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    #11 le 31.01.17 21:21
    Quoique mes yeux soient tout à la grâce dont elle faisait preuve en battant les cartes, je ne pus empêcher l'un de mes sourcils de se hausser. Ainsi donc, elle avait tout de même pris le temps de lire la pancarte à l'extérieur de ma boutique et connaissait mon pouvoir ? J'étais surpris, je l'admettais. Je pensais en effet, jusque là, que son intérêt pour moi était parfaitement inexistant et que ses allées et venues dans la boutique n'étaient liées qu'à ses obligations à mon égard. Peut-être devrais-je me montrer méfiant : qui sait ? Peut-être m'observait-elle lorsque je pensais être à l'abri !
    Pourtant, la suite de ses paroles – sa justification plutôt – me poussa à détourner les yeux sur les cartes, à nouveau. Pourquoi avais-je tant de mal à la croire, lorsqu'elle me disait – lorsqu'elle prétendait – ne pas s'intéresser à ses souvenirs passés ? Parce qu'elle m'avait avoué peu avant s'être rendue en Sicile, il y a de cela quelques semaines à peine, peut-être. Parce que je ne parvenais pas à l'imaginer plus forte que moi sur ce point, et que je ne faisais pas exception aux autres qui me sollicitaient continuellement, sans doute. S'il m'était en effet donné de profiter de mon pouvoir, j'en userais pour revoir le visage de ma fille qui s'obscurcissait de plus en plus au fil des jours. Comme si le souvenir que j'avais d'elle avait sa propre conscience et réalisait qu'à défaut d'être renouvelé, il s'éloignait de plus en plus de la réalité. Or, devenu mensonge, il n'avait plus lieu d'exister et préférait encore disparaître, simplement.

    Volontiers porté par l'enthousiasme de la zombie – pour une fois qu'elle mettait un tant soit peu de cœur à l'ouvrage ! -, j'obtempérai en silence, réajustant ma position après lui avoir donné le coussin réclamé et récupéré sa coupe que je posai sur la table de chevet, me calant, comme demandé, contre la tête du lit – non sans avoir pris la peine de décaler ma veste encore dissimulée sous les couettes pour lui épargner quelques plis malvenus -.

    - Évidemment, soufflai-je en écho à sa précision ultime.

    Pourquoi prenait-elle la peine de préciser cette règle alors qu'elle était effectivement constamment sous-entendue chez elle ? Parce qu'elle ruinait, à elle seule, tout le stratagème que j'avais élaboré pour espérer converser avec elle ? Sans doute. Mais au moins, ce que cette règle ajoutée par ses soins laissait entendre flattait mon ego : si elle prenait la peine d'ajouter cette précision, c'est qu'elle se voyait subir mes questions et me présageait donc gagnant des parties de cartes à venir.

    Alors que j'attendais patiemment qu'elle daigne installer le jeu convenablement, mes sourcils se froncèrent furtivement à l'instant où elle entreprit de retirer certaines cartes du jeu. A quoi bon avoir pris la peine de tout mélanger si elle perdait maintenant du temps à retirer tous les chiffres ? De plus en plus sceptique, mon regard sonda le sien lorsqu'elle m'imagina un court instant cartomancien. Sérieusement ? Avais-je vraiment la tête de la parfaite Madame Irma ? Croyait-elle vraiment que je perdais du temps avec cela ?
    N'étant décidément pas au bout de mes surprises avec elle, je fus étonné d'apprendre qu'elle se débrouillait apparemment pour lire les cartes. Qu'elle arrête de rêvasser cependant : nul besoin du « moi aussi ». Je n'étais pas de ces manipulateurs là. Je me considérais plus subtil qu'eux. Ainsi donc, si, certes, le Tarot de Marseille était réputé pour la cartomancie plus que pour le tarot lui-même, je ne l'avais en ma possession que pour deux raisons aussi banale l'une que l'autre : la première, en ce que ce jeu là, précisément, plus que les autres, avait attiré mon œil – j'avais un faible pour le style des dessins, je devais le reconnaître - ; la seconde, en ce que le Tarot de Marseille me rappelait la France, la France, me faisant penser à mon ex-femme, et mon ex-femme, à ma fille. Une fois n'est pas coutume.

    L'apothéose – du moins le pensais-je – poignit lorsqu'elle me proposa d'essayer, adoucissant ma méfiance première et apparemment évidente par la promesse d'un jeu prochain. Mais sans même attendre que je ne lui réponde, les cartes étaient déjà étalées et sa main m'enjoignait à en tirer quelques unes, et plus précisément trois, comme elle daigna me l'indiquer ensuite.
    En dépit de mon scepticisme, je devais reconnaître que ce soir, Giuliana m'étonnait. Ou du moins m'étonnait-elle depuis quelques minutes, alors qu'elle semblait désormais avoir oublié la colère et l'incompréhension premières, nées à l'instant même où elle m'avait vu assis dans cette chambre de la maison close dans laquelle elle travaillait. Elle me surprenait agréablement, plus encore alors qu'elle semblait si souriante – oserais-je dire épanouie ? -. S'il n'y avait que cela pour la ravir, elle aurait dû me le dire et je lui aurais sorti ce jeu de cartes bien plus tôt.

    - Bien, adjugeai-je en obtempérant enfin, me redressant pour observer le dos des cartes alignées entre elle et moi, Puisque je n'ai plus rien à craindre dans la mort, ce serait idiot de ne pas connaître ce que me réserve mon avenir, des dires des cartes, souris-je en levant les yeux sur Giuliana.

    Quittant ma cuisse sur laquelle elle se trouvait appuyée, ma main droite s'étira jusqu'à se placer à hauteur des cartes, stationnant au-dessus d'elles en cherchant peut-être à ressentir quelque chose de différent, dans l'espoir de tirer un bel avenir. Était-ce cependant nécessaire de prendre de telles précautions ? Au-delà du fait que je n'y croyais pas, à supposer que les cartes disaient effectivement vrai lorsqu'elles s'exprimaient, n'était-ce pas à dire que ma destinée était toute écrite ? A quoi bon me concentrer pour choisir des cartes, en ce cas, puisque tout était supposément pré-écrit, y compris le tirage ? Que je prenne mon temps ou me presse, le résultat serait identique. D'autant plus identique qu'une fois encore : je ne croyais pas, par avance, ce qu'elle pourrait bien me dire ensuite.

    - Tu pourrais être une experte ou une menteuse que cela ne changerait guère de choses à mes yeux, cela dit, soufflai-je en observant les cartes, abattant ma main sur une première pour la retourner, Je ne sais pas lire les cartes et quand bien même, je ne prendrais pas la peine de le faire pour mes clients. L'avenir est, par définition, incertain. J'aime en tous cas à penser qu'il l'est, ne serait-ce que pour donner un sens à l'existence. Quel plaisir y a-t-il à vivre si tout est déjà gravé dans la pierre ? Dans une telle situation, autant se laisser porter et attendre que les évènements viennent à nous plutôt que de les provoquer, ou, au contraire, les contourner, poursuivis-je en levant brièvement mes yeux sur elle, choisissant ensuite une seconde carte que je retournai pareillement, Je m'efforce de paraître le plus crédible possible aux yeux de mes clients, et préfère fonder mon gagne-pain sur le passé, solide, plutôt que l'avenir, diffus. Je gagne bien plus de clientèle à rappeler aux gens ce qu'ils ont oublié, ou à leur montrer une nouvelle fois ce qu'il savait déjà, plutôt qu'à leur inventer un futur qui les décevra de toute façon. Car ainsi sont les clients, n'est-ce pas ? Éternels insatisfaits, y compris lorsqu'on leur donne ce qu'ils avaient pourtant formulé. En ce cas, c'est leur formulation qui est imparfaite, peut-être même leur désir qui est inexact, mais jamais ils ne se remettent en cause. Sans doute parce que le client est Roi, souris-je en hésitant sur la dernière carte, optant finalement pour une autre au dernier moment, que je retournai également.

    Sourire aux lèvres, je me laissai basculer en arrière pour m'adosser à nouveau à la tête de lit, n'accordant plus guère d'attention aux cartes maintenant que trois d'entre elles étaient retournées, préférant au contraire observer Giuliana à l’œuvre. Je ne l'avais jamais vue concentrée sur une chose, toute à ce qu'elle faisait... Me ferait-elle l'honneur de découvrir ce pan de sa personnalité, maintenant que je la voyais si souriante ?

