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#1 le 25.12.16 14:41

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Déjà agacé – pour ne pas dire excédé – par mes quatre évanouissements de la journée, je l'étais d'autant plus maintenant, à mon bureau, serrant les poings et les mâchoires en entendant ma concurrente de la chambre adjacente recevoir un énième appel de la part d'un client. Qu'avaient-ils tous ? Pourquoi elle ? Pourquoi, en premier lieu, l'Agence avait-elle décidé de mettre deux nécromanciens dans le même appartement ? Deux nécromanciens avides de faire des gains, qui plus est ? Cherchait-elle à ce que les morts s'entretuent – ou s'y essayent tout du moins – éternellement afin de contribuer à l'amusement de tous ?
Arrivé dans l'appartement Brossard en 2010, j'avais, après quatre ans - deux tout du moins, si le point de départ était l'apparition de mes pouvoirs -, escompté ne plus voir débarquer de nouveau nécromancien dans la chambrée. Mais ç'avait été sans compter sur Royane Colman. Plus exactement : sans compter sur Royane Colman, depuis que la lémure parfaitement inoffensive qu'elle était à son arrivée s'était changée en quelques mois à peine, en concurrente directe et, à mon grand regret, redoutable.

Rageant d'entendre le moindre détail de la conversation d'à côté, j'avais envoyé mon poing contre le mur séparant nos chambres pour faire part à ma voisine de mon mécontentement, de la façon la plus grossière qui soit. Cela n'avait évidemment servi à rien, ou à trop peu, mais au moins cet accès de colère m'avait-il momentanément soulagé alors que ma main libre massait méthodiquement ma tempe gauche. Impossible de se concentrer dans cette maison de fous !
Dès le commencement, la seule existence de Royane m'avait donc agacé et indéniablement, cela ne s'était pas arrangé après qu'elle m'ait odieusement volé un client. Certes, un beau jour, j'avais laissé des coordonnées suivies d'une liste de potions diverses en évidence sur un meuble commun ; certes, j'avais mis du temps à m'en rendre compte et avais ainsi tardé à rebrousser chemin pour récupérer cette liste de courses particulière... Mais cela n'excusait en rien le profit qu'en avait tiré ma concurrente en se saisissant du papier et en concoctant les potions à ma place, avant de contacter elle-même le client. Sur le coup, je n'avais évidemment pas réalisé qu'elle était liée à la disparition de cette précieuse liste et avais retourné l'appartement dans l'espoir de la retrouver, en vain. J'avais finalement revu mon client par hasard, à la table d'un café, et l'avais abordé pour lui prier de bien vouloir excuser mon manque de professionnalisme sur ce coup... J'avais été tout excusé, et pour cause ! Le client m'exposait avoir été ravi de cette « sous-traitance » dont j'ignorais l'existence. Alors, lorsque le nom de Colman résonna une fois de plus...

La guerre était déclarée depuis lors ; une guerre silencieuse mais acharnée dans la conquête de la clientèle spectrale de Tokyo. Depuis ce jour, j'avais du mal à supporter sa présence et entendre le son de sa voix suffisait à crisper tous mes muscles. Elle était de ces rares personnes que je ne pouvais décemment tolérer en ce monde, mais avec qui il fallait néanmoins composer, malheureusement. Dès lors, l'entendre converser au téléphone dans la chambre adjointe relevait de la torture, plus encore après tout ce qu'il m'avait fallu endurer depuis deux années maintenant, au cours desquelles notre relation s'était désagrégée jusqu'à devenir peau de chagrin. Dans ces conditions, entendre un nouveau coup de fil de l'autre côté – et cette sonnerie détestable... - me fit littéralement sortir de mes gonds.

Râlant, j'appliquai brutalement mes mains sur mon bureau en me relevant d'un bond, virevoltant furieusement et boitant jusqu'à la porte de ma chambre que j'ouvris avec fracas – faisant ainsi vrombir le verre du vivarium de mon iguane et arrachant un vague coup d’œil à ma loutre, roulée en boule dans une couche aménagée spécialement pour ses besoins – pour en sortir et bifurquer aussitôt dans la chambre d'à côté. Inutile de frapper, évidemment. Sur le moment d'ailleurs, je n'y avais pas même pensé, puis force était de constater que cela n'aurait guère collé avec mon état d'énervement de toute façon. En rage, donc, j'entrai dans la chambre de Royane en abattant mes mains sur le premier meuble à portée, juste en face de moi, cela me permettant par là même de reprendre un appui.

- Ça suffit, maintenant ! crachai-je en cherchant son regard, tout mon faciès semblant exprimer aussi bien la colère que l'exaspération que je ressentais en l'instant, Que trouvent-ils à tes potions, à la fin ?! m'insurgeai-je, comme si l'idée qu'elle puisse être plus douée que moi alors qu'elle était arrivée après moi en ce monde, dépassait l'entendement.

Alors, vint l'idée la plus idiote de toute mon existence. Sur le moment, évidemment, cela m'était apparu logique, presque dans la continuité de ce que j'exposais, alors qu'à la question rhétorique avancée, mon regard avait balayé la table sur laquelle je prenais appui et détaillé les quelques fioles qui s'y trouvaient, éparses. Sur le moment, cela m'avait paru normal d'empoigner la première potion à portée, dans la droite ligne de mon propos, pour la vider et voir par moi-même « ce qu'ils trouvaient à ses potions ». Mais après coup... Avec du recul... Quel con ! Le résultat aurait pu être pire, c'est certain, mais je ne réaliserais que quelques jours plus tard, combien mon geste avait été idiot.
Lorsque, après quelques jours, les effets de ce philtre d'amour s'estomperaient enfin...

Pour l'heure, mon ressenti était bien plus vague et la colère préalable semblait même ne plus avoir de raison d'être... Pourquoi m'étais-je énervé, d'ailleurs ? Pourquoi, après elle, qui plus est ?
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#2 le 27.12.16 12:30

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Balade Nocturne et rencontre surprenante

Il y a des gens comme ça.

Des gens qui sont comme une écharde enfoncée sous votre ongle et qui vous torturent a chaque fois que vous touchez quelque chose... Enfin tout ça pour dire que c'est douloureux, inutile et franchement désagréable … eh bien voilà, voilà plus ou moins l'image que Viktor à a mes yeux. Quand je suis arrivée à l'agence, je me suis dit que j'aurais l'occasion de me faire pleins de clients, que je pourrais gagner de l'argent facilement seulement les dirigeant ont sembler avoir un humour tout a fait différent du nôtre et ont donc décidé de nous foutre dans le même appartement. Je me souviens encore de la première fois que nous nous sommes vus, nous nous sommes toisés puis il est parti dans sa chambre pour s'y enfermer pendant des heures. Autant dire que l'ambiance n'était pas a la fête !

Fondamentalement, je n'étais pas contre l'idée, et même si je l'avais été notre avis n'est pas consulter. J'avais donc dans l'idée de prendre mon mal en patience jusqu'à ce que je puisse partir de cet appartement. Évidemment, je ne me suis pas imaginé une seule seconde qu'il pourrait être un bon nécromancien ! C'est donc avec surprise que je les ai vu faire des allers et retour l'appartement. Par ils, j’entends les clients que je m'étais imaginé avoir dans mon panel de personnel.

Pendant un long moment, je pense d'ailleurs avoir été plutôt fair-play ! Nous avions instauré des règles silencieuses entre nous et je les avais plutôt bien respectées, ne pas se parler, éviter de se regarder, ne pas rester dans la même pièce trop longtemps pour ne pas se sauter à la gorge et transformer l'espace commun en un champ de ruines. Tout ceci, je l'avais respecté… Sauf une fois, je l'admets ! Un jour alors que je rentrais d'une ballade en ville pour trouver des ingrédients, j'avais trouvé une liste de potions à concocter. Je l'ai lue, mais uniquement dans une idée d’assouvir ma curiosité ! Je n'avais pas du tout l'intention de la prendre… Au début… Après dix minutes d'un combat acharner entre le coté honnête et mal-honnête de moi-même, j'ai fini par succomber à la tentation et ai voler la fameuse liste.

