#1 le 22.01.17 21:46

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Nae regarde le sol, la tête tombante sur son épaule, à se demander si ce rouge qui envahit sa vision est une peinture pourpre, son sang qui s’y écoule, ou son œil couvert de ce liquide poisseux. Il cligne des yeux, sentant alors ses paupières devenir de plus en plus lourdes, prêt à s’endormir. Il a recommencé, songe-t-il en levant lentement sa main tremblante et salie d’un étrange mélange qu’il ne discerne plus. Il a recommencé. Ou n’avait-il jamais cessé ? Ses lèvres esquissent un sourire, empli d’une moquerie silencieuse, ironique car c’est de lui-même qu’il se moque cette fois-ci.

Quelques minutes au sein d’un groupe, c’est tout ce dont il a eu besoin pour attirer leur attention et en avoir assez pour en faire une overdose. S’il pouvait mourir une seconde fois, sans doute y serait-il passé cette fois encore. Chaque fois que l’irlandais s’intègre à un groupe, quelque chose de mauvais se passe. La mort du pauvre gamin, la sienne, la persécution d’Issui, et maintenant… Nae s’est frotté aux mauvaises personnes, une fois de plus. Il a lancé la moquerie de trop, la phrase qui agit comme une étincelle sur une flaque d’essence. Le tout s’enflamme en une seconde et il n’y a aucun retour en arrière, ainsi qu’aucune échappatoire.

À l’instant même où sa conscience lui échappe, elle revient comme un boomerang, qu’il se prendrait en pleine figure puisque la douleur l’accompagne et le fait grimacer et même geindre faiblement. Il ne doit pas se laisser aller et bouger de là, cette petite ruelle est bien tranquille mais rien de bien n’en ressortira s’il y reste plus longtemps. Le brun secoue alors un peu la tête et, posant ses deux mains au sol pour s’y appuyer, il prend une grande inspiration pour l’aider à supporter la douleur que son prochain geste va provoquer. Aussi doucement que possible, il se redresse en serrant les dents, puis s’appuie au mur afin de se tenir et avancer.

Son bras s’enroule autour de son torse douloureux, et il pense à chaque membre en proie à la souffrance, évaluant les dégâts, ce qui l’aide à rester lucide durant sa marche lente et difficile. Probablement une ou deux côtes fêlées, rien qui ne puisse l’étonner au souvenir des nombreux coups donnés à cet endroit, ressenti comme une pluie diluvienne faite de cailloux plutôt que de gouttes d’eau. Il manque de ricaner de sa propre bêtise, conscient qu’il recommencera, encore et encore, ignorant l’état lamentable dans lequel il se met à chaque fois, mais la première secousse de ses épaules lui suffit pour comprendre que, dans l’immédiat, il se doit de rester calme.

Les battements effrénés de son cœur sont la seule mélodie que son ouïe capte, accompagnée par son souffle erratique, l’air fuyant par sa bouche et éraflant sa gorge à chaque expiration. Il n’ose pas avaler sa salive, sachant d’avance que ce simple geste naturel le blesserait. Nae soupire profondément, grimaçant, et songe à quel point un thé, à cet instant précis, serait la plus bonne chose à monde. Pareil à un morceau du paradis. Un nectar divin – dans tous les sens du terme.

Cette délicieuse pensée lui fait lever la tête, balayant l’endroit du regard, comprenant peu à peu sa position actuelle. Un très léger sourire étire ses lippes abîmées et ensanglantées, et quelques pas supplémentaires lui suffisent avant qu’il ne se laisse à nouveau glisser contre le mur, se reposant au sol dans une position à peu près assise, un soupir soulagé quittant sa bouche. Même s’il n’est qu’à l’arrière, la porte close, le nécromancien peut déjà sentir toutes les bonnes odeurs de la boutique, les différents parfums chatouillant agréablement ses narines, les senteurs variées l’enivrant alors qu’il abaisse les paupières.

L’odeur de fer qui se dégage du sang qui le recouvre se dissipe, la saveur métallique disparaît, et elles ne laissaient derrière elles que ce thé dont il rêve. Une jolie tasse de porcelaine, un liquide ambré, deux cubes de sucre. Un plaisir pour les papilles et l’âme. Mais sa rêverie est dérangée par une lueur, non, une lumière vive qui agresse ses yeux et le réveille brutalement. Tiré de son état léthargique, son regard se pose sur la fine silhouette qu’il aperçoit près de lui et il se questionne sur ce qui l’a attiré ici. Aurait-il heurté quelque chose en approchant de la porte, si ce n’est celle-ci ? Ayant peu conscience de son environnement sur le moment, esprit confus et vue brouillée, c’est fort probable.

