avaient trouvé. Ils étaient là, armés de leurs fusils et accompagnés de leurs chiens. Ils venaient les chasser. Beaucoup d'anciens esclaves tentèrent de fuir mais se virent abattre. D'autres réussirent à s'échapper du campement mais furent rattrapés par les chiens affamés qui les mordaient jusqu'à ce qu'ils ne bougent plus. Mais Dini, lui, vécut bien pire. Après avoir couru dans la forêt, s'être battu contre des blancs, un groupe réussit à l'encercler. Leurs chevaux le firent tomber, quand plusieurs d'entre eux mirent pied à terre et commencèrent à le frapper. Dini entendit des cris, des rires, le hennissement des chevaux, le bruit de leurs sabots. La douleur était telle qu'il n'arrivait même plus à se plaindre, ses mains protégeant maladroitement sa tête qu'ils étaient en train de frapper. Quand tout devint noir, comme lorsque l'on plonge dans un sommeil sans rêve.

Mais c'était un sommeil duquel il n'allait jamais se réveiller.



Plus tard, Tokyo des Morts

« ♀☻  Ø○Æ◄#♥️  ╦>^  ╩>  ☻¤  ˨♥️®️¡ > ►A#@ x♪º▬ .»


Douleur atroce. Mot de tête insupportable. C'était comme si sa tête était passée sous les sabots d'une dizaine de chevaux et la lumière des bougies dans la pièce n'arrangeait rien à son mal de crâne.

Une chanson étrange. Une voix qui grésille. Des ombres qui dansent. Le jeune homme ne comprend pas. Son corps entier lui faisait mal, sa vue était trouble, ses pensées embrouillées. Où était-il bon sang ? Qu'était-ce donc que cet endroit ? Il ne se souvenait pas être entré dans cette pièce sombre, où sur les murs virevoltent des ombres d'hommes. Il ne se souvenait pas le pauvre garçon. Il ne se souvenait pas...

Les ombres caressaient le mur, créaient des images, redessinaient une scène. Des chevaux, des hommes armés, un garçon au sol. Ils le frappaient le pauvre, sans relâche ni fatigue. Puis un cheval lui passa dessus, puis un autre. Et tout s'arrêta. Effroi. Le garçon trembla, ne saisit pas. La voix dans la pièce s'approcha de lui, lui parla dans une langue qu'il ne connaissait pas. Il vit ensuite l'homme à qui appartenait cette voix, ses yeux noirs le fixant étrangement. Il le dérouta, le fit s'interroger quand soudain le garçon le bouscula, lui cria dessus, le secoua. Puis tout devint plus clair.

Le garçon s'enfuit. Il sortit de la pièce, parcourut un couloir, descendit des escaliers puis quitta d'un bâtiment. Il courut le jeune homme, perdu, désemparé, apeuré. Il courut, demanda de l'aide, chercha quelqu'un qu'il pourrait comprendre et avec qui parler. Mais la foule dans la rue le regarda bizarrement. Ils l'ignorèrent, ou le poussèrent. Tous ces gens ne s'occupèrent pas de lui, le laissèrent dans ce qui leur semble être un délire, le prenant pour un fou. Ils passèrent leur chemin. Des dizaines de gens, des milliers de gens. Voire plus. Mais lui avait besoin d'aide. Juste un peu d'aide.

Une ruelle sombre, à moitié déserte. S'étant arrêté de courir, le jeune homme se cala contre un mur et plongea les mains dans son visage. Il eut envie de pleurer, de hurler. Des brides de souvenirs lui revenaient, le firent frissonner, le firent enrager.

Ils l'avaient tué.

Ces hommes à cheval. Ces ombres. Ils l'avaient tué. Il avait tenté de s'enfuir le jeune homme, de sauver sa vie, mais il avait échoué. Il était mort. On l'avait tué.

« ♪¤ ! »

Une femme, à la voix claire, aux yeux violets brillants, à la chevelure vert pomme. Le garçon se recula, impressionné et troublé. Des cheveux verts. Où était-il tombé ? Était-ce l'enfer ? Ce ne pouvait être le paradis. Mais l'enfer, il y avait déjà vécu.

