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    #21 le 11.01.17 19:26
    La passion mêlée à l'empressement dont le bellâtre faisait preuve actuellement parvenaient à éveiller mes sens, trop souvent enclins à demeurer froids. D'ordinaire je les occultais, je le reconnais. C'était le métier qui voulait ça je pense. Ils étaient bien rares, les clients – ou les autres d'ailleurs – qui parvenaient à enflammer mon bas-ventre comme Tsume et ses lèvres aventureuses le faisaient, là, tout de suite. Je me presse contre lui, poursuivant mes caresses le long de son dos, du bout des doigts, du bout des ongles parfois, jusqu'à ce qu'il s'empare à nouveau fougueusement de mes lèvres. Ses mains, baladeuses à souhait, me font frémir d'impatience si bien que je ne peux qu'étouffer un nouveau gémissement sourd tout contre ses lèvres. Lorsque notre baiser s'interrompt, momentanément entrecoupé de nos souffles d'ores et déjà rauques ; je recule sensiblement mon visage, plongeant mon regard dans le sien avec intensité. Sans jamais rompre ce sourd échange visuel, mes doigts enserrent les pans de mon débardeur que je remonte sensuellement pour le passer par-dessus ma tête et ainsi, le retirer complètement, pour ne plus me retrouver qu'en soutien-gorge de dentelles noir face à lui, torse nu.

    Je le laisse profiter un instant du spectacle : celui de ma chevelure retombant lascivement le long de mes épaules et de mon dos dont la cambrure s'accentue, de mes mèches ébène se déposant partiellement sur ma poitrine gonflée par ma respiration haletante, jusqu'à heurter mon ventre plat. Puis, avec une douceur étonnante étant donné le degré d'excitation qui régnait dans cette pièce exiguë, j'effleure encore ses lèvres du bout des miennes, attrapant sa main caressant auparavant ma joue pour la faire glisser d'abord le long de ma clavicule, jusqu'au creux de mes seins. J'appose sa paume sur l'un d'eux, l'y pressant avec plus de fermeté en soupirant sensuellement contre ses lèvres, puis je reprends notre baiser là où nous l'avions interrompu, avec tout autant de fougue, voire plus qu'initialement.
    Mon corps se heurte à nouveau au sien, peau contre peau cette fois. Presque inconsciemment, je sens mon bassin onduler faiblement contre le sien alors que mes doigts, avides, parcourent encore son torses, s'égarant le long de son ventre jusqu'à atteindre la boucle de sa ceinture qu'ils s'emploient agilement à dénouer. Il n'était plus temps de s'embrasser, simplement. Je voulais plus. Toujours plus...

    Mais soudain, un cliquetis métallique provenant de l'autre côté de la porte – autant dire du monde extérieur –  enclenche une sonnette d'alarme dans ma tête. Très très lointaine, d'abord, puis plus vive, jusqu'à me faire écarquiller les yeux alors qu'automatiquement, mes doigts stoppent net leurs gestes. Je me raidis et tourne mon visage vers la porte, jusqu'à voir celle-ci s’entrebâiller progressivement, puis s'ouvrir complètement sur la silhouette d'une petite bonne femme à l'allure austère – visiblement femme de ménage –, les poings résolument plantés sur des hanches dodues. Les sourcils froncés, son regard dur balaye le contenu du placard avant de se heurter à Tsume et moi, toujours enlacés.

    « Mais ! », s'exclame-t-elle en japonais, fronçant plus encore les sourcils. « C'est quoi cette histoire ! », gronde-t-elle en faisant un rapide état des lieux de ce qui était apparemment son refuge. J'étais quasiment incapable de bouger tant le visage de la vieille avec son chignon serré et ses petits yeux noirs et inquisiteurs m'horrifiaient. « VOUS FAITES QUOI DANS MON PLACARD ! »

    Oui ? Que faisait-on au juste ? Mes prunelles retournent à nouveau sur le visage du beau Lémure, comme s'il allait être en mesure de tout expliquer à cette harpie. Je déglutis. Elle nous avait complètement pris les mains dans le sac, si je puis dire...
    Mais enfin Giuli, où as-tu donc la tête ? Tu allais t'envoyer en l'air avec un parfait inconnu dans un placard. G.R.A.T.O.S en plus !, me hurle ma moi intérieure, à la fois moqueuse et tout autant étonnée par mon comportement.

    « P...Pardon on... on était coincés à l'intérieur et... », commencé-je en m'extirpant de l'étreinte de Tsume pour tenter de récupérer mon débardeur là où je l'avais laissé tomber. Fébrilement, je le renfile sans trop savoir quoi dire.

    « Vous n'aviez qu'à PAS y entrer ! C'est pas une chambre d’hôtel ici ! », réplique-t-elle du tac-o-tac en ouvrant plus largement la porte, s'attendant sans doute à ce que nous déguerpissions de là fissa. En tous les cas, c'était bien ce que je comptais faire, si je retrouvais mes affaires !
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    #22 le 11.01.17 21:54






    Sa peau, ses lèvres contre les miennes… Mon dieu qu’elle m’excitait… Je la désirais, tellement… Ses doigts, ses ongles, arpentant mon dos, me faisaient frissonner de plus belle. Chaque baiser, et surtout, chaque gémissement de sa part amplifiait la chaleur envahissant mes reins… Ma limite approchait dangereusement, toujours un peu plus… Jusqu’à quand serais-je capable de lui résister ? Pour le moment, je me contenais… Mais c’était un défi immense face à cette succube tentatrice…

    Rompant brièvement notre baiser, la voilà qui ôte son débardeur… Je ne peux m’empêcher de perdre mon regard sur ses courbes, se dévoilant à moi. La dentelle noire enrobait merveilleusement les courbes de sa poitrine, la rendant d’autant plus désirable. Ses longues mèches, ondulant légèrement, chutaient sur sa peau délicate, comme un magnifique nœud sublimant ce cadeau qu’elle me faisait… Rapprochant à nouveau ses lèvres, je remontais – difficilement – mon regard vers ses yeux, m’y noyant. Sa main saisissant la mienne, je me laissais faire, me contentant de retenir mes frissons, et surtout mes pulsions…

    Sa chair, délicate…. Sa joue… Sa clavicule… Sa poitrine… Ses seins… Je frissonnais, me laissant guider, déposant ma main sur l’un de ses seins. C’était elle qui dirigeait. Et si cela me faisait frémir de toutes parts, je l’aurais volontiers retirée : les frissons gagnaient mon entrejambe, à mon plus grand regret… Sa main sur la mienne m’amena à le saisir au creux de ma main, avec plus de fermeté, avant de mêler à nouveau ses lèvres aux miennes. Prolongeant le baiser, je me laissais emporter et décidait de presser un peu plus cette chair entre mes doigts, enrôlé dans le jeu que dirigeais la demoiselle…

    Sa peau contre la mienne, ses hanches ondulant délicatement… Et ses doigts… Glissant doucement, le long de mon torse, pour chuter sur ma ceinture, s’attelant à la défaire… Il était là, le point de non-retour. Je dévorais ses lèvres, tentant inlassablement de retenir cette passion dont désormais, je n’étais plus maître. La chaleur m’envahissait, et surpassait tout ce que j’aurai pu faire. Mon désir devenait animal… Il fallait que je l’arrête… Il fallait… Qu’elle était belle… Non, ressaisis-toi. Ou alors juste un peu, elle est tel-

    Un bruit métallique me stoppa, écarquillant soudainement les yeux. Je relâchais doucement la poitrine de la jeune femme et stoppait mes lèvres, sans pour autant les détacher des siennes. Cette dernière se tourne, vers l’origine du bruit. Quant à moi, je ne dévie que mon regard, comme tétanisé. La lumière gagne la pièce, alors qu’une silhouette se dessine. On nous ouvre… ? Enfin !

