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#1 le 18.01.17 10:45

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Viktor A. Matveïev & Akira Saîto
Ca commence souvent comme ça. Une angoisse, l'angoisse qui te prend en pleine nuit. Tu ne sais pas d'où elle vient, ni si elle est réellement là pour toi, au fond. Tu ne sais pas si c'est pour te prendre ton âme ou ton corps, mais soudainement dans ton sommeil si paisible, elle s'installe, se creuse dans ta poitrine. Tu sens qu'elle se referme sur toi et que si tu ne prends pas ta chance de te réveiller, elle se refermera à jamais.
Mes yeux s'ouvrent brusquement dans ce moment précis. J'ai pris la chance, j'ai pris cette chance de finir cette nuit paisiblement. Alors, du bout des doigts, je tatonnes mon lit, espérant trouver la rédemption dans son pelage si doux et son odeur si rassurante.

Malgré mes efforts, dans ce noir, mes doigts ne parviennent pas à trouver Ponie. Qui est Ponie? Ponie n'est rien d'autre que ma petite peluche, un petit panda, mignon et sympathique, pas plus grand qu'un paquet de céréales. Il est toujours prêt de moi, lorsque je m'endors, lors de ces angoisses nocturnes ou simplement lorsque je me réveilles. Mais ce soir, il n'est pas là. Je ne sens pas son duvet entre mes doigts, ni son absence de chaleur rassurante. Alors au risque de réveiller la maisonnée, je me lève silencieusement pour tatonner encore plus. Une angoisse bien plus forte que celle de mes cauchemars m'envahit. Ponie n'est pas là, on l'a kidnappé.

Du moins, c'est la première idée rationnelle qui me vient à l'esprit et à quatre heures du matin, il ne faut pas trop m'en demander. Alors rapidement, mes pas me dirigent vers le premier lit, la première chambre que je croises sur mon chemin. Mes doigts se posent sur un corps étranger, bien que je connaisses ce parfum qui me permet rapidement d'identifié qui possède ce corps que j'essaye de réveiller.

"Viktor, aides-moi, s'il te plait..."

Je n'avais pas peur de cet homme. Je savais qu'il ne réagirais pas avec charme et grâce à cette heure-ci, mais j'avais confiance en lui. Il m'aiderait, j'en suis sûre, et à nous deux, nous pourrions retrouver le sommeil. Je lui serais éternellement reconnaissante... si seulement il se réveillait!
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#2 le 18.01.17 13:43

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J'étais rentré exceptionnellement tard, captivé comme bien des fois par le presque aboutissement d'une nouvelle potion. Presque, comme beaucoup d'autres fois encore. Jusqu'à ce que le liquide réagisse mal à un ajout de trop, en vérité, et me contraigne à tout recommencer. Cela éveillait chez moi une lassitude telle que je revenais toujours à la réalité en ces moments, réalisant alors les heures indues auxquelles je travaillais, ou simplement, parfois, que j'avais omis de me nourrir sans pour autant ressentir la sensation de faim. Ce soir, ç'avait été un tel échec qui m'avait convaincu de rejoindre l'appartement mollement, aux environs de minuit, peut-être une heure du matin. Sans manger, tel un enfant puni de ne pas avoir bien fait ses devoirs, j'avais regagné ma chambre, m'étais déshabillé en dormant déjà à moitié debout – car la fatigue avait ce vice de surgir brutalement, d'un seul coup, dès lors que notre concentration se relâchait ne serait-ce que furtivement – et m'étais laissé tomber brutalement sur mon lit... Alors, la magie opérait, et, peu importe ma fatigue préalable, le sommeil ne venait décemment pas avant une heure au moins. A croire que je me foutais tellement de la gueule des autres que mon propre corps venait à en faire de même vis-à-vis de moi-même ~.

J'avais finalement trouvé le sommeil peu après avoir vu mon radio-réveil afficher 2:24. Autant dire que lorsque je sentis mon corps être effleuré, arraché à un sommeil profond ; puis lorsque j'entendis une voix, toute proche, presque à mon oreille, je tressaillis dans mon lit, me réveillant trop brutalement pour que cela me soit agréable. Grognant en sourdine, je m'étirai, tournant à demi sur moi-même pour ouvrir un œil à demi et reconnaître l'une de mes colocataires.

