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#11 le 21.01.17 21:18

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Bien loin de ce à quoi je m'étais attendu, sa réaction en découvrant mon français ne m'avait pas déçu et m'avait au contraire poussé à rire. Plus que surprise, Royane semblait tout simplement ne pas en revenir, quoiqu'elle ait rapidement repris le dessus sur son trouble afin de me poser plus de questions encore. N'était-elle donc jamais à court de conversation ? Faisait-elle partie de ces gens qui savaient toujours quoi dire et ne connaissaient pas cette peur de manquer de sujet de conversation après le traditionnel « Salut ! Ça va ? » ? J'admirais ces personnes, la plupart du temps, ne les maudissant que lorsque j'étais peu enclin à discuter... Heureusement pour elle autant que pour moi, j'étais plutôt en de bonnes dispositions ce soir, et même prompt à jouer un peu, puisqu'à l'instar de sa première question sur les potentielles difficultés soulevées par certains membres de ma clientèle, je ne répondis à ses multiples interrogations que par un haussement d'épaules, comme si la réponse m'était inconnue à moi aussi... Peut-être cherchais-je à la faire mariner un peu également pour entretenir les quelques pans mystérieux qu'il me restait, alors qu'elle s'était apparemment mis en tête de les malmener, ce soir.

L'insistance et l'enthousiasme de Royane étant tous deux difficiles à contenir, je ne manquai pas de retarder les réponses en feignant une dégustation sacrée des pâtisseries que je venais d'acheter... N'était-il pas impoli de parler la bouche pleine, après tout ?
Ceci étant, je n'avais pas non plus fait preuve de trop de mauvaise volonté et lui avais au moins concédé une réponse – sans quoi, je le crains, elle ne m'aurait jamais mené à son bar et m'aurait probablement fait chanter -. Ainsi, sur l'ensemble des questions posées, je ne m'attardai – le temps du trajet au moins – que sur mon ressenti à mon arrivée en ce monde. Je lui expliquai ainsi, entre deux bouchées et tout en marchant, qu'un peu comme elle, je n'avais pas toujours accepté cette nouvelle vie et l'avais même rejetée un temps, jusqu'à ce que mes pouvoirs apparaissent. Le jour où je m'étais découvert nécromancien, une nouvelle perspective s'était éveillée à moi et j'avais cruellement envisagé de vivre sur le dos des autres, en me nourrissant de leurs maux et de leurs souffrances, en leur promettant monts et merveilles tant par le biais de mes potions que de mon pouvoir. Rien de glorieux, donc, dans mon comportement ; rien d'exceptionnel non plus dans mon arrivée. Quelque part, j'avais même eu de la chance : mes pouvoirs ayant mis deux ans à s'éveiller, il m'avait fallu résister tout ce temps aux divers dangers – modestes, certes, mais néanmoins présents – de ce monde des morts. Presque miraculeusement, j'avais ainsi évité de futurs confrères qui auraient pu me changer en zombie. Peut-être avais-je néanmoins décliné certaines de leurs propositions ; aujourd'hui, je ne m'en souvenais plus, il me fallait le reconnaître.

Mon récit peu captivant entrecoupé par la dégustation de mes pâtisseries nous occupa tout le trajet jusqu'au bar, et force est de constater que face au fait accompli, je ne pus empêcher mon sourire de s'étirer un peu sous le coup de la curiosité. Voilà bien longtemps que je n'avais plus rien découvert d'excitant. Sans pour autant être convaincu d'avoir tout vu des mondes, j'avais fini par me dire que mon âge suffisait à expliquer le goût insipide qu'arborait la plupart des choses. Ce soir, Royane me prouvait le contraire et même si je n'avais pas coutume d'apprécier les endroits fréquentés par les autres spectres, j'abordais le szimpla sereinement et, encore une fois : avec curiosité.
A peine la porte d'entrée franchie, mon regard fut attiré de toute part, découvrant, dévorant tout ce qu'il rencontrait. De multiples univers s'emboîtaient étonnamment bien, les couleurs et les accessoires se mélangeaient d'un monde à l'autre, mais le tout me semblait pourtant étrangement harmonieux. Chaleureux, également, même après que Royane ait annoncé la couleur en profitant honteusement de ma contemplation pour me prévenir qu'elle offrait la première tournée, sans même me donner le temps d'opposer quoi que ce soit ensuite. En effet, j'avais à peine entrouvert les lèvres qu'elle avait déjà fait volte-face pour rejoindre le bar et commander... La fougue de la jeunesse, sans doute.

Sourire léger au coin des lèvres, je rejoignis la belle nécromancienne au bar et m'installai à ses côtés, récupérant le verre qu'elle m'avait désigné en le levant à son adresse... Je n'eus toutefois pas le temps de le boire, interrompu dans mon geste par ses paroles russes. Aussi surpris qu'elle un peu plus tôt – quoique tout restait relatif : j'étais surpris, certes, mais à mon échelle, de sorte que cela restait finalement très modeste par rapport à la réaction de Royane en écoutant mon français -, je la fixai un moment avant de me mettre à rire un peu, reposant mon verre sur le comptoir en me trouvant dans l'incapacité de profiter de la vodka pour le moment. En vérité, je riais pour deux raisons. La première, parce que la plupart des personnes que je rencontrais et qui ne connaissait que quelques mots de ma langue maternelle ne savait dire que « oui » et « non », parfois « au revoir » et plus rarement « bonjour », mais certainement pas « santé ». Preuve, s'il en est, que Royane était vraiment une fêtarde, donc. La deuxième, quant à elle...

- Mon dieu... Je viens de réaliser que si mon accent français est aussi atroce que ton accent russe, je dois paraître ridicule ! ricanai-je, ouvertement moqueur, en lui lançant un regard en coin, presque provocateur, Blague à part, je t'ai fait assez mariner, je pense. Tu mérites de savoir d'où me vient mon français après avoir attendu si longtemps ~, ajoutai-je, décidément enclin à la taquiner un peu alors que je m'essayais enfin à une gorgée de vodka, Je le tiens de ma vie d'avant : mon ex-femme est française. Je n'ai jamais vécu en France, en revanche. Du moins, pas de façon prolongée ; il fallait bien rendre quelques visites à beau-papa et belle-maman, de temps à autre, mais ce n'était que pour satisfaire le protocole ~.

L'un des bienfaits du divorce, je dois bien le reconnaître, avait été de ne plus être contraint de me rendre dans ma belle-famille. Déjà débordé par le travail, j'avais rapidement développé un sentiment familial presque exclusivement limité à ma femme et ma fille. Parce que nous vivions en Russie, ma famille bénéficiait de temps en temps de quelques attentions, mais force était de constater que même cela, était très limité.
Le regard perdu dans l'alcool, je finis mon verre d'une traite avant de sourire un peu plus, jouant avec le contenant vide un court instant.

- Dis-moi, Royane... L'une de tes phrases me reste en tête et me torture décidément, avouai-je en souriant un peu plus, délaissant mon verre pour me tourner vers elle, cherchant son regard, Tu as dit que tu m'offrais la première tournée pour me remercier du repas. Repas qui fut agréable, d'après tes termes, « contre toute attente »... Comment dois-je le prendre ? ~, hasardai-je sans détourner mes yeux d'elle, faussement vexé, Pensais-tu que tu t'ennuierais à mourir une seconde fois à mes côtés ? Que je manquerais de conversation ou ne daignerais pas t'accompagner dans les lieux que tu fréquentes, jeunette que tu es ?

Déviant légèrement, mon regard croisa celui du barman alors qu'un signe de main discret suffit à lui indiquer qu'il devait remplir à nouveau nos verres. La deuxième était pour moi, comme le laissaient entendre les billets que je glissai sur le comptoir sans demander son avis à la belle nécromancienne – tiendrait-elle le rythme, d'ailleurs ? ~ -.
Décidément volage, mon regard entreprit d'observer les environs ensuite, étudiant les autres spectres présents, attablés ensemble de manière conviviale, sans forcément se connaître, rapprochés par la musique et les lumières, peut-être encore la décoration surchargée mais pas pour autant désagréable. Ils riaient tous, buvaient, échangeaient, dansaient parfois, quoique modestement, en profitant d'alcools divers. Ce fut pourtant sur l'étage supérieur que mon regard fut naturellement attiré, là où la fumée des cigares et cigarettes prenaient des allures de brouillard tant elle était épaisse ; là où le brouhaha n'avait pas sa place, mais où les messes-basses avaient leur importance. Là-haut, on ne se regardait pas dans les yeux mais en coin, discrètement, tout à ce que l'on faisait... L'étage des jeux. Sans le réaliser, mon sourire s'étira furtivement alors qu'un frisson me parcourait l'échine. Le repas avait été fort agréable, mais quelque chose me disait que cela n'avait été qu'un début !
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#12 le 22.01.17 15:18

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Balade Nocturne et rencontre surprenante


J'ai à peine le temps de reposer mon verre que mon compagnon me lance une remarque qui a pour effet de provoquer mon hilarité. Je pose mon bras droit sur le comptoir du bar et commence a jouer avec le petit verre, le faisant tourner tout en écoutant ce que me raconte Viktor sur son ex-femme. Inutile de dire que je suis surprise lorsque je réalise qu'il a été marié. Je crois que c'est seulement a cet instant que je réalise que nous avons une différence d'âge.
Je hausse un sourcil lorsqu'il me parle de protocole à respecter lorsqu'il allait voir ses beaux-parents. N'étant pas un détail de la plus haute importance, je ne m'attarde pas trop la dessus même si, quand même, je pose une petite question

Tu les appréciais si peu ? Je veux dire « pour respecter le protocole » ce n'est pas quelque chose qu'on dit quand on apprécie aller voir les personnes si ?