    - Alors dis-moi ! Quel sera mon avenir amoureux ? Professionnel ? Mince... Quel est le troisième élément déjà ? murmurai-je en réfléchissant à haute voix avant de ricaner en le retrouvant, Ah oui ! La santé ! Je suis tout particulièrement curieux de connaître ce dernier point, tiens ! ironisai-je sans pouvoir me départir de mon sourire en coin.
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    #12 le 02.02.17 17:26
    Il mettait du temps à se décider – déjà, l'espace d'un instant, j'avais bien cru qu'il me refuserait ce futil petit plaisir dans un soupir las par avance –, ses doigts furetant au-dessus de la ligne de cartes comme prêts à dénicher celles qui les appelleraient, celles qui seraient, indéniablement – mais tout à fait fictivement –, maîtresses du destin futur de Viktor. Alors qu'il opte enfin pour l'une d'entre elles, la déposant face retournée devant moi, je souris en découvrant qu'il était loin d'être cartomancien. Selon ses propres dires bien sûr. Que ce soit de la fausse modestie, de la honte ou la simple vérité m'importait peu en fin de compte. L'imaginer tirer les cartes à ses clients m'amusait malgré tout, je préférais donc garder cette vision à l'esprit. Si cela pouvait me permettre de l'apprécier un peu plus, il n'allait tout de même pas s'en plaindre !?
    J'écoute toutefois sa vision de l'avenir, qu'il oppose à un passé selon lui plus solide. Comment pourrait-il en être autrement ? Le passé était déjà ancré, sûr et tangible. De par ma formation, j'étais moi-même de celles qui s'étaient raccrochées au passé, à l'Histoire avec un grand 'H', pour mieux prévoir le futur ou le présent, pour mieux le commenter. Mais il y avait cependant une ombre à son joli tableau moralisateur, selon moi. Et je m'empresserai de le lui faire remarquer, au moment voulu.

    « Tire encore six cartes. Tu en apposeras deux sous chacune des trois premières. », lui demandé-je alors qu'il m'interroge déjà sur la signification des premières. Mentalement, je dresse déjà le tableau principal de ce que j'allais lui raconter. Quel avenir allais-je lui prédire ? « Effectivement, il est sans doute plus rassurant et plus tangible de se raccrocher au passé... », lui concédé-je enfin pendant qu'il tirait les autres cartes demandées. « Cependant le passé est souvent décevant. Trop souvent d'ailleurs. Et même s'il subsiste des parts de joie, de petits bonheurs... je suppose qu'on sait tous que ce ne sont que de simples tours de passe-passe. Des jeux du destin. », souris-je faiblement en gardant le regard rivé sur le tirage. « L'avenir, même s'il est incertain, même s'il est plus imprévisible, me semble apporter plus d'espoir. », avoué-je comme pour contrer son point de vue, me forçant à regarder le nécromancien sans pouvoir empêcher mes iris de se tâcher d'un voile de tristesse. Croyais-je vraiment à cette histoire de destinée ? M'imaginais-je encore qu'un avenir meilleur m'attendait au-delà des murs du Seven Deadly Sins ?
    Hm... je n'étais sans doute pas le meilleur exemple qui soit.

    « Quoi qu'il en soit, voyons donc ce que le tien te réserve, Viktor Matveïev ~ », commencé-je en me penchant, apposant mon index sur la carte la plus à gauche en souriant en coin. « Ici, tu as tiré la Reine de Cœur. Il y aura donc une femme, j'imagine bien une jolie brune, ou une belle métisse à la peau mate ~ », ricané-je, amusée. Pourquoi une brune et pas une blonde ou une jolie rouquine ? Parce que je trouvais que ce type de femmes irait bien avec le bellâtre. N'avait-il donc pas assez de grandes blondes dans son pays pour tomber encore une fois sur le charme de l'une d'entre elles, dans l'au-delà. ? « Comme elle est couplée à l'Amoureux, c'est une femme qui va prendre de l'importance pour toi. Tu en tomberas follement amoureux, sans que tu puisses y faire quoi que ce soit... Mais ce ne sera pas chose facile. L'Étoile représente un but enviable mais quasiment hors de portée ~ ».

    Mentalement, je me demandais si ma petite histoire parlait à Viktor. Connaissait-il une jolie brune dans son entourage, susceptible de lui plaire jusqu'à en tomber amoureux ? Avant de m'attaquer au trio de cartes suivant, je jette un regard discret au visage du grand brun, comme pour deviner ses pensées, en vain évidemment.

    « Voyons ce qui se passe du côté professionnel... », poursuis-je en souriant plus largement, désignant la carte du milieu en tapotant doucement de la pointe de l'ongle sur la scénette qui y était dépeinte. « Le Chariot est synonyme d'un dur labeur, mais comme le Valet de cœur lui est adjoint, cela tendrait à signifier qu'une aide te sera apportée. Une aide désintéressée, qui vient du cœur. Néanmoins, tu as aussi tiré le Diable et celui-ci est facétieux... », dis-je en faisant une petite moue, l'air très sérieux bien que je brodais au fur et à mesure. « Il faudra te méfier de quelqu'un. Quelqu'un qui pourrait bien devenir ton rival direct. », acquiesce-je en reportant à nouveau mes iris azurés dans ceux du nécromancien. « Quant à la santé, je ne vois pas l'intérêt d'en parler donc... adaptons cela à la chance. », souris-je enfin d'un air faussement charmeur en déplaçant mon index sur la troisième des premières cartes tirées, la lui désignant également du regard. « Eh bien eh bien... tu as le Monde à tes pieds on dirait. C'est bon signe, ça veut dire qu'on t'accordera plus facilement sa confiance. Associé à la Roue de la fortune, il veut surtout dire que tu auras de la chance aux jeux.... » m'amuse-je en haussant le sourcil, sourire en coin. « Peut-être bien au cours de quelques parties de tarot en compagnie d'une jeune femme dans un bordel miteux, qui sait ~ », ricané-je en sourdine avant de déplacer mon pouce sur la toute dernière carte encore non commentée. « Néanmoins, l'Impératrice est manipulatrice et qui plus est, elle joue de ses charmes pour mieux perdre les hommes. Tout n'est donc pas encore gagné très cher... », soufflé-je suavement sans quitter le nécromancien du regard.

    Diable ! Je me prendrais presque au jeu ~. Après quelques secondes néanmoins, je ramasse toutes les cartes pour en refaire un tas ordonné, y ajoutant les chiffres retirés un peu plus tôt avant de tendre le paquet reconstitué à Viktor.

    « Tu distribues... ? », hasardé-je en recouvrant une mine un peu plus neutre, maintenant que j'avais joué mon rôle – et non sans une certaine adresse et un véritable professionnalisme, je dois bien l'admettre !  –. Place au jeu, comme promis...


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    JOYEUX ANNIVERSAIRE MON AMOUUUR ♥
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    #13 le 04.02.17 13:45
    J'avais exécuté ses demandes et l'avais écoutée avec attention, le moment venu, suivant parfois ses gestes, soutenant d'autres fois son regard. J'étais cependant perplexe. Non pas qu'elle me fasse douter dans mes résolutions – il était clair que je ne croyais pas en ces sornettes -, mais je ne l'avais pas crue lorsqu'elle m'avait dit savoir tirer les cartes. Or, à l'entendre, elle semblait s'y connaître, alors... Giuliana savait-elle réellement s'y prendre ou était-elle douée d'une imagination débordante que je ne lui avais pas un instant prêtée - pour diverses raisons, à commencer par la plus évidente : je n'y avais tout bonnement jamais pensé - ?
    Souriant légèrement en coin, je récupérai les cartes en gardant ce silence que j'avais conservé tout du long de son explication, battant les cartes sur son modèle avant de les distribuer.

    - Tu sais ce qui m'amuse le plus, dans cette incroyable vie que tu me prédis ? soufflai-je en disposant des cartes entre nous – huit petit tas chacun, de deux cartes dont la carte supérieure, visible -, sur le lit, pour les besoins de notre jeu à deux, Ce n'est pas tant le contenu en lui-même que le cœur que tu mets à l'ouvrage. Très sincèrement, je crois que tu as parlé plus ce soir que tu n'as jamais parlé, en cumulant toutes les semaines depuis que nous nous sommes rencontrés ! ricanai-je en poursuivant ma distribution, constituant peu à peu le « chien » sur le tapis, ainsi que les deux paquets de cartes avec lesquels Giuliana et moi devrions jouer.

