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Terminé #11 le 09.02.17 23:30
THE WITHERED LEAVES COLLECT AT MY FEET
always going with the flow


Comme le dit si bien Issui, il a eu ce qu’il voulait. Il n’a plus rien à faire ici, si ce n’est pousser le vice plus loin, l’observer dans sa folie et la peur aux tripes, si forte qu’il en salit le sol, hélas aucun sourire, pas un seul rictus, ne parvient à courber ses lèvres. Il n’y a pas ce sentiment de satisfaction qui s’empare de son cœur et qui y allume une bougie. C’est vide, éteint et couvert. Malgré l’attention plutôt forte qu’il lui donne, Nae ne peut ressentir cette joie qu’habituellement ceci lui procure.

Il en a eu assez.

Son regard se détourne de cet homme qu’il a poussé au bord du gouffre, celui-ci mène qui une fois ses mots prononcés, se relève et s’éloigne. L’irlandais fixe alors cette tâche, peinte à terre, d’une couleur étrangère qu’un mélange écœurant a créé. Il voit du rouge qui essaie de se mêler au reste, de s’y fondre et apporter un peu de couleur, mais il reste à l’écart, comme supérieur, dominant. Rouge écarlate, rouge carmin, rouge rubis. C’est une couleur qu’il connait bien, avec laquelle il danse souvent, une partenaire de crime.

Elle lui fait l’effet d’un pétale de rose rouge, posée à la surface d’un thé à la saveur inconnue.

Il grimace légèrement, rien qu’une seconde, en songeant au goût répugnant que le drôle de liquide qu’il voit peut avoir. Qui peut avoir l’idée d’y tremper la langue ? Bien qu’il possède une folie certaine, celle-ci n’est pas à ajouter à la liste. Levant les yeux vers la tête à deux couleurs, calmement assis à des mètres de lui, Nae se demande s’il doit quitter l’entrepôt, ou poursuivre dans son délit. Il n’est tenté ni par l’un, ni par l’autre, mais se décide à rester en constatant que rien de spécial ne l’attend à l’extérieur.

« C’est bon, tu t’en remets ? » Lance-t-il en se redressant.

Sa main se lève et chasse l’humidité de son visage, ignorant la goutte tracée sur sa joue. La chaleur lui est montée à la tête, semble-t-il. Il ne ressent plus la satisfaction car elle a déjà atteint son summum ; il en faut donc si peu ! Celle-ci le rend particulièrement calme, serein, froid. C’est étrange car il ne paraît pas plus froid qu’à cet instant, lorsqu’aucun sourire ne veut habiller ses lippes, aussi moqueur et mauvais soit-il. Il n’y a rien, si ce n’est le calme plat. Peut-être de ceux qui annoncent une terrible tempête, qui sait.

Ses pas ne le font pas s’approcher de lui plus qu’il ne le devrait ; bien qu’il devrait plutôt s’en aller au lieu de chercher la petite bête, de réveiller le tigre, de troubler une eau calme. Il est là, debout, à se tenir à une certaine distance, sûrement de sécurité, et le regarde sans une intensité spéciale. Un simple regard pareil à celui d’un passant. Mais sa présence est bien plus, agaçante et énervante, stimulante et effrayante, néfaste et indésirée. Issui ne peut décemment se reposer lorsque le glaçon vivant est là. Conscient de l’effet négatif qu’il est pour lui, Nae n’a aucunement l’intention de lui rendre la tâche facile.

« Une petite étincelle et tu fatigues ? C’est malheureux, t’as l’air pourtant si jeune… Peut-être qu’c’est qu’une apparence, après tout. » Balance-t-il d’un ton qui témoigne de son ennui actuel, de son intérêt qui s’amenuise.

Il se moque, encore et toujours, comme s’il ne sait pas communiquer autrement. Il creuse sa seconde tombe, encore et toujours, comme si la première ne lui a pas suffit. Ses deux mains se plongent au fond des poches de son jean, l’air nonchalant, comme s’il n’avait jamais été responsable et coupable de l’incident précédent.

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Terminé #12 le 16.02.17 14:00

memories ; a fatalistic warning
Le silence erre. Lourdement comme si ce monde s'arrêtait subitement de tourner à présent. Un sentiment pesant s'abat dans cet environnement délabré, oublié. La peur repeint ses murs, s'enlise dans le béton sur lequel tu te traînes, Issui. T'es à l'abandon toi aussi, dans cette phobie infinie. Les mains se tendent dans ta direction, mais elles ne souhaitent plus t'aider à présent, seulement à t'ensevelir plus profondément. Elles sont nombreuses, invisibles, mais pourtant si réelles à ton sens. Elles s'agrippent, te plongent dans ce néant sans fin.

Qu'est-ce que tu comprends, Nae ?
Tu ne vois pas cette noirceur.
Cette marre.
Gluante.
De la peur qui s'étale.
Un jour.
Un jour je te le ferai payer.
Crois-moi.
Et tu viendra te noyer dans cette marre avec moi.


Les mains te tiennent si férocement pourtant Issui, ton regard se porte sur lui une dernière fois. Ce faciès, cette manière d'être, cette lassitude soudaine et cette nonchalance. A choisir, t'aurais préféré ne jamais le rencontrer pour ne jamais jalouser son don, mais surtout pour n'avoir jamais besoin de le croiser un jour. Lentement, la colère remonte, animant ce corps meurtri, ce corps fatigué d'une peur trop intense et il se lève, ce corps que tu ne contrôles plus bizarrement. Pourtant tu sais très bien où tu vas, Issui. Un pas, deux, trois, tes orbes observent ses mains dans ses poches et cet ennui qui parcoure ses traits. Et il y a cette pointe de violence dans tes sourcils froncés et dans ce poing qui s'abat si soudainement sur cette mâchoire que tu rêves de démolir. Férocement, violemment, de toute tes forces.