Je termine ma question ma Viktor n'y répond pas tout de suite, beaucoup trop occupés a enfiler son verre d'un seul coup. Je me mords brièvement la lèvre inférieure trouvant que les choses prennent une bonne tournure. J'allais faire signe pour recommander la même chose quand la voix de ma camarde me ramène a lui. Il me pose une question a là quel, je ne m'attendais pas, mais qui, une fois de plus, provoque mon hilarité. Pas à cause de son caractère inattendu, mais plus à cause du ton employée pour la poser. Clairement, l'humour étant prédominant et je me permets donc de lui rendre la pareille.

Quoi ? Viktor, serais-tu vexé ? -lui demandais je les yeux brillant de malice- La jeunette doit bien avoué qu'elle avais un peu peur de sortir un vieux croûtons comme toi dans un endroit comme celui-ci ! C'est d'ailleurs pour ça qu'elle t'a demandé de te changer, histoire de te fondre dans la foule.

Je termine ma phrase en faisant bouger mes doigts comme pour un tour de magie. Je tourne en suite les yeux vers mon verre qui, visiblement, avais profiter d'un moment d'inattention pour courir dans les bras du barman et se faire remplir. Je l'attrape et fais signe à Viktor avant de l'avaler d'une traite. Je le repose d'un coup sur le comptoir accompagné d'une petite grimace

La vodka n'a jamais été mon alcool préféré. Je t'ai fait honneur maintenant, je vais plutôt repartir du côté de la Réunion si tu me permets. D'ailleurs, que dirais-tu de comparer notre résistance ? Le vieux croûton contre la jeunette, voyons qui sera le dernier debout !

Je me sens assez confiante quant à ce genre de concours, mais méfions-nous tout de même, il ne s’agirait pas de le sous-estimer ! Je me sort une nouvelle cigarette accompagner d'une deuxieme que j’allume, oui parce qu'ici les règles ne sont pas comme dans tous les autres bars tous les coups sont permis, avant de la tendre au « vieux ». C'est alors que je remarque son regard porté vers les étages. C'est ce sourire si sincère qui me pousse donc à descendre de ma chaise un peu plus rapidement que prévu et de lui attraper la main pour le tirer a travers la foule. Je connais les lieux comme ma poche et n'ai donc aucun souci à me faufiler a travers les masses corporelles qui nous entourent. Je jette de temps en temps un petit regard en coin afin de m'assurer qu'il me suit toujours. Nous arrivons à une cage d'escalier et je me tourne vers lui instinctivement.

Ça va aller avec ta jambe pour monter les étages où il faut que je te porte ?

Bien sûr, je ne fais que le provoquer, lui adresse un clin d’œil puis commence a monter tranquillement histoire de le ménager un peu. De toute façon, les murs sont recouverts de graphs et il a toujours de nouvelles choses a lire. Pas toute aussi intéressante les une que les autres, mais ça mérite le petit coup d’œil. Arrivée au premier étage, étage de la musique un peu électro et ou peu clairement sentir l'odeur de cannabis, je m'arrête pour voir s'il n'y a pas de visage un peu connue, mais apparemment pas. Nous reprenons donc notre ascension pour arriver, finalement, au dernier étage ou, là, l'odeur de cigare et de cigarette vous pique un peu les yeux. Il faut traverser le premier nuage pour se rendre compte de l'installation. Une pièce au mur sombre dû aux nombreuses écritures que les gens viennent faire lorsque les joueurs ne sont pas là. Des lampes installées au-dessus des tables ne donnant ainsi qu'une lumière limitée et tamisée lorsqu'on ne se trouve pas autour de celle-ci. Contrairement aux autres étages celui-ci n'a pas de musique, et même si on peut entendre les voix des autres personnes en fond sonore, elles ne dérangent en rien le bon déroulement des tables. Dans le fond, à gauche de la pièce, un petit bar est installé et je fais donc signe à Viktor de m'y suivre.
Comme il nous faut traverser toute la pièce pour pouvoir, aller chercher quelque chose a boire ça laisse à mon camarade l'occasion d'appréhender les différentes tables de jeu et donc pouvoir choisir en avance a là quel, il voudrait prendre part en premier.
Une fois arrivé au niveau du comptoir illuminé seulement a l'aide de petits spots aux ampoules à la lumière très diffuse, je m'adresse a mi-voix au jeune homme.

Alors, satisfait ? - Je lui adresse un clin d’œil puis reprend- Souhaite tu boire quelque chose pour emmener a table ou pas ? D'ailleurs quel sera le jeu de la soirée ? Perso j'ai un penchant pour le Poker, dis moi et on se rendra a la table que tu souhaite pour que je te plume !

Je termine la cigarette que j'avais commencée en bas et l'écrase dans un cendrier mis à disposition sur le bar. J'observe brièvement les personnes aux différentes tables qui, eux, n'ont pas l'air de nous avoir remarqués. Visiblement a certains endroit les parties sont sur le point de se terminer donc nous n'aurons pas bien longtemps à attendre. Je profite donc de cet instant pour reprendre mon interrogatoire

Et sinon ? Pourquoi vous vous êtes séparé avec ton ex-femme ? Tu avais de la famille en Russie, j'imagine, des frères, sœurs ou enfant uniques peut-être ?

J'observe son visage a travers les pauvres filets de lumière que nous offre le bar. C'est amusant comme cette ambiance si calme et reposer lui colle bien. Elle lui donne un air imposant. Il a toujours cette aura de sérieux et de prestance, mais ici quelque chose de plus ressort. Je finis par détourner mon regard pour le diriger dans le vide. Tout à fait entre nous, il n'était pas si mal pour un vieux croûton. Peut-être que le fait qu'on ne prenait pas le temps de s'arrêter pour discuter nous rendait invisibles par défaut aux yeux des uns et des autres ? Peut-être que je devrais un peu moins dosé la potion et la vendre à grande ampleur pour que les gens fassent plus attention ? En plus ca me rapporterais un sacré pactole ! Ça, c'est cool ...

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#13 le 23.01.17 22:54

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Tout à mon jeu, je tâchai de plisser les paupières à la question avancée, feignant d'être effectivement vexé, dans le prolongement de ce que j'avais prétendu jusque là... Mais que la chose était néanmoins complexe devant ses yeux pétillants dans lesquels je me sentais une fois de plus chavirer. Ils étaient si vifs, si assoiffés de curiosité et de découverte ; plein de fougue et de jeunesse, de promesses, peut-être encore, dans mes plus fous espoirs. La mention du « vieux croûton » m'aida cependant à rentrer à nouveau dans le jeu, même s'il me fallait avouer qu'il y avait une part de vrai. Que je sois plus vieux qu'elle, je ne pouvais plus le nier désormais, de là, cependant, à être du côté des « vieux croûtons »... Je reconnaissais bien là les jeunes tout autant que les vieux, les premiers voyant en quiconque était plus âgé, un aîné inaccessible, les seconds, trop conscients de leur vie passée, désireux de repousser sans cesse les limites de cette vieillesse pour ne jamais en faire partie ~. Alors que j'acceptais plutôt bien mon âge autant que ma condition, la belle Royane me faisait presque chanceler, tant elle jouait divinement bien la comédie.

Souriant en remuant sensiblement la tête de gauche à droite comme je l'avais fait à l'évocation de mes ex-beaux-parents – la première fois, pour lui signifier que c'était un peu plus complexe que cela ; désormais, pour balayer le sujet de conversation et ménager mon ego, effleuré par ces plaisanteries -, j'imitai la nécromancienne en avalant ma vodka d'une traite après avoir levé mon verre à son adresse, puisqu'il en allait désormais de mon honneur. Je comptais bien remporter ce défi puéril et survivre à Royane dans ce duel ridicule de résistance à l'alcool, même s'il était un peu triste de trouver un avantage à mon expérience et à mon âge en cela.
J'eus néanmoins à peine le temps de me remettre de l'enchaînement des évènements que Royane descendait de son tabouret et se saisissait de ma main pour m'entraîner dans la foule. Sans comprendre ce qu'elle souhaitait, je lui emboîtai mécaniquement le pas, heurtant parfois les corps sans parvenir à les esquiver et me faufiler entre eux aussi facilement qu'elle – différence de largeur d'épaules, j'imagine ~ -, jusqu'à, enfin, atteindre les escaliers. Alors c'est là qu'elle avait voulu m'emmener depuis le début ? Souriant au pied des marches en contemplant les étages, je baissai les yeux sur la jeune femme à son énième provocation, grognant pour toute réplique en lui emboîtant une nouvelle fois le pas.