    Malgré tout ce que je pouvais dire cependant, tant en affirmant que je n'y croyais pas qu'en prétendant que je préférais l'entendre parler, simplement, plutôt que de m'intéresser à la teneur même de ses paroles, je ne pouvais m'empêcher de penser à ce qu'elle avait affirmé.
    La femme dont elle avait parlé, de qui je « tomberais » éperdument amoureux m'avait immédiatement fait penser à Royane. Non pas que j'éprouvais des sentiments pour elle, mais j'en avais éprouvé du fait d'un filtre d'amour et n'avais effectivement pu m'empêcher d'être fou amoureux d'elle, alors, même si j'avais finalement retrouvé la raison. Était-ce à dire qu'il me faudrait endurer un nouveau coup du sort de ce genre, ou que cela se ferait naturellement, cette fois ? Pis : qui serait la malheureuse élue, en ce cas ? Je ne manquais pas de brunes dans mon entourage - à commencer par celle que j'avais sous les yeux - mais n'avais encore pas rencontré de métisse.
    Professionnellement parlant, je ne voyais pas encore qui pourrait m'apporter une aide désintéressée, venant du cœur – Ael, alors qu'au fil de nos rencontres, nous tendions à nous rapprocher et nous trouver des points communs ? - pas plus que je ne voyais se profiler l'ombre du rival qu'elle avait mentionné – mais n'aurait-ce pas été trop simple, dans le cas contraire ? -.
    Quant à ma chance, puisqu'elle avait adapté la santé à cela, selon son bon vouloir manifestement, ou peut-être celui de la destinée, il ne me restait plus qu'à espérer pouvoir convaincre Misty de ce que nous passions une agréable soirée, Giuliana et moi, et réussir à battre la belle italienne aux cartes malgré les charmes dont elle pourrait potentiellement user pour me troubler.

    - Ces deux rangées appartiennent à ton camp et celles-ci au mien. On doit chacun les prendre en compte dans le décompte de nos points, pour nos paris futurs, exposai-je pour le bon déroulement du jeu après avoir fini la distribution des cartes, Tu sais, je me demande, tout de même... Sais-tu vraiment lire les cartes ou était-ce de l’esbroufe ? De toi à moi, je ne sais pas ce qui me troublerait le plus. Je doute parce que je ne t'imaginais pas maîtriser la cartomancie. Pour une historienne qui s'appuie sur des faits solides, reconnais que ce serait original. Mais tu m'as l'air calée, alors pourquoi pas ? Puis s'il me fallait envisager la seconde hypothèse... Eh bien en ce cas, je dois avouer être particulièrement impressionné par ton imagination et la façon que tu as d'inventer si facilement des histoires et des prédictions. Tu devrais envisager une reconversion professionnelle, si tu veux mon avis ~.

    Souriant en coin, je me saisis du paquet de douze cartes à mes côtés, observant ma main ainsi que les huit cartes disposées sur le lit. Compte tenu des règles particulières du tarot à deux, j'étais tenu d'annoncer d'office un pari et de commencer, normalement, par une petite... Mais je me sentais en vaine, peut-être tant par ma main que par les prédictions de l'italienne.

    - Je tente une garde, soufflai-je après quelques secondes de silence, levant furtivement les yeux sur Giuliana.

    Les paris clos, je retournai le chien, laissant le temps à la belle brune de contempler les cartes avant de retirer six cartes de ma main pour entamer vraiment le jeu. C'était le moment de voir si les prédictions de Giuliana étaient justes ~.
    Tout du long en tous cas, qu'elle rafle les cartes ou que je les lui vole, mon sourire ne me quitta pas et je pris plaisir à revenir sur ce passé qu'elle semblait maudire et cet avenir en lequel elle croyait.

    - Alors comme ça tu ne trouves au passé rien d'attrayant ? repris-je sans lever le nez des cartes, Nos avis divergent apparemment. Je te rejoins néanmoins : l'espoir ne peut être qu'en l'avenir, puisque l'espoir va de paire avec l'incertitude. Tant que l'on ne sait pas, on peut espérer toujours, mais inutile d'espérer que le passé soit meilleur : figé, il ne peut être changé, lui fis-je remarquer en fronçant brièvement les sourcils, insatisfait du jeu que je venais de faire alors qu'elle me volait des points pour ce tour, De fait, l'avenir apporte nécessairement plus d'espoirs que le passé, mais ce n'est pas pour autant qu'il plaît plus aux gens. Peut-être préfères-tu l'avenir au passé parce que tu te considères au plus bas et estimes donc ne plus pouvoir que remonter. Quelqu'un qui serait au sommet et se saurait envié redouterait l'avenir et chérirait le passé où sa vie était peut-être moins prestigieuse mais plus tranquille. Pour ma part, je préfère encore vivre au jour le jour et faire avec ce qui vient. Inutile de s'appesantir ni d'espérer : on perd trop de temps à penser et on en oublie de vivre, poursuivis-je en ramassant les cartes, cette fois – n'avais-je pas été un peu trop optimiste en annonçant une garde.. ? Je commençais à me le demander -, Mais j'ai remarqué depuis longtemps déjà que quelque soit le sujet, la météo, la situation personnelle, professionnelle, l'être humain n'est jamais content de ce qu'il a ou a eu, ricanai-je presque amèrement.

    Je ne saurais dire si je tirais cependant cette amertume du constat que je venais de lui faire partager ou de la partie que nous jouions, alors que j'abattais déjà mes dernières cartes. Ainsi, lorsque vint le moment de compter les points, je le fis par principe plus qu'autre chose, conscient que j'avais mal joué ou, plus modestement, joué de malchance. Le résultat fut édifiant et me prêta à rire alors que je posais mon bloc de cartes entre nous deux.

    - Crois-moi ou non mais j'ai rencontré une diseuse de bonne aventure juste avant de venir. Elle m'a prédit de la chance aux cartes, entre autres détails. Ah ! Un charlatan de plus en liberté ~, ricanai-je en calant à nouveau mon dos contre le bois du lit, soutenant le regard de la belle italienne. Peut-être était-elle l'Impératrice, après tout ? Alors, votre majesté impériale ? Souhaitez-vous faire mentir la diseuse de bonne aventure une nouvelle fois au cours de la belle ? Sauf à ce qu'une question vous brûle naturellement les lèvres ? Puisque vous avez gagné, vous seriez en droit de la poser ~.

    Si nous n'étions pas si confortablement installés et si je n'avais pas de problème à ma hanche droite, nul doute que je lui aurais fait une courbette pour enfoncer le clou ~.


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    JOYEUX MOINNIV', MON AMOUR ♥
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    #14 le 09.02.17 18:18
    Un  ricanement léger, à peine audible, fait vibrer faiblement mes cordes vocales à sa remarque, alors qu'il s'employait comme convenu – et assez méthodiquement – à distribuer les cartes entre nous. Je devais bien l'admettre, même si ce n'était qu'à moi seule : Viktor avait raison. Jamais je n'avais été si volubile en sa compagnie. Je n'en avais jamais réellement éprouvé le besoin d'ailleurs. Notre relation étant purement professionnelle et, tout à fait entre nous, plus qu'inégale ; j'estimais donc ne pas avoir à faire la conversation avec un homme à qui j'offrais mon corps – si je puis dire ça ainsi ~  – sans rien recevoir en retour si ce n'est l'effacement d'une dette stupide et ô combien honteuse pour moi. Mais alors qu'est-ce qui avait changé ?
    C'est bien là que le bât blesse...
    Depuis quelques temps, Viktor semblait s'intéresser un peu plus à moi. Comme s'il voulait... Je ne sais pas. Te connaître un peu mieux ?, hasarde ma petite voix intérieure, soucieuse visiblement de tirer cette histoire au clair elle aussi. Oui, c'était peut-être bien ça après tout. Mais il s'y était pris comme un manche ! Raison pour laquelle je gardais de la rancune à son égard. Raison pour laquelle j'avais été déterminée à ne plus foutre les pieds dans son antre maudite !

    Et puis il y avait eu ce restaurant. Et puis... il avait appris ce que je faisais de ma foutue non-vie et, à en croire sa présence ici, il s'en souciait un tantinet. Je n'étais toujours pas très contente qu'il soit là, c'était un fait, néanmoins... Ça te fait plaisir qu'il ne te voit pas différemment maintenant qu'il sait ~, intervient encore ma moi intérieure jusqu'à ce que je la chasse vindicativement dans une partie sombre de mon esprit pour ne plus me concentrer dès lors que sur les explications fournies par Viktor, récupérant sagement mes cartes en prenant connaissance de mon jeu, l'air de rien.

    « Qui sait Viktor... Apparemment ce ne serait pas la première fois que je te surprends. Ta réaction au Sant Pau, lorsque tu as découvert en quoi consistait mon job, était assez évocatrice je dois dire. », souris-je simplement tout en mettant un peu d'ordre dans mon éventail de cartes, jetant furtivement quelques regards au bellâtre, par-dessus celles-ci. « Peut-être ai-je un don véritable, ou peut-être suis-je une baratineuse hors paire mais ça... ce sera à toi de le découvrir ~ », poursuis-je, presque moqueuse.