- Akira.. ? marmottai-je en me frottant un œil, fronçant les sourcils en essayant de distinguer l'heure, Suka*, Akira ! Il est 4 heures du matin ! grognai-je de plus belle en me tournant sur le dos, frottant mon visage pour me convaincre de me réveiller un peu plus.

Mais j'eus beau me frotter le visage encore et encore, à chaque fois que je tentais un regard dans la chambre, Akira était là, comme un meuble à part entière au regard ô combien animé d'émotions diverses parmi lesquelles je percevais autant d'inquiétudes que d'espoirs. Soupirant, je me redressai lentement en passant ma main dans mes cheveux, ébouriffant mes mèches trop longues pour qu'elles s'ordonnent d'elles-mêmes. Un moment silencieux, je fixai la jeune femme à mon chevet, soutenant son regard avant de soupirer de plus belle. Akira était ainsi. Si innocente, que je ne pouvais guère lui en vouloir longtemps et ce, depuis que nous avions tissé un lien un peu plus étroit que celui de simples colocataires.

Elle avait en effet cru bon de nettoyer ma chambre un de ces jours où la folie du ménage la prenait et où elle rangeait l'appartement au complet. Ce ménage lui avait valu de découvrir une photo d'Anja que je gardais pourtant dissimulée au fond de l'un des nombreux tiroirs de mon bureau. Pleine de son enthousiasme naturel, elle m'avait fait part de cette découverte avec son sempiternel sourire lorsque j'étais rentré du travail... Et j'avais explosé de rage, tant parce qu'elle parlait d'Anja, sujet ô combien sensible lorsqu'il n'était pas abordé par mes propres soins, que parce qu'elle avait fouillé mes affaires sans mon autorisation, pour son « putain de ménage » de mes propres termes. J'avais quitté le salon dans un vacarme assourdissant et m'étais enfermé dans ma chambre pour ronger mon frein, longtemps. Toute la soirée durant. Toute une partie de la nuit. Puis, réalisant peu à peu que la colère avait laissé place à la peine, j'avais rejoint la chambre de mon bourreau improbable pour la réveiller en pleine nuit, comme elle l'avait fait ce soir, afin de lui expliquer qui était Anja. Afin de lui parler d'elle, de la faire vivre à mes côtés, quelques instants, furtifs, arrachés au temps.
Akira était la seule à en savoir tant au sujet d'Anja. Du reste, sa gentillesse et son enthousiasme à toute épreuve me rappelaient ma propre fille alors même que je la savais mère. Peut-être cette qualité éveillait également chez moi quelque chose de familier. Elle n'avait plus tous ses enfants, alors elle savait ce que je pouvais ressentir ; ce vide, que rien ni personne ne saurait jamais combler.

- C'est quoi l'problème? maugréai-je après un interminable soupir de plus, en osant à peine la regarder. Je savais que je ne pouvais guère résister aux grands yeux suppliants de cette femme-enfant. De cette mère-enfant.


Spoiler:
* : En Russe, ça veut dire « Putain » Oui oui, il jure à peine réveillé
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#3 le 30.01.17 10:59

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Viktor A. Matveïev & Akira Saîto
Je savais qu'il était si tôt, c'est d'ailleurs pour cette raison que j'étais si mal et si inquiète pour ma peluche. C'était surement futile comme réaction, surement inutile de déranger mon précieux camarade de collocation pour cela, mais moi, j'étais réellement inquiète. Et si quelqu'un de malintentionné était entrain de torturer ma précieuse Ponie? Je fermais les yeux en tentant de contrôler mes larmes qui ne servaient à rien dans l'instant présent. Je devais mobiliser mes forces, trouver la puissance en moi pour pouvoir expliquer le problème calmement et clairement en espérant qu'il me comprenne.

"Et bien... J'ai perdue ma peluche, tu sais, Ponie.."

Lui en avais-je déjà parlé? Il était trop tôt pour me poser ce genre de questions, surtout à mon esprit embrumé. Pour qu'il comprenne la gravité de la situation, j'avais continuer sur la même lancé, avec la voix hésitante et le regard totalement sérieux bien qu'affecté sentimentalement.

"... Elle n'est pas sur mon lit, ni par terre.. Et je ne la trouve nulle part. Je ne veux pas qu'on me l'ai volée... Elle est importante pour moi et je suis tellement mal."

Je retiens un hoquet. Je devais vraiment faire pitié en cet instant... Surtout pour en venir à réveillé Viktor, c'était vraiment bas de ma part et c'est surtout cela qui me mettait dans cet état si peu agréable. J'essuyais avec les manches de mon pull mes larmes qui commençaient à séchés sur mes joues alors que mon autre main était toujours fermement accroché au drap de Viktor.