Au dernier étage, la belle nécromancienne me laissa à peine le temps d'observer les alentours puisqu'elle me fit rapidement signe pour m'attirer vers le bar – quelle surprise ~ - à l'autre bout de l'étage. Suivant la jeune femme de loin, je pris cette fois plus de temps qu'au rez-de-chaussée, au moment de traverser la foule, étudiant les jeux autant que les joueurs, jusqu'à terminer ma course à hauteur de Royane, au comptoir du bar de cet étage. Machinalement, j'avançai la monnaie sans pour autant prendre la peine de choisir la boisson, laissant cela à la belle lorsqu'elle le jugerait nécessaire. Bien vite, cependant, sa voix me prêta à sourire et attira inévitablement mon regard sur elle alors qu'elle semblait me détailler de la même manière. A quoi pouvait-elle donc penser ? « Finalement, il est monté plus rapidement que prévu, ce vieux croûton ! », peut-être ? A moins que j'ai au contraire traîné ? Voilà bien des années pourtant que j'étais désormais habitué à ma canne, et l'avais acceptée comme un nouveau membre, indispensable à ma stabilité.

- J'ai une préférence pour le poker, moi aussi, avouai-je après avoir reporté mon attention sur l'étage, guettant les tables concernées en attendant de voir deux joueurs les libérer, Mais je suis curieux de te voir à l’œuvre. Tu me sembles trop expressive pour bluffer efficacement, mais je me trompe peut-être. Cela dit, je préfère te voir sourire et t'entendre rire, que t'imaginer aborder ma mine sévère et sérieuse ~, souris-je en la regardant à nouveau.

Non, décemment, la joie lui seyait bien plus que l'austérité que je pouvais parfois avoir lorsqu'elle n'était pas ébranlée par un sourire détestablement moqueur. Pourrais-je seulement lire le jeu de Royane dans ses yeux, comme je le faisais d'ordinaire avec les autres joueurs ? Parviendrais-je à soutenir son regard céladon sans oublier de jouer, tout simplement ? L'avenir me le dirait. Pour l'heure, cela ne m'empêchait pas de sourire. Peut-être étais-je même impatient de connaître la finalité de l'exercice.

- Pour ce qui est du reste, j'aime bien le concept du szimpla, pour le moment. C'est original et agréable, puis ce n'est pas surchargé de monde. J'aime tout particulièrement ces différents mondes greffés les uns aux autres. On trouve forcément son bonheur, le coin qui correspond le plus à ce que l'on aime. Merci de m'avoir fait découvrir le principe, Royane, soufflai-je en récupérant mon verre nouvellement servi pour y tremper furtivement mes lèvres et ainsi déguster un peu l'alcool.

Cela aussi, je l'avais appris avec l'âge. Royane savait-elle déguster les vins et autres boissons alcoolisées en prenant le temps de les apprécier, sans chercher à remporter un quelconque challenge ? Était-elle capable de reconnaître les saveurs et les senteurs ?
Mon regard se reporta à nouveau sur elle et j'esquissai cette fois une légère grimace, quoique souriant toujours en arrière-plan. Elle attendait. Elle savait, comme moi, qu'il restait des questions personnelles auxquelles je n'avais pas encore répondu et un coup d’œil aux tables de poker encore occupées ne me rassura pas. Je n'éluderai pas les questions plus longtemps, faute d'autres sujets ou de quelconque évènement susceptible de me sauver la mise.

- Pour ce qui est de ma femme... Par où commencer ? On s'est marié jeunes, on a emménagé ensemble très tôt... Bref, on a tout fait très vite, puis j'ai été muté au Japon alors qu'elle est restée en Russie. Logiquement, on se voyait peu, alors... J'imagine que c'est l'éloignement géographique qui explique le mieux notre séparation, conclus-je en souriant, éludant volontairement l'existence d'Anja, quoique ne prenant pas pour autant la peine de mentir à Royane en prétextant par exemple que c'était la mort qui nous avait séparés ~, Quant à ma famille, j'avais ma mère et mes deux sœurs. Mon père étant militaire, il n'était pas souvent à la maison.

Cette fois, la fin d'une partie de poker et le départ de deux joueurs m'épargna la suite de ma biographie et m'incita à me relever en récupérant mon verre dans l'optique de rejoindre la table, souriant à nouveau, comme si le sujet précédent n'avait jamais été abordé, ou était en tous cas clos. Définitivement.

- Je compte bien m'enquérir de ta propre situation familiale après la partie de poker. Savoir si tu avais des frères et sœurs, pour te donner le change... Mais en attendant, allons jouer avant que l'on nous pique nos places, hm ? proposai-je en désignant la table d'un bref mouvement de tête, Avant que l'on se rende sur place, convenons néanmoins d'un petit plus, tu veux bien ? Disons que celui de nous deux qui « plume » l'autre, comme tu l'as si bien dit, pourra demander au perdant une faveur. N'importe quoi, proposai-je en redressant la tête presque fièrement, Autant te le dire tout de suite pour que tu t'y prépares : si je gagne, je te demanderai un baiser. Mais rassure-toi, tu pourras boire autant que tu veux avant ça ~, ricanai-je avant de me pencher un peu sur elle pour venir murmurer à son oreille, Encore que le plus simple serait de gagner... Si tu le peux ~

Ricanant toujours, je contournai la belle nécromancienne pour rejoindre la table de poker libérée, saluant nos adversaires tout en tirant la chaise à Royane pour qu'elle s'installe, en bon gentleman, quoique je compte bien gagner autant par principe qu'au vu de l'enjeu. Souriant, histoire d'adoucir la méfiance de mes adversaires peut-être, je pris place face à la belle, posant ma canne contre la table.
Joyeux poker, et puisse le sort m'être favorable*.


Spoiler:
* : Puisqu'il n'y a pas de dé à trois faces, j'ai pris le dé à six faces, avec deux issues à chaque fois
1, 3 : Viktor gagne ou est mieux placé que Royane dans le classement des joueurs.
2, 5 : Royane gagne ou est mieux placée que Viktor dans le classement des joueurs.
4, 6 : Viktor tombe dans les pommes en milieu de partie, avant que celle-ci ne soit terminée, donc, et trouble tout le déroulement du jeu [la faute à l'Event]

#14 le 23.01.17 22:54

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'6 FACES' :
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#15 le 27.01.17 21:49

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Balade Nocturne et rencontre surprenante


J'écoute la voix les paroles de Viktor qui viennent se mêler a la musique jazzie de cette partie du bâtiment. Je me sens comme apaiser dans un lieu comme ici, a ma place. C'est un peu mon havre de paix lorsque je cherche à retrouver mes sensations d'avant. L'excitation d'avoir de bonnes cartes en main, le contrôle de sois lorsqu'il faut afficher une mine grave… Des choses que j'avais pour habitude de pratiquer lors de soirée avec mes amis.
Il finit enfin par me parler un peu plus de lui, de son ex-femme ainsi que de sa famille. Je me surprends à essayer d'imaginer comment pouvais bien être sa famille. Avaient ils tous les yeux ambrés comme lui ? Je m’apprêtais à poser la question, mais il ne me laisse pas le temps de sortir un mot que je le vois se remettre sur ses deux jambes, attrapant son verre a la voilé, afin de me faire comprendre qu'il est temps de mettre nos savoir-faire en valeur.
Je l'imite donc en me relevant de ma chaise et, alors que j'allais prendre mon verre, il reprend la parole pour me dire qu'après cette partie, il me rendrait certainement la pareille concernant toutes les questions que j'avais eu l'occasion de lui poser.
Je déglutis difficilement alors que j'essaie de revoir clairement le visage de mon père et de mon frère. Je prends une grande inspiration afin de reprendre le contrôle de mes émotions. J'allais me mettre en route pour la table, mais Viktor me sort une phrase qui me stoppe net dans mon mouvement ! De l'enjeu ? Soit, j'aime le risque !
Je hausse donc un sourcil interrogatif, attendant que le verdict tombe. Lorsqu'il me parle d'un baiser, je hausse mon second sourcil dans un mouvement de surprise, mais qui s'estompe rapidement pour laisser la place au challenge.
Je suis donc Viktor jusqu'à la table et m'assois sur la chaise qu'il a eu l'amabilité de tirer pour moi. Je me penche rapidement à son oreille pour lui chuchoter au creux de l'oreille

- Qui te dis que j'aurais eu besoin de boire quoi que se soit avant de t'embrasser ?

Je me remets, après avoir lancé un regard en biais vers mon compagnon pour voir l'effet provoquer sur lui, en place, salue les personnes autour de la table et, comme par magie, fais disparaître mon sourire pour revêtir le visage austère de la partie de poker.