Oh, tout ceci aurait pu rester parfaitement secret entre moi et ma conscience qui, tout à fait entre nous, se portait beaucoup mieux depuis le gros billet qui avait suivi la commande ; mais les choses se passent rarement comme on l'aurait espéré et encore une fois cette règle fut confirmer quand le client croisa Viktor en ville et lui dévoila le poteau rose. Bon autant vous le dire, j'aurais sûrement été tout aussi énervé que lui si la situation avait été inversée !

C'est donc sans trop de surprises que je l'ai vu débarquer dans ma chambre comme une furie, les yeux prêts à me foudroyer sur place. J'étais assise en tailleur sur mon bureau et étais en ligne mon cher voisin fit son irruption. Je relevais les yeux vers lui, non sans une pointe de surprise de l'entendre hausser la voix, et l'observais s'énerver face a moi avec une sorte de fascination. De voir votre coloc pratiquement associable s'énerver contre vous ne vous est pas donner tous les jours !

Je n'ai, par contre, pas le temps de lui répondre qu'il s'empare de l'une des bouteilles que j'avais laissée sur la table sur là quel, je fabriquais des potions sur mon temps libre. Je commence a tendre la main vers lui pour l'empêcher de boire dans cette fameuse bouteille, mais il se trouve qu'il est rapide le bougre. Il boit le contenu de la fiole d'une traite puis repose ses yeux sur moi, laissant un moment de flottement. Je m'adresse à mon téléphone tout en continuant de le fixer, ne croyant pas une seconde a ce qui vient de se passer.

Je vous rappelle, je vais avoir une urgence a géré. Je raccroche puis m'adresse enfin a lui, tu… Ça va ? Tu fais une tête étrange, tu te sens comment ?

Au fond, je lui pose la question, mais je connais la réponse… La bouteille que j'avais posée ici, c'était du concentrer pur jus. Je me mords la lèvre pour ne pas me mettre a rire parce que malgré tout, boire un filtre d'amour alors qu'on était venu pour faire la misère en face de sois ça vaut bien 10 points ! Je finis tout de même par descendre de mon bureau pour m'approcher de lui, prenant la bouteille de ses mains, et la repose sans retenir un petit rire cette fois-ci.

Vraiment, tu te sens bien ? Je ne sais pas vraiment ce que fait un tel dosage, c'était mon tout premier essaie…

Eh ! Au moins, je vais pouvoir savoir si je peux la mettre sur le marché avec tout ça ! J'efface le sourire qui avait pris place sur mon visage afin de ne pas le vexer, parce que tout de même, ça reste Viktor, je peux m'attendre a tout, puis me racle la gorge afin de reprendre mon sérieux.

Tu veux t'asseoir ? Tu sais que cette potion coûte cher en matière première ! Qu'est-ce que tu as voulu faire en faisant ça me ruiner ? Si c'est le cas, tu as encore du chemin à faire mon chou !


Je me remets a rire en sortant de la chambre pour aller lui chercher un verre d'eau…. Étrangement, je sens qu'on va se retrouver dans une situation des plus malaisante dans les heures à venir… YOUHOUUUUU
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#3 le 27.12.16 23:23

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Rien à faire. J'avais beau réfléchir, je ne parvenais pas à me souvenir de ce qui avait à ce point attisé ma colère préalable – celle-là même qui s'estompait à grande vitesse -, encore moins alors que la voix cristalline de Royane troublait mes sens. Bon sang... Il faisait chaud dans cette chambre, ou ça venait de moi ?
Imperméable à la discussion qu'elle entretenait avec son client, je ne levai les yeux sur elle que lorsqu'elle sembla s'adresser à moi, déglutissant idiotement alors que mon regard se perdait tantôt sur ses lèvres pleines, tantôt dans ses yeux aux teintes semblables à l'émeraude. Une couleur magnifique qui, sans nul doute, accroissait déjà le charme incroyable que la belle nécromancienne pouvait bien avoir naturellement. Pourquoi diable n'y avais-je pas prêté attention plus tôt ? A cause de ce jeu stupide instauré entre elle et moi, consistant à ne pas la regarder ni lui parler avant ce jour ? Tout cela, au seul prétexte qu'elle était une brillante concurrente ?! Quelle perte de temps absurde ! Que ma soif de réussite soit maudite, pour me faire perdre de telles opportunités ! Pourvu qu'il ne soit pas encore trop tard pour trouver grâce à ses yeux.

- Ça va, parvins-je à articuler après une profonde inspiration, ne réussissant toutefois à parler qu'après avoir détourné les yeux de son regard envoûtant.

J'eus beau y mettre du cœur et de la bonne volonté, le fait qu'elle se déplace, en descendant simplement du bureau sur lequel elle était perchée, puis qu'elle approche – cela, pis que tout le reste ! - me poussa à la regarder à nouveau alors que mon col de chemise commençait sérieusement à me serrer la gorge ; plus encore alors que j'avais l'impression de cuire littéralement dans mes vêtements. Inutile de dire que cette sensation ne s'atténua pas – et s'enhardit au contraire – lorsque sa main effleura presque la mienne pour récupérer la fiole de potion que je serrais inconsciemment entre mes doigts, comme sur le point de la briser sans le réaliser. Qu'avait-elle en elle pour que ce seul geste m'arrache une interminable salve de frissons courant le long de ma colonne vertébrale, le tout se trouvant entretenu par le son de son rire agréable ?

Face à son insistance cette fois, aucun mot, mais j'acquiesçai. Compte tenu du trouble dans lequel je me trouvais, c'était tout ce que j'étais en mesure de faire pour le moment. Il fallait que je me calme, sans quoi le ridicule de mon attitude actuelle achèverait ce que mon manque de sociabilité avait déjà largement entamé, en annihilant définitivement toutes mes chances auprès d'elle - si, un jour seulement, j'en avais eu à ses yeux -. Je devais reprendre mes esprits et me contenir. N'étais-je pas un homme mur ?! Ce n'est pas maintenant qu'il me fallait régresser comme un adolescent encore puceau, se retrouvant face à une très belle femme !

Encore perturbé, je pris appui sur le bureau pour m'y caler partiellement et ménager ainsi ma hanche droite. Si j'avais voulu la ruiner ? Non, je n'en avais pas le souvenir, mais il était difficile de réunir mes pensées pour l'heure, pour d'innombrables raisons, à commencer par sa trop grande proximité. Je ne fus pas plus avancé lorsqu'elle partit cependant, alors qu'un énième déplacement de sa part me permettait de humer sa fragrance entêtante, tandis que mes yeux suivaient indécemment les courbes de son corps jusqu'à ce qu'il soit hors de vue. J'étais d'autant moins avancé, d'ailleurs, qu'à peine se trouvait-elle dans une autre pièce que tout mon corps éprouvait le besoin de se mouvoir pour la rejoindre et l'avoir en visu. Reprends-toi, Viktor, me répétais-je comme un éternel encouragement.
Fort de mes bons conseils, je déboutonnai les trois premiers boutons de ma chemise pour réguler ma respiration, défaisant également mes manches pour les remonter à hauteur de mes coudes et escompter ainsi profiter d'un air un peu frais, susceptible de refroidir mes ardeurs autant que ma température corporelle, car, indéniablement, cela ne venait pas de la chambre, mais bel et bien de moi. J'irradiais !

Dans ces conditions, j'accueillis le verre d'eau de la belle nécromancienne avec enthousiasme – du moins un enthousiasme intérieur qui ne se manifesta que par mon empressement à vider le verre d'une traite, l'eau fraîche me donnant un sursit, et me laissant croire, à tort, que j'avais un peu moins chaud qu'au préalable -.

- Je suis navré d'avoir bu cette potion, Royane. Je te la rembourserai, tu n'auras qu'à me faire une facture, m'excusai-je posément en gardant encore en main mon verre vide, toujours dans l'optique de me refroidir un peu.