    " Mais ! C'est quoi cette histoire ! VOUS FAITES QUOI DANS MON PLACARD ! "

    Une femme – arborant la tenue que j’avais pu voir sur certaines femmes de ménage de l’Agence – venait d’ouvrir la porte de notre petit placard. Si nous aurions pu lui sauter au cou pour nous avoir libéré, visiblement elle n’était pas si heureuse que nous… Hurlant en japonais, fronçant ses sourcils en nous déshabillant du regard, son air austère me fit me figer. Tenant encore Giuliana tout contre moi, mon excitation était retombée d’un seul coup. Le Karma voulait-il me rappeler à mes valeurs ? C’était un peu soudain, j’aurai pu me rattraper seul… Enfin… Pas si sûr. Il allait falloir que l’on s’explique… Et vite, avant qu’elle ne nous dévore ou nous flingue du regard…

    " P...Pardon on... on était coincés à l'intérieur et... "

    " Vous n'aviez qu'à PAS y entrer ! C'est pas une chambre d’hôtel ici ! "

    Je relâche doucement l’étreinte autour de Giuliana, qui s’enfuit déjà, se dirigeant vers son débardeur, le replaçant sur sa chair délicatement. Je restais figé, fixant la femme, qui écartait un peu plus la porte, comme pour nous inviter à sortir. Même si nous avions été trop loin, dans son placard, le ton qu’elle employait avec la magnifique Italienne que j’avais dans mes bras quelques secondes auparavant faisait bouillonner mon sang. Si, concrètement, rien n’était insultant, son ton m’insupportait. Mais je ne pouvais décemment pas m’emporter comme je l’aurai volontiers fait avec Sylvio. Cette fois, j’avais une femme devant moi. J’allais devoir ruser…

    Je pris une grande inspiration, comme pour me redonner du courage, me redressant rapidement en refermant puis époussetant mon pantalon, me plaçant devant Giuliana, comme pour la protéger et la dissimuler. Raclant brièvement ma gorge, je relevais un regard sérieux et piquant vers la femme, dressée dans le cadre de la porte. J’affichais un air sûr de moi, me tenant droit. Glissant rapidement ma main à l’arrière de mon jean, je saisissais mon téléphone. Guettant l’écran, puis pianotant rapidement, laissant le « BIP » du dictaphone s’enclencher dans le petit placard.

    " Agent Kuro, intervention de la technicienne de surface au bout de trente-sept minutes quarante-deux, terminé. "

    Réenclenchant le dictaphone pour l’éteindre, je verrouillais mon téléphone pour le glisser à nouveau à l’arrière, dans ma poche. Me baissant, juste assez pour récupérer ma chemise, je la renfilais, la replaçant correctement en attachant les boutons, tout en prenant mon temps, laissant un léger rire échapper, rauque. Il fallait que je reste sûr de moi, ou sinon mon petit jeu tomberait à l’eau… Si je n’y croyais pas, elle n’y croirait sûrement pas. Je pris ma voix la plus sensuelle et suave, m’exprimant dans le japonais le plus classe que je puisse. Mais cependant, j’y ajoutais une pointe de condescendance, histoire de me donner une certaine confiance…

    " Agents Bellucci et Kuro… Nous avons été envoyés par le Roi afin de veiller à la sécurité et au bon entretien de l’Agence. Mais nous fûmes bien surpris par "VOTRE" placard. A peine entrés, quelle ne fut notre surprise de tomber sur des emballages de friandises. Vides. Et surtout, de nous retrouver coincés, la poignée ayant décidé de céder. Nous étions à deux doigts d’utiliser les potions permettant de changer de forme. Je vérifiais le pouls de ma collègue alors qu’elle s’apprêtait à réaliser l’injection au niveau de ma hanche, optimisant les effets de la potion afin de nous enfuir de ce… Vulgaire cagibi… "

    Je finissais de boutonner ma chemise, tournant brièvement mon visage en direction de Giuliana. Pourvu qu’elle marche dans ma combine… Et surtout, pourvu que la femme de ménage croit à mon histoire saugrenue. Je me penchais à nouveau, récupérant ma veste pour la passer au-dessus de ma chemise, balayant ma chevelure sur celle-ci. Prenant un ton plus agressif, plus incisif, je redressais un regard profond vers celui de notre bourreau, tentant un énième numéro comme pour la convaincre. Ma mâchoire serrée, ma voix toujours rauque était cette fois bien plus neutre et grave, comme sous l’emprise d’une colère retenue.

    " Hmpf… Vous grignotez et vous cachez ici au lieu de travailler… Vous ne veillez pas à la sécurité des locaux, et surtout les dégradez… Et vous osez vous montrer agressive envers ma collègue ? Culotté. Mais je risquerai de très mal le prendre, voyez-vous ? Très. Très mal… "

    Je soupirais rapidement, haussant un sourcil en déshabillant du regard la femme, dans un regard dénué de tout intérêt. Pourvu qu’elle y croit, bordel, pourvu qu’elle y croit…


    © Jawilsia sur Never Utopia


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    #23 le 15.01.17 14:50
    Alors que je remets la main sur mes escarpins que je chausse avec empressement, je vois Tsume se redresser jusqu'à faire face à la petite bonne femme, avec un calme des plus impressionnant étant donné le degré d'excitation dont il était victime à peine quelques secondes auparavant. C'était tout juste si son souffle était encore altéré, là ou le mien s'emballait, en rien aidé par les pulsations frénétiques de mon cœur, poussé par l'adrénaline certainement. La scène qui suivit, pourtant, ne manqua pas de m'interloquer. J'interromps mes gestes, trop fébriles et ridicules à mon goût, observant alors le petit manège du bellâtre non sans hausser un sourcil, un brin surprise sans doute.

    « Agent Kuro, intervention de la technicienne de surface au bout de trente-sept minutes quarante-deux, terminé. », explique-t-il face au micro de son téléphone, d'un ton aussi monocorde que pouvait l'être le mien.

    Mais qui était l'agent Kuro, bordel ? La femme de ménage dut se poser la même question, puisqu'elle observait ce grand type face à elle avec une curiosité doublée de perplexité évidente. A mon tour, je me redresse, attrapant rapidement mon téléphone, coupant presque mécaniquement l'application lampe-torche et glissant l'appareil dans mon sac à main que je passe par-dessus mon épaule en tentant de garder le peu de dignité qu'il me restait. Pendant ce temps, Tsume poursuivait son théâtre d'improvisation, me poussant de plus en plus dans une stupeur que je m'efforçais pourtant de garder cachée derrière un masque de froideur. J'étais habituée à jouer l'indifférence bien sûr, c'était naturel chez moi, alors j'admets que je jouais la facilité sur ce coup là.