« Salutations, joli cœur. »

C’est un souffle, un murmure rauque d’une gorge abîmée et d’une voix fatiguée, dont se joint l’esquisse d’un sourire qui se veut narquois mais le manque de force et la forte envie de répit le balaient aussitôt. Nae tente de se redresser mais ses muscles brûlants abandonnent avant sa volonté et celle-ci reste à terre. Ce sol paraît bien confortable, à présent.

« J’vais pioncer un coup mais… J’veux un thé à mon réveil. »

La possibilité qu’il ne se réveille jamais ne lui effleure pas l’esprit. Son corps est chaud, ses muscles le brûlent, sa peau est meurtrie et douloureuse. C’est trop différent de sa mort glacée pour qu’il y songe. Là, il ne veut qu’un peu de repos. Et un bon thé à la cannelle, avec un zeste d’orange.

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#2 le 26.01.17 21:19

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        Tali & Nae
Doser l’espoir au jour le jour. Transformer l’obscurité en ciel étoilé. Décrocher la lune tous les matins et aller la remettre en place avant la tombée de la nuit.

       

        Cette nuit, c'est sa nuit à Tali. Sa nuit, rien qu'à elle. Sa nuit où elle peut tout faire. Partir à l'aventure dans le dédale des rues semblable à des serpentins anthracites, ou encore rester somnoler chez elle dans un bain à l'eau de rose. Se couper les cheveux, les teindre peut-être en chocolat. Faire un masque au miel et au citron. Coudre de nouveaux vêtements. Lire au lit, emmitouflée dans ses nuages, rêver doucement. Manger des sucreries, même celles qui piquent la langue et donne l'impression que notre bouche s'enflamme. Oui. C'est sa nuit à Talitha. Sa nuit de la semaine, où les clients ne fleurissent pas dans sa boutique. Cette unique nuit où elle ne pense qu'à elle, ou presque. Et l'idée du bain, elle est bien. Talitha et ses sels de bain de toute les couleurs de l'arc-en-ciel. Orange, banane, caramel, rose et mauve. Ce soir, c'est la rose qui l'emporte, même si le combat fut rude avec la noix de coco. Ce soir, c'est sa nuit, son bain aux allures de galaxie pastelle, ses bougies au monoï, ses bulles plus fragiles que des colibris. Ce soir, c'est sa nuit en rose. Dans la douceur, dans la candeur, elle se laissera noyer. Mais c'est pas par superficialité qu'elle fait ça, Tali. Non, c'est parce qu'elle se soigne comme ça. C'est un secret, tout petit, caché dans une parcelle de son cœur trop cuit, gardé par une fée amère et un peu terne. Elle se soigne, Talitha. Elle soigne ses sentiments. Elle se soigne pour les autres, enfin c'est ce qu'elle se dit. Parce que sinon, elle ne ressentira jamais plus. Et sans ça, sans ses potions, sans ses soins au sucre d'orge, elle ne pourra plus aider personne. Et elle deviendrait une vraie cette fois. Une vraie sorcière. Celles qui ne ressentent pas, qui étranglent l'empathie avec leurs ongles de solitude acide. Et elle veut pas. Elle, elle veut continuer à croire. A croire dans les hommes, dans les femmes, dans les enfants, dans les vieillards et vieillardes. Elle veut continuer de croire dans les animaux et toutes les petites choses qui perdurent dans ce monde. Aux étoiles, à la lune, aux comètes, aux planètes, à l'univers et à tes yeux. A ses yeux. Aux yeux du monde. Alors elle se noie dans de la rose, dans des parfums de cannelle et de crème pâtissière, pour panser son cœur, le faire continuer de battre en utilisant des cataplasmes de bonheur.