Alors que j'avais retrouvé, semble-t-il, l'usage de la parole en dépit des battements incessants et déraisonnables de mon cœur, c'était désormais une espèce de timidité latente qui m'entravait et m'empêchait de trouver quoi que ce soit à lui dire, la peur de paraître ridicule en tous cas, pesant telle une épée de Damoclès au-dessus de ma tête. En désespoir de cause, la vision furtive d'une énième potion m'inspira un sujet qui, quoique banal, me préservait au moins d'un silence qui me contraindrait inéluctablement, à terme, à quitter cette chambre que je découvrais pour la première fois et que je ne désirais pas encore abandonner.

- Ta potion manquait peut-être un peu de sucre, même si elle me paraissait tout à fait satisfaisante pour un premier essai, lui fis-je remarquer en passant une main sur ma nuque pour la masser distraitement et, peut-être, tenter vainement de me détendre alors que je m'efforçais de soutenir le regard déstabilisant de la belle brune pour la convaincre - et me convaincre probablement aussi - que je n'étais pas aussi gêné qu'il n'y paraissait, Pour le moment, c'est tout ce que je constate. J'ai certes un peu chaud, mais ça doit être l'accès de colère de tout à l'heure, poursuivis-je en occultant la vérité, Y a-t-il des effets qu'il me faudrait ressentir absolument ? Autant me rendre utile, si cela peut contribuer à me faire pardonner mon intrusion si soudaine.

Prenant appui sur le bureau contre lequel je m'étais superficiellement assis, je me redressai lentement en faisant l'effort de garder le plus de contenance possible, priant pour qu'elle ne s'aperçoive pas de mon trouble. J'imaginais à peine la teneur de la potion que je venais d'avaler mais étais, de toute façon, occupé par une idée toute nouvelle. Une de celles que j'appelais « idée folle ». Une de celles que l'on regrettait, si l'on ne les mettait pas à exécution lorsqu'elle nous traversait l'esprit.

- Royane ? amorçai-je sans transition en me tournant à demi vers elle, J'ai conscience qu'il est un peu tard, et que j'ai également chamboulé tes plans en faisant irruption dans ta chambre, mais... As-tu quelque chose de prévu, ce soir ? A défaut, supporterais-tu ma présence ? Je te laisse choisir l'activité et le lieu, je t'offre la soirée, soufflai-je en souriant légèrement, tâchant de faire abstraction de mon cœur tambourinant dans ma poitrine comme s'il désirait en sortir.

Bon sang. Étais-je à ce point rouillé pour avoir tant de mal à la séduire, ou m'intimidait-elle plus que de raison, pour un étrange motif ?
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#4 le 29.12.16 15:19

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Balade Nocturne et rencontre surprenante


Si on m'avait dit un jour que je verrais mon colocataire dans cet état, je pense que j'aurais très franchement rigolé à la figure de cette personne.

J'observe Viktor en face de moi, les traits de son visage se transformant peu à peu de la colère a quelque chose de très calme, apaiser. Je hausse un sourcil curieux de savoir ce qui pourrait bien se passer dans sa tête. M'enfin bref je m'absente rapidement pour aller lui chercher un verre d'eau puis reviens en lui tendant. À ma grande surprise il but la totalité du verre comme si sa gorge venait de se transformer en désert. J'attrape un crayon et un carnet pour y noter tous les symptômes que je pouvais observer.

Je prenais des notes lorsqu'il se met à parler … et là … je relève la tête, mes yeux prêts à sortir de leurs orbites. Viktor, LE VIKTOR, est en train de me parler ! Je ne sais même pas comment je devrais réagir. Non parce que quand bien même je sais qu'il a ingurgité une fiole complète de philtre d'amour entendre le son de sa voix sans aucune agressivité et qui plus est pour me donner des conseils pour améliorer ma posait c'est un peu comme … Comme … une sorte de miracle. Un peu perturbant je dois bien avouer mais ça reste beau !

Je prends donc note rapidement de ce qu'il vient de m'indiquer puis lui répond en relevant les yeux vers lui

Je sais pas trop, on dis souvent que quand on est amoureux ça fait comme des papillons dans le ventre, on se sent rougir à la seule présence de l'autre, les mains qui tremblent, la gorge nouée … mais ce ne sont que des « ont dit », je ne suis pas convaincue que ce soit un source sûr. A moins que tu préfères aller regarder sur Doctissimort .

Je m'approche du bureau pour y reposer le petit carnet et attrape ma bouteille d'eau. Je m’approche du lit et m'installe sur celui-ci alors que Viktor avait l'air perdu dans se penser. J'en profite donc pour me repasser les images de Viktor en train d’hiberner dans sa chambre tel un ours ou un Hermite. Les fois où nous nous croisions sans même nous jeter un regard l'un à l'autre ou bien toutes les fois où je l'ai maudis en silence pour avoir autant d'argent. J'avais même décidé de m'essayer au vaudou mais visiblement ça n'avais pas eu l'effet attendu puisqu'il se portait à merveille.

Je commençais à prendre une gorgée d'eau lorsque le « jeune » homme en face de moi me fit une demande des plus … inattendues. Encore une fois, LE VIKTOR, venait de me parler et cette fois-ci pour me demander de l'accompagner lors d'une sortie se soir. Sortie donc apparemment j'avais l’entière liberté de choix. Si nous étions en train de parler de quelqu'un tout à fait normale, parfaitement sociable je vous aurais dit « quoi de plus normale ! » mais là … on parle d'un mec qui, il y a encore quelques minutes, avait une colère et sans doute une haine à vous tué sur place. Enfin tout ça pour dire que j'ai fini par recracher une partie de l'eau que j'avais l'intention de boire tant sa demande me surpris.

Je me mets à tousser tout en essayant de me redonner un peu de prestance et pose mes yeux sur lui comme si un extraterrestre venait d’apparaître devant moi.

Sortir … avec moi ? Lui demandais-je comme s'il venait de prononcer le quelque chose qu'il allait regretter. Tu es sérieux là ? Sortir, tous les deux …

Bordel de cul, je ne pensais pas que cette potion avait une efficacité aussi puissante ! Je me racle la gorge tout en me relevant de mon lit, mon cerveau tournant à mille a l'heure pour classer toutes les informations dans leurs petites boiboite respectives.

déjà, non, je ne suis pas prise ce soir. -Mais ça ne veutveux pas dire pour autant que c'est une bonne idée pour autant que nous sortions ensemble – ensuite quand tu dis « Je te laisse choisir l'activité et le lieu » ça veut dire que tu ne t'opposeras en aucun cas à ce que je vais te demander ?

Car si c'est le cas ça devient tout de suite beaucoup plus intéressant ! On ne dis pas non a une soirée tout frais payer voyons, ca serait drolement mal polis. Je l'imagine d'ores et déjà dans des situations toute plus incongrue les unes que les autres. Il me faut un certain self contrôler pour ne pas me mettre à rire en imaginant toutes ces situations. Lorsque je sors de mais penser je retombe sur l'image de cet homme qui d'habitude a tant de fierté et qui se retrouve dans une situation pour le moins inconfortable et je finis par me décider. Je m'approche de lui avec un sourire taquin

Très bien, nous allons sortir ! Déjà on pourrait aller manger quelque part parce que'onnêtement j'ai super faim et pour après … Well, je te garde la surprise, ça te va ? Ah et encore une chose -j'observe sa chemise, mon sourire toujours accrocher aux lèvres puis reprend – pas de chemise, on y va décontracter ce soir ok ?

C'est pour le bien de mon business et de mon portefeuille après tout. Si je ne profite pas maintenant d'observer ce que cette potion produite chez lui je ne le ferrais sans doute jamais. Pour le bien de la science -et un peu par curiosité mais chut.
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#5 le 29.12.16 22:12

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Pour une raison qui m'échappait, Royane avait un comportement étrange. Avais-je été à ce point abject jusqu'à ce jour pour qu'elle paraisse si surprise - cela me semblait si loin et si absurde que j'avais peine à m'en souvenir - et me fasse état de choses incongrues ? A ce titre, pourquoi me parlait-elle donc d'amour, soudainement ? Ce n'était quand même pas sa réponse à ma remarque sur les effets à ressentir, si ? Il ne fallait pas pousser, je n'étais quand même pas amoureux ! … N'est-ce pas ?
Ces questionnements autant que ma nervosité récente, alimentée par la peur qu'elle refuse mon invitation, furent tous deux balayés à l'instant où elle recracha une partie de son eau en manquant s'étouffer. S'il me fallait reconnaître que cela n'avait pas grand chose de sexy, cela restait particulièrement amusant et je n'avais pu m'empêcher d'en sourire un tantinet, retenant de justesse un ricanement. Pourtant, là encore, je ne compris pas pourquoi la proposition lui paraissait à ce point improbable. Même si notre relation n'avait pas toujours était positive, je n'avais pas été jusqu'à la menacer de mort – du moins d'une nouvelle mort -, que je sache !
Pour la forme, j'acquiesçai à sa reformulation. Oui, j'envisageais sérieusement de sortir avec elle ce soir, et cela ne m'apparaissait pas aussi incroyable que ce qu'elle semblait considérer.