"Je comprends si tu souhaites te rendormir."

Je devais le préciser. Je ne voulais rien lui imposer et il me semblait que déjà, cette requête était beaucoup trop importante pour lui de si bon matin.

"Mais... Je te ferais un bon petit déjeuner et un massage si tu m'aides."

Je savais au fond de moi que je n'avais pas besoin de lui offrir quoi que ce soit en retour, mais ma reconnaissance naturelle me permettait d'être si douce et gentille. C'était normal, après tout. Si quelqu'un nous aidait, dans n'importe quel moment de la vie où on a besoin de lui, il suffisait donc de lui offrir un petit plaisir sain en compensation. C'était comme cela que je fonctionnais et on ne pouvait pas me le retirer. Je me taisais un moment, calmant ma panique et attendant les réponses du jeune homme, presque impatiente malgré moi.

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#4 le 31.01.17 16:51

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Frictionnant mon visage à répétition, je soupirai silencieusement en l'entendant évoquer Ponie. Heureusement pour moi, elle avait précisé qu'il s'agissait d'une peluche, sans quoi l'identité de la tristement célèbre Ponie serait restait particulièrement nébuleuse à mes yeux, plus encore à cette heure de la nuit.
Étrangement pourtant, apprendre que je me faisais réveiller pour retrouver une simple peluche ne fut la source d'aucune colère, pas plus que je ne fus surpris par la teneur de la demande. Oui, si n'importe quel autre colocataire était venu me chercher pour retrouver une peluche, la démarche m'aurait surpris et agacé ; mais il s'agissait d'Akira. A cet égard, j'avais grand mal à voir de la malveillance dans ses gestes, plus encore alors qu'elle semblait en proie à la plus grande panique, à mes côtés, et n'éprouvais donc aucune colère à son encontre, pas plus que l'envie de lui refuser quoi que ce soit. Le fait que la femme-enfant cherche son doudou n'avait pas non plus été surprenant. Pis : cela m'était apparu naturel.

- Calme-toi, soufflai-je en me frottant l'arrière du crâne, Je vais t'aider. Tu n'as pas besoin de me proposer un massage en échange, ni un petit-déjeuner... Même si je ne suis pas contre l'idée du petit-déj' demain, avouai-je en souriant un peu pour essayer de la détendre.

Ma main vint brièvement tapoter celle d'Akira, encore crispée sur mes draps, pour l'enjoindre à se relaxer pour de bon. Je ne croyais décemment pas à la thèse du vol – sauf à ce qu'il s'agisse d'une mauvaise blague puérile de la part de l'un de nos colocataires ; typiquement le genre de Nae – et étais, de fait, persuadé que l'affaire ne serait que l'histoire d'une quinzaine de minutes maximum. A mes yeux, il suffisait de retourner la chambre d'Akira pour retrouver la peluche. La cachette de Ponie avait forcément dû échapper à Akira lors de ses premières recherches, toute à son émotion.

M'extirpant enfin des draps, j'évoluai sur mon lit pour atteindre mon armoire et en sortir l'unique pantalon de survêtement de ma garde-robe afin de l'enfiler en vitesse et ne pas avoir ainsi à me trimballer en boxer dans toutes les pièces de l'appartement, alors qu'il me faudrait fureter avec la jeune femme. Aussi sûrement que je ne m'encombrais pas d'un costume pour si peu de temps, je ne comptais pas davantage prendre la peine de m'aider de l'une de mes cannes : les meubles suffiraient à me servir d'appui pour évoluer dans l'appartement, dans la mesure où il m'apparaissait improbable que les recherches s'étalent plus loin que la chambre de la lémure.

- Allons enquêter dans ta chambre, proposai-je en me relevant enfin, ne prenant appui que sur ma jambe gauche afin de ménager ma hanche droite, au moins le temps que la jeune femme ouvre la marche.