Un jours, est-ce que quelqu'un le saura ? Non. Non. Personne ne peut savoir, car Tali elle est comme un coffre fort, une malle secrète qui ne s'ouvre pas. Elle a perdu la clé dans les flammes d'autrefois, et les larmes ont nettoyé l'envie de la retrouver. Des larmes qui n'existent plus. Perpétuelle déshydratation des émotions, Talitha ça fait bien quatre siècles qu'elle ne pleure plus. Ni entourée, ni seule. Même les étoiles ne l'ont pas vu pleurer depuis très longtemps. Et Talitha, c'est pour ça qu'elle n'aime pas le sel, qu'elle n'aime pas les choses au goût de la mer, car ça lui rappelle les gouttes de pluie des yeux. Celles dont on ne peut se protéger avec un parapluie, celles qui fait rougir les yeux et qui fait crier l'âme, celles qui brûlent les joues et qui tord les lèvres. Non, elle n'aime pas ça. Quand il se met à pleuvoir dans son cœur. Elle n'aime vraiment pas ça, Talitha. Alors elle se répare comme une vieille horloge qui ne cesse de perdre ses rouages. Elle tente de les graisser avec des huiles mielleuses, mais ça ne marche pas très bien. Alors c'est du bricolage. Elle rattache ce morceau à celui-ci et y implante un fil d'étincelle pour que les sentiments battent. Ailes de papillon qui perdent leurs écailles chaque jour. Au final, Talitha, elle arrive à tromper tout le monde sans le vouloir. C'est vrai qu'elle est douce, c'est vrai qu'on l'aime, c'est vrai qu'elle est chouette Talitha. Elle a l'air bien, sage, aimante affectueuse et heureuse. Avec ses thés et ses gâteaux, avec ses chocolats et son café noisette. Personne ne pense à regarder par le trou de serrure sur sa poitrine, par la serrure de son cœur. Il n'y verrait plus grand chose. Plus qu'un bric-à-brac d'émotions cassées, mal rangées, avec quelques éclats de souvenirs qui gisent dans un coin, laissés abandonnés depuis bien longtemps. Un désert de poussière étincelante. Ces paillettes, qu'on peut voir un peu partout, ce sont des restes de tristesse qui ne veulent pas sans aller.

Dans son peignoir aux nuages les plus doux, elle se prépare à se soigner, à sauter dans la douceur. Mais c'est trop tard, Talitha. Il y a une sorte de bruit qui l'alerte dehors. Trop petit pour être un monstre, trop gros pour être un chat. Un soupir. Un regard lointain, désolé, pour son cher bain. Elle descend alors dans sa boutique en pantoufles, voir si ce n'est pas un client qui n'a pas eu l'information. Mais non, personne. Tali, elle allume tout, et se détache les cheveux avant d'aller voir à l'arrière. Dans son espèce de petit jardin, là où elle essaye de faire pousser quelques fleurs, mais sans succès à cause du manque de soleil qui rend malheureuse les jeunes pousses. C'est ici qu'elle donne à manger à quelques chats errants du quartier, des minous sans maison, libres comme l'air et qu'elle apprécie tant. Car même si elle ne peut les caresser, en un regard elle sait qu'ils la remercie tendrement. Mais quand elle ouvre la porte arrière, ce n'est pas un chat, ou presque, qui s'est cogné contre quelques pots et qui se retrouvent par terre plein de poussière. Ce soir, c'est sa nuit à Talitha. Mais ce n'est pas dans la rose qu'elle la passera, mais dans la crasse et le sang. Cela lui rappelle des choses. Tais-toi mon cœur.