    « Agents Bellucci et Kuro… Nous avons été envoyés par le Roi afin de veiller à la sécurité et au bon entretien de l’Agence. Mais nous fûmes bien surpris par "VOTRE" placard. A peine entrés, quelle ne fut notre surprise de tomber sur des emballages de friandises. Vides. ». A cet instant je commençais à comprendre où il voulait en venir et m'attelais d'ores et déjà à entrer dans la peau du personnage de cette fameuse agent Bellucci. La petite japonaise aigrie quant à elle, plissait de plus en plus les paupières, passant sur l'un et l'autre de nos visages en quête sans doute d'un détail qui démentirait la véracité de toute l'histoire abracadabrantesque racontée par cet homme à l'interminable chevelure grise. « Et surtout, de nous retrouver coincés, la poignée ayant décidé de céder. Nous étions à deux doigts d’utiliser les potions permettant de changer de forme. Je vérifiais le pouls de ma collègue alors qu’elle s’apprêtait à réaliser l’injection au niveau de ma hanche, optimisant les effets de la potion afin de nous enfuir de ce… Vulgaire cagibi… »

    Là, je l'avoue, je faillis laisser échapper un rire. Rien que le coup de la vérification du pouls aurait déjà été une raison valable pour que je me déride un peu. Sans doute la vielle le remarqua, puisqu'elle croisa les bras sur sa poitrine, observant distraitement le jeune homme reboutonner placidement sa chemise, l'air apparemment sceptique au sujet de cette histoire de potions. Et je pouvais la comprendre ! Existait-il seulement une mixture de ce genre ? Capable de modifier la forme humaine au point de... je ne sais pas, nous faire passer sous les portes ? J'émettais de gros doute, malgré tout le respect que je pouvais avoir pour le bellâtre derrière lequel je me tenais à moitié dissimulée.

    « Hmpf… Vous grignotez et vous vous cachez ici au lieu de travailler… Vous ne veillez pas à la sécurité des locaux, et surtout vous les dégradez… Et vous osez vous montrer agressive envers ma collègue ? Culotté. Mais je risquerai de très mal le prendre, voyez-vous ? Très. Très mal… »

    Cette fois, la réplique parvient à faire réagir notre « charmante hôtesse de placard », si je puis dire. Son regard de fouine passe rapidement du visage impassible, voire mauvais, du jeune homme, aux papiers d'emballages laissés là-bas, dans son petit coin de tranquillité habituel. Après avoir attrapé mon sac de provisions et mon perfecto – que je bourre à l'intérieur du sac pour plus de commodité –, je me décide enfin à intervenir, usant de mon ton habituellement placide, dans un japonais toujours teinté de cet accent italien que je n'arrivais décemment pas à atténuer malgré les années passées ici.

    « Laisse tomber Kuro. Nous verrons ça directement avec le Roi. » décrété-je en posant ma main sur l'avant-bras du Lémure, plissant les paupières en étirant mes lèvres d'un rictus pseudo narquois alors que mon regard glacial toise la vieille dame. Puisque Tsume avait plus ou moins choisi d'endosser le rôle du bad cop grognon et menaçant, je jouerais la good cop conciliante, comme dans tout bon film d'espionnage qui se respecte ~.

    Sans rien ajouter, je passe devant lui et m'extraie du placard, l'air de rien, mon sac de courses accroché entre mes doigts serrés, toujours. J'espérais qu'elle ne le remarquerais pas alors que je longeais déjà le couloir.

    « … Mouais. Attendez une minute vous deux. », grogne la femme d'entretien en fronçant d'avantage les sourcils. « Disons que j'vous ai pas vu vous bécoter et que vous m'avez pas vu venir grignoter dans c'placard, c'est clair ? », propose-t-elle d'un ton légèrement bourru, raffermissant la prise de ses bras contre sa poitrine.

    Je m'étais arrêtée au milieu du couloir, me tournant à demi vers la japonaise non sans hausser le sourcil, comme choquée qu'elle ose nous proposer un tel stratagème, mais tout à la fois intriguée par cette idée. Je souris en coin, jetant un regard sensiblement amusé à mon compagnon de scène.

    « Hm... Qu'en dis-tu, collègue ? », hasardé-je sans pouvoir empêcher mes traits de se tordre légèrement d'une soudaine envie de rire. Tiens le coup Giuli..., me murmure ma moi intérieure. Il y avait bien longtemps que je n'avais plus eu si spontanément envie d'éclater de rire. C'était agréable... troublant, mais agréable. « Ce me semble être... », je serre les mâchoires pour ne pas pouffer  : « … un bon compromis, hem. », me rattrapé-je avant de pincer les lèvres, acquiesçant quelque peu comme pour l'encourager à accepter, histoire qu'on en finisse avec la mégère.




    Spoiler:
    Tu peux incarner la vieille hein, évidemment
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    Terminé
    #24 le 19.01.17 9:04




     

      Le doute saisissait le regard de la nippone, face à moi. Croisant ses bras sur sa poitrine, elle me détaillait du regard, et je pouvais sentir ce poids me parcourir. Tout mon petit jeu pouvait être démonté en un instant, et je le savais pertinemment. A commencer par cette « potion ». Si Viktor aurait pu m’aiguiller à ce sujet, je n’avais actuellement aucune idée de ce qui se faisait à ce niveau : était-ce possible de réduire sa taille, modifier sa texture, ou se transformer en une autre espèce, de sorte à passer une porte close ? Je n’en savais foutrement rien, et cela jouerait peut-être en ma défaveur. De même pour les éventuels agents au service du Roi. Est-ce que cela existait ? Avaient-ils une plaque, une tenue spéciale, un signe distinctif. Nouveau, je n’en savais rien…

    Ma dernière phrase avait cependant réussi à lui décrocher un mouvement d’iris. Elle zieutait la zone dans laquelle Giuliana avait trouvé des papiers vides, contenant au préalable des friandises. C’était donc bien à elle. Et ça semblait la chiffonner au moins un minimum, que nous ayons pu tomber dessus… Et comme profitant de cette ouverture, la voix de Giuliana, si sensuelle, fit raisonner un japonais imprégné de son accent italien.

    " Laisse tomber Kuro. Nous verrons ça directement avec le Roi. "

    La main de Giuliana, s’apposant sur mon avant-bras, déploya une vague de frissons le long de mon échine. Je gardais la face, impassible, pour ne pas alerter la femme. Mais au fond de moi, l’excitation si vite retombée repointait le bout de son nez. Je ne tournais pas la tête, même si l’envie me dévorait de me nourrir de l’image du doux visage et du regard profond de la jeune femme.  J’en mourais d’envie. Mais mon image, mon jeu avant tout... Pour vivre heureux vivons cachés. Pour vivre cachés, fuyons d’ici.