Elle lui sourit, doucement, tendrement et lui tendit un flacon contenant un liquide pourpre. Le garçon ne comprit pas, se méfia un instant mais elle paraissait si douce, si gentille. Elle semblait vouloir l'aider. Alors il prit le flacon et en avala le contenu. Le liquide brûla sa gorge, le fit tousser mais comme par miracle, il comprit les mots que la femme lui disait.

« Ça va mieux ? »

Si ça allait mieux ? Comment pourrait-il aller mieux ! Il était mort. Il était mort !

« Comment t'appelles-tu ? »

Son nom ? Son nom... Maux de tête. Frissons. Il se prit la tête entre les mains, retint un cri de souffrance avant de recracher le contenu de son estomac. Son nom. Quel était son nom ? Il ne s'en souvenait pas. Il l'avait oublié. Cela devait être dû au choc. Apprendre sa mort lui avait fait oublié presque tout. Jusqu'à son nom. La seule chose qu'il savait était qu'il devait retourné là-bas. Il devait aller aider les autres. Parce qu'il y en avait d'autres à sauver.

« Je vais t'aider. »

Deux billes violettes, tendres et bienveillantes. Elle allait l'aider. Elle désirait l'aider. Il se sentit soulagé, moins seul, moins apeuré. Elle l'aida à se relever et l'emmena avec lui. Elle le mena jusqu'à une boutique et l'installa dans un lit. Elle lui dit de se reposer et ce fut ce qu'il fit. Il se reposa, dormit sur les draps mauves à pois. Et au matin, quand le soleil se leva sur ce monde empli de morts, il se souvint d'une chose. Une chose qui le définissait mais qui lui arracha un grognement de rage. Un prénom. Son prénom. Ou plutôt, celui que son maître lui avait donné.

Il s'appelait Toulouze et avait été tué.



???? 1828, quelque part près de Tokyo


La pièce tanguait. Comme bien souvent. Une odeur de prune flottait dans l'air, un nuage jaune caressait le plafond. Et lui, assis par terre et collé contre le lit, regardait ce spectacle étrange.

Il était dans sa chambre. Ou plutôt, la cave. Il ne savait plus. Il ne se souvenait pas. Sa tête était lourde, il voulait dormir, il voulait partir.

Pars Toulouze. Pars !

Une porte s'ouvrit et une belle jeune femme entra. Ses longs cheveux verts tombaient dans ses reins et devant ses seins, le sourire enjôleur qu'elle arborait attirant le garçon. Portant un plateau rempli de vivres, elle s'approcha de lui et s'assit à ses côtés, l'embrassa sur la tempe et lui tendit un flacon. Sans chercher à comprendre, Toulouze s'en saisit et en but le contenu, celui-ci brûlant sa gorge. Cependant il ne s'en formalisa même pas. Il était habitué.

Ne lui fais pas confiance. Pars ! Pars !

Sa vision devint floue, des larmes coulant sur ses joues. Il entendit la jeune femme rire un peu, le regarder avec dédain, puis partir en laissant son plateau. Toulouze cria, la douleur le clouant au sol. Il cracha, saigna, pleura. Mourir. Il voulait mourir.

Pars ! Pars !

Depuis combien de temps était-il là ? Il ne se rappelait même pas. Il oubliait tout le temps. Il était rare que Toulouze ait des moments de total lucidité depuis que cette femme l'avait trouvé. Sa mémoire était pareille à un énorme puzzle plein de trous qu'il tentait difficilement de rassembler. Mais à chaque fois, elle revenait et lui faisait à nouveau oublier d'une façon qu'il ignorait. Jamais Toulouze n'avait le temps de faire le point, de se rendre compte de tout. Il restait coincé dans cette cave, cobaye de cette folle qui s'amusait à le tromper. Elle allait l'aider qu'elle avait dit. Elle le ferait revivre qu'elle avait dit.

Mais elle avait juste réussi à le manipuler.

Il devait partir. Il fallait partir. Mais ses jambes n'arrivaient pas à le porter. Il allait rester là jusqu'à la fin, jusqu'à l'éternité. Il était piégé.

Et pourtant...