    Je le laisse parier une garde, bien que vu les cartes du chien et les quelques perles que j'avais en main, je me demandais pourquoi il tentait ainsi le diable. Ma prédiction l'aurait-elle fait gagner en confiance ? J'acquiesce, donc, posant d'ores et déjà un de mes deux rois pour lui voler sa reine, empochant la mise en souriant davantage. Je la sentais bien cette partie.
    Mes prunelles ne délaissent pas le jeu alors que le nécromancien se lance à nouveau dans une discussion philosophique. Monologue serait peut-être un terme plus approprié, étant donné que je ne trouvais rien de bien intellectuel à redire à toutes ces théories. Il avait plus ou moins raison, mais cela ne m'empêchait pas de penser – naïvement peut-être – que le futur était plus intéressant, lorsqu'on était en quête d'espoir, et ce quelque soit notre condition sociale.

    « Oui, j'imagine que tu as raison. », me contenté-je donc de répondre, souriant de la tannée qu'il était en train de se prendre. « Et pour en revenir à ce que tu as dit... ce n'est pas que je ne trouve rien d'attrayant au passé, au contraire, c'est juste que je ne trouve rien d'attrayant au mien. A partir du moment où le passé devient personnel, ça ne vaut pas le coup de creuser ~ », explicité-je tout de même, histoire de remettre les choses dans leur contexte, avant de poser ma dernière carte avec un petit air triomphal. « Gagné je crois ! », énoncé-je, ce qui ne manque pas de le faire rire.

    « Crois-moi ou non mais j'ai rencontré une diseuse de bonne aventure juste avant de venir. Elle m'a prédit de la chance aux cartes, entre autre détails. Ah ! Un charlatan de plus en liberté ~  », ricane-t-il après avoir compté les points, même si c'était inutile, mon tas étant bien plus fourni que le sien ~. Je ris à mon tour, récupérant ses cartes ainsi que les autres pour les réunir en un seul paquet que je m'efforce de remettre en bon ordre. « Alors, votre majesté impériale ? Souhaitez-vous faire mentir la diseuse de bonne aventure une nouvelle fois au cours de la belle ? Sauf à ce qu'une question vous brûle naturellement les lèvres ? Puisque vous avez gagné, vous seriez en droit de la poser ~. »

    Je souris en coin, délaissant momentanément ma besogne pour plonger mes iris dans les siens. Je devais avouer que c'était assez plaisant de converser avec lui. Viktor savait se montrer charmant et c'était un type drôle en fin de compte, quand on prenait le temps de s'y intéresser. Même s'il était bien souvent plus moqueur que véritablement drôle ~.
    Mais tout de même... Il y avait une raison à ce sourire étrangement ancré sur mes lèvres d'ordinaire blasées et si peu expressives, non ?

    « Je veux bien refaire une partie... », réponds-je en reportant mon regard sur le jeu, le laissant couper préalablement le tas de cartes avant de le reprendre pour distribuer à nouveau. « Quant à ma récompense... », commencé-je, hésitante, cherchant ce que je pouvais bien lui demander. Je n'avais pas tellement envie de me lancer dans un questionnaire sérieux, de peur d'avoir droit à la même chose si d'aventure, j'essuyais un revers de fortune. « … Bien. Voici ma question : Pensez-vous mettre un peu plus de cœur à l'ouvrage si nous nous lançons dans un strip-tarot digne de ce nom, Monsieur Matveïev... ? », ricané-je faiblement, un brin amusée. J'avais posée une question légère, espérant qu'il me rendrait la pareille s'il gagnait cette partie ou une des probables suivantes. « Et si tel est le cas, j'espère que vous n'êtes pas pudique. A titre indicatif, je ne le suis pas ~ », annoncé-je, énigmatique, dès lors que je prenais connaissance de mon propre jeu.

    Le défi était lancé, de même que les cartes étaient à présent en nos mains respectives.

    « A mon tour de tenter une garde, si tu veux bien... », proposé-je, confiante et résolument décidée à lui mettre à nouveau une belle dérouillée.
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    #15 le 12.02.17 15:23
    La question de l'italienne me prêta à sourire. Ainsi, elle optait donc pour quelque chose de léger – dans tous les sens du terme – ne relevant pas de la curiosité ; pas même la plus infime. Tout au plus s'enquérait-elle de mes désirs et de mes volontés. Un moment énigmatique, j'arquai un sourcil avant de sourire et d'acquiescer. Mais souriais-je de son défi ou de son aveu postérieur ? Sans doute sa spontanéité m'avait-elle amusé plus encore que l'idée d'imaginer une catin pudique.
    Réarrangeant mes cartes pendant qu'elle annonçait sa garde, je me contentai d'un sourire, satisfait de ma main qui s'annonçait déjà meilleure que la partie précédente – cela s'expliquait-il par un heureux hasard ou l'audace de l'enjeu ? -. Sérieux tant qu'elle gardait la main, je ne pus empêcher peu à peu mes lèvres de s'étirer en coin lorsque le vent tourna enfin, soit qu'elle ait fléchi d'une trop grande confiance en elle, soit qu'elle ait tout donné dès les premiers instants pour ne plus rien avoir ensuite, révélant mon jeu à la hauteur de ce qu'il pouvait être en lui volant de bien belles cartes, quoique d'une façon si subtile qu'il nous fallut tout de même compter les points pour nous rendre compte que, cette fois, j'avais gagné. Ce constat m'arracha un haussement de sourcil de plus alors que je souriais toujours.

    - Que tu me crois ou non, je t'assure que l'issue de cette partie n'est pas liée à l'enjeu nouveau que tu as instauré, crus-je bon de préciser même si c'était probablement sans importance.

    Grand vainqueur de ce tout nouveau strip-tarot, il ne me restait plus qu'à déguster ma victoire et je me fis violence pour ne pas que mon sourire souffre de l'attitude de Giuliana - non pas que la vision me déplaise, bien au contraire, et je craignais qu'un changement quelconque dans mon comportement ne lui indique précisément mon trouble -. En effet, elle n'était pas pudique, pas plus qu'elle n'était mauvaise joueuse, d'ailleurs, car alors qu'elle aurait parfaitement pu m'opposer le fait qu'elle avait retiré ses cuissardes avant l'heure, afin de gagner un peu de temps, elle n'en fit rien et commença à ôter sa robe, sans une once de gêne. Sans doute étais-je le plus gêné des deux, même si, sans être tout à fait pudique moi-même – dans ce cas, j'aurais probablement été incapable de déboutonner ma chemise sous ses yeux -, je n'appréciais pas plus que cela m'exhiber ou profiter de l'exhibition d'autrui. Au moins cela me permettait-il de constater un fait d'ores et déjà acquis : Giuliana était joliment faite. Très joliment faite. Débarrassée de sa robe, elle semblait d'ailleurs plus enjouée qu'à l'accoutumée et plus motivée que jamais à reprendre une nouvelle partie.

    - Attends ! l'interrompis-je en la voyant déjà récupérer les cartes, Si cela ne te dérange pas, je suis plus à l'aise avec le poker. Puis le strip-poker est plus connu que le strip-tarot, souris-je en soutenant son regard, ne le détournant que pour jeter un regard circulaire à la pièce avant de me saisir de ma canne pour me relever, En t'attendant j'ai fouillé un peu et ai aperçu le jeu que tu as évoqué tout à l'heure, observai-je sobrement en contournant le lit pour rejoindre la partie salon de la suite.

    A destination et après une courte réflexion, j'ouvris le deuxième tiroir d'une petite commode calée contre un mur, juste à côté de la deuxième fenêtre de la pièce. Bingo. Le jeu avait manifestement vécu, mais j'avais comme l'impression qu'il avait simplement mal vieilli, abandonné dans ce meuble, plutôt qu'il n'avait été vaincu par de trop nombreuses parties de poker endiablées. Peut-être Giuliana et moi le baptisions même, ce soir.
    Armé de ce vieux paquet de cartes, je revins à la chambre en souriant un peu, reprenant sagement ma place sur le lit après avoir donné le paquet à la belle brune afin qu'elle commence à mélanger les cartes.

    - Gardons le même principe, si tu veux bien. Si je gagne à nouveau, tu seras en droit de te poser des questions et nous pourrons dire que ces règles-ci me réussissent décidément mieux, ricanai-je en suivant ses gestes des yeux.

    Ne restait plus qu'à mettre à exécution ma récompense – la deuxième partie ; celle qui consistait à lui poser une question -. Devais-je jouer de légèreté pour lui rendre la pareille, ou me moquer de ses choix pour ne penser qu'aux miens et à cette curiosité que j'avais vis-à-vis de sa vie d'antan autant que de son mode de vie actuel ? En d'autres termes : devais-je me montrer clément ou inflexible comme à l'accoutumée, me souciant bien peu de la mettre de méchante humeur alors qu'elle ne s'était jamais montrée aussi souriante ?