~

FULL !

Je laisse mon sourire enfin éclaté tout en posant mes cartes sur la table. C'est toujours la même satisfaction, ce plaisir incontrôlable qui m'envahit alors que les visages des autres joueurs se décomposent autour de moi. Je commence à siffloter alors que je remets mes pions en petit tas, mais m'arrête d'un coup dans un faux sursaut puis me tourne vers Viktor

Au fait, qu'est-ce que tu disais déjà ? Si quoi ? Si j'arrive à te battre ? -demandais je en me penchant vers lui afin d'attendre une réaction- C'est fou, ces gens expressif qui arrivent a plumer les gens qui ont un petit peu trop confiance en eux non ?

J'appuie mon coude sur la table et appuie mon menton contre mon poing fermé. J'arbore un sourire triomphant histoire de bien retourner le couteau dans la plaie

Et donc maintenant, je peux te demander ce que je désire, c'est ça ?

Je croise les jambes afin de me mettre dans une position plus agréable. J'attrape mon verre que j'avais pris la peine de remplir a la dernière pause et commence à faire tourner le liquide à l’intérieur afin de faire durer le temps. Je sais qu'il attend une sorte de sanction et je suis moi-même partager entre lui donner un gage tout à fait impitoyable ou bien cédé a la tentation qu'il m'a proposé un peu plus tôt. Jamais, ô grand jamais je n'avais envisagé que nous pourrions arriver a ce genre de moment avec mon colocataire, en particulier Viktor. Évidemment, la potion y est certainement pour beaucoup dans le déroulement de cette soirée, mais peut être aussi qu'elle laisse ressortir un côté de lui qui est tout à fait charmant. Viens donc en suite la question de : quel genre de réaction aura-t-il une fois les effets passer ? Un regret amer ? Un dégoût peut-être ? Même si je trouvais ça relativement vexant ! J'observe l'homme face a moi et je n'arrive pas à me décider… Devais-je laisser les choses traîner un peu ? Ce n'est qu'un baiser après tout, pourquoi en faire toute une histoire….

Je bois une gorgée puis repose mon verre sur la table de jeu. Les lumières au-dessus de nous donner un air de vieux film de gangsters en train de négocier a cette situation.

Dans ma grande magnanimité, je suis prête à t'accorder ton souhait et donc t'offrir un baiser. Ne poussons pas l'humiliation de ta défaite plus loin n'est-ce pas ?

Voilà ! Les choses sont dites ! Un baiser ne m'engage en rien avec ça... Cette soirée est tellement étrange de toute façon qu'un peu plus un peu moins… Nous verrons bien ce qui adviendra de demain, pour se soir j'ai envie d'agir comme j'aurais agis avec n'importe quel personne en me détachant de l'image de mon colocataire réservé, silencieux. J'ai eu toute une vie pour me poser trop de question alors profitons de la mort pour être spontanée !

Je me relève de ma chaise pour passer derrière sa chaise, faisant glisser mes doigts sur sa nuque puis me penche à son oreille afin de lui murmurer

Tu veux rejouer une partie peut etre ? Sinon nous pouvons tout aussi bien redescendre ou même faire autre chose si tu as une quelconque idée a me proposé ?

Je reste à côté de lui tout en laissant ma main sur son épaule et observe les différentes tables pour voir ou en sont rendue leurs partis. Je me retourne en suite vers lui et m'appuie contre la table pour en suite me pencher afin de lui donner un baiser. Pas un baiser violent ou même un de ces baiser dégouttant ou on vois la langue des gens se trémousser d'un coté a l'autre. Non plus un baiser doux, ma main glissant doucement sur sa nuque jouant avec quelques cheveux sur le haut de celle ci.

Une fois son "gage" exécuté je me redresse un me mordant légèrement la lèvre attendant une quelconque réaction de sa part.

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#16 le 30.01.17 22:46

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A peine a-t-elle dévoilé sa main en hurlant son « FULL » que ma mine imperturbable se fissure et laisse entrevoir la surprise autant que la déception. A mes côtés, un homme s'emporte et jette ses cartes de rage alors que je dévoile plus modérément ma couleur en pique, menée par un as. Était-elle naturellement douée, ou ses paroles avant la partie m'avaient-elles troublé plus que de raison ? Tout du long, j'y avais songé. J'avais entendu en boucle son « Qui te dis que j'aurais eu besoin de boire quoi que ce soit avant de t'embrasser ? », me le répétant pour lui donner du sens, m'y accrochant avec un ersatz de désespoir qui ne me plaisait guère.
Rapidement pourtant, mon trouble autant que la déception d'avoir perdu furent balayés par le comportement de Royane qui, décidément, était douée de talents de comédienne. En effet, sa réplique et son sursaut feint – un peu plus et elle s'offusquait de sa propre victoire – ne tardèrent pas à me faire sourire alors que je suivais le moindre de ses gestes des yeux. C'était fou, quelque part, qu'elle ait pu mettre de côté ce trop plein d'expressions variées pour se consacrer à la partie seulement, alors qu'elle pouvait se montrer si expressive. C'était fou que le sérieux lui aille aussi bien que la joie étirant démesurément ses traits. J'avais sondé ses yeux comme j'avais sondé ceux des autres joueurs, dans l'espoir d'y voir se refléter son jeu, en vain, n'y voyant rien d'autre qu'un océan d'émeraude se mouvant paresseusement.

Imitant Royane dans une certaine mesure, je m'appuyai à mon tour sur la table de jeu, y croisant mes bras pour me pencher vers elle sans la quitter des yeux alors qu'elle ménageait le suspense et semblait peu encline à me livrer de suite la sauce à laquelle je serais mangé. J'attendais pourtant patiemment et remarquablement silencieusement, soutenant son regard, comme incapable de m'en sevrer après m'y être perdu à quelques reprises au cours du jeu.
Puis le couperet tomba. Ou plutôt, la grâce fut ordonnée. Qu'elle soit ou non magnanime, je devais reconnaître être surpris par sa décision. Pourquoi ne pas profiter de son gage pour me demander n'importe quoi, y compris la plus improbable chose ? Pourquoi me concéder ce que j'avais escompté lui demander en cas de victoire, me faisant ainsi plus triomphant que vaincu ? Pourquoi m'accorder un baiser ? Se pourrait-il que l'idée lui ait plu ? Se pourrait-il que l'idée lui plaise, et qu'au-delà d'une réponse à l'un de mes espoirs formulé tout haut, elle éprouve l'envie de le faire de sa propre initiative ?

Interdit, je me redressai sensiblement à l'instant où elle se releva, suivant ses gestes des yeux sans oser dire un mot de peur de tout gâcher, frissonnant ensuite de la savoir dans mon dos, plus encore de sentir ses doigts courir sur la peau de ma nuque. Malgré moi, son souffle à mon oreille autant que le chant naturel de sa voix me poussèrent à déglutir trop bruyamment à mon goût.
Je ne la vis pas contempler les autres tables de jeux tant sa main sur mon épaule me troublait, ne détournant mes yeux du vague dans lequel ils s'étaient plongés qu'en la sentant se mouvoir. Alors, ses lèvres se scellèrent aux miennes avec une tendresse qui me surprit et une douceur qui déclencha chez moi la naissance de multiples salves de frissons dans le bas de mon dos, pour sinuer le long de ma colonne vertébrale par la suite. Tandis que le contact de ses lèvres éveillait chez moi des fourmillements multiples papillonnant dans mon bas-ventre, je cédai à la folle envie de lever l'une de mes mains jusqu'à son cou afin que mes doigts effleurent la douceur de sa peau de nacre, se glissent au travers de ses mèches de cheveux le temps d'une seconde, peut-être deux. Cette pression furtive de ma main sur son cou gracile disparut pourtant à l'instant même où elle initia le mouvement de recul, me laissant ô combien troublé et haletant de ce baiser échangé. Il me fallait reprendre ma contenance malgré les envies que je sentais naître peu à peu, malgré la déraison qui pointait alors que son regard me fixait, comme attendant une réaction de ma part que j'étais pourtant incapable de fournir, pour l'heure. Je devais repousser ces idées qui m'assaillaient, et plus encore ce furieux désir de me redresser pour reprendre immédiatement ses lèvres d'assaut et prolonger un temps cette félicité qu'elle avait daigné m'accorder.

Un sourire fut tout ce que je fus en mesure de lui donner. Cessant de m'appuyer sur la table de jeu, je me redressai un peu en détournant les yeux sans pouvoir empêcher ma langue de venir humecter mes lèvres furtivement, comme un ultime réflexe pour profiter encore d'un baiser désormais consommé et repousser une bonne fois pour toute les idées que j'avais à lui proposer mais qui étaient décidément malvenues.
Bon sang. Je le réalisais désormais : elle me rendait fou.

