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#1 le 27.01.17 18:26

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Absynthe, Absynthe, tu erres aujourd'hui.
L'air est frais, un air soufflant légèrement. Un vent s'engouffre entre les feuilles, lentement, doucement, telle une caresse tu les voit se balancer ou s'envoler. C'est une tranquillité certaine qui perle alors que debout, immobile, tes orbes observent cet arbre dont les feuilles se meurent depuis quelques semaines. L'hiver va arriver, même en ce monde. Absynthe, tu connais bien l'hiver et tu l'aimes, malgré les corps qui jonchaient le sol par chez toi. Un fin sourire habille tes lippes finalement, un oiseau vient de se poser sur une branche. Peut-être que tu viendras leur donner à manger quand la neige repeindra ce monde. Eux aussi, ils ont eu droit à une deuxième vie et tu trouves cela très beau. C'est un cadeau qu'il faut protéger. Une joie s'enlise dans ton aura joviale, tu te sens bien aujourd'hui.

Absynthe, Absynthe, tu entends un bruit soudainement.
Dans ce calme léger, dans cette paix délicieuse, il y a ce bruit soudainement. Alors que tes orbes se fixent immuablement à cet oiseau si libre, si beau dans cette solitude agréable, tu détournes ton attention une seconde pour remarquer. Remarquer soudainement cette personne que tu songes être une femme au premier abord qui vient de tomber au sol non loin de toi. Un instant il y a l'hésitation, la surprise. Et des vêtements en lambeaux quand elle semble se redresser finalement. Tu t'approches avec entrain alors, t'accroupissant à ses côtés. « Vous allez bien ? Vous avez mal quelque part ? Mince, vos vêtements sont déchirés je crois ! » tu es un peu pressée dans tes mots, visiblement inquiété pour elle. Une sincérité des sentiments qui ne peuvent passer inaperçu dans cet instant.

Absynthe, Absynthe, tu tends la main pour l'aider.
Elle s'arrête à quelques centimètres, cette main que tu tends vers elle. Parce que tu juges que c'est une intrusion dans l'espace vitale bien trop osée pour une première rencontre. Peut-être que cette rencontre sera la seule d'ailleurs, on ne sait jamais. « Vous pouvez vous lever ? » il y a une douceur qui perle autour de toi à présent, Absynthe. Une douceur sereine envers cette fille qui vient de tomber. Probablement qu'elle s'est faite mal, sans nul doute d'ailleurs. « Je m'appelle Absynthe et vous ? » tu viens de songer que tu n'avais pas encore donné ton nom. Presque comme un réflexe de vie, tu songes toujours à le faire d'entrée. Parce qu'il est plus aisé de connaître le prénom de son vis-à-vis, plus sympathique également, n'est-ce pas . Et tu souris gentiment, enjouée, pleine de vie.
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#2 le 28.01.17 8:44

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Calme. Silence. Scrupule. Vêtu d’une robe abîmée par les vingt mètres de sa mort. Une routine qu’il goûtait, un plat mangé froid, sans saveur et sans nom, dans l’inconnu le plus total de la gastronomie qu’était la mort. C’était presque agréable de sentir son cœur battre au-delà de toute souffrance, de scruter les alentours et de voir ces regards indécis et indiscrets s’évaporer, s’écrouler, s’embourber dans la pénombre d’une âme perdue, froide, unanime peut-être à la solitude qui reviendrait moins brutale. Il percevait déjà les quelques frissons d’effroi de son étreinte de mauvais aloi sur sa douce peau de moye. Sa présence sournoise et obscure ainsi révélée resserrait son cœur et faisait couler ses larmes. Des larmes de braise, des larmes de désarroi qui rinçaient son visage de marbre sous la cascade noire et discrète de ses cheveux lâchés. Vulnérable comme jamais sous la clarté des jours et des nuits qui passaient sans la moindre trace.