« Va-t-en... » que lui disait sa conscience. « Va-t-en !!! » Dans un sursaut de clarté, Toulouze quitta sa geôle, quitta la boutique, quitta sa prison. Il courut, le plus loin possible, le plus loin d'elle. Avant de se perdre quelque part dans un jardin. Il y resta des jours, caché dans des buissons. Il resta là, fouillant sa mémoire, cherchant ses souvenirs. Il resta là, des nuits et des jours avant de reprendre sa vie en main. Il se souvenait de sa vie d'esclave, il se souvenait de la rage, il se souvenait être mort. Mais il se souvenait surtout qu'il avait une chose à faire. Une chose très importante : retrouver les autres et les libérer de leurs maîtres sur cette île à l'autre bout du monde.

Mais il n'alla pas bien loin.

Le garçon quitta Tokyo, quitta le Japon, traversa la Corée avant de rencontrer des hommes de la même couleur que lui quelque part en Chine. Il leur posa des questions, leur demanda où étaient les autres. Cependant, ces hommes lui apprirent une étonnante vérité.

L'esclavage était finie. Tout le monde avait été libéré.

Toulouze ne sut pas vraiment si c'était de la joie qui le traversa à cet instant mais il trembla à cette nouvelle. Il s'extasia presque devant eux avant de leur demander où pouvait bien être les siens. Mais il s'arrêta.

Il ne se souvenait pas des siens...

Mémoire trouée. Souvenirs manquants. Esprit brisé. Toulouze ne se souvenait pas de sa famille, de ses amis, de ses compagnons. Il ne se souvenait même pas de son vrai nom. Comment pouvait-il les trouver avec une telle mémoire ? Il n'y arriverait jamais. Il fallait qu'il se souvienne, qu'il se rappelle. Il demanda de l'aide, parcourut des villes entières, des pays par dizaine. Mais personne ne réussit à faire revenir sa mémoire. Il ne rencontrait que des charlatans, des voleurs et des gens malhonnêtes. Des méchants. Comment pourrait-il retrouver la mémoire grâce à eux ?

Alors Toulouze abandonna. La fatigue aida, l'humeur aussi. Il n'en pouvait plus de ses potions en tout genre, de ses rituels de sorciers, de ses phrases toutes faites. Il en avait assez. Alors il cessa toute recherche et se dit que si quelqu'un souhaitait le retrouver, il y arriverait certainement mieux que lui. Seulement, si il venait à le trouver, Toulouze ne risquait pas de se souvenir d'eux.

Alors pourquoi chercher ?



De nos jours, Tokyo

« Dégages de là gamin. »


L'adolescent voulut pleurer et hurler mais n'en fit rien, le zombie en fasse de lui se montrant trop menaçant. Il se détourna alors, les yeux larmoyant et quitta la ruelle sombre et sale où il avait trouvé cet homme odieux et froid. Il se perdit dans un quartier, alla pleurer dans un coin et abandonna l'idée de revoir un jour sa mère adorée.

Bien des années étaient passées. Toulouze avait bien changé. Tout comme le monde qui l'entourait. Les petites maisons traditionnelles avaient laissé place à de nombreux tours et buildings, les téléphones portables et les mails avaient remplacé les tam-tams, les lettres et les signaux de fumée. La population, du côté des morts comme des vivants, n'avaient cessé d'augmenter. Mais la colère, la rage et l'amertume, elles, ne l'avaient jamais quitté. Elles étaient restés là, cachées dans sa poitrine et le clouaient souvent plus bas que terre, dans un endroit où la fureur et le désarroi le torturaient. Toulouze avait pourtant bien conscience que le monde avait changé, que les gens avaient changé. Et il s'était adapté, enfin, il avait essayé.

Il avait essayé d'accepter sa mort et ce qu'il était devenu. Accepter que le monde des vivants ne lui était plus accessible et qu'il devait vivre sur cette Terre semblable à cette qu'il avait connu. Toulouze avait eu du mal à s'accoutumer à tout cela, à voir les environnements changer, la technologie évoluer, les mentalités s'adapter. Il rencontra des chimères furieuses et fières, des nécromanciens au mœurs étranges, des vampires peu regardant sur leurs pratiques. Il découvrit l'homosexualité, des gens au corps modifié, des personnes qui ne se formalisaient pas d'aimer un être ou un autre. Bien malgré lui, Toulouze se retrouva au milieu d'informations changeantes, d'envies insoupçonnées, de rencontres parfois fortuites et plaisantes. Mais bien que ses propres avis et habitudes aient changé, lui avait toujours du mal à se faire à tout cela.