Parce que tu mérites que ça.
Crève juste
à petit feu, Nae.
Disparaît enfin.
Tu m'inspires que la haine.
La haine si forte.
Si alléchante envers ce monde.
Envers toi.
Tu ne fais que me complaire dans mes idées.
Alors dis-moi Nae,
tu cherches quoi de plus finalement ?


« C'est terminé. » c'est tout ce que tu as encore à dire, Issui. Parce que le temps s'arrête ici, parce que cette rencontre se termine ici. Il n'y a plus rien. Plus rien pour vous rapprocher, plus rien pour vous réunir. Nae pourra bien chercher, mais toi tu sais. Tu sais très bien que c'est terminé. C'est ici que se brise cette pseudo entente.

Parce qu'il n'y a plus rien
à dire.
Entre nous.
Nae c'est terminé.
Juste disparaît.
Je n'ai plus besoin de te jalouser.
Je ne veux même plus te voir
exister.


Un souffle, un soupir et déjà, oui déjà tu t'en va, Issui. Parce que tu comprends bien, tu comprends aisément que lui n'est pas prêt à quitter cet endroit. Et toi, toi tu ne peux plus rester ici. La colère, la haine, le dégoût... si amer, si fort, tous ces sentiments errent si intensivement entre tes lèvres. Alors tu quittes enfin ces lieux pour ne jamais y retourner, pour ne jamais plus te retourner sur lui.



codes par sapphire
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Terminé #13 le 16.02.17 15:30
THE WITHERED LEAVES COLLECT AT MY FEET
always going with the flow


Les prunelles peintes d'un bleu glacial plaisant se posent étonnamment à nouveau sur Nae. C'est inattendu après toutes ces mésaventures et même si le désir de l'irlandais est bel et bien d'obtenir toute son attention, il s'étonne d'y parvenir encore, lorsqu'il a fait face aux orbes fuyantes, brillant de colère, d'Issui dans ses ordres criés. Même s'il cherchait, et cherche encore, à ce que son regard se pose sur lui, à ce qu'il reconnaisse son existence, il s'en étonne et arque un sourcil dans sa surprise. Il ne bouge pas d'un pouce à son approche, même en remarquant cette nouvelle férocité qui anime le fond de ses yeux. Il ne réagit pas, en voyant sa main se lever, en sachant pertinemment ce qui l'attend, mais il n'y a que l'esquisse un sourire qui traverse rapidement ses lippes, avant que le choc et la douleur ne le renversent au sol.

C'est terminé.

Ces simples mots parviennent à lui arracher son sourire et il reste bêtement sur le sol, le regard dans le vague tandis que l'autre s'éloigne. Il n'est pas supposé s'en aller, pense-t-il. C'est ainsi que s'achève le dégoût qu'il éprouve pour lui ? Et sa haine, si intense qu'elle en était palpable, où est-elle ? Un simple coup et tout ceci s'envole ? Il n'y croit pas. Il ne veut pas y croire. Pas une seule seconde n'ose-t-il, tout comme son regard ne s'aventure jamais vers l'arrière, car il ne veut le voir partir, comme il a regardé sa mère le quitter. Il lève la main afin de la poser, si froide et réconfortante à cet instant, sur sa mâchoire douloureuse, mais celle-ci s'arrête à mi-chemin car il perçoit les tremblements de celle-ci. Peut-être n'est-il pas si insensible qu'il le pensait, il lui arrive encore de ressentir de la peur, mais elle est purement psychologique, elle ne repose pas sur la douleur qu'on peut lui infliger corporellement.

Il se recroqueville sur lui-même, se laissant tomber sur le côté, son corps traversé par des spasmes alors que ses lippes, masquées par les mains posées sur son visage, s'étirent de plus en plus. Personne ne peut réellement comprendre, après tout. Ils pensent tous que s'ils l'ignorent et lui filent une correction lorsqu'il dépasse les limites, Nae se calmera. Ils sont persuadés qu'il y a moyen de corriger ce sale gamin et que cela doit passer par la douleur pour lui faire saisir la gravité de ses actes. Comment peut-il se retenir de rire, en remarquant la bêtise humaine ? Impossible. Alors sa voix s'échappe lentement de sa bouche et lentement, il s'emballe dans son hilarité, à s'en rouler au sol, se tordant littéralement de rire. Ils n'y comprennent vraiment rien ! Non, non, plus on l'ignore, plus on s'attaque à lui, plus il est ravi Nae, plus il revient à la charge. Il en devient hystérique.

« Terminé ? Ne m'fais pas rire ! ...Ce n'est que le commencement. » Souffle-t-il en réponse du japonais qui a déjà quitté l'endroit.

Oh, comme il avait hâte de le retrouver, de le titiller à nouveau, de faire ressurgir cette haine qu'il éprouve pour lui, car il sait qu'elle est toujours présente. Peut-être pourra-t-il même mourir une seconde fois ? Ça l'intrigue au point de se lancer comme défi d'essayer. Pour lui, ça ne devrait pas être trop difficile. Il s'y mettra plus tard, songe-t-il en calmant son fou rire, il ira lorsqu'il aura une idée précise de l'avenir qu'il lui réserve.