Quel doux gazouillement. Il fermait les yeux et portait ses mains au cœur en laissant le sifflement percer son âme frêle comme du papier, allégeant ses pleurs en les guidant lentement vers l’agonie. Une goutte pour le visage, une larme pour la terre. La chaleur d’un chant enrobée du froid d’un hiver proche. Douce harmonie. De quoi oublier le tourment du vide qui le creusait. Ses paupières sèches se relevèrent, ses yeux gonflés et rougis scrutèrent le bel animal et ses plumes soyeuses, son petit bec criant ces belles notes, sa façon de vivre si peu commune aux humains, en se demandant pour la énième fois quels soucis pouvaient traverser leurs petites têtes adorables et parfaites.

« N-Ne t’en va pas ! » Ses doigts se tendirent vers le peu de réconfort qui déjà battait des ailes vers un horizon sûrement plus confortable. Un nid à lui, une famille chaleureuse et hospitalière. Peut-être que le jeune homme y serait accueilli. « Attends ! » Il s’élança à sa poursuite, une main levée vers ses plumes d’ange et de fleurs de printemps que l’hiver bientôt ternirait. Sa silhouette volante, déchaînée, mordant à pleine dents dans la liberté, se mélangeait au noir de ses prunelles alors qu’elles tentaient en vain de l’y garder. Sa course se fit plus rapide et plus envieuse. Plus rapide encore, tentant de battre des ailes qu’on lui avait arraché. Un ange incapable de voler, et c’est la décadence qui l’attend, un nouveau craquement de sa robe de lin dans sa chute et quelques écorchures sur sa peau de chérubin. Le sol se peignait de deux ou trois gouttes de sang.

Doucement, l’ange s’agenouillait et redevenait l’humain abattu et errant, tenant la fébrile bretelle cassée de son vêtement. Ce passage lourd entre le rêve et la réalité lui endurcit momentanément le cœur, Mais il n’était pas seul. Un rayon vint caresser sa solitude. Un semblant d’inquiétude lui parvenait aux oreilles, et cet inhabituel soin à son égard leva ses prunelles noyées sur le visage de l’inconnue, détacha ses morceaux brisés et l’affaiblit au plus bas point. « Je m’appelle Absynthe et vous ? » La main lui étant tendue lui retira un cri et il tenta vainement de reculer. Luan leva ses deux mains devant son visage baissé, se mordant cruellement la lèvre jusqu’à n’en plus pouvoir, jusqu’à souffrir de son propre état et fendre en larmes. « Je. Je m’appelle… » Il suffoqua presque de ses mots. « Désolé, je… » Impuissant, sa voix se brisa. Ses pleurs résonnèrent. Les mains qu’il dressait en tant que bouclier s’abaissèrent tristement pour couvrir son visage en larmes. « Luan. » Son timbre mourut en un murmure. Il ne restait plus de son être que ses sanglots et ses soupires et son être mordu par la fraîcheur de l'avant-saison.
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absynthe caarten
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#3 le 29.01.17 16:13

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Absynthe, Absynthe, c'est une âme perdue.
La peur s'enlise dans l'entité qui te fait face à présent. Lorsque ses orbes croisent ta main, il y a un mouvement de recul, un mouvement de peur. Alors immédiatement tu la range soigneusement, mais le mal est déjà fait et les pleurs commencent à résonner. L'incompréhension perle, la culpabilité également, une seconde de réflexion, mais déjà ton sourire revient, plus doux, plus tendre encore. « Tu as un très beau prénom. » le tutoiement comme pour te rapprocher de cette personne, d'elle. Pour ne pas qu'elle craigne ta présence, ta venue. Sans savoir d'où provient réellement sa peur, tu souhaites cependant l'apaiser maintenant. « Je suis désolée, je t'ai fais peur ? » ce n'est pas ce que tu souhaitais, loin de là, mais parfois les choses se passent ainsi, n'est-ce pas ? Absynthe, ton regard l'accroche plus fermement, pour ne pas qu'elle puisse fuir.

Absynthe, Absynthe, tu attends sagement.
Sans un mouvement, sans un bruit, tu te contente de rester là alors, laissant quelques secondes, quelques minutes s'écouler. En espérant que Luan se calme enfin, qu'elle puisse se relever d'elle-même jusqu'à un banc. Cependant tu remarques le froid qui vient mordre son corps et tu ne peux t'empêcher d'enlever ta veste pour la poser délicatement sur ses épaules. « Il fait froid, fait attention à ne pas tomber malade. Même ici, dans le royaume des morts, c'est possible. » tu espères que la chaleur va simplement réchauffer aussi son cœur visiblement meurtri. « Prend ton temps, reste ici, je vais aller te chercher des vêtements. » alors tu te redresses Absynthe et tu t'en vas rapidement.