Accepter sa mort avait été une chose. Mais accepter celle des autres en étaient une autre. Toulouze avait essayé de se dire qu'il ne les reverrait peut-être jamais malgré le fait qu'ils soient eux aussi morts, qu'il y avait des chances qu'ils ne les retrouvent pas ou ne les reconnaissent pas. Mais comment accepter d'avoir tout perdu et de ne même pas se souvenir des siens ? De ne pas se rappeler leurs visages, leurs voix, leurs noms ? Toulouze avait du mal, beaucoup de mal à accepter. Sa vie était pire qu'un puzzle à peine commencé, les seules choses que sa pauvre mémoire avait retrouvé ne lui permettait pas de se lancer à leur recherche. Il se souvenait d'avoir vécu dans un village africain sans savoir dans quel pays, d'avoir eu des frères et sœurs mais sans savoir combien. Il se souvenait d'avoir appris à manier la lance, à parler français et créole et à chasser la gazelle. Mais le reste... le reste n'était comblé que par de la rage et des souvenirs douloureux.

Toulouze se rappelait de sa vie d'esclave. Du moins, les grandes lignes. Il se souvenait que son village avait été attaqué, qu'il avait été emmené et séparé de sa famille. Il se souvenait des galères, de l'odeur de la mer et de la crasse collant à sa peau. Il se souvenait de la brûlure du soleil alors qu'il était dans les champs de coton, des longues journées de travail. Mais surtout, ils souvenaient des coups de fouet, des insultes, des remarques et moqueries. Il se souvenait du mépris que ces maîtres lui portaient, de la façon dont ils le traitaient. Comment la haine pouvait-elle disparaître de son cœur ? Même après toutes ces années, après l'abolition de l'esclavage, les guerres et les réconciliations ? Il avait essayé Toulouze, de leur pardonner, de les voir autrement. Mais jamais il n'avait réussi. Après tout, c'était des hommes à la peau blanche qui lui avaient pris la vie, qui lui avaient TOUT pris. Comment pouvait-il leur pardonner ? Il ne savait même pas.

Pourtant le monde avait tant changé. Les gens paraissaient plus aimables, plus ouverts dans le monde des morts. Cela ne l'empêchait pas de se méfier. Toulouze avait rencontré tellement de personnes tentant de le tromper, en commençant par cette nécromancienne aux longs cheveux verts. C'était l'une des seules choses dont il arrivait à se rappeler d'elle, ses longs cheveux vert pomme et son sourire d'ange. Elle l'avait totalement détraquée, la bougresse. L'avait brisé. Elle lui avait pourtant dit qu'elle ferait tout pour l'aider mais à la place, elle l'avait utilisé. Comme cobaye et animal de compagnie. Pour tester ses potions et également assouvir ses envies. Toulouze n'avait que de vagues souvenirs flous, envahis de brumes jaunes et d'odeurs de groseille. Il revoyait les potions, les plateaux couverts de fraises ou de morceaux de pain aux noix. Il s'entendait parler thaï, suédois, japonais et anglais après qu'elle lui ait fait prendre plusieurs breuvages. Il ressentait encore la douleur des effets secondaires, dans ses membres et sa tête. Il se rappelait la douceur de sa peau quand elle se collait contre lui, de son désir malsain quand elle montait sur lui. Il se rappelait sa zombification, la parfum de la mort qui émanait de lui et le regard désolé de sa geôlière.

Comme si elle en avait vraiment eu quelque chose à faire.

Il était sorti de cette cage dorée complètement fissuré, que se soit au sens figuré ou littéral. Le jeune homme ne comprit pas tout de suite sa condition, une partie de lui souhaitant toujours retourner dans le monde des vivants alors qu'il sortait à peine de sa prison. Seulement, un nécromancien lui apprit qu'il n'y avait pas de retour possible. Et qu'il était déjà trop tard. Rage. Encore. Puis vint les crises. Des crises incontrôlables. Et les cauchemars et les hallucinations. Insupportables. Et enfin la douleur et la peine. Presque insurmontables. Toulouze dut faire face à un besoin grandissant de potions, qu'elles soient bénéfiques ou non. Du moment que ça le calmait. Puis il dut faire face à des rêves emplis de morts et de cadavres qui le réveillaient à n'importe quel moment du jour ou de la nuit. Et ce manque, ce trou dans sa poitrine. Ce vide qu'il ne savait pas comment combler. Qu'il ne réussit jamais à remplir.