« ...Et bien, tu es dans un sale état, Nae. » Un sourire léger, discret, empiète sur son visage qui se fait mordre par l'air frais de la nuit. Elle n'est pas bien forte, Talitha. Oh que non. Mais elle arrive malgré tout à le transporter, en le traînant par les bras, à l'intérieur. Elle l'installe sur son tapis de nuages ocres, dans le coin détente de la boutique. Il a l'air bien détendu, d'ailleurs, se dit-elle. Un thé, rien que ça ? Parfois, elle s'en veut un peu de donner du thé au monde entier, parfois elle se demande si ce n'est pas son thé qu'on vient boire plus qu'elle qu'on vient voir. Alors Tali, elle s'active un peu, mais ce n'est pas un thé qu'il faut au chat noir, ça non. C'est trop sucré pour ses perles de sang, cela risquerait de les rendre encore plus énervées qu'elles ne le sont déjà. Heureusement que sur les nuages, tout part au lavage. Alors ça sera une tisane pour monsieur, le truc qu'aime pas les enfants. Une tisane aux racines de bardane, pour les douleurs musculaires qu'il aura sûrement au réveil, et aux racines d'angélique pour lui donner de l'énergie et réveiller son système immunitaire. Parce que même si elle était déçu pour son bain, qui l'attend toujours là haut, ce n'était pas vraiment de la faute du petit chat si elle est la seule à lui avoir ouvert sa porte. Nae, le chat noir aux allures d'homme, mais semblable à un enfant. Mais elle sait, elle le ressent, cette souffrance qu'il terre lui aussi au fond de lui. Derrière son impolitesse, sa rudesse, ses allures de planète en ébullition, il y a trou noir qu'il essaye de combler comme il peut. Elle tentera de l'aider, c'est promis, elle lui donnera de la poussière d'étoile filante pour remplir ce trou qui le fait miauler tristement. Alors Talitha, pendant que le tout infuse, elle revient le voir et sort la trousse de soin. Des pansements et tout ça. La même trousse que les mamans possèdent pour soigner les genoux écorchés de leurs rejetons. Elle lui offre une caresse dans les cheveux, rassurée qu'il dorme malgré tout ce sang éparpillé sur lui. Et elle commence à désinfecter son corps meurtri, ou du moins, ce qu'elle arrive à atteindre avec son coton imbibé de désinfectant. Elle n'aime pas ce mot, désinfectant, on dirait trop l'inverse de sentiment.

Talitha, ses petits pas sur le plancher s'activent, dans ses pantoufles en cumulonimbus et son peignoir en nuages du soir, elle s'occupe de la tisane. Qu'il n'aimera sûrement pas, ça c'est sûr et certain. Peut-être était-ce une petite vengeance dissimulée derrière ces plantes bonnes pour la santé. Mais chut, ce n'est pas bien de faire ça, alors on ne dit rien et on la laisse faire avec ses tasses et ses cuillères. Mais pour elle, c'est un thé à la mauve et au jasmin dans lequel ses lèvres tremperont. Elle, elle a le droit sucre, après-tout. C'est Talitha et Talitha et l'amertume ça ne va pas.

« Oh, tu es réveillé, Nae ? Reste calme, il ne faudrait pas que tu aggraves ton état. » Elle apporte, dans ses pas de danseuse des étoiles, la tasse de tisane pour le petit chat. Qui n'aimera pas. Et sa propre tasse avant de venir s'asseoir auprès de lui sur le tapis. « C'est une tisane. Ce n'est pas bon, mais bois. Si tu veux retrouver des forces, en tout cas. » Un fin sourire quand elle croise le regard fatigué du chat noir. Pauvre chaton perdu derrière les poubelles, ne t'en fais pas, Talitha t'emmènera voir le ciel, c'est promis.

C'était sa nuit à elle, ce soir. Son bain est toujours là, mais pas de Talitha. Tant pis. Peut-être que c'est un signe, peut-être qu'elle n'a pas encore le droit de réparer ses aiguilles...




HRP : 1752 mots... ta réponse était inspirante ma foi j'espère que cela ira, il y a maybe quelques fautes, pardon et keur sur toi
AVENGEDINCHAINS
       

#3 le 10.02.17 20:09

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Les rêves de Nae n’ont jamais été rose, pareils à sa vie morne, maquillés de rouge, noyés dans un océan sombre. Il a essayé de nombreuses fois de combler ce manque de couleur, de pimenter tout ça avec des craies, se la jouant peintre. Mais ça n’a jamais marché, la mer ténébreuse ne veut décidément pas le relâcher, malgré ses mouvements pour rejoindre la rive, il ne l’atteint jamais. C’est sa vie, comme ses rêves. Éveillé ou inconscient, rien ne change. Mort ou vivant, tout est semblable. Il aurait aimé emprunter quelques teintes jolies et pastelles à Talitha, la faiseuse de nuages, mais rien n’y fait.

Au bout d’un moment, il quitte son état ensommeillé, trop bousillé pour ressentir le picotement du désinfectant, un mélange de chaleur insupportable et de ce froid mordant auquel il a droit chaque jour durant. Ce n’est pas cette souffrance silencieuse qui s’installe dans chaque fibre de son être qui a réussi à lui faire ouvrir les yeux, mais les délicieux parfums qui se mélangent en parfaite harmonie et chatouillent ses narines. C’est doux. Nae ne réalise pas immédiatement qu’il est revenu à lui, fixant le plafond sans réellement le voir, ne bougeant pas d’un pouce ; jusqu’à ce que la voix, petite et fragile, rassurante et réconfortante, douce comme du coton et sucrée comme de la guimauve, atteigne ses oreilles.