Absynthe, Absynthe, tu trouves aisément ce que tu cherches.
Un pantalon, un t-shirt et un pull chaud, c'est ce que tu trouves dans un magasin proche. Ce n'est pas le top de la mode, loin de là, mais tu songes que pour l'instant cela suffira. Pour ne pas qu'elle ait froid, pour ne pas que sa robe finisse par tomber en morceau. Alors pressée, tu reviens en courant, espérant bien la trouver toujours ici, peut-être assise sur un banc cependant. Et c'est essoufflée que tu arrives enfin. « Luan !! » et tu cris son nom avant de l'apercevoir finalement. « Je suis allée te chercher des vêtements, tiens. Tu veux venir avec moi dans un endroit où tu pourras te changer tranquillement ? Il doit bien y avoir un petit café non loin ou quelque chose comme ça. » tu es gentille, Absynthe. Tu t'occupes d'autrui comme si tu voulais rattraper ce temps-là où tu ne pouvais rien faire, même pas tendre la main à ceux qui en avaient le plus besoin.

Absynthe, Absynthe, patiente, tu laisses le temps à Luan de réfléchir.
Alors sans un mot tu restes ainsi, une nouvelle fois sans bouger pour ne pas la presser, pour la laisser respirer, réaliser pleinement. Tu ne veux pas la brusquer, tout simplement.
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#4 le 01.02.17 10:14

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Froid. Mais était-ce au fond une nouveauté déconcertante ? Etait-ce une inhabitude étrange que l’on découvrait d’un œil agar, douteux et curieux ? Le léger frottement de sa peau refroidie et son souffle encore chaud le laissait perplexe. Un contraste purement naturel qui lui indiquait sa fausse route. Un contraste existant depuis bien des lustres. C’était cette même angoisse qui l’attendait sagement dans la chambre qu’il essayait vainement de réchauffer à l’aide de ses notes que le rouge et l’orange n’aidaient point, tout compte fait. La chaleur de sa pièce à vingt mètres du sol se composait de fragments, d’inexactitude, de semblant d’amour et d’entretien. Son cœur l’avait toujours su, car c’était une vérité flagrante, trop criarde à ses sentiments ternis et camouflés par le plaisir de se montrer nu, d’être enfin accepté. L’apparence d’une belle vie, de modèle d’un peintre renommé, coloré d’un mensonge, s’était essuyée avec sa mort ; toute l’aberration qui l’avait aidé jusque-là à tenir s’était décrochée. Il ne lui restait plus qu’à récolter désespérément la crasse du trou que ces faux réconforts avaient laissé.

« Tu as un très beau prénom. » Une bien belle phrase sonnait pour la première dans ses oreilles. Et dire qu’il pensait que le nom n’était donné que dans le but de se faire entendre. Simplement pour discerner deux chevelures identiques et deux sourires aux mêmes éclats ; il passait facilement de Luan à Maelys. « Je suis désolée, je t’ai fait peur ? » Son cœur se serrait un peu et ses pleurs se firent plus bas. Lorsque la dernière larme atteignit la paume de sa main, il montra lentement ses prunelles et, mains tremblantes, s’essuya les joues comme un gamin blessé. Sanglotant encore, quelques souffles égarés. Fragile, frêle et tressaillant comme la dernière feuille que l’automne accueillerait. Il gardait quelques doigts sur son visage en espérant cacher sa faiblesse. Il ne s’était jamais ainsi dévoilé devant un inconnu. C’était à la fois honteux et lénifiant de se tenir à genoux, les joues et les yeux rougis en face d’un passé inexploré. Pouvait-il seulement se permettre de pleurer sans connaître la valeur de ses raisons meurtries comparées aux siennes ? Et puis, tant de questions. Il préféra cesser momentanément de réfléchir. Recourbé sur lui-même, son corps se souleva mécaniquement pour s’abandonner à un banc assez proche. La caresse du tissu lui rappela cependant qu’il n’était pas seul et, sans oser lever les yeux, il se contenta d’ouïr sa voix, prenant même goût à la tendresse étrangère qui enrobait ses oreilles.