- On joue la belle, avant de changer de jeu ? hasardai-je posément en détournant mes yeux sur elle, un sourire étrangement sincère décidément fiché sur mes lèvres, Je serais sot de ne pas me jeter dans la gueule du loup une nouvelle fois, alors que j'ai été si gracieusement dédommagé de ma défaite ~. Puis... Nous avons été galants de te laisser gagner, les choses sérieuses vont pouvoir commencer, maintenant, ajoutai-je en rougissant à peine de cette mauvaise foi éhontée.

Je n'en pensais pourtant pas un mot, pour être conscient que Royane avait gagné à la loyale, sinon en usant remarquablement de ses charmes, en tous cas à mes yeux. Je préférais néanmoins perdre contre elle que contre n'importe quel autre joueur à cette table ; plus encore si cela impliquait de me noyer dans son regard, une fois encore.
Au final, je ne saurais dire qui d'elle ou de moi afficha le plus gros score à l'issue de cette soirée. Vint un temps d'ailleurs ou ni elle ni moi ne comptâmes plus les victoires et les défaites, pas plus que nous ne donnâmes de gages en conséquence. Après la seconde partie de poker, ce fut vers un autre jeu de cartes que nous migrâmes – le black jack – le temps de deux parties encore, puis vers un jeu de dés - le craps - où nous finîmes la soirée avant de nous décider à rentrer à l'appartement à une heure proprement indécente. Il devait être six heures environ au moment où nous errions dans les rues de Tokyo vers le long chemin de l'appartement, à rire bêtement de la soirée passée et des moments forts de celle-ci. Peut-être également à nous moquer du malheur d'un pauvre type à la table de craps, jouant décidément de malchance et créant depuis peu chez moi – depuis mon dernier verre en vérité – un accès d'hilarité que j'avais même eu peine à contrôler à la table de jeu. Ce manque de self-control avait été l'une des raisons qui nous avait d'ailleurs convaincus de quitter le szimpla. Je n'étais pourtant pas rond comme une queue de pelle, mais simplement légèrement éméché ; assez, en tous cas, pour laisser tomber cette image d'ordinaire si sérieuse que je cherchais à entretenir en toutes circonstances. Assez pour n'avoir de cesse de sourire, même si Royane y était inévitablement pour beaucoup.

Non sans mal, nous réussîmes à rejoindre l'appartement Brossard quoiqu'en éveillant tout le pallier probablement, alors que la moindre maladresse était un prétexte improbable incitant au fou rire sous le filtre de l'alcool. Ainsi, bousculer une potiche dans le couloir ou encore s'entraver dans l'une des racines saillantes de l'arbre de l'appartement avaient été des moments forts à l'origine de ricanements en sourdine ô combien peu discrets. A croire que si nos colocataires ne se réveillaient pas pour nous remettre les pendules à l'heure, c'était parce qu'ils ne le voulaient tout simplement pas. Pourtant, la vue des portes de nos chambres respectives me calma assez rapidement et tinta ma bonne humeur alcoolisée d'une pointe de regrets tandis que je savais la soirée finie, désormais. C'était ridicule d'être à ce point affecté alors que je la reverrais le lendemain ; alors que j'aurais tout le loisir de l'inviter à nouveau à une soirée de ce genre ; alors qu'elle était dans la chambre adjacente à la mienne... Mais c'était tout aussi incontrôlable.

- Bon... Merci pour cette excellente soirée, Royane, murmurai-je en m'appuyant contre un meuble de l'appartement pour ménager ma hanche décidément trop sollicitée ce soir – mais peu capricieuse, l'alcool aidant sans doute -, J'espère qu'elle a été aussi agréable pour toi, qu'elle l'a été pour moi.

Plus encore, j'espérais qu'elle ne regrette rien. Qu'elle se souvienne de tout, et ne regrette rien.
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#17 le 05.02.17 22:19

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Balade Nocturne et rencontre surprenante


Visiblement ma récompense a eu l'air de lui provoquer un grand plaisir. Un sourire posé sur les coins de ses lèvres je l'observe s'illuminer petit à petit et me rend compte que les sourires lui vont à merveille. Je lui rends donc celui-ci puis jette un regard autour de nous, personne ne nous a vus et quelque part je pense que tout le monde s'en fout. La voix de mon camarade me ramène à la réalité en me proposant de jouer une nouvelle partie. Je hoche la tête a la positive avant d'éclater de rire face à sa provocation si grossièrement amenée.

Pendant plusieurs heures nous jouons sans nous soucier de ce que pouvait bien fabriquer le reste du monde. Les verres d'alcool coulant a flot mon petit jeu me paraissait bien dérisoire. Cet homme n'avait-il donc aucune limite quant à son absorption d'alcool ? Je pensais qu'il s’écroulerait rapidement mais il est proche de 3h du matin et il est toujours debout... Bref ! Nous enchaînons ainsi les jeux jusqu'à 6h du matin et c'est complètement déchaîner que nous ressortons du bar. Nous sommes obligés de nous tenir aux murs alors que nous avançons plus ou moins droitement. Peut-être que nous aurions dû réguler un peu plus notre consommation .

C'est non sans difficultés que nous arrivons à l’appartement et s'en suit donc une longue partie de rigolade dû à … ceci et cela . A vrai dire je n'ai plus vraiment un souvenir très clair de cette fin de soirée. Je me souviens juste m'être amusée dans l'herbe au sol. Nos colocataires ont dû se demander ce qui se passait dans l'appartement pour qu'un tel boucan soit provoqué mais visiblement aucun d'entre eux ne prend la peine de venir voir ce qui se passe.
Alors que je suis écroulée de rire au sol j’entends le rire de Viktor se stopper et je roule donc pour me retrouver sur le ventre et l'observe. Visiblement il est troublé par quelque chose . J'allais lui poser la question mais celui-ci me devance en me disant que c'était une délicieuse soirée à mes côtés. Alors là … Ça me coupe la chique … Je dois bien avouée que je ne m'attendais pas à ce qu'il me dise ça maintenant et quelque part je n'avais pas du tout envie qu'il me le dise …
Je me relève tout en me raclant la gorge puis m'approche de lui un peu déçu que ce moment de complicité se termine ainsi. On ne sait jamais si la potion agira toujours demain et se dire au revoir ce soir c'est un peu comme faire un pari. Moi qui si plutôt joueuse d'habitude, ce soir j'aurais préféré me passer de ce quitte ou double.

Je me gratte doucement le bras puis pose ma main sur son épaule pour venir déposer un baiser la commissure de ses lèvres. Je m'écarte un peu, essayant de ne pas perdre le peu d'équilibre qu'il me reste et lui répond avec un sourire sincère

- c'était super comme soirée Viktor, je te remercie, j'ai découvert une facette de toi tout à fait inattendue ! Elle est d'ailleurs tout à fait charmante …

Je me racle la gorge, un peu mal a l'aise soudainement, puis commence à faire demi-tour pour me diriger vers ma chambre. Je suis à me porte quand je jette un dernier regard vers l'homme avec lequel je viens de passer la soirée. Je me mords la lèvre, hésitant violemment entre entrées dans ma chambre ou bien retourner vers lui. Je secoue un peu la tête pour me faire revenir sur terre et commence à pénétrer dans ma chambre. À peine ai-je mis un pied dans ma chambre que je suis prise d'un violent moment de regret et fait demi-tour pour aller sauter au cou de Viktor et l'embrasser fougueusement. Peut-être que l'alcool à aider mais peut-être aussi que je retrouve aussi mes bonnes vieilles habitude … Ce besoin intarissable d'attention, de désir dans les yeux des autres, la preuve que j'existe quoi …

Je suis la …


Je suis là et bien là, je m'accroche désespérément à ce moment afin de ne pas me laisser glisser dans l'oubli d'une soirée un peu trop arrosée et d'un mal de crâne si terrible que je n'aurais pas envie de remuer plus mes pauvres neurones.

Je détache mes lèvres des siennes uniquement pour lui susurrer
« Désolé, cette soirée ne se terminera pas ici » … Ne me laisse pas, je n'ai pas envie de me retrouver face à moi-même, serre- moi dans tes bras même si ce n'est que pour l'espace d'un instant.

Je tire sur son col de t-shirt doucement pour le faire avancer avec moi puis continue de l'embrasser. Je nous fais avancer jusqu'à la pièce où tout a commencé. Je ferme la porte sur nous, je ferme la porte à tout ce qui s'st passé avant pour laisser la place à un tout autre moment … un moment qui n'appartiens qu'à nous.

Lorsque j'ouvre les yeux, le soleil a l'air d'être haut dans le ciel, les rideaux ne sont pas tirés et j'ai mal au crâne … NON DE DIEU ! Je ne boirais plus jamais de ma vie !
Je pose ma tête entre mes deux mains et grogne à cause des vagues de douleurs qui submerge mon pauvre cerveau. Quelle idée de mélanger autant d'alcool aussi ! Je relève les yeux mais le soleil est beaucoup trop puissant et j'ai la sensation que mes yeux vont fonder du coup j'attrape ma paire de lunettes de soleil dans le tiroir de la table de nuit pour me les foutres sur le nez. Une douce odeur de crêpes me viens au nez et j’entends du mouvement dans la cuisine. Je me lève et attrape mon « pyjama » pour me le mettre dessus et me dirige vers la porte entre ouvrir. Je l'ouvre complètement et m'appuie contre celle-ci pour observer Viktor, a travers mes lunettes, en train de faire la cuisine pour un petit déjeuner visiblement de luxe. Je m'approche en souriant puis vais m'asseoir à la table de la cuisine

- Bonjour monsieur, bien dormit . Pas trop mal au crâne ?