Intrigué et interpellé, le jeune homme tente de tourner la tête, un geste naturel qui à présent ne lui cause que de la douleur, et il cesse son mouvement aussitôt, grimaçant. Se redresser ? Même pas la peine d’y penser. Seulement, en comprenant les paroles de la jolie couturière, il s’en donne la force, une nouvelle volonté naissant en lui. Cette tasse, il la veut désespérément. Ce n’est peut-être pas le thé exact qu’il désirait, mais cette tisane ne pouvait que lui être bénéfique. À quel point cela pouvait-il être mauvais ? Pour dire vrai, il ne pense même pas être capable d’en sentir le goût pour l’instant. Levant une main devant sa bouche, l’irlandais tousse pour débarrasser ce qui gêne sa gorge et l’empêche de répondre.

« J’pensais avoir atteint le pire état, déjà. J’sais pas si j’dois dire que j’suis rassuré, ou déçu. » Confie-t-il dans un minuscule sourire, présentant une pointe de moquerie.

Le pire état n’est-il pas la mort ? Celui-ci a déjà été expérimenté par chacun des habitants de ce monde. Il n’est pas appelé Monde des Morts pour rien. Quel est, alors, le pire état pour un mort ? Une seconde mort ? Il n’en est jamais très loin, Nae. Parfois, on dirait qu’il la cherche, qu’il danse avec elle, qu’il veut en faire son amante… Mais malgré ses efforts acharnés, il est toujours là, quelque part. En regardant autour de lui, il se rend compte que Talitha l’a traîné dans son inconscience et il grimace un peu. Ça n’a pas dû être facile. Seulement le nécromancien ne s’excusera pas. Il ne lui a rien demandé ; ou sa présence sur le pas de sa porte était une requête silencieuse ? Alors ses excuses se devront d’être muettes, pour ne pas briser le rituel.

Il porte la tasse à ses lèvres, les trempe dedans en vérifiant la température, et s’étonne de la tiédeur de celle-ci. La faiblesse de son corps, affectant son esprit, a dû atténuer l’effet de son pouvoir. Le voilà réjoui, la moue ravie, et il termine la boisson chaude d’une seule traite. La douce chaleur envahit son corps et se répand peu à peu, lui soutirant un soupir de contentement. C’est si rare, de pouvoir jouir d’une telle chaleur, constamment enfermé dans sa cage glacée. Nae pose alors la tasse au sol et n’ose plus bouger, si ce n’est pivoter la tête pour attraper la frêle demoiselle. « J’aurais droit quand à un vrai thé ? » La questionne-t-il d’une voix plus rauque encore, qui l’inquiète et lui soutire un froncement de sourcil. Sa main se porte à sa gorge abîmée. Voulait-il sincèrement prononcer ces mots ? Non, au fond, il aimerait pouvoir remercier naturellement, mais chacune de ses paroles est teintée d’une moquerie malsaine, à laquelle il ne peut rien, même dans sa sincérité la plus véritable.

« La boutique est fermée ? J’ai eu d’la chance qu’tu m’ouvres ta porte. » Souffle-t-il d’une voix plus faible, incapable de formuler sa gratitude autrement que par une insinuation. Un message subliminal.

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#4 le 26.02.17 18:49

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        Tali & Nae
La lune te regarde à travers la fenêtre. Elle va peindre ses reflets sur ta peau.

       