Il lui fallut du temps. Plus d'un siècle pour comprendre et apprendre. Accepter et avancer. Accepter son nouveau corps de zombie, modifié et différent de celui que ses parents lui avaient donné. De faire avec ses cheveux à présent bleu comme la nuit et ses prunelles marines comme le fond des océans. Sa peau n'avait pas réellement changé, bien qu'il ait été transformé. La nécromancienne avait certainement dû lui donner une potion pour lui donner une apparence respectable. Mais elle n'avait rien pu faire contre son odeur.

Comprendre ses cauchemars. Analyser ses hallucinations. Les canaliser. Toulouze vagabondait de villes en villes, de quartiers en quartiers, sans jamais réellement se poser. Il ne voulait pas interagir avec les gens, il ne voulait pas les voir et il ne voulait pas les déranger. Ses cauchemars le rendaient exécrable, violent, détraqué. Voir la mort le rendait parfois fou de tristesse ou remplis de fureur. Quant un jour, il découvrit d'où venaient ses songes : c'était réellement des personnes qui mourraient. Ou plutôt, qui allaient mourir. Toulouze l'apprit un soir alors qu'il dormait dans un hôtel crasseux de Séoul, dans les bras d'une chimère à la fourrure de loup. Il se remémorait parfois ses paroles, sa voix suave et la chaleur de son poil mais il se souvenait surtout du cauchemar qu'il avait fait, de la terreur qui l'avait habité. De l'incompréhension et de l'effarement. Grâce à elle, le jeune homme apprit qu'il pouvait contrôler ce pouvoir et cela lui prit soixante-douze ans de sa vie de défunt et lui permit d'en faire son boulot.

Mais en plus d'un siècle, même avec de la bonne volonté, Toulouze n'avait pas réussi à reconstituer sa mémoire trouée. Ni à pardonner à ceux qui lui avaient volé sa liberté. Ou encore à étancher sa soif grandissante. Il restait un puzzle mal fichu qui continuait de perdre des pièces à longueur de temps. Toulouze oubliait les gens, les lieux, les noms sans pouvoir rien y faire. Mais toujours sur de courtes périodes. Certaines de ses journées étaient totalement effacées le lendemain. Le plus souvent, ce n'était que quelques heures, mais c'était suffisant pour qu'il ait du mal à se remémorer quelqu'un ou quelque chose. Il lui fallait tout noter quelque part et relire sans cesse les pages couvertes de gribouillis pour constituer un semblant de souvenir. Il finissait alors par se rappeler des choses mais après beaucoup d'heures difficiles. Puis, grâce aux nouvelles technologies, il put se fournir un portable dernier cri où il écrivait tout et qui ne le quittait jamais. Tout comme sa flasque et sa montre.

Si au bout de six heures environ, Toulouze ne buvait pas de potions -diluées ou non- il pouvait tout simplement devenir fou furieux. Malheur à ceux qui se trouvaient sur son chemin en ces instants, bien qu'il ne choisissait pas de les entraîner dans sa folie. La plupart du temps, les potions qu'il buvait avaient les mêmes effets que de la drogue, mais en bien plus puissant. Toulouze avait tout essayé pourtant : l'alcool, la cigarette, la drogue. Mais seules les potions de ce type le calmaient... quand elles ne le plongeait pas totalement dans un état second. Il lui fallait donc boire et c'était pour cette raison qu'il acheta cette gourde, pour toujours en avoir sur lui. Parfois, une gorgée suffisait mais la plupart du temps, le contenu de sa flasque finissait dans son estomac en moins de deux secondes. Un véritable ivrogne. Un camé. Et pour la remplir, Toulouze dealait bien souvent avec la race de spectre qu'il détestait le plus : les nécromanciens. Il lui arrivait même de leur servir de cobaye, comme lorsqu'il était encore enfermé dans sa cave. Mais en échange d'argent, bien évidemment. Car rien n'était gratuit avec Toulouze et c'était un sacré radin. Si quelqu'un lui voulait quelque chose, il avait intérêt à sortir son porte-monnaie. Et ce ne fut hélas pas le cas de ce pauvre gamin.