Sans le réaliser, mon sourire s'étira un peu plus lorsque, remise de ses émotions, elle m'avoua être libre ce soir. C'était déjà la moitié du travail de fait, ne restait plus qu'à la convaincre d'occuper sa soirée avec moi ! J'aurais pu user de tous les artifices pour l'en convaincre, mais il me suffit de lui confirmer que par « Je te laisse choisir l'activité et le lieu », j'entendais bel et bien ne pas m'opposer à ses choix en ce qui concernait la soirée à venir. Libre à elle de choisir ce que nous ferions et quand nous le ferions : je m'adapterais – ou du moins essaierais-je, mais cela ne devrait pas être insurmontable dès lors qu'elle était présente – et en profiterais pour faire plus ample connaissance avec elle. Voilà deux ans que nous vivions dans le même appartement et je ne savais rien d'elle, si ce n'est qu'elle était nécromancienne.
Sans le réaliser, mon sourire souffrit quelque peu de son approche, créant de nouveaux fourmillements tout autant que l'assèchement brutal de ma gorge alors que mes yeux restaient rivés sur son sourire. Au fond, ce n'était pas plus mal qu'elle soit aussi près : la timidité croissante que j'en tirais m'avait au moins permis d'atténuer la bouffée d'enthousiasme que j'avais eue en l'entendant accepter mon invitation. Sa remarque finale acheva de me troubler, dès lors que je n'avais rien d'autre à me mettre sur le dos que des costumes et, de fait, des chemises !

- A ta guise, je commence à avoir un peu faim également, mentis-je en m'efforçant de sourire pour cacher ma gêne – comment pourrais-je avoir faim alors que j'étais si nerveux ?! -, Aucune objection quant au lieu et à la surprise, comme convenu, mais il faudra, avant d'aller au restaurant, qu'on passe dans une boutique... Je n'ai que des costumes dans mes armoires... Rien de franchement décontracté, précisai-je en me massant la nuque, esquissant un pas en arrière en oubliant momentanément ma boiterie et manquant ainsi de tomber, me rattrapant de justesse à la poignée de porte – imbécile ! -, Je vais chercher quelques affaires et on pourra y aller !

Histoire de retrouver un semblant de contenance et de dignité, je ne m'attardai pas dans la chambre de Royane – même si j'y restai quelques secondes de trop, happé par son regard, une fois de plus – et rejoignis la mienne pour me saisir de mon porte-feuille que je glissai dans ma poche, réajustant ensuite un peu ma tenue – même s'il me faudrait en changer rapidement – afin de laisser à la belle nécromancienne le temps de se préparer. Il lui fallut une trentaine de minutes pour ce faire, après quoi elle me rejoignit dans le hall de l'appartement et nous pûmes partir dans le Tokyo spectral en quête d'un magasin de vêtements pour hommes, d'abord, puis d'un restaurant, ensuite. Le magasin ne fut pas difficile à trouver et il ne fut pas plus complexe de trouver une tenue décontractée à ma taille – même si, de mon propre avis, je trouvais qu'une tenue un peu sport ne collait ni à un mec de mon âge, ni à un mec affublé d'une canne pour se déplacer... -. Je ressortis donc de la boutique en jean délavé et polo noir, après avoir soigneusement plié et rangé mes vêtements habituels dans mon sac à dos.

Nouvellement décontracté – physiquement du moins, car psychologiquement, j'étais terriblement mal à l'aise, quoique prenant sur moi -, et ainsi conforme aux exigences premières de la belle nécromancienne, nous pûmes enfin chercher un restaurant où nous poser et en trouvâmes un – un restaurant indien - dans une rue piétonne encore très fréquentée malgré l'heure tardive. Par chance, il restait encore deux places dans le restaurant pourtant déjà bien rempli, et le serveur nous installa à une table au beau milieu d'un brouhaha assourdissant. Un endroit peu propice à la discussion en somme, mais peut-être cela permettrait au contraire un rapprochement... Bon sang, à quoi penses-tu, Viktor ?! songeai-je en me remémorant le fil de mes dernières pensées alors que je soupirai à table en récupérant la carte que le serveur se dépêchait d'amener, débordé.

- Hm. Je vais taper dans le classique et opter pour le poulet curry, pour ma part, soufflai-je après avoir jeté un œil à la carte pour m'assurer que le plat y figurait bien – ç'aurait été un comble dans le cas contraire ! -, tendant ensuite la carte à la nécromancienne pour qu'elle choisisse à sa convenance, Et toi ? m'enquis-je en levant les yeux sur Royane, lui souriant légèrement et naturellement, maintenant que je m'étais un peu plus habitué à sa présence depuis que nous cheminions tous les deux, Dis... Maintenant que nous sommes dehors et que je ne peux plus, ni ne veux, d'ailleurs, reculer... Me dirais-tu où tu envisages de m'emmener ensuite ?
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#6 le 02.01.17 19:17

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Balade Nocturne et rencontre surprenante


Étonnement, il n'est pas si difficile de le convaincre de changer de tenue !

Une demi-heure après que j'ai accepté l'invitation de mon cher et tendre colocataire, nous pouvons partir. En effet, j'ai eu le temps de prendre une douche, d'enfiler un jean troué a quelques endroits, un t-shirt noir basique et un gilet blanc par-dessus. Bien que nous soyons en hiver les températures reste tout a fait abordable et il n'est pas si surprenant de croiser des gens se balader en tenue automnal dans les rues.

Nous faisons une petite escale rapide dans un magasin de vêtements afin que monsieur puisse abandonner son éternelle chemise contre une tenue un peu plus décontracté comme je le lui avais demandé. Je ne me permets pas d’émettre la moindre remarque dans la mesure où il a fait l'effort de « m’obéir ». Il faut tout de même l'avouer ça lui va plutôt bien comme tenue, ça change de cette aura si sérieuse qui l'entoure en permanence. Ça donne un petit coté plus abordable qui me met tout de suite plus à l'aise. Une dizaine de minutes plus tard nous nous retrouvons dans un restaurant indien, J'ADOOOOOORE la bouffe indienne, et il commence à regarder la carte tout en m’énonçant ce pour quoi il allait opter. Je profite donc de ce moment d'inattention pour l'observer d'un peu plus près. Bien que nous vivions dans le même appartement et que nous soyons confrères de travail, je n'ai jamais pris tellement la peine de l'observer de plus près. Je fais donc glisser mes yeux sur les traits plutôt fins de son visage, la petite marque au-dessus de son sourcil gauche, la couleur pour le moins originale de ses yeux… Ses yeux qu'il venait de relever vers moi tout en me tendant la carte. Je me redresse rapidement et attrape celle-ci. Je n'ai pas vraiment besoin de regarder, sachant parfaitement ce que je voulais prendre. Je repose donc la carte sur la table et affiche un petit sourire lorsque, par curiosité Viktor commence à me questionner sur le lieu dans le quel je voulais l'emmener.

Il y a assez peu d'endroits que j'ai pour habitude de fréquenter, mais s'il y en avait bien un au quel je prenais grand plaisir a aller, c'était bien celui dans le quel je prévoyais de l'emmener. C'est un peu ma cour des miracles a moi. J'étais d'ailleurs tomber dessus tout à fait par hasard un jour alors que je me promenais dans le Tokyo spectrale.