    La jeune femme me passa devant, répandant sa si délicate odeur sous mon nez. C’est à cet instant que la femme de ménage décida de passer aux « négociations ». Notre silence, contre le sien. Bien que son ton soit abrupt, le choix me semblait difficile. Accepter ce serait admettre que nous avions besoin de ces négociations. Refuser serait prendre le risque qu’elle ne décide de nous livrer. Et découvrir par la même occasion que nous – enfin, je – l’avais bernée.

    Je me tournais doucement vers Giuliana, qui venait de se stopper, au milieu de l’allée. Se tournant légèrement, haussant l’un de ses sourcils, elle décrocha un sourire en coin, son regard pétillant se posant sur moi. Bon dieu qu’elle me faisait frissonner, avec ce regard bleu, si profond et intense… Ma « collègue » semblait décidée à accepter le compromis proposé. Alors qu’elle se pinçait doucement les lèvres, je me contentais d’hocher brièvement la tête, toujours aussi sérieux.

    " Vos décisions sont toujours mûrement réfléchies, Agent Bellucci. Nous acceptons donc ce… Compromis. Bonne journée, Madame… "

    Replaçant rapidement mon col, je suivais les pas de Giuliana pour la rejoindre, sans daigner poser un seul regard sur la femme que nous laissions face à sa cachette. Ma hantise était que, comme dans un film d’horreur, elle m’agrippe le bras et y plante ses ongles, m’entraînant violemment dans le placard sans que je ne puisse me défaire de sa prise, me bloquant, me retenant loin de ma princesse. Prenant une grande inspiration, j’avançais, le pas affirmé, arrivant à hauteur de Giuliana.

    La détaillant plus attentivement, je constatais qu’elle portait un sac plastique, contenant les fameuses provisions. C’était donc à elle… Elle y avait d’ailleurs fourré son perfecto. Glissant doucement ma main sur la sienne, je lui adressais un sourire, murmurant suavement pour qu’elle seule puisse attendre mes mots.

    " Tu permettrais que je porte cela pour toi, histoire de me faire pardonner pour t’avoir coincée avec moi dans ce placard ? "

    J’étais gentleman, mais pas de ceux qui portent les affaires à la place des femmes parce que je les juge trop faible pour cela. Bien au contraire. Même si Giuliana était une femme forte, je voulais la dépanner, la soulager d’un poids, et également me faire pardonner quelques-peu. Après tout, sans mon intervention, la poignée n’aurait pas cédé. Et elle ne se serait pas retrouvée coincée face à la squatteuse des lieux.



     

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    #25 le 20.01.17 17:36
    « Vos décisions sont toujours mûrement réfléchies, Agent Bellucci. Nous acceptons donc ce… Compromis. Bonne journée, Madame… », approuve finalement le jeune homme après un bref hochement de tête à l'adresse de la mégère aigrie.

    Alors qu'il me rejoint, je me fais violence pour ne pas rire face à l'air blasé de la vieille bonne femme. Non, cette dernière n'était pas dupe à mon avis. Elle avait très bien compris que le petit numéro de Tsume, aussi convaincant soit-il dans son interprétation, n'avait été qu'une belle partie de bluff. Pourtant, après avoir longuement suivi du regard le soi-disant agent du royaume dès lors qu'il s'éloignait, la femme de ménage lève les yeux au ciel, comme exaspérée, puis finit par s'enfermer dans son placard en claquant la porte, après un « Pfeuh ~ » des plus dédaigneux. Bon débarras ! Pour nous comme pour elle, visiblement...

    Puisque nous étions seuls dans le couloir à présent, qui plus est en retrait de la porte de ce satané placard, je m'autorise enfin à ricaner ouvertement, un sourire amusé étirant mes traits fins à l'approche du bellâtre. Je cesse de rire toutefois, lorsque je sens à nouveau ses doigts effleurer ma peau, caresser le dos de ma main sans qu'il ne daigne me lâcher des yeux. Conservant mon sourire en coin, je perds mes prunelles azurées dans les siennes, intensément émeraude, puis acquiesce faiblement à la question posée, après avoir sensiblement penché la tête sur le côté. Je n'avais pas vraiment l'habitude qu'on se montre galant à mon égard. Ni prévenant ou quoi que ce soit d'autre nécessitant un brin de courtoisie envers la gente féminine. Mais j'imagine que ma profession avait un impact certain sur ce phénomène. Après tout, pourquoi se forcer à de telles politesses inutiles quand on avait déboursé assez pour s'en passer allègrement, hm ?

    « … Pourquoi pas... », soufflé-je en souriant un peu plus, ouvrant doucement mes doigts pour faire passer le sac entre les siens, sans rompre notre échange visuel ô combien plaisant.

    Le souvenir de notre étreinte passée, dans la pénombre de cette petite pièce, éveille à nouveau quelque peu mes sens autant que mes entrailles et je me mordille la lèvre inférieure sans vraiment m'en rendre compte. Pense à autre chose Giuli ! C'était sympa mais tu es en public maintenant..., me persuadé-je moi-même, bien que je n'entende guère de pas susceptibles de trahir la présence de monde dans l'artère principale de l'étage. Finalement, je baisse d'autorité le regard vers mes pieds, me forçant à repenser à cette vieille femme pour calmer mes ardeurs.

    « Haha ! Tu as vu sa tête outrée quand tu lui as parlé de ses petits papiers ? », ricané-je après avoir brièvement éclaté de rire. Un rire aussi spontané que rare, encore une fois. J'étais désireuse de changer de sujet, espérant que Tsume ne mentionnerait pas mon petit écart de conduite dans le placard ; écart dont il avait largement profité lui aussi, soit dit en passant. « J'ai bien cru que ses yeux allaient sortir de leurs orbites ~ », m’amuse-je en me détournant du beau japonais, prête à faire un bout de chemin en sa compagnie puisqu'il se portait volontaire. Au moins jusqu'à mon appartement, en tout cas.

    Je reprends donc ma route, laissant la pointe de mes talons claquer contre le carrelage aseptisé du couloir alors que je me dirige à nouveau vers les escaliers. Apparemment – du moins de ce que je pouvais en voir après avoir brièvement promené mon regard aux alentours –, il n'y avait plus trace de Sylvio dans les parages. Encore heureux d'ailleurs. Il aurait eut tôt fait de me demander qui était ce type qui m'accompagnait ; d'autant plus que ce dernier lui avait, un peu plus tôt, balancé son café au visage... A ce souvenir, je souris à nouveau. Décidément... Je n'avais pas été aussi expressive depuis belles lurettes. Était-ce dû à Tsume uniquement ou n'était-ce que le simple fait du hasard mêlé à ma fatigue chronique ? Allez savoir ~

    « Je vis au 2ème sous-sol... Et toi ? », hasardé-je, curieuse, avant de risquer un nouveau coup d’œil vers le Lémure.