J'essaie de voir par-dessus son épaule ce qu'il est en train de préparer. Apparemment monsieur a mis les petits plats dans les grands et mon ventre commence à manifester un intérêt tout particulier pour ce qu'il a eu la gentillesse de préparer.

- Dites-moi cher monsieur, auriez-vous quelque chose contre les maux de tête .

Je rigole un peu tout en me massant les tempes pour essayer d'amoindrir mon mal de crâne si lattant. Je ne regarde pas vraiment Viktor dans les yeux depuis que je suis arrivée, je ne me souviens pas tout à fait bien de comment c'est terminer notre soirée hier et je ne suis pas convaincue que l’hypothèse du gros vent soit à exclure... Plus j'y pense plus j'ai mal au crâne bon Dieu ! QUE QUELQU'UN ARRACHE MON CERVEAU ! Mon Dieu … je ne peux pas lui demander ce qu'il s'est passé hier ! Mais je ne peux pas non plus agir comme si nous avions coucher ensemble alors que nous n'avons peut-être rien fait .!

C'est juré, plus jamais je ne bourrais de ma vie ...

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#18 le 07.02.17 17:32

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Imbécile, songeai-je en la voyant délaisser son insouciance au profit d'un sérieux qui semblait la déranger. Pourquoi avoir coupé court à son amusement ? Pourquoi m'être montré si impatient de mettre un terme à cette soirée alors que la vue de ces portes m'insupportait ? Pourquoi, alors que je ne rêvais que de rire encore avec elle, de tout et de rien – surtout de rien -, pour peu que je puisse m'imprégner de sa joie de vivre et de sa bonne humeur, accrues par l'alcool ?
Lorsque la belle nécromancienne vint me remercier en m'offrant un baiser au coin des lèvres, je souris imperceptiblement, quoique ce rictus soit tinté de mélancolie. Au moins ne regrettait-elle pas la soirée - c'était déjà une bonne chose -, aussi me contentai-je d'acquiescer alors qu'elle se détournait déjà, seul moyen à ma disposition pour m'épargner un interminable soupir.

Retiens-la, me souffla une voix autoritaire alors que je l'observais rejoindre sa chambre, incapable de me résoudre à obéir à mon inconscient, pas plus que de me résoudre à regagner ma propre chambre. Retiens-la, ne la laisse pas ! insista la voix lorsqu'elle actionna la poignée et esquissa un pas.
Serrant cette fois les mâchoires, j'inspirai pour l'interpeller, pris de cours cependant, par la nécromancienne elle-même. Alors que j'étais prêt à m'avancer, alors que j'étais prêt à obéir à cette voix intérieure pour la rattraper sans trop savoir, encore, ce que j'aurais pu faire ensuite, Royane m'avait interrompu et d'instinct, mes bras se refermaient déjà sur son corps tandis que je répondais à son baiser avec envie. Comment expliquer que cela ait suffi à me rendre mon sourire ? Comment expliquer que l'infime écart qu'elle fit ensuite, pour me souffler une excuse qui n'avait pas lieu d'être, suffit à m'insuffler toute cette bonne humeur que j'avais perdue, il y a de cela quelques instants ?

Abandonnant ma canne dans le couloir, je suivis Royane, haletant et prenant appui sur les meubles à portée jusqu'à retrouver sa chambre, jusqu'à retrouver sa couche, sans jamais pouvoir me passer bien longtemps de ses lèvres alors que je la gardais prisonnière de mes bras.
Le souvenir de notre étreinte, de son corps contre le mien autant que de ses baisers brûlants, m'aida à supporter le mal de crâne qui m'arracha quelques heures plus tard à un sommeil sans rêves. Bon sang... Ce n'était clairement plus de mon âge ! Et pourtant. Un regard sur elle, encore endormie, paisiblement, m'arracha un sourire de bon matin. Ce n'était plus de mon âge, et pourtant je le referais. Pour une nuit de plus avec elle et la chance de l'entendre encore rire, j'endurerais toutes les migraines.

Silencieusement, je quittai le lit de Royane en naviguant à tâtons tant le soleil m'aveuglait, enfilant mon boxer et mon pantalon, puis récupérant mon tee-shirt avant de sortir de la chambre de la nécromancienne le plus discrètement possible. Oh bon sang, ma tête... J'avais l'impression qu'à chaque pas, quelqu'un s'amusait à frapper dans mon crâne comme on frappait sur un gong, l'effet de résonance ne s'en trouvant que plus amplifié. Dans un tel état, mon premier réflexe fut de rejoindre ma chambre pour récupérer une potion que je vidai cul sec, la perspective d'aller mieux d'ici peu me motivant à rejoindre la cuisine après m'être toutefois saisi d'une seconde potion aux effets similaires – en l'occurrence, tendant à atténuer toutes sortes de maux -.
Il était près de 14 heures lorsque mon esprit s'éclaira un peu alors que j'avais pris le parti d'attendre que mon mal de crâne passe, assis sur le canapé. A cette heure, je crus bon d'opter pour un petit-déjeuner copieux plus qu'un déjeuner réel – plus encore alors que j'avais une préférence pour le sucré -, et m'appliquai tout particulièrement, ayant dans l'idée de réveiller Royane avec une bonne odeur de pancakes, si tant est qu'elle ne se lève pas avant. La potion commençant à faire son effet, je pus m'activer enfin efficacement à la cuisine, m'occupant de la pâte à pancake en premier lieu avant d'aller prendre une douche, le temps que la pâte repose.

Ce fut quinze minutes plus tard, l'esprit bien plus éclairé, et vêtu d'une chemise en supplément – si j'avais en effet gardé le jean, j'avais craqué et choisi une chemise en haut en espérant que cela convienne à Royane, malgré tout... A supposer qu'elle me trouve encore quoi que ce soit à présent que les effets de l'alcool s'étaient dissipés – que j'attaquai la cuisson des pancakes. Entre deux, je tâchais de charger la table de la cuisine de divers mets qui ne manqueraient pas de m'être utiles ensuite – pêle-mêle : sirop d'érable, miel, sucre, confiture de groseille et gelée de cassis, compote de pommes, beurre -, préparant également, à côté de tout cela, du lait et du jus d'orange, selon les préférences de la demoiselle.
Le hasard voulut que la nécromancienne se lève à l'instant où, estimant déjà avoir fait une bonne pile de pancakes, je m'attaquai à la cuisson des œufs et des tranches de lard pour achever ce petit déjeuner copieux. Je ne saurais dire si ce fut sa seule vision qui me motiva à sourire, où la mise qu'elle avait - et plus particulièrement ces lunettes de soleil qu'elle portait déjà -. Sans doute un peu des deux.

- Madame la diva, murmurai-je pour toutes salutations, de sorte à ne pas accentuer son mal de crâne, alors que je ramenais déjà devant elle la pile de pancakes et une assiette qui lui était destinée, Je t'ai préparé une potion pour arranger ça, ajoutai-je en souriant, rapatriant la fiole juste devant elle après lui avoir volé un baiser.

Peut-être plus souriant encore – c'en était dérangeant, à la fin ! -, je retournai à mes fourneaux pour couper le feu sous les diverses poêles, ajoutant le dernier pancake sur la pile pré-existante, déjà installée sur la table de la cuisine, puis déposant deux autres assiettes où deux œufs et quatre tranches de lard crépitaient encore. Maints couverts en main, je posai le tout sur la table également, laissant le choix à Royane des armes qu'elle prendrait pour la dégustation à venir.

- Chocolat chaud, thé, café, tisane, jus d'orange ou lait ? lui proposai-je en ouvrant les placards, attendant son choix pour lancer finalement un café et lui servir son jus d'orange en attendant, Et j'ai bien dormi, oui. Comme une masse, en vérité, aussi abruti par l'alcool que par la fatigue, avouai-je en souriant. N'avais-je pas l'air ridicule à mon âge ? Et toi ?

Son café prêt, je le lui servis, enchaînant sur le mien sans cependant attendre qu'il soit prêt pour m'attabler déjà – j'avais une faim de loup ! -.

- J'ai plus ou moins vidé les placards et le frigo alors je pense qu'il y a tout ! Sers-toi, fais-toi plaisir, souris-je en regardant tour à tour les différentes propositions, toutes aussi tentantes les unes que les autres, avant de reporter mon regard sur Royane.