Je pose mon coude sur la table afin de m'approcher un peu de l'homme en face de moi, un sourire satisfait sur le visage.

Mon Cher Viktor, ce soir, nous allons dans un szimpla. C'est une sorte de bar plus ou moins éphémère. Tout dépend de celui dans le quel tu vas. Le concept d'origine est Hongrois. -prise dans les images de cet endroit qui défilent dans ma tête je commence donc a lui énoncer tout ce qui se trouve la bas.- Tu entre par la grande porte de ce vieux bâtiment en pierre et tu as le sentiment de te faire transporter dans une autre dimension. Les lumières tamisées, les différents bars que tu peux y trouver comme : le bar a bière, ou celui a vin ou encore celui des cocktails.

Je reviens un peu sur terre mon sourire s'élargissant alors que j'essaie de m'imaginer quel genre d'expression je pourrais bien trouver sur son visage lorsqu'il sera bel et bien confronter à ce lieu aux effluves pour le moins magique.
J'y vais assez régulièrement, car il y a également un étage dédié aux jeux de cartes ou de hasards. Évidemment, tout ceci n'étant pas très légale, je te demanderais la plus grande discrétion !

Je me redresse à nouveau alors que le serveur approche pour lui donner la carte et lui communiquer nos commandes à tous les deux ainsi qu'une bouteille de vin. Une fois les notes prisent et les verres apporter, il s'éclipse et nous nous retrouvons seuls. Je commence à lui servir un verre puis reprend la parole en quête d'information sur mon si mystérieux camarade. Autant profiter des effets de la potion puisque celle-ci a l'air de le rendre plus en clin à me parler.

Alors dis moi Viktor, qui est-tu ? Ça va faire un moment que nous vivons sous le même toit et je ne connais presque rien sur toi mis a part que tu as un iguane et une loutre, que tu fais le même travaille que moi, dans le quel, il faut bien avouer, tu es un concurrent de taille. C'est quoi ton secret ?

J'attrape mon verre et le porte a mes lèvres, faisant rouler celui-ci dans ma bouche afin d'en sentir chaque arôme et fini par revenir a notre discutions. Peut-être l'alcool lui permettrait-il de se détendre un petit peu et ainsi me parler tout à fait naturellement ? Va savoir…

Des tonnes de questions me viennent à l'esprit et il me faut garder mon calme afin de ne pas l'assaillir de ma curiosité presque maladive.Des tonnes de questions me viennent à l'esprit et il me faut garder mon calme afin de ne pas l'assaillir de ma curiosité presque maladive. Il faut savoir que dans ce monde parler de sa mort est presque devenue un sujet tabou, et même si tout le monde se demande comment les personnes qui vous entourent son décédé personne ne pose la question. Je me racle un peu la gorge comme pour ravaler cette question qui, peut être, se trouvait dans les sujets tabous de Viktor et me rabat donc sur des questions plus bateaux tel que : tu as quel âge -Même si encore une fois, on dis que ce n'est pas polis de poser ce genre de questions- ou encore pourquoi Necrom …

Le serveur revient avec nos assiettes et les poses devant nous, nous souhaitant un bon appétit puis repart. J'observe nos assiettes respectives et sens dors et déjà, mon estomac se retourner tellement tout ceci a l'air appétissant. Je prends ma fourchette en main et tout à coup tilt qu'il me manque une information et pourtant pour un nécro c'est THE information. Je lève les yeux vers lui, brillant de curiosité et lui demande sans détour

Au fait… Qu'est-ce que c'est ton pouvoir ?

Parce qu'autant mon pouvoir pouvais se voir relativement facilement autant le sien n'a pas l'air d'être quelque chose qui se manifeste physiquement comme le feu ou bien l'electriciter.

Décidément que de mystères a élucider autour de cet homme… Je sens que nous n'allons pas nous ennuyer ce soir !

codage : MlleAlys


DES PHOTOS DU SZIMPLA (oui, c'est un vrai lieux 83):















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#7 le 02.01.17 21:39

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Avais-je réellement pensé m'être habitué à la présence toute proche de Royane ? Avais-je réellement cru me sentir à nouveau en pleine possession de mes moyens alors qu'elle était si près ? C'était sans compter sur la demoiselle, sur la proximité croissante que nous avions, sur ses coups d’œil appuyés et ses sourires répétés. Qu'elle était belle.
Malgré mon trouble, je tâchais d'être attentif à tout ce qu'elle m'exposait, à commencer par ses projets, après le restaurant. Avant qu'elle ne m'explique ce dont il était question, je n'avais aucune idée de ce que pouvait être un « szimpla ». Ce qu'elle me dépeignait me semblait néanmoins aussi intriguant qu'alléchant, et au-delà des jeux illégaux énoncés, le cadre me paraissait somme toute assez raisonnable. Un milieu dans lequel je pourrais m'intégrer. Du moins le pensais-je. Après tout, fut un temps ou quelques uns de mes plus proches et plus agréables collègues et moi, organisions des soirées poker chez les uns et les autres pour décompresser et casser du sucre sur le dos de nos patrons. J'étais un fieffé tricheur, mais mon habileté avait tendance à susciter l'admiration plutôt que l'agacement. Il ne me restait plus qu'à espérer ne pas avoir perdu la main, même si je n'étais pas certain d'user de mes « talents » dans un endroit tel que le szimpla, même si les jeux s'y déroulaient en toute illégalité. Y avait-il des bars à vodka ?

Le serveur ne tarda pas après que Royane ait stimulé mon imagination quant à ce qui nous attendait, et il revint tout aussi vite pour apporter la bouteille de vin commandée. En quelques minutes, je venais d'apprendre que ma colocataire aimait manifestement sortir – pour connaître un concept comme le « szimpla », c'est ce que je m'imaginais en tous cas – et appréciais les jeux. Du reste, à en juger par son empressement à nous servir un verre de vin, j'en déduisais qu'elle était également une amatrice d'alcool. Quelque chose me disait que mon sang russe et mes années universitaires avec leurs lots de fêtes étudiantes – et tous les excès y afférents – m'aideraient grandement à tenir le coup, ce soir, face à la descente probable de la demoiselle.
Je n'eus toutefois pas l'occasion de m'épancher sur tout ce que je venais d'apprendre de Royane qu'elle entreprit de me bombarder de questions, réduisant ainsi à peu de chose la gêne première que j'avais ressentie pour laisser place à l'amusement. Je ne la savais pas aussi curieuse, mais je m'enorgueillissais – à raison ou à tort - de la voir s'intéresser à moi à ce point, considérant que c'était plutôt à mon avantage. Par quoi devais-je commencer ? Il y avait à la fois tant et si peu de choses à dire pour me décrire.

- Eh bien... Commençons par les évidences : je suis Russe. Je suis donc discret de nature et ai l'illégalité et les jeux d'argent dans le sang, souris-je en me redressant moi-même, peut-être pour prendre quelques distances – infimes – avec Royane, dont le parfum m'envoûtait décidément, Je suis mort à 33 ans, mais ça fait déjà six ans que je suis ici. Je n'ai pas vraiment choisi d'être nécromancien, c'est plutôt mon pouvoir qui s'est révélé, mais l'idée de créer des potions ne me déplaisait pas. J'étais ingénieur en mécanique, de mon vivant, alors bidouiller les choses pré-existantes pour les améliorer, ou créer des nouveautés, c'est un peu mon dada, avouai-je sans trop en dévoiler. J'avais beau trouver Royane charmante, elle n'avait pas besoin de connaître tous les détails de ma vie et répondre à ses questions déjà fort nombreuses devrait suffire à assouvir sa curiosité au moins momentanément, De secret, je n'en ai pas vraiment. Je travaille, simplement. Beaucoup, ce qui explique que je ne sois que rarement à l'appartement. Presque uniquement pour dormir, ajoutai-je en m'écartant un peu pour laisser au serveur la place de déposer le plat, enchaînant sur la nouvelle question de la nécromancienne, puisqu'elle ne semblait décidément jamais à court, Quant à mon pouvoir... Il serait plus simple de te le faire essayer pour que tu comprennes comment il fonctionne, mais je ne peux pas le faire ici. Tu auras la patience d'attendre un peu ? Le retour à l'appartement, peut-être ? hasardai-je en souriant, plantant mon regard dans le sien.