    - Quant à ma récompense..., amorçai-je en étudiant ses réactions alors que je récupérais le paquet après qu'elle l'ait coupé, commençant à distribuer les cartes, Parce qu'après tout, tu as changé le jeu pour le rendre moins sage, mais j'estime que ma règle des questions demeure ~, précisai-je après avoir constaté son air dubitatif alors que j'osais évoquer une récompense après qu'elle ait entièrement retiré sa robe ultra-moulante – puisqu'elle restait de toute façon libre de répondre ou non, je n'avais rien à perdre à poser une question -, Je disais donc : quant à ma récompense... Hm... Quelle est ta position sexuelle préférée ? lançai-je mine de rien en classant mes cartes, Cette question n'a naturellement d'intérêt que parce que Misty viendra nous troubler à un moment ou à un autre. Que je sache à quoi m'attendre, le cas échéant ~, souris-je en levant les yeux sur elle, cette fois, cherchant son regard.

    Finalement j'avais opté pour une question légère, du genre de celle qu'elle m'avait posée. Elle me souriait, voire riait sans se forcer si rarement que je n'allais pas ruiner tout cela alors que j'étais le premier à me plaindre de ses airs trop blasés, tout de même. Puis la soirée venait à peine de commencer : à supposer qu'il me faille gâcher les festivités à un moment donné, s'il nous fallait nous supporter plusieurs heures, il aurait été sot de briser si tôt la bonne ambiance qui commençait à peine à s'instaurer.
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    #16 le 14.02.17 17:56
    « Que tu me crois ou non, je t'assure que l'issue de cette partie n'est pas liée à l'enjeu nouveau que tu as instauré  », semble s'excuser mon adversaire, alimentant de fait mon froncement de sourcils significatif.

    Comment avais-je pu perdre ? A un moment de la partie, il avait réussi, par je ne sais quel miracle, à reprendre l'avantage en me volant le « petit » et depuis, malgré tous mes efforts pour reprendre la main, il était parvenu à me battre de quelques points à peine ! Où avais-je commis une erreur, moi qui était si assurée de gagner au départ ? Peu importe, les faits étaient là et l'issue restait la même : le nécromancien sortait victorieux de cette partie-là.
    Soupirant faiblement, je finis par lui sourire en reposant mes cartes sur notre tapis de jeu improvisé et me redresse pour me mettre sur les genoux, posant momentanément sur le côté l'oreiller qui recouvrait sagement mes cuisses.

    « Bien... j'ai voulu jouer et j'ai perdu... », admets-je dans un murmure, tout en attrapant d'une main la tirette de la fermeture éclair de ma robe.

    Avec lenteur, puisqu'il ne s'agissait pas de faire les choses à moitié, je fais glisser la tirette sur toute la longueur de la robe, l'ouvrant progressivement pour dévoiler ma peau d'albâtre et la rondeur de mes formes légères. Laissant ensuite glisser le vêtement le long de mes épaules, je l'empoigne et le laisse finalement choir sur le côté du lit, avant de récupérer l'oreiller et de me réinstaller dans ma position initiale. Je n'étais désormais plus couverte que par mon soutien-gorge push-up de dentelles noires et sa petite culotte assortie. Nul doute qu'il ne faudrait pas plus de deux autres parties en faveur de Viktor et je me retrouverais définitivement à poil devant lui ~.
    Bien décidée à le faire retirer une couche de vêtements lui aussi – il n'y avait pas de raison pour que ça n'aille que dans un sens –, je récupère les cartes d'un air déterminé, quoique toujours souriante, pour les remettre en ordre à nouveau. Il m'interrompt toutefois, me forçant à darder à nouveau mes iris dans les siens avec curiosité. Le poker ? Monsieur était plus à l'aise avec le poker... ? A croire qu'il voulait vraiment me voir nue ce soir ~. Pour ma part, j'avais assisté à des parties de poker plus que je n'y avais véritablement joué. Mais il paraît que dans ce genre de jeu, la chance souriait toujours aux débutants alors, bonne joueuse, je le laisse chercher les cartes perdues quelque part dans la chambre.

    « Gardons le même principe, si tu veux bien. Si je gagne à nouveau, tu seras en droit de te poser des questions et nous pourrons dire que ces règles-ci me réussissent décidément mieux  », ricane-t-il en s'installant à nouveau, tandis que je m'occupais de battre non sans une certaine adresse les cartes qu'il m'avait tendues avec un petit sourire triomphant on ne peut plus masculin.

    « … Si tu gagnes à nouveau, je commencerai surtout à regretter d'avoir retiré mes bottes avant d'entamer la partie ~ », tenté-je de plaisanter, même si en cet instant, mon esprit était ailleurs.

    A vrai dire, je commençais à prendre conscience d'une réalité qui ne m'avait pas même effleurée au moment où j'avais naïvement proposé cet enjeu nouveau à notre partie de carte. Évidemment, mon intention m'avait parue bonne au départ : j'espérais me dédouaner d'une potentielle question embarrassante à venir. Mais à présent, toute cette histoire m'apparaissait sous un jour nouveau auquel je n'avais guère songé.
    Eh oui Giuli. Qu'arrivera-t-il quand vous vous retrouverez tous les deux dans le plus simple appareil ? Tous les deux si commodément installés sur un lit en plus ~
    Je réprime un frisson. Non, il n'allait rien arriver. On se rhabillerait, tout simplement. Je ne risquais pas de lui sauter dessus et Viktor non plus d'ailleurs. Il n'avait pas paru plus emballé que ça quand j'avais retiré ma robe après tout.

    Je dépose le paquet de cartes mélangées devant lui pour qu'il distribue – c'était son tour – tout en tâchant de balayer tous ces états d'âmes futiles d'un revers fictif de la main. Tout se passerait bien. Tout était sous contrôle... Du moins le pensais-je.

    « Quant à ma récompense...  », commence-t-il en distribuant, ne manquant pas de me faire hausser le sourcil. Une autre récompense en plus de celle de voir un peu plus de parcelle de ma peau ? Il ne manquait pas de toupet lui, quoiqu'il puisse en dire pour motiver son audace. Mais soit, j'étais toujours en droit de refuser de répondre au vu des règles préétablies. « Hm... Quelle est ta position sexuelle préférée ? Cette question n'a naturellement d'intérêt que parce que Misty viendra nous troubler à un moment ou à un autre. Que je sache à quoi m'attendre, le cas échéant ~  »

    Drôle de question. D'autant plus qu'elle corroborait grandement avec le spectre de cette réalité soudaine qui m'avait sautée aux yeux avant et que j'avais préféré refouler, par précaution. J'estimais néanmoins pouvoir y répondre, puisqu'elle était aussi teintée de légèreté que la mienne avait pu l'être. Je plonge donc mon regard dans le sien, d'abord un peu dubitative, jusqu'à ce qu'un fin sourire étire la commissure de mes lèvres.

    « Naturellement… Eh bien je ne crois pas avoir de préférence. Je ne peux pas me permettre d'être difficile dans ce domaine en vérité, Viktor ~ », avoue-je en baissant le regard sur les cartes que je tenais en main, légèrement amusée. « Mais ne t'inquiète pas pour Misty, elle n'est pas très regardante sur ce genre de... détails », souris-je sensiblement avant de reposer mes cartes sur le matelas, faces cachées. « Alors croupier … ? Puis-je avoir une carte.. ? », commencé-je en observant le bellâtre, sourire en coin.

    Il n'a toutefois pas le temps d'exaucer mon souhait. Dans les escaliers précédant le couloir, je perçois le pas nerveux de Misty battre rapidement, la pointe de ses talons compensés semblant gravir les marches quatre à quatre. La voilà qui revenait !

    « Han ! ... Elle arrive ! », m'exclame-je en écarquillant brièvement les yeux, mes prunelles azur analysant la situation aussi rapidement que possible. Avec empressement, je ramène toute les cartes en un tas et arrache son jeu des doigts du nécromancien pour le rajouter sur cette pile grossière. « Mais vite ! Enlève ta chemise ! », le pressé-je dans un chuchotement rauque pour ne pas que la maquerelle m'entende, même si mon ton trahissait clairement ma nervosité.

    Pendant ce temps, je balance le coussin à son emplacement d'origine et me jette maladroitement en avant pour fourrer le paquet de cartes en-dessous. Comme si elle allait véritablement remarquer ce détail, merde ! Tant pis, ce qui est fait est fait. Me redressant vivement et sans me soucier de la semi-nudité du grand brun, j'attrape le cou de ce dernier comme pour l'enlacer et me laisse tomber sur le lit, l'attirant d'ores et déjà entre mes cuisses de la manière la plus naturelle qui soit. Et toi qui pensais que tu ne te jetterais pas sur lui... ricane ma petite voix intérieure d'un air narquois. Qu'importe, j'aurais certainement tout le temps de repenser à tout ça plus tard. Déjà les pas semblaient longer les parois des murs, comme l'auraient fait ceux d'un énorme rat coincé derrière le placoplâtre. Tout en feignant quelques gémissements factices – et ô combien ridicules, inutile de le préciser – je tente de rabattre les draps comme je peux avec mes pieds, de manière à couvrir partiellement nos deux corps enlacés. Il fallait au moins dissimuler le pantalon de Viktor, sans quoi notre belle tentative tombait à l'eau.