        Chat noir. Chaton abandonné sur un tapis de nuages d'or. Même les étoiles se taisent face à ce triste spectacle. Un spectacle aux allures d'Oliver Twist et de tragédie grecque.  Nae. Quelle étrange petite bête. Un homme aux allures de gamin des rues, perdu au fin fond des ruelles d'un Tokyo des macchabées. Mort, aussi mort que la couturière stellaire, et pourtant toujours aussi abîmé par la vie. Elle ne comprend pas ce chat. Ou peut-être que si, au moins un peu. Cette envie de faire des bêtises pour montrer que l'on existe. Cette façon de miauler et feuler plus que quiconque pour prouver notre présence à eux. Au monde de l’indifférence qu'est l'espèce humaine. Peut-être qu'il n'y a que ça à faire maintenant. Miauler, aboyer, griffer, hurler pour que l'on se retourne sur notre passage. Pour que ces regards mornes, ceux qui font pleurer la lune et ses filles chaque soir, nous regarde enfin. Nous remarque enfin. Nous rassure, nous murmure que non, nous ne sommes pas des ombres parmi les ombres. Ironie funeste. Elle en voit tant, Talitha. Des chats comme Nae. De toutes les couleurs, de tous les gabarits, miaulant plus tristement les uns que les autres. Alors elle essaye, elle tente, des les réconforter avec des gâteaux et des potions chaleureuses. Elle essaye de leur offrir la douceur de ses nuages et de sa cabane magique. Mais elle le sait. Elle le sait que ce n'est pas suffisant. Elle le sait qu'il faut bien plus pour soigner les plaies d'un cœur cassé. Elle le sait bien. Hypocrisie que de vouloir faire s'illuminer autrui alors qu'elle n'arrive même pas à s'allumer elle-même. Risée des étoiles, comète de pacotille qui tente de réparer ses aiguilles, mais qui ne fait qu'arrêter le temps pour arrêter de ressentir. Quelle blague, hein Tali ? Elle se sent mal, parfois, quand elle ne prend pas ses potions, quand elle essaye de réparer les horloges du cœur des gens alors que la sienne est en mille morceaux. Elle se sent mal parce qu'on dirait qu'elle ment. Peut-être qu'elle ment. Peut-être que Talitha, mignonne et douce Talitha, Talitha la gentille sorcière n'est qu'une simple illusion. Une oasis pour les étoiles qui se sont perdues en chemin, qui s'imaginent que chez Talitha tout va bien parce qu'elle ne montre rien. Peut-être que s'ils savaient ils ne reviendraient jamais. Peut-être que Talitha des étoiles n'existe même pas. Peut-être que ce n'est qu'une légende lunaire que le ciel nocturne se plaît de raconter pour faire rêver les plus tristes. Mais, heureusement, elle a ses potions Talitha. Alors dans le fond elle existe encore un peu de manière sentimentale. Elle ne sait pas encore pour combien de temps. Un jour, peut-être qu'elle sera trop cassée, trop foutue et trop rouillée des émotions pour ressentir la compassion ou aimer ses chatons. Peut-être qu'elle ne sera plus qu'une ombre, une vraie, cette fois. Et que la lune, plus jamais, ne la rassurera. Ouais, ça finira pas arriver. Une Talitha aussi cassée que certaines tasses à thé. Mais pour l'instant c'est Nae qui est tout cassé de partout, encore pire qu'une porcelaine fissurée. Peut-être qu'avec beaucoup de sucre et de sentiments les morceaux vont se recoller ?

« Tu devrais faire plus attention, même la mort doit avoir ses limites. » Non ? Peut-être qu'elle n'en a pas. Peut-être que l'on peut se prendre une voiture plusieurs fois sans jamais arriver au stade le plus bas. Peut-être que l'on peut se laisser mourir de faim ou de chagrin sans jamais trouver la paix ne serait-ce qu'une fois. Peut-être qu'il n'y a pas de fin. Peut-être que tout ne rime à rien. Talitha elle sourit face à ses pensées fugaces et un peu tristes. Des pensées qu'elle n'aime pas. Qu'elle n'aime vraiment pas. Alors elle se lève Talitha et va chercher du miel et sa potion d'espoir en gouttes. La bouteille rose, celle que tous ses clients trouvent jolie, presque aussi jolie que Talitha. Du miel pour la gorge de son chat et de l'espoir pour son cerveau qui commence à abriter les fantômes du passé. Elle ressert une tasse au minet des rues, et se prend une nouvelle tasse de sentiments doucereux. Ceux qui font penser aux sentiments des enfants. Elle l'entend quémander du thé derrière son brouillard imaginatif. Parfois, Talitha, elle peut rendre mal à l'aise dans ses silences. Car on ne sait jamais à quoi elle pense. Même moi, je l'ignore. Certains trouvent ces silences reposants et doux, d'autres les trouvent mystérieux et bien trop silencieux. Seuls les bruits des tasses qui s'entrechoquent résonnent dans la pièce. Je devrais m'habiller, qu'elle se dit Talitha. C'est vrai que cela ne se fait pas d'être en peignoir devant des invités et qui plus est un homme. Même s'il reste un chafouin à ses yeux, il faut garder ses bonnes manières, sinon la lune risque de lui faire la tête.