Mauvaise idée, Viktor, songeai-je à retardement en me sentant voguer dans son océan céladon, ne parvenant à détourner mon regard du sien que parce que l'un de mes doigts vint se piquer à mon couteau en le cherchant à tâtons. Ça y est. J'avais à nouveau chaud, et force était de constater que le curry n'arrangeait rien. D'ordinaire, je ne craignais pas vraiment les épices et le poulet ne me semblait pas exceptionnellement assaisonné... Mais là, compte tenu de la situation... La première bouchée suffit à me faire monter le rouge aux joues – autant dire que c'était donc flagrant chez moi qui était toujours si pâle – et une gorgée de vin parvint difficilement à apaiser ce feu nouveau qui embrasait ma gorge. Difficilement, et à grand renfort de raclements de gorge et de manches remontées – encore -, je parvins à prendre le dessus sur cet incendie interne, essuyant furtivement une larme qui perlait au coin de mon œil droit.

- Peut-être que ta potion accroît quand même un peu la température corporelle, Royane. Le poulet n'est pas spécialement épicé et pourtant, j'ai très chaud, admis-je en me saisissant d'un morceau de pain dans l'espoir d'atténuer cette sensation de brûlure. La bouchée suivante attendrait un peu. Et surtout, surtout ; il ne fallait pas que je croise son regard, Et toi, alors ? Du peu que j'en ai vu jusque là, tu me sembles être une jeune femme pétillante qui aime sortir, qui apprécie les restaurants indiens, les bars, et les jeux. Je ne te demande pas ton âge, cela ne se fait pas, mais comment t'y prends-tu pour tes potions ? Pour avoir autant de clients, tu dois sans doute être douée, mais je me demande si tu ne charmes pas une grande partie de ta clientèle, mine de rien, ricanai-je en imaginant à ses pieds pléthore de messieurs parmi lesquels j'avais l'impression de me trouver... Qu... ?!

Je savais qu'elle était arrivée quatre ans après moi, selon sa date d'emménagement dans l'appartement Brossard, et en déduisais qu'elle était donc morte à cette époque, sauf à envisager un quelconque déménagement d'un appartement à un autre. Dans la mesure, toutefois, où elle n'avait pas pris la peine de déménager malgré l'ambiance jusque là déplorable, et où elle avait aménagé sa chambre pour la rendre plus luxueuse que ne l'étaient les chambres de base, quelque chose me disait que je ne faisais pas erreur quant à sa date de mort. Quant à son âge supposé... Elle me paraissait plus jeune que moi, et son comportement tendait à me le laisser penser également. Quant à savoir de combien d'années se constituait l'écart, exactement... Je l'ignorais, et n'avais plus qu'à prier pour qu'il y en ait assez peu afin de ne pas passer pour un pervers.

- Attends ! Laisse-moi deviner pour ton pouvoir... Même si je n'ai pas eu l'air de trop m'intéresser à toi jusqu'à ce jour, je t'ai quand même observée de temps en temps. Furtivement. Hm... De mémoire, il me semble t'avoir vu manier des appareils électriques sans qu'ils soient branchés. Tu contrôles les objets, peut-être ? Ou l'électricité ? hasardai-je en réessayant de prendre une bouchée de poulet, me maîtrisant bien mieux, cette fois, J'imagine que contrairement à moi, ça ne te sert pas trop dans le cadre de ton boulot, hm ? soufflai-je après réflexion, cherchant ses yeux d'instinct.

… Et merde. J'avais oublié qu'il ne me fallait pas me perdre dans son regard au risque de dériver encore.
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#8 le 07.01.17 23:50

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Balade Nocturne et rencontre surprenante


C'est étrange. On passe des mois à éviter quelqu'un par la faute d'un ego mal placé et un jour, on remet tout ceci au placard pour finalement passer une soirée agréablement surprenante.

Je suis en train de jouer du bout de ma fourchette dans la sauce de mes crevettes au curry, creusant de petits sillons dans celle-ci alors que je bois les paroles de Viktor. Je souriais alors qu'il me parlait de son passé, appréciant le fait qu'il accepte de répondre a mes questions pourtant si nombreuses. Je croque dans une crevette alors qu'il me dit qu'il serait préférable qu'il me fasse essayer son pouvoir dehors. Je hausse un sourcil curieuse et hoche la tête. Il va falloir que je patiente jusque-là, mais il me donne de la matière pour prendre mon mal en patience alors tout va bien.

Alors que j'allais lui poser de nouvelles questions nos regards se croisent et je vois mon colocataire littéralement changé de couleur. Je ne peux retenir un petit sourire légèrement moqueur devant tant de sensibilité. Je ne le quitte pas des yeux alors qu'il attrape son verre et qu'il boit son vin avidement dans le but d’apaiser le feu de sa gorge et de son visage. Je ne peux pas retenir un petit rire tandis qu'il ne tient de moins en moins bien sûr sa chaise. Remontant ses manches et se redonnant un peu de contenance a grand coups de raclement de gorge, il reprend la parole.

Je ressors le petit carnet pour noter ce qu'il me dit même si, tout à fait entre nous, je ne crois pas trop au fait que la potion ne lui donne chaud. Je repose et prends à mon tour mon verre, faisant tourner le vin dans mon verre.

- Moi ? Que dire… Je suis Franco-Japonaise même si je suis plus française que japonaise dans la mesure où j'ai passé toute ma vie d' « humaine » là-bas. J'aime en effet beaucoup sortir ! Je pars du principe qu'on m'a offert l'occasion de pouvoir vivre une seconde fois alors que certains n'ont pas l'occasion, je me dois donc de faire honneur à cette chance.

Je lève mon verre dans la direction de Viktor et termine la dernière gorgée avant de nous resservir tour à tour.

- Je n'ai pas de problème a dire mon âge, j'ai 23 ans, j'en avais 21 quand je suis morte écraser par une étagère dans un aeroport. Moi qui allais prendre l'avion, j'avais des centaines d'autres façons de mourir, mais non… Écraser par une étagère de livres a l'eau de rose. C'est tristement ridicule.

Un petit rictus amer passe sur la commissure de mes lèvres, car même si je n'ai pas de problèmes ça n'en reste pas moins ridicule. Je reprends un boucher de mon assiette puis reprends un peu la parole

- Enfin, haut les cœurs, je suis ici et j'ai l'occasion de vivre de nombreuses aventures ! Oh et tu n'imagines pas tout ce qu'il faut faire pour garder sa clientèle lorsqu'on est nouveau ici, je me bats contre des gens qui sont parfois ici depuis plus de 200 ans.

Je suis un peu surprise lorsque Viktor me demande de le laisser deviner mon pouvoir, mais après tout… Pourquoi pas, je suis curieuse de voir ce qu'il a bien pu observer en presque deux ans de colocation ensemble. Je pose donc mes coudes sur la table, une de mes mains soutenant mon visage alors que l'autre termine de faire une petite montagne de riz avec une crevette sur le dessus. Je hausse les sourcils tout en relevant les yeux de mon œuvre d'art vers lui. Finalement, il n'est pas aussi peu observateur que je n'avais pu le penser !

- En effet, je suis Electrokinésiste. Je dois avouer que ça me surprend que tu ai remarquer de tels détails alors qu'on se vois si peu ! -je hausse en suite les épaules pour répondre a sa deuxième partie de question – jusqu'ici je n'ai encore jamais trop eu a m'en servir en effet mais on ne sais jamais, il suffit d'une fois !

Je termine mon assiette puis me laisse retomber dans le fond de ma chaise, observant ses yeux d'une couleur ambre des plus perturbante de beauté. Le serveur revient à notre table pour reprendre nos assiettes, demandant si tout, c'était bien passer et je lui réponds donc que tout a été à merveille. Il nous propose en suite la carte des desserts, mais je réponds à la négative. Il nous fait un signe de tête et s'en va un peu plus loin. Je me penche en direction de Viktor pour lui chuchoter doucement


- Si tu veux un dessert, il y a des supers trucs sur la route de là où je t’emmène, inutile de te ruiner !