    Il pouvait aussi bien habiter dans l'appartement voisin, pour ma part je ne l'avais jamais vu par ici. Mais j'étais loin d'être une référence, n'étant pas très physionomiste et ne m'attardant que bien rarement sur le faciès des gens que je croisais ~.
    Mais tout de même... un type avec une crinière comme la sienne, ça aurait eu de quoi me taper dans l’œil, non ?
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    #26 le 06.02.17 18:25






    Ce sourire sur ses lèvres me ravage… Bon dieu qu’elle est magnifique. Je commence à m’en vouloir d’avoir approché ma main de la sienne, ça a stoppé son rire si doux, si vibrant… Si beau. Heureusement, elle a gardé son sourire. Ce sourire charmeur et si Icandide, qui étire doucement ses yeux en amandes. Mon regard s’est perdu à l’intérieur. Il s’y est noyé, et s’est laissé porter jusqu’à ses abysses, sans jamais rechigner. Qu’elle est belle… Ces yeux ont dû en égarer, des âmes. Et en envoûter tout autant… Mais j’ai la chance de partager cet échange, ce jeu de regards. Et surtout ce sourire… A craquer. Enfin, en admettant que je n’ai pas craquer au premier souffle de sa part, sans le vouloir.

    " … Pourquoi pas... "

    Son sac fila, de ses doigts aux miens, alors que son sourire se déployait un peu plus. Elle ne détournait pas le regard, et je ne le ferai sûrement pas… Pas tant que cette délicate jeune femme m’accorderait cette faveur. Qui sait jusqu’à quand je pourrais plonger dans cet océan de délices… Peut-être qu’en arrivant chez elle, je devrai m’éclipser. Après tout, je ne pourrais pas la forcer éternellement, et prolonger indéfiniment ma présence à ses côtés. Pas sans qu’elle en ressente l’envie. Ses dents vinrent, délicatement et sensuellement, mordiller sa lèvre inférieure, alors que son regard dérivait finalement vers le sol. Elle était si craquante, et éveillait tant de sentiments en moi…

    " Haha ! Tu as vu sa tête outrée quand tu lui as parlé de ses petits papiers ? J'ai bien cru que ses yeux allaient sortir de leurs orbites ~ "

    Le rire accompagnant ses mots me décrocha un large sourire alors que j’opinais du chef, baissant à mon tour le regard, vers le sachet de la demoiselle. De ma main libre, je vins saisir du bout des doigts le perfecto de la demoiselle, placé en boule. Le dépliant doucement, je le basculais pour le déposer sur le revers de mon avant-bras, défaisant du revers de ma main les plis. Notre petite saynète improvisée avait fait son effet. Même si je doute qu’elle nous ai cru, ce fut suffisant pour nous débarrasser d’elle et nous éclipser, retrouvant notre liberté tout en échappant à son courroux.

    Nos talons martelaient délicatement le sol, les siens bien plus aiguisés et élégants que les miens, marquant notre solitude dans ces couloirs. Je suivais la jeune femme, ne connaissant pas aussi bien ce niveau que les autres. Et à vrai dire je ne connaissais que peu les couloirs de l’agence, si ce n’est le chemin pour mener à ma chambre. Mon regard se promenait sur le visage de la jeune femme, un sourire encré sur le mien alors que je détaillais ses traits, si fins…

    " Je vis au 2ème sous-sol... Et toi ? "

    Son regard rencontra à nouveau le mien alors que j’accentuais mon sourire, hochant doucement la tête. Nous n’aurions donc qu’un étage à descendre ensemble, et peut-être peu de couloirs à traverser. Je continuais à la déshabiller du regard, pressant doucement le sac entre mes doigts, gardant toujours mon avant-bras perpendiculaire à mon buste, de sorte à maintenir son perfecto à plat. Humant doucement l’air, je cherchais à m’imprégner de plus belle de son odeur… Elle me manquerait, à coup sûr…

    " Je note… Moi je vis au quatrième, à Michalak… Mais j’aimerai avoir mon propre appartement, pour ouvrir mon salon de tatouage, donc pas sûr que j’y reste énormément. Et toi, dis-moi, tu exerces une profession dans l’au-delà ? "

    Une fille aussi magnifique qu’elle aurait eu un succès monstre là où je travaillais auparavant… Son exotisme, ses traits fins et élégants, ses courbes délicates, sa peau de marbre, sa longue chevelure noire, son odeur, et sa voix monocorde, si envoûtante… Elle en aurait fait tourner, des têtes… Mais elle était bien trop jolie pour ça… Son style classe mais sexy et son bon goût – elle était Italienne après tout – me laissaient penser à un métier d’élégance… Peut-être modèle, mannequin… Ou actrice… Peut-être même danseuse aux vues de son allure et de son port de tête… Ou alors rien à voir. Elle avait peut-être simplement du goût et une beauté naturelle…

    Plus nous avancions, plus j’avais envie de me stopper… Mon regard se perdait entre ses yeux et ses lèvres, et le souvenir de notre étreinte me rongeait. J’avais été bien plus loin que je ne l’aurais fait en temps normal, et je m’en voulais presque. De son côté, je ne sais si elle n’y portait que peu d’intérêt, ou si elle cherchait à penser à autre chose. Peut-être se moquait-elle de moi, et que je n’étais qu’un prétendant sans intérêt de plus. Ou alors, peut-être m’en voulait-elle d’avoir été si loin, et cherchait simplement à oublier cet écart de conduite…

    J’étais partagé. Divisé entre le désir et l’envie de rester plus longtemps auprès d’elle, de la revoir aussitôt que possible. Et la culpabilité d’avoir été si loin… Le gentleman que je voulais, et m’efforçais d’être avait cédé si facilement sous ses battements de cils et son odeur hypnotisante…




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    #27 le 11.02.17 17:10
    Mes doigts enserrent distraitement la rambarde de l'escalier alors que nous descendons jusqu'à l'étage inférieur : mon étage. Je fais mon possible pour ne plus tourner mon visage vers le bellâtre, sa proximité étant déjà bien assez troublante pour que je me perde à nouveau dans son regard et en vienne à étirer mes lèvres davantage. Michalak, Michalak... Je ne crois pas connaître qui que ce soit habitant dans cet appartement, ou alors la supposée personne aurait omis de me le dire, ce qui était, ma foi, tout à fait probable. Mentalement, j'essaye de m'imaginer à quoi peut ressembler son logement, ne pouvant m'empêcher de me dire qu'il devait être aussi gratiné que le mien, si Sa Majesté Lémure avait participé à son agencement...
    Puis mes pensées dérivent invariablement ailleurs. Il me fait visiter l'appartement en question, me couvant de regards brûlants alors qu'il passe rapidement sur les fondamentaux – ici c'est la cuisine, là le salon, la salle de bain, la chambre de je-ne-sais-qui –, moi l'écoutant d'une oreille distraite. Puis sa main, agréablement chaude, s'enroulent autour de mon poignet, il m'entraîne dans sa chambre et...

    Mes doigts se crispent sensiblement à la question posée, rompant momentanément le fil de mes songes. Je perds quelque peu mon sourire avant de me contraindre à le retrouver, comme toujours lorsqu'on abordait ce sujet épineux qu'était mon travail dans l'au-delà.