Le zombie regarda sa montre avant de prendre sa flasque et en boire le contenu d'une traite. Un grognement lui échappa, la potion mélangée au seul soda qu'il pouvait ingurgiter lui brûlant la gorge. Ce môme, à peine sorti de l'agence des morts, l'avait trouvé pour savoir dans combien de temps il pourrait retrouver sa mère mourante. Mais le pauvre gosse n'avait pas l'argent nécessaire pour bénéficier d'une telle information. Vingt petits Ossements de rien du tout. Comme si Toulouze se coltinait des migraines à estimer la date de mort d'un vivant pour si peu. Certes, il utilisait son pouvoir pour en faire son métier et accessoirement aider les gens mais cela ne voulait pas dire qu'il faisait les choses par charité. Et ce, encore moins pour les occidentaux.

Le ciel du soir commença à s'installer, le jeune homme s'asseyant sur le sol alors que les effets de la potion l'enivraient. Toulouze allait dormir là, comme bien d'autres nuits. Puis il ira marchander avec un nécromancien pour en avoir une nouvelle Peut-être passerait-il s'acheter du Ginger Ale quelque part avant de rentrer à son appartement prendre une douche pour ensuite repartir vagabonder. Sur le chemin, peut-être rencontrera-t-il une femme à la peau douce pour passer un moment avec elle. Ou un homme, qui sait. Au final, il oublierait de les avoir embrasser.

Somnolant, le jeune homme se demanda un moment s'il se souviendrait de sa journée le lendemain, ses paupières se fermant tandis que son corps s'étalait sur le bitume froid. Mais cela avait-il une réelle importance ? Sa vie n'était pas si bien, pas meilleure que l'ancienne. Alors à quoi bon se souvenir...

Et dire qu'on lui avait pourtant dit de s'amuser le premier jour où il était débarqué. Mais ce n'était pas sûr qu'une telle chose arrive un jour...


derrière l'écran
PRÉNOM : Appelez moi Queen
AGE : 24 balais
COMMENT T'AS TROUVE LE FORUM ? J'y étais déjà
Le smiley que tu préfères ici ?
Tes mangas préférés ? La liste est trop longue. On en reparlera


©️joshua rokuro pour peek a boo!

#2 le 05.02.17 0:39

avatar
× Evolution :
× Image : × Age de la mort : 18 Masculin
× Age post-mortem : 193
× Avatar : Greed/Lin Yao - FMA
× Pouvoir : absolu /PAN/
× Logement : (à venir, je suis sdf présentement)
× Métier : Roi ♛
× Communication : (portable à venir)
× Péripéties vécues : 3384
× Øssements 1535
× Age IRL : 21 Féminin
× Inscription : 08/02/2014
× Présence : complète
× Surnom : le koala
× DCs : Luap Jones
Monseigneur Jojo roi des lémures et dragon des archives
http://peekaboo.web-rpg.com/t9-joshua-o-je-m-aime-quel-talent#14 http://peekaboo.web-rpg.com/t68-j-suis-grave-open-liens-rps-de-joshua#page-body http://www.peekaboo-rpg.com

Feuille de personnage
× Degré d'amusement:
38/15  (38/15)
× Evolution :
× Image : × Age de la mort : 18 Masculin
× Age post-mortem : 193
× Avatar : Greed/Lin Yao - FMA
× Pouvoir : absolu /PAN/
× Logement : (à venir, je suis sdf présentement)
× Métier : Roi ♛
× Communication : (portable à venir)
× Péripéties vécues : 3384
× Øssements 1535
× Age IRL : 21 Féminin
× Inscription : 08/02/2014
× Présence : complète
× Surnom : le koala
× DCs : Luap Jones
Monseigneur Jojo ♛ roi des lémures et dragon des archives
AZY REBIENVIENDU QUEEN T
Invité

#3 le 05.02.17 0:51

avatar
Invité
Toi!! Oublie pas qu'il nous faut un lien vue notre ressemblance l'ancêtre!
Invité

#4 le 05.02.17 9:34

avatar
Invité
HANNNNNNNN AOMINEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE **

rebienvenue Hate de lire ta fiche ~

#5 le 05.02.17 10:11

avatar
× Evolution :
× Image : × Age de la mort : 12 Masculin
× Age post-mortem : 20
× Avatar : yukine ☆ noragami
× Pouvoir : télékinésie.
× Appartement : Pucca
× Métier : vendeur de potions truquées.
× Communication : x
× Péripéties vécues : 2672
× Øssements 82
× Age IRL : 17 Féminin
× Inscription : 14/01/2017
× Présence : réduite
× Surnom : la papaye
× DCs : (laughs in ukrainian)
(despite everything, it's still y o u)
http://www.peekaboo-rpg.com/t1289-mikhail-chernenko