La chambre d'Akira se situait à côté de la mienne – je me trouvais donc agréablement encerclé entre la femme-enfant et Royane -, si bien que le trajet fut plus rapide encore que je ne me l'étais imaginé, les montants de portes et les divers meubles en présence me permettant de cheminer sans trop de difficultés et sans avoir à trébucher du fait de ma boiterie, surtout.
La première bonne nouvelle qui m'apparut à l'instant où j'allumai la lumière dans la chambre d'Akira, fut que celle-ci ne semblait pas l'avoir totalement retournée pour chercher Ponie. Sans doute, dans la précipitation et la panique que je lui savais sincère, avait-elle jugé plus pertinent de solliciter l'aide du premier venu plutôt que de chercher seule. Peut-être avait-elle également cherché une présence pour se rassurer afin de surmonter l'épreuve – car à son échelle, il s'agissait bien de cela, je n'en doutais pas un instant – à laquelle elle était confrontée.  De cette bonne nouvelle, mes espoirs se trouvaient renforcés : trouver la peluche serait un jeu d'enfant et elle comme moi pourrions retrouver les bras de Morphée rapidement.

En silence, je balayai la pièce des yeux, m'y avançant un peu en prenant la peine de regarder sur les meubles ou dessous, en quelques endroits incongrus où la peluche n'avait décidément rien à faire – plus encore alors que je partais du principe qu'Akira l'avait simplement oubliée quelque part. Peut-être avais-je tort de prendre cela pour un postulat de base, cela dit, si l'un des colocataires en présence avait décidé de lui jouer un mauvais tour -. Calé contre son bureau, je continuai de balayer la pièce des yeux, en vain, n'y voyant aucune peluche ; ou en tous cas, aucune ne suscitant l'intérêt d'Akira alors qu'elles étaient placées sous ses yeux de manière évidente. Ce fait me fit réaliser une nouvelle fois que je ne visualisais que trop modestement l'allure de la peluche disparue, d'ailleurs, et me motiva à reprendre la conversation.

- Hm... Akira ? hasardai-je en croisant mes bras sur mon torse, Pourrais-tu me décrire Ponie, à nouveau ? Et sinon... T'es-tu endormie avec, par exemple, ou était-elle déjà portée disparue ? Si oui, te souviens-tu de l'endroit où tu l'as vue pour la dernière fois et de quand cela datait ?

Un peu plus, et je prenais la peine de dégainer un petit carnet pour prendre sa déposition. Pour être tout à fait franc d'ailleurs, l'idée m'avait traversé l'esprit mais j'avais redouté qu'elle le prenne mal, qu'elle prenne cela comme une moquerie alors qu'avec elle, ce n'aurait été finalement qu'une énième démarche pour la rassurer.
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#5 le 01.02.17 20:49

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Viktor A. Matveïev & Akira Saîto
Je sentis la main rassurante de Viktor sur la mienne et tout de suite, mes maux se calmaient. Du moins, j'étais passée au stade de panique à une motivation presque soudaine de retrouver le réconfort et la douceur de ma peluche perdue. Je me redressais donc avec hâte, attendant malgré tout que mon colocataire -et probablement le seul qui aurait fait cela pour moi sans m'envoyer paître- en fasse de même. Bien évidemment, je n'oubliais pas son handicap mais avait peut-être jugée trop sévèrement ma propre présence dans sa chambre pour ne pas l'aider. Je ne voulais pas paraître encore plus insistante, encore plus pressée que je ne l'étais déjà et que l'aura que je dégageais n'avait sans nulle doute suivit la même voie. Je me contentais d'être sage, au coin de la porte, comme une petite fille attendant son père pour aller ouvrir les cadeaux de noël. C'était parfois étrange de me retrouver dans ce rôle à ses cotés, de me sentir protégé et en sécurité avec un naturel aussi fou et peu commun que lui. Je me laissais à sourire doucement, admirant chacun de ses efforts et tournant les talons pour progresser vers ma propre chambre.

Mon inquiétude quant à sa marche s'évacuèrent rapidement lorsque je me souviens que nos chambres étaient proches. Il n'aurait pas à s'encombrer de marcher des kilomètres et j'espérais que nous n'aurions pas à réveiller toute la maisonnée pour retrouver mon bien précieux. Je ne le ferais pas en tout. Je ne le voulais pas. Déranger tout le monde... Non. Je m'étais permise de ne déranger que Viktor parce que- ... et bien, je n'avais pas d'excuse là non plus. Peut-être bien parce que j'avais confiance en lui, voilà.

Perdue dans mes réflexions, les paroles de l'homme accoudé au bureau me sortirent de celles-ci.

"Oh? Oui ! Ponie !"