    Les pas s'étaient arrêtés. Autrement dit, Misty D. se rinçait désormais l’œil...

    Quelle histoire absurde... Un vaudeville des temps modernes.
    Et le pire dans tout ça, c'est qu'elle faisait naître en moi une indicible envie de rire.
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    #17 le 16.02.17 21:00
    Sa demande avait balayé la moue légère qui avait momentanément pris possession de mes traits du fait de sa réponse évasive. Même si elle ne pouvait pas se permettre d'être difficile au vu de son métier, je peinais à croire qu'elle n'aimait pas une position plus qu'une autre. N'était-ce pas le cas de tout le monde, y compris des plus amateurs ? Et pourquoi accorder autant d'importance à sa réponse ? Ce n'est pas comme si je comptais mettre le tout en application, que diable !
    Docile, je m'apprêtais à obtempérer en tâchant d'oublier mes pensées diffuses lorsque la voix de Giuliana retentit une fois de plus, me faisant tressaillir, cette fois, autant de surprise que de ce que sous-entendaient ses paroles. Ça y est : Misty arrivait !

    Aussi perturbé par l'annonce que par le comportement de l'italienne – à quoi bon ranger ainsi les cartes ? Il n'y avait aucun mal à jouer au poker avec une catin, si ? C'était d'autant plus déplorable que mon jeu s'était montré excellent, du peu que j'en avais vu, juste avant qu'elle ne m'arrache presque les cartes des mains ! -, je ne réagis à son injonction qu'avec un temps de retard. Bon sang, c'est vrai ! Il fallait encore jouer la comédie ; n'était-ce pas officiellement dans cette optique que je lui avais demandé sa position sexuelle préférée ?
    Grognant par principe plus qu'autre chose, j'empoignai les pans de ma chemise et m'en débarrassai rapidement, saluant mes précautions préalables – plus particulièrement celle ayant consisté à déboutonner ma chemise entièrement - m'ayant permis de gagner un temps précieux. A peine eus-je pourtant le temps de laisser choir ma chemise au sol, aux côtés du lit, que les avant-bras de l'italienne se glissaient déjà de part et d'autre de mon cou, ses doigts graciles effleurant furtivement ma nuque avant qu'elle ne m'attire à elle en se laissant retomber sur le lit, ses cuisses s'ouvrant tout naturellement pour accueillir mon bassin qui s'y cala décidément trop parfaitement pour que cela me semble simplement hasardeux.

    Déjà rendu nerveux du fait de l'empressement de Giuliana autant que des pas que l'on percevait sans peine, force est de constater que les gémissements feints de l'italienne m'achevèrent une seconde fois. Nerveux, je l'étais indéniablement – probablement y avait-il également une grosse part de gêne dans tout cela – et cela m'incitait à rire - jaune, sans nul doute - légèrement, d'autant plus qu'il me fallait imiter des mouvements de bassin que je trouvais décidément ridicules lorsqu'ils n'étaient ni là pour tentés, ni là pour concrétiser quoi que ce soit.
    Mais dans cet état, les gémissements de la belle brune furent de trop : alors que je me faisais violence pour ne pas rire explicitement et trop bruyamment, je ne pus cette fois retenir quelques hoquets trahissant mon hilarité du moment alors que j'étais contraint de me mordre la lèvre inférieure pour entraver un sourire démesuré. De son poste d'observation, j'espérais que Misty prenait ces tressautements furtifs pour des tremblements. Après tout, dans la mesure où je soutenais mon torse à la seule force de mes bras, cela ne paraissait pas totalement absurde dans la perspective d'un quelconque acte sexuel.

    Mais alors que j'avais cru le pire passé, je surpris le rire de Giuliana elle-même. Dire si j'étais partiellement responsable de cela – peut-être mes efforts avortés l'avaient-ils convaincue d'éclater de rire à son tour – ou si cela ne relevait purement et simplement que de la situation burlesque dans laquelle nous nous trouvions m'était impossible. Mais les faits étaient ainsi et voir l'italienne rire à son tour me motiva à ne plus faire autant d'efforts pour retenir mes ricanements légers.
    Ils s'amoindrirent d'eux-mêmes de toute façon, à force de l'observer. A mesure que mes yeux détaillaient ses traits d'où plus aucune mélancolie ni tristesse ne transpirait, mon sourire recouvrait un semblant de raison et s'affinait. Parce qu'il n'y avait pas lieu à rire de la situation ; parce qu'il n'y avait en tous cas plus lieu de le faire, il s'affinait, oui. Sans que je ne perçoive exactement le moment où les choses avaient basculé, il était désormais temps, pour moi en tous cas, de retrouver un ersatz de sérieux et de réaliser ce que je faisais, et plus encore ce que je ressentais ou plus exactement, avais sans doute ressenti dès après m'être retrouvé contre elle, sans que mon euphorie ne me permette de le réaliser.

    Ainsi joyeuse, ainsi souriante, Giuliana irradiait de beauté. Je la découvrais resplendissante, flamboyante de vie lorsque je l'avais connue irradiante de rage dans le meilleur des cas, ou plus raisonnablement et couramment, immuablement éteinte et imperméable aux joies autant qu'aux tristesses de la mort. Elle était, en temps normal, tel un roc au milieu de la mer déchaînée, demeurant malgré les tempêtes, tantôt immergé, tantôt émergeant, mais quoi qu'il en soit, toujours présent. Ce soir, elle rayonnait. Pour des bêtises, c'était un fait, mais elle resplendissait néanmoins et j'étais contraint d'admettre que j'appréciais cela. J'aimais ce que je voyais, j'aimais la découvrir de la sorte. Ainsi, elle retrouvait une certaine candeur qui lui seyait à ravir, quelque chose de pur qu'elle ne s'autorisait plus, de peur d'être souillée ; croyant peut-être qu'elle l'était déjà dans tout son être, sans réaliser pourtant ce qu'elle cachait au fond d'elle-même.

    Méticuleux, mes yeux dévièrent naturellement sur les parties de son corps que je n'avais osé détailler jusque là, par pudeur ou par bêtise. Ils suivirent infailliblement la ligne de sa mâchoire finement dessinée, son cou tendu du fait du basculement léger de sa tête en arrière, la façon qu'avait son buste de se surélever à chaque soubresaut, à chaque fois que le fou rire menaçait à nouveau, malmenant sa respiration haletante. Ils étudièrent le grain de sa peau d'albâtre, la finesse de la dentelle de son soutien-gorge noir, rehaussant remarquablement sa poitrine que je devinais plus menue qu'elle n'y paraissait pour l'heure, puis contournant cet obstacle d'excellente facture pour épouser à nouveau sa peau tirée sur des côtes que l'on devinait plus encore alors que son corps se cambrait sensiblement, effleurant, de fait, mon bas-ventre qui s'embrasait. Sans le réaliser, je déglutis en avalant d'un coup d’œil tout ce que je venais de détailler exagérément pour m'arrêter à nouveau sur son visage, m'attardant cette fois sur ses lèvres pleines d'un rouge un peu moins vif et agressif que lors de son arrivée dans la chambre.
    J'ignorais depuis combien de temps mes mouvements de reins avaient cessé mais, captivé par cette vision qu'elle m'offrait, je ne tardai pas à me pencher sur elle, sentant mon ventre épouser peu à peu le sien à mesure que j'approchais. Et lorsque mon torse sentit ses seins se presser sous mon poids malgré la présence du soutien-gorge push-up ; lorsque les fourmillements nés de mes reins s'étirèrent tantôt le long de ma colonne vertébrale pour arquer mon dos, tantôt dans mon bas-ventre pour attiser les flammes qui n'avaient de cesse de me dévorer, de plus en plus grandes et voraces, mes lèvres rencontrèrent les siennes pour s'y sceller sensuellement le temps de quelques secondes.

    Lorsque je me résolus à mettre un terme à ce baiser délicieusement volé, ce ne fut que pour échapper un souffle brûlant contre ses lippes, m'écartant à peine de son visage, juste assez pour croiser son regard et le sonder.
    Comme une autorisation silencieusement demandée à la femme qu'elle était et que j'avais découvert, et non pas à la catin que je connaissais.
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    #18 le 23.02.17 0:26
    Diable, que nous avions l'air stupide...