Il regarda longuement sa silhouette s’éloigner. Ses doigts finirent par saisir les alentours de la veste afin de s’y nicher plus aisément. Bien qu’il eût goûté à plusieurs tissus, sa peau n’avait jamais autant apprécié être couverte. C’était peut-être grâce à cette sensation d’attention, ce sentiment d’être pris sous une aile qu’il avait longtemps cherché à rattraper. Cette veste lui apportait la chaleur d’un chez-soi, la protection envers un enfant, le goût sucré d’une friandise partagée. « Absynthe ? » disait-il, seul. Ses lèvres remuèrent doucement. « Absynthe…  c’était bien ça, oui. Absynthe. » Pleurer avait rendu sa voix rauque et faible. « Absynthe. Elle est gentille. » Il détourna le regard et attendit sagement en battant des jambes.

Absynthe revint bien vite. Il ne tarda pas à entendre son prénom et sa voix lui percer doucement le cœur. Son essoufflement pour son effort faillit lui arracher un sourire, si bien qu’une lueur tendre filtrait ses perles noires. Il releva la tête, recueillit en hésitant les vêtements qu’elle lui avait pris et se releva avec soin pour ne pas la bousculer. « Ne... Ne t’embête pas davantage, Absynthe. Je peux me changer ici. Je vais me retourner, si ça te gêne. » Mais il n’attendit pas une réponse pour le faire. Posant les habits sur la parcelle encore chaude du banc qui l’avait supporté, il retira sa veste afin de la lui rendre de ses propres mains avant de lui donner dos. Il enfila d’abord le pantalon, s’étonnant presque en constatant qu’il était à sa taille, puis il ôta sa robe abîmée. La fraîcheur de l’avant-saison lui procura un sentiment de liberté. Se débarrasser de ce vêtement semblait l’alléger de deux ou trois ans d’égarement. Cette robe appartenait à Maelys, après tout.

Il prit le temps d’effleurer son tatouage de quelques doigts, ainsi que les souvenirs venant avec. Sa petite maison lui revenait à chaque fois en détails. Plusieurs fenêtres pour laisser passer la lumière. Avec des lys, à l’entrée. Des voisins qui l’apprécieraient et qu’il apprécierait en retour. Aucun mensonge, aucune prise de tête.

Il hésita un moment avant d’enfiler le t-shirt et le pull, se demandant si Absynthe avait deviné sa nature. Les réactions à cette découverte avaient été d’affreux souvenirs jusqu’à sa mort. Moqueries, mensonges, et les quelques personnes au courant avaient fini par s’éloigner. Sa gorge se serra. La peur s’était enlisée en son être lorsqu’il se retourna, la robe déchirée coincée dans ses bras. « Merci. Pour le prénom. Et la veste. Et les vêtements. Et… Et pour plein de choses, en fait. J’ai une dette envers toi. » Une légère et brève inclinaison appuya sa gratitude. « Tu… tu es extraordinaire, Absynthe. Vraiment. Et ravissante, aussi. Sourire te va bien. Tu y arrives tellement facilement. Enfin… » Un petit sourire maladroit traça ses lèvres. Il n’était décidément guère doué pour la conversation.  « Je… Je ne possède pas de compétences distinguées mais. Euh. Mais j’apprends vite ! Alors, si je peux faire quoi que ce soit… »
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absynthe caarten
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#5 le 02.02.17 16:03

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Absynthe, Absynthe, il paraît que la neige fond quand tu arrives.
De tes orbes curieuses et inquiètent, tu fixes ton vis-à-vis sans savoir encore. Sans savoir que tout n'est que mensonge dans ton esprit. Les apparences sont trompeuses et tu hésites un instant lorsque cette personne te dis qu'elle va se changer ici. Alors une scène se révèle dans tes songes. Une femme qui se dénude en pleine liberté, mais il n'y a personne alors seule la neige et toi auront la chance d'y assister. Absynthe, tu ne peux forcer les gens à quoique ce soit cependant, alors tu hoches la tête simplement d'un sourire serein et tendre, attrapant cette veste qui t'appartiens. Lentement elle revient perler tes épaules frêles de jeune femme malgré ce siècle écoulé et un dos t'apparaît. Un instant tu hésites à te retourner, mais ton regard parcours les lieux pour t'assurer que les regards indiscrets n'existent vraiment plus ici. Sans un mot tu observes les alentours jusqu'à remarquer. Remarquer que ce dos n'est pas habillé une fois la robe enlevée et la surprise te prend. Ce n'est pas une femme.