N'étais-je pas d'autant plus ridicule que je me sentais désormais gêné, face à elle, en espérant ne pas me trahir à chacun des regards que je lui lançais ? Non pas que je regrette notre soirée – il n'y avait pas un instant que je regrettais – mais j'étais simplement nerveux, redoutant sans doute que la nécromancienne ne soit pas aussi prompte à assumer ses actes que je ne l'étais... Peut-être cela expliqua-t-il pourquoi je me servis copieusement une première assiette qui n'était cependant qu'un début : certes, je commençais par un œuf et du bacon, mais entendais bien m'en prendre ensuite aux pancakes et au sirop d'érable – n'avais-je pas dit être plutôt sucré que salé, après tout ? -.

- Tu sais ce que tu vas faire, cet aprem', Royane ? hasardai-je après une première bouchée en levant les yeux sur elle, Pour ma part... J'avais pensé ouvrir la boutique mais il est un peu tard, alors il est sans doute plus judicieux de flâner. J'avais dans l'idée de me rendre au parc d'attractions. Ça te dirait, si tu n'as rien de prévu.. ?

Mensonge que de prétendre que j'avais envie d'aller au parc d'attractions seul. Que pourrais-je bien y faire si personne ne m'accompagnait ? Autant me promener dans le quartier commerçant ou je ne sais où, mais pas au parc.
Il ne me restait plus qu'à espérer qu'elle était de ces éternels enfants qui, de tout âge et de tout temps, se plaisaient dans ces lieux dédiés à la folie et à l'amusement.
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#19 le 19.02.17 12:53

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Balade Nocturne et rencontre surprenante


J'aurais préféré me passer de la gueule de bois monstre que je me tape, mais quelque part si c'est le prix à payer pour avoir un petit-déjeuner aussi somptueux, je suis prête à faire un effort. Je regarde la pile de pancakes accompagner d'une potion contre mon mal de crâne que Viktor viens de déposer devant moi et m'apprête à le remercier, mais je n'ai pas le temps de prononcer un mot qu'il me vole un baiser. Un petit sourire en coin vient naître au coin de mes lèvres alors que j'ouvre la petite bouteille afin d'en ingurgiter le contenu. J'observe chaque plat que mon colocataire pose devant moi. Je tourne en suite les yeux vers lui pour lui répondre que je prendrais du café, noir. Il parait que c'est très bon pour les maux de tête alors c'est le moment de vérifier la chose ! 

C'est fantastique tout ce que tu as préparé, a quelle heure tu t'es levé pour avoir tout ça ? -J’attends qu'il prenne place a table pour lui répondre concernant mon sommeil- J'ai également très bien dormis !

Je prends la tasse de café qu'il me tend et commence à siroter dedans. Je me laisse porter doucement par les odeurs de nourriture préparée avec soin. Je repose ma tasse pour attraper une fourchette et piquer par ci ou par là afin de goûter un peu a tout. Le petit-déjeuner se passe à merveille quand vient la question fatidique. J'écoute Viktor alors que mon panda vient prendre place sur mes jambes dans l’espoir de pouvoir piquer quelque chose sur la table. À l'instant ou le jeune homme, face à moi, propose de sortir au parc d'attractions, je repose violemment ma tasse sur la table, faisant sursauter mon panda qui perd l'équilibre et se casse la figure au sol. 

Mes yeux sont brillants d'excitation et un large sourire se fait sa place sur mes lèvres. Mon mal de crâne s'est comme envolé. Dans un élan d'excitation, je répète le dernier bout de la phrase de Viktor 

Aller au parc d'attractions ?! T'es sérieux ?! Trop cooooooooooooool !!!-Je me lève de la chaise en sautillant trop heureuse puis, me rendant compte de mon comportement repend place assise en me raclant la gorge -c'est une très bonne idée, je viendrais donc avec toi ...

Je ne cache plus mon excitation et m'empresse de terminer mon petit-déjeuner, afin de lui faire honneur tout de même, puis me relève, attrapant la petite boule de poil qui était en train de grignoter quelque chose par terre. Je fais le tour de la table pour déposer un baiser sur la joue de Viktor et lui dis rapidement 

Laisse-moi le temps de me préparer et on y va !


Je commence à partir vers ma chambre quand je réalise que je n'ai déjà pas fait le petit-déjeuner alors je pourrais au moins débarrasser la table. Je reviens donc rapidement sur mes pas pour prendre les assiettes vide ainsi que les verres pour les mettre rapidement dans le lave-vaisselle puis retourner rapidement dans ma chambre. J'attrape quelques vêtements pour en suite filée dans la salle de bains. D'habitude, je préfère les bains aux douches, mais aujourd'hui, il faut faire vite alors douche se sera !

Une fois propre, cheveux laver, dents brosser, vêtements propres enfiler, je peux sortir de la salle de bains. L'avantage de vivre dans un appartement qui est représentatif de la savane, c'est qu'il y fait rarement froid ! Je rejoins ma chambre qui ressemble de plus en plus a un champ de bataille et pose mes vêtements sales dans la corbeille prévue a cet effet. Je me brosse rapidement les cheveux, me maquille légèrement et retourne dans le salon pour finir de laver la cuisine en attendant que Viktor finisse de se préparer. J'ai beaucoup de mal à contenir le large sourire qui essaie de prendre place sur mon visage. 

Après un moment, nous voilà toutes les deux fins prêtes. Je trépigne comme une enfant, mais essaie de garder un visage de marbre ce qui donne une sorte de visage constamment changeant pour le moins étrange. Nous sortons de l'appartement pour descendre en bas de notre bâtiment afin de nous mettre en route vers le parc d'attractions. Je suis limite en train de sautiller a coter de mon colocataire, ma gueule de bois faisant pratiquement partie du passé. 

Ça fait littéralement des années que je ne suis pas allée dans un parc d'attractions ! Merci Viktor de m'y emmener !

Tout le long de la route, je n'arrête pas de parler, l’euphorie me transformant en un moulin a parole totalement intarissable. 20 minutes de marche plus tard, nous arrivons devant le grand portail du parc et je dois me contenir pour ne pas me mettre à courir partout. Je prends une grande inspiration afin d'essayer de rependre un semblant de calme et me force a marcher a la hauteur de Vik. De l'extérieur, je suis sensé être une « adulte » mais a l’intérieur il y a bien des choses qui ont oublier de grandir avec mon corps. Le pauvre Viktor n'a vraiment aucune idée de ce dans quoi il vient de s'engager. 


Les portiques de sécurité passée, nous sommes enfin dans l'enceinte de ce que j’appellerais le paradis de l'imaginaire. J'observe silencieusement autour de moi puis ouvre le plan alternant entre la réalité et celui-ci. Je sais plus ou moins tout ce je souhaite faire et tourne donc la tête vers le jeune homme a coté de moi 

j'espère que tu as les tripes bien accrochées parce que ca va déménager !

Je hausse un sourcil tout en terminant de prononcer ma phrase puis attrape sa main afin de le tirer dans la première direction que je souhaite pendre. Je sais bien qu'aujourd'hui ne va pas être qu'à propos de ce que je souhaite et que je vais devoir me contenir afin que Viktor puisse aussi dire ce qu'il souhaite faire, mais là…. Je veux au moins le premier manège !

Des cris… Pleins de cris… Quand je lève les yeux vers l'espèce de montagne russe devant moi, je n'entends que des cris qui me donnent envie de voir si c'est aussi effrayant que ce qu'il n'y parait ou non. Je me souviens de la dernière fois que je suis allé au parc d'attractions mes amis avaient refuser de m'accompagner parce que messieurs dames avaient regarder un film ou le petit train s'était décrocher et ou tout le monde était mort.... Tiens, je me demande si du coup, ils osent encore aller dans un aéroport vu que je suis morte dans l'un d'eux ? BREF ! Je tourne les yeux vers Viktor d'un air suppliant pour qu'il vienne avec moi. Même si j'ai du mal à l'imaginer me dire oui dans l'état dans le quel il est peut être que mes chances sont passé de 0 % a 10% ?



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#20 le 26.02.17 11:37

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J'eus du mal à cacher mon amusement lorsque Royane entendit ma proposition et lorsque, donc, son visage s'illumina d'une joie si intense qu'elle ne pouvait décemment être feinte. Ceci étant dit, je ne connaissais pas grand monde qui ne se trouverait pas heureux d'une telle annonce, car après tout, que l'on aime ou non les attractions dites « à sensation », il y avait désormais de tout dans les parcs, aussi bien pour les sensibles que pour les plus courageux. L'annonce ayant apparemment fait ressortir le côté enfantin de Royane, cependant, elle entreprit de sautiller un peu à côté de son siège, au grand dam de son panda, avant d'essayer – apparemment vainement – de reprendre un semblant de contenance pour accepter sobrement. Une sobriété qui ne lui allait pas, mais elle faisait tellement d'efforts pour contenir ce qu'elle ressentait en l'instant que je ne pouvais qu'en rire entre deux gorgées de café.