    « … Je travaille dans un bar, dans le quartier de Kabukichô... Je suis danseuse. Entre autre... ~ », réponds-je, évasive au possible, après lui avoir jeté un regard en coin. Nous atteignons l'étage -2 et je pousse la porte des escaliers pour m'engouffrer dans le couloir, Tsume à ma suite, son fardeau sur les bras. Il valait mieux que je change de sujet rapidement avant que tout cela n'éveille trop sa curiosité. « Tu étais tatoueur avant ? Ou tu as appris ici.... ? », hasardé-je en retrouvant mon sourire en coin maintenant que nous longions l'artère principale de l'étage. J'étais pendue à ses lèvres...

    Ses lèvres... Il les pose sur les miennes avec passion, me plaquant contre le mur du couloir en abandonnant la charge que je lui avais modestement confiée un peu plus tôt. Nos souffles se mêlent encore l'un l'autre, avec une ardeur nouvellement ravivée par ce baiser. Mes doigts se crispent sur sa chemise et je l'attire plus encore à moi en soupirant jusqu'à ce qu'il me prenne...

    « Ah, d'accord. », commenté-je simplement une fois qu'il m'a raconté son parcours professionnel. « Je ne me suis jamais faite tatouée... », avoue-je en baissant le regard à nouveau, me concentrant sur la simple marche pour éviter de me perdre encore dans ces pensées bien trop sensuelles et, à tous égards, absolument inappropriées. Un pied devant l'autre Giuli, inutile de te voiler la face, voici bientôt l'appartement..., me souffle ma petite voix intérieure histoire de m'encourager. « Ce serait peut-être l'occasion, en fait ~ ». Je m'efforce de lui sourire, laissant entendre clairement qu'il s'agissait-là d'une potentielle proposition de job, si d'aventure il cherchait des clients. « Lorsque tu auras ton salon, bien sûr... », tempéré-je tout de même.

    Je tenais à faire ça dans les règles de l'art, si déjà j'envisageais de sauter le pas. Me faire tatouer de mon vivant n'avait jamais été d'actualité parce que je ne m'y étais tout simplement jamais intéressée.  Je faisais partie de ces petites filles sages qui écoutaient leur père lorsqu'il disait qu'un tatouage, c'était beau un temps, puis avec l'âge ça finissait par ne plus ressembler qu'à un cafouillage gris/noir sur une peau fripée. Mais puisque j'avais l'éternité devant moi et que, de toute évidence, plus rien n'avait d'importance, pourquoi m'en priverais-je ? Nombreuses étaient les limites que j'avais franchies depuis ma mort alors... une de plus ou de moins...

    Déjà, la porte orange flashy et rouge écarlate de l'appartement Bozo se profile devant nous au moment ou nous bifurquons dans le couloir de gauche. Je laisse un faible soupir franchir la barrière de mes lèvres grenat et  pose ma main sur la poignée en forme de gros nez rouge, me tournant ensuite vers le jeune homme en m'appuyant contre la porte.

    « Eh bien voilà... nous y sommes... », murmuré-je en souriant faiblement. Il s'approche et empoigne mes cuisses pour me plaquer contre la porte avant de l'ouvrir et de s'introduire dans l'appartement... « Puis-je récupérer ça ? », demandé-je alors que mes lèvres s'étirent derechef, tendant la main vers la sienne en attendant qu'il me rende mon sac de provisions et ma veste. Il me jette sur le canapé et ses lèvres parcourent avidement ma gorge, là où ses doigts se perdent sur ma peau qu'il s'emploie à mettre à nue avec une impatience fébrile... « C'était... très sympa de faire ta connaissance... », avoue-je en dardant mes iris azur dans les siens, serrant brièvement les mâchoires pour empêcher mes pensées invasives d'aller trop loin. « ...Mais mes colocs doivent être affamés maintenant alors... »

    Quoi... C'était sans doute vrai. Ce n'était pas qu'un vulgaire stratagème pour qu'il n'entre pas – il ne pouvait pas entrer... il ne devait pas entrer –, du moins parviens-je à m'en convaincre avec plus ou moins de réussite. En effet, il y avait toujours un de mes colocataires pour venir renifler avidement lorsque je me préparais quoi que ce soit dans la cuisine et, comme il était plus ou moins l'heure de me mettre aux fourneaux, je m'imaginais peut-être naïvement qu'ils étaient tous là à m'attendre.

    Mais bien sûr Giuli... c'est pas beau de mentir ~
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    #28 le 12.02.17 0:28




     

      La cage d’escalier semblait oppresser ma poitrine comme jamais auparavant. Moi qui n’était pas de nature claustrophobe, j’avais l’impression d’étouffer. La présence de Giuliana à mes côtés en était de toute évidence la cause. Mais malgré la chaleur que sa proximité engendrait en moi, je ne parvenais à détacher mon regard d’elle. Ses doigts, enroulés si sensuellement autour de la rambarde me faisaient frissonner, et me rappelaient, non sans me décrocher quelques frissons, que ceux-ci glissaient sur ma peau quelques instants plus tôt. Heureusement que son regard ne croisait pas le mien, à l’instant j’aurais succombé. Dès lors que ma question fut posée, j’eus l’impression de voir son sourire se dissiper avant de le voir réapparaître. Une impression, sûrement…

    « … Je travaille dans un bar, dans le quartier de Kabukichô... Je suis danseuse. Entre autre... ~ »

    Je ne pus retenir un léger sourire alors qu’elle m’adressait un regard furtif. Finalement, nous avions plus en commun que je ne le pensais. J’avais pas mal fréquenté ce quartier de mon vivant. Tant pour le club dans lequel je travaillais, que pour y réaliser des tatouages. Vu sa beauté naturelle et si inaccessible, elle devait faire craquer un bon paquet d’hommes, voir même de femmes. Bien que son « entre autre » m’intrigue énormément, je ne me serai permis de lui poser plus de questions. Si elle souhaitait m’en dire plus, elle le ferait d’elle-même. Et je suis bien placé pour savoir que, lorsqu’on fait ce genre de labeur, les curieux sont une plaie. La voyant repousser la porte du second niveau, je réalisais que nous y étions déjà. Son étage… Arpentant le couloir à ses côtés, je maintenais mon regard sur son délicat visage…


    « Tu étais tatoueur avant ? Ou tu as appris ici.... ? »

    Son délicat sourire repointa le bout de son nez alors que nous avancions, approchant dangereusement de cet appartement que j’appréhendais d’ores et déjà. J’aurai dû l’embrasser dans les escaliers. Dans cette cage d’escaliers que si peu de monde emprunte… J’aurai dû céder à mes pulsions et sceller mes lèvres aux siennes. Mais non, il faut toujours que j’ai des tonnes de scénarii catastrophe en tête.

    Et si quelqu’un nous surprends ? Et si, par peur ou par surprise, elle recule soudainement, et qu’avec ses talons elle chute ? Avec tes bras chargés, soit elle tombe, soit ses courses et son perfecto sont foutus… Et si elle ne veut pas ? Ou ne veut plus ? Et si à la lumière complète, tes cicatrices la dégoutent ? Ou même ta tête à vrai dire. Et si…
     

    Maudite loi de Murphy qui régit mes pensées… Hochant brièvement la tête, j’esquissais un sourire pour lui répondre, la voix légèrement suave.

