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    Ain't afraid to die...

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    Terminé
    #1 le 20.01.17 0:02

     
     

     

     
     




      «Ain't afraid to die...~ solo.

     

     

      La musique résonne inlassablement, se heurtant aux murs du club, aux corps, aux breuvages alcoolisés. Le corps enfoncé dans un fauteuil, mes coudes prenant appui sur mes cuisses, j’appuie à nouveau, du bout de l’index, sur le bouton servant à verrouiller mon téléphone. L’écran s’illumine, affichant vingt-trois heures cinquante-deux. Je laisse échapper un soupir, mes lèvres dessinant un bref sourire narquois. Me redressant légèrement dans ce fauteuil en prenant une inspiration, j’empoigne dans la foulée mon verre. Son contenu, d’un bleu vif, se laisse transpercer par les lumières du club. Mon regard s’y perd. Les glaçons ont pour la plupart fondu, il n’en reste que des bouts, semblables à de la glace pilée, flottant lamentablement à la surface de la boisson, liquoreuse à souhait. J’opine doucement du chef avant de déposer mes lèvres charnues sur les bords du verre, le finissant d’une traite. Le déposant brutalement sur la table, je le repousse, faisant signe au serveur de s’approcher.

    Je commande une bière. Une Asahi. En bouteille. Cinquante centilitres me conviendront parfaitement… Et le même cocktail que le précédent. Et que tous les précédents. Le Blue Lagoon. Mon cocktail préféré… J’aime la vodka. J’affectionne tout particulièrement le curaçao. Et le citron, ce côté acide, ça me fait frissonner, et ça coupe la chaleur de l’alcool. Après tout ce que j’en ai bu, sans utiliser de paille, ma bouche se colore de bleu. Ma langue. Mais également et surtout mes lèvres. Notamment le bord intérieur. Ça et ma peau pâle… On dirait un cadavre. Qu’est-ce-que je raconte. Je suis un cadavre… Ca fait un peu plus d’un mois que je suis ici. Et l’amusement… Je ne le vois pas vraiment. Ça fait un peu plus d’un mois. Et ce soir, ça va être mon premier anniversaire ici…

    Si j’étais encore vivant, ce soir, à minuit, j’aurai eu vingt-neuf ans. Mais désormais… Peut-on dire que je vais avoir vingt-neuf ans désormais ? Ou vais-je simplement stagner ? La bouteille et le verre déposés sur la table me sortent de mes pensées. Je sors quelques Øssements, que je tends au serveur. Qui s’empresse de les prendre et de s’éloigner. J’empoigne aussitôt ma bière, m’enfilant quelques gorgées. Mon regard se perd dans le vide. Sur les corps qui ondulent. Les gens qui rient, dansent, vibrent au rythme et au son des basses. Ma main gauche tient fermement ma bouteille, alors que les doigts de ma main droite se perdent dessus.

    Des gouttes perlent sur le verre, humidifiant le papier, collé, comportant la marque et les informations du breuvage. Un pan semble s’être décollé… Ou ne jamais avoir été collé, à vrai dire… Mes doigts s’en emparent. Je le passe, le repasse entre mes doigts, entre mes ongles… Je sens le papier onduler, s’affiner sous mes pressions répétées. Un bout s’en déchire finalement, m’ôtant une grimace alors que je l’envoie voler à terre, passant mes doigts dans ma chevelure. Tout me déçoit. Rien n’est plus à la hauteur. Rien ne vaut plus la peine d’être vécu. Vécu… Puis-je encore vraiment employer ce terme ?

    Je suis ici pour profiter, c’est ça ? Profiter de quoi, au juste ? Je suis seul, j’ai tout perdu. Profiter de quoi ? De ce que j’ai acquis ? De ce que j’ai assimilé ? De ce que mon cerveau a retenu de mon vivant ? Conneries… A part bosser et tatouer, je n’ai jamais rien foutu… C’est à ça que mon éternité est vouée ? Tatouer ? Sympa le cadeau. Mais vous auriez au moins pu attendre que je finisse ma formation. Que j’apprenne tout ce qu’on avait à m’apprendre. Me laisser vivre… Me laisser passer la trentaine… Mais puisqu’il faut profiter…Je sais c’que je vais faire. Je sais comment je vais me sentir vivant.

    La bière coule à flot le long de mon œsophage alors que mes idées se bousculent, toujours un peu plus. Je finis par déposer la bouteille, vide, sur la table, empoignant mon cocktail pour en prendre une gorgée, agrippant mon téléphone que je calle sur mes cuisses, me replaçant dans le fauteuil, mon bras s’accoudant sur l’appui tête de ce dernier, croisant les jambes. Je souris doucement, abasourdi par la musique alors que je m’imprègne de l’alcool. Mon retour à l’appartement est déjà tout tracé…

    Je vais me tatouer. Je suis ici pour m’amuser après tout ! Si tatouer, c’est ma vie, autant que je m’amuse avec ce que j’ai à disposition… J’avais prévu mon corps pour de grands artistes. Pour y ancrer mes expériences. Mais tout cela est loin derrière maintenant ! Seuls mon serpent et ma faucheuse me tiennent compagnie. Autant décorer et sublimer ce corps qui n’est plus… Le regard vide, mes lèvres s’imprégnant de l’alcool, les dessins se forment peu à peu dans mon esprit. Déverrouillant à nouveau mon téléphone, j’esquisse un large sourire carnassier, finissant d’un coup mon verre avant de le lâcher dans le fauteuil, me redressant aussitôt en fourrant mon smartphone dans la poche intérieure de ma veste. Minuit venait de sonner…

    Traversant la foule en bousculant quelques personnes, je me dirigeais vers la sortie, titubant légèrement. L’air frais me saisit à la poitrine, alors que je levais mon regard vers la lune. Elle était presque au plus haut, et toute sa moitié gauche était visible. Sa lumière était suffisante pour éclairer la ville, bien que les lampadaires fassent magnifiquement le travail. Baissant le regard, j’entreprenais mon retour à l’agence, d’un pas déterminé.