Absynthe, Absynthe, son regard te revient.
Et sa voix perle enfin un peu plus aisément à présent. Ses mots s'enlisent dans ton esprit et le silence perle par chez toi. La surprise te prend toujours à présent, un instant tu ne dis mot, laissant un blanc s'installer, mais ton sourire revient plus franc. « Je ne savais pas que tu étais un homme, physiquement en tout cas, tu es une très belle personne, Luan. » tu parles de son physique, de sa manière d'être exposé à ce monde, de sa beauté de naissance. Un androgyne ou bien plus complexe que cela, tu ne sais pas encore, Absynthe, alors tu n'oses pas dire plus pour le moment de peur de le heurter. Soudainement ta main se lève comme pour balayer ses mots et tu t'approches d'un pas ferme. « Tu n'as aucune dette envers moi, c'est clair ? C'est normal d'aider les autres quand ils en ont besoin, ça ne signifie pas avoir une dette envers eux. Si un jour j'ai besoin de ton aide à mon tour, viens juste me tendre la main, c'est suffisant pour moi. » tu rayonnes, Absynthe, comme le soleil qui vient défaire le règne glacial chaque année. Pourtant, tu préfères le froid, alors peut-être est-ce bien étrange de te comparer à cela.

Absynthe, Absynthe, il y a une tendresse certaine dans tes gestes.
Lentement à la suite de ses dires, tu deviens soudainement faussement gênée, gigotant sur place. « Mooh tu as dis que j'étais ravissante, c'est si gentil à toi. » une petite comédie et pourtant, et pourtant cela te touche vraiment quelque part, sa tendresse et sa gentillesse te touchent, Absynthe. Tu souris facilement, mais tu le sais déjà. C'est un peu comme une façon de vivre mieux, de prendre en main cette deuxième chance que l'on t'offre de pouvoir errer encore. Certes, ici ce n'est que le royaume de la mort, pourtant tu respires, tu vis, tu manges, tu pleures, tu ris, tu es heureuse. « Tu sais Luan, je crois que chacun est comme il est. Un jour on fini tous par changer, que ce soit légèrement ou complètement, mais le temps fera son effet, les rencontres également. Peut-être que je souris facilement aujourd'hui, mais qui sait. Un jour peut-être que je serais plus réservée et moins démonstrative. Alors peut-être qu'un jour, toi tu seras à l'inverse capable de sourire plus facilement comme tu le dis. » c'est ainsi que tu vois l'évolution des gens, Absynthe. Tu n'espères pas que Luan change un jour, tu ne connais encore presque rien de cette personne, mais tu lui espères d'être en accord avec ce qu'il souhaite, avec le temps.

Absynthe, Absynthe, tu fixes un banc à présent.
Lentement ta main se lève vers ce dernier, le froid n'est pas encore assez mordant lorsque l'on est bien habillé, la neige n'est pas encore arrivée. « Est-ce que tu veux t'asseoir un peu avec moi ? Tu n'as mal nul part, n'est-ce pas ? » tu t'inquiètes un peu de cela encore, sentant bien que Luan est probablement quelqu'un de très réservé après tout. Cela ne semble pas être une découverte ou un grand secret.
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#6 le 14.02.17 9:31