Un vent de determination souffla sur tout mon petit corps une nouvelle fois, allant jusqu'à froncer les sourcils et mettre mes mains sur mes hanches. Je ne devais pas avoir l'air très convaincante en chemise de nuit légère, mais c'était l'optimiste qui parcourait mon regard.

"C'est un panda, petit comme ça."

Je lui montrais les dimensions avec mes mains, n'excédant pas les vingt-cinq centimètres de long.

"Et haut comme ça."

Mes mains montrèrent de nouveau une taille d'environ une quinzaine de centimètres.

"Je le tenais avec moi quand je me suis endormi.. Mais, il est tout mou.. Il s'est peut-être coincé sous le matelas."

Voilà que cette idée m'apparait comme une lumière dans l'obscurité. Oui, peut-être qu'il s'était simplement coincé sous mon traversin pendant mon sommeil? Je me diriges alors vers mon lit et ma couette se retrouve avec une vitesse folle sur le sol, suivit de près de mes deux oreillers et de mon traversin. Et là, miracle. Lorsque je me penches doucement, m'appuyant de mes deux bras sur le bord de mon matelas pour regarder le trou entre le mur et celui-ci, je reconnais entre mille les petites billes rondes noires qui me fixent.

"Je le vois Viktor! Je le vois!"

Joie, immense. La peluche coincé entre le mur et le matelas. Avec mes forces, j'essayes de soulever celui-ci mais... mais il ne semble pas décidé à bouger. Pourtant, j'y mets tout les efforts du monde, car je ne veux pas demander à Viktor de m'aider à le faire, il risquerait de se blesser à sa hanche en plus de cela. Par ma faute, c'était impensable et surtout, je le refusais.

"Je vais.. y ... arriver!"

La foi. J'avais la foi, et elle me permettait de faire beaucoup de choses, mais mes bras étaient tendues au maximum, mes jambes commençaient déjà à trembler alors que le matelas s'était soulevé d'à peine quelques centimètres, ne servant qu'à coincé cette peluche encore plus loin. Mon souffle se faisait court alors que j'étais déçue de moi-même et de mes performances.

"..."

Le matelas retomba dans un "pouf" qui signifiait bien ma défaite et je restais là, tristement à fixer le matelas. Brusquement, une vague de colère -bien que petite- me traversa et me poussa à hausser le ton sur cet amas de mousse.

"... Méchant!"

Mon pied partit trop vite, la douleur était venue tout aussi rapidement que mon orteil sur le bois. Les larmes me sont montées aussi et je ne me souviens plus quand je me suis retrouvée les fesses sur le sol à mordiller ma main en tenant mon pied pour ne pas insulter tout les matelas de la planête.

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#6 le 03.02.17 10:56

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Attentif à la description d'Akira quoique souriant de sa détermination nouvelle, j'acquiesçai à ses paroles en tachant de visualiser Ponie, cherchant à nouveau parmi les peluches présentes. Je savais désormais que la jeune femme avait dormi avec le disparu, ce qui me confirmait mes soupçons premiers : le panda devait être ici, quelque part. Sauf à ce que la jeune femme ait le sommeil particulièrement lourd et que l'un de nos colocataires se soit introduit dans sa chambre pour lui voler la peluche... Ce que je n'excluais pas tout à fait, sans pour autant privilégier la piste.
Mais soudain, comme si ses propres paroles avaient éclairé son esprit, Akira se précipita sur son lit, renversant couvertures et oreillers pour regarder dans le bref interstice entre le mur et le matelas. Alors, elle ne tarda pas à oublier l'heure tardive de la nuit et me fit part de sa découverte avec autant d'enthousiasme que de franchise. Lentement, je me détachai du bureau pour avancer vers elle mais m'arrêtai en route en voyant qu'elle essayait de se débrouiller seule, suivant alors ses gestes des yeux en décidant de ne pas intervenir... Compte tenu de la finalité de tout ceci cependant, j'aurais indéniablement dû.

Esquissant un bref sourire partiellement désolé, je penchai mon corps en avant jusqu'à me retrouver à quatre pattes, me hissant ensuite vers la jeune femme essentiellement à la force de mes bras. A hauteur d'Akira, je pivotai sur moi-même pour m'asseoir dans une position similaire à la sienne, quoique tourné de sorte à lui faire face.

- Viens..., soufflai-je simplement en écartant mes bras dans l'attente qu'elle s'y blottisse.