    De mon point de vue actuel en tout cas – très restreint, j'en conviens –, ce simulacre de baise endiablée n'était pas le moins du monde convaincant. Parviendrions nous à duper Misty D. et ses yeux de fouine si nous n'étions pas convaincus nous-mêmes de notre prestation ? Allez savoir. La vieille se satisferait peut-être de ce va-et-vient plan-plan sous la couette...
    Mais moi... moi je ne savais tout simplement pas quoi en penser. Sceptique, d'abord, autant par les coups de reins factices de mon partenaire que par mes propres gémissements feints, je sentais une étrange euphorie m'envahir à mesure que les interminables secondes s'égrainaient sans qu'aucune réaction ne se fasse entendre de l'autre côté du mur. A quoi pensait notre spectatrice ?
    Pour plus de réalisme – même si à ce stade ça ne vaudrait sans doute pas grand chose, j'imagine –, je m'autorise à apposer sensuellement mes mains le long du bassin du grand brun, remontant le long de son dos cambré tout en hasardant un coup d’œil rapide à son visage alors que je sens ses muscles se crisper sous mes doigts. C'était l'erreur à ne pas commettre.

    Les lèvres du nécromancien étaient pincées par l'effort. Non pas l'effort physique, non. Ce salaud s'efforçait de ne pas pouffer de rire ! Dès lors, n'y tenant plus, je m'esclaffe brièvement et m'empresse de couvrir ma bouche du plat de la main pour étouffer cet accès d'hilarité soudain. Mais il était trop tard. Le mal était fait ! Nous étions là, tous deux, simulant une partie de jambes en l'air alors que nous étions à moitié habillés, lui secoué par ses ricanements et moi tentant autant que faire se peut de retenir mes crises de rires nerveux ou essayant, à tout le moins, de les faire passer pour des soupirs d'extases un peu spéciaux.
    Autant dire que lorsque les talons de la maquerelle résonnent à nouveau derrière le mur, je me laisse aller à extérioriser cette euphorie que je m'efforçais de maintenir enfouie depuis de longues minutes. Mon rire accompagne celui de mon compère, si simple, si spontané pour une fois. Au fond, c'est vrai, j'avais oublié combien c'était bon d'être spontanée, de ne pas jouer cette éternelle comédie, de ne pas se cacher derrière ce masque blasé qui, depuis tant d'années, avait fini par me coller au cœur et au corps.

    Je riais encore et toujours, peinant à contenir mes émotions, jusqu'à ce que je me rende compte de l'immobilité suspecte de Viktor. Alors, mes paupières auparavant closes s'ouvrent pour permettre à mon regard de redessiner les plaisants traits de son visage, encore souriants mais dénués de malice pour une fois, à ma grande surprise. La bonne humeur initiale avait laissé place à une toute autre émotion. Une de ces inclinations que je ne connaissais que trop bien, pour la côtoyer chaque nuit dans le regard de mes clients : le désir. Ses prunelles mordorées détaillent mon corps avec minutie, son corps tendu à l’extrême au-dessus du mien que je n'osais remuer, de peur de troubler le bellâtre dans son exploration visuelle. Puis nos regards se croisent et je reste ainsi, immobile, à me perdre dans ces envoûtants iris d'or en fusion.
    A partir de quand avions nous basculé au-delà de cette frontière ténue entre l'insouciance et les plaisirs inavouables ? Quel avait été le moment exact où, mettant de côtés nos gênes réciproques, nos corps s'étaient appropriés l'un l'autre pour ne plus vouloir faire qu'un ? C'est drôle comme tout peut changer d'une minute à une autre, mû par une force motrice invisible et néanmoins implacable...

    Ses lèvres sont douces sur ma bouche entrouvertes. Caressantes. Suaves. Les miennes remuent à peine, tant je reste encore sous le choc de ce baiser volé, au point que j'en oublie de fermer les yeux comme le veut généralement l'usage. Ce n'était pas tant l'audace de ce baiser qui m'avait choquée, c'était le plaisir que j'en tirais, et cette étrange sensation d'avoir manqué quelque chose durant toutes ces semaines – que dis-je, ces mois – à fréquenter le nécromancien. Pourquoi n'avions-nous jamais tenté l'expérience ? De cette manière, comment s'étonner de la suite des événements ?
    Lorsque son souffle brûlant effleure ma peau et qu'à nouveau, nos regards se confrontent en une silencieuse concertation, je me surprends à acquiescer faiblement à sa question muette. Avec douceur, je me redresse un peu pour effleurer à mon tour ses lèvres du bout des miennes, aussi sensuellement qu'il avait pu le faire auparavant. Timidement, d'abord, j'initie de mon propre chef un nouveau baiser, y échappant un doux soupir jusqu'à ce que la pulpe rosée de mes lèvres se fasse plus hardie, plus audacieuse. Maintenant que j'avais happé sa bouche avec langueur, dans un baiser qui devenait plus passionné à chacun de nos souffles exhalés qui s’emmêlaient, mon cou se relâche jusqu'à ce que ma tête s'enfonce à nouveau dans l'oreiller.

    Combien de temps avions nous passé ainsi à profiter l'un l'autre du goût nouveau et exaltant de nos lèvres ? Je n'aurais su le dire avec exactitude. Mais je savais qu'à présent, il n'y avait plus de retour en arrière possible. Plus de sauf-conduits, plus de tours de passe-passe alambiqués. Nous irions jusqu'au bout quoi qu'il arrive, quelle qu'en soient les conséquences et même si celles-ci avaient des chances d'être désastreuses.
    Alors mes mains emprisonnent le visage du beau russe, mes doigts finissant par fourrager dans ses mèches noires qu'ils triturent avidement avant de glisser, en une synchronisation quasi-parfaite, le long de la colonne vertébrale de ce corps dont je devinais les muscles se tendre sous chaque parcelle de peau. Un nouveau soupir franchit la barrière de mes lèvres à l'instant même où mon bas-ventre s'enflamme délicieusement, si bien que je romps notre échange pour basculer le visage sur le côté, ne serait-ce que pour reprendre mon souffle désormais haletant.

    Il commençait à faire terriblement chaud... Mais cette chaleur était ô combien délectable. Instinctivement, mes ongles se frayent un passage sous la ceinture du grand brun, s’immisçant sous le tissu de son pantalon pour que mes phalanges se crispent mieux sur ses fesses, l'incitant à caler plus encore son bassin entre mes cuisses largement ouvertes. Un regard vers Viktor suffit à me conforter dans cette idée qui m'obnubilait depuis quelques instants. Nous étions sur la même longueur d'onde...
    Ma bouche, avide, heurte à nouveau celle du nécromancien et je me cambre sensuellement pour passer mes mains entre nos deux corps, débouclant dès lors sa ceinture avec une habileté rudement acquise par des années de métier.

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    #19 le 26.02.17 11:39
    S'étirant de ma nuque jusqu'au bas de mon dos en sinuant, languide, le long de ma colonne vertébrale, une nouvelle salve de frissons implosa et se répartit aux quatre coins de mon corps à l'instant où, d'un acquiescement subtil et d'un mouvement tout aussi léger, Giuliana répondit à ma question muette. Porté par son baiser, mon corps se pressa plus encore contre le sien, comme désireux d'annihiler la plus petite portion d'air qui aurait pu subsister entre les deux, à l'instar de mes lèvres cherchant les siennes avec passion. Cette passion qui m'emporta lorsque ses lippes dévièrent ; celle-là même qui me soufflait de ne pas la laisser s'éloigner, de ne lui laisser aucun répit.
    A peine ses lèvres s'étaient-elle détournées que c'est son cou que j’assaillais d'autant de baisers brûlants que de mordillements subtils, m’enivrant de cette fragrance dont elle ne disposait que pendant un laps de temps pré-déterminé, mais qui, aussi furtive soit-elle, suffisait à noyer mes sens.

    Lorsque ses mains encadrèrent mon visage, les miennes encerclèrent le sien, mon bras droit venant renforcer un appui que ma jambe droite rendait précaire, mes muscles antérieurs saillants ainsi autant d'impatience que d'un effort rendu plus ardu du fait de l'abandon du soutien de leurs jumeaux opposés. Ma main gauche avait en effet rendu les armes trop vite, inexorablement attirée par ce que mes yeux avaient détaillé plus tôt, mue par une volonté partagée par mon corps tout entier : celle de toucher ce que j'avais vu, celle de sentir ce que j'avais imaginé.

    Filant au-dessus de son buste au rythme des formes qu'elle y rencontrait, ma main finit sa course sur les flancs de la belle italienne, toute proche de sa hanche qu'elle crispa sensiblement lorsque je sentis ses doigts à même ma peau, m'incitant à m'approcher toujours plus alors que je me croyais déjà au plus près d'elle, à ce stade. Je n'avais plus eu qu'une envie alors : l'embrasser encore pour me coller à elle, pour me sentir au creux de ses bras fins aussi sûrement que ses cuisses ne daignaient relâcher mon bassin qui se complaisait dans la situation qu'il occupait. Quelle joie de constater d'un regard que la même idée lui avait traversé l'esprit.