Feuille de personnage
× Degré d'amusement:
17/100  (17/100)
× Evolution :
× Image : × Age de la mort : 12 Masculin
× Age post-mortem : 20
× Avatar : yukine ☆ noragami
× Pouvoir : télékinésie.
× Appartement : Pucca
× Métier : vendeur de potions truquées.
× Communication : x
× Péripéties vécues : 2672
× Øssements 82
× Age IRL : 17 Féminin
× Inscription : 14/01/2017
× Présence : réduite
× Surnom : la papaye
× DCs : (laughs in ukrainian)
(despite everything, it's still y o u)
Rebienvenuuuue ♥️ J'aime beaucoup beaucoup ton faceclaim même si je n'ai toujours pas commencé knb je suis une honte /s'enterre

Et cette fiche est trop vide, je veux en savoir plus !
Afficher toute la signature
Réduire la signature


Invité

#6 le 05.02.17 10:35

avatar
Invité
Bienvenuuuuue ! (encore oo)

Dépêche de finir ta fiche, on a hâte de la lire
Invité

#7 le 05.02.17 10:47

avatar
Invité
Huhu (re)rebienvenue

Je réserve déjà un lien avec toi è.é
Invité

#8 le 05.02.17 11:51

avatar
Invité
ILEYBO TON DC ETSUCHOU demon
Rebienvenue potit chat, compte sur moi pour stalker ta fiche !
Invité

#9 le 05.02.17 12:23

avatar
Invité
Rebienvenue
Quand je vois Aomine et les personnages de KnB, ça me rappelle le retard que j'ai accumulé :<
( et un angolais , mais il ne parle pas portugais ? :o )
En tout cas bonne chance pour ta fiche !

#10 le 05.02.17 14:28

avatar
× Evolution :
× Image : × Age de la mort : 24 Féminin
× Age post-mortem : 68
× Avatar : OC/Fanarts - Kuvshinov Ilya / OC - Chickens&pies
× Pouvoir : Contrôle les émotions - Accède aux pensées et souvenirs
× Croisée avec : Shirley ლ(´ڡ`ლ)
× Logement : Viens me rendre visite petit coquin c:
× Métier : Mangemort - Thérapeute clandestin - Professeur d'arts martiaux
× Communication : Portable - Deathbook
× Péripéties vécues : 1583
× Øssements 1003
× Age IRL : 25 Féminin
× Inscription : 21/12/2016
× Présence : actuellement absent(e)
× Surnom : le cockatiel
× DCs : Eressëa Qorwyn, Sen Ashitaka
Forever Eulone ~
http://www.peekaboo-rpg.com/t1218-ael-shanks http://www.peekaboo-rpg.com/t1260-le-carnet-d-ael#22064

Feuille de personnage
× Degré d'amusement:
100/100  (100/100)
× Evolution :
× Image : × Age de la mort : 24 Féminin
× Age post-mortem : 68
× Avatar : OC/Fanarts - Kuvshinov Ilya / OC - Chickens&pies
× Pouvoir : Contrôle les émotions - Accède aux pensées et souvenirs
× Croisée avec : Shirley ლ(´ڡ`ლ)
× Logement : Viens me rendre visite petit coquin c:
× Métier : Mangemort - Thérapeute clandestin - Professeur d'arts martiaux
× Communication : Portable - Deathbook
× Péripéties vécues : 1583
× Øssements 1003
× Age IRL : 25 Féminin
× Inscription : 21/12/2016
× Présence : actuellement absent(e)
× Surnom : le cockatiel
× DCs : Eressëa Qorwyn, Sen Ashitaka
Forever Eulone ~
Bienvenue toi

Afficher toute la signature
Réduire la signature


"Don't let anyone treat you badly because you're scared of losing them. Someone who comes in and out of your life isn't worth the stress. You are not a reflection of those who could not love you properly. You are a priority, not an option."
Even the smallest person can change the course of the future.