Doucement, paternellement presque, mes bras se resserrèrent sur son petit corps tandis que je calais ma tête sur son épaule. Tendrement, alors, ma main droite frictionna son dos pour la réconforter de l'échec qu'elle venait d'endurer tout autant que du mal qu'elle subissait et que tout un chacun connaissait. Qui n'avait jamais, en faisant son lit ou en le contournant simplement, heurté du bout du pied le bois du lit ? C'était là un talon d'Achille que nous possédions tous, hommes comme femmes, grands comme petits, gros comme maigres... Tous, nous nous arrêtions en vociférant, souffrant plus ou moins en silence jusqu'à ce que la douleur passe après quelques minutes à se frotter les orteils ou à se les tenir simplement.
Je commençais cependant à connaître Akira et savais pertinemment, à ce titre, qu'il n'y avait pas que cela. Elle qui avait voulu se débrouiller seule pour sortir Ponie de sa prison, avait également dû endurer un échec alors, pourtant, qu'elle avait mis toute sa force et toute sa hargne dans sa tentative de sauvetage. Le coup du petit orteil contre le bois de lit avait probablement sonné comme une punition non-méritée.

Ma main chemina jusqu'au crâne de la jeune femme alors que je desserrais mon étreinte en souriant, réajustant l'une de ses mèches de cheveux en me reculant tout à fait.

- On va secourir Ponie ! lui affirmai-je avec la même détermination qu'elle, plus tôt, Mais pour cela, je vais avoir besoin de toi ! Je vais soulever le matelas, et pendant ce temps, tu vas te faufiler dessous pour sauver Ponie. Ne t'appuie pas trop sur les lattes, hm ? l'avertis-je néanmoins dans le but d'éviter un nouveau drame – notamment qu'elle brise l'une des lattes du lit et/ou s'enfonce une écharde dans la main -, Après ça, on refera ton lit pour que vous dormiez bien, tous les deux, d'accord ?

Je savais qu'Akira était l'une de ces femme-enfants que l'on rencontre parfois. Je savais encore qu'en l'instant, elle était plus enfant que femme, aussi réagissais-je en père, comme je le faisais avec Anja lorsque nous nous trouvions confrontés à un problème et un échec consécutif. Il était arrivé à ma fille de vouloir régler quelque chose sans y parvenir – pêle-mêle : récupérer un jouet qui avait fini dans un recoin inaccessible ; escalader un arbre en réalisant pourtant qu'elle était trop petite pour le faire ; essuyer d'innombrables chutes en s'essayant au vélo ou au patin à glace -, comme Akira, aujourd'hui, ne parvenait pas à récupérer Ponie. Dans de telles hypothèses, je m'arrangeais toujours pour aider sans régler le problème par moi-même, tant pour que ma fille retrouve, voire acquiert une confiance en elle, que pour lui apprendre à se débrouiller seule, peu à peu. Lorsque l'un de ses jouets était coincé derrière un meuble, je décalais celui-ci et lui laissais l'honneur de le récupérer, tout comme je la portais ou lui servais de rehausseur pour qu'elle soit assez haute et atteigne ainsi ce qu'elle désirait. Je l'accompagnais et l'encourageais lorsqu'il le fallait pour qu'elle s'obstine, voire chutais moi-même pour lui montrer que cela arrivait à tout le monde.
Cet enseignement d'une autre vie me servait toujours avec Akira, et si cela me rendait inévitablement nostalgique, je tâchais de garder le sourire malgré tout, tant cela faisait remonter de belles choses.

Basculant à nouveau à quatre pattes, je rejoignis le lit de la jeune femme pour y prendre appui et me relever avant d'empoigner le matelas. En position, mes appuis bien ancrés, je lançai un coup d’œil à Akira pour l'enjoindre à s'approcher.

- Prête.. ? Allez ! lançai-je en soulevant le matelas en deux temps, le bref interlude consistant simplement à renforcer mes prises.