    Les chaînes de mon jean noir, partiellement déchiré, heurtaient ma cuisse à mesure de mes pas, arpentant nonchalamment les rues jusqu’à l’Agence. Les marches me semblèrent indéfiniment longues, et le couloir affreusement sinueux jusqu’à Michalak. Agrippant mon trousseau, je glissais la clef délicatement dans la serrure, jusqu’à ouvrir la porte, me faufilant à l’intérieur. Otant mes chaussures pour les prendre à la main, je m’aventurais jusqu’à ma chambre. Y déposant mes affaires, et retirant ma veste, je commençais à déboutonner ma chemise. La jetant au bout de mon lit, je m’emparais de ma fameuse mallette. Nous allions pouvoir commencer…

    Je m’installais machinalement : préparant les encres, le dermographe… Mais cette fois-ci, pas de stencil, pas même de dessin à même le corps. Enfilant mes gants, j’attaquais le tatouage, le dessin se formant peu à peu à l’aide des images que je m’étais faites. Tenant fermement ma machine de la main gauche, assis en tailleur sur mon lit, j’attaquais l’encrage de mon avant-bras, et de ma main droite. Plus l’encre se figeait en moi, et plus j’atteignais ce stade jubilatoire : je pouvais enfin atteindre cette perfection… Les dessins se formant dans mon esprit étaient identiques à ceux qui se formaient sur ma peau, au détail près… Pas d’explication à donner, pas de détail à revoir, plus de doute, d’appréhension… Tout était si parfait…

    L’alcool que j’avais ingéré tout au long de la soirée, en quantité plus qu’imposante, me compliquait quelques-peu le travail. Alors que les aiguilles percutaient ma chair, les saignements étaient plus importants qu’habituellement, bien que très fluides. J’avais par conséquent besoin d’essuyer fréquemment ma peau. Mais peu m’importait… Je tatouais ma chair et y encrait mon esprit. Je ne pouvais rêver mieux…

    Mon bras droit s’endolorissait légèrement, notamment là où la peau était plus fine, mais également au niveau des os. J’appréhendais déjà le coup des aiguilles sur ma main. Mais cette inquiétude n’était rien comparée à la joie et l’excitation que j’éprouvais, dermographe en main. L’arrière du bras fut pénible à faire également… Mais je n’avais qu’à m’appliquer un peu plus…

    Je ne fis pas de pause. Je considérais ne pas en avoir besoin. J’encrais, essuyait, encrais… Le bourdonnement du dermographe n’était plus qu’un bruit de fond que j’avais finis par oublier, bien que son résonnement soit imposant, en pleine nuit… Et surtout à travers ce silence… La nuit se jouerait entre l’encre, le dermographe, et ma chair, moi. Je gagnerai. Je le voulais… Je le ferai.

    Des larmes parcouraient mes joues alors que les aiguilles me percutaient et que l’encre coulait. Je n’avais pas mal, non, rien à voir. Je ne sentais plus vraiment de sensation, mon bras était presque anesthésié. Mais toutes les émotions remontaient en moi, comme s’évacuant pour laisser place à l’encre. Il paraîtrait que les personnes les plus tatouées vivent plus longtemps. Quelle ironie que de se faire tatouer dans l’au-delà…

    J’étais face à moi-même, seul avec mon instrument. Et je réalisais petit à petit à quel point j’étais seul dans ce nouveau monde. A quel point je regrettais finalement le monde des vivants… C’était ce monde et ses Hommes qui m’avaient expédié ici. Mais je le regrettais… Pourquoi ne pas m’y avoir laissé, juste un peu… Juste… Encore un peu…

    Le jour se levait sur Tokyo, et je coupais enfin mon dermographe. Je nettoyais ce bras, sali par cette encre et ce sang, pour dévoiler une chair noircie par mes propres dessins, et rougie par les coups d’aiguilles. Y appliquant tous les soins nécessaires, m’en occupant comme j’avais si bien appris à le faire, je nettoyais et rangeait tout mon matériel, reclaquant ma mallette pour la ranger à son tour.

    Me laissant tomber sur mon lit, je callais mon bras gauche sous ma tête, gardant celui où figurait mon œuvre sur mon torse. Je pouvais y sentir mon sang battre, me décrochant un large sourire alors que je fixais le plafond.

    Finalement, aurais-je fait ça si j’étais resté parmi les vivants ? Aurais-je découvert cette sensation si puissante de pouvoir réaliser sur sa propre chair ce que l’on réalise chaque jour sur celle des autres ? Aurais-je rencontré ces femmes, ces hommes, ayant tout comme moi tout perdu ? J’avais de la chance, finalement, que ce coup de hachette ne dépose pas sur mes yeux un simple voile noir, pour l’éternité. Je pouvais revivre…

    Laissant mes paupières se clore, je serrai doucement mon poing, encore endolori par le tatouage, sur mon torse, calmant ma respiration alors que les larmes coulaient sur mes joues.

    Otanjobi omedeto, Tsume-san…




     

      © Jawilsia sur Never Utopia
     

     
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