Je ponctue ma phrase sur un petit clin d’œil puis attrape mon sac afin d'en sortir un paquet de cigarettes. J'en prends une puis tends le paquet gracieusement a mon camarade.

- Que dirais-tu que nous nous mettions en route ? J'ai encore pas mal de questions à te poser, mais si nous commençons a discuter ici nous n'en finirons pas alors autant reprendre notre conversation sur la route non ?

Je regarde rapidement l'heure sur la montre gousset que je porte à mon cou puis me relève afin d'initier le mouvement de départ. Nous repassons par l'accueil et étrangement laisser Viktor me met un peu mal à l'aise… arf, je n'aurais qu'à lui offrir un verre.

Une fois dehors, je m'étire tout en prenant une longue inspiration. Je laisse en suite retomber mes bras, allume ma cigarette pour en suite me tourner vers le jeune homme avec un large sourire, satisfaite de ce début de soirée.

- Alors, tu peux me montrer ce que c'est que ton pouvoir maintenant ou il faut que j'attende encore ?

On peut clairement sentir ma curiosité débordante refaire surface alors que je trépigne d'enfin savoir ce que c'est que ce fameux pouvoir qu'il nous cache depuis si longtemps. Je veux savoiiiiiiir !!!

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#9 le 08.01.17 15:16

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Ce qui était bien avec Royane, c'est qu'elle répondait également aux questions qu'elle posait, pour peu qu'on les lui retourne. Ses répliques m'avaient ainsi permis d'en apprendre plus sur elle autant que de manger après m'être remis de mes émotions, même s'il me fallut quelques minutes de plus que la belle nécromancienne pour terminer mon plat. Indéniablement, ce restaurant servait de bons plats - également copieux -, mais je n'aurais pas dit non à un dessert, par principe. Pourtant, lorsqu'elle congédia le serveur et plus particulièrement sa carte des desserts, je ravalai toutes contestations, probablement pour ne pas lui déplaire. Si l'indication que je lui avais donnée s'agissant de la quantité insuffisante de sucre contenu dans sa potion n'avait pas suffit à lui mettre la puce à l'oreille, peut-être d'autres indices viendraient-ils lui faire comprendre que j'avais un faible pour les sucreries, et tout particulièrement pour les desserts en tous genres. Je n'eus toutefois guère le temps de me ronger les sangs que le murmure de Royane me ramena le sourire aux lèvres. Les desserts n'étant pas tout à fait hors course, je pouvais aborder la suite de la soirée sereinement, et elle s'annonça meilleure encore lorsque la nécromancienne dégaina son paquet de cigarettes et m'en proposa une que je ne déclinai naturellement pas. Était-elle donc parfaite ?

- Ça marche, répliquai-je sobrement à sa proposition de mettre les voiles, me relevant à sa suite.

Dans les pas de Royane, je gagnai l'accueil où je réglai la note – comme convenu avec la belle -, rejoignant la nécromancienne à l'entrée et me retrouvant rapidement sollicité par elle, à nouveau ; son impatience autant que son sourire étirant mes propres lèvres en un rictus que j'eus du mal à contenir. J'avais à peine eu le temps de dégainer ma propre cigarette, et encore moins le temps de l'allumer ~.

- Pourquoi pas, soufflai-je après quelques secondes de silence pour ménager le suspense, invitant Royane, d'un geste de la main, à s'écarter un peu du milieu de la route pour que nous allions nous asseoir sur un banc. Dans la mesure où Melancolia nous rendait inconscient l'un et l'autre, autant ne pas se retrouver au beau milieu du chemin, Cela dit, mieux vaut éviter la cigarette le temps que tu testes mes capacités, ajoutai-je en lui prenant délicatement la barre de nicotine des lèvres pour la garder entre les doigts de ma main gauche, Il va falloir que tu poses ta main dans la mienne, que tu fermes les yeux et te détendes simplement. Essaye de faire le vide dans ton esprit, et je me chargerai du reste, explicitai-je en tendant la main droite vers elle, la calant sur ma cuisse en attendant qu'elle daigne y poser la sienne.

Si je tenais à ne pas traumatiser Royane et écourter notre soirée, autant raviver chez elle un souvenir positif. Quant à déterminer quel genre, la question demeurait entière. Devais-je exceptionnellement penser à mon ex-femme – du temps où tout allait bien entre nous, en tous cas – pour tinter ce positif d'un semblant de sentiment amoureux ? Dans la mesure où je n'avais encore jamais fait de tel essai, je préférai encore rester sur des bases solides et me contenter d'un souvenir de gaîté simplement. Quelque chose qui la pousserait à sourire comme elle le faisait si joliment d'ordinaire, et qui lui donnerait cette même expression d'impatience enfantine, qu'elle avait dévoilée en sollicitant une démonstration de mon pouvoir à peine sortie du restaurant.
Fermant moi-même les yeux, je tâchai de faire le vide dans mon esprit, ne me concentrant que sur ma fille pour inciter les souvenirs heureux de Royane à s'éveiller de leur torpeur, ne reprenant conscience que quelques minutes – deux ou trois peut-être – après qu'elle ait posée sa main dans la mienne.

- Mon pouvoir me permet de raviver des souvenirs oubliés. Selon que je pense à quelque chose d'heureux ou malheureux, le souvenir sera gai ou triste. J'ignore ce que tu as vu, mais j'ai fait mon possible pour que ce soit agréable, avouai-je en souriant un peu, portant la cigarette de Royane - un peu plus consumée désormais – à mes lèvres avant de lui rendre la mienne, encore intacte et donc entière, afin qu'elle en profite pleinement, Je m'en sers tous les jours, au travail. Ça marche aussi bien que les potions, car rares sont les spectres comme toi, qui accueillent cette nouvelle vie avec le sourire. Beaucoup se rattachent à ces souvenirs oubliés d'une vie passée qu'ils n'auront plus, mais qu'ils regrettent tous inéluctablement. De ce point de vue, mon pouvoir est un peu addictif. J'ai des clients qui viennent très souvent, d'autres qui se ruinent pour avoir plusieurs sessions de suite, comme pour vivre constamment au travers de ces souvenirs. Présenté de la sorte, cela doit te paraître malsain, admis-je en tirant une latte avant de me relever pour ouvrir la marche, quoique Royane soit le guide, ce soir.

J'étais curieux de savoir ce qu'elle pensait de mon pouvoir ; si l'expérience lui avait plu ou si, au contraire, elle l'avait déçue. Je n'arrivais d'ailleurs pas à savoir ce qu'elle avait pu s'imaginer, si tant est qu'elle se soit imaginée quoi que ce soit.
Pour ma part, mon imagination vagabondait lorsque je me représentais un électrokinésiste à l’œuvre. Je me demandais d'ailleurs quelle puissance Royane pouvait libérer et si elle était en mesure de donner des formes à l'électricité. Pouvait-elle la matérialiser ou cela ne se faisait-il que par le biais d'un appareil sensible à l'électricité ? Autant de questions qui, un jour, peut-être, trouveraient des réponses, mais que je n'envisageais toutefois pas de lui poser dans l'immédiat. N'avait-elle pas dit, de toute façon, qu'elle avait encore son lot de questions à me poser ? Était-ce, d'ailleurs, ce qui arrivait inévitablement à tous ceux qui ne lui adressaient pas la parole pendant un temps ? La belle emmagasinait-elle soigneusement les questions, les accumulant, pour les livrer ensuite une à une le jour où, enfin, la glace se brisait ?

En passant devant une boutique, je freinai d'instinct devant la vitrine, lorgnant les innombrables desserts proposés. Était-ce le paradis décrit par Royane un peu plus tôt, au restaurant indien ? Si oui, incontestablement, elle avait eu raison de me priver momentanément de dessert.

- Viens. Les desserts sont sacrés, chez moi, avouai-je en souriant, poussant la porte de la boutique après avoir éteint ma cigarette contre un mur, invitant la nécromancienne à entrer d'un signe de tête.