Tout juste palpable, l'impatience la contraignit à engloutir son petit-déjeuner en vitesse, puis à s'éparpiller peu efficacement. Fonçant apparemment jusqu'à la salle de bain, elle rebroussa chemin dans un sursaut de mauvaise conscience pour venir débarrasser quelques assiettes vides avant de repartir. La manœuvre n'était pas nécessaire – j'étais plus avancé dans le stade de la préparation, après tout, et me serais parfaitement accommodé du nettoyage du bordel dont j'étais l'unique responsable – mais je n'allais pas le lui reprocher... Puis ça aussi, ça m'avait amusé.
Pendant tout le temps que Royane passa dans la salle de bain, je finis tranquillement mon petit-déjeuner, débarrassant ensuite la table en rangeant une grande partie des affaires sorties avant de m'interrompre pour achever de me préparer et passer la main à la nécromancienne. Il ne restait plus grand chose à ranger, mais un coup d'éponge sur le plan de travail et la table demeurait nécessaire. C'était pile le temps qu'il me fallait pour récupérer un sac à dos dans lequel je glissai mon porte-feuille – et glisserai une bouteille d'eau ensuite – ainsi que quelques potions – le temps à piétiner dans les parcs d'attractions étant remarquablement impressionnant, j'avais récupéré trois de ces potions que j'utilisais pour faire mon jogging et qui annihilaient mes douleurs pendant une trentaine de minutes ; qui sait, cela nous permettrait peut-être de gagner quelques places si nous courrions entre deux attractions -, et me saisir de l'une de mes cannes.

Durant tout le trajet, Royane ne me laissa pas en placer une, mais ni cela ne m'insupporta, ni cela ne me dérangea d'une quelconque façon. N'étant guère causant au naturel, j'aimais, depuis peu, entendre le son de sa voix quoi qu'elle puisse dire. Puis ainsi, le trajet me parut court et la file d'attente abordable. Ce ne fut toutefois qu'à l'intérieur de l'enceinte du parc que les choses sérieuses commencèrent : après un tour d'horizon, la belle nécromancienne dégaina la carte des lieux et releva les attractions qu'il lui fallait absolument ne pas manquer – du moins l'imaginai-je, puisqu'après avoir contemplé le plan et m'avoir mis en garde, elle ne tarda pas à me traîner à sa suite jusqu'aux classiques montagnes russes -.
Au pied de l'attraction, nous contemplâmes les wagons déjà en action, assourdis par les cris des chanceux déjà en place. Combien de temps restai-je ainsi sans réaliser que Royane n'attendait qu'une chose : que je la regarde à nouveau ? Lorsque mes yeux se baissèrent sur son regard suppliant, je ne pus échapper un rire de plus.

- Royane..., commençai-je à voix basse, un fin sourire étirant à peine mes lèvres, J'avais la taille de grimper là-dedans que tu sortais à peine du ventre de ta mère ; inutile, donc, de me supplier à chaque fois. Fonce, et je te suivrai ~, ricanai-je en la contournant après un clin d’œil, rejoignant la file d'attente.

Peu surpris par les évènements de la vie, en général, j'étais de ceux qui aimaient ces montées d'adrénaline, ces occasions de se confronter à des situations irréalistes. M'installer en tête de wagon pour profiter pleinement des sensations que pouvait offrir un train lancé à plus de 100 km/h était de ces choses que j'appréciais donc, dans les parcs d'attractions. Puis ce n'est pas comme si nous avions quoi que ce soit à perdre si ce n'est un peu de temps : que craignions-nous dans ce monde ? Quand bien même le wagon se détacherait, on ne pouvait pas mourir à nouveau. Puis quand bien même il y aurait un quelconque risque de tomber en poussière à la suite d'un trop grand choc, je n'étais pas du genre à me formaliser de ce genre d'états d'âme. Après tout, on pouvait bien mourir en traversant simplement une route – n'en étais-je pas la preuve ? -, alors se priver de fortes émotions dans des activités dites « à risques » me semblait plus ridicule ou dommage que raisonnable.
Pour autant, il y avait une chose que j'abhorrais dans les parcs d'attractions : l'attente interminable. Ce test pour accéder au Graal, matérialisé en trente minutes minimum de patience pour 5, très grand maximum, de plaisir. Puis le plaisir se trouvait si intense que quand bien même l'attraction durait effectivement 5 minutes, elle n'en paraissait que trop furtive, insaisissable, tandis qu'à l'inverse, l'attente s'éternisait.

A force de patience, nous parvînmes néanmoins à accéder aux wagons et ce n'est qu'à cet instant précis que tout le poids de l'attente s'évapora quand il s'était montré plus fort encore au moment de voir les wagons sans pouvoir y accéder. Installé après avoir donné sac à dos et canne au personnel, je ne pus empêcher mes doigts de s'appliquer impatiemment, à répétition, sur la barre de sécurité en attendant que le train se lance, ce qui survint une dizaine de secondes plus tard. Cette attraction était de celles qui commençaient doucement – j'en avais connu qui partaient d'entrée de jeu à fond de train, ce qui était plus grisant encore que les lentes montées avant la chute interminable -, grimpant presque paresseusement une côte fortement inclinée jusqu'à sembler s'arrêter en son sommet. Royane et moi nous trouvions dans la deuxième moitié du train, de sorte que nous entendîmes déjà crier les premiers avant de pouvoir nous confronter à notre tour à ce qui nous attendait : figé furtivement en haut de la montagne russe, le train s'élançait ensuite brusquement et furieusement dans une série de virages serrés nous laissant en proie aux forces de la physique – quoique je tâche de les contenir pour ne pas écraser Royane lorsque, attiré par l'extérieur des virages, mon corps tendait à se rapprocher du sien pour la bloquer contre la porte du wagon -, traversant quelques tunnels illuminés de la plus belle des façons, avant de nous achever par deux loopings de suite et un coup de frein qui me poussa à me pencher exagérément en avant.

- WOUH ! décrétai-je en me redressant, riant encore de l'expérience en regagnant le fond de mon siège pendant que le train rejoignait doucement son antre, Ça t'a plu ? m'enquis-je en jetant un œil à la belle nécromancienne, peu de temps avant que le train ne se fige pour nous laisser sortir.

A peine arrêté, le personnel rendit les affaires de chacun, prêt à récupérer celles des suivants tandis que nous quittions déjà l'attraction pour en rejoindre une autre. Docilement, je laissais Royane mener la danse et nous guider où bon lui semblait, selon ses préférences, tout en faisant néanmoins du repérage au cas où j'aurais l'opportunité de proposer une attraction à mon tour. L'occasion ne se présenta qu'après deux autres manèges à sensation – le premier exclusivement souterrain, et le second, mêlant l'eau à la vitesse, nous mettant dans un triste état sans que nous ne prenions le temps de nous sécher trop longtemps aux machines prévues à cet effet, car nous avions mieux à faire, après tout -, alors que nous rejoignions le troisième.

- Attends, Royane ! l''interpellai-je en m'arrêtant d'office dans notre traversée du parc, mes cheveux dégoulinant encore de l'eau de la dernière attraction – j'avais choisi la pire place à mon insu mais aurais dû avoir la puce à l'oreille en constatant combien le siège était mouillé -, Ça te dit ? hasardai-je en désignant du pouce le célèbre train fantôme.

L'attraction en elle-même ne payait pas de mine de l'extérieur, mais après que Royane m'ait concédé cette faveur, nous eûmes l'occasion de constater que l'intérieur valait la peine d'être visité. Après avoir passé un labyrinthe obstrué de trop nombreuses toiles d'araignées où se cachaient tantôt des automates très réalistes, tantôt des membres du personnel remarquablement déguisés et maquillés, nous arrivâmes dans un ascenseur où plusieurs visiteurs se retrouvaient entassés. Une fois l'ascenseur plein, les lumières se mirent à crépiter et les personnes les plus proches des parois eurent la désagréable occasion de sentir des mains effleurer tantôt leurs côtes, tantôt leur dos, alimentant des cris qui s'amplifièrent lorsque l'ascenseur donna l'impression de chuter dans le vide avant de s'arrêter brusquement. Relativement chanceux jusque là, j'avais été épargné des mains baladeuses de l'ascenseur et n'avais eu à endurer que les toiles d'araignées et les automates.
Lorsque les grilles de l'ascenseur s'ouvrirent à nouveau, il nous fallut descendre un escalier grinçant pour rejoindre une plate-forme où attendait précisément le train fantôme au design joliment travaillé, les os le composant paraissant presque vrais tant ils étaient criant de réalisme. A nouveau, nos affaires furent récupérées avant que nous ne nous installions, les barres de protection furent abaissées, et le train se mit paresseusement en marche...
Peu enclin à m'étonner de grand chose – d'ordinaire blasé, aurait-on pu dire, en d'autres termes -, j'affectionnais ces attractions plus par moquerie que par un espoir quelconque d'être surpris : en général, mes partenaires étaient plus expressifs et je prenais un malin plaisir à me moquer de leurs sursauts. Royane serait-elle de ceux-là ?
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