Sans doute aurais-je pu moi-même soulever le matelas assez haut pour me glisser en dessous et le maintenir sur mon dos, simplement, le temps de décoincer Ponie... Mais quel intérêt cela aurait eu ? Non content d'infantiliser davantage Akira alors que je tendais à essayer – vainement, pour l'heure... - de faire naître la méfiance chez elle, de peur qu'elle se fasse manipuler par n'importe quel spectre, cela lui aurait ôté tout ce plaisir qu'il y avait chez l'enfant à réussir ce qu'il avait, dans un premier temps, échoué. Ç’aurait été cruel de ma part de retirer à Akira ce petit plaisir alors qu'il ne m'apportait strictement rien. Or, avec elle, je n'étais jamais cruel.
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#7 le 30.03.17 14:51

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Viktor A. Matveïev & Akira Saîto
Je ne comprenais pas son attitude envers moi. Je ne méritais pas cette attention qu'il m'offrait. J'avais simplement échoué, échoué à faire quelque chose de moi-même, encore une fois. Je n'étais pas capable de me gérer seule, au fond. J'étais une femme courageuse, sans aucun doute là-dessus. J'avais peut-être affronté des horreurs que je n'aurais pas du. Mais la moindre petite chose, depuis que j'étais ici, se transformais en montagne pour moi. C'était quelque chose que j'avais du mal à supporter : l'échec. Comme n'importe quelle personne, en soit. Il n'y avait rien de très hors du commun à ne pas supporter ne pas arriver à faire les choses par soi-même, cependant... Rien qu'une fois, j'aurais aimé que les choses se passent autrement, mais mon tempérament enfantin m'a rattrapée beaucoup plus vite que je ne le pensais et ses bras chauds et réconfortants étaient là pour me rassurer. Pourtant, quelque part, j'étais insatisfaite de moi.

Cependant, il faisait de son mieux pour me rassurer et je n'avais pas envie de le décevoir, loin de là. Je n'allais pas baisser les bras, et c'est vrai que parfois, un peu d'aide ne fait pas de mal. Vraiment pas. On peut arriver à faire beaucoup de choses rien que parce qu'une petite aide nous à été offerte, alors c'est avec un petit sourire que je lui réponds par un hochement de tête. Lui aussi, veut peut-être être utile, après tout. Il faut que je cesse d'être égoïste et de ne penser qu'à moi.

"On va y arriver." Je n'en doutais plus une seconde.

Alors en le voyant agir de la sorte pour moi, mes joues ne cessent de s'empourprer. De peur qu'il se fasse mal, de stress de ne pas arriver à ma mission, d'étrangeté que les choses ne se terminent pas aussi bien qu'elles ont démarrées où, au contraire, que les choses se terminent aussi mal que ce réveil fortuit.

Lorsque j'avance et que j'aperçois Pony, toutes mes peurs et mon stress s'envolent alors que je m'élance -un peu trop de vigueur avec moi- vers lui et l'attrape pour le serrer dans mes bras.

"C'est bon !"

Un dernier petit mot et nous voilà tout deux libérer de l'obligation de faire plaisir, enfin, surtout lui que moi. Je me sentais juste encore plus mal et mes yeux ne cessaient de le dévisager de haut en bas. Je n'osais pas lui dire, lui demander, comment il pouvait aller après cet effort peut-être minime, mais physique tout de même, surtout sans trop d'échauffement, voir même aucun.

"Tout va bien....?"

J'ose. Je ne peux pas rester là, malgré le bonheur, malgré les larmes qui commencent à monter à la vue de ma fatigue qui se fait ressentir, malgré tout. Je m'inquiète pour lui, son bien-être et sa santé. Il passe au-dessus. Ils passent tous au-dessus de moi. Je suis en dessous, mais cela ne me dérange pas, au contraire. S'ils peuvent tous être heureux, cela me va. J'en serais heureuse. Je pense que Pony aurait été vivant, il serait mort étouffé en cet instant, le pauvre. Je desserre mon étreinte à cette pensée et baisse les yeux.

C'est terminé. J'espère juste ne pas l'avoir trop dérangé et qu'il va pouvoir retourner se coucher... Je serre encore Pony.

"Pardonne-moi.."

Je ne peux pas me taire. J'ai l'impression qu'une boule se forme dans ma gorge, les pensées fusent et je m'en veux encore terriblement. Je répète les mêmes choses en bouclent qui se fracassent contre mon crâne et je sens un petit mal de tête pointé le bout de son nez. La fatigue, les soucis... Rien ne va, n'est-ce pas ? Parfois, il y a des jours comme ça. Mais demain matin, j'aurais repris des forces et tout ira mieux ! Oui, j'en suis sûre.