    « En effet ! J’ai commencé le tatouage il y a un peu plus de dix ans, à Tokyo… »
     

    Et si je m’étais contenté de galérer avec mon petit salaire, je n’y serai pas passé… M’enfin ! Je me serai sûrement dit ça il y a quelques heures. Désormais c’était plutôt… Et si je m’étais contenté de galérer avec mon petit salaire, je n’aurais jamais eu la chance de croiser la route de cet ange…

    « Ah, d'accord. Je ne me suis jamais faite tatouée... Ce serait peut-être l'occasion, en fait ~ . Lorsque tu auras ton salon, bien sûr... »

    Je souriais tendrement, buvant chacune de ses paroles. J’avais toujours trouvé les corps tatoués magnifiques. Et les corps encore vierges pourtant si purs, presque magnifiques dans leur nudité si complète. Au final, contrairement aux piercings que l’on peut ôter à tout moment, le tatouage encre votre chair à vie – en théorie –. Et même nu, sans aucun artifice, il vous reste ce dessin, qui habille votre corps. Mais d’un autre côté, le tatouage représente les abysses de notre nudité : le monde entier peut poser le regard sur quelque chose qui se trouve sous votre peau. Encré en vous…

    « Je serai ravi de t’aider, si tu désires passer le pas… Et puis ça me permettrait de te revoir… Et je dois dire que ça me donne très envie… »
     

    Alors que son regard se perdait à nouveau ailleurs, je fis de même. Suivant toujours ses pas, je portais mon regard sur la porte aux couleurs presque trop discrètes pour être discernées du mur… Il faut croire que tous les appartements avaient des noms représentatifs à souhait… Un faible soupir m’échappa, alors que je relevais mon regard sur le visage de la jeune femme. Déposant sa main sur la poignée, elle se tourna aussitôt vers moi, s’appuyant légèrement contre la porte. Tout semblait aller si vite, mes pensées semblaient incapables de suivre… Bon dieu, je ne voulais pas la perdre de vue… Non, il fallait que je la retienne… Au moins… Juste un peu…

    « Eh bien voilà... nous y sommes...  Puis-je récupérer ça ?  C'était... très sympa de faire ta connaissance... Mais mes colocs doivent être affamés maintenant alors... »

    Planté là, lèvres entrouvertes, figé devant sa beauté et le vide de mon esprit, j’agite vivement la tête à ses murmures, alors que son sourire et sa main tendue me sortent de mes pensées. Son regard si intense plongé dans le mien, alors que mon bras avance délicatement pour lui rendre son sac, je sens ma gorge se serrer, se nouer violemment. Mes yeux se chargent légèrement, et une envie de fondre en larmes me saisit. Je sais qu’une fois ce sac et ce perfecto entre ses mains, ce sera une question de secondes avant que la porte ne se referme et que je perde son visage de ma vue. Tout ce qu’il me restera, ce seront des images, des souvenirs, et son odeur… Et surtout, un manque terrible.

    Il faut trouver quelque chose, vite… Quelque chose pour la retenir, juste un peu… La revoir… J’en sais rien… Faut pas qu’elle parte tout de suite… On supportera pas, tu le sais…
     

    Ma main effleura la sienne alors que je desserrai doucement mes doigts, passant le sac à sa propriétaire, avant de glisser le perfecto à son tour sur ma main, pour lui tendre doucement. Je feinte un sourire, alors que ma mâchoire se resserre. J’entrouvre mes lèvres, murmurant à mon tour. J’essaye d’avoir une voix claire, mais cette dernière tremble, chargée, peinant à traverser cette gorge nouée.

    « De même pour moi… Ce fut… Un honneur de faire ta connaissance… Tu… Tu as des choses à faire on… On t’attend… Alors je… Je n’vais pas… Pas te déranger… »
     

    Je continue à la fixer. Et comme si je sentais qu’elle me filait entre les doigts, je repris une voix plus marquée. Mon regard niché dans le sien, je fis un pas de plus vers elle, réduisant la distance entre nous, comme pour m’encrer encore, m’imprégner de son odeur.

    « Giuliana, j’aimerai tellement te revoir... Accepterais-tu une invitation de ma part à dîner ? Ou pour tout ce que tu désires, à vrai dire… »
     

    Alors que mon regard se portait sur ses lèvres, à l’affut de sa réponse, je compris mon erreur. Ces lèvres, délicatement charnues, d’un rouge grenat si saisissant… Ma main gauche vint s’apposer à droite du visage de Giuliana, alors que je me penchais doucement, la surplombant, mon regard quittant ses lèvres pour se nicher dans son regard. Je ne saurai dire si elle m’avait répondu, ou si je ne lui en avait laissé le temps… Ma main libre effleura sa hanche, remontant délicatement son bras du bout de mes doigts… Un dernier murmure m’échappa, suave… Des bribes d’Italien, noyé dans un accent nippon plus que marqué…

    « Pardon, Princesse… Tu diras à tes amis que… Je suis un client… Difficile… »
     

    Alors que mes doigts effleurent maintenant son cou, je glisse ma main sur sa joue, écartant délicatement sa chevelure pour relever son délicat visage vers le mien. Et me penchant un peu plus, je viens déposer mes lèvres amoureusement sur les siennes. Humant délicatement son odeur, mes paupières se referment doucement, comme cherchant à s’imprégner de chaque détail de l’instant. Plus rien ne traverse mon esprit à part Elle. Les répercussions, les personnes dans le couloir, ses colocataires… Pendant un instant, tout m’échappe. Il n’y a plus qu’elle.

    Mes lèvres s’entrouvrent pour se sceller à nouveau aux siennes, prolongeant délicatement le baiser, alors que mes doigts dérivent doucement, la happant de plus belle contre moi. Ma seconde main se détache finalement de son appui pour venir l’entourer en douceur, comme pour la protéger, et la garder, tout contre moi…

    Mon cœur déchire ma poitrine et mon souffle se veut court. Je frissonne, prisonnier de l’instant… Un bonheur irrépressible m'envahit... Autour de nous, tout me semble aller si vite, et si lentement à la fois... Son odeur qui m'apaise tant... La douceur de sa peau qui me fait tant vibrer... Et ce contact... Ses lèvres contre les miennes... Je me sens vivant. Vivant comme jamais. Vivant, plus vivant que lorsque je l'étais encore... Je me sens ailleurs... Je me sens fort, capable de tout, invincible... Je me sais prêt à tout pour elle... Je sais... C’est la première fois, et pourtant tout semble clair…


    Je suis amoureux…


     

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    #29 le 13.02.17 18:38
    L'émotion qui transparaît dans la voix de mon bellâtre d'escorte alors qu'il me tend mes affaires ne manque pas de m'alarmer sensiblement. Je n'aurais su dire pourquoi, mais j'avais envie qu'il fasse preuve de plus d'indifférence à mon égard, afin que je ne regrette aucunement de refermer cette porte sur sa silhouette. Au lieu de ça, ses yeux presque larmoyants me donnaient envie de l'attirer contre moi pour une dernière folle embardée vers l'interdit. Bref, j'avais tout sauf l'intention de lui fermer la porte au nez sans autre forme de procès, mis à part peut-être un solennel « A bientôt » à peine soufflé du bout des lèvres. Pour autant et bien qu'il s'agisse certainement de la cause de mon trouble, je n'arrive tout simplement pas à me détacher de son regard intensément céladon, toujours fixé sur moi. Pas même lorsque mes doigts récupèrent le sac de courses, puis ma veste, parfaites excuses, s'il en était, pour fuir ses jolies prunelles ! Pourquoi ?