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« Je ne savais pas que tu étais un homme… » Son cœur battait  de peur. Luan avait l’impression, le coup d’un court instant, de voir le visage de William habiller celui d’Absynthe. De voir son sourire réconfortant, lorsqu’il pénétrait son bureau à pas de plume, silencieux et prudent, avant que William ne lui rappelât la valeur qu’il avait su dénicher de ses bras, la beauté singulière perlant dans ses yeux lorsqu’il le regardait prendre la pause. Deux choses auxquelles Luan n’avait jamais cru bien qu’il s’efforçait à y croire, et pensait y croire, car ses paroles apaisaient son âme ; elles lui donnaient l’impression d’être enfin quelqu’un et non une image qui plaisait aux moqueries. Elles lui donnaient une identité, illusoire, factice, floue, de la tête aux pieds et Luan prenait plaisir à s’exposer ainsi à lui, à lui laisser le loisir de transcrire ses courbes sur des tableaux sous le nom de Maelys, juste pour s’enfoncer un peu plus dans ces petits pics de joie. Juste pour y goûter quelques secondes encore. Pour se glisser dans un cadre qui semblait lui appartenir, derrière une vitre dont il récoltait désormais les morceaux en s’écorchant à chaque prise. « … physiquement en tout cas, tu es une très belle personne, Luan. » Ces derniers mots heurtèrent toutefois son cœur en balayant le brouillard de William. Luan écarquilla les yeux et sentit son cœur manquer quelques battements en détournant le regard. Un mince sourire habilla brièvement ses lèvres sous la douce teinte pourpre d’embarras de ses joues. « V-Vraiment ? » souffla-t-il sans réellement attendre une réponse, et son embarras ne fit que grimper d’un étage.

Lorsqu’elle parla à nouveau, il secoua lentement la tête, comme pour reprendre ses esprits, et serra sa robe déchirée contre lui en reposant les yeux sur Absynthe, laissant un petit « D-D’accord. » glisser de ses lèvres. Il se surprit à l’observer attentivement en s’attardant sur les perles claires de ses yeux, la teinte vive de sa chevelure, constatant qu’en ce temps neigeux, soleil et lune se faisaient face. Ses lèvres s’alliaient constamment avec un sourire, son regard jonglait avec de vives étincelles. Elle semblait vivante sans le besoin du moindre mouvement, gracieuse dans un simple geste, heureuse dans son silence. Un être que personne ne pourrait abandonner, se disait-il. Pour si peu qu’il la connaissait, il s’estimait chanceux de l’avoir rencontrée en ce jour, alors que la solitude et le froid le rejoignaient pour une énième fois. Il lui tendrait cette main sans hésiter.

Il écouta ses paroles en gardant son silence, attentif, sur l’analyse de chaque mot et ses expressions. Elle parlait de changement avec tant de facilité que cela semblait naturel de virer du noir au blanc, ou du blanc au noir, au fil du temps. Que cela semblait sans douleur, sous son sourire serein et son regard de laine. Et s’avérait sans doute possible. Il se demandait secrètement quels évènements l’avaient mené à une telle philosophie. Evoquer les sombres possibilités d’une voix prête à les accepter. Ce fut en lui glissant un regard interrogateur que Luan hocha la tête à sa proposition et alla prendre place sur le banc, d’une posture droite et coincée qu’il avait pour habitude depuis son enfance. « C’est gentil de t’inquiéter. Je pense que je me suis râpé un peu le bras et les genoux, mais c’est sûrement bénin. » Il baissa le regard et attendit qu’elle fût assez proche pour l’entendre. « J’étais sincère, appuya-t-il doucement. Tu es ravissante, Absynthe, non seulement physiquement, mais avec le peu que tu m’as montré, je me permets de dire qu’à l’intérieur aussi. » Il leva le nez vers le ciel en battant légèrement des jambes. « Je dois t’avouer que je t’admire. Si je dois rester tel que je suis pour conserver les sourires comme les tiens, je ne regretterai pas. » Un petit rire d’enfant sans émotion lui échappa alors qu’il s’empourprait encore une fois. « Oh et puis, qu’est-ce que je dis ! Ce n’est peut-être pas le moment pour spéculer… si ? »