De tous les desserts présentés, je ne pus décidément me contenter d'un seul – sans doute poussé par ma gourmandise – et optai pour un Krempita, un Trileçe, un Krofne et enfin, un Cupavci, le tout, à emporter. La plupart de ces desserts m'étaient parfaitement inconnus, mais leur allure autant que les ingrédients utilisés me donnaient l'eau à la bouche, de sorte que je ressortis de la boutique le sourire aux lèvres et les bras chargés de petites boîtes abritant mes trésors. A supposer qu'il faille encore une dizaine de minutes pour atteindre le szimpla, ces pauvres desserts n'auraient aucune chance de survivre au périple.

- Alors, Mademoiselle... N'aviez-vous pas d'autres questions à me poser ? hasardai-je en français, jetant un regard en coin à Royane afin de guetter sa réaction.

Si j'avais volontairement omis de mentionner mon ex-femme et ses origines, l'aveu de Royane sur sa nationalité - c'était à croire que j'attirais inévitablement les Françaises - n'était pas tombé dans l'oreille d'un sourd et ma maîtrise du français – quoiqu'il soit un peu rouillé, j'en conviens – ne manquerait pas, je l'espérais, de l'intriguer au moins un peu. Sans doute n'avait-elle pas besoin de cela pour trouver matière à poser des questions mais qu'importe.
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#10 le 20.01.17 23:36

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Balade Nocturne et rencontre surprenante


Comment expliquer ce sentiment de satisfaction lorsque je vois le sourire, timide, de Viktor s'installer à coins de ses lèvres ? C'est peut-être la première fois que je le voire sourire ainsi et je dois bien avouer que pour une fois, je remercie ma curiosité. C'est donc sans rechigner ou opposé la moindre remarque que je le suis pour que nous nous installions sur le banc non loin de là. Je regarde sa main s'approcher de ma bouche et retirer la cigarette que j'avais entre les lèvres. Je pourrais presque sentir ses doigts frotter ma peau.
Au fur et à mesure qu'il m'explique ce que je dois faire, je hoche la tête puis pose ma main dans la sienne, fermant les yeux afin de chercher à m’apaiser. Il ne faut pas une minute pour que soudain, je me revois à mes 6 ans, les pieds dans l'eau salée de la plage où nous allions avec ma famille. Je revois les rochers où nous aimions gripper avec mon frère, l'horizon s'étirant si loin que j'ai, je croyais qu'il s'agissait du bord du monde. Lorsque je tourne mes yeux de petite fille, je vois mes parents allonger sur leurs serviettes. Je ne sais pas s'ils sont dans cette période de leur vie ou ils sont en train de réaliser qu'ils ne sont plus bien ou s'ils ont mis de côté leurs problèmes. Au fond, je n'ai pas envie de savoir, j'ai juste envie de rester là… J'aurais pu me contenter de ça, mais soudain la voix cristalline de petit garçon qu'était mon petit frère m'appeler. Lorsque je balance mon corps vers l'arrière afin de revoir son visage l'émotion me submerge. Le bonheur, la nostalgie, l'envie frappante, poignante, déchirante de le revoir.
C'est à cet instant que je reviens a moi et c'est comme une gifle. Je suis assise sur un banc dans la rue, face a Viktor, comme si j'étais en train de rêver. Comme si la réalité était là-bas et que le rêve se trouvait ici. J'écoute à nouveau mon cavalier de cette soirée lorsqu'il m’explique un peu comment fonctionne son pouvoir. Je suis encore tout hébété, mais peu à peu reprend un peu mes esprits, comprenant tout à fait les âmes désespérées de retrouver leur vie passée. Je serre brièvement sa main dans la mienne puis lui adresse un sourire sincère

Merci Viktor, ça faisait longtemps que je n'avais pas vu quelque d'aussi beau.


Je prends la cigarette qu'il me tend puis l'allume. J'inspire profondément, laissant la fumer me remplir les poumons puis la recrache. Je regarde un instant dans le vide me perdant à nouveau dans mes sentiments avant de reprendre la parole

Nous sommes peut-être des morts, mais nous n'en sommes pas moins des êtres qui ont vécu. Certes, cela peut paraître malsain de vouloir revivre son passé ou des moments heureux, mais personne n'a jamais pris le temps de regarder de vieilles photos.

Je tourne en suite mon regard vers lui, mes mains poser sur le bord du banc, de chaque côté de mes jambes. Je fais un sourire doux, remplis de reconnaissance et continue

Tu offres à ces gens ce qu'ils espèrent de toi, s'ils n’acceptent pas cette vie, tu ne pourras rien faire pour eux mis a part leur donner la chance de revoir des moments de chaleurs comme tu l'as fait pour moi.… Ce n'est pas difficile des « gens » tomber aussi bas ?

Je suis Viktor dans son mouvement et nous nous mettons a marcher silencieusement. Il a l'air d'être perdu dans ses pensers et quelques parts, ce moment de calme me permet de terminer de m’apaiser et de reprendre l'humeur guillerette. J'allais poser une question à mon cavalier, mais lorsque je tourne la tête pour m'adresser a lui, je me rends compte que j'ai pris deux pas d'avance sur lui. Je reviens donc sur mes pas pour venir me placer a coter de lui. Il ne perd pas une seconde pour m'inviter a entrer avec lui et je lui emboîte donc le pas.

C'est amusant, je ne t'aurais jamais cru aussi gourmand de sucreries !

Après une petite dizaine de minutes passer dans le magasin, nous ressortons les bras charger de gourmandises qui ne feraient sûrement pas long feu les pauvres. Je suis en train de coter un petit bout de l'un de mes gâteaux entre mon pouce et mon index quand Viktor me relance sur des questions de curiosité. Oh bien sûr que si j'en ai encore tout pleins des questions, mais une en particulier maintenant que nous avons un peu parlé de ces personnes qui ont tant de mal a vivre leurs morts... Wait … WHAT ?! Je tourne soudainement la tête vers lui, les yeux ronds comme des billes

Attend, tu sais parler français ? Tu as appris ça où ? Ici ? Dans ta vie d'avant ? À quelle occasion ? Tu as vécu en France peut-être ? Ça fait tellement longtemps que je n'ai pas reparlé en français

Dis-je dans ma langue maternelle alors que je sautais sur place, exciter comme une puce. Me re voilà prise dans la boucle infinie de mes questions et ma curiosité intarissable. Il y a tellement de choses à découvrir sur tout le monde qu'à chaque nouvelle information de nouveaux flots de questions me viennent à l'esprit. Je me remets a marcher en direction du bar que nous aspirons à rejoindre depuis le début de la soirée. Je recommence à prendre un morceau de gâteau tout en essayant de contenir ma diarrhée verbale. Je me racle brièvement la gorge pour reprendre un air plus calme

Et toi Viktor, comment as, tu vécut ton arrivée ici ? Je ne te parle pas de ta mort bien entendu, mais plus de quand tu as réalisé que tu étais ici. Comme tu la si bien dis, peu de gens le vivent bien, je n'ai d'ailleurs pas toujours pris ma mort aussi bien, je suis toujours un peu amer envers cette foutue étagère !

Je me mets a rire un petit peu tout en terminant mon gâteau. Je me lèche les doigts rapidement même si ce n'est pas forcement super glamour puis observe les rues autour de nous. Il nous faut à peine une dizaine de minutes pour arriver a destination et pour une fois, il n'y a pas trop de monde. Enfin par pas trop de monde, j’entends que nous pouvons circuler plus ou moins librement. Comme d'habitude, les lumières et les différentes ambiances nous transportent dans une toute autre dimension et je me sens à nouveau comme dans mon élément. Je me tourne vers Viktor et lève un billet avec un sourire malicieux

La première est pour moi ! Pour te remercier de ce superbe repas qui, contre toute attente, fut fort agréable !


Je ne lui laisse pas le temps de protester que je m'approche du bar pour commander deux vodka. Une fois celles-ci posé sur le bar, je me tourne vers lui l'invitant à se placer a coter de moi. Je m'empare du verre pour le lever, l'invitant silencieusement à faire de même

na zdorove! Mais malheureusement pour toi, c'est là que s’arrêtent mes talents en Russe !


Et quelque part, ce n'est déjà pas si mal, non ?

codage : MlleAlys