    Profitant de la cambrure de la belle, alimentée par notre baiser fougueux, mes doigts, feignant jusque là l'immobilisme en attendant la meilleure opportunité, filèrent le long de son dos jusqu'à crocheter l'attache de son soutien-gorge qu'ils firent céder rapidement avant de se caler au creux de ses reins pour la presser plus encore contre mon corps et accentuer sa cambrure ; celle-là même qui semblait les attirer inexorablement jusqu'à la naissance de ses fesses. Ils ne s'y heurtèrent que pour mieux s'en éloigner le temps que je me redresse, m'écartant de son corps haletant autant que le mien, irradiant toujours davantage, où quelques perles de sueur éparses semblaient déjà fleurir entre deux muscles contractés par l'effort et l'envie. Furtif, cet éloignement ne fut qu'un prétexte pour la débarrasser une bonne fois pour toute de son soutien-gorge que je lançai à travers la pièce sans me soucier de son lieu d'atterrissage : déjà, je m'étais incliné à nouveau et l'embrassais derechef, heurtant mon corps au sien avec cette impatience alimentée par le désir et cet ersatz de brutalité motivé par l'envie d'assouvir un besoin primaire.



    Plus doucement finalement, presque tendrement, mes lèvres retrouvèrent sa mâchoire, déclinant une nouvelle fois dans son cou puis empruntant le chemin que mes doigts avaient parcouru au préalable, quoique s'attardant peut-être sur les pans de peau nouvellement dévoilés plus que sur ce que je connaissais déjà, jusqu'à finir leur course sur son ventre. Désireuse de goûter sa peau, ma langue s'y égara furtivement à l'instant où ma main gauche rencontrait un nouvel obstacle - le dernier, en ce qui concernait Giuliana – qu'elle entreprit de malmener quelques instants jusqu'à me convaincre de me redresser.
    A genoux, j'embrassai l'une des jambes de l'italienne en la débarrassant de son sous-vêtement restant sans jamais la quitter des yeux, réitérant l'opération à mon encontre en des gestes insupportablement lascifs, abaissant mon pantalon déjà grandement malmené ainsi que mon boxer. Lorsque, débarrassé de tout le superflu, mon corps s'étira à nouveau sur le sien ; lorsque je recouvrai mes appuis et me heurtai à son regard, juste au-dessus d'elle ; lorsque mes lèvres retrouvèrent les siennes avec une douceur passionnée, je n'étais plus animé que d'une intention : l'aimer. Simplement.



    *

    Dans la touffeur ambiante de cette chambre du bordel, seul le silence régnait à présent, uniquement troublé par l'imperceptible bruit de frottement léger que provoquait ma peau allant et venant sur la sienne. Allongé sur le flanc gauche, j'observais sans bruit le corps de Giuliana, étendue sur le ventre, tandis que ma main cheminait le long de son dos au fil de la balafre qui le déchirait et dont je semblais étudier le moindre détail. De nos ébats était née une étrange quiétude qui n'était pas pour me déplaire. J'en tirais moi-même une certaine sérénité que je n'avais plus trouvé depuis longtemps, et qui avait au moins le mérite de me faire oublier ce qui m'obnubilait d'ordinaire.

    - Te fait-elle mal, parfois ? soufflai-je finalement d'une voix enrouée sans juger utile de désigner nommément ce « elle » tant elle me captivait depuis plusieurs minutes, déjà.
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    #20 le 02.03.17 17:33
    Diable, que ces sensations troubles et électrisantes étaient délectables. Je me cambre à nouveau alors qu'il promène ses lèvres sur ma peau, après avoir entravé ma main caressante, sans doute trop insistante dès lors qu'il était désireux de prendre tout son temps pour me découvrir. Un gémissement suave m'échappe lorsque son souffle s’égare entre mes côtes, avant de sensuellement rejoindre mon ventre. Puis il se redresse et me laisse là, pantelante et impatiente, le souffle toujours haletant. Je me plie aux règles, toutefois, le laissant me dénuder et l'observant faire de même sans jamais rompre cet échange visuel qui ne s'était que rarement interrompu depuis l'instant précis où il avait posé ses lèvres sur les miennes.
    C'est avec un soulagement palpable que j'accueille à nouveau son corps brûlant contre le mien, apposant d'autorité mes mains dans le creux de son bassin, que mes doigts malmènent en se crispant sensiblement à mesure qu'il me tente, à mesure qu'il me fait languir d'une passion désormais bien trop envahissante pour encore tenter de l'annihiler. Mais en avais-je seulement envie ? A quoi bon, de toute manière … ? La machine était lancée et, à l'allure où elle allait, rien ne saurait plus l'arrêter avant son terminus.

    Alors je me laisse éperdument emporter dans cette folie délicieuse.
    Même en ayant la vague conscience de cet interdit qui me lie à lui, je me jette totalement et de mon plein gré dans la gueule du loup.
    Viktor...


    ***


    Les caresses du nécromancien le long de ma colonne vertébrale m'apaisent sensiblement, me plongeant dans une sorte de paix sereine qu'il était doux de ressentir après ces ébats auxquels je ne m'étais guère attendue, lorsque j'étais entrée dans cette chambre. Mais pour l'heure, je n'y pense pas. Je me laisse emporter dans ce doucereux état de somnolence, sans broncher, sans me torturer plus avant en songeant à ce qui arriverait au moment où Viktor prendrait conscience qu'il avait couché avec un morceau de chair putréfiée enrobé dans un jolie paquet cadeau. Il le ferait, comme tous les autres. Mais j'aurais tout le temps de songer à ça plus tard. Plus tard..., marmonne également ma moi intérieure, visiblement aussi satisfaite que je l'étais.
    Je soupire d'aise, remuant faiblement mon buste pour caler un peu plus mon visage contre mon bras qu'il dissimulait en partie, aidé en cela par ma chevelure savamment étalée, en bataille.

    « Te fait-elle mal, parfois ? », me souffle le bellâtre d'une voix rauque, me faisant presque sursauter tant je m'étais accoutumée au silence reposant qui baignait dans la pièce.

    J'ouvre les yeux, cherchant le regard envoûtant du grand brun avant de détailler distraitement ses traits fins et élégants. Je sais qu'il parle de ma cicatrice, ce n'est pas comme s'il n'en avait pas redessiner les contours pendant une bonne demi-heure au moins. Je peux comprendre qu'elle l'intrigue, il en va ainsi de toutes les choses anormales et laides. A tout le moins, cette balafre hideuse ne le répugnait pas. Pas pour le moment, en tout cas.

    « … Oui. Lorsque des souvenirs douloureux remontent à la surface... », réponds-je avant de me racler quelque peu la gorge, surprise d'entendre ma voix enrouée par mon mutisme et ma gorge asséchée par la soif. « Parfois, elle me réveille quand je fais des cauchemars ~ », complété-je en me tournant finalement sur le côté, puis enfin sur le dos après avoir pris une profonde inspiration.

    Lascivement, je délie mes muscles en m'étirant sur la couche, avant de me redresser pour quitter le lit. D'une démarche inconsciemment chaloupée tout en faisant rouler mes épaules comme pour les dénouer un peu, je rejoins le mini-bar et les trésors qu'il contenait.

    « Tu veux boire quelque chose ? … Autre chose que de la vodka, j'veux dire..? », hasardé-je en souriant en coin, sans regarder Viktor pour autant, pratiquement certaine qu'il m'avait suivie du regard tout du long.

    Une fois accroupie devant le meuble, j'ouvre le compartiment réfrigéré et en extirpe une bouteille d'eau joliment embuée de gouttelettes rafraîchissantes. Voilà qui me ferait le plus grand bien après tous ces exercices... J'en bois quelques gorgées rassérénantes tout en observant du coin de l’œil le sac du russe qui traînait toujours là où il l'avait laissé en arrivant : près de la table qui constituait le coin salon de la suite. Ah oui... les potions. C'est vrai...
    N'était-ce pas là la raison principale de sa venue ici ? Lentement, je regagne le lit en continuant de me désaltérer, m'arrêtant finalement face à Viktor pour reprendre mon souffle et lui tendre la bouteille, répondant ainsi à sa commande. Puis je m'installe à nouveau, sur le rebord du lit cette fois, en attendant de pouvoir récupérer la bouteille et la remettre au frais.

    « Alors.. ? Elles sont censées avoir quels effets ces potions ? », demandé-je en l'observant boire, pensive, ramenant un genou contre ma poitrine en entourant de mes bras ma jambe désormais repliée.

    Autant que je m'informe tout de suite sur la teneur de ma prochaine ''mission''. La dernière fois qu'il avait refusé de me dire à quoi correspondait la potion, ça c'était très mal terminé. Cela dit, il arrivait également que je connaisse les effets supposés de ses potions et n'en décèle aucune trace une fois ladite potion ingurgitée. Le pire étant quand j'obtenais des effets paradoxalement opposés. Mais ça, c'était encore une autre histoire...
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