« C'est mon jour de congé, en quelque sorte. Ma journée à moi. Oh, et pour le thé... » Un sourire rieur apparaît sur ses lèvres alors qu'elle retourne près de lui pour verser du miel dans sa tasse et qu'elle verse sa potion sentimentale dans la sienne. « Tu en auras quand tu le demandera poliment. » Un sourire, des yeux rieurs, mais fermes. Une étoiles frêle, mais sachant se transformer en comète quand il le faut. Même les constellations savent s'écarter de son chemin quand elle décide de devenir filante. Talitha, les gorgées de sa potion font effet, elle se sent mieux, plus rassurée, plus Talitha que tout le monde connaît. La Talitha pastelle qui fait jamais tâche sombre dans le paysage, on l'imagine lumineuse et brillante dans le noir, veilleuse pour ceux qui ont encore peur du noir. Mais elle ne brille plus depuis longtemps Talitha, mais personne ne regarde derrière les rideaux de nuages nocturnes quand l'étoile aux branches cassées se retrouve seule. Noyée dans l'obscurité chaque nuit, cathéter de rêves dans le bras. Elle se lève une nouvelle fois Talitha, sur ses pointes de danseuses des étoiles et dans ses chaussons de cumulus pelucheux. Et elle observe ce chat de gouttière. Nae, Nae toujours par terre. Nae couvert de sang et de poussière, Nae qui ne dit pas bonsoir, qui ne remercie pas, qui ne sourit pas, pas pour de vrai, qui ne fait pas de compliment ni de poésie. Est-ce que c'est bizarre que je t'aide ? Se dit-elle alors qu'elle rapproche un fauteuil du corps aux tâches bleues du chat sauvage. Est-ce que je devrais te laisser dehors ? Comme n'importe qui le ferait ? Qu'elle se demande Talitha alors qu'elle rapproche un tabouret du fauteuil, y plaçant un gros oreiller en plume d'oie. Pas de nuages pour une fois, parce que Tali elle aime les plumes aussi, même si cela se voit moins. Les plumes et les oiseaux. « Je vais monter m'habiller, essaye de grimper sur le fauteuil et de mettre tes pieds sur l'oreiller. Garde les en hauteur, il faut que ton sang circule. Et termine ta tisane. » S'il est capable de quémander du thé, il est capable de monter sur le fauteuil. Un sourire et un signe de la main vers la tasse du petit chat avant de filer dans les escaliers.

Les escaliers de Talitha on dirait qu'ils mènent au ciel, qu'en gravissant toutes les marches on sera capable d'effleurer les étoiles du bout des doigts. Et dans le fond c'est un peu vrai, car l'appartement de Talitha, en haut de la boutique, c'est comme une capsule spatiale en laine et en nuages. Sa capsule spatiale aux allures de bulle de tendresse. Talitha évacue l'eau du bain, déjà tiède. Une pointe de déception dans le regard en observant l'eau, rosée, se faire aspirer par le siphon. Tant pis, une prochaine fois, c'est promis. Elle ne tient jamais les promesses qu'elle se fait à elle-même Talitha. La comète s'habille en vitesse avant de redescendre aussi vite. Elle fait confiance au petit chat pour ne rien dérober, mais elle fait moins confiance à son corps abimé qui, lui, pourrait se dérober.

Mais elle est soulagée, la ballerine nuageuse, en descendant son escalier céleste. Un sourire étire ses lèvres et ses yeux se mettent à briller. « Tu veux manger quelque chose ? » Elle ignore si ses dents en sont encore capable ou si sa mâchoire peut encore mâcher. Mais elle se dit que si elle remplit son ventre de sucreries, alors ce sourire, cette grimace de pantin, finira pas partir.

Peut-être que Nae a un beau sourire, qu'elle se dit. Pas celui du chat de Cheshire, non, mais un vrai sourire. Le sourire qu'on veut pouvoir revoir, comme l'on revoit la lune tous les soirs.



HRP : keur sur toi kittycat, sorry s'il y a des fautes
AVENGEDINCHAINS