Doux soupire. Il redressa sa tête et fixa longuement le sol en oubliant la trace rosée sur ses joues. La simple présence d’Absynthe lui épargnait une conscience vide vouée à l’errance. Avoir une personne avec qui discuter l’aidait à omettre que l’un comme l’autre n’était plus qu’un fantôme de leur ancienne vie. Luan plongeait petit à petit dans ses réflexions futiles, plus agréables que l’opacité de ses sentiments depuis un certain temps. Il ne perdit pas plus d’une minute avant de trouver une idée et soudainement regarder Absynthe avec de grands yeux. « Apprends-moi ! » s’écria-t-il avec entrain. Il réalisa quelques secondes plus tard que personne d’autre n’avait lu ses pensées. Le rose de ses joues s’amplifia lorsqu’il se reprit. « Je… Je veux dire. Enfin. Désolé. » Il détourna les yeux. « C’est que… enfin. Ça pourrait te paraître stupide mais quand je te vois, j’aimerais essayer. Oh, non, oublie, finit-il se cachant le visage aux creux de ses mains. Excuse-moi. »
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absynthe caarten
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HRP:
Excuse-moi pour le temps de réponse, j'ai du mal à rp ces temps-ci.
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#7 le 21.02.17 14:39

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Absynthe, Absynthe, cet enfant est adorable.
C'est ainsi que tu vois Luan à présent, dans chacun de ses mouvements. Frêle, fragile, ce sont les mots qui viennent naturellement en le voyant et pourtant. Oui pourtant tu aimerais lui dire à quel point il est beau, à quel point c'est une chance d'être différent. Qu'il ne doit pas craindre ce qu'il est. Parce qu'Absynthe, tu vois la différence comme un cadeau, comme une chance. La timidité n'est pas un fardeau en soi, ce n'est pas un défaut, c'est une manière d'exister. Comme à chacun, nous sommes tous différents. Alors, Absynthe, toi tu veux accepter chacun comme il est. « Oui, vraiment. » tu laisses échapper ces quelques mots avant de t'asseoir sur le banc avec lui. Un instant, dans un silence léger de ta part, tes orbes l'observent et tu l'écoutes attentivement. Une légère surprise s'affiche sur tes traits.

Absynthe, Absynthe, il est sincère.
Autant qu'adorable, Luan est sincère, un peu enfantin. Des points communs à vos deux entités présentes. Luan, ne craint pas ce que tu es, vis simplement à ton rythme en disant ce qui te vient, ce que tu veux dire en toute liberté. « Tu es... tellement gentil Luan ! » un instant tu aimerais le serrer dans tes bras, mais il y a une retenue dans ta manière de vivre. « Je suis touchée que tu m'admires un peu... c'est étrange, c'est la première fois que l'on me dit ça. Enfin à part mes fans, mais c'est autre chose. Ahem. Ce que je veux dire c'est que ça me touche beaucoup et tu sais, Luan, si tu n'as pas envie de changer, ne change pas. Par contre, si tu as envie de changer, sache que tu peux le faire ! » rien n'est impossible que l'on dit et tu aimes ces mots, Absy.

Absynthe, Absynthe, la surprise te gagne.
Soudainement, un entrain certain semble animer ton vis-à-vis, t'arrachant une surprise certaine alors que tes orbes le fixent longuement. Dans un silence religieux, tu l'écoutes sans un mot et finalement... Finalement tu souris tendrement. « Tu veux que je t'apprenne à sourire aisément ? Je ne pense pas être une bonne personne à suivre en exemple. Disons que je vis un peu sans me poser de questions, ce n'est pas forcément toujours une bonne chose, mais c'est ainsi que j'ai décidée de vivre ma nouvelle vie. Je voulais être heureuse comme je n'avais pu l'être de mon vivant alors j'ai tout fais pour y arriver. » quitte à briser ce que tu fus un jour, ce que tu étais de ton vivant. Quitte à oublier cette Absynthe malade qui mourrait à petit feu. « Cependant, je pense qu'il faut changer à ton rythme, comme toi tu l'entends. Il faut que tu apprennes par toi-même pour que cela te ressemble vraiment. Si tu prends un modèle ou exemple sur quelqu'un, tu vas reproduire sa façon à lui de vivre, mais ce n'est pas une bonne chose. » tu t'embrouilles l'esprit. « Heu... je ne sais pas si je suis très claire, pardon ! » et tu ris fortement de ta propre bêtise. Absynthe, tu n'es pas un génie et surtout pas pour donner des conseils aux autres avec clarté.
years ago


hrp:
Désolée aussi, j'étais pas mal occupée !!