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#8 le 07.04.17 22:48

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Motivée à bloc, Akira s'élança sous le matelas sans douter un instant de ma prise - en soi, elle n'avait pas foncièrement tort puisque j'avais trouvé une position qui ne me faisait guère forcer -, ressortant presque aussitôt avec Ponie et reculant de ce lit maudit, me laissant remettre le matelas en place. Ce n'est qu'après l'opération que je remarquai la façon qu'elle avait de me dévisager en serrant sa peluche contre elle ; la façon qu'elle avait de baisser les yeux, voire de menacer de pleurer. Hm... Étrange. Je pensais qu'Akira serais plus prompte à sauter de joie d'avoir retrouvé Ponie, voire à pleurer de joie en le serrant dans ses bras. Je ne m'imaginais pas la voir aussi bouleversée par les évènements, apparemment gênée vis-à-vis de moi plus qu'autre chose.
Pas de chance pour elle, je ne comptais pas me démonter face à son humeur maussade. Souriant en coin, je calai ma hanche droite contre un meuble pour ne pas souffrir un déséquilibre quelconque et croisai les bras sur mon torse en la sondant un moment, comme elle avait pu le faire. Après un court silence, ma main droite quitta le refuge de mon bras et mon index se tendit.

- Primo... Je ne vois pas pourquoi ça n'irait pas ! On a retrouvé Ponie et il est indemne de surcroît. Du reste, ce n'est pas parce que je me trimballe avec une canne que je ne suis plus du tout sportif. A ce titre, soulever partiellement un matelas ne relève pas de l'exploit, pour moi, ricanai-je en contractant brièvement mes biceps pour l'en convaincre, S'il avait fallu le porter totalement, je ne dis pas, mais là, il n'y a pas matière à s'inquiéter. Secundo, enchaînai-je sans transition en tendant mon majeur aux côtés de mon index, C'est à Ponie ou à moi que tu t'adresses quand tu demandes pardon ? A Ponie, je comprendrais, mais pas à moi, alors qu'il n'y a pas matière à. Tu n'as rien à te faire pardonner, plus encore alors que j'ai gagné un massage et un petit-déjeuner dans l'entreprise. Mais toi, ça va ?

Réussissais-je, là encore, à la rassurer ou ne faisais-je qu'accentuer ce mal qui la prenait soudain ? Il était rare de ne pas voir Akira avec le sourire - mais sans doute les dernières émotions et la fatigue y étaient pour beaucoup -. Elle était à ce point le rayon de soleil de l'appartement que tout paraissait gris, fade et terne lorsqu'elle n'était pas elle-même de bonne humeur. Ça expliquait sans doute que beaucoup se plient en quatre pour améliorer son humeur, le cas échéant - moi le premier, je l'avoue ; et si, aujourd'hui, cela ne m'étonnait plus, j'en avais été le premier surpris au départ -. Là, il ne me restait qu'une carte à jouer - avant de déléguer, à Morphée, la tâche de requinquer Akira en l'envoyant purement et simplement au lit, en espérant qu'une nuit de repos suffise à balayer sa méchante humeur -.

- T'as pas faim ? Moi ça m'ouvre toujours l'appétit, ce genre d'aventure. Avec Anja, on mangeait toujours un truc après un sauvetage de cette envergure. Une omelette au chocolat, pour être précis ~, souris-je en adressant un clin d’œil à la jeune femme, Une invention de sa mère, si tu te demandes, précisai-je en me redressant.

Qu'Akira décide ou non de s'improviser un petit casse-croûte nocturne, je ne comptais pas m'en dispenser, aussi m'avançai-je vers elle en lui souriant, apposant une main réconfortante sur son épaule avant de la contourner pour rejoindre la cuisine et sortir le nécessaire pour ce plat atypique. La première fois qu'Anaïs m'avait parlé de cette omelette au chocolat, j'avais été des plus sceptiques même si elle avait tenté de m'amadouer en me vendant ça comme un dessert - à juste titre, puisque l'omelette est sucrée pour l'occasion afin d'accompagner le chocolat -. L'aspect n'avait pas été plus engageant mais au moins l'odeur ne m'avait-elle pas rebuté. J'avais hésité un peu avant de tenter et ne m'y étais aventuré que du bout des lèvres avant de constater avec surprise que c'était en vérité délicieux ! Anaïs tenant la recette de son propre père, j'avais cru bon d'initier ma fille à ce plat et n'avais pas manqué de m'amuser de son comportement au moment de manger la fameuse omelette, revoyant, en elle, ce que j'avais moi-même imposé à Anaïs des années plus tôt.

Aurais-je le plaisir de voir ce même scepticisme maculer les traits d'Akira ? Au moins cela la détournerait peut-être de son étrange mélancolie.