    « Giuliana, j’aimerais tellement te revoir... Accepterais-tu une invitation de ma part à dîner ? Ou pour tout ce que tu désires, à vrai dire… », hasarde-t-il en faisant un pas de plus, me contraignant à me calquer plus encore contre le bois dur de la porte aux couleurs bariolées, si toutefois c'était encore possible.

    Je déglutis, profitant de sa propre distraction pour enfin baisser les yeux à mon tour. J'avais conscience de son regard brûlant posé sur mon minois, détaillant les contours de mes lèvres, s'attardant sur leur pulpe charnue et délicieusement teintée de rouge.

    « … Je suppose que... », commencé-je avant de m'interrompre dès lors que la main du jeune homme s'appose sur ma hanche.

    Je jure que j'allais dire oui.  Mais ses doigts remontent le long de mon bras à présent, pour finalement épouser l’ovale régulier de mon visage, effleurant doucement ma mâchoire. Je frissonne imperceptiblement. Plus encore maintenant que mes iris retrouvent les siens, maintenant que nos souffles se heurtent à nouveau, comme ce fut le cas un peu plus tôt, dans la pénombre suave de ce placard délaissé de tous exceptée une vielle bonne femme acariâtre.

    « Pardon, Princesse… Tu diras à tes amis que… Je suis un client… Difficile… », me susurre le bellâtre en faisant l'ultime effort d'user de ma langue natale.

    Puis il cède à sa pulsion primaire, celle-là même que j'avais vu danser dans ses prunelles au moment où il s'était approché. Je le laisse faire un moment, poussant le vice jusqu'à poser ma main libre à plat contre son torse que je remontre progressivement tout en répondant avec plus d'ardeur à la caresse de ses lèvres contre les miennes. Comme d'habitude, je me voyais incapable de refuser quoi que ce soit. Comme d'habitude, je ne savais pas dire non.

    Traînée ~. Tu imagines la tête de tes colocs' s'ils te surprennent à explorer méticuleusement la bouche de ce type avec ta langue, au beau milieu du couloir ? Et Domen .. ? S'il l'apprend et en parle à Zacc .. ? me souffle ce qui se rapprochait le plus de ma conscience.

    Mais elle avait raison. Non pas que je regrette de céder encore aux avances du beau japonais. L'expérience était plaisante et ce au-delà des mots. Non. Je regrettais juste de lui céder ici, au plus mauvais endroit et au plus mauvais moment qui soit. Tout était question de timing dans cette maudite équation...
    En soupirant, le souffle haletant, je finis par me détacher de son délectable baiser et détourne mon visage en baissant le regard, mes doigts se pressant sensiblement sur son torse pour lui intimer de reculer.

    « … Désolée Tsume, je n'peux pas. Pas ici. Pas maintenant... » soufflé-je d'une voix rauque et toujours monocorde, même si je m'essaye au ton de l'excuse. Mes iris obstinément rivés sur la pointe de mes escarpins, ma main retourne attraper la poignée de la porte et je trouve la force nécessaire pour l'ouvrir cette fois-ci, reculant de quelques pas en me laissant happer dans l'appartement. « Je... disons que je passerai te voir à Michalak, un de ces jours, d'accord … ? », promets-je – du moins essayé-je de m'en convaincre – tout en refermant résolument la porte. Avant de me soustraire à la vue de Tsume, je lui offre néanmoins un dernier sourire presque timide, pâle présent qu'il trouverait sans doute bien amer après le coup que je lui faisais.

    Une fois à l'intérieur, je m'adosse à nouveau contre la porte, écoutant les pas du Lémure remonter le couloir jusqu'à disparaître totalement. Si un jour on m'avait dit que ce maudit appartement servirait de rempart contre mes pulsions sexuelles ~ ...
    Je soupire longuement, rassurée. Mes bras sont toujours chargés et un regard à travers la pièce principale de l'appartement Bozo m'apprends qu'il était vide ou, à tout le moins, ses potentiels occupant(e)s n'étaient guère éveillé(e)s. Je repousse immédiatement la folle envie qui m'étreint de rappeler mon charmant nouvel ami et rejoint la cuisine, décidée à me changer les idées en cuisinant quelque chose.

    Il fallait bien que quelqu'un les nourrisse ces gens. Qu'importe que je sois la seule à y croire ~.
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    #30 le 17.02.17 22:51






    Sa main délicate s’appose sur mon torse, glissant à mesure que le baiser se prolonge avec une passion palpable. Ses fins doigts remontent doucement, m’arrachant des frissons sur leur passage alors que le grenat de ses lèvres s’empare des miennes. Puis délicatement, nos souffles se mêlent alors que mes paupières laissent à nouveau passer la lumière ambiante, ses doigts poussant délicatement mon torse. Reculant d’un pas, je pose mon regard sur son doux visage. Détournant puis baissant les yeux, un soupir lui échappe, et ses doigts se retirent de mon torse.

    « … Désolée Tsume, je n'peux pas. Pas ici. Pas maintenant... Je... disons que je passerai te voir à Michalak, un de ces jours, d'accord … ? »

    Son regard toujours rivé sur le sol, elle agrippe de ses fins doigts la poignée, ouvrant la porte pour s’engouffrer avec élégance dans son appartement. Et dans un dernier sourire angélique, elle se soustrait à ma vue, tel un ange contraint de retourner dans son royaume après un ultime don de sa personne au pauvre mortel que je fais.

    Mon regard reste quelques instants sur cette porte colorée, alors que la réalité, et le silence du couloir m’attirent à nouveau à eux. Prenant une grande inspiration, je finis par tourner les talons, me décidant, résolu, à retourner à mon tour dans l’appartement qui m’avait été attribué. Mon regard rivé sur le sol alors que ma chevelure bat l’air, je ne peux retenir une larme, alors que mes lèvres dessinent peu à peu un sourire. Ce sentiment d’euphorie en moi tord mon corps et mon esprit. Je me sens tellement bien… Ce sourire, si tendre, me reste comme un dernier souvenir des plus délicats.

    Passant mes doigts sur mes lèvres pour en ôter l’empreinte rouge grenat que la douce y a laissé, mes chaussures martèlent le sol du couloir alors que je pousse la porte de la cage d’escalier, seul cette fois. Trottinant dans ces marches, j’atteins enfin mon niveau. Le chemin jusqu’à Michalak me semble si morne, si monotone, maintenant que je suis à nouveau face à la solitude. Les récents événements se bousculent dans ma tête. Les derniers mots de Giuliana également. Nous nous reverrions. Elle me l’avait dit… Et je le désirais, du plus profond de mon être…

    Ce dernier baiser, et ce sourire avant de clore la porte m’avaient enivré. Enivré et empreint d’un sentiment de bonheur inaltérable… Et surtout, d’un amour sans limite.



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